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[RP Fermé] Les adversités font les bons amis (II).

Axelle


La boue était froide, gluante, ensanglantée. Les cris des soldats s’enchevêtraient aux hennissements des chevaux apeurés. Mais ce n’était plus la lame de l’épée trop rapide d’un visage fondu dans l’ombre qui la transperçait, mais le pieu roide d’un homme puant, s’acharnant à la pilonner, encore et encore, son souffle lubrique, haletant de plaisir, dispersant son haleine fétide sur son visage impassible. Si dans cette ruelle parisienne, l’homme gisait, mort des mains d’Etienne, dans les méandres de son inconscience, Axelle vivait son calvaire à l’infini. Une voix pourtant se faisait douce, planant au dessus du chaos du champ de bataille dijonnais.

« C’est fini…fini. Il n’est plus… »


Elle ne comprenait pas. Rien n’était fini, et pire que tout, c’était Etienne qui n’était plus, gisant à quelques pas, dans la boue, terrassé lui aussi de n’avoir pas vu la lame à temps. Du moins dans son délire le croyait-elle quand c’étaient bel et bien ses bras qui la sauvaient du froid pavé parisien où son corps de chiffon avait fini par s’effondrer, épargné in extremis du foutre de son tourmenteur.

« Reste avec moi »


Et elle resta, encore et encore, pour ne pas abandonner le corps d’Etienne. Pour qu’il ne s’enfonce pas dans la boue. Elle resta, jusqu’à ce qu’une chaleur diffuse, douce et protectrice ne l’enlace. Alors elle quitta la boue pour se perdre dans le sommeil salvateur noir et vide.

[Appartement des Ligny]

Les lueurs matinales se faufilaient entre les volets de la chambre propre et délicate, esquissant doucement le contour des meubles et des chandelles mortes d’avoir trop brulées. Sur le lit un Griffé, une Esquintée blottie dans ses bras. Le tableau aurait pu sembler serein si ce n’était la violence qui les avait menés là, presque encore inconnus l’un pour l’autre la veille même, et ce malgré les baisers enfiévrés et l’envie qui avait suinté leur rencontre bien des semaines auparavant. La respiration régulière, Axelle semblait frêle comme jamais dans une chemise ample, ses boucles noires soigneusement ordonnées sur les draps blancs. Etienne veillait sur elle comme sur une enfant malade, les paupières closes sur ce regard vairon, preuve flagrante de sa dualité dont à cet instant il offrait l’une des faces avec une force aussi touchante que poignante.

Mais sous les paupières de la brune, les prunelles s’agitaient déjà, tournaient et virevoltaient dans leur cocon fin. Confusément, la gitane refusait de se réveiller pour échapper au souvenir. Elle refusait de sentir autre chose sur sa peau que la propreté des tissus, que la délectable chaleur à son flanc. Elle ne voulait respirer que ce doux parfum d’ordre, de calme et de chaleur, et surtout, la sienne, à lui, toute proche. Elle ne voulait qu’entendre le rythme de sa respiration à son oreille. Et pourtant…


« Arrête…De bouger…Putain ! »


La puanteur de la souillure fracassa ses narines et la gitane se cambra avec fureur, inspirant une large goulée d’air, comme un noyé refaisant surface, mais l’air de sa mémoire était corrompu.

Etienne ! Sa voix était brisée et ses yeux grands ouverts roulaient alarmés dans la pièce sans pourtant ne pouvoir s’accrocher au moindre objet tant pour elle la lueur trop faible restait d’un noir insondable. Etienne ! Son souffle s’affola, soulevant sa poitrine avec frénésie. C’est fini ! Il n’est plus ! Non ! Apportez des torches ! Je dois rester, il faut le retrouver. L’effroi trop fort vrilla son crane de douleur et prenant appui sur son coude se redressa alors que sa dextre vint effleurer sa tempe. J’ai mal…
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* Traduction du romani: Je te dis voici la route, voilà les épines ; toi, marche comme tu sais.
Etienne_de_ligny
Réveil en sursaut pour une nuit dont le noble n’a pas réellement savouré la douceur. Sur ses mains, les souvenirs de cette gorge qui s’étreint afin de finalement craquer dans un dernier souffle. Dans ses tempes, l’image de ce corps gracile recroquevillé et souillé dont la tempe et la chevelure sont maculés de pourpre. Allongée à ses côtés, cette dernière se réveille dans un soubresaut, criant son nom comme un dernier appel à l’aide. La main portée à sa tempe, la gorge enrouée, la Bohème laisse entendre sa douleur, forçant Etienne à sortir de ces sordides songes. Sa voix encore rauque se perd à l’adresse de l’Artiste alors que ses bras l’étreignent afin de la rapprocher de son corps.

