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[RP] Intéri-mère dans la continuité de l'espèce

Scath_la_grande
Hrp : Rp ouvert dans la cohérence de l'évènement.
Titre inspiré de 542 lunes et 7 jours environ de H.-F.Thiéfaine : Je ne suis qu'un intérimaire dans la continuité de l'espèce.



_________Je meurs dans chaque vague chaque jour.
_________Je meurs dans chaque jour en chaque vague.
_________Pourtant le jour ne meurs jamais.
_________Il ne meurt pas.
_________Et la vague ?
_________Non plus. – Pablo Neruda (Mémorial de l’Ile Noire)


L’œil s’ouvre, vitreux, inquiet, la pupille dilatée tente d’interpréter les images qui lui parviennent mais tout reste nébuleux, comme confiné dans un endroit secret de sa tête dont les accès lui ont été subitement retirés.
Le charroi semble ralentir, c’est à peine si la Musteile couchée sur le flanc peut se soulever sur un coude, elle ne peut contrôler les tremblements qui ont pris possession de sa carcasse, ni ce froid qui semble couler dans ses veines.
Le museau oscille de gauche à droite, égaré et le cerveau tente de mettre en place les pièces du puzzle de la soirée, cherchant à comprendre ce qui lui arrive là.

La dolence tapie dans l’ombre de son corps s’éveille, lui dévore le ventre avec acharnement, l’enserre dans son étau violent, le souffle coupé, la Frayner ne peut même plus crier, ses doigts s’agrippent brutalement à un tonnelet, elle y prend appui.
En vain.
Les brûlures glacées dans sa panse s’estompent et alors qu’elle croit enfin goûter à une accalmie, Musteile sent son estomac lui monter aux lèvres, en vagues amères, l’écume se déversant en interminables flots émétiques.
Elle se laisse glisser sur la paille, inerte, les paupières closes, trémmulantes.

« J’vais clamser… »

Triste constat.
Pourtant quelques heures plus tôt à Montauban, malgré quelques frissons, et du blême à la gueule, la rousse allait relativement bien, devisant joyeusement avec le Louvelle blond et dont la fin de soirée lui laissa beaucoup à s’apenser sur le chemin de Tolosa.
Un baiser, puis deux, quelques mots dont la rousse n’était point certaine de saisir la sincérité, Avyd étant de ceux dont on apprend à se méfier et à ne point accorder fiance sans garanti.
Ensuite… du froid, de la fatigue, du sombre qui l’enveloppent desquels elle ne peut s’échapper, on l’allonge et on fait presser le pas des montures, voilà les dernière remembrances avant le noir complet, le chaos indicible qui règne confus dans sa tête.


« Mordieu ! J’ai mal à en crever… »

Rien n’est plus près de la vérité en ce matin.
Toute la carcasse se tend sous le spasme violent, les convulsions durent quelques brèves minutes, brèves minutes où mille fois la mort est appelée, désirée jusqu’à ce qu’épuisé le corps se recroqueville, tremblotant.
Le charroi est à l’arrêt, et les voix familières autour se font pressantes sans que rien de distinct ne vienne aux oreilles de la rousse.
Tous ces éclats sont flous, méconnaissables et à la fois rassurant, elle le sait, ce sont ses gens.
On lui parle, elle ne sait qui, et n’a point la force de répondre, tout juste d’ouvrir de grands yeux effrayés et voilés.
Scath a peur mais terre sa crainte comme sa douleur, muettes, au fond de sa gorge.
Un bras l’étreint, se faufilant dans son dos, l’autre passe derrière ses genoux, on la soulève, le sol se dérobe sous elle, ses jupons lourds, humides, lui collent à la peau, dans une chape glacée.
A l’eau perdue s’est mêlé du sang en grande quantité, provoquant à la fourmilière une grande agitions, des pleurs d’une chambrière se font entendre derrière une voix ferme qui ordonne.
Si l’oreille de la rousse capte chaque son, il y en a bien peu qu’elle arrive à interpréter.

« … la maîtresse va mourir, la maîtresse va mourir… » Le cœur s’emballe, le souffle commence à manquer, les chuchotements affolés l’oppressent. « Il faut aller chercher… » L’œil s’ouvre, les lumières du matin baignent la cour intérieure de l’Ostal Bon-Mancipe. « vite ! » Les silhouettes se détachent en formes imprécises, sombres et mouvantes.
« Il faut qu’elle refasse du sang. Donnez-lui du vin. Vite, dépêchez ! »
Une voix faiblarde tente une percée dans ce marasme à chuchot.

« Owiii à bwaaaaaaare… »

« Vois ! Elle est encore vaillante ! »
Même dans les dents de la mort, dans le gouffre profond des limbes, la Musteile agonique entendra toujours l’écu qui tombe et le vin qui s’épanche.
Puis tout se meut étrangement, une lueur blafarde lui inonde la rétine et à nouveau la paupière s’abaisse.
Rideau !
La bestiole se sent partir et en elle, la moindre once de chaleur s’évapore.
Enfin gagner la paix.

