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[RP] « Kathou & Nathou fuient le Berry! »

Nathan
« J'aime la niaiserie, j'aime la frivolité, j'aime la légèreté. Franchement ? Vous pensez que l'austérité se fait maxime chez moi ? Imbécile. » NATHAN

Reviens. Allez, vas-y, reviens! Rend ce que tu nous as enlevé. Mais ? Allez.
Un décor ? Un cadre ? Un cadre décoratif. Enfin... Si nous pouvions appeler ça un cadre décoratif.
Il était une fois, dans une forêt Berrichonne. Oui oui, une forêt Berrichonne, là où la sorcière compose avec la vénus des carrefours. Oui, il y a des carrefours dans une forêt. Donc, il était une fois, dans une forêt Berrichonne, deux personnes. Kateline de Sierck, une femme au galbe agréable, ou une femme qui composa tout au long de sa vie par la compassion, la froideur, la gentillesse, la fraîcheur, la chaleur et l'intégrité. Une femme rare, une femme que Nathan sût apprécier à sa juste valeur. Il la prit comme sa marraine. On se serait crut dans un conte féerique, malheureusement, en 1461 il n'y avait ni fée, ni loup-garou, ni vampire. Juste deux personnages, joliets -soit disant passant- dans une forêt Berrichonne nauséabonde. Kateline était accompagnée par Nathan, normal, elle l'avait enlevé, la coquine. Nathan alors duc de Berry était dans un marasme signé Ambroise. Il n'y avait pas de discours velléitaires, juste des mots audacieux et injurieux, bref, Nathan.
Il était une fois, Kathou & Nathou, dans une forêt Berrichonne nauséabonde. Elle rédempteur de son filleul, lui ingrat, fat, colérique, insultant et paumé. Normal.
Pour la première fois, Nathan avait échappé à la mort.
Pour la première fois, Kateline n'était pas morte. Surprise splendide.
Alors ? Elle n'est pas belle la vie en Berry ?


Nathan connut la trahison pour la première fois de son existence. Il ne voulait pas y croire et pourtant, il vit un sosie se faire poignarder, égorger et finalement assassiner devant ses yeux. Kateline le mit au parfum quelques jours auparavant, alors, que le Sidjéno régnait sur le Berry. Une réussite qui lui valut une décadence rapide et douloureuse. Chez le blond, le succès ne sut jamais se fixer et à chaque fois que la prospérité allait de l'avant elle faisait marche arrière. Il avait atteint l'acmé, il allait connaître un enfer monstre. Nathan ne se vanta jamais du naturel, pour raison qu'il n'eut jamais les prérequis idoines afin de se balader, à pied dans une forêt boueuse. Un précieux qui se voyait mourir autour de ses richesses et de sa descendance. Pour la postérité, ses funérailles étaient déjà prévus. Grandioses. L’équanimité n'était plus de rigueur, il gueulait.

-Mais tu me fais quoi, là ? Ça fait des heures entières que nous marchons dans cette forêt merdique. Ils ne m'ont pas assassiné. Ils ont vu que c'était un faux moi. Voilà tout. Je dois y retourner. Je suis le Duc de Berry. Qui plus est, le premier duc du Berry Libre. Même si c'est de la merde, je veux retrouver mon statut. J'ai des desseins dans la tête. Je veux les voir réduits à la ruine, à la disgrâce et j'en passe.

Évidemment, elle ne l'écouta pas. Ce qui, naturellement, énerva davantage Nathan, qui décida de s'arrêter sur un rocher, lequel, auparavant, connut la douceur d'un tissu de l'Ambroise. On ne s'assied pas sur quelque chose de sale. Foi d'Ambroise.