Calme-toi, Axelle.. Je suis là, tout près…Tu es chez moi, en sureté. Tu as été lavée de tes maux et la crainte qu'il puisse nuire à nouveau et le médicastre m’a assuré que ton enfant ne souffrirait pas de cet affront. Néanmoins…Pour ta douleur aux tempes, il en ignore encore l’issu. Il te faut du repos…Alors, allonge-toi…

Sa bouche vient se poser sur sa joue alors qu’il laisse ses doigts effleurer sa chevelure. Il l’invite à se rallonger et guide aussitôt ses courbes contre les siennes, en prenant soin de ne pas la confronter à ses envies matinales. Son souffle vient confronter la douceur de ses épaules et pourtant, il sait que malgré sa présence, il ne saura la réconforter. Le mal est fait, en son sein, entre ses cuisses, dans ses entrailles et dans son esprit et sa présence, même si elle se veut sincère, protectrice, ne saura la sauver de ces affres.

L’impuissance est de loin, la sensation la plus écœurante qui puisse étreindre les sens et les tripes du noble qui n’a eu de cesse de n’avoir comme seul devoir, la protection de sa sœur et le respect de ses responsabilités. Que pourrait-il faire pour l’aider, sinon la confronter à sa présence et laisser le temps agir pour son salue. Il se contente alors de rester là, de l’étreindre afin que son cœur s’apaise enfin et que ce bruit qui n’a de cesse de raisonner dans ses tempes tel un tambour en folie, puisse s’adoucir.

Je serai là pour toi…mais aussi… pour lui Axelle. Sa main s’abandonne alors sur ce ventre qui tel un cocon renferme la vie du Comptable. Voilà le pourquoi de son geste et de son attention, rien de plus. Une cruelle révélation pour laquelle le noble est prêt à payer le prix de son engagement. Néanmoins, elle a été une amante et autre ses cuisses, il en a apprécié l’esprit et la vision. Désormais, en plus de sa sœur et du Comptable, son sort sera lié à celui de cette Artiste. Je me doute de l’identité du père, ainsi j’aimerai te permettre de rester ici lieu pour te reposer et attendre que ton état s’améliore. L’Empreinte se passera de toi quelques temps. Ma sœur sera là quand il me faudra regagner l’Aphrodite pour y travailler. Outre ton état, il me faut me préoccuper de ma propre sœur et de l’avenir de cette bâtisse, sans écus, je n’y arriverai point.

Il l'invite à se retourner, à s'allonger sur le dos alors que prenant appuie sur son avant bras, il la surplombe afin de mieux la contempler. La plaie à sa tempe n'est pas des plus réjouissantes mais elle est de loin, la seule plaie visible qu'il lui connaisse. Les maux sont autres, enfouis, bien plus difficile à guérir qu'avec un simple pot d'herbes hachées et macérées.
Désires-tu manger ou boire quelque chose ?

