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[RP] Chéri, j'ai gobé une pomme !

Astana
    [30 septembre 1461, Antre scandinave]

Au petit reluit Blondeur s'agite, la pensée pernicieuse.
Il faut qu'elle le fasse. Qu'elle lui écrive. Pour savoir.

Pli écrit à la hâte, où les mots apparaissent serrés.
La dernière phrase est totalement illisible, mais elle est là.


Citation:

    Jean,


    Retrouvez-moi dans mon appartement du Vieux-Pont.
    J'ai à vous parler. C'est urgent. J'ai gobé une pomme.


      A.


Il faut que je sache, tu vois ? J'ai l'horloge biologique qui tourne, une épée de Damoclès au-dessus de la tronche, et j'ai pas droit à l'erreur. Je suis une vieille chouette, et les vieilles s'inquiètent de leur avenir. Elles s'interrogent et sont prêtes à tout pour avoir une réponse. Même mentir. C'est ce font. Elles assurent leurs arrières. Alors quand je vais te dire que je suis enceinte, partiras-tu en courant ? Parce qu'hypothétiquement, c'est ce qui pourrait arriver. Que je sois pleine. Grosse. Et j'entraverai plus jamais. Alors comment on fera, ce jour-là ? Tu partiras, ou tu resteras ? Lâcheté ou fierté ? Envie ou pas ? Moi pas, mais j'aurai pas le choix.

À l'inverse des femelles qui tentent de coller un marmot dans les pattes de leur homme pour sauver leur couple, l'Astana s'en invente un pour savoir si celui-ci vaut le coup de l'être. C'est une logique qui se tient. Quitte à ce que celui-ci vrille totalement à l'aveu de la trahison, du mensonge. Oui. Risque à prendre. Elle mettrait pas sa main à couper qu'il resterait, le Jean. D'ailleurs, le talisman envoyé quelques jours plus tôt ne le prouve-t-il pas ? N'est-ce pas une sorte de confession tacite ? Le foutre au pied du mur est la seule solution qui trouve grâce à ses yeux. Merci Maleus de m'avoir collé cette obsession dans le crâne. Oui c'est de ta faute tout ça. Mais pas que.

Alors De Cetzes ? Quel père feras-tu pour cet enfant qui n'existe pas encore ?

_________________
Jean.de.cetzes
      [30 septembre 1461, De l'hôtel à l'antre]

Un billet de la danoise ? Oui donnez. Mais oui maintenant. - Toujours aussi débile son valet. Bon en tout cas ça faisait plaisir - ou pas - d'avoir des nouvelles de Sa chauve-souris. 'Pis ça changerait de la bretonne présentée par le Primat de Bretagne. Drôle d'affaire d'ailleurs. De toute façon elles sont curieuses les étrangères. La preuve avec cette histoire loufoque. Déjà qu'il lui avait fallut prendre une loupe pour déchiffrer le message tellement c'était gribouillé... mais en plus c'était parfaitement saugrenu ! "J'ai gobé une pomme". Allo, allo, les sanglots longs... Y'avait pas à dire, dans le potage de celle là y'avait bien une couille. Et curieusement il adorait ça. Elle était complètement siphonnée et il était sous le charme. Pauvre Jean. Bon, reconnaissons que le de Cetzes n'était pas non plus exempt de toute période de douce folie. Mais cette charmante - en fait désagréable - attitude le ragaillardissait, le changeait du nombre de fadaises qu'il devait s'infuser à longueur de journée. Au fond, peut-être avait il même quelques positifs sentiments à son égard. Peut-être. Peut-être. Peut-être. Oui trois fois, sinon ça voudrait dire surement et ça.. ça serait trop moche. Quoi qu'il en soit il était heureux - mais il le cacherait bien - qu'elle le recontacte. Il l'avait croisé en taverne bien sur, mais ni chez elle, ni chez lui depuis l'envoi du talisman, dont il ne connaissait pas le sort. Elle le croyait peut-être léger et pourtant il n'était pas inconséquent. Jeune mais pas couard. Mais que voulait-elle vraiment au fond ? Le congédier ? Se rappeler à son bon souvenir ? La réponse ne viendrait pas du ciel.

