Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Ma chère soeur, que Diable faites-vous donc ici ?

Madenig
Clap-clap-clap faisaient la canne du jeune Mirandole sur le pavé souillé des bas-fonds de la ville.
Il se rendait comme à son habitude dans l’un de ces bouges mal fréquentés où l’on trouvait toute la vermine du milieu : hommes de mains, assassins, joueurs & putains.
Il aimait bien s’y rendre, vêtu d’une longue cape grisâtre qui recouvrait ses beaux habits et sa tête à la tignasse de jais luisante au clair de lune.
Incognito, c’est ainsi qu’il y allait, le petit Borgne & Boiteux, en se dandinant toutefois car bien sûr ses maigre petite économies lui permettait en ces endroits de se dandiner au milieu de la fange sans le sou.


-« Ah ! C’qu’on est bien ! N’est-ce pas foutue Blandine ?

Il s’adressait à sa jambe gauche. Du moins, au morceau de bois qui lui servait de jambe gauche. C’était ainsi qu’il l’avait nommée : foutue Blandine.
L’Auberge du Nain Qui Voltige était toute proche. L’on pouvait voir ses lumières à travers les rideaux baissés. Une torche éclairait l’enseigne où l’on pouvait distinguer un gros homme joufflu botter le train d’un nain.
L’on racontait que des lancés de nains y étaient parfois organisés mais le jeune homme, à force de s’y pointer, en avait conclu que ce n’était là que rumeurs de venelles.


-« Rentrons, le Ciel commence à gronder.

Et Madenig poussa la porte et entra dans cet univers puant la sueur et le mauvais vin.
Comme à son habitude, il claudiqua jusqu’au comptoir et s’adressa à la fille de la patronne sur laquelle il avait des vues en ces termes, après s’être découvert, laissant voir son cache-œil à la place de son œil droit et ses traits émaciés.


-« Alors mademoiselle, comment vont les affaires ce soir ?

-« Elles vont bon train, m’sire ! Qu’est-ce que j’vous sers ?
-« Un truc fort !

Le jeune homme quitta la croupe de la jeune fille pour une partie de dés qui se jouait à côté.
Quatre hommes comptaient leurs petites ferrailles, hésitant avant de miser lorsque soudain l’Acariâtre poussant un grognement rauque de douleur en allant vers eux dit d’une voix claire et distincte, sans la moindre hésitation :
« Un écus d’or sur le Six ».
Il envoya tournoyer une pièce d’or, s’attirant les regards ahuris des quatre hommes des rues, et sourit doucement en coin, sûr de son petit effet…

_________________
Tinelia
    Luna & Jonas

    |PROMENONS-NOUS TANT QUE LE BORGNE NE NOUS VOIT PAS.|
    Les marchés de l’Armagnac & Comminges.


« Oh Jonas ! Regardez ce ruban ! N’est-il pas juste trop beau ? »

Le garde grommèle, il se désintéresse complétement des emplettes de la jeune enfant. Cette dernière pour le coup ronchonne un peu, cependant, sa joie ne risquerait pas de s’éteindre si rapidement. C’était une belle journée, un peu trop chaude mais belle, alors oui, Luna avait besoin de rubans, et oui, elle adorait les rubans et oui, Jonas, c’est qu’un vilain qui pense qu’à lui ! Donc l’enfant un peu trop délaissée à son goût poursuivait sa recherche de ruban. Celui-là… Trop jaune, celui-ci… Trop vert. Mais où était passé le rose ? Et le turquoise ? Et les émeraudes ? Elle fouillait de ses fines mains les délices qui délectaient ses pupilles. Quand soudain, elle s’arrêta. Mais… Oui ! C’était celui-ci qu’elle voulait ! Enfin, c’était juste avant qu’elle aperçoive de loin… L’Autre ! Au début, un sourire se dessine sur ses lèvres, et la voici qui dévale en sa direction.

Jonas à ses trousses, l’enfant peu rapide dans la foule, prend un pas plus lent. Jonas la rejoint enfin, se demandant bien pourquoi elle agissait ainsi. Enfin, ce fut avant de le voir lui. Le deuxième fils. Il leva un instant les yeux au ciel, se disant que rien de bon ne pouvait arriver. Alors que Luna, souriante et enjouée, avait hâte de rejoindre son frère. Sauf que là, elle se stoppe. Net. Mais où allait-il ? Les bas quartiers ? Mais qu’est-ce que c’était que cette histoire ? La mine déterminée, voilà qu’elle engage de nouveau le pas.


