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[RP] Nuit de Juin, Reception

--_le_portier




La nuit tombait doucement sur les toits parisiens, enveloppant la ville d’une obscurité encore translucide, gagnant de l’ombre dans l’atténuation du brouhaha qui, lentement, inexorablement deviendrait sourdine. Paris ne dormait jamais il était vrai, mais il était une heure où les bonnes gens s’engourdissaient, laissant les rues de la capitale à ses arpenteurs nocturnes : travailleurs noctambules, jeunesse dorée en quête de fragrances neuves, ivrognes amoureux, joueurs invétérées, amateurs des fumoirs, malfrats rasant les murs… Fabian aimait ce moment où la ville changeait de visage, la trouvant alors accordée au parfum unique de l’Aphrodite et de ses deux maisons, de ses deux clientèles.
Perché sur les quelques marches menant à la porte de l’élégante bâtisse, le portier, savamment apprêté par les multiples courtisanes de la maison, contempla la petite cour pavée par laquelle arriveraient les clients, un instant maitre des lieux, avant d’allumer la petite lanterne finement ouvragée qui projetait de délicats éclats lumières au travers de ses dessins.

Le portier referma la porte derrière lui dans un sourire pour se tenir derrière le panneau attendant, attendant que l’on fasse toquer l’imposant butoir en forme de tête de Lion pour réclamer ses services.






Merci d'attendre que le portier vous ouvre pour rentrer dans la Maison Haute

Attention, à compter du mois de mai et pour quelques semaines, l’Aphrodite n’a plus de PNJ de barman. Les JD clients doivent donc prendre en charge toutes leurs interactions avec ce personnage lorsqu’ils sont au bar.
Merci

Riesling
    « Le début ne laisse pas présager la fin. »
    - Hérodote

Mais c’est le début de la fin lorsque tu te mets à chercher la lanterne rouge.

La lumière flamboyante éclaboussait le sol dallé avec insolence, hésitante, ondulante. A se tenir en dessous, on devait se sentir instantanément, intensément réchauffé. Plus par association d’idée que véritable réaction. Un rictus moqueur étira les lèvres carmins de la jeune Veuve. Elle n’avait pas cherché l’entrée secrète. Elle soupçonnait son existence, sans plus. Elle vit un homme s’engouffrer après un temps d’hésitation dans la bâtisse aux larges fenêtres. Elle-même se tint encore un moment dehors, raide comme la Justice, le museau vers le Ciel, à mesurer l’avancée de la nuit. Elle ruisselait partout, et si les rues n’étaient pas encore totalement inondées, ça ne saurait plus tarder. Les opales glacées redescendirent, avisèrent la porte cochère. Et puis après quoi ? Quand on cherche la lanterne rouge, c’est qu’on a plus rien à perdre. Mais qu’on a encore envie de gagner.

De ces instants qu’on vit comme hors de son corps, comme déjà dans un souvenir, des mots qui franchissent les lèvres à la fois réfléchis jusque dans la plus infime syllabe et crachés à la hâte comme on expulse un hôte étranger. Riesling se sentit soudainement hors d’elle-même, à assister en spectatrice silencieuse au drame de sa propre déchéance. Elle avait une besace à l’épaule, qui renfermait les dernières de ses affaires. Sa mise était sobre, d’un bordeaux uni et sombre, cintré à la taille, échancré à la poitrine. Sans fioritures. Simple. Trop sans doute au regard de la puissance évocatrice de l’endroit. Elle portait une capuche pour dissimuler son visage qu’elle laissa glisser sur ses épaules tandis qu’elle franchissait la cour, gravissait nonchalamment les marches, approchait la porte de l’entrée. Les odeurs lui parvinrent, les sons, les images ; et le sucre, le foutre, le vin, la chaleur et le rouge. Et encore, ce n'était que l'entrée. Elle sourit à nouveau, de coin, pour elle-même, comme si la plaisanterie était fine. Les doigts fins s’enroulèrent fermement autour du butoir, frappant trois coups secs tandis que le museau d’albâtre se redressait jusque-là où ne manquerait certainement pas d’apparaître le visage du portier. Riesling aimait avoir un coup d’avance. Au moins.
    « Salut. »

La voix était aussi dure que la vie des habitudes, et le regard n’arrangeait rien. Il fallut à la Rousse faire un monstrueux effort d’introspection pour forcer le sourire jusqu’à sa bouche et incliner la tête affablement. « J’ai cru comprendre que vous recrutiez. »

Elle aimait bien énoncer les évidences, le petit bout de femme. Ca rendait le monde plus clair, plus simple à comprendre. Quand bien même tout le monde le savait. Dire les choses les rendait tangibles, réelles, déclenchait l’irrépressible processus, l’implacable mécanisme et autres engrenages grotesques. Lancer la machine, en d’autres termes. Maintenant c’était dit. Elle approcha d’un pas, lentement, comme on évalue la situation en terrain hostile en attendant qu’il ne lui ouvrît. Elle gronda à nouveau, avec une confiance aigüe et une démarche assurée, tout le corps vibrant de la comédie qu’elle s’imposait avec soin pour montrer qu’elle savait tenir sa place. « A qui je dois parler ? »

Spontanément, elle aurait bien demandé avec qui il fallait coucher pour obtenir un poste dans le bled. Mais il n'était pas dit que la plaisanterie eût été appréciée. Avant de se jeter dans le lac, toujours y plonger un orteil. Juste au cas où.
_________________
Daeneryss
~ Dans leur quartier, non loin ~

- Ne fais pas l'enfant et ferme les yeux désormais. Je t'avais dit que nous étions à Paris pour une surprise, alors joue le jeu jusqu'au bout veux-tu ? Et cesse ce regard interrogateur, tu n'en sauras guère plus.