_________________
Theodule
      Au voleur, au voleur, à l'assassin, au meurtrier.
      Justice, juste Ciel.
      Je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent.
      Qui peut-ce être? qu'est-il devenu?
      Où est-il? où se cache-t-il?
      Que ferai-je pour le trouver?
      Où courir? où ne pas courir?
      N'est-il point là? n'est-il point ici?
      Qui est-ce? arrête.
      - Molière (l'Avare, scènes IV, 3 et IV, 5)

Alors que le convoi ralentit à la suite des autres, emmitouflé dans sa couverture, ses peaux, le blond marchand rêve. Il rêve d'or, d'écus et de blondes bouclettes si désirés. Un brusque oscillation de son charroi et sa main dextre en saisit de son bras senestre. Un murmure échappe de ses lèvres :

Rends-MOI ... mon ARgent, coquIN...

Un oeil s'ouvre, le deuxième à son tour. D'un geste réflexe, il tente de lever ses mains pour s'en frotter les pupilles. Les bras s'élèvent d'un pouce ou deux et s'arrêtent dans leur élan. Une seconde tentative, une troisième s'ensuivent toutes aussi vaines. Ses sourcils se froncent, sa bouche se renfrogne. A son mécontentement s'ajoutent les lueurs matinales s'infiltrant à l'intérieur du véhicule et éclairant bien trop brutalement, à son goût, son blond minois. Son regard se baisse sur les obstacles bloquant ses bras. Ils sont liés ensemble par sa main.

Ah, c'est moi ... Mon esprit est troublé ...

Après un grand bâillement, Toc se frotte les yeux de son avant bras. Après s'être dégagé de son lit improvisé, il retire collier portant une clef pour ouvrir un large coffre comportant ses précieux écus et deux et chères importantes missives. A leur vue, un grand sourire mêlant plusieurs sentiments barre son visage. Des voix s'agitent à l'extérieur le tirant de sa douce contemplation. Avant de sortir du véhicule, il referme avec grande précaution ce lourd coffre. D'une main redevenue vive, il saisit le cruchon de vin payé en une des tavernes de Montauban. Tout vin tiré est à boire sur l'heure où plus tard. De plus il l'avait payé : hors de question d'abandonner son dû.

Dehors c'est une cour, une cour intérieure d'un Ostal. Le blond saura bien assez tôt le nom du lieu : l'Ostal Bon-Mancipe. Pour l'heure il l'ignore. La seule chose sue est celle qu'il contemple. Hommes, femmes portant la Rouge aux pieds mouillés. Si ce n'était que les pieds. La maudite Rouge, ses moult retards et ses nombreux détours. Les gens s'agitent, le blond boit ; une bonne lampée sans détourner le regard. Il s'agit de ne rien perdre du spectacle. Pour mieux comprendre, il arrête une des gens pour lui poser question.


Par la male mort, qu'a-t-elle donc la Rousse pansue ?

A la réponse, il comprend que ce n'est point un vilain coup reçu ; seulement l'heure est venue du nourrisson de sortir de la tanière et de voir les lumières du matin par lui même. Le bon enfant. Enfin tout dépend de quel côté vous vous trouvez. Toute à sa nouvelle gorgée, des pleurs viennent s'ajouter à la scène. Heureusement une voix garde ses esprits et ordonne la manoeuvre : « Il faut aller chercher… » ... « vite ! » ... « Il faut qu’elle refasse du sang. Donnez-lui du vin. Vite, dépêchez ! » ...

Du vin, j'en ai ! J'en ai du vin ... et c'est de la bonne piquette de Cahors.

Tenez !
Mon cruchon est à vous ...


En bon potentiel futur troisième époux et grand pourvoyeur de chopines, il s'avance cruchon en avant. Tandis qu'il s'avance vers la Rousse bientôt mère et la foule assemblée, sa voix faiblarde se fait entendre. Toc n'en comprend mot. Il rit fortement à la bonne phrase énoncée par la suite : « Vois ! Elle est encore vaillante ! ».
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Satyne
Les fesses bringuebalées sur un bout de chariote la brunette s’abîmait à la contemplation des étoiles, bouche ouverte. Si un curieux téméraire s’approchait, il se rendrait compte que l’heure n’était pas à la réflexion mais au roupillage, parce que oui, Satyne dormait. Bien à l’abri sous le couvert d’une toile cirée, elle avait réussi à négocier son assise non sans mal. Scath était coriace, et elle avait dû faire sa tête de chien battu pour qu’on ne la laisse pas patauger dans la boue. Il fallait dire qu’elle était incrustée dans le convoi de la rousse depuis plusieurs villes et il aurait été sot, ingrat, voir trèèèès méchant, de la laisser se débrouiller à pieds à seulement quelques lieues de Toulouse. Non pas que la gamine était sans ressource dans la campagne, c’était juste une grosse flemmarde.