- Mademoiselle, il ne faut pas y aller. C’est dangereux.

L’interdiction est la pire des valeurs que l’on peut inculquer à un enfant. La volonté de braver les dangers est bien plus forte. Alors oui, Jonas se retrouve à trouver des tenues plus adéquates, des capes sombres tentant de cacher les mèches flamboyantes de la Mirandole et voilà que les deux compères s’enfonçaient dans les bas-fonds.

« Que peut-il bien faire ici… »

A de maintes reprises, le visage de Luna fut remplit de dégoût. Les rues étaient sales, trop sales, des gens au comportement douteux lui donnait des hauts le cœur. Bien heureusement sa sécurité était –plus ou moins- assurée par Jonas. Une fois face au lupanar, la demoiselle s’arrête, levant les yeux au ciel, maudissant presque Madenig.

« Allez Jonas… On y va. Mais moi, je ne peux pas toucher la porte…
C’est trop… Beurk ! Et on reste discrets ! Je veux voir ce qu’il fait là ! »


Le balafré soupire et abdique, les voilà qui prennent une table au fond de l’office. La capuche de Luna tombe sur son petit nez, cachant ses rousseurs, ses richesses et sa beauté. Jonas, bon chien de son état, mais sur la dague, s’installe et prend presque ses aises.


- Deux cervoises et plus vite ma jolie !

« Mais ! Vous faites quoi là ! On a dit discret ! Et puis je n’aime pas ça moi la cervoise !
Vous auriez pas pu commander un truc que je pouvais boire plutôt ?
Comme un lait fraise ! Non mais vraiment Jonas ! »


- Au moins là, c’est plus crédible. J’aurai eu l’air de quoi si j’avais dit : Une bière bien fraîche et un lait fraise. Hein ?

La rouquine ronchonne et s’étonne devant les manières de son sang. Grimaces, dégoût, honte, surprise, tout y était. Se retenant d’intervenir, elle continua de guetter quelques instants avant de souffler à Jonas un de ses plans. Alors Jonas lança malgré Luna, tentant de lui expliquer que ce n’est pas parce que son chiffre porte Bonheur est le sept que ça marche à chaque coup.

- Deux pièces d’or sur le 4. Et c'est ma tournée !

Là Jonas ria de façon grasse, Luna derrière sa capuche, bien cachée, le regardait étonnée. On aurait dit qu’il avait fait ça toute sa vie, et ça ne la rassurait pas. Oh que non.
_________________
Madenig
Le petit Borgne & Boiteux était encore libre comme l’air. A dire vrai il profitait de ses derniers instants de liberté avant le retour de son père et il ne se privait pas.
Il jouait les mondains dans le bas-monde, cela il en avait les moyens. Ce n’était pas glorieux certes et il ne faisait pas honneur à son nom.
Mais après tout qu’importe ? Personne ici-bas ne connaissait son nom. D’ailleurs ce nom lui brulait la gorge. Il lui rappelait à chaque fois son père : cet être autoritaire qu’il détestait tant.
Pourtant quelque chose au fond de lui, quelque chose ancré au plus profond de ses entrailles, lui interdisait de salir son nom.

La belle Louise, la fille de la patronne, revint avec le breuvage mandé plus tôt.
Un breuvage si fort qui lui brûlerait à coup sûr les entrailles.
On ne sait jamais trop ce que l’on boit en ses endroits. La pègre qui y règne est constitué de brave homme qui sont habitués à autre chose qu’à la douce cervoise que l’on sert dans les bonnes vieilles tavernes.


-« Merci, ma Belle

Il tentât bien de lui tâter les miches au passage mais la jeune fille, qui l’avait vu venir, lui claqua prestement la main. Elle avait sur son visage un air mi- en colère, mi- taquin qui rendait fou notre jeune adolescent.