C'est ainsi qu'il faut parler aux hommes. Enfin... que je parle au mien, ce soir. Les autres soirs, nous nous donnons le ton, d'abord l'un et puis l'autre, aimant jouer au plus offrant dans la domination de nos paroles. C'est ainsi que nous fonctionnons, même si pour plus de la moitié du temps, c'est Gabriele - par sa supériorité corporelle et sa nature d'homme - qui finissait toujours par gagner au jeu du " plus fort ". Je ne suis pourtant pas mauvaise perdante, car chaque jour j'aime me reperdre dans les vices de ce jeu, où les dés peuvent être jetés. Et qui sait, un jour, la donne changera pour offrir ce coup de bluff suffisamment fort à me donner victorieuse.
Mais ce soir, oui... Ce soir, il me devait la baisse des armes. Ce soir, il serait - tout du moins pour le départ - le Corleone docile et obéissant que j'avais envie qu'il soit. C'est donc sur la pointe des pieds que je me hisse, placée dans le dos masculin, pour mieux glisser sur les émeraudes italiennes ce ruban de tissu noir, doublé spécialement pour l'occasion. D'une attention toute particulière, en contournant mon aveugle, je vérifie qu'il fusse bien privé de sa faculté visuelle. Une légère gifle vient alors épouser sa joue à la barbe naissante, sachant pertinemment que je paierais ce geste, tôt ou tard.


- N'y vois rien de personnel, je vérifiais simplement que tu ne trichais pas. Allons ! Je ne voudrais pas que tu loupes ce présent. Et j'espère que tu l'apprécieras, autant que nécessaire.

Un baiser volé, avant d'embarquer mon cavalier amoindri d'un de ses sens les plus précieux, et de le guider au travers des rues et ruelles de notre Capitale, vers une soirée riche en sensations.

~ Aphrodite en vue ~

Nos pas s'étaient enchainés avec aisance et j'admirais la confiance dont il avait fait preuve à mon égard pour le guider au travers de la ville la plus fréquentée du Royaume. Oh, pour sûr, nous en avions croisé de toute sorte, mais mon sourire certain avait dû en dissuader plus d'un. A moins qu'il ne s'agisse d'autre chose. Peu importe ces billevesées, seule la suite de cette soirée m'est importante.
Nous arrêtant devant la porte à la tête de lion, comme l'on m'avait indiqué, je ne manque pas de souffler à l'oreille de mon Italien : " D'ici peu, tu seras libéré... Encore un peu de patience. "
Mon bras passé au sien, ma main libre de tout mouvement se saisit alors du butoir pour donner le coup nécessaire à annoncer notre venue.
La soirée serait bonne, elle serait surprenante. Car j'en avais décidé ainsi et je comptais bien à ce que mon fiancé se souvienne de ce cadeau de mariage hors du commun.

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Gabriele.
    - Dans leur quartier -

« - Eterna, c'est vraiment nécessaire ? Je veux dire, je suis assez grand pour ne pas chercher à voir... »

Cette femme – Ma future femme – a trop de caractère. Comment voulez-vous lutter lorsque d'un regard, elle vous fait devenir fou d'amour. Je ne peux rien lui refuser, même les choses les plus farfelues. Vouloir me bander les yeux dans les rues de Paris faisait partie des actes un peu loufoques que je n'aurais jamais accepté de faire avec quelqu'un d'autre. Oui mais voilà, la Nordique a un pouvoir inimaginable sur moi. Elle claque des doigts, et me voilà à genoux, moi le fier Corleone, pour exaucer le moindre de ses désirs. Cette femme m'a apprivoisé, moi qui prenait pour mieux profiter des autres, elle m'a accueilli dans le creux de son cœur, elle a fait de moi un autre homme, plus fort et encore plus sûr de moi que je ne l'étais déjà, et c'était là une tâche pourtant ardue. Elle a su révéler la puissance du sang italien qui coule dans mes veines, elle l'a magnifié même.
Cette femme est Tout.

Lorsqu'elle m'a parlé d'un séjour juste tous les deux à Paris, pour une histoire de cadeau, j'ai bien entendu voulu en savoir plus. Je suis curieux, c'est un sale défaut, autant qu'une riche qualité, selon le point de vue. Je préférais le voir comme une qualité. Vous vous doutez bien que, dans tous les cas, je n'aimais pas vraiment m'avouer des défauts, puisque j'affirmais à qui voulait bien l'entendre être la perfection à l'état pur. Il y avait bien un semblant de vérité là-dedans : Physiquement, il était difficile de faire mieux que ce que je proposais. Grand, musclé mais sans excès, les traits froids mais harmonieux, des yeux d'un vert émeraude dans lesquels n'importe quelle femme souhaiterait se plonger, le tout encadré de cheveux sombres, longs, ramenés bien souvent dans un catogan.
Beau.
Comme un Dieu, diraient certaines femmes impies, celles que j'avais détourné du droit chemin, sans aucun doute.


