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[RP] Initiation au voyage, ou l'enlèvement d'une brodeuse

Arylis


A la Dentelle Bleue, Saintes.

Gniiiiiiaa !
Gniiiiiiiiaa !


Ce matin là une silhouette difforme ahanait sauvagement en se dirigeant vers la Dentelle Bleue, suivie d'un raclement sourd.

Aller ! On y est preeeesque !
Gniiiiiiiaa !
Alleeeer ! Ouiiii ... !


Choc sourd du battant de bois qui s'écrasa lourdement sur les trois marches du perron.
Choc mou de la brodeuse qui s'affaissa à ses côtés.

Arylis posa une main tendre sur la porte.

On l'a fait ! Plus que les marches, la porte et on y est !
Tu seras à l'abris là-dedans. L'autre hystérique, la cheftaine et le viking ne pourront plus s'en prendre à toi.
Se sera juste toi et moi !


Si la blonde semblait avoir un comportement pour le moins étrange, il était possible de le justifier par une succession d'événements.

Premièrement, la profusion de couples saintais. Arylis était une jeune fille en fleur qui enviait forcément un peu le bonheur des amoureux.
Deuxièmement, le baiser d'une brune en taverne. C'était sa capitaine, donc ça ne comptait pas vraiment, mais c'était quand même son premier baiser volé et, soyons honnête, en savoir plus émoustillait sérieusement la brodeuse.
Troisièmement, le bal. Arylis y avait attendu son prince charmant qui ne s'était jamais montré, elle goûtait donc pour la première fois à la frustration et elle n'aimait pas ça, du tout !

Et pour finir, il y avait eut ce clin d'oeil non intentionnel à la porte de la taverne "La Cave de Beaurepaire". La blonde ne s'était pas attendue à obtenir un tiquet avec le battant de bois, alors elle avait un peu tourné autours du pot. Mais ce qui avait vraiment fait "zing" dans le petit pois qui lui servait de cervelle, c'est quand un viking dont les dents rayaient le parquet avait cherché à faire valoir ses droits sur son nouvel amour. Fier comme un paon, il se prétendait monté comme un taureau et s'était mit à faire du gringue à sa porte. Heureusement il s'était pris un râteau et avait fini par baisser les bras.
C'est alors qu'Arrya avait décidé de marcher sur ses plates-bandes en roulant une pelle à sa magnifique planche en bois. Le sang de la brodeuse n'avait fait qu'un tour et elle avait saisit le taureau par les cornes pour dégager l'impudente. Après une bataille de titans, Nadjka avait séparé les deux blondes. Arrya avait battu en retraite, et en langue de vipère avait tenté de faire croire à Arylis que sa porte ne l'aimait pas, que tout ça n'était que feu de paille. Têtue comme une mule la brodeuse s'était obstinée, et quand tout le monde était parti, elle avait démonté son battant adoré pour l'emmener avec elle dans "un monde de sucre et de bonheur".

Cela expliquait, de manière tout à fait rationnelle, pourquoi la blonde se trouvait à présent en train de faire passer SA porte, par la porte de la Dentelle Bleue, endroit le plus sûr au monde selon elle.

Et voilà. On sera bien tu verras.

Sur un sourire et une caresse tendre, Arylis quitta sa compagne à regret pour rejoindre l'atelier. Très vite, le tac-tac régulier du métier à tisser et la voix fredonnante de la brodeuse emplirent l'espace.

Edit à la demande d'un JD.
Nadjka
Trois cavaliers arpentaient au pas les ruelles saintaises. Ils s'arrêtèrent devant l'échoppe d'Aktarion, la Dentelle Bleue. La brune Nadjka descendit de monture et confia les rennes
à la commandante. Le fier soldat Thur resta un peu en retrait.


J'arrive de suite, ce ne sera pas long.

Elle savait qu'ici elle trouverait la blonde... Ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle l'avait fait de nombreuses fois en d'autres circonstances. Mais là, cela lui serait moins facile que lorsqu'il s'agit d'un enemi à mettre hors d'état de nuire. Il lui faudrait être violente, mais avec douceur. Elle ne voulait pas lui faire mal ou l'abîmer la brodeuse...

Elle entra sans même frapper et aperçu la crinière blonde devant le métier à tisser. La surprise de l'intrusion passée, un sourire commençait à se dessiner sur le visage d'Arylis. Avançant droit vers elle, Nadjka la fit pivoter face contre le mur, se serrant contre elle pour prévenir tout mouvement. Tout en saisissant ses deux poignets et profitant des quelques secondes d'étonnement que devait éprouver la jeune fille, Nadjka lui ligota rapidement mais fermement les mains dans le dos.

Ordre comtal, Arylis, vous êtes en état d'arrestation!

Puis d'un geste sûr, elle retourna la blonde face à elle, entoura ses cuisses dans ses bras pour l'installer sur son épaule, comme elle avait coutume de le faire avec ses sacs de farine. Prestement elle sortit de l'échoppe, comprit bien vite qu'il ne serait pas prudent d'installer sa prisonnière assise sur Euphrate... Elle parvint tant bien que mal, avec l'aide du viking, à la hisser entre la selle et l'encolure, pliée en deux sur le garrot de l'animal. Au moins ainsi, même si la position était loin d'être confortable, elle aurait beau se débattre, elle ne pourrait pas s'échapper. En selle, Nadjka fit signe à Roxanne et Thur qu'ils pouvaient y aller.