Bien. Ne la faisons pas attendre puisque c'est "urgent". Faites sceller mon cheval.

Pauvre Jean. S'il savait à quelle sauce elle voulait le manger... Il l'avait eu sauce nantua, elle le voulait sauce cocktail.

Tadaaaaam. Le turban qui gueule dans l'entrée pour l'appeler..

Me voilà Sørensen. Vous vouliez me voir ?
_________________
Astana
    [M-7,5 avant l'Enturbanné]

Danoise malade. Danoise blafarde. Qui vient de vomir ses tripes.
Non ce n'était pas prévu au programme. Non ça ne fait pas plaisir.
Tu somatises, Sa Blondeur. Tu somatises. - Trop pas j'ai la gueule de bois.
C'est la première gorgée du matin qu'est mal passée, hein c'est tout. Teuh.


    [M-2 avant l'Enturbanné]

Prémices d'une agonie ? Nichée au fond du pieu, elle ne bouge plus.
Genre : je vais mourir, demain j'arrête l'alcool. Je l'ai déjà dit ? Ah. Bon.
Je souffre de tous les côtés. J'ai le foie qu'est pas droit, j'ai le ventre qui se rentre...
Laissez.moi.crever.en.paix.et.barrez.vous. Feuque j'ai pas fait mon testament.

Laissez-moi être hypocondriaque ?


    [M-M]

Voix qui résonne depuis la salle principale.

- « Me voilà Sørensen. Vous vouliez me voir ? »

Oups. Et vas-y que je te fiche un coup de fouet fissa. Fini la faiblardise.
Urgence et précipitation mode ON. Vite, vite, une excuse. N'importe quoi.


- « Minute ! Je... ne suis pas décente ! »

Parce que tu l'es, d'habitude ? Première nouvelle.

Puisque que ça urge sévère, Blondeur empoigne une bouteille d'Anjou pour se rincer le gosier. Ça lui colle la nausée. Elle recrache tout par la fenêtre, sans se sentir désolée pour le pauvre hère s'étant pris la saucée en contrebas. Sans alcool la fête est plus folle ? De Cetzes poireaute, d'Assay psychote. Va falloir lui faire avaler que t'as gobé une pomme, ma vieille, allez. Une pomme ! Comme quoi l'Athelstan n'a pas que des idées à la con : c'est grâce à lui qu'il y en a dans la pièce d'à côté. Subitement remise d'aplomb, la voilà qui se radine et fonce droit vers un fruit dans lequel elle croque avec un entrain à peine feint.

Non, elle n'a pas l'air dingue. À peine.

La grisaille se pose après coup sur le Comte.
C'est joli comme vue aussi, ça, dites donc.


- « Ah oui donc... »

Le regard s'égare un instant sur le jeune faciès, se remémore son corps, et... secouage de trogne.

- « 'hem. Je voulais vous voir parce que... »

Suffit les pensées vagabondes. La maigre carcasse se redresse complètement, et prend une brève inspiration. L'heure du mensonge a sonné.

- « Il se pourrait que Notre descendance soit en route. À vrai dire c'est même sûr. »

Hey hey don't runawaaaaaaay...
[Hey hey ne fuis pas...]
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Jean.de.cetzes
Il existait donc une connexion entre les deux êtres car lui aussi à l'ouïe de la nouvelle il sentit qu'il avait le foie qu'est pas droit, et le ventre qui se rentre, les guiboles qui flageolent, l'oesophage qui surnage et les cils qui s'défile et le nez tout bouché. A Mon Dieu qu'c'est embêtant d'avoir une femme pareille ! A Mon Dieu qu'c'est embêtant d'avoir une femme pareilllleeeuh !

