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[RP Juin –Fermé] Chez la plupart des hommes …

Alphonse_tabouret
... le calme est léthargie, l'émotion fureur.
Epicure



Il n’avait pas tant choisi la chambre que son agencement. L’initiée était une jolie pièce, luxueuse sans pourtant être tape à l’œil, discrète, aux bougies cachées de paravents délicatement ouvragés et ciselés pour que la lumière ne filtre qu’à la faveur d’arabesques douces et voluptueuses, étendant sur la tapisserie, des ombres qui s’étiraient jusqu’à l’audace. Mais ce que possédait l’initiée que d’autres chambres n’avaient pas, c’était le jardin, carré de verdure baignée de fraicheur dans la nuit juste tombée, où le vent chahutait doucement le long du banc qui jouxtait la porte fenêtre, agitant le petit arbre qui avait réussi à dresser ses branches assez haut pour esquisser un toit de verdure au-dessus des têtes qui venaient y bavarder.
L’Initiée avait tout, l’ouverture sur un autre monde, un divan et une table basse faisant office de salon, et surtout un lit aux accents de promesses.

-Courtisan dites-vous ? reprit-il d’un air badin en attendant que le Criquet ne le rejoigne à sa hauteur, ouvrant la porte de la chambre, et l’invitant à y passer le premier. Ce n’était pas la première fois que l’on le prenait pour tel, et le minois d’Axelle passa entre ses tempes, rajoutant à son sourire en revoyant son air effaré de confusion lorsqu’il lui avait agité la vérité sous le nez. Il referma la porte derrière lui, les extirpant du brouhaha du bordel, retrouvant immédiatement, le délice du vice serpenter dans ses veines à cette proximité neuve, à cette alcôve que le temps leur offrait… Et si je vous échangeais cette information contre votre nom ?, demanda-t-il en s’approchant du Criquet pour n’en être qu’à quelques centimètres, à portée de ses lèvres, jouant d’une indolence lascive à ne rien précipiter quand ses mains ne demandaient plus qu’à sentir palpiter la gorge blanche entre ses doigts à l’instant où leurs bouches se trouveraient à nouveau.
_________________
--Valtriquet



Sésame, ouvre toi....

Quelques pas pour rejoindre le brun et franchir une porte qu'il lui ouvrait à nouveau. Cette fois ils ne trouveraient pas une belle endormie au sourire agrandi par un sculpteur expert en boucherie. Quelques pas où le blond avait eu le temps de se reprendre un peu, franchissant le seuil de la chambre boudoir qu'il ne découvrit pas encore, la question d'Alphonse restant en suspend jusqu'à ce que Val la cueille.
Et pourquoi pas courtisan? Vous semblez bien connaître les lieux. Et votre charme indéniable mériterait bien qu'on s'y attarde... longuement.

Une fois la porte refermée, les isolant du bruit et de la promiscuité, ils se retrouvaient pour la première fois baignant dans une ambiance intime aux lumières tamisées.
- Et si je vous échangeais cette information contre votre nom ?
- Je vous répondrais qu'il suffit de demander.

Val afficha un sourire taquin en embrassant du regard les onyx du brun et puisqu'il était à présent si près, il n'eut qu'à approcher sa bouche de l'oreille d'Alphonse, sa joue douce et imberbe caressant la sienne et lui murmura à voix basse:- Valtriquet....
Son souffle effleura la naissance du cou , respirant l'odeur de sa peau au parfum légèrement musqué et se retira avec difficulté pour ne pas s'y noyer. Les émeraudes glissant sur la bouche du flamand, il ajouta:

Val étant le plus employé et parfois le Criquet, nom dont un vieux serviteur m'a affublé.
Bien que son envie d'embrasser ses lèvres étaient aussi palpable que celle qui émanait d'Alphonse, le Criquet se recula un peu et colla dans les bras de son vis-à-vis la bouteille de Sauternes qu'il avait raflé sur le guéridon avant de le suivre.

Et si je vous demandais de nous servir de cette inachevée avec votre nom comme entrée?
Parce que chaque chose avait son importance, parce chaque moment était dors et déjà volé au temps, gagné avant de disparaître tout juste touché, le Criquet voulait vivre et savourer ces instants. Rien ne disait que la minute suivante serait meilleure que la précédente. Alors il étirait le temps le blond, prenant ses marques et faisant durer le plaisir dans l'attente de cueillir cette bouche prometteuse.
Il détacha son regard de celui si pénétrant de son hôte, faisant quelques pas dans la chambre. Val aimait le luxe sans la lourdeur étouffante qui l'accompagnait souvent. Et la pièce où ils se trouvaient était décorée avec goût.
Du bout des doigts il caressa le dossier du fauteuil et s'arrêta devant la porte fenêtre ouverte, inspirant doucement l'air qui apportait une petite brise rafraîchissante. Il s'adossa au portant avec nonchalance , ses émeraudes accrochant les onyx d'Alphonse.

Tout à fait charmant. Vous avez bon goût...


Alphonse_tabouret
Il paraissait que rien ne valait l’attente pour sublimer le gout des choses, qu’à les avoir trop vite servies, on en omettait la plus part du temps de prendre quelques instants pour en saisir toutes les fragrances, et Alphonse, amoureux de cette idée, manqua bien de l’envoyer aux orties quand la bouche du Criquet s’approcha de son oreille pour y laisser couler son nom, le contact de sa peau à la sienne par l’effleurement de sa joue le brulant plus vivement qu’il ne l’aurait pensé, trouvant dans le sursaut de sa chair, la fermeté nécessaire à rejeter son envie d’immédiateté.
Un mois déjà depuis qu’il avait désiré le blond pour la première fois, alors qu’étaient quelques minutes supplémentaires quand le plus long du calvaire était désormais derrière lui?
Ses mains saisirent la bouteille de Sauternes sans poser le moindre regard dessus, les prunelles s’attardant plutôt sur les courbes longilignes de son hôte, dont la démarche, lente, mesurée, s’attachait à réveiller un sourire sur ses lèvres fébriles d’envies, le présentant au Criquet dès qu’il le regarda de nouveau, adossé au portant.

Tout à fait charmant. Vous avez bon goût...

Sans même rebondir sur le métier de la courtisanerie auquel on le croyait affilié, adorant jouer de cette vérité au moment le plus opportun selon ses humeurs, se demandant brièvement si Val rougirait de sa méprise ou s’en amuserait, il choisit de s’engouffrer dans un autre débat, éludant tout simplement, au profit de la conversation :

-Rendons à césar ce qui est à César, cita le brun en se dirigeant vers un petit buffet soigneusement caché d’une tenture vaporeuse, en sortant deux verres qu’il entreprit de remplir, le geste élégant de ces bourgeois qui ont eu une éducation faste et qui ne s’en départissent jamais vraiment. Rares étaient les gestes qui trahissaient Alphonse, mais certains ne démordaient pas de l’acharnement qu’on lui avait imposé et il était prêt à parier parfois que s’il avait été noble, il aurait peut-être été moins bien dressé. La bouteille fut posée et Alphonse s’approcha, un verre dans chaque main, sentant, délicieuse, la brise s’engouffrer doucement dans la chambre, purgée des odeurs les plus lourdes de la capitale par le parfum des belles de nuits plantées en buissons entiers contre le mur du jardin. Je ne suis point décorateur, le bon gout de l’Aphrodite ne me doit rien… Au mieux avait-il discerné et approuvé le gros des rénovations, mais c’étaient les catins qui avaient pris en charge leur espace de travail et choisi les aménagements les plus subtils pour jouer de leur art en toute liberté. Lui, en bon patriarche de cette monstrueuse famille avait payé chaque fournisseur et chaque artisan qui était venu retoucher les murs. Et si vous parlez du choix de cette chambre pour notre apartéUn sourire amusé étira ses lèvres. L’Aphrodite était spécialisée dans ses services qu’ils soient de la Maison Basse ou Haute, et il n’aurait pas imaginé livrer le Criquet en pâture à la Décadente ou bien à l’Impudique… L’idée du corps de l’éphèbe reflété par les dizaines de miroirs couvrant les murs pour satisfaire toutes les impudeurs, traversa ses tempes avec une netteté aussi éblouissante que fugitive et amena à sa bouche le gout salé de leur baiser. Le fauve passa un coup de langue sur ses babines avant de finir : … elle m’a semblé… de circonstances. Quant à mon nom… Il tendit le verre au jeune homme, se penchant à ses lèvres tout en poursuivant, la voix se faisant plus basse, plus chaude, modulée d’un désir fauve et carnassier usant du ronronnement pour s’approcher plus prêt mais ignorant encore s'il saurait retenir les griffes, frémissant d’une excitation aérienne à l’idée même de la proie qui se présentait à lui.… je serai prêt à jurer qu’il tient tout entier dans votre bouche… Il ne s’arrêta qu’à quelques millimètres des lèvres suaves, prenant un temps qui parut infini, gardant son air flegmatique quand ses nerfs s’affolaient de cette proximité qui devenait de plus en plus nette par son besoin de se corrompre, pour y murmurer, sentant son propre souffle ricocher contre la peau de l’adonis: Alphonse…
_________________
--Valtriquet



A le voir déambuler avec élégance, s'appropriant les lieux, l'idée qu'Alphonse fut courtisan lui plaisait de moins en moins. Non pas pour le fait qu'il le soit vraiment ou non, mais Valtriquet préférait imaginer s'être rendu à un rendez-vous, que la chambre où ils se trouvaient soit en quelque sorte la garçonnière du brun et non pas un lieu, si joliment décoré fut-il, où tout était fait en sorte d'offrir du plaisir monnayé.
Du coup, l'idée faisant son chemin, le regard du criquet sur ce qui l'entourait changea peu à peu. Ils n'étaient plus dans un lupanar mais dans une chambrée avec fenêtre sur cour, dont les parfums floraux apportés par une légère brise venaient chatouiller ses narines. Le jeune homme au charme si irrésistible n'était-il pas son hôte après tout ? Il avait fait le choix de l'emmener dans cette pièce. Choix de circonstances disait-il. Et quand le Criquet l'avait complimenté sur son bon goût, il n'avait pas précisé qu'il pensait à sa bouche, préférant jouer sur les mots et se garder de révéler que les lèvres du brun l'avaient hanté tout ce mois où il s'était fait violence pour ne pas chercher à le retrouver.