« - Tu ne veux toujours pas me dire où nous allons ? Je me tiendrai tranquille, promeso. »

Cesse donc de parler, Gabriele Corleone, pourrais-je presque entendre la Rousse me répondre. Si elle ne voulait pas que je parle, elle n'avait qu'à me bâillonner ! Au lieu de ça, c'est de la vue dont elle a choisi de me priver. La vue à laquelle je me fiais plus qu'à aucun autre sens, n'ayant jamais expérimenté une vie sans celui-là.

Pourtant, je la suis avec confiance. Je sais qu'elle m'empêchera de trébucher et de tomber, comme elle l'a toujours fais. On ne se marie pas sans confiance, et la mienne en elle est totale. Priver de mes yeux, je cherche à m'ouvrir à d'autres sens pour comprendre de quoi il est question. L'air tiède sur ma peau ne me donne guère d'informations, ce n'est pas un air marin, en même temps ce serait dur dans la capitale. L'odeur...Et bien, l'odeur est la même que partout dans cette ville. Paris ne sent pas bon, c'est un fait. Rien à voir avec le raffinement des villes italiennes dont je viens.


    - Devant l'Aphrodite, avec la Nordique -

Ma curiosité s'attise encore, alors que l'ouïe se joint à la danse. Elle frappe à une porte, je l'entends. Je cherche à poser une main sur elle, mes sourcils se fronçant légèrement sous le bandeau. J'avais de quoi avoir peur, je n'imaginais pas les projets saugrenus qu'avaient pu forger ma promise : Au contact du Clan, tout était possible, même le pire, ou le plus déstabilisant.

« - Où sommes-nous ? »
_________________
--_le_portier



[A la porte avec Riesling]


Les coups de butoir ramenèrent l’attention de Fabian à la porte qu’il ouvrit, un sourire avenant juché à ses lèvres charnues tandis que le regard tombait sur jeune femme dont la capuche baissée révélait les flamboyances de la rousseur, une tentative de sourire aimable aux lèvres quand on y discernait encore la crispation du manque d’habitude

« Salut. »

Il était facile de deviner que celle-ci ne venait pas pour s’encanailler en dilapidant ses économies.

« J’ai cru comprendre que vous recrutiez. »

Le mouvement qu’elle amorça vers lui laissa paraitre le délié de la démarche, une courbe avantageuse esquissée sous l’étoffe mouvante de la cape mais le regard du portier n’eut pas le temps de s’attarder. La voix de la donzelle réclamait qu’on la regarde droit dans les yeux.

« A qui je dois parler ? »
Les entretiens se font habituellement dans les locaux réservés au personnel, rétorqua le jeune homme en signalant d’un mouvement de la main la petite allée discrète qui serpentait le long du flanc droit de l’Aphrodite pour mener à la cour sombre de la maison basse et sa lanterne blanche, … mais je crois que le patron et le comptable sont au comptoir, alors, quitte à, passez donc par le salon , fit il en haussant les épaules dans un sourire en lui laissant la place de rentrer.

Putain de nos jours n’était pas un métier facile, et choisir vendre sa chair et plus terriblement parfois son âme, méritait que l’on ne brise pas l’élan qui menait à cette ultime issue. Qu’importaient les motifs, les griefs, les brisures, rien qu’un fond d’humanité en soi permettait un tant soit peu de respect.


Le patron s’appelle Etienne de Ligny,
reprit-il en fermant derrière eux , … le comptable Alphonse Tabouret. S'ils sont là, le premier aura surement un verre d’absinthe à la main, et le second, le regard perdu dans un décolleté à défaut de l’égarer sur les reins du taulier, plaisanta—il à moitié en tendant la main pour prendre sa cape. En tous les cas, bienvenue à l’Aphrodite mademoiselle

D’un bras il lui indiqua le salon, s’excusant d’un sourire de la laisser seule pour la suite quand résonnait le butoir derrière lui.



[A la porte avec Daeneryss et Gabriele.]


Ouvrant à nouveau, le jeune homme afficha un sourire de convenance, ni surpris, ni interrogatif en voyant le couple devant lui. Les yeux bandés de l’un, le sourire amusé de l’autre laissait présager les envies d’un couple et de la surprise.
Rien de plus facile à jouer quand on avait vu défiler tant de choses étranges qu’on ne les comptait plus


Bonsoir et Bienvenue, dit-il sobrement sans citer le nom du bordel, veillant à s’écarter suffisamment pour que l’aveugle momentané soit guidé par la belle jusque dans l’entrée.
Refermant derrière eux la porte, cloisonnant le monde du bordel dans leur dos, laissant les effluves des encens, les bruits des conversations et des rires bigarrer l’espace, il se contenta de demander, dans le sous-entendu tacite des règles de paix au sein des lupanars dont la réputation était faite :


Puis je vous débarrasser avant que vous en rejoigniez le salon ?

