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[RP] United states Of Cyss*

Christabella


Accroupie dans flaque, une jeune femme, les cheveux blancs sales avec quelques fils auburn rassemblés en une natte négligée, était penchée sur un ouvrage demandant dextérité et présence d’esprit. Elle avait une lueur amusée dans le regard. Trudi, alias, la dame à la hache. Luciole avait trouvé le nom, Pia n’avait rien trouvé à redire, à vrai dire, c’était foutrement moins long que «la dame à la hache». Et Pia n’aimait pas s’emmerder avec des détails. Elle chantonnait, Trudi, tandis qu'elle complétait son joli tableau, si joli.

I'm so happy 'cause today
Je suis si heureux car aujourd'hui
I've found my friends
J'ai trouvé mes amis
They're in my head
Ils sont dans ma tête
I'm so ugly
Je suis si laid
But that's okay 'cause so are you
Mais c'est pas grave car toi aussi
We broke our mirrors
Nous avons cassé nos miroirs


    Rien n’est moins courant qu’une femme comme Scyrielle. Une multiplicité de personnes et et caractères en un seul corps. La folie peut se présenter de diverses manières, et l’une des multiples se plaisait à penser que Cyss était proche de toute les présenter en un seul être humain.

    Cyss n’est pas née multiple. Chaque être humain présente plus ou moins un certain degré de folie, chacun à sa manière. Cyss n’est pas née Cyss, Cycy, ou Scyrielle. Il fut un temps où Scyrielle était «normale». Comme tout un chacun ou presque, avec son caractère, ses défauts et ses qualités. Un coup, un simple coup, un gros coup sur la tête, et là voilà éparpillée, avec son caractère, ses défauts et ses qualités, comme un jeu de carte.

    Cyss est née Christabella, amoureuse sans espoir d’un petit noble, et qui se destinait en désespoir de cause au clergé. Mais les autres, depuis son fameux coup sur la tête, s’étaient mises d’accord pour museler celle qui avait failli devenir évêque de Tarbes.

    Une foultitude de personnages se relayaient. Cycy, la pucelle, bête et simplette, chèvrophile; Trudi ou T, dame à la hache, psychopathe et sournoise; et la sans nom, Pia, l'emmerdeuse, rusée, froide et méthodique. Et Chris aussi, l'innocente diaconnesse, mais jamais bien longtemps.
    Une chose, une seule, était certaine. Ils avaient suivi la chèvre jusqu'ici. Suivre la chèvre était leur plan favori, avec Jay.


Trudi passa la langue sur ses lèvres, contemplant son oeuvre. Du travail d’orfèvre, assurément, le tout réalisé avec son poignard et son stylet. Elle suivi du regard puis du doigt l’artère mésentérique du gros rat, dont elle avait soigneusement déroulé l’intestin sans abimer la jolie dentelle de vaisseaux sanguins. De toutes les manières qu’elle connaissait de tuer un rat, celle ci était l’une des plus amusantes. Le coeur battait encore, plus pour longtemps, même s’il n’avait presque plus de sang à pomper. Tout l’art étant de savoir se servir de son stylet avec dextérité pour paralyser ledit rat avant de réaliser un si joli tableau, jusqu’au moment où la petite étincelle de vie quittait ses yeux. Cyss n’aurait pas manqué de froncer les sourcils face à ce tableau. La vivisection n’était pas sa tasse de thé, elle qui râlait déjà quand Jayjay n’était pas assez doux avec Blanchette. C’était si dur de trouver une chèvre ressemblante à chaque fois...

La jeune femme dodelina de la tête. Cycy observa son reflet dans une flaque, et tâta le gros hématome sur la joue. Ayant reconnu un goût métallique dans la bouche, elle fronça les sourcil. En passant sa langue à l'intérieur de la bouche, elle s'aperçut qu'une dent bougeait. Sa molaire en avait pris un sacré coup, pas sûr qu'elle tienne longtemps. Il avait sacrément cogné Jayjay. Chris avait encore dû sortir, et il avait une peur bleue que Cyss redevienne celle qu'elle avait été. Un coup d'oeil sur le rat, puis sur le décor paradisiaque que constituait la rue de la Mortellerie. Avait-elle peur? Non, elle était curieuse. De tous les endroits visités, c'était le seul où on ne les avait pas encore chassé à coups de fourche et de pioches. Peut être bien que ça ne saurait tarder d'ailleurs.