-Alors. Ramène-moi. Je veux retrouver, mon pouvoir, mon argent et Louvières, surtout. Ainsi que la couronne. Même si elle est moche, ça fait grandiose. Bref redonne-moi ma raison de vivre. Sinon, je me suicide. Une immolation, vois-tu mmh ? Surtout, que, quoiqu'il puisse m'arriver, je finirais au même endroit, en enfer. On sait tous pourquoi.
Dis. Tu m'emmènes où ? Zelgius il le sait que t'es en vie ? Au pire on s'en fout.
Vas-y, je ne rigole plus. Je ne bouge plus. Je veux rentrer chez moi.


Voici donc la dernière tocade de Nathan. Une tocade opiniâtre menée à bien par un jeune homme bavoché, imbu de sa personne, assoiffé par la gloire, la richesse et le pouvoir. Un cas désespéré aux allures d'hommes mais à l'esprit d'enfant pourri-gâté. Il devint alors l'imprécateur de Kateline, tel un grossier personnage, ne pensant pas un instant à l'idée de se remettre en question et ni même, de battre sa coulpe.

-Tu es un traître. Je parie que c'est une galéjade. Elle n'est plus drôle, allez, soi un amour. J'ai envie de voir ton oncle me faire allégeance.

Ça, c'était dit. Ça, c'était bien moche.
Et toc.

_________________
Kateline
    ♫ Promenons nous dans les bois, pendant que le Faramine n’y est pas…♪


      Nous y voilà, une forêt berrichonne, une Katou et un Nathou en plein crapahutage sur les chemins boueux. On aurait pu appeler ça l’enlèvement du siècle ! On aurait pu si les gens avaient su. Mais ce qu’il y a de bien quand vous prenez les gens pour les imbéciles qu’ils sont, ceci à leur nez et à leur barbe, c’est que ça ne se sache pas de suite. Question de survie. Surtout que pour arriver à ses fins elle avait trahit la personne qui représentait le plus à une famille à ses yeux, et sans doute la personne la plus maline de ce complot mené d'une main de maître, par chance la cécité de ce dernier lui avait grandement facilité la tâche.
      En tout les cas, la survie c’est le dada de Kateline ! Oui même qu’elle a entraîné son fillot adorablement exécrable avec elle. Car oui, un Nathou pas content est un Nathou ingrat. Katou a l’habitude.

      Elle avance sans se retourner, les plaintes du blondinet sont un bruit de fond à ses oreilles. Au même titre que les oiseaux qui chantent autour d’eux, et du vent qui file entre les branches des arbres roux en cette période automnale. Le paysage est d’ailleurs splendide, si l’Ebène n’avait pas l’obligation de fuir, elle se serait arrêtée afin de croquer les environs.

      Mais elle venait de foutre sa vie en l’air, elle s’en rend compte maintenant. Elle ne regrette pas. Son filleul, bien que râleur et traine-la-patte, était en vie. Et bien en vie. Il continue de s’époumoner derrière elle, et tente même un caprice. Elle l’entend stopper le pas, mais ne se retourne pas immédiatement pour le voir, elle reste dos au Blond. Elle encaisse d’abord ses dernières paroles, moches il est vrai, un rictus torturé se dessinant sur ses traits habituellement doux.


      Oui Nathan. C’est une grosse farce ! HAHAHA ! Je t’ai bien eu hein !

      Elle se retourne et pose son regard sur le Duc déchu par sa main, mais surtout par celles des autres.
      La trahison, la vraie, c’est encore plus moche que des paroles en l’air.


      D’ailleurs tu as vu ça comme j’ai bien préparé mon coup ?! Ton sosie, ton parrain, ton oncle, ton amant et les deux autres gus là ! Réalistes non ? Tout ce sang… l’égorgement, hmmm une per-fec-tion ! Tu ne trouves pas mon fillot ?

      Elle marche vers lui, réduisant la distance qui les sépare. Elle se retrouve face à lui.

      Je viens de me faire passer pour morte pour te sauver les miches, veau coquard(1), esmeut(2) !!
      Tiens d’ailleurs jette un coup d’œil à ça…


      Elle lui sort de sa besace pleine à craquer un morceau de parchemin à peine noirci qu’elle lui place dans les mains.