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Axelle
Paumée, sans repère, la mémoire enlisée d’images abjectes, son souffle se rompait sous ce gant puant plaqué à sa bouche affolée. Egarée, seule, jusqu’à ce que les bras refuge la guident contre ce corps que le sien appelait de toutes ses forces. La voix chaude coula doucement à son oreille comme un baume apaisant. Sa voix. Etienne n’était pas mort, il était là, tout contre elle. Il expliquait, efficace dans le choix de ses mots, franc, disposant devant elle les pièces nécessaires à reconstituer son esprit morcelé quand l’étreinte dont pas un seul instant elle ne chercha à s’extraire la consolait de ce risque planant à sa tempe. Plus tard, elle y penserait plus tard. Elle acquiesçait pourtant, gravant au creux de sa cervelle chaque information égrainée, bercée d’une attention neuve qui la dépassait et se laissait apprivoiser, toute méfiance émiettée. Le chemin serait long, pénible, solitaire, elle le devinait mais déchiffrait tout autant qu’elle aurait besoin d’être soutenue et que seul Etienne pourra être ce pilier auquel se cramponner pour ne pas couler. La gêne s’immisça aussi, un peu, de s’imposer, elle qui n’aspirait qu’à se faire plume légère dans la vie des autres. Pourtant, elle accepta et repoussa sans concession ce retranchement pudique qui depuis toujours guidait ses pas. Parce que cet être au fond de ses entrailles qu’elle avait pourtant souhaité anéantir, résonnait de vie avec acharnement. Qu’un tiers ait voulu lui arracher aura suffit à ce qu’elle apprenne combien déjà, malgré ses doutes, elle désirait cet enfant. Séisme fulgurant remettant en ordre le chaos de ces derniers jours.

Tu l’as tué… C’est toi qui l’as tué…
Elle aurait pu en rire, démente de savoir son bourreau gisant dans son jus abject, mais ses veines ne s’enflaient que de gratitude avec emphase. Il avait tué, pour elle… Il était là… pour elle. Comment pourrait-elle un jour lui rendre la moitié de ça ? Ses mains tâtonnèrent l’obscurité jusqu’à enfin trouver le fil de la mâchoire du Griffé, j’voudrais tant t’voir, mais fait trop noir. Pas un instant elle ne concevait que ce soient ses yeux qui puisse lui faire défaut, repoussant la faute de son aveuglement sur la nuit qu’elle croyait encore pleine. La pulpe de ses doigts, apeurée de le voir s’évanouir par trop de précipitation se perdirent à la pommette d’Etienne, recomposant son visage de caresses éthérées. La dextre à regret, délaissa le visage pour fondre sur la main reposant doucement à son ventre. Merci. Le mot soufflé était simple, dénué de toute fioriture mais débordait d’une sincérité inondant son regard. Davantage aurait été superflu. Indigne même. Ne lui dit rien, confusément, elle savait qu’il comprendrait qu’elle parlait d’Alphonse, s’il te plait. Rien. Ni à lui, ni à personne. Épargne-moi d’revivre ça dans l’apitoiement des regards qui s’poseront sur moi. S’il te plait Etienne. De quelques mots elle le liait à un secret dont elle ignorait encore le poids, même si elle devinait confusément les liens qui se tissaient entre les deux hommes. Mais les blessés, parfois, sont des égoïstes éclatants et elle excellait en ce domaine. Elle s’en mordrait les doigts, certainement, mais plus tard. Là, dans cette chambre baignée de lueurs matinales, seul le présent comptait, et avec lui, la rage d’apprivoiser ce coup du sort.

Ses doigts dérivèrent encore sur le visage du noble pour s’échouer, fébriles, à ses lèvres quand les siennes soupiraient en retrouvant leur douce moiteur, leurs dessin ourlé, leur gout refluant comme une vague irrésistible à sa mémoire. Désobéissante au conseil de s’allonger, elle se redressa légèrement, jusqu'à perdre son souffle au le lobe d’Etienne et, d’une voix secouée par sa respiration gorgée d’envie et de besoin J’n’ai pas faim, murmura t-elle, ni soif. Sa bouche s’égara sur la peau mâle, à sa tempe, à sa joue, cherchant avec avidité les lèvres convoitées comme un oisillon blessé réclamant sa becquée. J’ai juste besoin d’ta chaleur. Elle, si farouche à offrir sa confiance, la lui donnait retenue, démasquant sa fragilité sans plus de jeu ni de défit. Et les lèvres enviées enfin débusquées, elle y abandonna les siennes avec une ferveur fiévreuse, presque maladive.

Ne me laisse pas avoir peur des hommes. De leurs mains. De leurs corps. De leur désir.
Touche moi Etienne. Embrasse moi, caresse moi. Désire-moi…

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* Traduction du romani: Je te dis voici la route, voilà les épines ; toi, marche comme tu sais.
Etienne_de_ligny
    "S’il me faut te désirer pour te rassurer,
    S’il me faut m’enflammer pour te consoler,
    Je serai ton homme."

