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[RP] Les fantômes du passé

Luciedeclairvaux
Ainsi Laudanum et Lucie s'étaient-elles fait leurs adieux, mais elles étaient toujours là, muant leur amour en désespoir, leurs sentiments en rancœurs, leur attirance en hargne. Chaque rencontre, plus douloureuse que la précédente, ramenait les débris du passé, salissant la plage déjà fragile de leurs possibles. Ressac incessant dans lequel Lucie, impassible, laissait les vagues la mordre et le sel la manger. Se laisser fondre là, à Saumur, où plus rien n'avait d'importance puisqu'elles ne s'aimaient plus, puisque le pardon n'avait pu éclore, puisque toujours l'image de cette mort ratée revenait à leurs yeux, plus puissante à chaque fois, plus réelle. Le temps n'y faisait rien, la brune le savait. C'était même pire. La brune le disait.

Tuer cette image, cette persistance. Et puisque Lucie ne pouvait mettre feu aux Flandres toutes entières, la querelle avec Felina servirait d'exutoire. Puisque tu n'as même pas été fichue de m'achever, elle le fera. Et si je gagne, elle sera la première des maudits à payer pour cette ignominie. Une horde de soldats contre un homme armé de mots, souviens-toi. Un amour révélé qui n'aurait pas dû l'être, je me souviens.

Tavernesque provocation.
Felina : je n'ai pas attaqué Zorg ... je savais juste qu'ils comptaient le faire ... mais je ne veux plus en parler
Luciedeclairvaux : pire, t'as envoyé ton frere
Keyfeya : bon ben j'vous laisse à vos duels
Luciedeclairvaux : reste Key
Felina : non Key ...
Luciedeclairvaux : c'est moi qui pars
Felina : c'est moi qui part
Yiralyon : mouarf comme elles sont en phase
Felina : j'aime pas remuer les fantômes du passé
Luciedeclairvaux : ah bon, pourtant t'es super douée
Felina : j t'emmerde Lucie ....

Le processus était lancé. Felina n'y était pour rien. Lucie non plus (Laudanum le lui avait suffisamment fait remarquer). Mais ce serait peut-être une façon de clore l'épisode Flandres dont ni la Panthère aux sombres desseins, ni le Chaton hargneux ne gardaient de bon souvenirs. Une façon à elles deux de tirer un trait sur le passé.



Lucie leva légèrement la pointe de sa rapière pour en admirer la régularité, dans la pénombre silencieuse. Quelques poussières en suspension flottaient dans un rai de lumière. Il devait faire beau dehors. Elles hésitaient entre les poutres majestueuses et les dalles blanches, frôlant au passage les rideaux pourpres du lit. Le regard de Lucie tomba sur la bague, posée sur un coffre.
Le sésame.
Un anneau d'or enserrant un rubis lumineux, taillé pour une paluche masculine, et qu'elle rendrait bientôt à son propriétaire, maintenant que les gardes connaissaient son minois. Elle aurait pu en tirer un bon prix. Mais rien ne valait la tranquillité de ce château, loin du monde, loin des rumeurs, et loin d'"elle". Un château qui lui rappelait le domaine familial. Il était bien temps de penser à l'enfance, à quelques heures de la mort ...

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Felina
A Saumur par un Sombre matin
Soleil levé depuis moins d'une heure sur le village Angevin, mais déjà la vie grouille en les rues de Saumur. Marchands ambulants installant leur camelote croisent paysans en route pour le travail aux champs. Les gamins des rues sont déjà à vadrouiller dans tous les sens, piaillant, chapardant et jouant dans les ruelles.

Au milieu de la foule bruyante et colorée, la Féline traîne ses bottes et son ennui, sa longue chevelure brune flottant librement au vent, ses dagues à la ceinture comme à son habitude. Passant près d'un étal de fruits et légumes en pleine installation, et profitant que le marchand ait le dos tourné, elle laisse sa main glisser vers une belle pomme rouge, et s'en empare. Elle continue ensuite sa route, croquant à pleine dent dans ce fruit juteux, répondant ainsi à l'appel de son estomac tiraillé par la faim.

Depuis son ultime confrontation avec la blonde flamande, lorsque cette dernière s'était prise en pleine poire l'insupportable vérité, la Rastignac ne l'avait plus recroisé., et pour tout avouer, elle l'évitait soigneusement. Si elle avait su que la Lucie ne savait rien de toute cette histoire, sûrement se serait elle abstenue de l'ouvrir … mais comment deviner que ni le poison, ni les Loreals ne lui avaient tout avouer … Impossible. Et puis ce qui est fait est fait, inutile de vouloir réécrire l'histoire.
Il allait lui falloir assumer, elle le savait et ne se déroberait pas à ses responsabilité.

Puis elle l'avait recroisé, et le couperet était tombé : un duel … Les deux furies avaient décidé de régler cela par le sang, celui là seul pouvant leur permettre de faire enfin table rase du passé.

Mais la sauvageonne sait … elle sait que la vengeance que réclame Lucie ne l'apaisera pas, ne lui apportera pas la réponse qu'elle demande, ne lui permettra pas de répondre à cette question qui la ronge de l'intérieur : « Pourquoi ? »

Pourquoi ? Parce que …
Pour quoi ? Pour rien ...
Pour qui ? Pour ma pomme, et seulement ma pomme …

Il n'y avait rien à comprendre dans les actes sanglants auxquels la Féline avait participé en Flandre. Son frère et elle n'avaient été que les bras armés d'une force qui les dépassaient et ils n'avaient même pas chercher à savoir. On les payait pour tuer … et ils le faisaient sans se poser aucune question, laissant derrière eux tout état d'âme. Mercenaires sans âmes, deux solitudes qui se vendaient au plus offrant, semant la terreur sans ciller, sans regret, assumant leurs actes.

Les mots de Devil résonnent encore aujourd'hui dans l'esprit de la brune.