      Lis mon filleul, fais ton apprentissage de la vie, de la nature humaine et surtout berrichonne qui consiste à voir son intérêt premier avant celui des autres. Tu verras à quel point tu as été d’une influence sans bornes sur le Berry !

      Elle referme son sac et laisse le boudeur à son rocher en reprenant sa marche.

      Reste si cela te chante. Retourne vers eux et ta couronne que tu chéris tant ! Retourne vers la mort qui t’attendra au coin de chaque rue, de chaque maison…

      La dureté, c’était tout ce dont elle était capable l’Ebène, plus aucune pitié pour ce qui est des faits et de la vérité. Le Berry n'était en définitive point la terre d’accueil de brigands, pas plus que les autres duchés ou comtés du Royaume, il regroupait surtout les plus vils et ceux-ci à la tête du gouvernement, les autres ne sont que des moutons… prêts à croire tout et n’importe quoi…

      Grâce à ça et à ce que tu as vu sur scène, tu sauras que tu es vu comme un pousseux d'crottes(3) et un croque-lardon(4), un corbineur(5) et comme un traître.

      Elle s’arrête, se tourne vers le Blond et croise les bras.

      Souhaites-tu voir tes projets menés à bien, ou souhaites-tu mourir ? Ceci est le choix qui s’offre à toi. Car aucune de tes menaces ne m’effraient, tu devrais le savoir !

      Elle le sait fier, elle le sait égocentrique, mais il la suivra. Elle en est sûre !


Dico berrichon :
(1)Abruti qui se la joue
(2)Merdeux
(3)Sodomite
(4)Pique assiette
(5)Voleur

_________________
Nathan
♪ Si le Faramine y était il t'enverrait du pâté... ♫

En fait, la vraie question n'était pas : mais ?! Comment Kathou supporte-t-elle Nathan ? ; mais plutôt : mais ?! Dites donc Jean-Charles... Comment ce pauvre Nathou supporte cette Kathou ?
Évidemment, personne ne put répondre à cette terrible question, quand bien même la réponse fut patente pour les deux protagonistes, enfin, davantage pour Nathan. Nathan était Nathan. Normal. Logique. Seulement, être Nathan c'est comme avoir, perpétuellement, des maux de tête. Avec Nathan tout est désultoire, on passe d'une urbanité quelconque à une insulte ficelée en faisant un détour par un marasme typique et audacieux. La couleur chez Nathan ? C'est partout, ici et parfois là.
Kathou eut l'espoir de tancer vertement Nathan. L'espoir fait vivre. Cependant elle réussit, avec brio, il ne l'écouta pas. Par contre, elle réussit à inspirer chez lui une peine douloureuse, comme si un poignard lui avait été enfoncé dans son cœur. Bien évidemment, il ne chiala pas sa mère, il s'emperla, tout juste. Il abjura Kathou, lui prodigua quelques insultes à la mode Nathou qui furent subséquentes à un départ précité, au pas vif et précis, tel un bon marcheur, par devant son hydre de Marraine. Alors, bien sûr, lorsque l'on marche en premier, nous sommes soumis à tous mes impedimentas de la nature, et des fois, des hommes. Ce qui donna un fat blond besogneux et irascible. Nathan ou la dépendance à l'humain. Comique pour le Sidjéno qui se prétendit de tout temps indépendant du reste du monde. C'est beau d'être infatué.

-Ta farce tu sais où je la met ? Dans ta gorge de vipère.

Ça ce n'était pas méchant.

-Ton coup il était à chier. Je voulais faire un baiser vassalique à Alleaume avec la langue, même. Après j'l'aurais envoyé loin de moi avec ce souvenir cruel. T'façons ce n'est pas mon amant. J'ai plein d'amis qui m'aiment mais je n'aime pas. Ce n'est pas nouveau! Et franchement mon sosie était affreux. Je me demande si ils ont pu y croire ces abrutis.