Le choc qu’elle avait reçu à la tempe semble lourd de conséquence, néanmoins loin de l’inquiéter, cette noirceur est balayée d’un revers de main, d’un revers de bouche. Elle dessine du bout de sa pulpe les contours de son visage afin d’en saisir les lippes. Envieuse, insouciante, inquiète, Axelle dévore sa bouche et enflamme les sens du Griffé. A ce baiser, il y répond avec envie, oubliant ses désirs premiers, ceux de la tempérance et de la raison. Il glisse sa main derrière son dos et l’invite à s’allonger à même la couche, son corps la surplombant. Le maître mot, la Douceur.

Son souffle se perd contre sa nuque, contre son oreille alors qu’il vient mordiller délicatement son lobe et parsemer contre sa peau quelques baisers et mordillements ardents. Les maux s’effaceront ainsi, au rythme du désir et sous ses propres aspirations et caresses. Les mains épaisses qui autrefois s’étaient appropriées de force les cuisses de l’Artiste sont remplacées par celles du Griffé qui glissent sous sa robe pour effleurer du bout des doigts sa peau ambrée. Sa bouche regagne la sienne et le baiser se fait plus mesuré, plus posé. Sa langue rencontre la sienne dans une danse plus sensuelle et subtile que dévoratrice et insouciante.

Laisse-moi te désirer, toute entière…


L’envie matinale malgré lui se réveille et c’est pressé contre les courbes de l’Artiste, que le Griffé lui prouve cette attirance et ce désir qui la lie à lui. Sa main libre repousse doucement les jupons alors que son corps descend entre ses cuisses graciles. Là où le vit s’était introduit de force, ce sont les lèvres du noble qui se posent afin d’en soulager les douleurs et les réticences. Les cuisses sont doucement écartées alors que son regard vairon se perd dans le sien afin de la rassurer.
Il ne quittera pas son corps, son contact et ne cherchera nullement à s’introduire en elle…Du moins, pas encore. Une main contre sa taille, l’autre sur le bas de son ventre, Etienne déguste le nectar et l’intimité de la belle. Sa langue se fait troublante et intrusive et c’est avec perversité qu’il glisse la pulpe de son pouce contre son bouton de plaisir. Il l’agace, le frôle, le tourmente de son pouce alors que sa langue par intermittence, vient le soulager par quelques caresses. Sous les assauts, les reins se creusent et le Griffé se fait alors plus envieux. N’hésite pas à me dire, si je te fais mal Axelle…

Dévolu à sa cause et appliqué dans sa tâche, l’expérience du noble épouse celle du courtisan. Une main est plaquée contre le plat de son ventre pour permettre à son pouce de torturer son bouton alors que l’autre vient se glisser entre ses cuisses. Un doigt s’immisce en elle, remplaçant et complétant ses propres coups de langues. Son regard parfois quitte cette vue alléchante pour observer les réactions de l’Artiste et ces possibles réticences. Etienne se fait amant et c’est avec surprise qu’il réalise le poids de son attention et de sa délicatesse…Loin de la prendre, de la saisir à bras le corps avec insouciance et bestialité, il se fait doux, soucieux et délicat. Loin de la baiser, il lui octroie le meilleur de son être et de ses attentions.
    "Laisse-toi aller,
    Je ne suis pas ce salaud qui a su te prendre tes cuisses et tes reins,
    Je suis un tout autre bourreau…"


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Axelle
"On m’a fait la haine, mais ton souffle est un gouffre d’oubli."

Sous la douceur étourdissante du Griffé, le corps de la Gitane s’étendait sur le blanc immaculé des draps, offrant la ligne de son cou à ses soins attentifs. Bercée tant du baiser que des paroles murmurées que des poignes combattantes se faisant voiles légers à l’ambre de sa peau, elle se laissait apprivoiser. Entre ses mains assassines et salvatrices, elle se sentait précieuse, brisure de cristal que le moindre choc abîmerait définitivement.