Revenons à nos quatre acolytes toujours dans l’attente du lancer de dés lorsqu’un homme en cape tout comme lui fit son apparition et misa quatre pièces d’or.
L’Acariâtre le dévisagea de son seul, interloqué d’abord, avant de le plisser. Cet homme venait de lui faire affront, et le Mirandole bomba la torse avant de se racler la gorge et d’annoncer :
« Dix écus d’or sur le Six ! ».
Petit sourire en coin à l’intention de l’homme avant de se retourner vers Louise pour voir l’effet que cette somme lui faisait : en apparence aucune…


-« Ah Ah ! Mon salaud de père en serait vert !

Et cela, c’était sa petite fierté !
Bien sûr, il espérait bien que son père de fusse jamais au courant de cette petite soirée dans les bas-fonds.
Dieu sait ce qu’il en penserait.

Maintenant, tous les regards étaient rivés sur la petite table où commençait à se jouer des sommes rarement vues dans le coin.
L’Autre allait renchérir ?

_________________
Tinelia
Quelle honte ! La jeune Mirandole qui avait gouté aux joies du couvent et à l’éducation raide et réconfortante ne comprenait pas.
Elle manqua à maintes reprises de se dévoiler, mais la main robuste de Jonas, appuyant sur son épaule, tentait de l’en dissuader.
Les garçons nobles n’avaient-ils rien en tête ? Faisaient-ils tous ceci ? Étalage de richesse, dédain et puterelles ? Dégoût sur les lèvres de l’enfant.
Et alors que Jonas avait misé deux pièces d’or, voilà que le jeune nobliau enchérissait de dix ! Dix écus ! Quelle foutaise ! C’était inconsidéré et totalement puérils.
DIX ÉCUS ! La renarde balançait sa tête de gauche à droite. Et c’est alors que Jonas, amusé, renchérissait de nouveau.


- Douze pièces d’or sur le Quatre !

Elle n’eut pas le temps de réagir à la bêtise de son garde qu’en furie, elle se leva brusquement, faisant tomber maladroitement sa capuche.
Ses délicats cheveux roux tombèrent sur ses épaules encadrant son fin visage aux yeux émeraude et lèvres framboise.
La renarde au visage d’ange essayait de s’énerver, il faut dire qu’elle n’en avait guère l’habitude mais là, la pulsion était trop forte.


« C’est honteux ! Sortons ! »

L’enfant ne souhaitait pas se donner en spectacle devant de telles obscénités, et Jonas attrapa son épée prêt à en jouer. Une noble dans un tel endroit, c’était purement de la folie, surtout aussi précieuse était-elle pour lui.
Car la mort de Luna, équivaudrait à celle de Jonas, inexorablement. Le père avait été assez clair.
Et alors qu’elle se dirigea vers la sortie, pensant fortement que Madenig suivrait, Luna souffla quelques mots à Jonas.


« Douze pièces d’or seront retirés de votre paie.
Et ne râlez pas, j’aurai pu doubler la mise. »

_________________
Madenig
- « Douze pièces d’or sur le Quatre ! »

L’Adolescent plissa son œil un peu plus, hésita avant de renchérir, soupesant sa bourse qui s’allégeait au fil des mises.
L’ambiance était tendue. Tous les regards étaient tournés vers eux : le jeune Borgne & Boiteux à visage découvert ainsi que les deux mystérieux encapuchonnés.
C’était l’autre qui semblait mener le jeu. Qui était-ce donc ? Qui d’autres que lui en ce bouge des bas-fonds possédait une telle somme à jeter aux dés pour le simple plaisir de se faire voir ?


-« Mazette ! Mais qui êtes-vous donc, enfin ? A qui ai-je l’honneur ?

La mine du lanceur de dés blêmit alors que les mises augmentaient. A coup sûr, si les dés tombaient sur le quatre ou le six, il devrait prendre ses jambes à son cou, se carapater à toute vitesse car il ne faisait pas long-feu les escrocs par ici.
Le jeune Mirandole allait renchérir à quinze écus lorsque soudain l’incroyable se produisit.
L’Autre était en fait sa jeune sœur Luna. Il n’en croyait pas ses oreilles. Mais que Diable fichait donc-t-elle ici ?
La rouquine était furibonde, outrée, et cela se comprenait !


-« Luna ?! Mais que Diable faites-vous donc ici ?