Ce fut dit, fallait que ça sorte après tout. C'était à la mode en Berry les sodomites. Oui oui. Il en était l'investigateur. On suivit Nathan comme un chien qui suivit son maître. Ce ne sont pas des blagues.
Nathan avait bien évidemment lu le rapport de Kathou. Il ne voulait pas y croire.


-T'façons ce sont des mensonges. Ça se trouve tu m'as drogué. Ça se trouve t'es comme les autres tu me manipules en m'envoyant dans cette forêt minable, où la vermine de Lignières pullule, ah mais qu'elle nous ennuie cette cousine au cœur d'artichaut. « Oh mais, nathan comprenez qu'ils étaient dans le besoin... Tout le pays voulait lui couper la gorge à ce violeur. Mais il avait des enfants. Vous comprenez donc mon action. » Mais j't'en foutrais moi, des actions. On va se faire violer, assassiner, dépecer, brûler, voler, ébouillanter et donner en pâture à des porcs. Oui, les porcs nous mangent, ces trucs là. C'pour ça. Il ne faut pas manger de porc.

On se calme... Tout va bien.

-Mais bon sang! Sur la vie d'ma mère que je vais t'en vouloir. Sur la vie d'ma mère que je ne vais pas y retourner. Sur la vie d'ma mère que je vais les étriper!

Entre temps, Kathou n'avait pas bougé. Normal, Nathan s'égosillait dans un ramassi de ronces qui déchirèrent ses derniers atours de bonne facture. Le jeune homme était alors devenu, un gueux. C'était pas beau à voir. Non du tout.

-Et puis qu'est-ce-que ça peut leur foutre de savoir que j'aime bien, aussi, les hommes, hein ? Ils devraient être content, je ne leur pique pas leurs femmes. Remarque, les trois-quarts des femmes du Berry sont des mochetés. Mais des vrais, avec leur graisse qui roule littéralement dans leur bras. Bien en chair, mais pas trop non plus. C'pas compliqué. Et puis, même, j'ai des amants et je suis content. Voilà. Pas besoin d'aller loin, je sais où on va. Limoges.

Il avait fini de se débattre. Il resta planté, là. Il fit des yeux de chien battu.

-Dis, Kateline, tu m'emmènes en Limousin ? Je sais que tu ne les aimes pas, mais tu peux m'aider, hein ? J'arrêterai de crier, en plus.
T'façons la forêt ne mérite pas d'avoir de la place dans mon esprit. Tout ça, ça n'existe pas.
Putain Kateline j'veux juste vivre!


Et oui. Toute une homélie pour arriver à un : je veux vivre.

-Puis t'façons, dans un mois, le Berry sera une ruine. Comme Louvières... Louvières... Kateline je veux récupérer mon hôtel! On retourne dès maintenant à Bourges. Y'a plus de richesses dedans que dans tout le Berry!

Et ça, c'était vrai.
_________________
Kateline
    ♫ Et comme il n’y est pas, profitons cassons-nous d’là ! ♪

      Si Kathou avait gagné un écu à chaque fois qu’une personne peinée par ses dires l’avait insulté, que ce soit Nathou ou autres, elle serait sans doute en possession d’une richesse équivalente à celle de Nathan. Et on sait à quel point il a les poches pleines.
      La Marraine en elle est capable de faire abstraction de tout genre d’attaques en provenance du Blondinet. L’entendre et le voir se vanter de vivre ce que les esprits attardés du Berry voient comme punissable de mort l’amusait beaucoup.

      Nathan est un spectacle à lui tout seul. Amusant à ses yeux, cependant elle s’attend que toute sa verve tragiquement dispensée ne retombe comme un soufflet.
      Il suffisait d’observer ses dires, identifiables et similaires aux phases d’acceptation de la mort…

      Première étape, le refus !