Capes, mantels et armes, tout restait aux vestiaires avant que l’on ne rejoigne le cours du monde.


Alphonse_tabouret

Attablé au comptoir, le chat savourait le nouvel état des lieux en constatant dans un sourire effilé, la clarté du paysage dès lors que son parasite n’en tenait plus les rênes, promu selon son bon vouloir à un autre rôle que celui de barman. Certes, cela n’avait pas été sans entacher aux premiers abords le mécanisme parfaitement huilé du comptoir et de ses horizons, première grève où venaient généralement échouer courtisans et clients avant même que ne commencent leurs soirées, cherchant le courage au fond du verre pour les uns, le gout du délictueux à la gorge pour les autres, et s’il n’avait pas été autant accaparé par les chiffres des Maisons et par les reins d’Etienne, nul doute que le comptable aurait pu s’y essayer un temps, pour le plaisir de voir passer au fil de son regard, les divers visages franchissant le seuil du bordel en quête d’étincelles auxquels se faire porter et épingler.

Lentement, il fit danser à sa dextre le contenu de son verre dans la clarté d’une bougie diluant sa lumière aux hauteurs d'un candélabre finement ciselé avant de le porter à ses lèvres et de le vider d’une lampée, savourant le feu grignotant les chairs dans sa descente avant de se rependre en parfums salins, tourbés, jusqu’à son ventre. Si la senestre était encore un peu raide, les attelles et bandages avaient enfin été ôtés, laissant au jeune homme le loisir de redécouvrir, sans risquer d’encourir le courroux de la soigneuse, la plénitude de pouvoir se servir de ses deux mains et cela suffisait ce soir, à laisser flotter à ses lèvres un sourire moins policé que de coutume.

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Riesling
Riesling se contenta d’acquiescer comme si sa présence était un dû, acquis, validé, entendu. Peignant l’assurance sur son front comme d’autres la politesse ou l’affabilité. « ‘Merci. » Le mot s’échappa à la hâte de sa bouche, comme trop longtemps retenu prisonnier. C’est que le Goupil en était avare. Elle eut un regard pour le portier tandis qu’elle entrait pour de bon, de ce pas nonchalant qu’elle arborait en toute occasion et ne tolérait aucun obstacle. Maintenant qu’elle était là…

Les doigts fins de la senestre affirmèrent une nouvelle fois leur prise sur l’anse de la besace de peau, plus pour donner une contenance aux mains de la Rousse que par inquiétude réelle ou besoin concret. Derrière la porte… La jeune femme anticipait enfin les regards. Il y avait toujours un monde entre l’idée et sa réalisation. Les grandes lignes et les petites. La modélisation et les aléas. Comme en économie. En l’occurrence, les regards qu’elle allait croiser. Elle refusait toute illusion de faiblesse, de doute ou de méfiance ; aussi la dextre agile fit sauter la fibule de sa cape avant de la laisser glisser le long de ses épaules, et de la tendre au portier –accompagnée du sac- avec ce brin de condescendance implicite qu’on accordait toujours à ceux qui nous servaient dans l’ombre. La porte se referma, et avec elle la brise nocturne et la moiteur chaude des débuts d’été. Riesling ajusta un pli de sa jupe d’un revers de main, dégagea son épaisse chevelure sur un côté de son visage, darda une œillade attentive et froide sur la pièce principale tandis qu’elle avançait. « Très bien. » Laconique. Elle marqua un temps de silence, agrémenté d’une risette distante à l’attention de l’homme que le travail rappelait déjà à lui. « A plus tard, peut-être. » Elle n’aurait su dire si d’éventuelles retrouvailles seraient ou non bon signe pour elle. Ce qui serait partir du postulat que se retrouver dans un bordel parisien était déjà bon signe. Elle aurait quelques comptes à rendre aux Moires.

Délivrée donc du poids de la cape et des entraves à ses mouvements, enveloppée dans la douce chaleur du lieu, le Goupil se sentait manifestement plus à l’aise pour manœuvrer et traverser le Hall. Elle envisageait déjà les éléments du décor refourguables à ses pairs damnés dût son entrevue échouer lamentablement. Ce qui tenait du réflexe. Il était tôt ; elle balaya consciencieusement la salle du regard, avec cette désagréable impression de petitesse qu’elle dissimula derrière le pas tranquille d’un naufrage assumé en direction du comptoir. Il y avait un homme, déjà, occupé à boire et à sourire. Des deux types de mâles, c’était toujours la seconde race qui l’inquiétait le plus, en ce que la boisson était rarement révélatrice de subtilité. Or personne n'aime être victime d'un trop plein de subtilité. Riesling redressa un peu sa frêle stature, tachant de plonger son regard dans le verre pour en déterminer la couleur. Rouge ? Blanc ? Vert ? En d'autres termes : Absinthe, pas absinthe ? Elle avait une chance à tenter. Elle s’en saisit.