Ne vous avais-je point dit de porter le talisman ! Sotte que vous êtes ! 1ère réaction, à chaud. Fallait pas rêver non plus, la perspective comme ça, à brule pourpoint, d'un bâtard n'était pas forcément réjouissante. En plus avec une timbrée du genre. Comme dirait l'autre ? Pour peu qu'il soit chauve, avec le turban, ca donnerait un Lord Voldemort*

E mèrda !* 2ème réaction, toujours à chaud. Vous imaginez l'engeance vous ? Le fruit d'une chauve souris et d'un enturbanné ? Une vaste blague. Il s'échoue sur un siège inconfortable.

Bon c'est fait, c'est fait. Il aurait pu aussi lui dire : "Je ne sais pas comment te dire, mais tu es cette belle histoire d'amour que je ne cesserai de lire", mais ce n'eut pas été du JdC dans le texte. Non là il pensait surtout que c'était bien fait pour sa gueule. Rhaaaa. Il s'était fait avoir ! Entravé par une danoise dans la fleur de l'âge. Pas elle, elle était périmée, d'ailleurs on pouvait se demander comment c'était possible qu'elle ait un polichinelle dans le tiroir. Non lui. Lui, en pleine jeunesse, fauché comme les blés. En plus il ne pouvait pas l'épouser elle était Huguenote. Une cumularde. En gros il l'avait dans le baba.

Bon... 4ème réaction, plus tout à fait à chaud. Ca décante sous le turban. Il se redresse et un sourire se dessine sur son visage. Quand on dit qu'il est touché... oui par la grâce, voilà.

On l'appellera Loys ?- Ca ne peut-être qu'un garçon puisqu'elle n'était pas tout à fait une femme.

*De toi la rousse (ou pas d'ailleurs) qui veut m'faire la peau.
* Aucune traduction n'est nécessaire !

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Astana
À l'inverse du Comte qui tire la tronche, la chauve sourit. Elle s'adosse contre un bout de mur, et croise les bras. Jusqu'ici tout-va-bien. Il ne fait que confirmer ce qu'elle savait déjà : il va se tirer et lui donnera une raison de lui en vouloir... même sans mouflet à la clef. Même pas mal, je suis une fille longue. Finalement, le couple s'équilibre dans son désaccord. Ils avancent dans des directions opposées, l'un adoptant la prime expression de l'autre. À mesure que De Cetzes arpente le chemin de la Raison - banane aux lèvres-, d'Assay-Sørensen s'assombrit.

- « Bon... »

Non, c'est pas bon. Ne dis pas la s...

- « On l'appellera Loys ? »

Comment ça, t'es d'accord ? Froncement de sourcils.
Comment ça, tu resterais ? Incompréhension.

Tu n'es pas censé être aussi bon, ni aussi droit à ton âge, Jean.


- « Ne vous sentez pas obligé. Si vous n'en voulez pas, j'élèverai Mon bâtard seule. »

Ouais Loys c'est joli. Même que ça fait tendron vicieux. Mais Loys n'existe pas.
D'ailleurs s'il devait naître, ce serait LoŸs. Avec un tréma. Oui môssieur.


- « Je ne vous crois pas. »

Allez, vas-t-en.

Ça nous fera quand même de beaux souvenirs pour les dimanches à combler, de beaux souvenirs pour les songes de nuits d'été, de beaux souvenirs à défaut d'aller mieux, un peu de poudre aux yeux.

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Jean.de.cetzes
Tranquille. Pé-père, le JdC est maintenant convaincu de son choix et le souriant visage de la danoise qui devient une face de chauve-qui-peut ne manque pas de l'amuser. Parce qu'il a beau être jeune c'est pas un gamin. Pas à l'inverse, en somme, de la mémère qui frise l'hospice. Il assume Donc parfaitement. 17 ans et père ? No problemo bambino*. Il a bien fait le héraut, le secrétaire à la chancellerie, le prévôt, le maire, le Comte, parfois le con... Et puis deux ou trois autres trucs. Il devrait pouvoir assumer un lardon. Non ? D'autant qu'il devrait en avoir les moyens financiers et que la danoise passait pour être riche, bien que pingre, toujours d'après les rumeurs...

