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[RP] Funérailles de l'emblématique Shynai du Ried.

Sabaude
L'église Bienheureuse Wilgeforte de Verneuil. Wilgeforte ou Vigo Fortis ou encore la vierge miraculeusement barbue.

Tu parles d'un nom....Un coup à voir le trépassé se relever pour crier son indignation. Pas de chasse, pas de gibier. Pas de femme, pas de gâterie. Pas de consacré, pas de Longny ! Et pour l'heure c'est lui le Renard que l'on pourrait sacrer con à se démener comme il le faisait depuis des jours. Ce qu'on ne ferait pas pour son suzerain, même mort !

Étrangler un cadavre n'avait aucun sens, le retourner pour lui botter le derrière était inconvenant. Puis autant être honnête, il serait incapable de passer à l'acte : sous l'idée folle le respect était toujours là à veiller. Il aurait pu le coucher sur le testament à côté d'un legs, ou de propos agréables écrits d'une main de mourant, non.... Organiser les funérailles ! Certes on ne confiait pas cela à n'importe qui, mais tout de même.... il n'avait qu'une envie : prendre son cheval et le faire galoper ventre à terre jusqu'à sentir les embruns sur son visage, les sabots s'enfonçant dans le sable fin, et se laisser glisser au sol, s'étendre bras écartés et pendant un instant, aussi bref soit-il, ne penser à rien !
Se relever et crier face à la putain Bleue , dans un style à la Rosalinde avec accent, petit doigt levé, cul pincé : I'm freeeeeeeeeeeeeeeee !

Fini les escortes, fini les tais-toi, fini le regard bas entre deux impertinences, fini...Merde, son foutu Vicomte lui manquait...Mazo ! Des « fini » sous couvert d'occulter les devoirs et engagements par lesquels il était encore lié. Grumble, Il prendrait des cours auprès de Judas : «  Comment envoyer paître ou ignorer son suzerain ou sa suzeraine pour les nuls, avec flegme et distinction. »

Bref après un lancé de patate chaude entre Monseigneur Fitz, Erwelyn et lui même, la décoration du lieu saint avait échu à la Vicomtesse alias Dame Poney Rose et toutes ses assistantes embarquées. Surveiller l'acheminement du corps jusqu'à l'église il s'en était chargé, et maintenant, à quelques ho-hisse du Diurne pour se hisser un peu plus haut dans le ciel et illuminer comme il se doit l'entrée de la famille, des proches, des moins proches, des curieux, il se tenait sur le parvis, dans sa tenue noire et lie-de-vin des grands jours, heureux d'avoir quitté Longny assez tôt pour éviter toute recommandation vestimentaire de la désormais maîtresse des lieux.

Il accueillerait chacun, offrirait une épaule, un bras jusqu'à la porte, un mouchoir, et entrerait dans les derniers une fois tout le monde installé.
Cette disposition n'était pas entièrement à mettre sur son statut de vassal, l'homme n’appréciait pas particulièrement de mettre les pieds dans une église, donc moins il aurait à y passer de temps, mieux il se porterait.

_________________
Myriamlagrande
La fameuse missive que personne ne souhaite avoir à lire, était arrivée. Tout de suite en portant son regard à la missive, pendant que le messager la tenait encore, elle pu reconnaître l'écriture du Vassal de Shynai, ce Cher Sabaude.

Ô combien il doit être retourné celui là se dit Myriam à elle même à voix basse.

C'est les mains toutes tremblantes qu'elle se décida à prendre la missive des mains du messager afin de l'ouvrir et d'en faire lecture.

Assise dans sa chaise berceuse, près de la fenêtre, Myriam se voyait désormais informée des funérailles pour son ami Shynai.

Elle ravala difficilement cette boule qui l'empêchait de ravaler son émoi face à la situation.

Heureusement, Gandalf et elle s'était retrouvés depuis son retour et il lui avait offert de l'accompagner.

Revêtant une robe noire ainsi qu'une coiffe ornée d'un voile noire pour cacher ses larmes, Myriam repensait à plusieurs moments vécu en compagnie de Shynai, leurs obstinations, leurs rires, son soutien et toutes les petites choses qu'il lui avait apprises afin de devenir une grande dame, chose qui sans doute, il dirait qu'elle n'avait guère réussit, ne sachant jamais quand arrêter de parler et sans compter cette manière qu'elle avait d'être impulsive à tout détruire aussitôt qu'elle construisait, mais tout de même, aujourd'hui elle se rappelait les enseignements et se dit que la plus belle chose qu'elle pourrait faire serait de mettre en pratique ces enseignements reçus.

Elle quitta sa maisonnée en compagnie de Gandalf qui était aussi vêtu de noir. Sur le chemin de l'église de Verneuil, il la tenait contre lui pendant qu'elle tenait fermement sa main dans la sienne.

Sabaude était déjà sur le parvis de l'église, présent pour accueillir famille et amis sans doute....Avec l'aide de Gandalf, Myriam descendit de la carriole, puis escalada chacune des marches avec grand mal.

Une fois sur le parvis, Myriam s'arrêta à la hauteur du Vassal de Shynai, puis sans sourire, la voix quelque peu rauque...


Sabaude...

Vous tenez le coup? Si je peux aider à quelque chose...vous me dites...