« Salut. »

Avec ce petit rien de déjà vu, ou comment ne rien changer aux habitudes. Il faudrait sans doute qu’elle apprît à faire un effort. Au moins pour coller à l’ambiance. Le Goupil peignit ses lèvres d’une amabilité doucereuse. « Vous êtes Etienne de Ligny ? J'suis à la recherche d'un travail. »

Elle est capable de le coller sur le dos du portier. Elle va le faire.
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--Sybil
Entrée de la Nymphe, vêtue d'une robe virginale, qui épousait tout à fait indécemment ses courbes voluptueuses. Un sourire aux lèvres. Fini de bouder. Elle avait une folle envie de s'amuser, et de profiter de la vie. La gueule de six pieds de long n'aurait pas lieu d'être ce soir, client ou pas. Car ce soir, il y aurait Alphonse, il y aurait Adryan.

Entraînant toujours son sillage de violette derrière elle, juste avant d'entrer dans la salle, elle se fendit d'une dernière vérification à sa coiffure. Et puis elle se jeta dans l'arène, encore plutôt vide. Alphonse, justement. Un verre à la main, comme à son habitude, et une jeune et jolie femme non loin. Là non plus, il ne dérogeait pas à la règle. Déjà une cliente ?

En tous les cas, elle s'approcha, et en premier lieu, se fit servir un verre. Puis s'approcha, sourire mutin à ses lèvres ourlées. Une main qui se pose sur l'épaule du comptable, ce soir Alphonse est occupé avec elle. Pauvre Étienne. A la nouvelle, un regard intéressé, elle s'empêche d'ailleurs de la dévisager, ou même d'inspecteur le reste.


- Bonsoir. Sybil.
--Adryan
[Au bar, avec Sybil, Riesling et Alphonse]

Tout était prêt. Le bar recelait à présent des quelques nouveaux alcools dont le Castillon n’était pas peu fier, débusqués dans les cave poussiéreuses de quelques petits négociants bichonnant leurs tonnelets avec une attention toute amoureuse. Pourtant invariablement, c’était la fragrance doucement anisé de l’arak qui s’alanguissait aux lèvres du Castillon en traversant nonchalamment le salon pour rejoindre le bar, soucieux toujours, malgré sa décision, de contrôler le bon fonctionnement de ce qui restait à ses yeux, son fief.

Désinvolte. Certainement l’aurait-il été bien moins s’il avait deviné les fourberies se tissant sournoisement dans son dos. Mais pour le moment, il était tout dévoué à ces fers qui, les uns après les autres, délestaient enfin ses poignets. Sa sœur enfin était mariée, et malgré bien des frayeurs face au caractère capricieux d’Abigaël, celle-ci face à l’hôtel de la chapelle familiale avait acquiescé et courbé l’échine, résignée au mariage. Sa mère avait retrouvé sa beauté fragile, telle une fleur orgueilleuse de dévoiler ses plus belles couleurs avant de dépérir. Mais Adryan n’était pas dupe et s’attendait à tout instant à recevoir l’inéluctable nouvelle. Quant à cette tempête agitant son sang d’un feu inconnu et irrésistible, s’il ne l’avouait pas, il ne la combattait pas, trouvant un repos mérité à cet entracte qu’il décidait de s’octroyer. Le chahut reprendrait bien assez tôt.

Arrivé au bar, un léger sourire involontaire aux lèvres, il salua le comptable d’un signe de tête sans pourtant daigner le gratifier du moindre regard et déposa comme de coutume un baiser à la tempe blonde de Sybil. Adryan n’avait pas oublié les remontrances et les bouderies de cette dernière à son égard, mais naïf, se persuadait que le caprice enfantin était passé avec l’achat de la nouvelle robe épiçant les courbes onctueuses. Trop égoïste pour envisager égratigner ce bien-être furtif, ou trop loyal pour imaginer que les êtres qu’il choisissait de couvrir de sa confiance puissent se montrer ingrats en retour, ou simplement trop aveugle pour comprendre qu’il pouvait blesser par ignorance des subtilités émotives. Les trois raisons certainement se congloméraient pour forger sa certitude qu’un grand sourire habituellement malicieux l’accueillerait. Conviction tenace au point de dévier son attention sur la nouvelle venue dont il examina perplexe le visage, ne sachant s’il le trouvait beau ou dérangeant, pour finalement s’incliner légèrement sur un laconique. Bonsoir. alors que son regard se perdait déjà sur le couloir de la maison basse.
Alphonse_tabouret
[Au comptoir]



Il eut été difficile de ne pas laisser ses yeux s’accrocher à la silhouette qui avançait vers le comptoir, la démarche rehaussée d’une pointe de précaution quand le corps avait visiblement été paré pour accueillir les regards le long des courbes soulignées. La main redescendit pour poser le verre vide sur le marbre italien, la fragrance tourbée du whisky achevant de picoter le bout de sa langue quand la demoiselle accédait au bar et passait commande.