- « Ne vous sentez pas obligé. Si vous n'en voulez pas, j'élèverai Mon bâtard seule.» Comment ça, "TON" ? Mais pour qui te prends-tu la danoise ? Tu crois quoi que tu l'as conçu toute seule aussi ? L'immaculée conception ? Pour une Huguenote ça fait tache hein.

- « Je ne vous crois pas. » Et que faut-il faire alors ? Signer un acte de reconnaissance pré-natal ? Pis quoi encore ?

Vous devriez pourtant. Et puis Loys de Cetzes ça sonne bien.. - Version JdC imperturbable.Il se voyait déjà avec le gamin, lui enseignant les subtilités de la jurisprudence, l'art héraldique, le droit canon (!), et surtout lui faire découvrir Toulouse. Aah, Toulouse... Vaut mieux que ce ne soit pas une plaisanterie. Hein...

*Toutes mes excuses JD A.
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Astana
On coupera pas le bébé en deux puisqu'il n'existe pas, mais le principe est presque là. C'est le mien ! - NON, le mien ! Ta gueule, je t'aime. Pas. Avec ou sans tréma ? Huguenot ou... non, juste huguenot. Et ferrailleur, comme sa mère. Enturbanné - peut-être - comme le père. Forcément qu'il aura les yeux gris, c'est de famille. La couleur des cheveux on s'en fout, de toutes façons il naîtra sans. Il sera bâtard, issu de l'union de deux adultes qui ne s'aiment pas encore assez pour aller le gueuler sur tous les toits. Les enfants nés bâtards restent toujours avec la mère, tout le monde le sait. Ce sera donc l'enfant d'Astana. CQFD. « Sera » ? Je croyais qu'il n'existait pas ? Ah ouais c'est vrai. Mais on est dans l'hypothétique, là, merde.

- « De Cetzes ? »

Accent circonflexe au-dessus des yeux.

- « Parce que vous comptez vous convertir et ensuite m'épouser, peut-être ? »


Hé nan, c'est con. Il portera jamais ton nom, mais le mien. Hinhin.

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Jean.de.cetzes
- « De Cetzes ? Parce que vous comptez vous convertir et ensuite m'épouser, peut-être ? »

T'as pas l'air de savoir que je peux le reconnaître comme étant de moi. Bâtard, mais reconnu. Donc nom du père, blason du père, Et Vlan dans tes dents. Bon à la rigueur on pourra accoler le nom de l'empaffé de cousin, ou le nom Danois, c'est marrant ça un nom Danois c'est exotique. Et puis en plus Loÿs - va pour le tréma - ca veut dire "glorieux" ou "illustre combattant".* Il sera naturellement bretteur. Normalement c'est le cadet, mais un bâtard c'est un peu le perpétuel cadet non ? Pour le reste ça se discute ! Parce que c'est réel, n'est-ce pas ?!

Me convertir ? Vous épouser ? Hum.

Oncque besoin ! Il portera mon nom et à la rigueur le votre pourra y être accolé si votre cousin y consent.
C'est la règle ma pauv' lucette.

La conversion... le mariage... hum... Elle attige là non ? Du coup pas d'autre réponse. Un bâtard c'est suffisamment de soucis. Et puis il fallait trouver une nourrice, parce qu'avec ses maigres seins le pauvre il n'aurait rien à becter. Une jolie nourrice...

Mais... - il réalise - si elle est ... enceinte ... déjà qu'elle est plutôt emmerdante, ça va être l'enfer sur terre ! D'Oohhh


Je resterai. Même si ... vous êtes pire qu'avant. Et pas besoin de mariage pour cela. Pas tout à fait convaincu non plus. Mais le coeur y est ce qui donne un propos un peu décousu.



*Source pourrie que je n'ose citer. Oui, j'ai honte. Et alors ?
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Astana
Nulle offense face au refus du mariage. Dépigmentée n'est pas du genre à rêver d'une bague au doigt, et encore moins pour légitimer un enfant.