L’attelage fut tiré fermement, et son petit cul rebondi sur les lattes de bois, une écharde finissant figée dans la croupe. Glapissements s’en suivirent. Jurons également. Le chapelet d’inepties habituels digne d’une donzelle de mauvaise humeur.


Morte couille ! Ça va pas de freiner de la sorte ? Elle sauta au bas de la charrette, et remonta vers le cocher pour en découdre. J’sais bien que je suis qu’une clandestine autorisée, comprenne qui pourra, mais j’suis quand même là ! Mains sur ses hanches menues, elle commençait à s’agiter avant de tomber nez à nez avec un blond brandissant une cruche. Derrière lui des têtes dépassaient des charrettes, et on entendait une même rengaine.

« … la maîtresse va mourir, la maîtresse va mourir… »

La roussa avait apparemment choisi son moment pour mettre bas. Satyne ferma les yeux, poussa un soupir, et avant même de prendre ses affaires pour finir la route à pieds, quelqu’un l’attrapa par le bras et la colla au « chevet » de la Grande Scath. Dans quel merdier s’était-elle encore foutue ? La charrette grinça à nouveau, et le convoi reprit la route vers Toulouse, le fouet du cocher claquant régulièrement sur les canassons qui se traînaient.

Hey ! Laissez-moi descendre ! J’suis pas de la Maison de la Dame moi ! Une des servantes lui donna un bout de tissu. A son regard, la brunette comprit qu’on ne discutait pas. Et voilà qu’elle épongeait le front de la malade, jetant des coups d’œil fréquent à l’arrière de la carriole, voir quand elle pourrait en descendre et fuir.

Oui oui je m’applique… Mais j’vous préviens, j’irai pas voir sous les jupons ! J’suis pas metteuse au monde ! Puis pourquoi qu’elle se tord comme ça ? Z’êtes sûr que c’est pas le diable qui est en train de lui sortir du corps ? Non parce qu’avec une couleur de cheveux pareille… Hein ? Suis bonne pour la porter jusqu’à sa chambre ? Mais j’vous dis que je suis pas du coin. Mais non j’essaie pas de me défiler. C’est pas vrai ça… Vous êtes pas un peu fêlée du bocal ? J’m’manque pas de respect, je pose une question ! Soupir exaspéré. Oui j’éponge, j’éponge…

La grande grille fut passée, le convoi toujours accompagné par les gémissements de la future mère. Satyne déglutissait, et lui levait la tête de temps en temps pour lui faire ingérer du vin. Le gros du liquide roulait sur le menton de la rousse, et teintait sa robe de sombre. Une fois dans la cour du domaine il fallut évacué le ventre rond de la charrette, et la donzelle fut encore une fois contrainte de participer.

Non mais on avait pas idée de se reproduire !

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Minah
La Bête ne disait rien.
Le fait ne lui était pas coutumier. Elle ne braillait pas de chanson cochonne, ne cherchait de noise à personne de l’équipage, ne grommelait aucun juron entre ses non-dents, ne jouait pas avec ses amis-décédés-avec-des-tirets, ne se plaignait pas de la radinerie de la patronne.
Elle regardait la Bertrix mal en point et, même si elle ne l’avouerait pour rien au monde, elle était inquiète.

N’a-qu’une-patte venait d’un monde où les gens mouraient. Pas d’une épée dans la panse.
Ils mouraient de faim, ils mouraient de froid, ils mouraient de maladie, d’avoir bu de l’eau trouble ou trop d’alcool, ils mouraient parce qu’ils étaient trop pauvres pour que quelqu’un s’en soucie, ils mouraient seuls dans une cabane de berger ou sous l’ombre du curé qui récitait les prières. Ils mouraient en couche.
La mère de l’estropiée avait eu deux enfants après elle. L’un était mort étouffé par ses vomissures souillées de sang. M’man avait pleuré des jours et n’avait plus rien mangé jusqu’à en avoir les joues creuses et de lourdes cernes grises. L’autre était mort à la naissance, et m’man avait failli s’en aller avec lui. Mémé avait dit qu’elle était peut-être trop vieille pour avoir des enfants.
Depuis, Minah était la petite dernière. Elle avait appris tôt que lorsqu’il y avait de la vie quelque part, la mort lui tenait toujours la main.

L’animal tournait en rond autour de la couche improvisée où gisait sa maîtresse, retenant parfois un grognement anxieux. Impuissante, la Bête.
Elle aurait voulu disputer les domestiques pour leur incompétence, mais elle-même ne savait comment ranimer Musteile étendue dans sa paille salie qui, entre deux soubresauts, paraissait comme morte.
Bon gré mal gré, les deux autres compagnons de route semblaient plus réactifs que l’écuyère, l’une épongeant le front moite, l’autre apportant aux lèvres encroûtées le breuvage salvateur.