Il tenta de la rattraper par le bras mais son garde à l’épée luisante l’en empêcha.
Les dés au même moment tombèrent : trois !
Il venait de perdre dix pièces d’or mais il s’en fichait bien comparé à l’engueulade paternelle lorsqu’il rentrerait de son escapade.
A tous les coups sa jeune lui raconterait tout. Il devait absolument empêcher cela !


-« Luna ! Attendez !


Il envoya une pièce sur le comptoir et se lança à la poursuite de sa sœur.
Il réussit à la devancer, jouant des poings pour se frayer un chemin parmi la foule ahurie.
Il lui ouvrit la porte de l’auberge et une fois dehors, à l’abri des oreilles indiscrètes mais toujours au milieu de la puanteur des faubourgs, il chercha ses mots et parvint à dire enfin :


-« Père ne doit ne point être au courant, entendez-vous ? Je vous en prie ne lui en touchez point mot !
Mais que Diable fichiez donc vous en cet endroit, ma chère sœur ? Ce n’est point un endroit pour vous !


Le souffle était haletant.
Après la lettre qu’il lui avait écrite alors qu’il était plein comme une vache, il ne pouvait point se permettre une nouvelle sottise.
Le paternel n’était pas encore rentré mais il devait à tout prix ranger sa sœur de son côté !

_________________
Tinelia
La flamboyante se retrouvait donc à l’extérieur de l’office miteux pour terminer dans des rues nauséabondes, bien évidemment, elle se pressa de glisser sa capuche sur son doux minois pour éviter tout acte mal placé, ou du moins les limiter. La voici dehors, prête à rugir bien que déboussolée. Alors, elle s’arrête, un instant. Car le pardon, c’est quelque chose de sacrée. Et pour la jeune Mirandole, la famille l’était tout autant. Alors même si la mère n’était guère la même, même si beaucoup de choses tournaient dans la tête de l’enfant, son frère, elle l’aimait sans aucun doute. Car une fratrie bien que composées de membres diamétralement opposés restait unie, c’est ainsi qu’elle le voyait.

« Je n’ai point d’ordre à recevoir de vous Madenig ! »

En réalité, la jeune rouquine n’avait même pas songé à cafter aux oreilles de son père, non. Mais décidemment, Madenig était plein de ressources, même pour deux ! Encore un colère mais tentant de se dompter la renarde écoute.

« Vous avez l’audace de me réprimander à ce sujet ?!
Et vous ! Diantre ! Que faites-vous ici ? Et seul en plus ! SEUL ! N’est-ce pas là le comble de l’inconscience ?
Dilapidant ainsi votre or ! C’est tout bonnement inadmissible Madenig ! Inadmissible ! »


Baissant d’un ton, ajustant la capuche, la renarde souffle. Jonas était toujours aux aguets, mais ils ne pouvaient rester que davantage plus longtemps dans un tel lieu.
Surtout qu’impayées, les dés avaient été lancés.


- Mademoiselle, il ne faut pas trainer… C’est que… Je n’ai pas les douze pièces d’or sur moi et…

La renarde lève les yeux au ciel.

« Mon frère, ce n’est pas à moi de vous réprimander.
Nous en discuterons plus tard, mais pour le moment, partons. »


Elle tourna son minois roux en direction de son frère, son Borgne & Boiteux, que jamais bien évidemment, elle ne qualifiera de la sorte.
Quoique… Son BB, c’est mignon, n’est-ce pas ?


« A moins que vous ne souhaitiez rester... ? »

Reste, et j'aggraverai ton cas ! Mon frère !
_________________
Madenig
C’est qu’il n’en menait pas large le jeune brun qui se faisait gourmander par sa grande sœur.
Il la suivit sans se faire prier, tout apeuré qu’elle déballe tout au paternel.
Néanmoins, il gardait cette éternelle démarche de jeune dandy, avec sa canne et son habituel clap-clap sur le pavé jonché d’ordures en tout genre.


-« Promettez-moi que vous ne direz rien !

Le jeune Borgne & Boiteux voulait être sûr.
Il n’adressait pas le moindre regard au valet de sa sœur. Le faisait-il exprès ?
Il y avait dans ce non-regard quelque chose de hautain mais également beaucoup de jalousie.
Pourquoi n’avait-il pas de valet, lui ?
Voilà encore un sujet de conversation qu’il aura avec son père.


-« Rentrons, ma sœur. Ce n’est point un endroit pour vous.