- « Il sera bâtard néanmoins. Que vous y colliez votre nom et les deux miens n'y changera rien. »

Oui, deux. D'Assay/Sørensen. Le cousin borgne n'est chef que de la branche maternelle. Au niveau du pater ne persiste que l'animal danois.

- « Soyez rassuré : je ne vous demanderai rien. Puisque... »

Lui dira, lui dira pas... ?

Intentions dévoilées qui se veulent rassurantes, et qui pourtant mordent les tripes. Comment t'avouer à présent que tu t'es réjoui pour rien ? Qu'il n'y a pas plus d'enfant que le soir du lancer de dague ? Que Loÿs n'est qu'une vaste mascarade destinée à m'assurer de tes sentiments à mon égard ? C'est pas le moment de te la jouer tendron, Sa Blondeur.


- « L'enfant... »

Allez !

- « N'... »

Oh, bordel ! Grimace large.

- « N'existe pas. »

Faute avouée, à demi pardonnée ?

Sept options :
1. Jean ne comprend pas.
2. Jean, fou de rage de voir ses rêves de descendance réduits en poussière, s'en va.
3. Jean, fou de rage de voir ses rêves de descendance réduits en poussière, lui en colle une et s'en va.
4. Jean lui promet une morte lente et douloureuse, puis se tire en claquant la porte.
5. Jean trouve que ça l'arrange bien, finalement. Et ils vécurent heureux et n'eurent pas d'enfants.
6. Jean, dans sa grande mansuétude, pardonne. Mais il décide néanmoins de lui faire un gosse sur-le-champ.
7. 42.

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Jean.de.cetzes
Bâtard il sera. Oui on a compris, pas la peine de répéter à tue-tête. Mais un bâtard de Cetzes. Pis c'est tout... même si, oui, pourquoi pas, une petite fioriture nommée Sorensen... Est-ce bien nécessaire le d'Assay ? La filiation au borgne... Pas nécessaire ? Oui c'est ça Bon et cette nourrice on la prend où et comment ? Enfin, on l'embauche dans quel milieu et à quel moment ? Faudrait penser au précepteur aussi parce que certains sont très demandé. Ce serait couillon qu'il ne reste que Balma...

« Soyez rassuré : je ne vous demanderai rien. Puisque... » Hum ? C'est quoi ce plan ? - « L'enfant... N'... N'existe pas. »Le couperet est tombé, la progéniture est morte bien que pas encore conçue. Elle s'est jouée de toi mon pauvre de Cetzes. Elle t'as bien enturbanné. Peut-être d'ailleurs depuis le début, ce jour où ta foutue dague - disparue depuis... - s'est plantée dans ce maudit plafond du repère Huguenot. Le jour aussi où ta foutue dague - l'autre - s'est plantée... oui. Cette fois-là qui te vaut d'être là et d'y avoir cru comme un niais. Que tu es. Une belle leçon pour toi.

Il serre les dents et les poings. Ne dit mot. S'en était trop. Elle cherchait des preuves sans en donner, et ne supporterait pas le quart de la moitié du commencement de pareil traitement. Elle se permettait cela ? À lui ? Soit. Demi-tour piqué façon militaire contrarié, en claquant des talons, la paume sur la poignée de l'épée. Direction la sortie pour retour imminent à la Casbah. La faute n'avait pas été avouée, seulement le foutage de gueule. Et cela ça ne se pardonne pas. Non.

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Astana
Réaction normale autant que prévisible.

Bah ouais, tu t'attendais à quoi ? À rien. Ou plutôt à "ça". Justement. Au final, t'avais pas envie qu'il se tire, t'as menti pour savoir où te placer par rapport à ça, et le résultat est le même. Il s'en va, et toi tu dis rien. Désolée ? Non tu l'es pas. C'était le seul moyen d'être sûre. L'intention était là, l'envie - peut-être - aussi. Manquait juste la forme. Astana n'a jamais été douée pour mettre les choses en forme. Tout ce qui sort est brut, vif, tranchant. Franchise à la mord moi l'noeud.