« Ne regrette jamais rien … Ne te retourne pas ma Féli … Avance toujours … avance … et survit... »

Mais lui n'a pas survécu, alors à quoi bon avancer ? Soupir, et sombre regard levé un instant vers le ciel, comme si son diable de frère pouvait bien se trouver là. Sottise ...
La réponse est peut être là après tout? Dans ce duel, dans ce mano à mano de deux femmes que tout oppose mais qui toutes deux cherchent des réponses qu'elles n'obtiendront jamais
Il est grand temps, oh oui … il est grand temps. Finissons en … une fois pour toute. Et si la mort fauche la sauvageonne, alors c'est que son heure aura sonné. L'heure pour elle de le rejoindre, pour l'éternité.
Ce combat là est le sien et elle le mènera jusqu'à son terme.

Félina s'engouffre alors dans la première taverne, demande au tavernier plume et vélin et appose ces quelques mots, sans fioritures aucune.




Puis elle hèle un gamin et lui donnant une pièce et le parchemin roulé :

Hey l'môme ! Trouve une jolie blonde prénommée Lucie, tout l'monde la connaît par ici. Et donne lui ça.


Alea Jacta Est
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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Luciedeclairvaux
Table rase du passé ... Les Flandres.
Zorg, à terre.
Comment oublier.
Le regard plein de fausse condescendance du fourbe Slamjack ...
Comment oublier.
Par deux fois, l'acier avait frôlé l'organe.
Frôlé.
Comme sa main la veille, sur sa joue.
Promettre de se revoir.
Jamais ils ne s'étaient revus.

Puis plus rien. Le noir. Grégoire l'avait ramenée. Qu'est-ce qu'il foutait là, lui aussi ? Lucie n'avait rien su de la suite. Rien voulu savoir. Juste l'amertume de se retrouver en vie et le puissant désir de s’échapper à nouveau du domaine familial. Depuis, dans un long voyage jusqu'aux frontières espagnoles, elle avait oscillé entre envie d'oubli et besoin de pardon. C'est que l'atome du Zorg n'avait pas apprécié la démonstration.

Dans cet acte de folie révélant au monde son amour secret, Lucie tuait aussi sa tendre relation avec la brune. L'atome du Zorg.

Saumur, des mois plus tard … De complices, elles étaient devenues rivales. Rivales de l’absent, de l’absence, du manque, de l’étendue des possibles. Autant dire, rien.
De l’art de révéler le néant … Il avait toujours été fort à ce jeu. Mais là, il se surpassait. Le dé-humanisé.
Il y a bien des guerres de religion.

Depuis qu'elles s'étaient craché leurs quatre vérités, Lucie l'évitait. Se terrer dans ce château ne suffisait plus. Ni l'absence, ni l'oubli n'apaisaient la blessure. Il lui fallait plus, encore plus. Du sang. Sa mort, ou la mort de celle qui prenait un malin plaisir à rouvrir les plaies. Felina …

Oui, Felina ferait un très bon adversaire. Elle était humaine, elle, de chaire et de sang. Elle était là, bien présente. Une peau à toucher. Un corps à faire danser. Une réponse enfin.

Un léger sourire se dessina sur la joue de l’ange diabolique. Je suis un ange, je suis un ange. Felina, danse avec moi.

La rapière battait la mesure de ses pensées.

Comme une réponse, l’on frappa à la porte. Un valet. Un pli.

La suite, écrite là. La suite après laquelle tout resterait à écrire, peut-être. D’autres chemins, d’autres rencontres …
Clore un chapitre.



La nuit suivante fut écourtée. Les yeux grands ouverts dans le noir, elle entendit même le retour du maître des lieux. Accompagné.
Accompagné ?
La question ne la tarauda pas longtemps, et elle sombra dans un sommeil profond que l’aube éveilla trop tôt. Pour toute préparation, Lucie gratta sa tignasse blonde, emmêlant plutôt que coiffant un flot déjà rebelle à tout ce qui pouvait ressembler à un peigne. Elle sauta dans ses vêtements, tira sur la cordelette de ses braies qui était moins longue que durant les temps de route et de disette. Le corps maigrelet s’était enrobé harmonieusement de muscles et de formes dont la petiote se serait bien passée. Nul besoin de force pour croiser les dagues, souplesse et agilité avaient lontemps suffi au chaton flamand pour survivre et se carapater des coups les plus tordus, par un toit ou une ruelle escarpée. Mais il faut croire que la pitance saumuroise était bonne et l’activité intensive.

Laissant la rapière sur le dessus de la cheminée, elle se contenta de ses dagues. Arme féminine s’il en est, sournoise et cruelle. Parfaite pour les deux folles qui allaient s’affronter dans l’aube naissante. Belle journée pour une balade forestière. Son pas ne troubla point le silence de l'auguste caillou tandis qu'elle descendait aux cuisines voler une part de pain frais.

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Felina
L'heure a sonné

Tic Tac

A quelques heures d'un combat, qui serait peut être le dernier combat de toute sa vie, alors qu'il fait encore nuit sur le village de Saumur, la Féline ne parvient pas à fermer les yeux, le sommeil la fuyant désespérément. Étendue sur sa couche, seulement vêtue d'une chemise d'homme trois fois trop grande pour elle, dernier souvenir de son frère dans laquelle elle aime à se réfugier parfois pour dormir, elle pense à lui. Que penserait-il d'elle en cet instant ? Elle qui s'apprête à se battre pour une raison qui la dépasse totalement, dans le seul but de répondre à la soif de vengeance inutile de Lucie. Bien que sachant très bien que quelque soit l'issue du combat, rien de bon n'en sortira, elle ne se défilera pas. Elle songe à Mal', et à cette force d'esprit qu'il lui a permit de ravaler sa fierté pour refuser un duel à mort, et ce au nom d'une amitié et d'un enfant pas encore né. La sauvageonne n'a quant à elle aucune raison à faire valoir pour se désister, et quand bien même se donnerait elle la peine d'en chercher, hors de question de refuser ce duel là … La sagesse ne fait définitivement pas partie de son vocabulaire, l'on est comme on est et l'on n'y peut rien changer.

Poings qui se crispent à la simple idée de mettre la raclée de sa vie à la blonde flamande, lui faire ravaler ses paroles et lui montrer qu'il ne faut pas jouer avec elle. Elle risque gros, et elle le sait … face à elle, une guerrière redoutable, et sûrement plus forte qu'elle même. Mais cela ne change rien à sa détermination.