Et pour lui non plus comme elle avait si bien su lui faire remarquer !
Mais le jeune homme n’avait pas vu sa sœur depuis bien longtemps.
Élevé au Pensionnat, il n’avait guère eut l’occasion de la voir grandir.
Ils étaient frère & sœur, cela ne faisait aucun doute dans son cœur. Mais il ne la connaissait que trop peu.


-« Quelle belle demoiselle vous êtes devenue…

Un petit coup de brosse au passage, ça ne pouvait qu’arranger ses affaires.
Il avait tant de questions à lui poser.
Il lui tardait tant de la connaître enfin…


-« Mais qui êtes-vous donc, ma chère sœur ? Qu’êtes-vous donc devenue ?

_________________
Tinelia
La Mirandole, malheureuse aîné de son état, n’avait que peu l’habileté pour tenir ce rôle.
Dans un couvent, la demoiselle qu’elle était avait grandi. Certes, cela lui avait appris énormément de choses, cependant, être l’aîné d’une fratrie n’était malheureusement pas au programme. Comment agir ? Elle le connaissait que peu, celui qui partageait la moitié de son sang. Et pourtant, sans réellement savoir pourquoi, ses tripes lui hurlaient leurs ressemblances pourtant muettes. Ils n’avaient guère grandit aux côtés de leurs parents. Leurs mères n’étaient plus. Enfin, quoiqu’elle n’était pas certaine d’avoir eu le plaisir d’entendre parler de la mère de son frère. Chose étrange d’ailleurs… Une famille se veut unie, pourtant, elle comporte des membres tous plus différents les uns des autres.


« Ne me flattez pas pour effacer mon courroux.
Bien que… C’est un réel plaisir de vous revoir, mon frère. »


Un fin sourire se dessine sur les lèvres de la renarde.
Voilà que ses pieds commençaient à fouler un sol plus propre, plus convenable.
Ils quittaient les bas-fonds de la ville et le minois de la rousse perdit sa colère.


« Ce que je suis ? En construction si l’on peut dire !
Actuellement je m’intéresse à tout…
Mais… Dites-moi ! Comment êtes-vous arrivé ici ?! En Armagnac ? »


La renarde s’arrête, son père lui aurait-il caché pareille visite ?
Et si oui, pourquoi ? Madenig était-il dans la ville basse pour les affaires de son père ?
S’inquiétaient-ils d’être découverts ?
Elle ne savait plus, surtout, depuis qu’elle l’avait vu ce qu’elle n’aurait jamais dû voir.
L’enfant était perdue, espérant trouver dans l’attitude de son B&B, quelque chose de rassurant.


- Une meringue Damoiselle ?

Jonas la sortit de sa réflexion, alors un grand sourire illumina le minois de la rouquine.
En effet, ses meringues bleues avaient le don de lui rendre les histoires plus simples.
Bien évidemment, elle avait donné sans confession ces propriétés à ses boules de sucre bleutées.


« Avec plaisir Jonas ! »

Puis elle se tourne vers son frère, un peu taquine.

« Cela vous tente ?
Oh ! J’adore cette taverne, allons y faire un tour ! »


Sans crier gare, la renarde embarque la troupe dans un coin plus intime.
Et au moins, cette taverne-là, elle sentait pas autant le pourris !
Et la vermine savait se cacher.

_________________
Madenig
-« Oui, entrons ici. Cette taverne m’a l’air mieux fréquentée.

Le jeune Borgne & Boiteux avait écouté sa grande sœur sans piper mot.
Il avait décliné son offre de meringue un peu comme s’il se devait de faire pénitence.
Il n’avait pas encore répondu à ses questions, il attendait d’être à l’intérieur où il commanda deux bières pour lui et le valet avant de se tourner vers sa sœur :


-« Et que prendrez-vous, ma chère sœur ?


En attendant sa réponse, alors qu’ils étaient tous trois attablés, il se mit à faire la conversation.

-« Alors ainsi vous vous intéressez à tout, c’est bien cela. Très bien, même.

Petit ricanement amer avant de poursuivre :

-« Quant-à moi, je me destine à notre très Sainte Mère l’Eglise.
Je dois vous avouer que c’est plus pour faire enrager notre père qui préfèrerait assurément que je défende les armes de la Famille que par naïve bigoterie.
Enfin soit !