Quand à mon nom... Val referma ses doigts un à un sur le verre que le flamand lui tendait, ne quittant pas des yeux l'approche du félin, bercé inconsciemment par la voix chaude et basse qui galvanisait tous ses sens. ...je serai prêt à jurer qu’il tient tout entier dans votre bouche… Si il savait, lorsqu'une nuit il se réveilla en nage, le délicieux outrage que sa bouche avait commis au cours d'un rêve sur le corps du brun endormi...Alphonse…
Son nom qu'il venait de murmurer dans un souffle, si près de ses lèvres qu'elles frémirent, électrisa ses reins. l'Adonis se contenait au prix d'un effort qui blanchit ses phalanges tant il serrait fort ses doigts autour du verre servi.

- Alphonse?
Le filet de voix émergeant se raffermit par la suite quand le blond répéta plusieurs fois son nom, avec la même voix basse et sauve.
- Alphonse...
prononça t'il une seconde fois en déposant un baiser à la commissure des lèvres du beau brun. Quel prénom joliment sage... Lui même l'était-il quand il happa la lèvre pulpeuse avec délicatesse pour ensuite la laisser lentement s'échapper?
Il observa un temps de silence, savourant le met charnu qu'il venait de goûter et porta à ses lèvres le liquoreux ambré dont il vida en partie le contenu dans sa gorge soudain asséchée, sans quitter les onyx de ses émeraudes fixes.


- J'en avais envie... et encore plus maintenant.

L'éphèbe s'était pris à son propre jeu, mais pour rien au monde il n'aurait avoué à Alphonse les tourments endurés durant ce mois passé. D'habitude il prenait, où lui même s'offrait. Des rencontres sans lendemain, il y veillait. Du haut de ses dis sept ans, alors que d'autres avaient connu les joies et les affres de l'amour, Val, lui, s'y refusait.
Le brun lui avait coûté des jours d'incertitudes, de doutes quand à son visage qui le hantait, de cette emprise sur ses sens dont il avait tenté de se défaire. Ca le tourneboulait le blond. En quoi Alphonse était-il si différent des autres hommes? Et quand dans la ruelle il avait aperçu la lanterne rouge qui brillait comme un appel, il avait compris que c'est lui même, consciemment ou non qui avait amené les autres à s'adonner à leur petit jeu dans le quartier de l'Aphrodite. Rien n'était dû au hasard. Sauf peut-être le soir où amoché, il avait poussé la porte de la taverne où se trouvait Alphonse et la balafrée.


Alphonse_tabouret
La brise, paresseuse, s’insinua le long des deux jeunes hommes, rafraichissant une seconde la fièvre qui naissait dans cette proximité pour la rendre plus accablante encore sitôt que la volute s’évapora, et le chat se sentit saisi d’une satisfaction pleine jusque dans les os quand son prénom fut répété comme l’on prononcerait une formule, donnant corps petit à petit à un éther qui avait eu besoin de trente jours pour devenir réel. Son sourire muselé pour ne point dévoiler les crocs resta, docile, à son visage quand la bouche de l’adonis en effleurait la commissure avec la brulure de la légèreté, de celle, pernicieuse, qui amène le manque quand elle donne, et le flamand prit sur lui pour ne point pivoter sans même laisser une seconde de plus au Criquet pour s’accaparer le dû qu’on lui agitait si près de la mâchoire… Eternel supplicié, brillant masochiste dès qu’il s’agissait de se frustrer pour laisser éclater la folie avide des sens mis à vif, Alphonse résista à sa pulsion première et se trouva récompensé d’un baiser qui, s’il était plus marqué, n’en demeurait pas moins d’une sagesse exemplaire quand la faim louvoyait, sournoise, dans le moindre de leurs gestes.

Dans un silence, glissant sur les murmures voilés nés dans l’encadrement de la porte, le Criquet reprit une distance nécessaire à vider une partie de son verre avant de laisser se dérober à sa bouche si désirable, un aveu qui amena le félin à dévoiler un sourire toute en concupiscence à ces quelques mots :

- J'en avais envie... et encore plus maintenant.

La réponse s’abattit, nette, animale, le fauve choisissant d’entrer dans le jeu avec les armes qu’on lui donnait, ni plus, ni moins, mais affutées à sa façon, traitresses, ludiques, lascives.
D’un geste de la senestre , saisissant la nuque de l’éphèbe pour la ferrer, il n’eut qu’à incliner son buste pour plaquer, sans mot dire, ses lèvres à celles avinées du jeune homme, les butinant doucement mais sans se départir d’une pointe d’avidité, contenant volontairement le feu qu’il distillait savamment dans la pression de ses doigts, jusqu’à les posséder pleinement et gouter au souffle sucré du blond, de longues secondes s’étirant sans qu’ils n’aient plus de prise dessus. Expérimenté, prudent, et méfiant, sentant le chemin sous ses griffes commencer à s’évaporer il quitta le havre chaud des lèvres masculines et gagna, le cœur plus vif qu’il ne l’aurait souhaité, agréablement sonné par ces minutes volées en toute sérénité au monde alentours, l’oreille du Criquet à laquelle il chuchota :


-Je ne vous ferai pas l’affront de croire que vous parliez du vin… L’esprit doucement embrumé d’une lancinance qu’il goutait avec un plaisir neuf, sans que la nostalgie ne le cueille au creux d’un de ses moments « d’avant », il s’écarta du blond pour s’en détourner quelques instants, joyeusement troublé de la violence du désir qu’il sentait s’éveiller, lui qui avait n’avait su que frémir au contact de ses homologues ces derniers mois, posant le verre de vin plein sur la petite table. Le Criquet se doutait-il qu’il ne devait son salut qu’à cet accessoire, et que si le chat avait eu ses deux pattes, l’envie de jouer l’aurait peut être rattrapé, le ventre encore tourmenté de la proximité délaissée. Il s’attarda dans le regard de Val en lui faisant de nouveau face, nonchalant jusque dans le sourire, insolent de contentement en devinant dans les émeraudes, les pensées coupables qu’il faisait naitre, la pulpe de ses doigts fourmillant de s’approprier chaque ligne, chaque courbe, de la plus douce à la plus raide, et d’y semer la pointe d’une langue gourmande, l’audace d’un doigt ou la douceur de sa bouche.Et de quoi avez-vous envie maintenant ?, lui demanda-t-il avec une pointe d’arrogance amusée, ses onyx invitant l’adonis à délaisser ce verre et à s’approcher, plus près, à ses risques et périls.

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--Valtriquet



Durant une fraction de seconde encore, il se contrôla, malgré la proximité de ce corps qu'il avait tant désiré durant ses nuits fiévreuses, malgré les doigts qui se refermaient sur sa nuque et dont le contact brûlant irradiait déjà sur son épiderme, malgré l'alcool absorbé qui s'insinuait comme un poison dans ses veines et dont la suite inéluctable serait sa désinhibition. Mais lorsque la douceur des lèvres pleines vinrent butiner les siennes, il s'abandonna peu à peu. Quelque part le long de ses remparts, la fissure du temps rappela à sa mémoire ce qu'il avait senti au premier regard, puis une deuxième fois au baiser volé dans le sombre couloir, et maintenant... Le danger de perdre le contrôle. Faisant fi des alertes qui ébranlaient sa volonté et ce qu'il avait mis tant de temps à dresser entre lui et les autres, l'éphèbe ferma les paupières et se laissa aller à la bouche du brun qui s'emparait de la sienne, à ce baiser possessif auquel il répondait longuement, le verre de vin penchant dangereusement entre ses doigts lâchant leur emprise. Et quand la brise légère parvint à ses lèvres enflammées à peine délaissées, c'est un frisson de fraîcheur qui parcourut sa peau brûlante au son de la voix chuchotée.

- Je ne vous ferai pas l’affront de croire que vous parliez du vin…

La main blanche et fine resserra sa prise sur le verre, tandis que le Criquet reprenait difficilement pied en affichant un sourire teinté d'amusement à la phrase lâchée. Ses prunelles suivirent les mouvements d'Alphonse, se délectant à l'image du corps deviné sous ses vêtements. Qu'il déposa ainsi sur la table basse le liquoreux, contenu et contenant, ne le surprit pas. Lui même aurait bien jeté ce qui lui embarrassait les mains.

Et de quoi avez-vous envie maintenant ?
Effronté. Tu sais très bien ce dont j'ai envie. Nie que cette même envie ne te vrille pas le ventre...fut la pensée qui lui traversa l'esprit.