« Vois, elle est encore vaillante ! »

Mamz’elle hibou crevé bondit dans la charrette, fébrile, et se précipita au chevet de son chevalier, non sans bousculer un peu au passage la brunette épongeuse.


C’pas trop tard ! C’pas trop tard !

Murmures agités, pleins d’espoir. Soudain, une claque. Rencontre brutale entre une joue pâle et fiévreuse et une paluche courtaude et pleine de cals.


Crevez pas, foutredieu ! Crevez pas ! Réveillez-vous ! Je… j’va chercher d’l’aide !
L’accoucheuse, elle doit pas êt’ loin… elle d’vait arriver à Toulouse ce jour !


Et voilà la crasseuse qui descend de la charrette si vite qu’avec un peu moins de mauvaise foi, elle aurait avoué en être tombée.
Ses doigts, devenus gourds et maladroits, peinèrent à détacher la longe qui reliait Sel, sa petite jument camarguaise, au chariot. Nul besoin de l’harnacher. Un peu de ce temps si précieux d’économisé.
N’à-qu’une-patte montait à cru. Avez-vous déjà essayé de sangler une selle avec une seule main ? Minah oui. Avez-vous déjà réussi ? Minah non – et Scath en avait souvent fait les frais.
La robuste monture réagit au quart de tour, sans doute échauffée par l’angoisse ambiante. Elle partit au galop avant même que la manchote n’ait fini de se hisser sur son dos.


Gardez ma patronne en vie ! Gueula-t-elle à ceux restés autour de la carriole. Sinon même vos fantômes vont pas vous r’connaître !

Bien vaine menace. Mais déjà la hiboutée de la cervelle était trop loin pour les représailles.
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Progeniture
C’était cool avant. C’était chaud, vaporeux et puis on était bien. Mais là où il y a un « avant », il y a un « après ». On est moins à l’aise à présent. Ca pue la mort ici, ça sent la peur, le sang et l’angoisse. On est stressés, on a perdu un truc, mais on ne peut pas dire quoi, parce qu’on ne pense pas encore. On est même pas encore quelqu’un en vrai. On est juste en voie de devenir…

Y’a pas de pensée en nous, y’a juste de l’empathie et elle nous dit que notre cocon est en train de subir quelques maltraitances malvenues. Bordel ! Il se passe quoi là ! Oh ! L’on ne peut pas s’épanouir tranquillement ? Vous n’avez pas l’impression de nous mettre la pression ? Et puis on est bien là, tous les deux, gazouillant confortablement dans l’écrin le plus sécurisé qu’il soit. Ou pas.

On étouffe, ça secoue, ça remue, on se prend de plein fouet les catastrophes extérieures. Ca nous presse, nous compresse, ça nous fait nous tortiller, on ne fait que sentir, ressentir. Sa peine, sa crainte, sa douleur. Elle, on connait sa voix, son timbre, ses intonations. On l’aime. On l’adore même, c’est cette Chose extérieure qui nous rassure, nous nourrit nous héberge. On ne sait pas à quoi elle ressemble, ou plutôt, on ne connait d’elle que ses entrailles. On se disait même que très bientôt, on la verrait mais on voulait être présentables pour ça et faire durer le plaisir.

Oui mais voilà, on a plus le temps, Elle nous quitte, on le sent elle bataille sévère et manque d’éclater notre bulle protectrice à trop se crisper. Ouwouu ! Là haut ! On se calme Siouplé ! On balance un coup histoire de faire baisser le volume. C’est que c’est insupportable tout ce vacarme ! Bizarre, on réagit plus simultanément, on faisait toujours ça avant. Y’a une couille dans le potage et ça c’est un problème interne.

Notre créatrice fout le camp, on remet une taloche pour la peine. Y'a des jours comme ça où rien ne va. Même dans nos têtes de Nons-Nés on peut le saisir. On glisse un peu, on se retourne, c'est un peu chaotique là dedans. La poche pète, on se noie, non on se dénoie, 'fin c'est pas trop descriptible comme sensation. Pouah on se sent mal, étriqués, c'est trop compressé tout ça, faut qu'elle se décoince la Nourricière, elle va nous avaler dans l'autre sens. Bim, une châtaigne dans le bide, on gigote nous aussi, inexorablement attirés vers le bas...