Il respira longuement l’air calfeutré de la taverne certes mieux fréquentée avant de répondre aux questions de Luna :

-« Vous savez, je suis heureux de vous revoir enfin. Durant toutes ces années au Pensionnat, je n’avais guère de distraction. Il fallait étudier sans relâche. Enfin soit !
J’ai terminé mes études et me voici de retour au bercail. Je ne sais encore ce que Père a prévu pour moi. Mais si vous lui répétez où vous m’avez trouvé, il est certain que je vais me prendre un tannée.


Il serra les poings, ses traits se firent durs…

-« Au fait… Comment se porte ce vieux bougre ?
_________________
Tinelia
La demoiselle entra donc et prit place aux côtés de son frère.
Jonas un peu plus loin, laissant ainsi tout le loisir aux enfants de discuter entre eux.


« Je prendrais un lait fraise bien frais ! »

Peu importe pour quoi elle passerait aux yeux de son frère, sa gourmandise lui faisait défaut.
Puis son air étonné revint sur son minois, manquant de s’étouffer elle répond.


« La voie de l’Eglise ? Voilà qui est bien étonnant…
Enfin, sachez que je doute que Père soit en colère. Vous savez l’estime que nous portons aux gens de l’Eglise.
Mais tout de même, vous ? En êtes-vous certain ? Enfin, pourquoi avoir choisi cela ? »


Puis les traits s’adoucissent, et la voilà qui attrapant délicatement une mèche de sa rousse chevelure, s’adosse au fond de sa chaise.

« Je le suis également, jusque-là, notre parcourt est donc le même ! »

Un bref sourire et voilà qu’un sourcil se lève de nouveau.
Parlait-il de son père ? Vieux bougre ? Décidément, Madenig avait le don de faire voltiger le sang de la renarde.


« Je ne répondrais pas à vos questions tant que le ton sera aussi irrespectueux. »

Elle n’était surement pas là pour refaire l’éducation de Madenig.
Cependant, elle ne souhaitait en aucun cas participer à ce lynchage inconsidéré.


« Mais… Vous ici, comment cela se fait-il ?
Avez-vous pris vos appartements sur Auch ? Comme Père ? »

_________________
Madenig
Le jeune adolescent ne se démontait pas devant sa sœur, mais tout de même. Elle était l’ainée et il baissa d’un ton.

-« Veuillez me pardonner, ma chère sœur.

Puis il revint en arrière.
D’abord sur cette question d’embrasser la voie de l’Église afin de faire enrager son père.
Les mots de Luna le perturbèrent.
Et si, en effet, cela n’avait aucune sorte d’importance aux yeux de son Père et qu’il se tapait le Séminaire pour rien ?
Cette idée l’effrayait.


-« Je crois que Père préfèrerait que j’embrasse la voie des armes. Je suis son premier fils. Sans doute préfèrerait-il que je défende les armes de la Famille.

Madenig était fait pour les armes.
Preuve en est du courage dont il fera preuve quelques jours plus tard face aux Nés-Blancs.
Mais il aimait également les études.
Du moins, jusqu’alors, il n’avait connu que les études.


-« Je suis d’ailleurs déjà Séminariste au Séminaire Saint-Benoît et j’ai suivi ma Pastorale avec le Frère Milandor de Castel-Vilar.
J’attends de me faire Baptisé mais je n’ai point de Parrain ni de Marraine. Je ne connais pas grand monde en somme.
Êtes-vous baptisée ma chère sœur ? Si oui, accepteriez-vous de devenir ma Marraine ?


Le jeune Borgne & Boiteux lui sourit gentiment tout en commandant le lait fraise qui ne tarda point à venir.
Il se devait d’aborder un point avec sa sœur…


-« Pour répondre à votre question, je ne me suis point encore établit à Auch auprès de Père. Je préfère rester pour le moment à Lectoure.
Loin des yeux près du cœur, cela est mieux ainsi.
Je lui en veux, vous savez. J’ai passé mon enfance au Pensionnat. J’ai toujours détesté cet endroit, mais jamais il ne m’en a arraché…


Petit sourire amer avant de reprendre…


-« Allez-y, ma chère sœur. Je suis sûr que vous avez d’autres questions à me poser…

_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)