Alphonse était fin, très fin même. Val voulait reprendre la main, pris entre son besoin de maîtriser les choses et son désir d'assouvir sa faim du brun, en sachant que celui ci ébranlait les fondements de son dogmatisme rejetant toute idée ou approche qui ne soit pas sa vérité. Le flamand était loin de se douter de la personnalité complexe du blond. Seulement voilà, le jeu de séduction entre les deux jeunes hommes faisait appel à leurs sens avec subtilité, volupté, et le Criquet aimait jouer en poussant les limites toujours plus loin.


- De quoi ai-je envie maintenant? D'une moue amusée il se détourna pour aller déposer son verre sur la table, la chemise de soie blanche épousant délicatement la cambrure de son dos quand il se pencha pour délaisser le vin, puis s'avança lentement vers le brun, une pointe d'ironie dans la voix, retrouvant l'assurance effrontée d'un adolescent.

- Je ne vous ferais pas l’affront de vous proposer une partie .. d’échec.
Quoique qu’il me plairait bien de renverser votre Roy de mon cavalier.

Les bras légèrement écarté dans une pause qui n'était pas sans rappeler leurs échanges théâtraux à la taverne le mois précédent il ajouta.


Encore faudrait-il que son allure ait fière figure
Et ne présente pas l’aspect d’un chaton au pelage souillé,
Ayant essuyé quelques coups de griffures.
Si malgré tout de constater sur ma peau blessée
Les marques de ma déconfiture
Ne vous dérange pas outre mesure...

Tout proche de lui à présent, si proche qu'il pouvait sentir la chaleur du torse d'Alphonse, il murmura, ses yeux rivés aux siens.
... Alors j'aimerais, je souhaiterais... aller plus loin.
Résumer en une simple phrase son envie de gouter à sa peau, de découvrir les courbes masculines, de noyer son visage dans les cheveux brun, d'y glisser ses doigts jusqu'à se retenir de les agripper, de respirer son odeur musquée, était comme les trois points de suspension mettant en haleine les prémisses d'une longue nuit d'ivresse à s'abreuver de son corps.

Alphonse_tabouret
Le regard du Criquet le traversa, laissant à sa chair le gout délicieux d’une exaspération matinée d’envie, née d’une frustration qui avait tout de joyeuse puisque si près de l’assouvissement auxquelles leurs pensées avaient dû se dérober, se résoudre à l’oubli momentané, faute de substance. Alphonse savait pertinemment de quoi le blond avait envie, car si les deux hommes se ressemblaient peu, l’un ange vaporeux au regard d’un vert presque translucide, tout empreint d’une fougue délicieusement désordonnée et attentive, l’autre diable brun, dont les griffes restaient fermement ancrées dans son propre terreau, jongleur sournoisement lascif des expériences qui avaient forgé et aiguisé ses jeux et leurs délices, ils n’en avaient pas moins un point commun que rien n’aurait su tromper : le désir, aiguillonné, palpable, serpentant autour d’eux à la manière de filins discrets et pourtant solides, lanières de sensations éparses qui rappelaient au flamand combien il était bon de se sentir désiré par la poigne d’un homme.
Val était fluet, une tête parfaitement faite sur un corps aux courbes douces, féminines tant que la chemise ne se plaquait pas à lui, délicat, peut-être un peu précieux, reliquat d’une éducation propre et nobiliaire certainement, mais dans ces yeux où se cueillaient les rêves, dans cette bouche voluptueuse qu’Alphonse trouvait dessinée pour se tordre des cris de la jouissance, jusque dans ces mains de musicien dont il attendait la brulure sur sa peau avant une impatience joliment voilée par sa détermination, résonnait la certitude que c’était bien la poigne d’un homme qui désirait l’amener aux affres du plaisir et cette seule pensée déchainait un orage entre ses tempes, qui amenait le fauve à tourner dans une cage faite de raison et de vent.
Les mots tonnaient, tombaient, rebondissaient, guidant le flamand le long d’une mélodie aux accents affamés, mais plus que le sens, c’était la musique à laquelle se liaient les pas de l’éphèbe le rapprochant de lui qui l’hypnotisaient, chat guettant, immobile, que la proie vienne se jeter à sa gueule et quand elle fut enfin à portée de crocs, se réjouir d’un sourire carnassier en l’entendant énoncer sa propre sentence.


... Alors j'aimerais, je souhaiterais... aller plus loin.

Les mains du flamand empoignèrent délicatement, presque désinvolte, les pans de sa chemise et, les tirant, la passa par-dessus tête dans un mouvement qui sans être prompt, n’en était pas lent, juste accordé à la valse encore douce des désirs contenus qui prenaient forme et dans le plaisir de dévoiler à l’œil le spectacle qu’il attendait. Le bruissement du tissu crissa à ses oreilles quand il perdait de vue quelques secondes à regret, le regard du Criquet, et les corps dont la promiscuité ne demandait qu’à se fondre pour disparaitre complètement, se frôlèrent et finalement, laissant choir le tissu au sol, Alphonse reporta un regard barré de mèches brunes inégales sur son interlocuteur, un sourire empreint de cette arrogance des gens beaux qui le savent, s’accordant une poignée de secondes pour lire dans les yeux du Criquet avant qu’il n’avance dextre et senestre à l’assaut de la soie qui lui faisait face , venant pointer son museau effilé dans le cou blanc du jeune homme.
Le parfum de Val vint bercer ses sens d’une pointe de sel et de sucre et ses lèvres, s’appropriant la peau délicate du blond au travers de baisers appuyés, laissèrent affleurer la pointe de ses crocs avides, retenant la morsure folle qu’il brulait d’apposer quand sa langue, aventureuse, goutait enfin à cette offrande. Agiles, les doigts du flamand firent sauter un à un les boutons, retenant l’envie furieuse qui grognait, sauvage, dans ses veines, d’envoyer au tapis frusques et apparences pour se noyer dans une quintessence lubrique, animale, salvatrice, jugulant pour mieux s’abandonner, l’ivresse qui naissait au contact délicieux du Criquet, et s’il avait espéré que le jeu des préliminaires suffiraient à assouvir momentanément cette soif démesurée qui grandissait en lui, il se rendit compte au moment même où la chemise de Val fut enfin fendue dans toute sa longueur, quand leurs ventres frémirent de leur premier contact peau à peau, qu’il serait difficile de ne point céder à l’avidité de sa chair.
Un frisson l’électrisa quand la chaleur du blond passa à la sienne au travers des lignes de leurs ventres, et ses mains alors libérées de leur travail rejoignirent pour la dextre la hanche masculine , pour la senestre les cheveux du blond, et inclinant le cou de sa proie pour la grignoter quelques instants de coups de dents plus marqués mais toujours alanguis, le flamand glissa sa bouche concupiscente jusqu’au nacre de l’oreille pour y laisser perler un chuchotement :


-Tu parles merveilleusement bien… Les dents cueillirent le lobe, laissèrent place aux lèvres pour l’étirer une seconde avant de le relâcher dans un soupir d’aise à cette sensation neuve et diabolique qui contaminait sa panse, ses reins, ses mains… mais tu parles trop…, conclut-il dans un soupir où se devinait la pointe d’un sourire insolemment espiègle destiné à amuser le Criquet sans le vexer. Le tutoiement, guidé par l’envie de ce corps qu’il tenait enfin à ses bras éveillait inconsciemment une complicité nouvelle de la chair quand le renflement de ses braies se prononçait doucement, et le brun, relâcha l’oreille pour venir gouter la ligne de l’épaule dégagée par la chemise désormais béante sur le corps élancé, ne demandant plus rien qu’un simple mouvement pour tomber au sol et lâcher les fauves dans ce second round. Va plus loin, fit-il enfin, venant appuyer son bassin à celui du blond, équivoque, cherchant la satisfaction du désir de l’autre dans le tracé des courbes masculines, brulant de plonger à corps perdus dans ses vices dont le brasier enflait dans la petite chambre et menaçait un équilibre savamment entretenu depuis des mois. Maintenant, conclut-il, dans un souffle où se mêlaient l’ordre et la demande, invitant le blond à consumer sa résistance, à piétiner les derniers remparts que le jeu imposait avant d’en changer les règles, à le dénerver jusqu’à que son ventre ne soit plus que lave et que le félin soit libre…

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--Valtriquet



[ Le goût de la liberté se savoure à l'effondrement des barricades érigées ]


Le criquet avait retrouvé un peu de sa désinvolture, fort d'une croyance aveugle en sa faculté de rebondir comme un cabri , croyant à tord qu'il était encore en son pouvoir de maîtriser ses sens et gouverner sa nature, même si par inadvertance l'équilibre précaire de son monde névrosé venait de dangereusement tanguer. Comme s'il allait encore s'en tirer avec une pirouette de pantomime et quelques rimes. C'était sans compter sur la rétorque d'Alphonse qui en réponse à ses mots ôta sa chemise avec un naturel et une désinvolture qui laissèrent Val sans voix, témoin chancelant devant le torse nu qui s'offrait à sa vue. Les flammes vacillantes des bougies, cachés derrières les paravents ajourés, jouaient à l'ombre et la lumière sur les muscles dessinés et la carrure des épaules à l'arrondi épuré, donnant à la peau une qualité de grain satiné. Les émeraudes ne lâchait plus le brun, remontant la courbe de l'épaule au cou, butant sur la mâchoire carré et volontaire pour venir cueillir le sourire arrogant et s'attarder sur le regard troublant. Habillé il l'avait charmé... mais sa beauté, là, mise à nue, le faisait vaciller à nouveau, réveillant irrémédiablement sa faim .
Ce que Val n'avait pas encore compris, se méprenant sur le danger qui émanait d'Alphonse, c'est qu'au fond de lui, tapi, sommeillait dans sa part d'ombre une partie de lui, attendant l'occasion de croiser son pendant et compléter enfin l'inachevé qu'il était vraiment. Alphonse était le miroir dans lequel se reflétait sa propre image et qu'il allait traverser, faisant sauter un à un les verrous d'une raison trop sage et édulcorée vêtue d'une camisole dont s'entourent les bienheureux fous. Raison qui commençait à se fendiller quand l'habilité des doigts du flamand trouvèrent un chemin pour entrouvrir sa chemise de soie tandis que sa peau parcourue de baisers appuyés frémissait agréablement.