Attention il va passer le pas de la porte dans 5, 4, 3, 2...

Tu vas pas lui courir après, on sait. Mais on sait aussi qu'il ne va pas faire demi-tour.

La parole prend le pas sur les réflexions futiles.


- « J'étais obligée, d'accord ?! Parce que comment je sais, moi, que vous resteriez autrement ? Ce n'est pas exactement comme si vous aviez manifesté un quelconque intérêt pour ça, jusqu'à présent. Sans parler de votre talisman de mes deux. Alors ça vous heurte peut-être l'égo, mais n'empêche que c'était de la prévention. On me lâchera plus, vous comprenez ? Ou alors c'est moi qui partirai en premier. Si vous aviez renié en bloc votre responsabilité là-dedans, vous ne m'auriez plus vue. Point. »

Pause. À bout de souffle.

- « C'est peut-être tordu, mais c'est comme ça. Cette situation pourrait très bien arriver n'importe quand. Et je ne ferai plus obstacle à la volonté du Très Haut. »

En fin de phrase, la voix s'est éteinte, comme pour atténuer la lourdeur des propos tenus. Pour en diminuer la douleur qui en résulte à cet instant précis. D'aveux il y en a eu deux. L'un par respect obligation, et l'autre par inadvertance. La Danoise, bien que raide comme la justice, se fait pâle, les chasses vissées sur celui qui lui tourne toujours le dos.

Pif, paf, pouf. Y'a d'la joiiiiiie !

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Jean.de.cetzes
Sanguin. Voilà un adjectif tout à fait approprié pour qualifier de Cetzes. En réalité cela dépendait de l'objet du problème, s'il le concernait personnellement ou non. Parfois il pouvait faire preuve d'une patience incommensurable. Pour des affaires politiques par exemple où il se faisait sourcilleux. En revanche il n'en était guère capable d'en avoir une once lorsque l'affaire était personnelle. C'était au fond un sensible d'autant qu'il en pinçait, à peine un poil, pour la furieuse. Mais faramianda, qu'est-ce qu'elle pouvait être urticante. Cette femelalha là n'était qu'une ortie géante à laquelle - masochiste - il aimait se frotter sans avoir bien compris pourquoi, ni comment. Mais ce coup là, bien qu'il la pensait capable pourtant de beaucoup de choses tordus, il ne l'avait pas vu venir. Alors ça tournait à plein sous le turban. Mais pourquoiiii est elle si méchaaante ? Parce qu'elle a grave les pétoches. Elle a les miquettes la danoise. Mais avec ces peurs de bonnes femmes elle lui casse le turban. P'tain Astana, tu pouvais pas simplement poser la question plutôt que de faire ta comédienne de boulevard à deux balles ?

- « J'étais obligée, d'accord ?! - Non t'étais pas obligé. Non je suis pas d'accord. Non ! Non et non ! Parce que comment je sais, moi, que vous resteriez autrement ? En le demandant ! En étant patiente ! En te disant que si j'suis encore là c'est que peut-être... Bref... M'agace. Ce n'est pas exactement comme si vous aviez manifesté un quelconque intérêt pour ça, jusqu'à présent. Sans parler de votre talisman de mes deux. C'était pour continuer à te voir espèce de greluche qui voulait pas d'gosses !Alors ça vous heurte peut-être l'égo, mais n'empêche que c'était de la prévention. On me lâchera plus, vous comprenez ? Ou alors c'est moi qui partirai en premier. Si vous aviez renié en bloc votre responsabilité là-dedans, vous ne m'auriez plus vue. Point. » Ben là c'est toi qui risque de ne plus me voir.

Sa dextre glisse sur la poignée et entrouvre la porte. La barbe Astana !