Myriam ne savait vraiment quoi dire d'autre...elle aurait voulu à ce moment précis pouvoir s'engloutir sous les pierres du parvis. Elle voulait bouger, avancer, mais elle avait l'impression d'être figé sur place, ne sachant si elle devait entrer ou seulement s'en aller à l'écart...Myriam ne fît que se tenir fermement au bras de Gandalf...
Fitz
À dire vrai, il n'avait jamais beaucoup apprécié le défunt. Celui-ci le répugnait même. Le Ried accolé au nom lui octroyait quelque respect de sa part, mais le prélat n'aurait jamais été jusqu'à qualifier l'homme d'ami. Tout au plus une connaissance, fort bien connue, souvent rencontrée, mais non proche.
Lorsqu'il y a quelques semaines de cela, il reçut courrier d'une diaconesse désireuse d'officier à des épousailles urgentes dans l'optique d'un décès imminent du Ried, Fitz devait avouer avoir vu quelques pensées non vertueuses traverser son esprit.. Et bien que l'expéditrice se soit trompée de destinataire, puisque son propre office ne s'étend pas plus loin que les frontières alençonnaises et normandes, il avait pris la peine de transmettre - un rien hypocritement - des condoléances à la famille.

Lors, il n'avait pas encore connaissance de l'identité de l'"heureuse" épouse...
Lors, il était persuadé que le corps recevrait le dernier sacrement là où de son vivant, il s'était uni à son âme sœur...

Mais quelques jours plus tôt, un autre courrier avait atterri sur son bureau. Une missive parmi tant d'autres. Un message scellé dont la vue n'évoquait rien. Il n'aurait sans doute pas été plus loin s'il avait eu connaissance à l'avance du contenu porté par le vélin...
Pas de chance pour lui, les voyages dans le temps n'existaient point encore, si tant est qu'ils seraient découverts un jour...
Par la force des choses donc, l'archevêque se retrouvait ce jour à quelque distance du parvis de l'église de Verneuil. Prêt à célébrer des funérailles. Et toujours sous le coup de la surprise et du choc face à la nouvelle : la fameuse épouse serait un poney rose croisé dans un passé qu'il estimait lointain... Tout qui se rapportait à la Bourgogne se devait d'être lointain dans son esprit...

Des funérailles donc.
Pour un premier office depuis sa nomination à la tête de Rouen, on ne pouvait espérer meilleur accueil et plus enthousiastes circonstances...

Scrutant plus attentivement les formes attachées au parvis, il parvint à distinguer deux silhouettes.. Il ne serait donc pas le premier, ni le dernier. Il n'était pas non plus celui qui avait eu lourde tâche de décorer le lieu saint. Il avait pour seule et unique responsabilité - ou presque - d'afficher continuellement un air contrit et triste.. Et cela était tout à fait dans ses cordes.
Marchant plus avant, il reconnaît Myriam - long time no see -, tandis que l'homme l'accompagnant lui reste inconnu. À l'aide de sa logique infaillible et à toute épreuve, il le soupçonne d'être son correspondant secret depuis plusieurs jours...

Arrivé maintenant à hauteur des deux compères, il salue en toute simplicité :


Vicomte, mon Fils, puis se tournant vers la jeune femme, ma Fille. Le bon jour. A nouveau, et de vive voix cette fois, je vous présente mes sincères - à qui le dis-tu - condoléances...
Il est malheureux de nous rencontrer dans de telles circonstances, mais tentons de mettre à l'honneur la mémoire du défunt en ce triste jour...


Retour du visage contrit et affecté.
_________________
Absent jusqu'au 27 juillet compris !
Archevêque métropolitain de Rouen

(Signature qui doit être modifiée.. mais je n'ai plus mon artiste préférée à disposition )
Katina_choovansky.
Quand le triste message avait été délivré, Katina et Calyce s’étaient retrouvées silencieuses, ce qui n’était pas dans leurs habitudes. Un regard avait été échangé, et si la télépathie avait existé, nul doute que c’est sensiblement cette conversation qui se serait tenue dans les têtes brunes si savamment coiffées :

Ah ben bravo, il est mort.
On fait quoi ?
Je sais pas j’hésite.
A trinquer ou à condoléancer ?
Exactement.
Je vous comprends, d’un côté il nous annonce sa mort en septembre pour octobre, il meurt pas, on est déçue, et maintenant qu’il était vivant, on s’y attendait plus…
Comme vous résumez bien Calyce.
C’est parce que je télépathise avec vous Katina.
Évidemment, mais quand même…
Et si on coupait la poire en deux ?
Vous voulez dire, trinquer ici, et condoléancer en public.
Comme vous me comprenez bien Katina
C’est parce que je télépathise avec vous, Calyce…


Le silence de la taverne avait été rompu par un « Pas trop tôt l’escroc ! » non sans une certaine émotion, repassant en l’honneur du défunt, les moments partagés avec lui : son autorisation à cogner Von Frayner si nécessaire pour lui apprendre la vie, sa manière très chic de souffrir en silence, son autorisation à cogner Von Frayner si nécessaire pour lui apprendre la vie, sa constante amabilité même quand il taclait bien sec dans les jambes parce que soit disant une fille ça fait pas de doigts d’honneur et bien sûr, son autorisation à cogner Von Frayner si nécessaire pour lui apprendre la vie.
Puis avaient été passées les tenues de circonstances, du noir, du noir, encore du noir, et malgré les cris, les supplications pour au moins mettre de la couleur dans les chaussures, les domestiques n’avaient pas cédé d’un pouce et les avaient fagotées en conséquence, si bien qu’à l’heure dite, Calyce et Katina déposèrent dans l’ordre, poulaines et bottes sur le parvis de l’église (non sans adresser une menace gratuite au cocher parce qu’il est bon de menacer un peu les gens. Si elles ne savaient pas pourquoi, eux le savaient certainement)


- « On est à l’heure. »

Autant dire que ça surprenait presque la flamangevine qui avait un sens de la ponctualité très relatif.

- « On va pouvoir prendre les places du fond. » rajouta Calyce avec un pragmatisme né de la main du Très Haut lui-même certainement vu la qualité.