Et elle le sentit. Là. Contre elle. Roide. Un instant elle s’affola pour aussitôt se rassurer à la langueur de chacun des gestes d’Etienne. De lui, elle n’avait rien à craindre, si ce n’était qu’il ne l’envoute trop. Mais quelle importance quand son corps glissait contre le sien, suturant déjà les plaies les plus vives. De toutes les caresses, de toutes les cajoleries, il choisit la plus éloquente, terrassant la souillure en y apposant la volupté de ses lèvres chaudes. Châtiment salutaire que la cuisse gitane, d’un léger retrait, accepta sans condition. Si une erreur avait été commise, ce n’était pas d’avoir craint la privation de plaisir, mais de s’être perdue à son souffle à lui. Lui, si attentif à chacune de ses respirations et intransigeant sur l’extase habile qu’il tissait de sa langue et de ses doigts. Renaissant de l’outrage, le plaisir s’insinua, velouté et irrésistible, laissait fleurir un sourire délicat à la bouche carmine. Comment pouvait-il croire lui faire mal quand la chambre se tapissait de soupirs suaves et feutrés tout juste troublés par le froissement des draps sous les ondulations souples de ses reins ? Pour toute réponse, les yeux aveugles se fermèrent et la dextre tatouée s’enfouit dans la chevelure brune pour y déverser le miel de caresses dictées par l’extase naissant en vague désordonnées aux creux de son ventre. Ses soupirs se déversèrent avec plus d’emphase encore, ployant son corps jusqu’à la cambrure. Mais trop habile à lui faire perdre la raison quand elle était envieuse elle aussi d’entendre son souffle chahuté, là, au seuil de l’extase, le besoin de retarder l’échéance se fit poignant, presque douloureux. S’il avait fait renaitre le plaisir de ce corps qui avait frôlé la glace, il avait aussi fait éclore le désir et l’envie avec virtuosité.

Alors, ingrate peut-être quand il la choyait avec tant d’attention et de délicatesse, sa main à tâtons se glissa sous le menton du Griffé, l’invitant d’un geste délié à remonter vers ses prunelles luisantes de délices. Guidée par le seul souffle d’Etienne sur son visage, sa langue voleuse vint cueillir son propre gout aux lèvres même du Vairon dans l’impudeur accordée aux amants qui se découvrent, pour, sournoise, mieux l’entrainer à rouler lascivement sur le dos. Et ce fut elle qui le surplomba, privée pourtant de le contempler.


Désire moi toute entière…


Assise sur lui, ses cuisses entravant les hanches de cet homme tour à tour sauveur et tourmenteur mais déjà addictif, elle caressait sa raideur sous chacune des ondulations vibrantes de ses hanches, plaisir à vif ravivant les soupirs à ses lèvres quand sa main nonchalante dénouait le cordon de sa robe. Le tissu coula sur ses épaules jusqu’à la laisser à demi nue, tout juste couverte de quelques boucles félonnes, inconsciente d’exposer au regard troublant le recto de la cicatrice de son dos sous son sein droit, arrogant d’enfièvrement.

… que j'te le rende maux pour maux.

Et d’un souffle étouffé, elle se pencha sur lui, dénouant patiemment sa chemise pour laisser glisser à sa peau la pulpe de ses lèvres quand la pointe de ses seins s’affolaient de le frôler. Sa bouche curieuse s’accrocha à un téton pour le mordiller traîtreusement avant de se perdre au creux du ventre griffé, chaud et doux, y égrainant morsures langoureuses et baisers piquants. Là, victorieuse du nœud des braies, son index esquissa la ligne sombre et duveteuse courant de son nombril à ce membre tendu, à la peau si fine, si douce que la vérité d’un viol paraissait inimaginable à cet instant. Et libérée de la menace de chaines qu’Etienne avait brisée, elle le caressa, du bout des doigts, d’une paume légère avant d’y échouer sa bouche. Le parfum salé l’étourdit doucement étirant le temps en embrassant le dôme rosé qui s’offrait à sa langue impudique et envieuse de le parcourir.


Sale gueux puant, tu as perdu. Toi, échoué au creux de tes enfers regarde comme je le désire... Lui.