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Scath_la_grande
« Existe-t-il une seule naissance qui ne convoque pas les morts ? » - Marc Vilrouge




La mort c’est aussi simple qu’un claquement de doigt, il suffit d’oublier de respirer et voilà l’affaire faite.
C’est après que ça se complique, il faut appeler l’Borniol pour lui tailler un costard en sapin, la saper d’un lincueil, la môme Frayner pour sa dernière demeure.
Pis faut pleurer un peu, faire un chouia de deuil, payer le fossoyeur et ouvrir le testament, distribuer les biens, disperser au vent ce qui fut une vie.
La mort, elle connait ça la rouquine, elle a donné, ça ressemble à une salle d’attente où on s’emmerde pour l’éternité, dans l’expectative d’un jugement divin.
Adonc il est facile pour la Musteile de se couler dans l’apaisante torpeur, où ne subsiste qu’un voile glacée et du silence, elle y fait son nid dans ce cocon létal, ainsi tout est tellement plus simple.
Mourir et ne plus se soucier de rien.
De personne.


*BAF !*

Aïeuuuuuuuuuuuu.
Ouais mais non.
Le Faucheur c’n’est pas pour maintenant, Il remballe sa faux et rembarre son grand canasson noir, Il range ses effets de manche et ses tours pour impressionner le mortel et Il se casse !
C'est Minah qui l’a décidé !
Et elle a frappé d’un coup d’assommoir à réveiller son mort -enfin sa morte-, la Châtaigne n’a qu’une main, mais bordel, qu’est-ce qu’elle est lourde.
Le choc est bref produisant un bruit sec, le coup n’en reste pas moins rude, colorant à l’immédiat la joue blême d’un regain de vie.


« Gnéééé pourquoi j’ai mal aux dents ? »

Forcément quand on accouche, ce n’est pas de là qu’on se plaint généralement.
Le pire est à venir, tant pour la parturiente que l’on vient d’allonger dans le lit conjugal, que pour ceux qui s’évertuent à lui défaire sa vêture collée à son derme, à nettoyer sa peau souillée, lui frictionnant son corps d’huile tiède agrémentée d’essences aux vertus revigorantes, le thym prédominant embaumant la chambre entière.

Univers féminin dont certaines connaissent les gestes et d’autres plus jeunes se tiennent coites dans leur frayeur prostrées dans un coin.
A plusieurs reprises, des mains fermes se saisissent les poignets et les chevilles pour maintenir la Musteile, le corps s’arque, se plie, se tortille sur les draps, comme un petit serpent que l’on malmène.

Elle ne veut pas qu’on la touche, ne supporte pas ces mains-là sur la meurtrissure qu’est devenu son corps.
La rousse crie, se débat, lutte contre elle-même, pleure de ce chagrin sans larme qui gagne les âmes extenuées, la carcasse agitée de tremblements et de spasmes, l’esprit étriqué, égaré.
La mise-bas n’est pas seulement qu’un déchirement douloureux de la chair mais aussi pour toutes mères, même la plus indigne, la perte de ce lien unique qui n’appartenait qu’à elle, la reliant indéfectiblement à sa progéniture.

Finalement on l’installe sur le flanc, lui remontant ses genoux, la position semblant atténuer son dol.
La plus âgée des chambrières, passe une main dans la crinière rousse, consolant l’enfant terrifié qui se terre au fond de la mère, l’enfant en elle qui se réveille et qui a peur.

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Meme_glaviotte
Titania et le gnome sans patte entrèrent en trombe dans la chambre. La reyne des fées envoya paître ce dernier dans un coin de la pièce, de n’en pas bouger et d’arrêter de piailler d’un air affolé.
La gueule de bois menaçait, et la souveraine voulait avoir l’esprit assez clair pour accomplir sa tâche. Peu à peu, elle retrouvait sa sobriété : il arrivait à Titania de se prendre pour mémé Glaviotte.
Elle écarta de son chemin la masse de domestiques qui couraient dans tous les sens, leur accordant un regard impérieux.


Toi, là. Et toi. Apportez-moi du linge propre. Tout plein. Et pas un drap qui gratte, hein. Toi, toi et pis toi. Ramenez-moi des baquets d’eau. Chaude. J’ai froid au bout des doigts.

Sans doute trop interloqués pour désobéir, les domestiques filèrent chercher ce qu’on leur demandait. Un ou deux hésitèrent toutefois, marmonnant à voix basse. Qui était cette vieille dépenaillée que l’écuyère avait dénichée ?
La Glaviotte finit par s’approcher de la jeune femme en travail, écartant une mèche rouge du visage baigné de sueur, lui tapota gentiment la joue.


Là, là, p’tite mère. Ça va bien s’passer, mentit-elle.

L’ancêtre Lebergier avait eu en tout seize enfants, quarante-neuf petits-enfants, cent cinquante-deux arrière-petits-enfants et (pour l’heure mais elle espérait que ça irait croissant) vingt-sept arrière-arrière-petits-enfants qu’elle avait presque mis au monde toute seule, dans des états d’alcoolémie très divers. Parfois, les choses allaient mal et certains ne survivaient pas. Il fallait très vite s’y habituer.
L’aïeule se rinça les paluches dans l’eau chaude qu’on lui apportait et examina doucement la rousse sur le point d’imploser. Elle secoua la tête, essayant de repousser les brumes éthyliques qui l’engourdissaient, mais ne parvint qu’à accentuer sa gueule de bois. Grognement pâteux.