D'autres sujets préoccupaient la jeune multiple. Trudi n’arrêtait pas de parler de vente aux enchères du pucelage. Pia trouvait que c’était d’un cynisme patenté, d’autant plus que rien ne disait QUI des multiples allait vivre cette formidable expérience. Et dans cette cour, rien ne disait que que ce pucelage intact allait faire long feu. Ca commençait à devenir urgent... Luciole avait parlé d’autres moyens de récupérer de l’argent, ce qui avait évidemment plût à Trudi. Appâter, endormir et dépouiller, le tout sans qu'on la touche. Un fin sourire étira ses lèvres...

Elle secoua de nouveau la tête, souriant comme une gosse en voyant de nouveau son joli tableau. Un chat, il fallait trouver un chat, pour que ça dure plus longtemps! Elle se releva, et se mit en chasse, dans le dédale de ruelles sombres, humides et puantes ... Inconsciente...


Christabella


[ Comment est-ce que tu as pu abandonner ton lit de plumes d'oie, avec les couvertures si magnifiquement décorées?
Comment as tu pu abandonner ton ami pour un gitan mal coiffé?]


Et la jeune fille courrait dans les rues, la démarche bondissante d'une biche aux abois, non sans hésiter à sauter dans chaque flaque d'eau sale, à la recherche de ce chat, avec l'espoir de rencontrer Jay au détour d'une rue. Une étrange amitié, aussi pourrie et perverse qu'elle puisse l'être entre eux deux. Cycy l'adorait, T ne pouvait pas le supporter. Sans aucun scrupules, il avait spontanément proposé de l'échanger contre une blanchette qui ne lui appartenait pas. Et il la cognait quand Chris revenait, et ça faisait un mal de chien!

Dire qu'elle revenait était un bien grand mot. Un raccourci maladroit même. La multiple nommée Chris n'était que la partie d'elle même, la plus chiante, celle qui écrivait les messes, étudiait la musique, la peinture et le livre des vertus. Celle qui passait de long séjours à l'abbaye de Noirlac, et chez elle, à s'occuper de sa roseraie.
La jeune femme s'arrêta, secouant la tête, tandis que les souvenirs déferlaient dans le désordre.

    La jeune adolescente et son père s'était récemment installés à Auch, en Armagnac. Elle voulait devenir meunière, comme son père l'avait été, et elle se mit en quête du moulin de ses rêves. Très vite, elle avait repéré le jeune homme qui s'occupait du cadastre de la ville, bien fait de sa personne, une pointe d'arrogance comme il sied à un fils de duc. Lui même avait déjà, malgré ses seize ans, un petit fief et sa place au conseil. Il avait commencé à l'ignorer, elle, comme la gamine qu'elle était. Puis, il avait joué avec elle, l'avait charmée, content de voir qu'elle le suivait si il avait besoin d'elle. Il fit d'elle son afisanta**, non sans arrières pensées. Le jeune homme enchaînait les conquêtes, si possibles pucelles, et le rejetait une fois déshonorées. Et un jour, cela dérapa. Quelques gestes, des effleurages bien placés et apparemment fortuits, mais elle fuit avant que cela n'aille plus loin... Elle n'était qu'une de plus. Le lendemain, il lui présenta ses excuses, souriant, charmeur, sûr de lui. Il avait besoin d'elle, encore, et elle l'avait suivi lors de la guerre contre l'Alea Furor IV de Thoros, récoltant là une longue cicatrice partant de l'omoplate jusqu'au nombril.
    Elle l'avait fait, avait tué un homme et vu la mort près d'elle et autour d'elle.

    Il jouait de ses sentiments, et l'avait emmurée dans une sorte de dépendance, soufflant le chaud et le froid. Il disait avoir besoin d'elle, ne jurait que par elle, mais lui faisait clairement comprendre que jamais, jamais, il ne l'épouserait... à moins qu'elle fasse un jour partie de la haute noblesse, auquel cas il se marierait avec. Pour le titre. Blessée, elle décida de se consacrer à son séminaire...