- « C'est peut-être tordu, mais c'est comme ça. Cette situation pourrait très bien arriver n'importe quand. Et je ne ferai plus obstacle à la volonté du Très Haut. » Tu l'as déjà dit et il a compris ce que tu avais fait par le passé. Douloureux. Oui. Il ne s'en moque d'ailleurs pas, la chose est trop grave. Mais quoi ? Devra-t-il tout endurer pour ton passé ?

...


Blocage. Peut pas partir. Il veut. Mais il ne peut pas. À moins qu'il ne veuille pas et que du coup il ne puisse pas. Pas très clair encore. En même temps il ne peut pas céder. Fierté à la mort moi l'noeud. Alors il reste crispé sur la poignée de porte, et même ses doigts de pieds se rétractent dans ses bottes. Les yeux clos, un instant, pour tenter de faire un vide il sait que s'il se tourne et la voit il cèdera. Il ne veut pas. Il ne peut pas. Il ? Pas très clair non plus tout ça et, là, il était incapable de bouger dans un sens ou dans l'autre, tiraillé par deux sentiments fortement opposés dont il n'a encore aucune certitude quant à celui qui l'emportera. Ou plutôt, non. Il le sait sans vouloir l'admettre. Il mène la politique de l'autruche. Involontairement. Il ne peut même pas gueuler et de sa gorge nouée un seul mot put s'échapper.

Astana...
_________________
Astana
- « Je suis là. »

C'est con, oui. Comme réponse.

Elle n'ira pas à sa rencontre. Blondeur est fêlée, mais pas inconsciente. C'est un peu un coup à se prendre une mandale sans l'avoir méritée/vue venir. T'es bloqué et tu te débloqueras tout seul, mon gars. Non, c'est pas de la méchanceté, ni du désintérêt. On crie pas à la cruauté pour si peu. Astana n'a pas toutes les clefs en main pour pouvoir agir décemment. Rien que des bribes chopées ici et là, qui ne s'emboitent pas tout à fait comme prévu. Peut-être que Jean aurait préféré avoir affaire à une petite ingénue aux lèvres purpurines*, qui jouerait de la lippe boudeuse avec brio, le tout couvert de mille et un sanglots. Peut-être. À la place, môssieur obtient le glaçon de service, l'anesthésiée des émotions, une non-démonstrative en puissance. Ou plutôt qui se dévoile en ne montrant pas.

Les mots ne peuvent dire ce que dit le silence.**

C'est donc taiseuse à souhait que la chauve remplit deux verres de Bordeaux. Par principe. L'animal rétif n'escompte pas toucher au sien. La coupe destinée au Comte est posée sur une petite table située non loin de la porte ; ce qui lui permet de vérifier l'état du jeune insolent en passant. Quand il sera prêt, il bougera. Faut pas forcer, ni précipiter les choses. La blessure provoquée par l'aveu est encore trop lancinante. Trop vive. Et son combat interne suffisamment accaparant pour venir y rajouter une main sur l'épaule, ou quoi.

Les vieux savent quand il est temps de la fermer.

Astana est une vieille chouette, et les vieilles s'inquiètent de leur avenir.
C'est à Jean, et à Jean seul, de décider du prochain mouvement à faire.

Sans influence.



* PJ powa.
** Ferdinando Camon, La Maladie Humaine.

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Jean.de.cetzes
- « Je suis là. » Non ?! C'est pas vrai ?! M'en serais pas douté tiens... Tu pouvais pas faire un geste, tendre une main, faire un pas, je ne sais pas moi... quelque chose ?! Non... Bien sur... Astana était pire que JdC. Encore plus fière, encore plus orgueilleuse. Encore plus c... Rien à voir avec la sagesse des vieux. Et vous voulez savoir le pire dans tout ça ? Le pire c'est qu'il adorait ça. Elle lui prenait la tête et il en perdait la sienne. C'était toute sa saveur. Mais... Non ! Il ne cèderait pas !