P’têt que l’môme essaie d’sortir l’cul devant. J’vais essayer d’le remettre droit. Toi, p’tite mère, respire un bon coup. Encore, et encore. T’arrêteras de geindre, ça m’vrille la cervelle.

Sans attendre, la vieille matrone se mit à l’ouvrage, essayant vaguement de se rappeler la marche à suivre. Quelques domestiques supplémentaires furent chargées de l’assister, essentiellement pour empêcher Musteile de se débattre.
Avec précaution, une menotte noueuse vint se glisser à la rencontre de l’enfant à naître.

Mémé Glaviotte fronça les sourcils.


Que l’Sans-Nom m’tripote ! L’est pas tout seul l’gaillard. Y’en a bien deux là-d’dans…

Petit à petit, sa mine se fit grave. Soucieuse.

Y’a un truc qui cloche.

De sa main libre, elle attrapa sa flasque d’eau-de-vie et en fit sauter le bouchon.
Pour se donner du courage.

Il allait en falloir pour la suite.
Satyne
Les bras ballants la brunette tournait d’un côté et de l’autre de la chambrée ne sachant quoi faire. L’action était à son comble, et par-dessus les gémissements de la future mère, des paires de chausses battaient le sol à une cadence effrénée. C’était que la vieille poire qui avait pris les opérations en mains savait ce qu’elle faisait ! Elle essaya même de sortir Scath de sa torpeur, mais celle-ci avait l’air à trois lieues de là. Sa tête roulait sur les oreillers, hagarde, échevelée.

Un baquet d’eau passa sous le nez de Satyne et elle recula pour trébucher sur une servante qui ramenait des serviettes. D’autorité elle les lui prit histoire de se donner l’impression de faire quelque chose de ses deux mimines. Ses yeux glissèrent vers la rousse qui se tortillait sur sa couche. Non de dieu ! Ca donnait pas envie tout ça ! Satyne déglutit, resserra sa prise sur les tissus, et avança d’un pas vers la Mémé.


Les torchons…

Elle ouvrit la bouche dans un cri muet et ne put s’empêcher horrifiée de voir la vieille tâter du bébé pour disait-elle le remettre « cul par-dessus tête ». Sa main ensanglantée sortit de sous le giron de la souffreteuse et elle l’essuya sourcils froncés sur le côté de sa jupe.

Sat était habituée au cri, au sang et aux gémissements, mais là où il devait y avoir le fracas des armes elle n’entendait que murmures inquiets. Un soupir d’agacement lui fendit les lèvres et elle se retourna vers la cours de servantes qui se pressaient les unes contre les autres.


Toi là la grande gigue. Toi la grosse blonde. Et toi la petite replète derrière le pilier. Mais non pas toi… Toi ! Satyne pointait un doigt autoritaire sur le troupeau en face d’elle. Vous avez gagné, vous restez ! Les autres vous me foutez le camp plus vite que ça avant que l’envie m’en prenne d’en étriper une pour prendre l’autre avec ses boyaux ! Et bordel ! Arrêtez un peu de chouiner comme des fillettes, on voudrait s’entendre penser !

Un sanglot se fit entendre suivit de petits couinements étranglés, puis au bout de quelques secondes la porte claqua une dernière fois.

La donzelle darda un regard inquiet sur la vieille. Cette dernière venait d’annoncer que deux marmots se battaient dans le ventre de leur mère. Non pas un mais deux ! Deux ! Satyne qui n’avait jamais vu que des bébés bien portant, bourrelets aux poignets avaient peine à penser qu’il se tirait la bourre en équipe là-dedans.

On devrait peut-être prévenir le père hein ? Vous voulez que j’aille le chercher ?
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Meme_glaviotte
Mémé avait trouvé du courage. Il avait fallu chercher un petit moment, parce qu’en général ce fripon se cachait tout au fond de la flasque à bibine.
Manque de bol, à présent, c’était le reste qui lui manquait. Le reste ? Oh, si peu… tout ce qui lui restait discernement, de sagesse, d’intelligence, de sobriété et de prudence.
La vieille matrone ronchonna un instant, parce qu’il y avait du sang plein sa gourde à gnôle, et se remit au travail.


Petit, petit, petit… Chantonna-t-elle en farfouillant du bout des doigts. Où te caches-tu mon p’tit chapon farci ?

Elle tira doucement sur un morceau de bébé, essayant de l’extirper de son cocon de chairs moites. Gloussement en le voyant apparaître.

Oups, un peton ! On n’t’a pas dit que c’était malpoli de sortir de sa maman les pieds devant ?