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* Traduction du romani: Je te dis voici la route, voilà les épines ; toi, marche comme tu sais.
Etienne_de_ligny
Accroché à ses cuisses, ses doigts en elle, Etienne savoure chaque goûtes de ce nectar, chaque ondulation de bassin, chaque contraction qui la rapproche de la jouissance. Le plaisir soigne bien des maux, une évidence à laquelle le noble s’était attachée. Néanmoins, alors que ses lèvres revêtent encore le sucré de ses cuisses, l’Artiste l’invite à revenir à elle et à abandonner cette source qui s’apprêtait à connaitre la félicité. Longeant le plat de son ventre, embrassant cette cicatrice disgracieuse sous son sein, il finit par porter sa bouche contre la sienne. Le baiser se fait langoureux, envieux et cet appétit qui se faisait réticent, s’anime désormais sous sa forme la plus bestiale.

Axelle s’anime légèrement, renversant les corps afin de le surplomber. Désormais prisonnier de ces cuisses encore trempées, le sourire d’Etienne se fait perfide et envieux. Ses reins ondulent, effleurant, provocant naturellement sa raideur et sa gorge masculine se déploie pour abandonner à travers un soupir, le poids de son envie et de son plaisir. Le Griffé savoure chaque initiative, jusqu’à ce que sa virilité disparaisse entre ses lippes, enveloppé et étreint par une chaleur féminine. Aussitôt ses propres reins se creusent, involontairement. Un soupir s’échappe à nouveau alors que son vit, forcé par ce bassin creusé, savoure cette chaleur dont il aimerait être entièrement recouvert.

Sa main droite vient se perdre dans la chevelure sauvage de l’Artiste afin de guider, sans pression et hâte, les vas et vient de ses lippes. Envieux, fiévreux, le bas ventre en ébullition, Etienne peine à conserver son sang-froid et sa douceur. Habitué à la rencontre passionnelle plus que délicate, il en oublie sa mission première, celle-là pour laquelle cette bouche et ces cuisses lui étaient offertes et dévolues. Son esprit aussitôt se musèle et cette main qui aspirait à contrôler se fait plus souple jusqu’à finalement disparaitre au profit d’une caresse déposée le long de son épaule. Son autre dextre quant à elle vient empoigner sa main afin que le supplice cesse.
Je te désire Axelle…Mais à trop jouer ainsi, je risque de ne plus faire preuve de douceur…

Doucement, il la ramène à lui, enserrant ses hanches avec fermeté et douceur pour la placer à nouveau tout contre lui, à califourchon. De ses doigts, il effleure sa peau et se délecte du soyeux de sa peau ambrée. Il épouse le galbe de ses monts, embrasse chacun de ses tétons avec précaution pour finalement les abandonner. Envieux d’étouffer ce feu qui n’a de cesse de gronder en lui, le Griffé relève délicatement les cuisses d’Axelle avant de se placer et de présenter à cette antre autrefois meurtrie, l’objet qui fût son tourment. Regarde-moi…

Une main maintient son vit pour mieux effleurer de son extrémité son intimité alors que l’autre se porte contre sa joue gracile afin qu’elle l’observe. Sa bouche vient happer la sienne, son souffle se perd contre ses lippes et avec précaution, dans une envie simultanée, il vient s’immiscer en elle. Chaleur, moiteur, étroitesse, douceur, les sens du Griffé s’abandonnent, s’exaltent au rythme de sa profanation. Lentement, parsemant sa progression entre ses cuisses, de caresses, de baisers et de mordillement à l’adresse de ses lippes, de ses monts et de son cou, Etienne accompagne son bassin jusqu’à la posséder, entièrement. Sa main vient naturellement s’emparer de la gorge d’Axelle avant de se reprendre. Loin d’être Lui, il attendrit chaque geste et coup de reins afin de ne pas raviver à l’esprit de la Bohème des souvenirs trop présents. Agressée la veille, il était déjà en elle, logé et planté entre ses cuisses jusqu’à la garde, modelant son bassin pour mieux en savourer les délices et les plaisirs. Trop tôt et pourtant, le Griffé ne s’en plaint pas, raisonnant son envie primaire et masculine par le mea-culpa d’une bonne attention.

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Axelle
Gourmande, envieuse des soupirs griffés éclatant à ses oreilles que ses lèvres lui arrachaient, elle se délectait, sans chercher à comprendre si l’envie de lui était judicieuse, sans réfléchir à rien, uniquement suspendue à son plaisir à lui et à son désir à elle. Mais la main qui la guidait s’échappa pour la priver de son délice. Tant mieux. La légère aiguille de frustration qu’Etienne lui planta au poignet de la paume de sa main ne fit qu’enfler encore la concupiscence soyeuse alors que la sentence tombait.