Un pas de plus...

Le frôlement de leurs ventres nus, la chaleur diffuse de la peau du brun...L'envie brusque de plaquer son ventre contre le sien quand les mains douces s'attachèrent à l'envelopper en coupe, pendant que la bouche d'abord délicate faisait place aux mordillements des crocs qui lui arrachèrent un grognement ténu proche du gémissement.

Un pas de plus...

Au son de la voix murmurée dont les basses faisaient vibrer ce qui s'éveillait en lui, remontant de si loin, acrochant un léger sourire à ses lèvres frémissantes.
Au soupir à son oreille, aux dents en cueillant le lobe... au tutoiement à la complicité accrue formant un liant à l'intimité de leurs corps et de leurs souffles.


Va plus loin. Le blond frémit à son chuchotement. Quand le bassin d'Alphonse se pressa contre le sien, mettant en exergue le désir l'un de l'autre dans le dessin des formes oblongues, il comprit enfin...
Maintenant
Comme s'il attendait d'entendre le mot qui ferait sauter le dernier verrou de sa résistance, sonnant comme une délivrance ...
Il fit un pas de plus.... le dernier, sans retour possible, et le premier vers l'abandon de ses défenses et l'abondance de ses sens. Plus rien ne pourrait l'arrêter dans sa folle échappée.
En silence Val observa les traits fins d'Alphonse, laissant glisser le long de ses bras la chemise de soie, ne cachant plus rien de ses côtes où se dessinaient les reliques bleutées des coups portés plus tôt en début de soirée. Il vint cueillir de sa dextre la nuque à la douceur délicate, goûtant à ses lèvres puis s'en emparant avec une avidité trop longtemps contenue tandis que sa senestre se glissait de la taille du brun à ses fesses pour le presser contre son bas ventre. Dans un lent mouvement de va-et-vient, son bassin ondulait d'avant en arrière, caressant, se frottant à la courbe masculine qu'il sentait durcir comme son propre désir. Les doigts fins s'insinuèrent de la nuque à la chevelure brune , exerçant une légère traction pour incliner en arrière la tête d'Alphonse et happer de ses lèvres la gorge découverte, offerte, sur laquelle il apposa la marque infime de ses dents dans un grognement sourd, retenant l'envie d'y faire pénétrer ses crocs tant la lave vrillant son ventre pulsait du désir de le prendre, et sa langue lécha la peau douce et marquée pour ensuite la darder sur la courbe de l'épaule jusqu'au lobe de l'oreille qu'il happa entre le charnu de ses lèvres, avant de le mordiller et de le laisser s'échapper quand dans un souffle saccadé il gémit le nom du brun.
Alphonse...

Sa senestre, pressante, délaissa le fessier si tentant pour venir vers le ventre, caressante. Le criquet passa lentement ses doigts à la limite du tissu , puis tira dans un mouvement brusque les lacets qui retenaient les braies du flamand, plaquant doucement sa main sur son entrejambe, pressante puis caressante, avant de laisser glisser sa dextre à l'ouverture des lacets sur la peau brûlante du bas ventre qui contrastait avec la fraîcheur de sa paume. Val referma ses doigts longs et fins autours du chibre dont la texture fine et douce sous sa forme dure le fit haleter de désir et noya ses boucles blondes dans le cou du brun en commençant à le caresser doucement, dans un long va- et-vient, attentif à son souffle et ses réactions pour calquer les mouvements de sa main, tandis que la senestre venait se poser au creux de ses reins.


Alphonse_tabouret
La soie tomba, flaque blanche sur l’épais tapis brodé de couleurs pastelles, révélant aux yeux du chat ravi, les contours ivoirins de ce corps qu’il s’était pris à imaginer dès lors qu’il en avait aperçu la silhouette dans le salon du bordel. Le velouté de ses iris glissa de taches bleues en ombres délicates sur la peau juvénile, la pointe d’une langue venant, pernicieuse, effleurer les lèvres encore humides de leur baiser en découvrant le trésor qui se révélait à ses yeux. .

Dans les yeux verdoyants du Criquet, Alphonse prit le temps de lire la détermination neuve qu’incrustait le désir dans la chair, étirant ses prunelles dans une danse qui laissait présager qu’elle ne reculerait plus jusqu’à trouver son dû, que le ventre soit plein et le corps délassé, pour entendre les nerfs crépiter des derniers soubresauts qu’allument encore la saveur d’une récidive à venir quand, à bout de souffle, les corps exultés s’ensommeillent de bien-être. Mais avant de toucher du bout des doigts ce paradis sacré, c’était l’enfer qui annonçaient l’ouverture de ses portes, la brulure la plus insensée, l’outrage mordant du plaisir venant hurler en cohorte de passions aux esprits prêts à ses laisser charmer… et le flamand n’attendait plus que ça, que l’on lâche dans l’arène les désirs les plus coupables qui engonçaient ses braies d’une raideur voluptueuse, que l’on livre aux crocs de la sauvagerie l’étreinte de leurs deux corps...
Les doigts blonds dessinèrent leur emprise à sa nuque quand leurs lèvres se joignaient à nouveau, moins badines, plus sérieuses, écorchant la pudeur une première fois dans les souffles plus marqués échappant à leurs gorges, dans la force d’une respiration qu’il ne songeait plus à contrôler quand leurs corps, enfin, se plaquaient pleinement l’un à l’autre. Le son sourd des cœurs palpitants s’emmêla un instant, la chair bouillonnant d’enfin trouver l’autre, et le flamand séduit par la verve de la brulure, se laissa porter par les gestes du blond qui se l’appropriaient enfin, par ce bassin tendu venant chercher le sien, par les teintes vocales faunes qui échappaient tantôt à l’un tantôt à l’autre, dans un enchevêtrement encore discret de gémissements bridés au creux des caresses raides qui provoquaient cette chute si proche, si attendue.
Un instant pantin à la solde des désirs de Val, aimant ce rôle qui suggérait que l’on avait su développer chez l’autre le stupre nécessaire à affuter ses envies, le flamand se laissait agréablement enfouir sous les baisers mordillés dispensés à sa peau quand son nom murmuré au creux de l’oreille piqua le fauve jusqu’à l’extase, lui faisant ouvrir les yeux qu’il avait alors clos, juste à temps pour frémir d’une énergie neuve à cette main venant libérer son ventre. La respiration un instant suspendue par le plaisir irradiant ses reins, Alphonse gémit rauquement à l’oreille du Criquet à l’instant où ses doigts frais vinrent flatter son membre, électrisé, son souffle se mêlant, chaotique, à celui de Val dont le mouvement enflammait littéralement son ventre d’une cohorte d’envies toutes plus urgentes les unes que les autres, reconnaissant en lui la satisfaction indicible, narcissique de se sentir revivre. Poigne ferme et pourtant douce, la main du blond réveillait, nourrissait le feu qui le consumait dans les va et vient qu’elle jouait en mesure, du plaisir qu’elle faisait germer, et Alphonse, désormais entité toute éveillée et toute vouée à la décadence la plus salvatrice, retrouva tout l’effilé de ses griffes.
Fichées au blond dans la décharge lancinante de sa caresse, les mains du flamand reprirent vie et dévalèrent sauvages, l’une sur le corps du Criquet, sans faire aucun cas des blessures apparentes de ses cotes, noyant la douleur dans le plaisir, quand l’autre saisissait son épaule pour que, tendrement féroce, il y plante définitivement ses crocs, remontant, affamé, jusqu’au cou pour gagner les lèvres, dans une fièvre joyeusement concupiscente.