« Salut. »
Les onyx accrochèrent le museau voisin où s’étalaient joliment quelques taches de rousseur, mosaïque de son sur la peau ivoirine, apparat naturel jeté au gré des fantaisies et donnant, toujours, cet air de lutin à ses détentrices. Sur ce visage-là, elles relevaient presque du défi, constellant une moue qui aurait pu avoir quelque chose de la morgue si ce n’était pas d’abord l’effort fourni pour se tenir qui intéressa le comptable, pantin lui aussi soumis aux costumes qu’il portait selon les circonstances et dont il maitrisait jusqu’à la moindre couture.
« Vous êtes Etienne de Ligny ? J'suis à la recherche d'un travail. »

Son sourire ne sourcilla pas quand la gaité inhabituelle de ce début de soirée l’amenait à des envies félines, sentant sous la justesse de ses manières, grandir les griffes du chat, qui aimeraient écorner par jeu, le flegme de cette hôte inattendue
La main de Sybil à son épaule évapora ses intentions, et délaissant un instant la jeune inconnue, cueillit le minois de la blonde dans un sourire, avant de laisser dévaler, sans un mot encore, ses prunelles sur l’indécent décolleté assujetti à la diabolique précision de sa coupe, révélant sous la finesse du tissu, le pommelé superbe de ses seins.

Bonsoir Sybil, fit-il dans un sourire avant de reporter son intérêt sur la donzelle voisine, le parfum fleuri de la catin venant imprégner les abords de ses pensées et l’attention due à Adryan se résumant à un geste du menton recevant acte du salut pour le dispenser à son tour sans que le moindre regard ne s’attache sur la silhouette Castillone.
Si le dédain mutuel des deux hommes était soigneusement dispensé dans un canevas de règles tacites et portant suivies avec la même raideur, il avait germé récemment chez le jeune homme l’envie cruelle d’aiguillonner le nobliau d’un nouveau poison. Adryan avait depuis quelques mois le cœur trop tendre, s’entichant tour à tour de plus de donzelles dont il n’avait jamais su quoi faire jusqu’à présent et si le plaisir de voir la carapace de son parasite se fissurer jusqu’à s’effriter était un spectacle des plus réjouissant, il demeurait, tapi dans recoins de son insolence, l’envie de le confronter aux aléas qui ne manquaient jamais de survenir avec les sentiments. Il y avait, dans l’idée de voir la pantomime du Castillon se dérégler enfin, sans que l’alcool ou les drogues ne le fourvoient, quelque chose qui tenait autant de l’audace que de la revanche despotique.
Maintenant que les pions étaient réunis, il ne restait qu’à tester les nouvelles limites fraichement bouleversées et encore étanches d’Adryan au jeu conclu par la catin et le comptable



Malheureusement non, répondit-il enfin,… le patron n’est pas encore arrivé. Alphonse Tabouret, se présenta-t-il en lui tendant la main, curieux toujours d’observer chez les femmes leur réaction à ce geste si peu usuel quand il s’agissait de les saluer. La rousse n’avait rien d’une souillon quand elle avait tout du brouillon, assemblage étrange tout autant que subtil, de féminité et de contradiction, jusqu’aux angles de son visage quand la courbe de ses lèvres promettait le sucre d’un fruit d’été et laissait dans son sillage, l’entêtante impression qu’une détermination blême l’amenait à faire peu des cas de certaines civilités quand bien même sa mise du soir mettait en avant les atouts non négligeables dont elle avait été dotée.
La dextre vint effleurer les reins de Sybil, aérienne, volatile, jusqu’à gagner la taille, se posant enfin sur la hanche pour l’amener plus étroitement à son flanc avant de lui prendre son verre des mains et d’en boire une lampée en lui opposant un regard badin, provocateur jusque dans la ligne espiègle de son sourire, puis, reprenant , tendant la jambe pour inviter la blonde à venir y prendre appui contre lui:
Peut-être puis je vous aider … Quel genre de travail recherchez-vous?
_________________
Adelaide.
Les jours et les jours passaient à une vitesse folle, Adélaïde avait l'impression d'être arrivée hier dans la Capitale et pourtant, sa vie avait subit une évolution inattendue. Après avoir passé un entretien d'embauche avec le patron des lieux, Etienne de Ligny, elle décrocha un travail dans le sein du lupanar, barman. Pas peu fière d'avoir décroché une situation stable, la fin de la saison que l'on appelait Printemps annonçait de très très beaux jours.

Il était temps pour la nouvelle recrue d'entrer dans l'arène, d'accomplir sa mission et de remplir son rôle avec autant de dévouement que possible. Excitée par tout cela, c'est avec un grand sourire, une joie de vivre qui pouvait se lire sur les traits de son visage raffiné qu'elle se rendit à l'adresse de l'Aphrodite, là où désormais elle passerait la plupart de son temps. Alphonse et Etienne lui avaient fait confiance, elle l'honorerait aussi bien que possible, n'aimant pas décevoir les personnes qui plaçaient certains espoirs en elle et en ses capacités.

Arrivée devant la grande et imposante porte d'entrée en bois, la Flamboyante avança d'un pas sûr et déterminé, elle passa devant le portier qu'elle salua d'un signe de tête et d'un sourire radieux, il la débarrassa de ses affaires la dévoilant dans une tenue légère de couleur blanche et un décolleté ravageur qui mettait une partie de ses atouts naturels en valeur. Même si elle n'était pas une fille de joie, Adélaïde aimait attirer le regard sur elle, l'attention des hommes étaient toujours agréable.