La Mort ?
Oui elle Y songe.
Oui elle La craint.
Oui elle refuse de se laisser emporter par Elle.
Si ce combat là doit être le dernier, alors ainsi sera-t-il.
S'il lui faut danser avec cet Ange, l'Ange de la mort, alors elle le fera.
Advienne que pourra comme dirait l'autre.

Tête se tournant légèrement vers la fenêtre, les yeux aux iris plus sombres que jamais se plissent en croisant les premières lueurs du jour qui filtrent derrière l'étroite ouverture.
Il est temps !
D'un bond elle se retrouve debout, se débarrassant de sa chemise pour se vêtir. Chemise noire, braies rouges (plus efficace pour un combat que son habituel jupon) et bottes rapidement enfilées. Une main rapidement passée dans sa longue chevelure brune, et un lien de cuir pour la nouer négligemment. Puis, en des gestes plus lents, presque ritualisés, elle boucle son ceinturon, y glissant un dague : celle au manche ornée d'une tête de lion, cadeau de son capitaine Flamand. Celle au manche en bois d'ébène, sa première dague, offerte par celui qui lui avait enseigné l'art de les manier et qu'elle allait peut être rejoindre dans quelques heures, est quant à elle glissée dans sa botte droite.

Elle se sait seule ici, le propriétaire des lieux n'ayant pas donné signe de vie depuis des jours. Un fugace sourire qui passe sur ses lèvres quand elle songe à Eikorc, lui qui tout comme elle est habité de ce besoin de solitude qui l'amène parfois à vivre tel un ermite. Mais la Féline sait qu'il va bien, et elle a pu lui parler de ses intentions au sujet de ce duel imminent. Elle avait eu ce besoin incompréhensible pour elle de lui en toucher un mot comme elle l'avait également fait avec Maleus. Après tout, ne fait elle pas partie d'un troupe désormais ? Cela n'impose t-il pas certaines règles de conduite ? Mais c'est la conscience apaisée qu'elle a quitté le Colosse, ce dernier ayant répondu à ses craintes.

Sénestre qui rejoint alors sa dextre. Quelques secondes qui s'égrainent pendant lesquelles elle fait rouler l'anneau qu'elle porte à son annulaire, avant d'enfin se décider à le faire glisser le long de son doigt et à l'ôter. Ce combat est le sien, et la Zoko ne doit y être mêlée en aucune manière. Elle le pose sur la table, près de son épée, puis tourne les talons.

Dehors, sa jument l'attend, fidèle au poste. Comme toujours elle n'est ni recluse à l'étable, ni attachée. La mercenaire ne prend pas le temps de la harnacher, préférant de loin la monter à cru, et partager l'un de ces trop rares moments où l'animal et elle ne font plus qu'un. S'agrippant à sa crinière, elle donne alors des talons, entraînant l'Alezane dans un galop fou en direction de la sortie de la ville.
En quelques minutes à peine la forêt est gagnée, et la Rastignac décide de ramener sa monture à une allure plus modérée jusqu'à parvenir enfin à la clairière de la Roche de Joreau. Là, elle pose pied à terre, et d'une tape du plat de la main sur la croupe de sa jument, elle la libère.


Va ma belle … reprend ta liberté.

Et voilà qu'elle murmure encore à l'oreille de son cheval, décidément certaines habitudes sont tenaces et reviennent de façon récurrente à chaque tournant de sa vie. *

Le soleil est enfin complètement levé, et l'air encore frais du matin fait frissonner la jeune femme,malgré elle, alors qu'elle observe sa jument blanche s'éloigner entre les arbres.


Je suis prête Lucie … je t'attends.



*Comprenne qui pourra.
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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Laudanum
Non mais de quel droit?

Qu'est-ce qui l'autorisait donc à se battre ainsi? Certes, il n'est pas toujours besoin de raison valable pour échanger des coups, une nature hargneuse, un sang ayant une tendance naturelle à la surchauffe suffisent à pousser au crime. Et les histoires de fierté, de concours d'égo, de celui qui lèvera le menton plus haut que l'autre, de celle qui ne cillera pas avant sa rivale, etc etc...

Mais là, pour ça, pour lui!

Tout était remis en cause, depuis qu'elle savait, depuis qu'il errait silencieux. Elles avaient toutes les deux commis un crime : l'une avait attenté à ses jours, l'autre avait tenté de s'assurer que ce fût bien le cas.

Un garçon, deux filles, et l'étendue des possibles se meut aussi fragile que les sables, enlisante et dangereuse, incertaine, et potentiellement mortelle.

Les équations à une, deux et toutes les inconnues de passages avaient été explorées, sans succès...Mais le bonheur est-il constitué uniquement d'une suite de réussites?

Une chose demeurait tangible, point fixe de la formule: l'amertume. La révélatrice des chaînes d'atomes. Un clan de voyageuses aux coiffes excentriques avaient révélé Laudanum à la sienne. Laudanum avait découvert celle de Lucie.

Et pour achever la boucle qui nouait gentiment leurs entrailles, la blonde fit naître la culpabilité chez la brune. Oui, Laudanum savait. Pour Félina, son frère, pour ce à quoi elle avait failli participer elle aussi. Pour ce qui avait causé la mort prématurée de leur relation, la mort d'un amour qu'elle peinait à prononcer, même à l'intérieur des murs les plus épais.

Elle savait, mais avait pardonné, parce que c'était immuable. On ne change pas la nature, tout juste peut-on la sublimer. Tenter d'exercer un contrôle n'aurait que des effets néfastes, voire nuls. C'était aussi la nature de Lucie d'aimer Zorg. Il n'y avait rien à y faire. Rien. C'était évident pour Lauda, alors elle l'accepta, et enfouissant plus profondément encore sa propre souffrance, elle entreprit de tourner la page.

Mais Lucie n'avait pas renoncé. Non, elle luttait et revendiquait un passé qui, pensait Lauda, ne lui appartenait pas...plus...mais qu'elle persistait à faire vivre au présent comme une histoire inachevée, ou pire, comme la seule détentrice de la fin...de leur fin.

Non...de quel droit!

C'était une injustice...une vengeance des plus sournoises,

C'était...

C'était...

Sa Lucie...