Elle dodelina de la tête, perdue. Elle avait serré le poing sur le manche de son stylet, sans s'en apercevoir. Le décor de la cour Brissel apparut. Elle ne trouvait pas Jay, sûrement occupé avec Blanchette dans un coin sombre. Elle se souvenait de leur rencontre. C'était son ami, même si leurs témoignages d'amitiés pouvaient paraître étranges au commun des mortels.
Elle grimpa sur un muret, et joua avec son stylet rouillé, le regard vide... On pouvait en faire des choses avec ce formidable instrument...


    Il avait retourné ciel et terre pour la retrouver, dépensé sa fortune, son temps, sacrifié son fief. Il n'avait rien su pour son coup sur la tête, mais avait réussi à retrouver sa trace du côté de Blois. Cyss venait de rencontrer son nouvel ami Jaydenn, et parcourait les routes...
    Il ne comprenait pas. Elle avait abandonné sa carrière ecclésiastique, ses champs, son moulin, sa ravissante propriété. Il avait tiqué quand il l'avait vu dans cet état, les cheveux blancs mêlés, les habits sales et déchirés, elle même dans un état de saleté repoussant, elle qui était si soignée. Il s'était rendu compte qu'il la voulait...
    Comment est-ce que tu as pu abandonner ton lit de plumes d'oie, avec les couvertures si magnifiquement décorées? Comment as tu pu abandonner ton ami pour un gitan mal coiffé? Je t'aime! J'ai besoin de toi...
    Elle eut un sourire en coin, et l'espoir d'un instant, le blond crut qu'elle se souvenait de lui, de sa vie. Il s'approcha pour l'étreindre, avec l'espoir de l'embrasser, de l'arracher à cet homme abject qu'était Jaydenn.
    Malheureusement pour lui, elle se souvenait, T. Sous le regard de Jay, elle le frappa vicieusement. Les coups pleuvaient, tandis qu'il s'effondrait, le souffle coupé et les mains crispées sur l'entrejambe. Le sourire aux lèvres, elle entreprit avec son stylet, consciencieuse, de détruire le visage de celui qui s'était si longtemps joué de Chris. Désormais, un magnifique sourire ornerait son visage sans nez. La jeune femme se réveilla de ce rêve de vengeance. Pour sûr, si le jeune homme se présentait là devant elle, elle le détruirait. Lentement et amoureusement.


Le soleil avait pendant ce temps là continué sa course au dessus de la rue de la Mortellerie, donnant quelques couleurs moins ternes à la cour lugubre. Demain, demain, ils lui apprendraient des choses, avaient-ils dit. Impatience, quand tu nous tiens! Quand il s'agissait de pognon, T avait ce don et cette curiosité propres aux enfants... Et quid du danger? Elle vivait désormais sa vie sans penser, ne se préoccupant que du lendemain, du prochain repas...
Chat, elle voulait trouver un chat, pour faire un autre joli tableau ... Elle se mit en chasse, l'oeil pétillant, ayant vu un de ces félidés se planquer dans les ombres...



* The Raggle Taggle Gypsy - The Chieftains
** de l'occitan " confidente ".
Christabella


« Les Irlandais ont donné une cornemuse aux Ecossais pour leur faire une blague.
...
...
Mais les Ecossais n’ont toujours pas compris que c’était une blague. »

Oliver Herford


La jeune fille avait coincé le malheureux félidé dans un coin de la ruelle. Mignon minou, viens voir maman ... Il fallut quelques minutes pour attraper la sale bête griffant et crachant comme si elle avait deviné à quel prédateur elle avait à faire. Cyss amena la bestiole par la peau du cou à hauteur de son visage, en d'évitant les griffes, et lui sussurra amoureusement:

La vie n’est pas juste tu vois... Moi hélas, hélas je ne serai jamais reyne... Et toi, tu ne reverras jamais la lumière! Adieu!*

Lorsqu'un bruit de cornemuse se fit entendre dans la cour Brissel, accompagné de hurlements de protestation. Cyss dodelina de la tête, lâcha le chat qui se hâta de fuir vers des horizons plus amicaux. Chris soupira longuement en découvrant le décor de la rue de la mortellerie. Le cauchemar, encore et toujours. Elle observa ses mains d'une propreté douteuse, du sang séché de rat - et de matières moins nobles, toujours d'origine ratières- maculant ses doigts. Le bruit de cornemuse résonna encore, il sembla résonner encore dans ses souvenirs. Cornemuse... Elle était encore désorientée, Chris... Un nom traversa son esprit...