Farfouillage derechef, cette fois pour le remettre dans le bon sens. Un tour de manège in utero, c’était marrant en théorie mais en pratique on s’en passerait bien. Doucement. On pourrait presque croire que la cinglée savait ce qu’elle faisait.
Lentement. Très lentement.
Trop lentement…


Rrr… Zzzz… KRROOONNNFLL… !

Presque est une notion très déterminante. L’ancêtre piqua brièvement du nez, et seul le bruit de son ronflement parvint à la faire se redresser, l’œil qui se voulait plus alerte qu’il ne l’était réellement. Puis elle se remit à la tâche mine de rien, dodelinant mollement de la tête.
L’enfançon enfin dans le droit chemin, elle entreprit de l’aider à sortir.


Encore un effort, p’tite mère. Çui-là est presque dehors. J’vois son crâne d’œuf. Voilàààà…

Soupir fatigué. Faire naître quelqu’un était plus long et usant que de lui ôter la vie. Du regard, elle chercha sa flasque d’alcool, mais celle-ci était désespérément vide.

Foutre. Qu’on m’rapporte du vin ! Fait soif ! Toi et toi, là ! Vite, le linge propre ! De l’eau chaude ! Bougez vos miches ! Et toi ! Oui, toi !

Geste du menton vers la brunette qui réprimandait quelques pleurnicheuses.
Pendant ce temps, ses mains noueuses s’affairaient à attraper la petite chose rougeaude et fripée qui était au cœur de toute cette agitation. Il n’était pas aussi gros qu’il aurait dû l’être, et on décelait sans peine entre ses jambes la petite virgule qui ferait sa plus grande fierté une fois adulte.


Arrête de braire et ramène-toi. Vite ! Attrape-moi ça !

Mémé coupa le cordon avec les dents, sans plus de manières, et dégagea le visage de l’enfançon avec un chiffon trempée.
Puis elle le tendit à Satyne sans lui demander son avis.


Tiens bien la tête. Nettoie-le et enveloppe-le dans un linge. Essaie d'le faire brailler, qu'on sache s'il est vaillant. Ensuite, donne-le à la p’tite mère. Ça lui r’montera p’têt le moral. Moi j’en ai encore un à sortir.

Silence. Puis la Glaviotte se tourna vers la porte, furax.

Il arrive ce vin, bordel ?!

On fait pas chier une ivrogne en manque.
La_rouge
« Première Descente Aux Enfers Par La Face Nord » - H.-F. Thiéfaine




N’importe quoi mais que la vieille barrée du cervelet se casse !
Et de beugler.


« Deux ? Deux ! Comment ça deux ?!? »

Deux, comme un et un donc ?
Néanmoins il faut bien se l’avouer que ce genre de mathématique dérangeante ça ne rentre pas dans le calcul des probabilités d’une future accouchée.
Déjà que selon les règles de géométrie faire passer un melon dans un espace pas plus large que deux doigts c’est mathématiquement impossible !
Alors en faire passer deux, z'imaginez pas le truc.

Trouillomètre à zéro moins cinq, la tripe au bord des lèvres.
Merde si on avait su, on s’rait mourru.


« Mais virez moi c’te vieille, bordel –attention contraction, silence ! On pousse. On en était où ?- voyez pas qu’elle est complétement torchée ! -plantant ses ambres sur la Glaviotte- non mais on s’connait pas, virez vos sales pattes de ma charcutaille ! »

P’tite mère ? J't'en foutrais, moi ! Tu vas voir toi quand je t’aurais pété le reste de ce qui te sert de chignoles.
Mais lorsque la nature ordonne, le corps s’exécute, et ce n’est plus l’heure ni de rire, ni de menacer et ce malgré l’épuisement, le froid qui attaque ses membres parce qu’elle se vide de son sang, les dernières forces sont mises dans l’ultime poussée qui plie la carcasse jusqu’à la délivrance.
Essoufflée et le front tout en sueur, Musteile repose sa tête engourdie et esquisse un léger sourire à entendre la vie extirpée brailler.
Spasme, la rousse tremble.


« J’ai froid… -la voix s’affaiblit- j’ai froid… »

Tudieu Rouquine !
C’est pas le moment de clamser, juste au moment où on doit ramener le vin !

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Astana.
Cris de progéniture & entrée en trombe de la danoise essoufflée.

Faites place ! Le père arrive à la bourre ! Personnalisé par Sa Blondeur, donc, qui a endossé le rôle du moustachu depuis belle lurette. Tu rempliras tes poumons d'air plus tard, on a besoin de toi là, on s'en fout que tu sois à deux doigts de l'asphyxie. La Rouge, elle, est sur le point d'exploser. En dépit de la grimace de dégoût qui barre le faciès nordique à la vue du sang tout droit sorti des entrailles de Musteile, la version de Volkmar en plus séduisante se radine aux côtés de son amour platonique et lui chope une patte.


- « J’ai froid… j’ai froid… »
- « Je suis là. Reste avec moi et serre ma main. »

Sinon j'te bute.