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Que sera...sera
Luciedeclairvaux
La clairière paraissait tranquille. Doux écrin protégé des regards et des sons par une carapace de feuilles dont l'action commune relevait du miracle tant chacune de ces plumes vertes semblait fragile. Lucie, perchée dans son arbre, s'était perdue dans la contemplation de rainures régulières. C'est là qu'on trouvait la petiote d'ordinaire, quand la terre entière était d'avis contraire. Perchée. A pousser le monde dans une autre ornière, seule avec sa boule, seule avec sa bulle.
Que savez-vous de la sagesse ...
Besoin de faire une croix.
Une croix, Laud ... lui avait-elle dit.

Le pas d'un cheval troubla l'air. Elle ne leva pas le nez tout de suite mais sa vue se fit plus nette et un sourire déchira sa joue.

Elle regarda en dessous. Entre ses pieds qui pendaient dans le vide, une monture blanche repartait sans cavalier dans le soleil matinal. Lucie se pencha plus avant. Elle était là. En chaire et en os. La Panthère. C'était la première fois qu'elle la voyait dans la lumière du jour. Elle admira quelques instants la grâce féline de celle qui se mouvait vers la clairière, puis faisant fi de la pesanteur, rejoignit le sol avec la souplesse et la rapidité d'un jeune chat.


Mais ... je suis là, Félina.


Ses bottes glissèrent en silence sur l'herbe de la clairière, quelques pas, le temps de faire admirer l'insolence de sa ceinture bardée de dagues, sur ses hanches fines. Lucie n'était ni bien grande, ni bien baraquée. Même son léger sourire satisfait trompait la vigilance. La douceur incarnée, le bon dieu sans confession ... Comme pour confirmer l'apparition, le soleil joua un instant dans la blondeur angélique. Seul son regard trop clair laissait suspecter l'entourloupe. Lucie n'était pas un ange.

Elle pencha la tête sur le côté. Ainsi donc tu es venue, féline ennemie, ainsi donc tu acceptes de taire le passé avec moi, de tuer nos démons et de renaître. Ou de mourir ...

Comme pour reprendre l'ancienne conversation, elle répéta :


Tu savais ...


Mais déjà un voile sombre tombait sur la suite, un voile que seules les armes aideraient à envelopper complètement autour de leurs mémoires. Toutes deux avaient perdu la raison là-bas et le temps était venu de s'en assurer ou de se rassurer. Toutes deux se faisaient face. L'heure n'était plus à méditer la cause.
Seules.
A bonne distance, Lucie stoppa et posa les mains sur ses armes. L'air, entre elles, vibrait d'une palpable tension.
Seules.
Hors du temps, hors du monde des vivants.
Les arbres pour témoins.
Quand bien même un humain s'y serait dissimulé, elle ne voyait plus rien.
L'instinct avait pris le dessus sur toute forme de raison ou de conscience. Le sourire s'était mué en rictus, l'azure étincelle de vie, en folie. La démence et l'oubli prenaient le pas sur l'engluant souvenir du passé. Lucie sortait d'elle-même, chrysalide insolente aveuglée par la lumière d'un jour bien trop nouveau. Peut-être le dernier.

... ce que vivent les roses ...

L'instinct, l'amplification des sens.
Lucie guettait la première esquisse du premier geste, tandis que l'air lui rapportait les effluves des pensées rivales. Viens ma funambule, approche. Notre vie ne tient qu'au fil de notre haine. Laissons nos corps danser et nos âmes se mordre ...

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Felina
Premier assaut.

Danse macabre

Attente à laquelle elle se prépare, se croyant encore seule pour quelques instants, dernier moment de répit avant l'inéluctable. Mais c'est un sursaut qui s'empare d'elle au son d'une voix reconnaissable entre mille dans son dos. Réagissant prestement, elle se retourne et fait face à celle qui vient de parler, paume déjà placée sur la dague à son ceinturon.
Maudite … comment est-elle arrivée là sans qu'elle l'entende ?
Face à face … enfin … Seuls quelques mètres les séparent et la tension est plus que palpable entre les deux femmes. Ange aux cheveux d'or … Diablesse à la toison de geai.. La même détermination dans les deux regards.

Le feu … la glace …
La vie … la mort …
L'azur … l'onyx …

Opposition des éléments, deux femmes que tout sépare, et qui sont pourtant si semblables, entrainées dans la tourmente de leurs haines respectives, se noyant dans le tourbillon de leur malheur, cherchant au fond de leur désespoir une façon de vivre, de survivre …
Ce combat est l'une des issues possible, et c'est celle là qu'elles ont choisit. Le prix du sang … pour le sang versé en d'autres temps, d'autres lieux.
Souffle qui s'accélère, muscles qui se tendent les uns après les autres, regards qui s'affrontent, le noir intense soutenant le bleu métallique. La Rastignac est légèrement plus grande que l'Ange, mais la carrure est similaire. Ce ne sera pas un combat de force pure, non … il faudra être rusée, prendre l'autre de vitesse, prévoir, anticiper … Par ce chemin là uniquement la victoire sera accessible.
Sens en éveil, plus rien d'autre n'existe désormais que son adversaire. Ne pas écouter cette voix intérieure qui lui hurle de cesser là cette mascarade sans aucun sens.

Ferme là … !


Lucie semble attendre que la sauvageonne attaque la première. La Féline ferme un bref instant les yeux, se concentrant, et se remémorant son dernier « duel », qui n'en était pas vraiment un, le fameux test contre le colosse pour intégrer sa compagnie. Bien qu'elle aie réussit à le toucher, elle n'avait pas fait longtemps illusion et, ce jour là, le seigneur de Nerra lui a donné une bonne leçon, qu'elle n'est pas prête d'oublier. Il lui faut absolument oublier tout sentiment, toute pitié. Se laisser envahir par sa haine de cette femme, et ne plus penser qu'à une seule chose : la vaincre, quoiqu'il arrive.

Quelques pas sur le côté, croisés, décroisés. Regard sombre, dans lequel brille une nouvelle étincelle, plongé dans celui si clair de son adversaire, sa main droite extirpe en une fraction de seconde la dague du ceinturon de cuir. Sans plus attendre la Rastignac bondit en avant et se rue sur la blonde, bien décidé à vite régler la question. Un grondement étouffé s'échappe de sa gorge lorsqu'elle réalise qu'elle a mal évalué la distance qui la sépare de Lucie et qu'elle se rend compte que la pointe de sa lame ne fera qu'à peine effleurer son bras.