S’avançant vers les silhouettes déjà présentes, bras dessous bras dessus (Pour ne pas se perdre au cas où il aurait fallu fuir très vite), Katina arrêta la procession à leur hauteur.
Salut gracieux aux inconnus, parce qu’on n’a pas passé six ans d’apprentissage chez les troubadours jusqu’à la maitrise sans savoir être incliner respectueusement la ligne du cou, avant de se tourner vers Monsieur Renard pour lui adresser une mine un poil déconfite. Le deuil c'était jamais facile, elle en savait quelque chose.

- «Vicomte, toutes mes condoléances. Si vous avez besoin de quoique ce soit… enfin, sauf s’il s’agit de tout débarrasser après bien sûr rajouta-t-elle à voix basse en plaçant le plat de sa main à l’angle de sa bouche comme les gosses qui se font des confidences sans la moindre discrétion.« Pour le reste, surtout s’il s’agit de paillettes, n’hésitez pas,» fit elle dans un sourire contrit avant de laisser Calyce présenter ses hommages.
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Maitre Troubadour à la Confrérie
Myriamlagrande
Sabaude n'avait eu le temps de lui répondre, qu'aussitôt une silhouette s'approcha d'eux.

C'était ce Cher Fitz, homme d'église dont les titres se sont perdus au fil du temps, puisque pour Myriam, il était un serviteur avant tout, un enfant du Seigneur comme nous tous, mais avec la permission d'enseigner les écrits divins.

Comme toujours, elle ignorait comment on appelait un Évêques, Archevêques et tous ça. Dans sa petite tête, les mots se chamaillaient, était ce Maître, Père...enfin de compte lorsque venu le temps de répondre Myriam opta pour le plus simple.


Merci. Il est vrai que depuis le temps que je vous ai vu, j'aurais aimé qu'il en soit en un moment plus approprié que celui-ci, mais je dois avouer être heureuse de vous revoir et de savoir que c'est vous qui aller officier cette cérémonie, célébration..enfin...que vous soyez là, j'en suis heureuse.

Son teint prit des couleurs un peu plus rôsé devant la honte de ne savoir choisir ses mots.

Un silence prit place quelques secondes avant l'arrivée deux dames dont elle ne connaissait rien, qui poliment, les salua et qui s'adressa à Sabaude. Elle esquissa un léger sourire et hocha la tête pour les saluer toutes deux.

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Arnaud_giboint
Il avait reçu la missive de Sabaude et ainsi que celle du Majordome. Ainsi le Ried avait rejoint Aristote, Arnaud ne pu s'empecher de penser en lisant la missive "Un bon de plus qui nous quitte, tandis que tant de mauvais reste". Sans hésitation Arnaud avait pris la route pour venir rendre un dernier hommage à cet homme qu'il avait beaucoup apprècié lors de son passage à la cour d'appel. Celui avec lequel il avait notamment eu à traiter plusieurs affaires en sa compagnie. Il avait apprécié l'homme autant que le magistrat ça façon d'être et le soutien qui avait été le sien dansun moment difficile.
C'est après plusieurs jours à chevaucher qu'il arriva devant l'église ou devait être célébrés les funérailles. c'est après avoir confié son cheval au bon soin d'un préposé qu'il apperçu Sabaude sur le parvis. Ce dernier ayant l'air de faoire office de maître des cérémonies il s'approcha de lui pour le saluer


Bonjour, que voilà bien triste jour pour se rencontrer, merci de m'avoir averti, j'aurais été chagrin de ne pouvoir rendre un dernier hommage à celui avec qui j'ai eu à travailler naguère, et oh combien apprécié.
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Sabaude
Ses iris quittent la contemplation des pigeons qui piquent indifféremment cailloux blancs et miettes, et se posent sur le couple Myriam-Gandalf qu'il accueille d'un fin sourire.

Je suis mort de fatigue Myriam, je tiens à peine debout, mais je vais bien. Merci pour votre sollicitude. Pincez moi si je m'endors pendant la cérémonie.

Il lui demanderait bien en retour la teneur de son état mais il s'en doute.
Il posera une main rassurante sur son bras et la retirera à l'approche de celui qu'il devine être son contact.


Monseigneur Fitz.

C'est court mais il ne sait quoi dire d'autre. les banalités en ce jour ne sont pas à propos, puis c'est un religieux et les religieux le laissent sans voix, car souvent il n'écoute plus passé quelques mots.

[i]Mais ? Katina et... deux présences espérées qui signifient tant de choses, pour lui et le défunt qui malgré un caractère difficile avait su séduire les deux femmes atypiques.


Restez un peu après la cérémonie, cela me fera le plus grand bien. Je ne doute pas que vous saurez égayer cette fin de journée, avec ou sans paillettes.

Avant que Calyce n'ouvre la bouche à son tour il accueillit Celui qu'il avait eu pour professeur, collègue et conservait comme confrère et personne qu'il appréciait.

Maitre Arnaud, votre hommage sera apprécié par la famille du défunt. Je ne doute pas qu'il en irait de même du Vicomte s'il pouvait vous voir.

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Anne_blanche
30 décembre 1460, Semur en Auxois

Quoi ?!

L'exclamation avait échappé à Anne. Elle, toujours si roide, si maîtresse d'elle-même, n'avait pour une fois pas domestiqué sa langue. Sa servante, la vieille Matheline, souleva une paupière lourde de marc de Bourgogne, pour constater que le teint de sa maîtresse était toujours aussi blanc, au point de rendre indécise la ligne ovale qui séparait guimpe et peau. Elle s'empressa de se rendormir, échappant ainsi à la vision d'une larme qui soudain jaillit de l’œil bleu, roula le long du nez, vint se perdre dans une commissure affaissée.