Alasdair?

    Elle avait encore l'impression d'entendre ce groupe d'Ecossais jouer de leurs instruments pour lui remonter le moral. Elle venait d'apprendre le décès de sa mère, Elsianna, de santé fragile depuis toujours, et Alasdair, Elisabeth, Aeonghus, Thomas et Aindreas commencèrent à jouer de leurs flûtes, leur piòb, clàrsach, une musique de plus entraînante, sur laquelle ils commencèrent à danser. Ils réussirent à lui rendre le sourire... Ils restèrent un moment avec elle, Alasdair se mit en tête de lui apprendre à se servir d'un Sgian Dubh, un poignard effilé porté sur la jambe ou glissé dans une botte.
    Il dépeça devant ses yeux effaré un daim, car pour lui, se défendre efficacement nécessitait une petite leçon d'anatomie.
    Regarde, Chris... Tu vois cette artère, là? Eh bien chez les humains c'est pareil. Si on t'agresse, tu ne cherches pas lui loin, tu enfonces ta lame ... Là. Profondément.
    Il lui désigna un endroit précis du corps, entre l'hypochrondre droit, sous les côtes et la zone épigastrique.
    Regarde bien, à cet endroit précis, tu as deux artères importantes, une grosse veine, l'estomac, les instestins, le foie, un vrai carrefour!
    Alasdair, non! Ce ne sont pas des choses à montrer à une petite fille! Elle est livide! Elle va dégobiller sur tes chausses! Ne compte pas sur moi pour nettoyer! Apprend lui à jouer de la cornemuse plutôt!
    Kerzh Da Sutal * *, sale Irlandaise!


Cyss sembla reprendre ses esprits. Le bruit de cornemuse avait disparu, elle cru l'avoir rêvé. Le chat avait disparu. Jay introuvable. Elle soupira... Elle se demandait si c'était cet endroit qui faisaient remonter ses souvenirs ainsi... Où donc était son ami?



* citation tirée du roi Lion
* * (breton) Va te faire voir! ^^
Christabella


Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou, par un autre tour de folie, de n'être pas fou. Blaise Pascal

    Tout être humain est fou, à un moment de sa vie, ou tous les jours. Fou d'amour, fou de rage, fou de plaisir, fou furieux, fou à lier. La folie est difficile à quantifier. Un simple mot de trois lettres aux multiples emplois. Cyss se considérait-elle comme folle? Certainement pas. Elle était habitée par chaque trait de caractère d'une personnalité complexe à l'origine. Elle agissait selon le trait de caractère devenu personnalité qui a pris le contrôle à ce moment là. Vous avez compris? Moi non plus.
    Une théorie sur ce phénomène serait que chaque multiple est née pour pallier à une situation plus ou moins périlleuse à laquelle a du faire face Scyrielle suite à son coup sur la tête, et que chaque multiple serait une part de son ancienne personnalité. A l'exception de ...


Ich langweile mich. *
    Elle ne sortait pas souvent celle là, cette personnalité là. Une chose amusante, lorsqu'elle parlait, ce qui arrivait rarement en public, souvent pour dire la même chose d'ailleurs, elle s'exprimait avec un accent bavarois très prononcé, aux sonorités gutturales, aux "R" roulés un peu trop longtemps, et une perpétuelle lueur de dédain dans les yeux. Pourtant, à la base, Christabella ne parlait pas cette langue en cours dans le saint Empire germanique.
    Ich langweile mich...
    Elle n'ennuyait vite, Pia. Elle préférait observer de loin, fascinée malgré elle par les gens et les interactions entre eux. Ceux qui attiraient les autres, ceux qui recherchaient les honneurs, l'amour ou l'amitié. Scyrielle était pour le monde une énigme, et le monde était une énigme pour elle. La réaction des gens face à une telle bizarrerie était passionnante pour Pia.