Arbitre a écrit:
1er coup :
5 – A peine touché, le coup ne compte pas

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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Luciedeclairvaux
HRP : RP ouvert à tous ;

Lucie a dégainé la fameuse miséricorde, mais son bras est à peine levé, souple et décontracté. Les regards ne se sont pas quittés, tandis que les pas commençaient la lente danse, lancinante. Bercement des corps avant l'affrontement. Endormir les esprits, éveiller les pulsions les plus démoniaques et attendre, patiemment, que la Féline tente une approche. Laisser l'ennemi venir et dévoiler ses failles. Ralentir les battements de cœur ... et appliquer les conseils du vieux.

Félina et Lucie. Les extrêmes si semblables ... ne pas penser à Laud en cet instant, ne plus penser, se détacher ... Pour mieux se rattacher aux onyx implacables et brillantes. La brune la dépasse de quelques pouces. Il faut dire qu'elle a de longues jambes ... Ne pas regarder. Ne plus penser : prévenir, ressentir, ouvrir les écoutilles aux vents les plus discrets, aux souffles qui précèdent l'éclat.

Les jambes se croisent, mais pas le temps de s'enivrer dans une valse, déjà d'une détente inattendue, la brune fond sur sa proie. D'un bond léger, Lucie esquive en tournant, ignorant l'acier qui la frôle et qui manque de peu de lui emporter un morceau de bras. Feinte et souplesse sont ses armes favorites, mais là, il faut toucher, il faut se donner, risquer. Évacuer la colère ... Libérer les pulsions, car il ne s'agit plus de simplement sauver sa peau ... L'adversaire déstabilisé, Lucie profite du mouvement de rotation, prend appui sur ses pieds et d'un geste anodin vise la cuisse de celle qui passe, emportée par l'élan.

Salis-la si tu veux, mais pas avec ton propre sang, avait dit Laudanum en la lui confiant.
Voilà qui était fait, mais la partie ne faisait que commencer ...




Arbitre a écrit:
1er coup :
7 - Adversaire touché aux jambes = 2 points.

_________________
Felina
Riposte

Les premières mesures sont battues, le tempo s'accélère et la danse peut enfin s'emballer. Une seule certitude, il s'agira d'une tragédie et non d'une comédie, et ce ballet verra la fin de l'une de ses deux ballerines, d'une manière ou d'une autre.

A peine passé le moment frustration d'avoir lamentablement manqué son premier assaut, que déjà la Féline doit essuyer la riposte rapide de son adversaire. Aveuglée par sa colère, elle ne voit pas la lame qui vient zébrer sa cuisse, alors qu'une zébrure rouge carmin s'écoule à travers le tissu lacéré de ses braies d'une teinte similaire. La sauvageonne grimace sous la brûlure intense qui fait se tendre tous les muscles de sa jambe, mais elle retient le cri qui menace de s'échapper de sa gorge. Souvenir d'une cicatrice déjà présente au même endroit … de cette autre dague qui avait tué son frère pour ensuite se planter profondément dans la cuisse de Félina.

Ne surtout pas lui faire le plaisir de lui montrer qu'elle a mal, ne pas se laisser envahir par la douleur … Rester fière, tête haute, quoiqu'il advienne. Pourtant elle recule, essayant de rester le plus stable possible sur ses deux appuis. Sa jambe gauche vacille imperceptiblement mais la mercenaire parvient à rester debout. Une lueur de rage et de dépit mêlés s'allume dans ses iris sombres.

Chienne … tu vas me payer cela !!

Rester concentrée sur l'objectif et oublier le sang qui doucement s'écoule d'elle. Un rapide regard vers sa jambe lui confirme que la blessure est superficielle et ne signera pas son arrêt de mort … du moins … pas tout de suite.

Sans laisser la chance à Lucie de jubiler de son premier assaut réussit, la Féline s'élance de nouveau sur elle, lame baissée et quelques fractions de secondes avant d'arriver face à elle, elle fait un léger écart sur le coté et lève sa lame en direction du bras droit de son adversaire cette fois ci bien décider à l'atteindre et à faire couler le sang ennemi. La distance est cette fois ci bien évaluée, et le coup porte ... enfin.


Arbitre a écrit:
2e coup :
4 - Adversaire touché au bras = 1 point.

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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Luciedeclairvaux
Un léger sourire diabolique étire la lèvre de celle qu'ils ont nommée Ange pour attirer la bienveillance des dieux. Mais ici, seule dans cette clairière, la jeune enfant laisse parler les démons, ouvre les digues de sa haine, contre une qui le lui rendra, elle le sait. Le combat est égal, les causes oubliées, mais les rages similaires et les dagues affutées de la même colère.

Pourtant, elle sait. Elle sait que l'acier ne fait pas toujours taire les cœurs ...

Tout autour, les arbres ont pris les teintes rouges de son aveuglement meurtrier. Le ciel n'est plus qu'un lourd plafond sombre. Le champ de vision s'est étréci sur la cible, objet de toute sa vive concentration. Les sons ne parviennent plus. Ou peut-être se sont-ils tus. Pas un cri. Que des mots prononcés en silence, par les lèvres mimés.


Viens .. viens ...

Ce sourire se devine sur le visage impassible de la blonde, quand la Panthère revient à l'assaut, ignorant la blessure à la cuisse dont la lame ensanglantée témoigne cependant. Alors Lucie se projette en avant, un bond la pousse dans l'échange qui va suivre. Elle vole, poing levé, serrant sa main sur sa ferme intention de tuer.
Viser le cou.
Ca tombe bien, l'autre vient vers la pointe. Elle s'offre.
Lucie se prépare à la violence du contact mais rien ...
Plus rien !
Où est-elle ?
Le coup n'a pas porté. Pire, elle a lâché la miséricorde et se retrouve dans le vide.

Une roulade sur l'herbe fraîche la remet en position face à Félina ; simultanément, Lucie a pris une autre dague à sa ceinture. Avec sa main gauche. Sa main gauche ?! Il y a un truc qui cloche non ? C'est alors que la douleur se réveille dans toute la longueur de l'avant-bras droit, afflue dans son cerveau, brouille ses sens et sa fureur !
Une lente inspiration chasse les picotements. Lucie range cette déconvenue du côté de sa déraison et se rend à la fièvre qui les mord peu à peu. La main gauche manquera peut-être de précision mais pas de force. En un éclair, la dague est partie se ficher dans la jambe de Félina, bref instant de répit dont la blonde profite pour récupérer la miséricorde et se jeter sur la brune ...