Citation:
Madame,

Ce jour du 30 décembre 1461, j'ai le déplaisir de vous faire-part du décès du vicomte de Longny au Perche et Baron d'Evron, plus régulièrement dénommé Shynai du Ried


Se répandre en questions inutiles ? s'exclamer "Très-haut ! c'est impossible !" ? maudire ledit Très-haut en une litanie aussi illusoire que blasphématoire ? A quoi bon...
La larme fut unique. Anne, qui n'en avait pas versé une seule à la mort de son frère, de sa mère, de son époux, avala celle-là et la fit disparaître aussi vite qu'elle était venue.

Shynai du Ried... Une rencontre, un soir, dans la taverne de sa servante, à Semur. Une demi-heure, point davantage. Auparavant, ils s'étaient croisés dans les corridors du Louvre, se saluant sans connaître, préoccupés l'un et l'autre par quelque devoir de leur charge. Anne avait su qu'elle avait là l'incarnation de l'amitié. Quand il lui avait demandé de veiller sur sa fille, elle avait dit oui, sans hésiter, un peu étonnée qu'il eût éprouvé le besoin de demander ce qui lui paraissait si naturel.
Après la larme vint une ombre de sourire : elle ne savait même pas, avant qu'il demandât, qu'il avait une fille. Elle ignorait jusqu'à son nom, son âge. Elle savait seulement qu'elle devrait veiller sur elle, parce qu'elle avait promis.


Bacchus, attelez ! Matheline, faites mes malles ! Nous partons pour Verneuil.


Verneuil, 2 janvier 1462

Le temps qui s'étire interminablement de la Saint-Noël à la Saint-Rémy n'avait jamais plu à Anne. Ces dix-neuf jours, des plus courts de l'année, lui avaient toujours paru horriblement longs. Il faisait froid, souvent humide ; il faisait sombre, la boue des chemins se confondait avec celle du ciel ; Aristote dormait, Anne en était sûre. Et pour tout arranger, chaque année depuis sa naissance, cette période avait apporté un deuil.

Le tournant de 1462 ne ferait donc pas exception à la règle.

Plissant des yeux pour tenter de reconnaître un visage parmi ceux qui s'approchaient, comme elle, de l'église, elle devait offrir une mine bien peu engageante. Sa vue étant ce qu'elle était - mauvaise en diable - elle n'avait guère le choix, du moins quand elle se trouvait en un lieu inconnu. Elle faillit se heurter à un homme que, contre toute attente, elle reconnut. Elle avait eu à lui porter des clefs, bien des mois auparavant, quand elle était Premier Secrétaire d'Etat et lui nouvellement nommé duc d'Alençon. Rien d'étonnant à ce qu'il se trouvât là, mais Anne était désormais si retirée des affaires que tout lui donnait surprise.


Messire Renard, le bonjour.

Et sans transition, parce qu'elle se doutait qu'il avait autre chose à faire, et que des obsèques n'ont rien à voir avec une réunion mondaine, malgré les apparences :

Me ferez-vous la grâce de me guider jusqu'à mon banc ? J'y vois trop peu pour le trouver seule.

Puis, plus bas :


Et puis-je pousser jusqu'à vous demander de me bien vouloir désigner la fille de Messire Shynai ?
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Malone
Une missive, pas une de celles qu'on aime. Au contraire, une mauvaise nouvelle. Mheïl ... le plus éduqué d'une drôle de paire. Avait-elle aimé le Ried ? Apprécié, fort apprécié en tout cas ? Bon, elle l'avait certes mis à l'eau de Longny et laissé barboter seul, sortant trempée elle aussi de l'incompréhension mutuelle. Avait-elle été vexée ? Oui bien sûr, et bien plus encore, mais pourtant, étrangement, elle ne gardait pas un mauvais souvenir du brun sombre, sans pouvoir se l'expliquer elle-même.
Ils avaient même eu un contact épistolaire plutôt prometteur, récemment. Enfin, récemment ... et puis de toute façon, la promesse ne donnerait plus rien désormais.
Elle avait donc à regret pris connaissance du pli, et tourné comme une hélice : aller seule ? Elle n'en avait pas envie. Aller avec son époux ? Délicat ... et de toute façon, rien ne garantissait que Choupi sortirait de sa léthargie. Aller avec sa fille et son protégé ? Telle n'était pas la place d'enfants, et expliquer à Malvinaa qui était Shynai pour elle aurait été bien trop long et compliqué. Et totalement contraire à l'éducation qu'elle tentait de donner à l'enfant.
C'est donc seule que la jeune femme fit la route de son Poitou vers l'Alençon, pour rejoindre l'Eglise Bienheureuse Wilgeforte. Seule, et à cheval, parce qu'elle n'avait pas tant changé que ça depuis sa rencontre avec le Ried. Ce qui lui imposa de s'arrêter dans une auberge troquer sa tenue de voyage pour une robe de deuil, d'un blanc impeccable, clin d'oeil au défunt. Pour sûr, il aurait préféré cette robe, pour la jeter à l'eau ...

Du monde était déjà présent quand elle parvint sur le parvis. Têtes connues, mais rien de plus. Sans doute avait-elle un jour su mettre un nom sur ses visages, lors de l'un de ses passages en Alençon, ce jour, rien ne lui revenait ... tant pis.


Bonjour.

Non, c'est pas un bon jour, mais ça fait partie des choses qu'on dit quand on arrive devant des gens. Et comme elle n'avait pas grand chose de plus à dire, elle se mit de côté en attendant que l'office ne commence.
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[center][/center]
Chimera
    [Kastell Paol - Aux Bons Béziers de Breizh]

- Tiens.
- Mhm?
- Le *hips* vicomte.