    Oui, assez étrangement, elle ne correspondait vraisemblablement à rien de ce qui faisait Christabella, à l'origine. Cycy la pucelle, gentille et naïve, était ce qui restait de la bonté et la jeune fille joyeuse et curieuse qui chantait et picolait en taverne depuis ses onze ans. Car une Jauzac, ça sait boire, et la légende veut qu'elle ait été baptisée avec de l'armagnac consacré. C'est juste une légende, vu qu'elle a été baptisée par celui qu'elle aimait sans espoir et qui était aussi son confesseur à l'âge de treize ans. Celui qui lui a inspiré sa carrière de diaconesse...
    Trudi, T, la dame à la hache, est apparue plusieurs fois. Lorsqu'elle s'est fait brigandée, un jour, et qu'elle s'est défendue en poignardant son agresseur exactement là où il fallait pour l'achever, comme lui avait appris Alasdair. Puis lors de la guerre contre l'Alea Furor IV, lorsqu'elle a achevé un homme, bien qu'elle s'en défendit ensuite.
    Chris, c'était simplement la diaconesse, humble et vertueuse, qui se destinait à devenir évêque.
    Mais Pia restait une énigme. Elle adorait s'installer en taverne, l'air narquois, se composant une pose régalienne. Pour peu qu'un représentant de l'Eglise s'installait près d''elle, elle buvait du petit lait, s'amusant à le mettre face à ses contradictions et à leur hypocrisie. Mais cette attitude et son improbable accent restaient et resteraient certainement une énigme ...


Ich langweile mich.
Le chat a filé, je suis navrée...
Et la chèvrrrre?
Cycy ne va pas être contente, et Jay non plus. Hors de question !


La jeune fille haussa les épaules, puis dodelina de la tête. Avec un sourire en coin et l'oeil pétillant, elle décida d'aller à la rencontre de personnes, histoire de s'amuser....

* je m'ennuie.
Christabella


[ Correspondance ]

Citation:

De Christabella
à CMCVDE

Cher Parrain,

je profite d'avoir quelques minutes à moi pour t'envoyer cette missive et t'assurer que je vais à peu près bien. Je ne suis pas moi même ces temps ci, je me réveille dans des endroits et des situations ... enfin bref. Ma vie est un enfer, mais j'ai cru comprendre durant mes accès de lucidité qu'on doit repasser par Lectoure, par pitié aide moi! Je ne sais pas, fait appel à un exorciste! Je serai tellement heureuse de te revoir.. ( ratures)
et de te péter ta sale tronche de noble, foutre le feu à ta boulangerie et égorger ta valetaille. Tu verras t'aimeras ça! Ah, et si ça t'intéresse, on vend le pucelage de la nonne aux enchères, mais pour toi ça comptera triple, gros vicelard, depuis le temps que tu en rêvais!

Bouge pas, on arrive, prépare tes biftons, enfoiré!


Citation:

De : la pucelle
A Ben

Père,

Il y a eu un contretemps, des cacafouillages, ce genre de trucs. On part dès que j'en ai fini avec mon procès, bouge pas d'où tu es sinon ça va m'énerver. On ira direct à Lectoure, je te présenterai mes amis. Ah ouais, avant d'oublier, on va vendre mon pucelage aux enchères, tu veux bien être arbitre? Commissaire priseur? Enfin, tu vois le tableau, quoi. Tu auras ta part, ne t'en fais pas.

Ta filha.
PS: Et si t'es pas d'accord avec mes choix de carrière sache que j'en ai rien à foutre.


Citation:


De Christabella
à Papa Ben

Papa,

Une petite missive pour te dire que si j'envoie des courriers étranges, ce n'est pas moi! Ce sont les autres. Ne m'en tiens pas rigueur et prie pour moi!

Je t'aime papa, à bientôt!








Christabella



Citation:

De MDCVDL
A ?

Qui êtes vous? Qu'avez vous fait de Chris? Chris est morte. En changeant de nom, vous l'avez tuée. Chris est morte. N'écrivez plus. Ca a été trop dur pour moi.