Arbitre a écrit:
2e coup :
3 - Raté !!!

3e coup :
7 - Adversaire touché aux jambes = 2 points.

_________________
Felina
[ Au revoir bel Ange .... ou pas]

Un silence de mort s'est installé sur la clairière d'où ne surgit plus que le bruit du froissement des étoffes et du crissement des lames, alors qu'une brise légère vient de se lever. La rixe féminine est à la hauteur de ses promesses, le massacre est commencé, les deux équilibristes dansant sur le fil de plus en plus ténu de leurs vies. Fini de jouer, remballées les insultes et les paroles … ici seuls les actes comptent.

L'iris sombre pétille de satisfaction lorsque la Féline découvre le sillon vermeil sur le bras droit de la blonde. Voilà l'ordre des choses rétabli, le sang pour le sang, un bras pour une cuisse … Mais pas le temps de se réjouir longtemps de cette petite victoire qu'une lame vient passer bien trop près de sa gorge à son goût, au point même de lui faire presque sentir le froid du métal sur sa peau devenue moite par la douleur lancinante qui se diffuse en elle et les efforts consentis pour tenter de l'oublier.

Sourire en coin qui étire les lèvres de la sauvageonne, se transformant en nouveau rictus quand elle reprend contact avec le sol, n'épargnant pas sa jambe blessée en atterrissant. Un quart de seconde d'inattention pendant lequel son regard glisse vers l'estafilade de sa cuisse pour en évaluer l'évolution, elle ne voit pas Lucie se relever et réagir trop promptement pour empêcher l'inéluctable. Un sifflement reconnaissable entre tous rompt le silence angoissant avant qu'une douleur aigüe ne prenne naissance beaucoup plus bas sur sa jambe déjà bien diminuée. Celle ci vacille alors que la dague ennemie vient se planter quelques centimètres à peine au dessus de l'articulation de la cheville, heureusement freinée par le cuir épais de la botte qui chausse la Féline.

Un hurlement animal, rugissement d'une bête blessée qui résonne dans l'air, la Rastignac tressaille puis recule en titubant. La vue se brouille un instant, des milliers d'étoiles argentées voilant son regard.

Serrer les dents.
Rester debout.

Mais rien n'y peut, malgré toute sa détermination, elle ne peut lutter : le genou ploie et se pose lourdement à terre, soulageant le membre désormais invalide de son poids. Le regard quand à lui ne cille quasiment pas, et reste fiché dans celui de sa rivale. Si le corps flanche, l'esprit reste là, et la fierté entière. Dans un geste rageur, elle arrache la lame de ses chairs, réprimant un nouveau cri qui ne ferait qu'augmenter le plaisir de l'autre, elle le sait. Ne pas lui offrir cette joie de l'entendre souffrir alors même que sa jambe s'engourdit, et que la vie s'en échappe lentement, goutte à goutte carmin en deux endroits opposés qui ne tardera pas à la priver de son essence. On ne meurt pas de ce genre de blessure mais diable que ça fait mal. Un violent frisson qui s'empare d'elle. Le feu qui se distillait en elle il y a peu semble se transformer en brasier, son front, qui s'emperle de sueur, lugubre témoignage de la fièvre qui s'empare lentement d'elle. Retenir les perles salées qui prennent naissance dans ses yeux et ne demandent qu'à rouler sur ses joues. Larmes de douleur qu'elle ne laissera pas non plus s'exprimer. Se battre, jusqu'au bout … Ne jamais rien lâcher … Pour Lui … ne jamais Le décevoir. Un bref instant, ce n'est plus à son frère qu'elle songe mais à la Compagnie … que penseraient ils d'elles si elle perdait ce combat … De quel droit pourrait elle prétendre se battre à leurs côtés s'il s'avérait qu'elle soit incapable de venir à bout d'une simple furie du Nord. Les sourcils se froncent, le nez se plisse alors que l'amer constat s'impose malgré elle à sa conscience. Se relever lui est désormais impossible, son coté gauche ne lui répondra plus et elle le sait.

Battre en retraite?
Non!
Mourir?
Peut être ..
Se laisse vaincre?
Non !
Elle ne peut pas perdre !
Non !
Elle n'abandonnera pas … quoi qu'il advienne.

A elle de jouer !

Peu à peu la rage prend le pas sur la douleur et celle ci semble s'évanouir dans les volutes de la féline colère. Le poing se crispe plus fort sur la dague qu'elle n'a pas lâchée. Si l'Ange blond vient de la déposséder de l'usage de sa jambe, elle ne lui a pas encore dérobé sa hargne et c'est dans cette dernière que la Féline puise la force qu'il lui faut pour foncer tête baissée sur elle, projetant tout son corps en avant en prenant appui sur sa jambe valide. L'impact est moins rude qu'elle le voulait mais si ses forces sont amoindries, ses réflexes sont encore alertes et elle profite de sa vitesse pour ceindre la fine taille de la flamande de son bras libre et l'entraîner dans sa chute, imprimant un mouvement de coté pour ne pas mal se recevoir. La suite du combat doit désormais se faire au sol : c'est sa dernière chance.
Bruit sourd quand le corps de la blonde vient heurter l'herbe humide, accompagné d'un craquement d'os qui n'est pas le sien …Sur quoi donc ont-elles atterri ? L'étreinte se ressert et déjà le bras armé se lève pour porter un nouveau coup.



Arbitre a écrit:
3e coup :
4 - Adversaire touché au bras = 1 point.

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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Luciedeclairvaux
Acte II

Les feuilles répètent encore le cri, à l'infini dans les frondaisons. Le cri de Félina quand la dague de Lucie a pénétré ses chaires. Le cri que l'Ange, du fond de sa torpeur meurtrière, aurait dû entendre. La fin des hostilités. Un prêté pour un rendu, on arrête là ... Le cri qui aurait dû attendrir son cœur et appeler à la raison. Mais non, sourde, elle fonce sur Félina, miséricorde en avant. Elle fonce, n'en pouvant plus d'attendre et de guetter l'ennemi.
Oubliés, les conseils du vieux.
Maintenant, elle sait ses feintes, ses réflexes, son regard d'onyx percutant. Il est temps de se jeter à corps perdu dans cet affrontement. Inutile, absurde, déraisonnable ?... Il est temps de goûter la peau et les odeurs.
Mêler les sueurs.
Rompre les cœurs.
Felina, danse avec moi jusqu'à la folie ...