On est à Saint Pol où on ne l'est pas. Là bas, la prune, c'est culturel, et la vannetaise en Tro Breizh embrasse avec application les coutumes locales.

- Eh bien ?
- Celui qui avait accompagné *hips* Judas, a son sejour ici.
- Donc?
- Décédé.
- Oh.
- On souhaite ma présence aux obsèques.Après un silence, le temps d'un froncement de sourcils et d'une relecture perplexe. Pourquoi souhaite-t-on ma présence a ces obsèques...
La blonde Kermorial, fan reconnue de Von Frayner, affiche la mine brune des jours de contrariété.
- Qui écrit?
- Son majordome. Car ainsi, il en avait un. On en apprend, sur les gens, à l'heure où ils trépassent. J'irai? tu crois?
- Veux-tu ?
- On me demande...
La blonde inquisition s'intéresse au pli tout juste reçu. Elle est pragmatique, voyez.
- Qui est "on" ?
Bref instant d'hésitation.
- Lui, de son vivant, apparemment, aurait souhaité. Elle s'autorise une moue perplexe. J'ignorais lui avoir fait si grande impression.
Là, au beau milieu des pensées par la liqueur troublées, se faufile l'idée qui fait cligner les yeux. Lui. Encore?
- *hips* Tu crois que Judas est derrière ça?
- Je sais juste qu'il peut
La désormais non-comtesse se masse une tempe. Les idées manquent de clarté. Le moment est mal choisi. Le choisi-t-on, seulement?
- Drôle d'occasion *hips* pour embêter son monde.
- Il n'y en a guère de bonnes.

L'évidence, implacable morfale, s'impose, et arrache aux lèvres de l'amputée la raison qui en décidera.
- Morvan.
Kermorial sait. Et Kermorial opine, bien qu'à contre coeur.
    [Verneuil]

Bon, et maintenant, on fait quoi? Et la majordome, d'ailleurs, c'est lequel?
Tonner un "Qui ose troubler mon Tro Breizh?" ? Non, bien sûr que non.
Réclamer les textes législatifs dus? C'était bien là le seul lien qu'avec l'ascète défunt elle avait eu.
Exiger qu'on lui rende son fils? Quelle idée. Elle irait le chercher jusque dans le tombeau, pourtant, si indice avait parlé.
Lui, pas le petit, de toute évidence et à moins qu'il n'ait fort changé, n'allait pas tarder.
Sa soeur Calyce est ici. En terre inconnue, bien peu en position de pleurnicher un être inconnu, et se sentant aussi peu à son aise que Constance au bain, elle calquerait donc ses pas sur ceux là, histoire de n'en pas faire de faux.


[Écrit à quatre mains, avec JD Else]
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Rosalinde
Pour être mourant... Shynai l'avait été. Plus qu'elle ne l'avait même imaginé au jour de son mariage avec Lynette. Et pourtant, sans doute, on pouvait dire qu'elle avait bien fait les choses. Genre, en ayant eu la présence d'esprit de s'excuser pour tout le mal qu'elle avait dit de lui, ce genre de choses, et ce avant qu'il ne clamse, ce qui était vachement mieux pour la conscience déjà bien torturée de la dame de Foulletorte.

Elle était en route pour les funérailles. Non seule. Elle avait laissé Léonard à une nourrice (il n'aurait plus manqué qu'il se mette à hurler durant l'éloge funèbre), mais faisait le trajet en compagnie de sa suzeraine, et épouse du défunt, Lynette. Coite, depuis le début du trajet. Ailleurs. Rosa l'observait, sans oser parler. Gênée sans doute, car... Elle ne savait pas comment réagir. Ah, si Nicolas était mort, ça aurait été un tout autre refrain ! Les larmes, façon grandes eaux de Versailles, les cris, les arrachages de cheveux et les veines tailladées, au moins ! Autre chose que répondre "Midi" quand on vous demande comment ça va.

Alors elle était là. Et puis c'est tout. Plus qu'à espérer que cela suffise.

Et puis elles arrivèrent. Le coche s'arrête devant l'église, et un parvis où se pressent déjà de nombreuses personnes. Certaines connues, d'autres moins, au loin elle reconnait la silhouette de Sabaude, toujours présent. Elle ouvre la porte, elles descendent, et le bras de Rose vient se glisser sous celui de la veuve. Oh, et n'était-ce pas Katina, là-bas ? Elle serait sans doute allée la saluer, si... Si soudain Lynette n'avait pas été prise d'une subite envie de parler.


- Rosa... vous savez, j'ai vu une bête ce matin dans les jardins de Longny, on aurait dit une sorte de loup, mais avec des pattes de canard, c'est étrange non ?
Et puis Agathe a eu une idée géniale de faire construite une tacapulte géante pour aller retrouver son père. Ça peut marcher tu crois ? Moi j'ai trouvé l'idée lumineuse, comme un papillon de lumière sous les candélabres, mais Brune lui a dit que ça n'était pas possible. Cependant, je pense que c'est une idée à creuser, comme quand on a voulu passer dans le château de Valnor quand les ponettes étaient pas encore ses filles et qu'on a voulu creuser un tunnel. Sauf que sous les douves, c'était pas pratique...


Un loup à pattes de canard, une tacapulte, des candélabres et des tunnels sous les douves... C'est bien simple : Rien compris. Que répondre alors ? Pas grand chose de sensé.

- Et les crocodiles dans les oubliettes.

Digne du surréalisme.