Les secondes s’abandonnèrent par poignées pleines dans l’onde tumultueuse entourant les deux hommes avant que le brun ne vienne chercher la main qui l’asservissait avec tant de délice et ne se prive de ses caresses en la ramenant, ferrée jusqu’à sa bouche, posant la pulpe des doigts blonds à ses lèvres, attendant que le Criquet reprenne pied dans son regard pour les entrouvrir et laisser affleurer à l’index la pointe de sa langue quelques instants, profitant de cette accalmie imposée pour les faire pivoter dans un sourire tranchant, mettant le baldaquin dans le dos de l’éphèbe, à quelques centimètres à peine.
D’un geste plus marqué qu’un autre, il poussa le Criquet pour le faire tomber de tout son long sur le lit, et le surplombant ainsi, se permit d’attarder longuement son regard dans un sourire conquis sur ce corps laiteux aux muscles finement dessinés, définitivement homme dès lors qu’il n’était plus soumis à l’amplitude des vêtements, avant de poser un genou sur la couverture dentelée et de glisser, félin, le long du corps alangui, le frôlant à peine pour rejoindre son cou quand sa dextre habile, dénouait les braies encore serrées du jeune homme pour s’y glisser, un frisson dévalant sa nuque en saisissant ce sexe dressé uniquement pour lui. Alternant le long de torse les baisers et les coups de dents, déviant vers les dômes rosés pour les cueillir d’une langue aiguisée, il s’attarda, démoniaque, exaspérant presque tant l’envie lui poignardait les sens, pour rejoindre le ventre, enfin, et d’une bouche gourmande, s’en approprier la raideur.
Les lèvres happèrent l’arrondi qu’on leur présentait, et méticuleuses si elles étaient avides, badinèrent le temps que la langue ne se joigne au ballet, venant enferrer dans sa bouche désormais pleine, l’objet de son désir, dévoilant à son palais un gout nouveau qui lui vrilla les tempes. Allant et venant, le parfum du Criquet effilocha le reste des pensées extérieures à cette chambre et tout ne fut plus bientôt que de l’ordre de cette mise en bouche, de cette langue outrageuse qui, gangrénée d’une folie de plus en plus animale, masculine, se calait au rythme de l’appétence de son hôte.

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--Valtriquet




Quand la morsure de l’Hivers ravive les blessures nécrosées, leur redonne vie dans une seconde chance, délivrées; que l’été vient lécher de sa vague brûlante le flux carmin qui pulse aux tempes; que les portes de l’enfer ont un goût de paradis interdit où l’ombre l’emporte sur la lumière; même si vous êtes un équilibriste averti, un gamin devenu homme qui a barricadé sa vie contre toute intrusion, comme un être maudît qui ne croit plus qu’à sa seule raison... vous tombez.
Le Criquet le sait, le sent, le ressent. Et dans cet état de total abandon où s’effilochent ses dernières défenses, le Valhalla sera son combat décisif avec un Odin sublimé sous les traits d’Alphonse. Si ce ne devait être qu’une ultime et unique fusion, Val y mettra toute son âme et sa passion.


Le temps ne semblait plus avoir aucune prise, vivant, se nourrissant des respirations hachées, des bouches qui se cherchent, du froissement des tissus. Valtriquet s’enivrait des mains parcourant son corps, de la morsure des crocs imprégnant sa peau, du désir gorgé de sang sous les caresses de sa dextre quand le souffle du brun haletait avec une musicalité délectable à son oreille , et même de la douleur éphémère de ses côtes maltraitées par leurs deux corps qui se plaquaient et se frottaient sans en avoir jamais assez.
Pourtant Chronos, comme pour marquer une aparté, suspendit sa main, tandis qu’Alphonse enlevait celle du blond dont les doigts à regret quittèrent la chaleur de la peau douce et tendre pour se retrouver en offrande aux lèvres qui lui avaient donné un avant goût d’errance dans ses rêves les plus exaltants. Le Criquet frémit imperceptiblement à la pointe de la langue qui s’attardait sur son index, créant une explosion d’images subjectives le faisant se sentir encore plus à l’étroit dans ses braies.

Il faut croire que c’était un amuse-bouche des plus tentants car propulsé d’un mouvement du brun, Val atterrit dans le moelleux du lit. Un sourire indéfinissable relevant le coin de ses lèvres, il promena son regard qui virait au Jade sur le buste d’Alphonse jusqu’à ce qu’il se pencha sur lui, la peau du flamant effleurant son épiderme électrisé au moindre contact. Le plaisir aiguillonné par l’alternance de baisers et de morsures achevait de répandre son délicieux poison dans les veines de l’éphèbe, rendant encore plus fragile l’équilibre entre possession et soumission. A la lave qu’Alphonse distillait sur chaque parcelle de sa peau, le blond répondait par le murmure du ruisseau qui ondule et se calme puis se tend et se cabre.
Quand les lèvres du brun s’emparèrent de son sexe, jouant de sa langue pour en caresser l’arrondi , le jeune homme , les yeux clos, happa un désuet filet d’air et plaqua ses reins qui ne demandaient qu’à se cambrer, frémissant sous une déferlante extatique qu’il retenait à grand peine. Gémissant, il posa avec fébrilité sa main sur l’épaule du flamand, tantôt le caressant dans le prolongement du bras, tantôt enserrant de ses doigts la douceur de la peau qui gardait l’empreinte des vagues successives que le brun déchaînait dans son ventre. Sur le visage de l’adonis l’extase déforma les traits trop lisses, sublimant par son expression l’approche de sa délivrance.
D’une poigne qu’il aurait voulu moins ferme si elle n’était pas commandée par l’urgence, Val s’empara de la chevelure du brun pour l’écarter de sa proche jouissance, manquant de peu de marquer sur ses lèvres enflammées la résultante de l’hommage divinement prodigué qui se répandit en soubresauts sur le ventre haletant de l’adonis.

Après quelques instant, les paupières s’ouvrirent sur les émeraudes qui coulèrent un regard vers Alphonse. La voix du jeune homme retrouvait peu à peu une respiration plus régulière.


-Viens là...

Il fallait qu’il le sente, qu’il soit contre lui. Avec lenteur il attira le brun, lui même se rapprochant aussi, Couché de côté, il baisa doucement les lèvres qui l’avaient amené à cet état dont la force même le laissait encore chancelant, puis après un temps se leva.
Debout aux pieds du lit, sans quitter le brun des yeux, ses mains finirent le travail d’effeuillage, laissant glisser le vêtement le long de ses jambes. Il se détourna pour chercher du regard sa chemise, sa dextre passant fébrilement dans ses cheveux blonds dont quelques mèches collaient à son front, et fit quelques pas dans la plus grande nudité pour la ramasser, se sentant délivré autant de sa fièvre, momentanément, que des vêtements qui l’engonçaient. Revenu vers le lit, Val s’adossa au montant du baldaquin, détaillant la silhouette d’Alphonse tout en essuyant sur son ventre les traces nacrées de sa jouissance et esquissa un sourire en jetant sa chemise ainsi souillée au loin, avant de débarrasser, avec un empressement contenu, les braies de ce dernier. Il se glissa enfin , félin, de tout son long sur le corps du brun, sentant contre son ventre rassasié celui affamé de son galant et huma l’odeur de sa peau, se perdant dans son cou avec délice pour happer le lobe de son oreille, le mordiller et venir y murmurer d’un ton suave;


- Je veux te goûter...

Embrassant longuement la bouche du flamand d’un baiser où sa langue vint chercher sa jumelle, caressante puis vorace, le Criquet se coula ensuite le long du corps adulé,
son attention détournée une fraction de seconde par la chainette glissant sur le torse au bout de laquelle il aperçut brièvement un lion. Entre caresses et baisers, goûtant à sa peau jusqu’au mamelon qu’il taquina de la pointe de sa langue avant de l’emprisonner entre ses lèvres charnues et le suçoter doucement, le chemin charnel le menait à l'objet de sa convoitise. Ses cheveux caressèrent de leurs boucles le ventre d’Alphonse quand de ses lèvres il baisa la ligne duveteuse allant du nombril au pubis, arrêté dans sa descente par le membre dressé contre lequel il frotta sa joue comme un chat ronronnant..
Val leva les yeux vers le visage du brun, son souffle effleurant la peau tendre où il déposa sa bouche pour en caresser la forme oblongue, avant d’entrouvrir les lèvres, l’enfouissant dans l’accueillant fourreau humide qui s’activa à lui donner autant de plaisir que lui même en avait reçu. Les paupières se fermèrent sur les émeraudes, savourant de le goûter enfin.


Alphonse_tabouret
Le ventre du Criquet ondulait au rythme d’une respiration désordonnée quand le félin poursuivait implacable, les délicieux sévices de sa langue et de sa main le long du membre en bouche, en proie à un plaisir vrillant de plus belle ses sens qu’aiguisait le corps tendu du blond, frémissant, se gorgeant un peu plus à chacun des vas et vient, d’une tension exquise.
La main crispée dans ses cheveux ôta avec poigne son jouet à sa bouche et le fauve, grognant doucement pour marquer son mécontentement d’être privé de sa finalité, laissa s’échapper sa proie, relevant un regard aussi sombre qu’excité sur le visage de l’éphèbe dont la nacre se rependait, nerveuse, sur le ventre blanc. S’il avait voulu que Val comprenne que c’était là la dernière fois qu’il se retirait ainsi de sa bouche, son visage imprégné de la langueur foudroyante délivrée de cette première envie, l’abima dans une satisfaction presque cruelle tant elle était toute puissante, et ancra ses désirs plus fortement encore, choisissant, en réponse à ce visage où la plus pure extase redessinait chaque trait, d’attarder sa bouche, dispersant le long de la verge des baisers appuyés auxquels se répercutaient les pulsations sourdes le la jouissance, laissant les secondes nécessaires à Val pour rouvrir les yeux et reprendre pied dans la réalité déformée par le bien être de la chair. La voix du Criquet, comme ses gestes, langage aérien aux tracés à la fois certains et étrangement délités, l’enrobèrent de cette douceur apaisée que l’on sait uniquement passagère et qui de ce fait, n’en est que plus tendre, l’attirant dans le confort de ses bras, dans les hauteurs de ses cheveux blonds. A l’animalité de l’instant succédait la délicatesse d’une légèreté neuve, d’un équilibre tacite où le baiser servait tout autant à aiguiser qu’à remercier avec ferveur, le miel couvrant les nerfs, berçant l’appétit avant de le laisser se découvrir toujours avide