      -T'façons ce sont des mensonges. Ça se trouve tu m'as drogué. Ça se trouve…

      Deuxième étape, la colère !

      -Mais bon sang! Sur la vie d'ma mère que je vais t'en vouloir. Et puis qu'est-ce-que ça peut leur foutre de savoir que j'aime bien, aussi, les hommes, hein ?

      Troisième étape, la négociation !

      -Dis, Kateline, tu m'emmènes en Limousin ? Je sais que tu ne les aimes pas, mais tu peux m'aider, hein ? J'arrêterai de crier, en plus.

      Quatrième étape : la dépression !

      -T'façons la forêt ne mérite pas d'avoir de la place dans mon esprit. Tout ça, ça n'existe pas.

      Cinquième étape : l’acceptation !

      -Putain Kateline j'veux juste vivre!

      Et voilà, elle savait qu’il finirait par comprendre. Sa vie en Berry est morte. Et c’est ainsi.

      Ne t’inquiètes donc pas pour tes deniers, tes cousines et ta vassale sauront protéger tes biens et tes terres le temps que tu sois en sécurité.

      L’Ebène s’avance vers le Blond qui l’avait planté un peu plus loin. Elle défait le tissu de ses vêtements pris dans les ronces.

      Nous allons à Limoges, puisque c’est ce que tu veux, je t’amène là bas.
      Faire demi-tour c’est hors de question ! Alors maintenant tu bouges tes miches de là et on décarre. Et dans le calme, j’apprécierais… oui.

      Et la prochaine fois que tu me traites de vipère, prends garde à ce que je ne t’en fourre pas une moi-même dans le gosier. Tu commences à me courir…


      Il est vrai que d’avoir une Marraine comme Kathou n’est pas une sinécure, tout comme avoir Nathou comme filleul. Mais à défaut d’être reposants, les moments passés ensembles sont rarement synonymes d’ennui total… Et c’est déjà pas mal !

      Une fois le filleul libéré, elle lui montre la direction de Châteauroux.


      Un peu plus loin sur le chemin j’ai caché des chevaux et des vêtements de rechange pour toi. Tu pourras t’changer. Même en lambeaux tes habits crient
      *prend une voix nasillarde et moqueuse* "Je suis le Duc du Berry ! Assassinez-moi !!" *agrémenté d’une petite grimace de dégout sur la fin*

      Allez on y va…

      Et de recommencer à marcher, direction sa planque…

_________________
Nathan
♪ Promenons-nous encore et encore dans ces maudits bois, pendant que mon cerveau n'y est pas...♫

« Fais pas ci, fais pas ça
Viens ici, mets toi là
Attention prends pas froid
Ou sinon gare à toi
Mange ta soupe, allez, brosse toi les dents
Touche pas ça, fais dodo
Dis papa, dis maman
Fais pas ci fais pas ça
À dada prout prout cadet
À cheval sur mon bidet »*


Pauvre petit Nathou perdu dans la forêt. Pauvre petit Nathou qui n'a aucun droit mis à part celui d'obéir. Pauvre petit Nathou qui doit suivre comme un mouton. Pauvre petit Nathou qui est interdit de tout. Pauvre, besogneux et fatigué. Il dut accepter, sans rechigner, sans contester, sans médire, sans menacer, sans tancer vertement... Et cela le tarauda. Pauvre petit Nathan, il voulut savoir pourquoi sa marraine ne lui prodigua pas quelques affections qu'il appréciait tant. Pauvre, au bord de la mendicité, il cessa ses diverses tocades. Il ne put, en aucun cas choisir sa place. Il se devait de suivre afin de vivre. Quel affreux chantage. Vraiment, on ne lui épargnait rien. Lui, qui s'était fait comme devise -d'enfant gâté- « je fais ce que je veux, où je veux et quand je veux ». Se vit contraint d'ajouter « si Kateline le veut bien ». Il devint maussade. On ne rigolait plus, là.