Il y avait déjà quelques personnes de présente dans le grand salon mais son regard se posa de suite sur celui qui avait fait beaucoup pour elle dernièrement. Il était occupé avec une femme blonde qu'elle avait déjà croisé mais sans plus. Alors elle salua d'un signe de tête les autres présents puis elle contourna le comptoir pour se retrouver derrière, à présent maitresse de cette petite partie de l'Aphrodite mais ô combien importante.

Et c'était parti, choppes et bouteilles étaient prêtes à se marier pour les occupants du bar et du salon. Il suffisait qu'on lui fasse un signe pour qu'elle accoure et fasse le service. En attendant, c'était parti pour nettoyer un peu les verres sales, elle aimait que tout soit rangé, propre et en place. Ses yeux balayèrent la salle tout en s'attenant à sa tâche d'entretien, ainsi elle avait une vue d'ensemble sur ce qu'il pouvait se passer...
Daeneryss
~ À l'entrée avec Fabian et Gabriele ~

L'attente n'est pas longue avant que le Corleone ne se remette à poser des questions. Le début de soirée en avait été rempli et cela m'amusait énormément. Ma main toujours accrochée à son bras, j'ignorais l'enfant curieux qu'il devenait pour mieux le faire languir. Après tout, la patience est une vertu paraît-il, et si nous allions passé la porte d'un monde où certaines vertus ne sont plus, d'autres y sont encore à l'honneur.
Mon regard de raccroche alors à la porte de bois, lorsque le verrou se déclenche et que le portier se trouve désormais face à nous.


- Merci beaucoup.

Le sourire échangé avec le portier fut clair et précis. Lui devait en avoir vu des tas, des plus ou moins corrects, alors un homme aux yeux bandés ne devait pas être surprenant. Aussi le flou qu'il instaura me plu tout particulièrement. Toujours en accompagnant mon fiancé, je laisse l'homme refermer derrière nous. Dès lors, les parfums s'élèvent à mes narines, soumettant une douce caresse à mon olfactif. Charmante manière de souhaiter la bienvenue aux arrivants. Rien que l'entrée me semblait déjà conçue pour inciter à entrer dans ce monde étrange, où vices et précipices ne sont que les maîtres mots de la future soirée. Contrairement à mon compagnon, mes azurites se frayent un passage dans la pénombre de l'entrée avant de me tourner une nouvelle fois vers celui qui nous a permis d'être ici.

- Oui je vais vous laisser ceci... tout en tendant la fine cape qui orne mes épaules, avant de faire de même avec la cape du Corleone. Et je présume que nous n'aurons pas besoin de tout ça non plus ici... alors que ma senestre se perd à la taille italienne pour mieux le débarrasser de la ceinture de cuir qui contient le fourreau et l'épée, avant de m'agenouiller pour glisser mes doigts dans la botte italienne, en ressortant le stiletto corleonien, avant de tendre le tout au portier dans un sourire. Nous n'étions certainement pas là pour avoir des ennuis, ben au contraire. Le bon temps serait le mot d'ordre. Oh! J'allais presque oublier...! c'est ainsi que je libère l'Italien de sa cécité éphémère, tendant le ruban noir à celui qui détient notre entrée. Est ce que c'est bon pour vous ?

Totalement débarrassés, je laissais Gabriele appréciait la vue de l'entrée. Tout comme il devait l'être, j'étais excitée à l'idée de cette soirée, et déjà je trépignais. Je voulais savoir ce qu'il se cachait derrière toutes ces effluves et ce cocon environnant. Curieuse ? Oui. Envieuse aussi. Que de défauts...
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Riesling
[Comptoir]

Trompée, donc. Zut. Une grimace boudeuse traversa un instant le matois visage de la rousse sans s’y attarder, chassée par une fierté bien trop exacerbée pour tolérer l’idée même d’avoir pu faire une erreur. Mais bon. Le comptable à défaut du patron, c’était toujours un bon début quand on cherchait à se faire embaucher. La jeune femme avisa d’un œil tranquille la main tendue. Elle réfléchit un instant. Vers le haut, la paume, le dos, la tranche ? Bah, au final. Elle n’avait pas l’intention de la baiser. La Rousse tendit la sienne avec le naturel nonchalant de qui ne se pose pas la question et serra la jumelle avec une souplesse étrangement ferme, habitude ramassée entre une ruelle et un troquet. Ses doigts étaient encore froids de la brise extérieure. Elle compléta avec la nonchalance dont on habille d’ordinaire les trivialités : « Riesling ». Un surnom au moins autant qu’un nom de scène dont elle se parait avec un humour qu'elle trouvait très fin.

A l’annonce du nom, elle redressa son regard bleu pour en faire profiter l’audience. A son tour désormais de dévisager la faune locale avec un intérêt certain dissimulé derrière son air flegmatique. Une blonde, un brun, une barmaid. La première s’était présentée, et reçut donc en échange un hochement de tête entendu. Le Goupil prit sur lui de ne pas réitérer son sempiternel salut – le genre de truc qui faisait mauvais genre- et opta pour un « Bonsoir » tranquille énoncé de sa voix trainante, en réponse. Si les choses se passaient comme prévu, elle aurait toutes les occasions d'étudier les autres personnages de la tragicomédie plus avant. Et si ça n'était pas le cas, elle n'y verrait plus aucun intérêt. Le monde à ses yeux étaient toujours aussi clair. Retour au comptable, donc. Une main calée sur sa propre hanche pour apaiser les réclamations incessantes de sa carcasse debout depuis des heures et le regard braqué sur le félin visage.