Elle s'autorise un baiser sur la joue du Renard, à circonstances exceptionnelles... Et puis lui aussi a besoin d'être consolé, un peu. A l'évêque qui l'a baptisée, un sourire, puis lui baise l'anneau.


- Triste jour pour se revoir, Monseigneur.
_________________
Un jour mon prince viendra !
Erwelyn
Où vais-je, où cours-je, dans quel état j'erre ?
Passer de célibataire fraichement dissoute à mariée à veuve en moins de temps qu'il ne faut pour dire tarte à la myrtille avait de quoi vous chambouler un poney.

Et en plus...


"On a tiré au sort et c'est vous qui devrez vous occuper de la décoration de l'église."


Non mais franchement ! Si ça c'était pas une punition du Très Haut pour bien lui montrer qu'elle avait été une vilaine fille sur bien des points... Forcer un poney rose, habituellement habillé en rose, buvant du rose, voyant la vie en rose, pensant en rose, à décorer un endroit – une église qui plus est – alors qu'il est en deuil... c'était indubitablement injuste ! Car le deuil équivalait chez elle une obligégation à porter de l'azur, à vivre azur, à penser azur et tout le toutim. Donc forcément, en d'autres conditions, c'eut été en rose que l'édifice saint eut été décoré. Sauf que là, non. Il lui avait fallu trouver du bleu, toujours du bleu. Tout en vomissant régulièrement rapport au fait que trop en voir, ça lui collait des brulures d'estomac.

C'est donc une Lynette, passablement à côté de sa pompe depuis le décès de Shynai, même si tout de même, elle s'y attendait quelque peu, qui avait dirigé la manœuvre avant que les personnes n'arrivent. Des nœuds, bleus, par ci, par là. Sur les bancs, des petits coussins azur où avaient été brodés en or des dessins qui représentaient... qui représentaient quoi au fait ? Ce serait laissé à la libre appréciation des gens qui poseraient leur popotin dessus. Il y avait en tout cas, pèle mêle et plus au moins réussis, un canard, un poney, une agate, des arbres, un j, un v et un f entrelacés et d'autres encore qui pour sa part représentaient l'histoire qu'elle avait vécue avec Shynai. Et pour le reste, des bribes d'histoires qu'on lui avait contées, sur la vie du défunt, les rencontres qu'il avait pu faire, tout ceci avait été retranscris autant que faire se peut sur ces bouts de tissus. Chacun, sans doute, trouverait là souvenir partagé avec le vicomte.

Et une fois ceci fait, elle avait été rejoindre Rosa, Agathe et Syrielle à Longny pour se préparer. La vicomtesse commençait à prendre ses marques, même si elle eut largement préféré que ce soit aux côtés d'un mari vivant plutôt que d'un mort. Le coche les menèrent ensuite à l'église en question et alors que vassale et suzeraine se trouvaient côte à côte, s'avançant vers le parvis déjà plein de monde, Lynette se tourna vers Rosa à senestre, tenant à dextre la mimine adorée de sa lumière du moment, la jeune Agathe :


Rosa... vous savez, j'ai vu une bête ce matin dans les jardins de Longny, on aurait dit une sorte de loup, mais avec des pattes de canard, c'est étrange non ?
Et puis Agathe a eu une idée géniale de faire construite une tacapulte géante pour aller retrouver son père. Ça peut marcher tu crois ? Moi j'ai trouvé l'idée lumineuse, comme un papillon de lumière sous les candélabres, mais Brune lui a dit que ça n'était pas possible. Cependant, je pense que c'est une idée à creuser, comme quand on a voulu passer dans le château de Valnor quand les ponettes étaient pas encore ses filles et qu'on a voulu creuser un tunnel. Sauf que sous les douves, c'était pas pratique...


On vous l'a dit que la nouvelle épouse maintenant veuve était à côté de la plaque... Quoique, si on prenait le pouls du débit de parole, celui-ci paraissait normal.
Mais forcément, à la réponse de Rosa, elle ne put qu'acquiescer.


Oui ! C'est tout à fait ça ! Même que c'est Anatole qu'on avait envoyé pour qu'il teste avant de finalement avoir l'idée, nous aussi, de construire une pataculque.


Révélation, là encore. L'enfant et la belle-mère étaient faites du même bois. La vicomtesse stoppe sa route et s'abaisse à hauteur de la petite.

Fais moi penser à te parler de Sainte Boulasse Agathe, ses idées étaient juste génialissimes.

Avant de lui sourire, imaginant bien que la gamine devait être légèrement perturbée par la tenue de la journée. Un baiser vint effleurer son front, alors, avant de se relever et de continuer à avancer.
Elle reconnut en tout cas presque toutes les personnes présentes, sauf celles qu'elle ne connaissait pas, logique, et eut un mot pour tous, autant qu'elle put allant les voir un par un. Sabaude, forcément, à côté de qui elle vint se positionner car quoi qu'on en dise, elle était et resterait l'épouse du défunt. La baronne lui offrit un clin d’œil, rien de plus pour ce dorénavant vassal. Ils auraient tout temps d'apprivoiser cette nouvelle relation qui s'était instaurée. A son oreille, elle glissa quelques mots, à lui seul.
L'officiant, qu'elle gratifia d'un petit plissement des sourcils. Elle l'avait rencontré lors du baptême de Judas, oui, mais l'avait également contacté pour lui raconter ses déboires.

Monseigneur, vous revoir me... euh... lui quoi, déjà ? Mettait mal à l'aise ? Oui. Sa phrase resta en suspend, tant pis. Merci d'officier en ce jour funeste. Oui voilà, bien mieux.
Myriam, rencontrée en Orléans et avec qui la rencontre avait été des plus cadencées. Il n'empêche, un petit sourire lui vint aux lèvres alors que le souvenir de la discussion lui revint. La jeune l'avait traité de vieille, là. Mais bon sang, elle était pas vieille mais seulement expérimentée ! C'était ce que les poneys roses disaient toujours, elles. Un peu de tenue tout de même.