La vie de cauchemar de Chris empirait chaque jour un peu plus. Reniée ou ignorée, le noyau de pureté qui existait encore au sein de Scyrielle s'estompait peu à peu. Le coup de grâce vint avec cette courte missive. Elle avait compté sur cet ami pour lui donner la force de prendre le pas sur les autres et revenir. Il l'enfonçait avec ces quelques mots dans une nuit sans fin... À l'oubli, éternel et inéluctable. Les pires trahisons sont faites par ceux qu'on aime... Les multiples eurent le bon goût de lui laisser maitrise d'elle même... Elle brisa une bouteille et approcha le tesson de son avant bras. Elle savait qu'il fallait couper dans le sens de la longueur pour toucher une artère... Elle appuya légèrement, faisant perler le sang, doucement...

    Leave me alone it's nothing serious, I'll do it myself...
    Laisse moi seule, il n'y a rien de grave
    Je me débrouillerai tout seule...
    It's got nothing to do with you, And there's nothing that you could do...
    Cela n'a rien à voir avec toi, Et il n'y a rien que tu puisses faire...

    Et surtout tien que tu ne veuilles faire désormais. Tu épouseras ta nobliote, blonde comme tu les aimes. Peut être l'aimais tu, Chris? J'ai appris que ton père était prêt à annoblir un quidam pour que Line épouse quelqu'un de sa condition... Mais tu visais haut. Une duchesse, une vicomtesse, à la rigueur une baronne. Alors, où est le problème? Une roturière, que tu préférai garder sous le coude, pour tes vieux jours?

    You can see it and you can almost hear it too, You can almost taste it
    Tu peux le voir et tu peux presque l'entendre aussi, tu peux presque le goûter
    It's nothing to do with you, And it's still nothing that you can do
    Cela n'a rien à voir avec toi, et il n'y a toujours rien que tu puisses faire. Tu as préféré attendre que l'occasion se fane, que la rose se pare d'épines, que son parfum s'évente. Tu trouves d'autres à exploiter. Te rends tu comptes que tu te mens à toi même?

    So come in my cave, And I'll burn your heart away
    Alors viens dans ma grotte, Et je consumerai ton coeur. Comme le mien se consume. L'amitié que tu portais à Chris était bien peu de choses finalement à tes yeux. Elle n'était qu'une potentialité, une possibilité....

    Please close your ears, And try to look away
    S'il te plaît, bouche tes oreilles, Et essaye de regarder ailleurs
    So you never hear a single word I say, And don't ever come my way,
    Pour que tu n'entendes jamais un seul mot de ce que je dis, Et ne croise jamais mon chemin. Jamais. Ou je te ferai ce que j'ai fait à l'autre. Un grand sourire permanent.

    Come in my cave, And arrest me for my mistakes
    Viens dans ma grotte, Et arrête-moi pour mes erreurs... Mais tu ne le feras pas, ton mot a été éloquent. Suffisement. Il est de finir ce qui a été commencé le jour où le livre des vertus est tombé sur son crâne, libérant les multiples, le jour où Scyrielle est née.


Le tesson s'enfonce légèrement. La main qui tremble hésite désormais à poursuivre le mouvement.

Laissez moi, laissez moi. Je veux mourir. Disparaître. Me consumer. Que cet enfer prenne fin...

T'es pas seule, fais pas d'conneries!

Nous sommes avec toi. Toutes.

Nous voulons vivre...

Je ne manquerai à personne.

Faux, ma chérie. Il en reste un pour t'aimer et t'accepter telle que tu es. De manière inconditionnelle.

Jayd' ne m'as pas connue avant l'accident!

Je ne parlais pas de lui...


Il en existait un, un dernier, qui aimait Chris malgré ce qu'elle était devenue. Bossuet n'avait pas compris, à Saumur, pourquoi il était important pour elle de passer par le Poitou. Surtout, que lui devait-elle, à son père? Eh bien, tout et bien plus encore... Il n'aimait pas son choix de carrière, ses nouveaux amis, mais elle restait sa fille... Les multiples retenaient le geste de Chris, elles laissèrent finalement la bride. Et le choix.

Le tesson dessina un motif sur la peau... Des cercles, des traits, des boucles...

NVMQVAM OBLIVISCAR *




Muse, cave
**Que jamais je n'oublie






















































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