-Peut-être puis je vous aider … Quel genre de travail recherchez-vous?
Elle embrassa le bordel d'un dramatique geste du bras. -Ben dans l’coin, j’me suis dit qu’vous deviez sûrement embaucher des horlogers.

Mais bon sang de triple merde de bordel de voilà, Riesling. La tentation de sortir la première connerie la plus à portée de main était toujours si oppressante, et avec le rictus moqueur qui va bien, pour compléter l’ébauche. Elle se demanda si elle devait le regretter, l’espace d’une fraction de seconde. Notons qu’elle ne le ressentait pas, mais qu’elle se posait la question de la normalité éventuelle du ressenti. En l’occurrence, qui dépendait exclusivement de la réponse de son interlocuteur. Quand elle serait installée, elle pourrait commencer à l’ouvrir. Quand elle aurait une ardoise à son nom et un lit où se rouler en boule. Dans le cas présent, la soudaine conscience d’avoir professé ce que d’aucuns appelleraient une énormité absolue – ou d’autres se paieraient sans doute plutôt une bonne tranche de rire- la fit se rétracter quelque peu, et corriger d’un ton apaisé en redressant un menton volontaire: "Si vous en recrutez encore, j’aimerais être une de vos filles. J’cause pas d’ennui, j’suis sage et disponible." Le candidat parfait quoi. Qui n'a jamais gentiment triché sur un CV. Mais mieux valait ici que dans un trou miteux où ce serait l’usine. Mais elle avait ses raisons et les gardait pour elle, d’autant que le lieu ne lui semblait pas approprié pour une dissertation complète sur ses aptitudes supposées en tant que putain. Juste assez d’arguments pour éveiller l’intérêt. Au moins maintenant c’était dit.
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--Angella



Loin de la porte, et des murmures naissants, une ombre souriante reprenait possession des lieux, une petite ombre devrait on préciser, cachée des regards par l’un des piliers du grand salon, ses iris turquoises guettaient les visages, anciens et nouveaux, admiraient les changements qu’avait subit l’Aphrodite, tout comme ceux de ses habitants, le patron semblait se remettre doucement de ses mésaventures, bien sur elle l’appelait encore ainsi, du moins pour elle même, bien qu’au courant des dernières nouvelles si tôt son arrivée, elle refusait pour l’instant d’accepter le salaud comme responsable, bien que n’ayant rien contre lui, les habitudes menaient la vie dur, et la petite soubrette était femme d’habitudes.

Quelques pas, elle avançait avec prudence, ses mains remettaient en place ce qui n’y était pas déjà, caressant de son plumeau les assises et les tables, comme pour renouer avec le décor, chez elle, on l’avait dit changée, grandit par le temps qui passe, mais pas seulement, son regard, disaient ils, était différent, bien loin de celui qui les avaient quitté, il semblait en dire long sur l’effet qu’avait eu le bordel sur la petite vierge.

Le Bar s’emplissait à rythme lent et croissant, d’un geste mécanique, Angella épousseta ses jupons noirs de soubrette, et prit place prés du comptoir, saluant de son sourire polie, presque timide, quiconque croisait son regard

--Sybil
Adryan arrive, pose machinalement un baiser à sa tempe. Pas de réaction, le regard glisse vers Alphonse. Connivence, connivence. Et point de sourire à ses lèvres pour le moment, elle ignore, comme s'il ne l'avait même pas effleurée. La nouvelle robe tombait à pic. Ce cadeau, elle savait très bien à quoi il rimait. Elle est pute, il pense pouvoir acheter son amitié comme on peut acheter sa passion. Il n'en est rien, et si pour un collier elle pouvait se damner dans l'étroitesse d'une ruelle, les joyaux de la couronne de France ne l'auraient pas fait excuser le Castillon.

Une main sur sa taille la tire de ses pensées. Elle s'approche, se serre même contre le Chat, câline, et le laisse même accaparer son verre sans broncher. Mieux, un sourire vient désormais orner le coin de ses lèvres, alors qu'elle vient s'asseoir à moitié sur son genou, et passe un bras autour de son cou. Et quelques doigts d'aragne viennent glisser contre sa nuque, qu'elle grattouille doucement.

Et puisqu'il faut ignorer le noble, la Nymphe de concentrer son attention sur la nouvelle venue. Elle l'observe, détaillant sa silhouette d'un œil avisé, presque en maquerelle. Oui, elle ferait sans doute l'affaire. Mais le physique seul ne comptait pas. Pour être courtisane, et pas simple besogneuse courant les trottoirs, il fallait savoir feindre l'amour, en plus de connaître le corps masculin sur le bout des doigts, et ne pas avoir de répugnance pour ce que l'on fait.


- Tu as déjà vendu ton corps ?

Elle sourit, encore, avant de se tourner vers le comptable, pour venir cueillir le lobe de son oreille entre ses lèvres, et l'y mordiller doucement.
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