Myriam, bon jour... auriez-vous rajeunie ? Un petit clin d’œil à leur échange, dont finalement Lynette ne lui tenait pas rigueur, et ponctué d'un sourire franc, teinté toutefois de la tristesse du deuil qui les habitait tous.
Arnaud, ensuite, un Mainois souvent croisé, parfois au conseil comtal, parfois hors des murs du château. Voilà bien longtemps qu'ils ne s'étaient plus vus.
Et puis d'autres...

Et évidemment, sur le parvis, non loin d'elle, se trouvait Poneybouboule. Le vrai, l'unique. Rien à voir avec la pâle copie présentée au gang des perruques des mois plus tôt. Sur sa jolie teinte rosée avait été posée une couvrante azur, frappée aux armes d'Evron à senestre et de Longny à dextre. Petit hommage personnel à son vicomte de mari. Entre ses deux oreilles, un chapeau avait été disposé, toujours d'azur, mais en velours. A ses côtés, le vieux Hubert, especialement dépêché d'Evron pour veiller sur l'animal, car la baronne avait une peur bleue qu'on lui enlève la prunelle de ses yeux marrons. Jamais elle n'aurait imaginé que le fameux gang des perruques, avec qui elle avait échangé quelques courriers, était dans la place.

Et toujours, dans sa main, celle d'Agathe, qu'elle ne lâcherait pas.

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Agathedr
La mort, c'est moche. La mort d'un père, c'est TRES moche.

Mais les funérailles, c'est PIRE que très moche. A la mort d'un proche, une douleur assourdissante vous irradie. Le caractère irréversible et injuste de la chose vous anéantit. On touche le fond, l'univers entier s'assombrit. Pourtant, le pire reste à venir...

Alors que l'on s'octroie le monopole de la douleur, les funérailles vous font réaliser que cette garce, la douleur, se multiplie en strates encore insoupçonnées. Alors que le paroxysme vous submerge, il faut encore assimiler la peine des autres...

Ainsi, quand Agathe s'imagine que son père lui appartenait, elle va découvrir qu'il avait une vie en dehors d'elle. Stupeur.

Hors de sa vue, il continuait de vivre, partageait, rencontrait, aimait aussi... Le premier choc, lui était venu lors de l'annonce du mariage imminent du paternel. Elle qui se croyait le fruit de l'amour, se trouvait relégué au rang de fruit d'un amour mort. Ça en fout un coup, j'vous assure...

Mais bon, à cette époque, son père affichait ce regard inédit de crapaud mort d'amour, la belle-mère était étapante, le choc fut digéré !

Aujourd'hui, le décors est tout autre : les mines sont défaites, les yeux rougis et la tristesse rôde. Manifestement, tous souffraient de la perte de cet être unique pour elle, exception faite, peut-être de l'officiant, mais qui, en raison de sa charge, affichait la même expression que l'entourage.

Ainsi, la garce multipliait sa charge et se faisait tonne.

Heureusement, Agathe avançait en cordée avec celle qui, en s'unissant à son père, avait hérité davantage d'une fille que d'un époux, du moins sur la durée... La voix rassurante de Lynette ne s'était point tue avec le dernier souffle paternel, Aristote en soit loué ! Mieux encore, Lynette validait l'idée de la pataculte, la qualifiant d'idée lumineuse. Elle, au moins la comprenait. Et dans le flots de paroles roses la fillette avait retenue que l'idée était à creuser, avec Anatole - c'est qui lui ? - Vous en déduirez alors qu'Agathe n'a pas le cerveau plus opérationnel que sa belle-mère-hérose en ce jour...

La fillette hoche la tête vis à vis de son poney-rose-bouée-de-sauvetage en se répétant mentalement :
Sainte Boulasse, Sainte Boulasse,Sainte Boulasse,... Elle ferme les yeux pour mieux savourer la douceur du baiser frontal, les rouvre pour jeter un regard admiratif à Poneybouboule et gratifier Hubert d'un sourire quelque peu envieux...

Puis elle suit Lynette qui salue chacun avec cette bienveillance qui la caractérise. Elle pourrait faire le tour des royaumes avec elle, tant que sa main serre la sienne.

Les strates s'empilent, Agathe se tasse.

Brygh_ailean
[Couvent héllénine des Cordeliers. Nouvelle Calédonie]

La missive était parmi les autres, certainement, et pourtant sœurs Hélène-Mathilde et Hélène-Clothilde avait tenu à mener celle-ci directement dans la cellule de soeur Hélène-Brigitte.

Elle écrivait. A nouveau, elle ne cessait d'écrire. Ses cheveux avaient légèrement repoussé depuis leur indigne massacre. Seulement, quelque chose à nouveau s'était brisé. De la Mère supérieure du couvent qu'elle croyait être un temps, dynamique et joviale, elle était passée à une autre personnalité, plus proche de la réalité, mais d'une mélancolie insigne. Ne pas savoir qu'on a oublié est moins douloureux, finalement, que de vivre avec le pesant secret d'un passé qui vous échappe.

La vieille nonne aveugle se rendit au pupitre sans s'égarer, tandis que la plus jeune restait deux pas derrière elle.

Brigitte, Bryn... ma soeur, ma fille... Mathilde a une annonce à te faire.
Ce jour du 30 décembre 1461, j'ai le déplaisir de vous faire-part du décès du vicomte de Longny au Perche et Baron d'Evron, plus régulièrement dénommé...
Shynai...
Tu te souviens de lui ?
Je me souviens d'une chevelure fort abondante...