Elle plisse les yeux vers Son Altesse Titania la Givrée qui continue à s'affairer dans le ventre de l'alitée, et blêmit.

C'est si long que ça de sortir le reste ? Ça devrait pas. Mais attends, attends... Si elle a encore les mains en-dedans ça veut dire que...

- « Il y en a un AUTRE ?! »

Ouais. Dire que l'Astana flippe sa race est loin de la réalité. La chauve est mortifiée, l'espace d'un instant, et cherche quelques brins de courage dans l'un des pichets ramenés pour l'ancêtre ivrogne. Arriver après la bataille m'allait très bien, pourquoi faut-il que t'en pondes un deuxième, ma mie ? Pourquoi faut-il que j'assiste à ça, moi la faiseuse d'ange par association ? Les souvenirs sont brusquement ravivés et se font douloureux. Sauf que là c'est pas de ton intérieur dont il s'agit, mais du sien ; tu feras le tendron repentant plus tard.

Inspiration profonde, et menace inutile.


- « Vous avez plutôt intérêt à le sortir sain et en vitesse de là ! Sinon je vous étouffe avec ces linges ensanglantés ! »

La dextre chasse quelques tifs humides venus se coller sur le minois de la souffreteuse. Sourire qui se veut rassurant, mais qui doit plutôt ressembler à un appel à l'aide - oui, le père voyez-vous est toujours plus faible que la mère, c'est bien connu.

- « Et qu'on m'apporte de quoi rafraîchir son front ! Elle est aussi bouillante qu'un monastère en proie aux flammes ! »

Et puis si t'éponger le front peut m'éviter de zieuter ce qu'il se passe de l'autre côté, je dis pas non.
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Meme_glaviotte
Le fossile ne prêta aucune attention aux braillements de la p’tite mère et du maléfique homme chauve. D’une, parce qu’elle était vieille et que les vieux sont toujours un peu sourds et n’entendent que ce qu’ils veulent, et de deux parce que le vin arrivait enfin.
Elle s’occupa en premier lieu de ce dernier. Une femme sur le point de mourir d’un bébé coincé dans la panse, une bonne lampée de rouge. Admirez le sens des priorités.

Finissant par remarquer une inhabituelle absence de résistance de la part de son coba… sa patiente, la matrone tendit le pichet de bibine au danois sans cheveux (oui, Titania/Glaviotte persiste et signe).


Tenez, essayez d’la requinquer avec ça. Z’êtes le mari ? Pas étonnant qu’elle soit en train de claquer, bobonne. Avec un homme aussi désagréable… Vous lui montez d’ssus seulement quand z’avez envie de la voir crever en couche pour marier votre maîtresse sans remords, hein ? Tss. Honteux.

Avec un reniflement désapprobateur, mémé reprit son entreprise de farfouillage in utero. De fait, pour le plus grand bonheur de son assistance, elle se tut.
Bientôt, l’effort et le souci perlèrent son front ridé de sueur. La chambre s’emplit d’une forte odeur de gnôle rance, qui se mêla de manière écœurante à celle, bien plus fade, du sang.

L’enfant à venir paraissait maigre sous ses doigts, terriblement maigre. Presque comme si… Mémé laissa échapper un court soupir, ouvrit la bouche puis, après un instant de réflexion, continua sa tâche sans un mot.

Elle savait.
L’ancêtre Lebergier avait donné la vie pendant près de trois quarts de siècle. Elle savait quand il n’y avait plus rien à offrir.

Mais peut-être parviendrait-elle à préserver ce qui n’était pas encore éteint. Enlever la mort qui gangrénait les entrailles de la p’tite mère. Avec une habileté décroissante proportionnellement à son taux d’alcoolémie – heureusement que l’accouchée avait déjà tourné de l’œil sans quoi il aurait fallu supporter quelques cris supplémentaires – la vieille sage-femme entreprit de faire sortir le minuscule corps sans vie de son enveloppe de chair.

Elle l’observa un bref instant. L’enfant était chétif, et bien moins développé que son frère pourtant très maigrelet. Ses membres étaient très raides. Il avait cessé de vivre bien avant l’accouchement.


C’était une fille.

Ne laissant pas le temps à l’assistance de l’apercevoir, la matrone avinée l’enveloppa vivement dans un linge. Elle jeta un coup d’œil circulaire dans la pièce, cherchant qui pourrait s’en occuper. Personne ne se tournait les pouces, hormis le maléfique homme chauve et Minah (qui n’en avait qu’un, de toute façon. De pouce.).
Mémé plissa le nez. La peste ou le choléra ?


Je vais la laver, finit-elle par lâcher. Veillez à ce que la p’tite mère sorte tout ce qui lui reste dans l’ventre ou sinon ça va lui créer des mauvaises humeurs. On a assez de morts comme ça pour aujourd’hui.
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