Dans le froissement du tissu, le Criquet se leva, laissant le flamand dans la contemplation de son corps mouvant aux clartés diffuses, se révélant entièrement en délaissant les derniers apparats de ses vêtements pour n’être plus que lui, nu, dans toute sa splendeur, ne revenant vers le lit que pour mieux le regarder, et Alphonse, habitué à se soumettre à ces multiples examens les plus divers depuis son plus jeune âge, tour à tour exhibé par la fierté factice de son père, vendu aux regards effilés de ces autres qu’il fallait tromper pour survivre, amant créant la rumeur au bras d’une duchesse , curiosité nouvelle dans le lit d’un autre, ne broncha pas, étrangement insolent jusque dans le sourire qu’il laissait flotter à ses lèvres quand ses braies lui étaient ôtées.
La valse des caresses reprit, dispersées le long d’une peau frissonnante, les goûts se mêlant dans une étreinte parfumée, et où, au profit de quelques mots chuchotés à ses tempes brunes, les yeux voilés du flamand laissèrent entrevoir la tempête qu’annonçait le souffle de plus en plus entravé des attentions que faisait naitre l’adonis. La dextre suivit la descente louvoyante du blond le long de son ventre et dans un instant suspendu, le souffle de Val ricochant, chaud, effilé, sur le membre qu’il tenait à portée de sa gourmandise, le jade et l’onyx s’affrontèrent, mêlant à leurs envies, la concupiscence délictueuse du plaisir qui se partage.
Le comptable empoigna les cheveux qu’il caressait jusqu’alors, se raidissant dans une inspiration rauque quand la bouche impie se l’appropria et, les muscles tétanisés brièvement d’une exquise torpeur, laissa courir le long de ses veines une déferlante hurlante jusqu’à ce que son bassin ne s’anime vorace, appelant la bouche du blond pour s’y engoncer pleinement, la main tenant dans un étau une pleine poignée de boucles blondes, imprimant à sa tête l’alternance des mouvements qui déchiraient le voile opaque de ces quatre derniers mois. Le plaisir, brutal, affamé, nerveux, affluait dans chaque parcelle de sa chair, et la langue divine de Val, sa bouche moelleuse qui accueillait avec une telle emphase chacun de ses mouvements, libéraient l’animal dont la rage déviante s’impatientait.
Un pic de plaisir trop intense lui fit ouvrir les yeux sur la pièce douillette, le corps laminé par les affres d’une vérité qu'il reconnaissait pour en avoir entraperçu la violence sur les toits de Notre Dame…
En vie.
En vie malgré la mort…Et ce fut d’un geste presque rageur que le flamand releva la tête du blond de sa collation, semant à la bouche accueillante une unique goutte de rosée, tremblant, essoufflé, les lèvres sèches et entrouvertes, groggy, le sexe gonflé, presque douloureux de sa retenue, mais en proie à une envie si féroce qu’elle se lut sans la moindre pudeur dans la flamme de ses prunelles.

Faune, le flamand remonta le Criquet par la nuque sans ménagement et roulant sur le côté une fois qu’il eut planté ses crocs à ses lèvres, coula de tout son poids sur lui, ventre à ventre, souffle à souffle. La respiration tendue, marquée, le brun, dont la laisse venait de rompre, couvrit sous la coupe de l’horloge égrenant les minutes avec une régularité imbécile, le corps du jeune homme de coups de dents et de caresses, baisant sa bouche avec une fureur qui s’amplifiait, sa dextre s’appropriant, dissolue, entêtante, habile, le creux caché de ses reins quand sa senestre emprisonnait sa gorge pour en sentir chaque palpitation. Les corps mus par l’urgente complicité ne s’égaraient que pour mieux s’emboiter, et, tandis qu’au loin, le clocher du quartier sonnait une nouvelle heure, Alphonse ramenant dans le creux de son coude, le genou du blond, vint gronder à son oreille, son membre butant à l’orée de son péché mignon :

-J’ai faim.

Il erra quelques instants, masochiste quand l’envie de prendre tordait si fort son ventre, cherchant au travers des mèches désordonnées, le regard de Val, et s’y accrochant enfin, enivré par le jardin de verdure qui l’accapara tout entier, s’immisça d’un coup de bassin, dans la gangue étroite qu’il était venu flatter. La lueur de ses yeux vacilla d’un plaisir né pour le submerger, et la mâchoire crispée pour retenir le râle qui menaçait de s’en échapper, poursuivit, sans perdre une miette de l’expression du Criquet, sa lente possession jusqu’à buter contre lui. Une seconde, si infime qu’elle aurait pu ne jamais exister, se suspendit pourtant dans l'embrasement de leurs sens et servit d’étincelle au plaisir qui ravagea la moindre de ses pensées. Allant, venant, dans la confusion de grognements fauves perlant de sa bouche, le flamand darda sur son amant, un regard où débordait le courroux joyeux de la chair et la reconnaissance à s’y soumettre, noyant dans chacun de ses mouvements, un peu de lui-même. Exultant de cette énergie nouvelle, de cette volonté neuve que Val avait provoquée et assouvissait avec un tel délice, Alphonse abima son corps sans plus de retenue dans le chaos de son bassin, chaque claquement de la chair échauffant l’air pourtant frais de la pièce, vrillant ses sens un peu plus, chaque gémissement du blond faisant écho au sien, embrasant son ventre…
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--Valtriquet



[ Le don de soi est un acte de foi envers celui auquel on croit]


S'abreuver à la source. Détenir le pouvoir de donner l'accession à l'autre vers les confins de son propre plaisir, à n'en plus finir, jusqu'à le faire crier grâce. Repousser toujours plus loin les limites. Val s'y employait avec une jubilation qui le faisait frémir, dardant sa langue sur chaque parcelle de peau qu'il avait en bouche, forçant l'écart de ses lèvres pour engloutir le membre palpitant quand les doigts possessifs du brun prenaient sous leur joug sa chevelure en étau. C’est presque surpris, la bouche enflammée, qu’il aspira une bouffée d’air de sa gorge libérée quand d’une poigne ferme Alphonse l’attira à lui, laissant sur sa lèvre une goutte de sève que sa langue rafla pour en savourer l’oubli.
L'échange ne dura que quelques secondes, mais ce que Val lut dans les yeux du brun quand leurs regards se retrouvèrent, déclencha en lui une envie fauve et primaire à laquelle il ne s'attendait pas. Lui qui s'adonnait à la luxure avec toujours cette même retenue, prenant ce qu'il lui était offert en préservant ce qu'il ne voulait que rarement donner, ressentit jusque dans ses viscères le besoin d'être posséder par Alphonse. Cette révélation dévêtit son âme du dernier linceul la recouvrant encore avec pudeur, annihilant une partie essentielle de son errance.

Sous les baisers et les coups de dents enflammant sa peau et attisant son désir, le Criquet se sentait renaître, son sang bouillonnant sous la senestre du flamand qui enserrait sa gorge haletante. Quelque chose grondait, tapi là... enflant dans son ventre, attendant de surgir. Sous les gestes de son amant dont le membre affleurait sans ambages à sa peau, la voix murmurante libéra l'ivresse furieuse contenue.

-J’ai faim.

Sous le rideau des mèches blondes qui s'accrochaient à la sueur perlant à son front, Val arrima son regard à la profondeur des agates, le souffle court sous la lente progression du vit qui prenait possession de ses reins, laissant au seuil de sa bouche franchir un faible gémissement.
Après s'être cherchés et enfin retrouvés, les deux amants assujettis à une osmose proche de l'empathie, fusionnaient leurs émotions dans l'éloge de leurs corps et l'adulation du plaisir dans le partage.
Deux terres. Deux îlots scindés de la terre nourricière, perdus dans l’immensité d’une mer démontée. Deux âmes aspirants à la fusion passionnelles de leurs chairs. L’émotion prenait son essor sur le plaisir pour l’élever au-delà de toute atteinte, les corps brûlants et haletants dont les coups saccadés et répétés appelaient, aspiraient à toujours plus de force et de rage .
Plus loin, plus fort... plus fort, encore...
Ses reins labourés en cadence par son amant le faisaient haleter de façon désordonnée tandis que son coeur bâtait un tempo hurlant son envie de jaillir hors de sa cage devenue trop étroite, emprisonnée. Hoquetant à chaque coup de bassin qui secouait ses boucles blondes, Val, les jades éperdument accrochées aux onyx dans lesquels elles se noyaient, agrippa brusquement sa dextre au bras d’Alphonse dont les muscles saillaient sous l’effort des assauts répétés. La senestre glissée à la taille, les doigts fins trouvèrent le chemin du fessier pour le presser contre lui en suivant les coups de bassin du brun qui les menaient vers l'extase.