La Panthère ne faillit pas. Un genoux en terre mais elle ne faillit pas et vient plonger sur la blonde, répondant à de sourds instincts.
Les corps se heurtent, les jambes se mêlent, avec la même volonté d'en découdre. Égales félines endiablées, elles roulent sur le sol, écrasent leur mémoires, oublient leurs sombres conflits. L'heure n'est plus qu'à la lutte, physique, charnelle, sanguine. Les deux corps fluides et frêles tombent.
La brune, repoussant l'attaque, plaque au sol la blonde. Sur le côté, renversée. Le bras droit déjà fendu d'une large entaille, instinctivement, vient amortir la chute dans un bruit caractéristique de branche cassée.
Tiens, y avait-il quelques brindilles ici ? Oh par tous les démons ... mais c'est mon bras !

Lucie lâche un cri.
Strident.
Court.
A péter les tympans. Mais bien vite étouffé par l'instinct de survie, la concentration, la volonté désespérée de trouver une solution pour reprendre le dessus. Elle enlace ses jambes dans celles de Félina et d'une flexion, tente de la faire rouler à son tour sur le côté. Simultanément, la main gauche armée, vient frapper l'épaule de Felina pour la faire dégager, la faire lâcher prise, maintenant.

Faire cesser la douleur dans ce bras resté coincé dessous.

Mais aveuglée par la souffrance et la colère, Lucie ne voit même pas si Félina esquive ou non. Et elle frappe dans le vide : c'est un simple et inoffensif coup de patte qui vient caresser la féline épaule. La petiote veut réitérer, mais un voile blanc s'étend sur la clairière. Lucie veut lutter. Elle le sait : c'est la douleur qui fait son œuvre et prend le pas sur son cerveau. La douleur, qui envahit tout son être et ressort en une sueur insidieuse par tous les pores de sa peau enfiévrée.
Pourtant, elle est glacée à l'intérieur ...
Méfie-toi, la peur finit toujours par accompagner la douleur.
Son esprit calcule dans tous les sens, évalue les possibles, les impossibles, fourre tout dans le même sac ... Lucie ... lucidité ... reprends-toi !




Arbitre a écrit:
1 - Coup dans le vent

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Felina
Corps à corps qui commence, presque un cœur à cœur.

Un cri pour un cri … Un prêté pour un rendu, ça fait mal hein !! Couine jolie blonde !
L'impact a semble t-il eu raison du bras droit de l'Ange, et pour la première fois depuis le début du combat, Félina pourrait avoir l'avantage.

Mais la flamande ne semble pas décider à se laisser dominer si facilement, gesticulant sous elle, enroulant ses jambes telles des lianes autour des siennes. La féline se tord, gesticule, mais son membre blessé l'handicape et la gêne dans ses mouvement, lui arrachant grimaces sur grimaces. Le souffle de plus en plus court, un sentiment d'étouffement qui s'empare d'elle, elle halète. Ses poumons semblent se consumer de l'intérieur, et la brunette doit faire des efforts désespérés pour rester consciente. De longues secondes passent sans qu'elle puisse porter un seul coup, alors qu'elle pèse de tout son poids sur le corps ennemi.


Arbitre a écrit:
8 - Fatiguée ?!


Reprise de conscience au moment où la dague de Lucie vient fondre en direction de son épaule, elle roule alors sur le coté et parvient à éviter le coup, entraînant la blonde dans son élan qui se retrouve désormais sur elle. Dans la lutte, la Féline laisse échapper sa lame, mais peu lui importe, la suite se réglera par les poings, même si ce n'est absolument pas sa spécialité, la panthère mordra, griffera s'il le faut.

Malgré le sang qui s'écoule sans cesse de ses deux blessures, souillant autant l'herbe grasse que les frusques de son adversaire la Rastignac ne cède pas, et progressivement l'adrénaline de la lutte prend le pas sur la douleur, la colère et la haine deviennent ses seuls maîtres. C'est le moment ou jamais … Ce combat doit trouver son terme le plus rapidement possible, car elle ne tiendra plus longtemps. Ses mains désormais libres remontent en un éclair sur le corps de Lucie et viennent se saisir de son col pour la maintenir contre elle. Le regard sombre fiché dans les iris azurés, un rictus mauvais vient déformer les traits de son visage en même temps qu'une idée germe dans son esprit : désir de faire mal qui prend le pas sur tout le reste, envie de lui faire bouffer ses paroles, de lui crever les yeux … tout pourvu que cela cesse !!! Visage angélique qui l'insupporte, comme semblant la narguer dans son délire fiévreux… oui … ce visage … c'est lui qui va souffrir maintenant !

T'vas voir que ce que t'vas voir gueule d'amour!

Alors, resserrant sa prise sur le col de Lucie, la Féline l'attire à elle d'un coup sec, et projette sa tête en avant, cherchant à frapper le nez avant toute chose. Mais c'est le front que le crâne félin heurte violemment. Claquement d'os contre os .. Le noir … un voile brumeux qui obscurcit la vue de la sauvageonne … Le coup manifestement raté est dur à encaisser et sa tête retombe lourdement au sol. A moitié sonnée, elle relâche l'étreinte, l'esprit cotonneux, n'espérant plus qu'une chose, que la violence du coup ai fait autant de dégâts en face.


Arbitre a écrit:
9 - Adversaire touchée à la tête = 3 points

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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
Luciedeclairvaux
Tempête inter-crânienne

Soudain, la douleur se fait moins vive, et le bras, ainsi libéré, trouve une courte accalmie ... pas longtemps, juste le temps que le sang l'irrigue à nouveau et transporte les flots douloureux, encore et encore, à chaque battement de cœur. L'angélique blonde n'a d'autre choix que de le laisser pendre, vaguement, quelque part le long de sa cuisse, loin des coups qui ne vont pas tarder à reprendre. Loin d'elle, loin de sa conscience ...