Ils marchèrent, tout deux en direction de la planque de Kathou. Evidemment, dans ses rêves les plus fantasques, il imaginait une grande maison, aux allures de château, ou, même mieux encore, un genre d'hôtel particulier. Il y eut une méprise. Nathan n'avait pas écouté... Evidemment, il la stupeur fut de taille quand il vit le galetas. Et quand Nathou n'aimait pas, ça donnait souvent :


-Tu te fous de ma belle gueule ? Non ? C'est quoi ce truc ? Ça sent le moisi d'ici. C'est moche, c'est laid. Je te croyais doté d'un plus grand goût, enfin, d'un goût plus agréable. Car là, Kateline, c'est un tas de merde. Rien de plus et évidemment, rien de moins. Moi vivant je n'entrerai jamais dedans. Je suis sûr que tu m'as réservé des vêtements, affreux, vieux, sentant tous le renfermé. Si j'avais su, j'aurais fait de cette bicoque un palais. Si seulement j'avais su.

La mauvaise langue que voici. Les menaces de Kathou ne servirent à rien. Nathan ne souhaitait pas ouvrir les yeux sur sa déchéance. Il voulait revenir en arrière et les décapiter tous, tous! Alors, il se posta devant la masure, ne sachant quoi faire, un caprice qui pourrait se retourner contre lui. Par le passé il était entré dans des endroits bien pires. Il se décida, après de longues minutes de réflexion.

-Bon alors ? On rentre ? Ça peut être drôle. Tu sais que je suis friand du rire.

Et il entra. Repensant à tout ce qu'on avait pu lui dire au cours de sa vie. Une nostalgie maladive qui le frustra davantage. Il ne souhaitait pas se remémorer ce glorieux passé, où, malgré tout, il était une étoile montante. L'ascension su Sidjéno fut rapide tout comme sa descente. Au bord de la folie, il se rendit compte de ses erreurs et gagea, solennellement de se faire vengeance.

-La vengeance est toujours un plat qui se mange froid. Tu sais. Tu as de la terrine de porc ? Ou de lapin. J'suis pas compliqué.

Aujourd'hui on se moquait de lui par une voix moqueuse et nasillarde. Lui, alors, Duc de Berry, on voulut l'assassiner. On lui avait tout dit, la moquerie, un faix incommensurable.

« Moi aussi on m'a dit ça
Fais pas ci fais pas ça
Fais pas ci fais pas ça
Et j'en suis arrivé là
Et j'en suis arrivé là
Et j'en suis arrivé là »*



*Paroles de : " Fais pas ci, fais pas ça. " De Jacques Dutronc.
_________________
Kateline
      Et dire qu’elle n’avait jamais voulu d’enfants jusque là l’Ebène… et bien d’avoir un Nathou sous sa garde la confortait dans ses convictions les plus intimes. Et grâce à une armée Bourbonnaise elle n’aurait jamais à s’inquiéter que les choses changent un jour. A moins d’un miracle… ou d’une malédiction.

      Lorsqu’enfin ils se trouvent face à la planque de fortune choisie par ses soins, et que son filleul adoré en fait l’éloge ainsi que de ses gouts si médiocres tout à coup, la future ex-berrichonne ne peut s’empêcher de rire.
      Elle finit par entrer à sa suite, mais au mot vengeance le rire finit quant à lui par tourner au rictus sadique. Menacer plus dangereux que soi, pense-t-elle, la richesse et l’égocentrisme poussent au suicide on dirait…


      Cesse donc tes jérémiades d’enfant gâté, je n’avais aucunement le temps de te trouver un palais luxurieux môsieur le Prince de Bourges, sa grâce de Berry et gna gna gna…

      Gestuelle exagérée qui montre sa colère soudaine, ignorant totalement que sa moquerie destinée aux beubeus berricons l’avait touché lui, personnellement. Ahhh si douce cette Kateline… aussi douce qu’une arme de destruction massive…

      Tu n’es pas content ? Mais j’en ai rien à s’couer mon grand. *Main qui se lève et bras tendu en direction du nord-est* Bourges c’est par là bas. Je ne te retiens pas.