Empoignant les lobes fermes, le blond, dans un mouvement des hanches, fit basculer son amant sur le dos et s'empara de sa bouche qu'il mordilla puis embrassa avec avidité sans plus contenir la fureur qui l'asservissait.
A califourchon sur le corps brûlant, l'épèbe enchaîna les poignets d'Alphonse entre les serres de ses mains tandis que son bassin imprimait de rapides vas-et-vient sur l'extrémité sensible de la verge fichée dans ses reins, une lueur intense traversant les iris de jade rivées au sombre regard. Le coeur battant à tout rompre, ivre du plaisir qu'il lisait sur les traits du flamand, annonciateurs de sa délivrance, Val se redressa pour s'empaler lentement jusqu'à la garde, et accentua ses mouvements pour ne laisser aucun répit à son amant.
Le corps tendu, la tête rejetée en arrière, étouffant dans un sanglot qui nouait sa gorge la souffrance de ne pas accéder encore à cette jouissance qui menaçait d’exploser alors que le plaisir irradiait en son ventre ce qui l’y avait mené, le Criquet ressentit jusque dans ses entrailles la jouissance du flamand.
Pantin haletant et désarticulé dont les épaules s’étaient affaissées, les bras ballants le long de ses flancs, le blond plongea alors son regard frémissant, hanté d’une rage passionnée, dans la mer noire et démontée de son amant, ivre de s’abreuver à la source de sa jouissance et d’y lire chaque vague fouettant le regard troublé et adulé.
Sa main se porta vers son bas ventre. Une proche promesse pour rejoindre son galant dans l'ivresse.



Alphonse_tabouret
Dans la chambrée aux teintes faites pour apaiser les craintes et amener les premières fois à éclore dans le confort d’une pudeur relative à un bordel, résonnaient désormais les râles et les souffles effrénés de deux hommes dont la faim avait atteint la démesure de leurs barrières.
Le corps d’Alphonse lui semblait être une plaie béante de plaisirs, une braise à ce point incandescente qu’elle lui brulait chaque nerf et, si cela n’avait pas suffi à l’étourdir, l’expression du Criquet aurait achevé de le rendre définitivement faune, diaboliquement Pan…
Les lèvres crispées du blond dans un plaisir où se lisait la beauté d’un abandon inattendu déformaient ses traits d’une langueur indescriptible, ses doigts longilignes se fichaient à la peau avec une violence fébrile et dessinaient sur le corps agité du flamand, les empreintes que laissait chaque coup de rein qu’il portait, sauvage, noyé dans l’extase neuve qu’il déchiffrait dans les yeux voilés de l’adonis. Liés dans une saine folie, les dernières retenues du brun s’évaporèrent en sentant la réponse de son amant à son propre appétit en venant souligner de lui-même, chacun de ses mouvements, et animal, le brun s’abandonna à une ferveur que plus rien ne retenait, que tout désormais amplifiait et quand l’univers bascula, le jetant dos au draps, quand ces yeux découvrirent le corps mâle élancé fiché à son bassin, il grogna d’un contentement rauque, sourd que l’éphèbe noya sous des baisers savoureux dont le parfum exhalait la perception d’une aube nouvelle …
De prédateur, il était devenu proie, tout entier déjà dévoué à sa perte, et sans relâcher les jades de leur prison d’onyx, se laissa priver de ses mains sous la poigne catégorique du blond, un air brulant se déversant en cascade désordonnée de sa gorge affolée quand Val entamait la danse rapide de son bassin, excitant son envie d’une vague fraiche dans la fournaise de leur étreinte, d’une déferlante fatale qui l’arcbouta lentement, dans un gémissement qui le réclamait tout entier en lui. Dans un regard que se disputaient la fureur et la torture, le cœur battant à la façon d’un forçat, Alphonse se vit exaucer lorsque l’éphèbe retrouva de la hauteur et s’assit littéralement, dans une lenteur qui enfla la concupiscence du flamand jusqu’au point fatidique. Dextre et senestre empoignèrent les hanches males, suivant chacun de ses mouvements pour les accentuer, et, le goût de béatitude désormais inéluctable, le flamand se laissa balayer jusqu’à se tendre, vaincu, dans une jouissance extatique, son membre pulsant violemment aux creux des reins convoités, le laissant un instant perdu dans les vapeurs lancinantes d’une délivrance qui l’irradiait.
Ses yeux se reportèrent sur le corps pantelant de l’éphèbe, teint d’une reconnaissance que seule la chair comprenait, et le voyant glisser une main vers son sexe encore gonflé d’un désir imminent, laissa les idées s’acheminer, volubiles, ivres, à son appétit et une seule, trouva grâce au regard furieux et éperdu que le blond dardait sur lui dans son geste. La jouissance, pleine d’un autre avait une saveur incomparable, et, amenant la dextre dans le creux des reins blonds quand la senestre s’enfonçait dans le moelleux du sommier, le jeune homme se redressa. Désormais face à face, assis, l’un sur l’autre, essoufflés, à bout, la douleur du plaisir encore retenu brulant les prunelles du blond, Alphonse vint happer sa lèvre inférieure entre les siennes quand sa main droite délaissait ses rondeurs, dépassait la hanche et, propriétaire, se joignait à la sienne, l’y liant pour empoigner son membre avec une délicatesse frissonnante, savourant à sa pulpe la raideur vibrante d’un bientôt , dispensant de gourmandes caresses pour chasser de cette bouche mâle, toute trace d’insatisfaction. Entravant volontairement le souffle de Val quand il se raréfiait sous les cajoleries indécentes que leurs doigts mêlés prodiguaient, le faune excita l’apothéose d’une langue réclamant la sienne quand il sentit son corps toujours fermement ancré au sien, s’acheminer dans une fièvre transmissible, en proie à un souffle qui montait, de plus en plus haut, de plus en plus nécessaire, et il scruta, voyeur félinement avide, sa gorge chercher l’air, un instant asphyxiée, le raidissement brusque de sa libération et la lueur de ses jades s’éteindre pour exploser lorsque la nacre se rependit en soubresauts à leurs doigts dans une pluie de sons délicieux avant que , monarque complice des amants déchainés, le silence, entrecoupé encore des râles les plus doux, ne dépose le cotonneux de sa présence sur les corps ravagés.

Le front d’Alphonse vint un instant s’appuyer à la ligne de l’épaule, haletant, vaincu, pour y trouver un semblant de paix destiné à apaiser la brulure de sa gorge sèche, et frémit tout entier en sentant pour la première fois depuis le début de leur étreinte, la fraicheur nocturne venir lécher son dos. Il releva le nez vers le Criquet, dispersant sur sa peau un cortège de baisers légers qui trouvèrent le cou, la mâchoire, la courbe du menton avant de venir conquérir les lèvres et, dans un dernier mouvement, bascula à nouveau le blond dans le lit pour le libérer de sa possession.
Libéré, assouvi d’une énergie qui ne l’avait pas saisi depuis si longtemps, le brun attarda la langueur de sa bouche, redevenu tendre, soigneux, effleurant la peau salée du blond pour la laisser flotter dans l’engourdissement de ses sens jusqu’à cueillir son regard pour y noyer le dessin d’un sourire apaisé et doucement espiègle, semant à la bouche qu’il frôlait l’envie des récidives à venir et quelques mots aux accents de fauve repu :


-De quoi as-tu envie maintenant ?

_________________
--Valtriquet



Les vapeurs de l'alcool s'étaient dissipées, faisant place, dans le flux vital, à un poison bien plus pernicieux mais tellement plus savoureux. Le jeune homme n'était jamais allé aussi loin, franchissant avec fougue des barrières dont il ne ne voyait plus les frontières. Et il aimait ça... Avec ferveur, fureur et dévotion. Ne plus s'appartenir en laissant l'autre dévorer, croquer à pleines dents les défenses qui s'étiolent, déchirer le voile qui aveuglait sa concupiscence. Et quand l'autre avait la beauté du diable, une voix chaude et suave à vous faire bouillir un sang trop bleu de noblesse et glaciale du manque d'ivresse, un corps parfait voué à l'extase, vous êtes prêt à tout.
Même à vous damner pour l'éternité...

Abîmé dans la contemplation du corps de son amant dont la jouissance donnait à sa peau les nuances ambrées de l'automne où les lueurs vacillantes des bougies révélaient la sueur qui perlait, le blond, les reins en feu d'avoir été si passionnément honorés, agrippa son membre de sa poigne fébrile pour rejoindre Alphonse dans cette fièvre qui l'habitait. Il pensait être arrivé au bout de tout ce qu'il pouvait encore partager ce soir avec lui... son amant...le brun mystérieux qui avait tant hanté ses nuits le laissant fiévreux et hagard aux premières lueurs des aurores trop nombreuses, trop fréquentes pour ne pas le hanter. Et lorsque se redressant, leurs regards toujours asservis l'un à l'autre pour garder encore un peu plus le lien indicible, invisible, noué à leurs ventre, le flamand happant la lèvre du blond en jumelant leurs doigts sur le membre turgescent, Val sut qu'il n'en avait pas fini avec lui, et que son amant le mènerait jusqu'au bout de...

...l'incomparable délivrance, bien au delà de la simple jouissance

Son souffle ténu, haletant, ricochait sur la bouche gourmande d'Alphonse qui s'en appropriait chaque murmure, chaque témoignage assourdi des sons feutrés exhalant les parfums de son plaisir grandissant. A la langue réclamant la sienne, Val répondit par un baiser long, profond et indécent par son avidité à en prendre possession.
Le corps de l'éphèbe s'arc-bouta, les pupilles tellement dilatées que le cerveau ne pouvait prendre la pleine mesure du déchaînement de ses sens quand le corps du blond échappait à sa vigilance. Ses doigts s’agrippèrent aux bras d’Alphonse dans une étreinte incendiaire, marquant violemment sa peau. Ivre de sa jouissance et chaloupé au point d’en perdre pied, les reins électrisés et le ventre en effervescence, une vague puissante, déferlante, le submergea. Alors que tout en lui voulait hurler, un gémissement jaillit de ses lèvres tremblantes, comme une lente agonie dont la tonalité donnait à l’éphèbe la consonance aiguë d’une voix juvénile oubliée. Le corps tendu, chaque muscle de son buste saillant... sur le visage du Criquet, une expression. Témoin à la crispation de ses traits d’une soudaine douleur tant le plaisir irradiait.
Les paupières closes laissèrent perler des larmes humidifiant la barrière des cils, les empêchant de couler sur le rose fiévreux des pommettes pour se distiller dans l’humidité des iris, troublant sa vue. Sous le voile de ses paupières entrouvertes, le blond ne dissimula rien de sa jouissance et laissa entrevoir au regard du brun une mer d’émeraudes chavirée, libérée, où se lisait la reconnaissance de la chair affamée enfin satisfaite et repue.