« Je te désire Axelle…Mais à trop jouer ainsi, je risque de ne plus faire preuve de douceur… »


Elle sourit doucement pourtant, sous chaque caresse, sous chaque baiser la laissant frissonnante, quand aveugle, chaque courbe de son corps qu’il choisissait de choyer était une surprise toujours plus délectable que la précédente. Il prenait son temps pour mieux déchainer son impatience qu’elle bridait pourtant, profiteuse sournoise de chaque instant, de chaque attention. Savait-il à cet instant qu’il lui épargnait la frigidité en l’arrachant d’une escale où elle aurait eu tout le temps de réfléchir jusqu’à haïr les hommes et leur virilité ravageuse ? Paradoxe de la peur que de vaincre sans délais le mal par le mal quand il ne lui faisait que du bien.

Tout n’était que soupirs, chuchotements, draps qui se froissent, pourtant le sang gitan s’agitait avec fureur, engourdissant ses sens pour mieux les aiguiser. Son souffle à son oreille, ses mains sur elle, le parfum de leurs peaux entremêlées, l’étourdissaient d’un émoi profond. Rien ne devait briser cet instant cristallin, suspendu à un temps qui n’appartenait qu’au présent et que confusément la Gitane devinait rare. Rare sans pourtant imaginer combien le Griffé muselait ses instincts dans le seul but de ne pas l’effrayer, de ne pas la meurtrir encore. Il lui faisait l’amour. Traitement de faveur dont elle ignorait encore la valeur. Que se soit ce corps brulant contre elle, ces mots murmurés l’apaisant, cette sensation souveraine d’être en sécurité, sans plus chercher à débusquer ce que cachait l’autre œil du Vairon, elle sut que loin ou tout contre lui, la présence d’Etienne venait de s’inscrire, indélébile, dans sa vie.

« Regarde-moi… »

Si tous ses sens et son esprit n’avaient été accaparés par ce dôme délicat qui s’offrait à elle, prémices d’un plaisir partagé, par cette main douce qui cajolait sa joue d’une tendresse envoutante, certainement aurait-elle compris à cet instant que la noirceur qui s’accrochait à ses prunelles n’était en rien le fruit d’une nuit qu’elle pensait encore pleine.

J’aimerais tant…

Mais elle n’avait le temps ni l’envie de rien d’autre que de le sentir venir en elle, que de s’abandonner à l’ivresse de ses baisers, de ses caresses qui l’étourdissaient bien plus suavement que le plus délectable des spiritueux. Sa poitrine se soulevait par saccade sous les soupirs qui se précipitaient à sa bouche. Ses propres caresses, ses propres baisers se firent confus et désordonnés à la peau noble, ses dents se plantaient au cou, aux épaules balafrées avec bien plus d’irraison qu’elle ne l’aurait voulu. Elle glissait sur lui, laissant la peau de leurs ventres se caresser à la cadence de leurs reins envieux, l’emprisonnant tout entier pour mieux le libérer et revenir le chercher, encore et encore, toujours plus souple et serpentine. Elle voulait l’embrasser, mais ses lèvres entrouvertes et essoufflées ne parvenaient qu’à frôler les siennes, mêlant leurs souffles brulants quand le sien se gonflait de gémissements étouffés de pudeur. Son ventre se contractait sans qu’elle ne puisse plus rien contrôler, sa bouche tremblait d’un plaisir irréversible et tyrannique et elle ouvrit les yeux. Et le coup de grâce fut donné.

Un sourire conquis et radieux inonda qu’à ses yeux qui se gorgeaient de chaque trait du visage d’Etienne. Mais l’extase fut victorieux et l’arracha à sa contemplation, déployant son cou, renversant sa tête, cambrant ses reins d’une expiration vibrante de la profondeur de son abandon.

Je ne t’ai pas regardé Etienne, je t’ai vu…

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* Traduction du romani: Je te dis voici la route, voilà les épines ; toi, marche comme tu sais.
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