      Elle s’agenouille à côté d’un coffre dont elle extrait des vêtements de bonne qualité, tissés de la main même de Kate, mais tellement moins ostentatoires que les habitudes nathounesques.
      Elle dépose dans les bras du blondinet une paire de braies, une chemise ainsi qu’un manteau d’une couleur neutre et sombre, sans aucuns motifs.
      Elle ouvre ensuite un placard dont la porte, branlante sur ses gonds, semble prête à s’écrouler tout instant. L’Ebène s’empare alors d’une miche de pain fraîche et d’un saucisson dans une main, un couteau et un bocal de paté dans l’autre. Son butin déposé sur la table elle s’installe sur une chaise et commence à attaquer la miche de pain.
      Son regard se lève alors sur Nathan.


      J’te donnerais à manger uniquement si tu vas t’changer et que tu arrêtes de m’insulter.
      Espèce de sale gosse ingrat.
      Je suis en train de me demander si j’aurais pas mieux fait de te laisser à cette bande de consanguins dégénérés qu'ils fassent de toi ce qu'ils veulent…


      Et de croquer à pleine dent dans sa miche après avoir fourré un morceau de saucisson dans sa bouche.

      Tu pourrais m’remerchier de t’avoir chauvé la vie… ché pas moi… *masticage de bouffe*

      Non mais aucune reconnaissance ils ont ces jeunes, j'te jure...

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Nathan
Perplexe, Nathou regarda effaré les vêtements catoniens. Comment pouvait-il être tombé si bas ? Comment pouvait-il, tout simplement, porter de la frusque, de la pacotille ? Non pas qu’il faisait un dénigrement mal avisé du travail de Kathou, qui, soit disant passant était tout à fait remarquable. Réclame pour Kathou. Oui. Donc, le souci chez Nathan c’était que son esprit était bavoché. On avait du mal à saisir sa façon de penser et de réfléchir. Même s’il ne réfléchissait plus depuis quelques mois de cela. Pour Nathan, pour qu’un vêtement ne soit pas rangé du côté de la vétille, ce dernier, devait obligatoirement détenir une singularité époustouflante. Un bling bling superfétatoire. Un peu beauf, même. Mais pas trop. Ne soyons pas vulgaire.

Alors évidemment, quand les vêtements lui furent présentés, il manqua la pâmoison. Comme d’hab’. Son regard devint glacial : tu veux vraiment que j’porte ça ? Avec un air effronté et pourri gâté. La base. Puis son teint devint très pâle, diaphane : t’es vraiment pas sérieuse, là ? Avec un air affolé. Opiniâtre. Puis le rouge monta à ses joues : t’es sérieuse tu m’fais du chantage ? Radasse!
Evidemment, tout ceci il le pensa.


-Kateline de mes deux. Marraine mal aimée. J’en passe et des bien pires. Tu me fais un horrible… non… Un monstrueux chantage! Je crève la dalle et toi, toi, là, tu me dis, pas de vêtements pas de saucisson. Mais le saucisson j’t’en foutrais oui! Puis ton pain là! Il a l’air si… Bon. Raaah! Tu m’agaces.

Il salivait devant le saucisson. Le porc c’est vachement bon. Oui oui. Le porc c’est la vie. Evidemment, il n’y avait plus de respects, plus de pudeurs et plus rien. On retourna à l’état sauvage. Enfin l’état sauvage pour Nathan. Il sortit de la bicoque pour se vêtir. Nu en forêt inconnue. On aura tout vu. Vexé, humilié, entre autres, il rentra, vêtu comme un petit seigneur. Et là, il faisait la gueule.