Dans le silence qui s’en suivit, vibrant des respirations hachées et ténues, le bienheureux baume s’étirait dans les secondes qui prolongeaient l’instant de plénitude propre aux amants balayés par la passion charnelle. Val, sans force, posa sa joue sur la chevelure brune qui se noyait à son épaule, remontant sa main le long du bras d’Alphonse pour le caresser doucement du dos de ses doigts. Instant de complicité volée et murmures fébriles quand ensuite la bouche délicieuse du Flamand vint à déposer des baisers d’une douceur telle que la peau du blond fut parcourue d’un filet frissonnant, avant de venir happer ses lèvres encore frémissantes.
Basculé sur le lit dont son dos retrouva le moelleux, l’éphèbe ferma lentement ses paupières, fronçant légèrement les sourcils en sentant avec regret Alphonse se libérer de ses reins, avant de retrouver à nouveau le calme lisse de ses traits et une respiration encore désordonnée.


- Mmmh...

Engourdi, sa peau raisonnant des baisers que son amant lui prodiguait avec volupté, le Criquet savourait la langueur bienfaitrice qui frôlait ses sens sans les endormir pour autant. Il ouvrit les yeux, accrochant ses émeraudes aux onyx qui les cherchaient, un sourire serein répondant à celui d’Alphonse.
-De quoi as-tu envie maintenant ?
Aux mots murmurés la voix du Criquet égrena un rire léger dont les teintes avaient repris un ton suave et bas. Puis il resta silencieux, songeur, écartant dans un geste tendre une mèche qui barrait le sombre regard de son amant.
- Te haïr...
Te haïr pour la fièvre qui s’insinue dans mes veines distillant son poison.... te maudire pour ma raison qui défaille... pour la faille même que ton oraison à tracé sur le mur désormais fendillé de mon château de cartes, mots par mots, de ceux que l’on ne dit pas, geste par geste, de ceux que l’on ne refuse ni ne réfute.... Tu es ma fêlure... ... parce que tu es ma fêlure.

Val glissa sa cuisse à l’entre-jambe de son amant, le ramenant à lui de sa senestre plaquée sur le bombé ferme de ses fesses qu’il pressa et malaxa avec un plaisir certain. Ventre contre ventre diffusant leur chaleur. Il happa les lèvres d’Alphonse dont les contours dessinaient avec naturel la provocation charnelle à la possession, puis relâcha la bouche pour lui souffler dans un murmure rauque.
- Mais comment pourrais-je détester ce qui est beau et me fait du bien quand le feu de ton vit va et vient entre mes reins... Après l'avoir longuement observé il ajouta.- Et toi. Dis moi ce dont tu as envie maintenant.


Alphonse_tabouret
Le rire léger de l’adonis arracha un sourire au jeune homme, qui un instant, s’attarda dans la contemplation du visage encore transfiguré, lui-même vaguement béat par l’extase qui finissait de se répandre et par la spontanéité avec laquelle contrairement au jeune homme, il était incapable de s’exprimer. Il avait vu rire le Criquet plusieurs fois dans la soirée qui avait mêlé leurs chemins quelques semaines plus tôt mais à aucun moment, sa bouche ne s’était étirée aussi gracieusement, délassée, assouvie et le flamand se retint d’aller la cueillir pour le plaisir de laisser le son doucement joyeux finir de s’égrener jusqu’au silence qui s’attarda sans pourtant s’appesantir.

Te haïr… La voix de l’éphèbe résonna enfin quand son doigt dégageait une ombre de son regard, et le flamand, attendit que vienne la suite… parce que tu es ma fêlure… conclut il avec une pointe de fatalisme où il percevait la lancinance d’un bien être neuf, et souriant en réponse, le fauve ayant déjà appris de cette leçon là au profit de victoires étincelantes et d’amères défaites, se laissa ramener à hauteur de bouche pour perdre son souffle à celui de Val, avide de ces caresses pleines que l’on ne délivre que dans la satisfaction de l’instant, impudiques, naturelles, propriétaires. Poisseux, les ventres se plaquèrent l’un à l’autre, mus par le besoin d’étirer encore l’osmose de la chair par delà les outrages, s’offrant le luxe au travers d’une étreinte douce de prolonger le gout de l’un à la bouche de l’autre. Le souffle relâché de l’adonis poursuivit, faisant brièvement chanceler le chat dans le sérieux de cette voix encore drapée d’extase
Mais comment pourrais-je détester ce qui est beau et me fait du bien quand le feu de ton vit va et vient entre mes reins

Le rire d’une catin explosa si fort dans le salon que son écho vint ricocher jusqu’à eux, au creux des mots abandonnés sur l’oreiller par l’éphèbe, le regard obscur du chat ne se détachant pas de l’océan vert qui lui faisait face quand ce son lui rappelait pourtant brusquement où il était , se concentrant pour chercher sans la trouver cette étincelle de bien être qui, le souffle court, trouve toujours le monde plus beau qu’il ne l’était, et finit par s’éteindre, feu de paille, dès que la réalité la rattrape. A moins d’être un bon menteur ou qu’il soit trop engourdi pour la déceler, le sourire d’Alphonse s’étira en arrivant à la conclusion que le Criquet était sincère et ce ne fut pas l’orgueil du félin qui trouva à s’en satisfaire, mais le simple contentement que cette émotion animale qui avait serpenté le long de leur chair avait été partagée. L’Aphrodite gardait en son sein des enfants perdus, des esclaves dociles, des héritiers désargentés, des esthètes de la perversion, et pourtant, il y fleurissait quand même ces fleurs rarissimes que l’on ne trouvait que dans la fange la plus absolue….

Et toi. Dis moi ce dont tu as envie maintenant.

Le flamand vint balayer le front encore fiévreux pour y disperser quelques baisers si légers qu’ils en étaient frais malgré la tiédeur de ses lèvres, répondant, la voix toujours basse, teintée d’une vérité amusée :

-…Maintenant ?...Te toucher…
Ses mains parcoururent ses flancs, soulignant le tracé des cotes avant de s’arrêter sur l’arrondi de l’épaule… T’embrasser… Sa bouche prit la sienne, l’attardant dans la jongle de leurs respiration quelques instants, se faisant lourd pour capturer un peu encore l’essence de sa chair… Te mordre… Ses crocs se plantèrent avec langueur dans le cou délié dont avait jaillit sa délivrance un peu plus tôtTe lécher… Sa langue vint panser avec une infinie délicatesse la marque légère des dents laissée sur la peau blanche… Te revoir, poursuivit il plus haut, prenant appui pour se relever lentement, embrassant cette vue nouvelle où, agenouillé sur le lit, il contemplait, dans une insolence dont il ne se départirait jamais, les lignes du corps male couché devant lui, grisé par leur beauté et la pureté de leurs courbes. Te prendre… Sa main glissa aux reins de l’adonis dans un mouvement équivoque sans le porter jusqu’au bout, opposant un sourire effilé aux jades dont il capta l’éclat embué. Depuis la mort de l’anglais, son désir des hommes s’était empreint d’une passivité coupable et il s’y était abandonné, rarement, mais à chaque fois avec l’espoir tenace que dans le geste, résidait la salvation… Surplombant ainsi le corps de l’éphèbe, discernant le tohubohu salé de ses yeux qui les faisait luire d’une lueur indécente pour le chat dont l’appétit carnassier s’était éveillé, il comprenait à quel point il s’était trompé : L’appétit ne venait pas en mangeant… Il venait avec le gout que l’on espère… Depuis combien de temps un amant lui avait imposé une fougue pareille, une telle délivrance dans le carnage de sens… Depuis combien de temps n’avait-il pas senti ce besoin irrépressible de posséder un autre ? Son sourire s’alanguit d’une tendresse féroce. Me faire prendre... Ils étaient fous ou ignares ceux qui croyaient qu'il fallait se satisfaire d'une seule solution, avait il appris en accueillant son lion à ses reins aussi souvent qu'il avait eu envie de s'y perdre... Mais pour l’heure, j’ai soif, conclut-il en se levant, le corps fourbu, pour aller chercher les verres abandonnés plus tôt, délaissant le Criquet pour mieux lui revenir, lui tendant le sien tandis qu’il s’asseyait sur le rebord du lit à côté de lui, dans une lascivité toute féline… Qui t’a fait ça ?, demanda-t-il enfin en désignant de l’index les bleus qui parsemaient ses cotes, rajoutant pour enrober l’intrusion dont il faisait peut être preuve, mais indéniablement curieux, souriant, à la fois étrangement, sincèrement affectueux et moqueur, minimisant l’indiscrétion d’une taquinerie qui n’avait de sens que dans cette chambre : Qui a souillé le pelage de mon chaton ?...
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