Il ne pouvait décemment - lui non plus - revenir sur ce qui a été dit. Ce serait une faiblesse. Se retourner, lui parler, revenir sur l'évènement reviendrait à l'accepter. C'était lui pardonner. Alors non. Mais que faire ? Partir ? Être plus bête qu'elle et mettre fin à tout cela ? Non ! Et donc ? Il poursuit la politique de l'autruche, profitant du pinard servit qu'il à sentit - il le sent de loin le Bordeaux. Mais pas de demi-tour sinon une simple marche-arrière. Comme ça il ne la voit pas encore. Quelques petits pas, à reculons car c'est bien dans cet état d'esprit qu'il y retourne, pour arriver à portée de la petite table d'où lui était parvenu le bruit du vin coulant dans le verre.

Tiens... vos cheveux repoussent. - Stupide réponse s'il en est.

Nenni, il n'a pas cédé !... ou presque pas puisqu'il n'est pas revenu sur l'honni sujet... Il n'avait toutefois pas pu se retenir, faute à un regard posé, par inadvertance, sur la tête chenue qui ne l'était plus tout à fait. Peu importe, l'honneur est sauf ! Se plaisait-il à croire en tout cas. Et si ce n'était pas le cas, LUI n'aurait pas tout gâché par orgueil. Peut-être le regretterait-il, ou en serait-il heureux. Peut-être aussi, au fond, qu'elle l'y avait invité en manifestant sa présence par son "je suis là". Peut-être que cette sotte affirmation, de prime abord, signifiait un : "restez avec moi". Cela faisait beaucoup de suppositions, résultat de son obscure attitude et de la confusion relative qu'elle avait insufflé à leur liaison qui résistait encore et toujours à l'entendement. Quoi qu'il en soit, il avait su prendre ses responsabilités. Comme un père l'aurait fait ! Han.. Pas le sujet qui fâche on a dit !

Vous n'avez pas un petit baklawa* pour accompagner le vin ? Il ne savait pas bien ce que c'était mais n'est-ce pas chic comme question ?

*En danois dans le texte, of course.
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Astana
Sans déconner, ils ont repoussé ? Naaaaaan ?! C'était pas pour toute la vie ?! Bien que les yeux soient levés au ciel face à la plus débile des constatations - soyons francs, c'est un peu comme affirmer à un type que sa barbe a repoussé alors qu'il s'est rasé il y a trois jours - ou dire à un manchot que tiens, c'est marrant, mais qu'il lui manque un bras -, Blondeur ne peut s'empêcher de se toucher le crâne. Elle répond d'une voix absente, sans réel ton ni conviction.

- « Mmh, oui. Faudra que je rase à nouveau. »

Les doigts s'attardent quelque peu sur la plus récente des cicatrices puis retombent platement. Le geste du Comte prenant la coupe n'est pas passé inaperçu, et son entêtement à lui tourner le dos encore moins. Puisqu'il désire tant rester au piquet, qu'il y demeure. Faudra pas qu'il vienne se plaindre si on lui pète le nez en ouvrant la porte. C'est comme les accidents de carreaux dans un turban, ça, on peut jamais prévoir à l'avance. Et comme le Roussâtre est sorti...

Enfin on progresse. Il a quand même ouvert la bouche. Tellement à l'aise qu'il demande à grailler, le type. Bien sûr, et tu veux aussi que t'évente avec une feuille de bananier, tant qu'on y est ? Hé, on est chez la danoise, pas à l'auberge. Tout le monde sait que dans l'antre scandinave, la seule nourriture qu'il y a est liquide. Sûrement que Jean n'a pas faim, et qu'il cherche simplement un sujet à évoquer qui soit... léger. Histoire de jauger si oui ou non il peut lui faire face à nouveau. M'enfin tout de même. Tu m'as bien regardée, De Cetzes ? Est-ce que j'ai une gueule à faire à bouffer ?


- « Non. J'ai p... »

La grisaille parcoure la pièce au cas-où. Mais si en fait ! J'ai !

- « Ah. Vous voulez une pomme ? »

Comment ça, c'est un peu déplacé compte tenu de la première allusion faite à un gobage de pomme, et donc à un MENSONGE ?
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