Lucie retrouve ses sens. D'un coup de reins, elle a repris le dessus et pèse désormais sur la brune, s'apprêtant à lui démolir le portrait. Consciencieusement, méthodiquement. Une avoinée en règle. Elle plante son regard trop clair dans celui de Félina. Son regard fou, dénué de toute pitié à cet instant.

Déconnectée du monde.
La clairière pour écrin, linceul de mousse pour adoucir la lutte.
Le reste est leur tombeau. Silencieux.

Coupées du monde, elles s'offrent l'une à l'autre pour ultime banquet, sur l'autel de la déraison.
Le miracle ne viendra pas.
Pas d'elles en tout cas.

Elle serre ses cuisses autour de la brune et lève le poing gauche pour un premier coup avec le manche de la dague. Mais alpaguée par le col, Lucie voit venir le méchant coup de boule qui va casser son nez déjà fragile*. Ni une ni deux, la blonde baisse le front et répond d'une égale manière.
Des cornes diaboliques avaient poussé ? Maintenant, elles lui sont revenues dans le crâne !

Le noir.

L'espace d'une seconde, c'est le noir le plus complet. Elle secoue la tête. Sensation de reposer sur le sol douillet.
La réplique va être sévère. Relève-toi ... relève toi ...
Il serait si bon de se reposer là quelques instants, d'oublier la fatigue, les coups, de profiter de ce répit et de l'oubli qu'il nous procure. Oublier ... n'étais-tu pas venue pour ça ?
Le silence est si doux ...
Félina est silencieuse. Tu as le temps. Dors ...

De son bras coule le liquide précieux de sa vie. Quand on est déjà mort une fois, par quel miracle peut-on saigner encore ... Elle avait oublié qu'elle vivait et que c'était une chance. Maintenant, c'est trop tard. Il faudrait se relever, bander dans sa chemise cette blessure immonde. Il faudrait faire la paix, rompre avec les fantômes du passé. Redevenir de chaire et de sang. Femme. Trop compliqué.

Si simple de se laisser couler ...

Son corps roule lentement sur le côté gauche pour peut-être se relever.
Peut-être se lover ?




Arbitre a écrit:
9 - Adversaire touché à la tête = 3 points


* l'affection paternelle ...
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Felina
Alors que la fin est proche, dernier sursaut d'orgueil

Complètement Stone

Le temps semble soudain comme avoir suspendu son vol, stoppant là sa course folle alors que l'obscurité s'est emparée de l'esprit de la Féline et qu'elle sombre lentement dans l'inconscience. Sans cette douleur aiguë dans sa jambe et ce bourdonnement insupportable qui résonne en elle, nul doute qu'elle se serait laissée emporter sans résistance aucune. Fermer les yeux un instant, juste une seconde… si seulement tout pouvait s'arrêter là … Oublier ce corps douloureux, oublier cette enclume qui martèle dans son crâne, oublier ce combat inutile … faire cesser cette mascarade de suite !!

Goutte à goutte vermeil qui la vide lentement de son essence, liquide vital qui s'écoule, lui rappelant qu'elle est encore en vie. Sans qu'elle puisse rien faire contre, les paupières se ferment et l'esprit s'évade, loin, bien loin de cette maudite clairière, théâtre de la folie meurtrière de deux furies.

Un champ de blé, doré comme les cheveux de celle qui réclame aujourd'hui sa mort … fin de l'automne … . Elle a 5 ans à peine et juchée sur le dos de son frère le plus âgé elle rit aux éclats, l'encourageant à courir plus vite encore. Devillepier et Guillaume cavalent entre les épis. Elle se sent en sécurité, si pleinement heureuse avec eux, l'insouciance de l'enfance, chimères d'un bonheur que l'on imagine perdurer pour l'éternité. Mais derrière les trois gamins l'orage gronde, et le ciel se voile subitement … comme si la nuit s'abattait sur la campagne Périgourdine. Le sol se met alors à trembler et un grondement assourdissant résonne dans l'air, la terre se fissurant de part en part. La fillette hurle de terreur alors que Guillaume la pose au sol et que les deux garçonnets accélèrent leur course, mettant toujours plus de distance entre eux et elles … Une brèche s'ouvre sur leurs pieds et Félina ne peut qu'assister à leur chute, impuissante. Non ! Restez !
En une fraction de seconde tout est fini. Seule, la voilà seule … Ils ne sont plus là, personne ne viendra plus jamais l'aider, la Rastignac ne peut désormais compter que sur elle même … Ce serait pourtant si simple de les rejoindre, être enfin réunis, en paix … Ne plus jamais avoir mal, ne plus jamais avoir à se battre. Au bord du précipice, il lui suffirait de faire un seul et unique pas pour que tout s'arrête enfin, se laisser tomber au fond du gouffre, une fois pour toute et on n'en parlerait plus.

Mais la faucheuse ne semble pas décidée à vouloir d'elle, et le supplice dans sa jambe blessée s'intensifie encore, la contraignant à reprendre brutalement pied avec la sinistre réalité, comme le corps de la blonde sur elle se dégage lentement et roule sur le côté; lui permettant de retrouver un semblant de souffle.

Retour dans le monde des vivants, paupières qui se soulèvent … La rage passée, c'est l'envie d'en finir qui a pris l'ascendant sur tout autre sentiment, malgré ses forces qui semblent battre en retraite et quitter définitivement son corps. En une fraction de seconde le bras droit se tend sur le coté et la main se saisit de la première chose qui se trouve à sa portée, en l'occurrence d'un caillou qu'elle espère assez gros, les doigts enserrent le minéral avec force et la Féline, rassemblant le peu de vigueur qu'il lui reste, se retourne en un éclair pour venir porter un coup vers Lucie visant la tête pour l'assommer pour de bon et mettre un terme définitif à ce combat. Malheureusement pour elle, ce n'est pas la tête qu'elle atteint, mais bien un bras qui vient de parer l'attaque. Perdue … elle est perdue, de nouveau ses yeux se voilent et elle vacille, prête à sombrer définitivement dans les limbes de l'inconscience.


Arbitre a écrit:
4 - Adversaire touché au bras = 1 point.

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Ceux qui jouent avec des félins doivent s'attendre à être griffés.
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