Les deux nonnes de hoqueter de rire.
Puis-je te rappeler que ton époux... ton premier époux... était surnommé "belle chevelure" ?
A son tour, la grande de sourire.
Je promets que je ne suis pour rien dans la mort de Shynai, ma soeur. Je me souviens aussi d'un regard...
Soeur Brigitte, des hommes avec des beaux yeux, il y en a suffisamment sur cette terre de souffrance pour séduire mille fois toutes nos soeurs...
Je n'ai pas dit des beaux yeux... J'ai dit un regard... intelligent et vif... qui se masquait derrière la morgue d'un parfait abrut... dandy tel que nous l'impose la mode...
Cet homme vous a fait forte impression, on dirait.
Il se peut... Je me souviens du goût du hareng, aussi, quand j'évoque son nom.
Des harengs ?
Rien d'étonnant à cela puisque Marguerite a retrouvé dans les registres trace d'un tonneau de harengs que nous devions adresser à cet homme...
Et ?
Le tonneau est toujours dans la cave. Je ne sais par quel hasard, il n'a jamais quitté son lieu de départ.
Les funérailles auront lieu à l'église de Verneuil et visiblement, sa seigneurie aurait souhaité que vous y assistiez.

La grande se releva doucement de son pupitre, replaçant son style dans l'écritoire, puis, après avoir sussoté son doigt plein d'encre :
Comment pouvais-je le connaitre au point de lui envoyer des harengs et qu'il me convie à ses obséques ?
Il avait été un membre insigne de la justice parisienne, pour ce que je m'en souviens. Vous avez dû plaider devant lui, ma soeur.
Plaider... Je ne me souviens pas même ce que cela peut seulement signifier...

Elle se retint d'un soupir.
Alors, préparons ce voyage vers Verneuil... Et mandez à Jehan de m'accompagner. Si je suis entourée de juristes, lui, au moins, saura leur faire société...
Bien ma soeur...
Et autre chose...
Oui ?
Les MacFadyen paient toujours leurs dettes !

Clothilde se fendit d'un sourire immense, tandis que ses yeux morts s'illuminaient.
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Aimelin
[Verneuil]

Comment l'avait il appris il ne savait plus trop. Sans doute encore un flot d'informations entré dans une oreille et ressorti de l'autre, mais qui s'était arrêté peut être un peu plus longtemps que d'habitude, au milieu pour y dresser campement, endroit où semblaient se réunir une tripotée de lutins qui bataillaient entre bonne et mauvaise conscience pour tenter de faire prendre au Millelieues les décisions, mauvaises ou bonnes que lui imposait sa charge de Duc. Il fallait de tout pour faire un monde et il faisait partie du tout, faute d'être le monde.
Comment l'avait il appris, mais bien sûr qu'il s'en rappelait. Par son amie Wendy. Et il en était tombé sur les fesses en faisant répéter le nom et demandant à nouveau s'il s'agissait bien du Shynai qu'il connaissait, celui qui avec ses amis était resté en Champagne début novembre, pour l'aider en intégrant l'armée du jeune régnant plein d'ignorance qu'il était. Il avait donc promis à Wendoline qu'il viendrait rendre hommage à cet homme parce qu'il lui devait bien ça.

Il détestait les églises, leur froideur, leur silence et cette résonance qui transformait le moindre éternuement en vent soufflant entre des branches par temps d'automne. Un décès n'était jamais agréable, mais une cérémonie funèbre.
Et puis il n'avait pas sa blonde près de lui, il ne lui avait pas infligé un voyage éprouvant alors que la petite Lily réclamait tant d'attentions. Un long soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'il murmurait, posant pieds à terre et laissant Atlaïr, le sien, aux bons soins d'une écurie accueillante à souhait avec sa belle paille.


Fichtre, déjà que je déteste les cérémonies de mariage, mais alors là.

A moins de s'imaginer que l'invité du Très Haut était un de ses ennemis, nul sourire n'éclairerait son visage fatigué par ces dernières semaines qui s'éternisaient dans tout ce qu'il détestait. Les tensions et les tensions, parfois entrecoupées de tensions.
Il en appréhendait même son propre mariage, tant ces lieux lui donnaient toujours du sombre à l'âme comme il disait. Aussi préférait il prier au détour d'un chemin, ou près de l'eau.
Mais il était des moments, où l'on se devait d'être dans ces lieux et c'est en faisant glisser sa capuche d'un geste de sa main encore gantée de cuir qu'il franchit les lourdes portes avant de s'arrêter quelques secondes et que ses prunelles grises ne se posent sur le Vicomte Sabaude, tandis qu'il prenait soin d'ôter ses gants pour les garder dans sa main gauche en se souvenant du dernier courrier reçu de Shynai du Ried qui acceptait d'être libéré de l'armée Toujours Bleu, uniquement si en cas de nouvelle menace sur la Champagne, il faisait appel à lui et son groupe.
Et un regard vers Erwelyn avec un sourire discret qui éclaira un court instant son visage. La voir la ramenait à chaque fois vers cette petite rouquine disparue.

Il se décida enfin à faire quelques pas dans leur direction.


Vicomte, j'aurais préféré vous revoir dans d'autres conditions... phrase banale mais la mort en elle même n'était elle pas devenue banalité dans ce royaume, et un regard pour Erwelyn en inclinant légèremente la tête.
Ainsi que vous Erwelyn.

Il ne se rappelait pas l'avoir appelé autrement un jour, et puis elle aussi était venue remplir les rangs de Toujours bleu.

je me devais d'être ici après ce que le Vicomte et vous tous avez fait pour nous.
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