-J’ai l’air d’un seigneur merdique. Bravo. T’es contente. En plus j’suis sûr que des brigands se sont rincés l’œil en me voyant à poil. T’imagine. La honte. La disgrâce. Tout ça.

Il prit place. Il la regarda. Bras droits au long de ses cuisses. Coincé. L’air pincé.

-Merci.

Oui. C’était dur.

-Tu me donnes à manger maintenant ? Même si ce n’est pas comme à Louvières. On va dire que c’est un déjeuner d’un pauvre. Jeu de rôle.

Evidemment, il n’avait pas conscience que la maigre pitance faisait nourrir un paysan pendant plusieurs jours. Nathan devait vraiment descendre de son petit nuage. Et ça commençait avec Kathou en mode tornade.
_________________
Kateline
    Définition de la patience* :

    Sens 1 : Aptitude à ne pas s'énerver des difficultés, à supporter les défaillances, les erreurs, etc.
    Sens 2 : Qualité de quelqu'un qui sait attendre avec calme.
    Sens 3 : Persévérance, constance à faire quelque chose, à poursuivre un dessein.


      La patience, une qualité -ô combien importante- qui est absolument nécessaire de posséder lorsque l’on a la charge de guider un être tel que Nathan Sidjéno d’Ambroise, Prince du Luxe et de la Vanité. De fait, nous en concluons que Kateline en est indéniablement pourvue. Un paradoxe en soi quand on sait que l’Ebène a une nette tendance à exiger d’autrui des réactions et des actions immédiates. Le Blondinet doit certainement tirer le privilège de cette patience dans ce lien qui les unie. Autrement dit, ils ne seraient pas là à en parler, si un jour les antipodes Nathou et Kathou n’avaient pas décidé de foutre en l’air la logique et de se rejoindre. Et ô joie, pour montrer au monde à quel point la terre maudite qu’ils viennent de quitter ressemble à un nid de vipères. Le Berry est mort ! Vive Kathou et Nathou !
      Le Duc déchut finit par sortir et s’apprêter, voyez qu’la patience ça paie !
      Les pupilles détaillent du résultat une fois les vêtements portés, un « hmm » satisfait s’échappe des lèvres pincées de Kate.


      Bon ben maintenant que tu es habillé, mange ! On va pas traîner ici cent-sept ans non plus. On a de la route à faire jusqu’à la frontière…

      Ayant terminé son casse-croute, elle pousse la pitance vers son cher arrogant. Toutes les piques empoisonnées, les mots d’amour et les pleurnicheries ont coulé sur elle tels l’eau sur de la glace. Froide comme un iceberg, elle s’empare de sa carte, l’étale sur le reste de la table et examine ses possibilités d’un œil averti.

      Nous allons emprunter ce petit chemin dans le sous bassement du bois, on va le rejoindre d’ici une lieue à peu près. De là…

      La Berrichonne se fait hésitante, ses yeux balayent encore la carte et s’arrêtent sur un point.

      Nous allons le suivre pendant deux ou trois heures si nous marchons à bonne allure…

      Un regard qui semble dire « t’as intérêt à m’filer le train parce que sinon j’vais t’tirer les oreilles et t’faire les gros yeux » se pose… euuuuuh... naaaaan ! C'est plutôt un regard qui dit « si t’as pas envie de t’en prendre une à travers la mouille, tu vas t'magner l'train ! » qui vient se poser sur le blond.

      Et nous irons à bonne allure. Nous retrouverons l’auberge où j’ai réservé des chevaux. On y passera la nuit. Ensuite il nous faudra très peu de temps pour rejoindre le limousin à dos de cheval.
      Je ne te demande pas si ça te convient… Je me doute d’avance à quel point mon plan va te plaire.


      Sans attendre elle commence à réunir ses affaires, les quelques victuailles restantes sont rangées dans sa besace. Elle a hâte d’en finir, et de rendre son filleul à sa famille. Sain, oui et non, mais au moins sauf.



*Source : Larousse
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