Calme, en avant, droit. Dit-elle à Euphrate...
_________________
Arylis


A la Dentelle Bleue, SAINTES

La clochette de la porte tinta et Arylis s'apprêta à se lever. Elle n'en eut pas le temps car déjà Nadjka passait le seuil de l'atelier. Elle était donc revenue ! La brodeuse sourit. C'était la première fois que sa capitaine de soule venait lui rendre visite à la Dentelle, et elle était ravie.
Sauf que quelque chose n'allait pas ...

Nadj ?

Sa voix mourut dans sa gorge quand elle se retrouva plaquée contre la brune.
La surprise se peignit sur ses traits lorsqu'elle sentit les cordes s'enrouler fermement autours de ses poignets.

Nadjka ?

Ordre comtal, Arylis, vous êtes en état d'arrestation!

En état d'arrestation ? Mais elle n'avait rien fait ! Rien du tout !

L'étonnement faisait place au malaise. Elle n'aimait pas ça. Et aussi naïve, consentante, facile ou, allons-y gaiement, idiote qu'elle soit, la brodeuse savait viscéralement que si elle n'aimait pas, il fallait dire non. Et que la justice ne pouvait tolérer qu'on la traite en criminelle si elle n'en était pas une.
Mais de seulement demander des explications, elle n'en eut pas le temps. Elle se retrouva hissée sur l'épaule de la meunière d'un geste sûr, rodé par l'habitude.

Nadjka ?!

L'angoisse commençait à transparaître dans la voix d'Arylis qui monta dans les aigüs.
Elle était affreusement partagée entre la confiance qu'elle portait à la brune et une peur instinctive.
Que se passait-il ?

C'est quand la brodeuse vit les chevaux qu'elle perdit le contrôle.

Qu'est-ce que ... ? Nadjka c'est quoi ça ? Que ?

La blonde se mit à se débattre, donnant de violents coups de reins pour tomber de l'épaule de Nadjka. Les bras dans le dos, elle ne pouvait s'accrocher à rien, et prit alors conscience de la position d'extrême faiblesse dans laquelle elle se trouvait.
La colère prit le pas sur tout le reste.

Lâche-moi !
Nadjka laisse-moi descendre !
Pose moi nom d'Aristote !
Gniiiiiiiiiiiiiiaaa !!


Et de se balancer de gauche à droite pour faire tomber Nadjka avec elle.
Et de donner des coups de pieds à tout va.
Et de crier comme une furie.

Soudain la brodeuse sentit une autre paire de mains saisir ses jambes, et l'épaule de Nadjka s'éloigna de son ventre. Il y avait là une occasion !
Arylis se mit à se tortiller comme un vers, criant toujours et jurant comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Elle avait le souffle court, accéléré par un mélange de peur et de rage.

Lâchez-moi bande de pourceaux ! Haaahhhaaaaaa ! AU SECOURS !
Chiabrena lâchez-moi je vous dis ! Espèces de merdaille ! Pleutres ! Poltrons !
Mais laissez-moi mordiable !


Dans la cohue, une main passa devant ses yeux et elle la mordit sauvagement. Le goût du sang la surprit, mais elle n'y prêta plus attention quand elle vit la crinière blanche obscurcir son champ de vision.
La blonde se retrouva de nouveau la tête en bas.

Calme, en avant, droit.

QUOI ?! NON !
Stop le cheval !
Arrête-toi vieille carne !


La brodeuse voyait les pavés défiler devant ses yeux.
Les maisons à l'envers de l'autre côté du poitrail puissant de l'animal semblaient se moquer d'elle.
Les genoux de la bête menaçaient de percuter son visage à chaque pas.

Laissez-moi descendre !
NADJKAAAAAA ! Espèce de foimenteor !


A nouveau elle se tortilla, essayant de tomber à bas de la monture. Tout plutôt que de sortir des murs de Saintes !
Et la Dentelle ? Ils étaient partis comme ça ! Sans la fermer ! Que penserait Aktarion ?

RHAAAAAAAAAAAAAA laisse-moi descendre ! La boutique ...
Je ne veux pas ! Nadjkaaa !


C'est à ce moment-là que les murailles de la ville apparurent.

Non ! Nadjka ! S'il-te-plaît !
Emmène moi au poste de Saintes ! Pourquoi on sort ? On n'a pas besoin !
Je me calme ! J'arrête ! Promis. Nadj, enferme-moi dans la prison de Saintes mais ne m'emmène pas !


Des larmes de panique se mirent à rouler violemment sur les joues écarlates de la blonde.

Nadjka ... On ne sort pas ... S'il-te-plaît je ...

Le ventre écrasé sur l'encolure du cheval, chacun de ses hoquets menaçaient de l'étouffer. Une boule d'angoisse compressait sa poitrine, l'empêchant de respirer.
Les yeux clairs commencèrent à se voiler, aveuglés par les larmes et la douleur sourde du sang qui pulsait sous son crâne.

Nadjk ...

Arylis perdit connaissance au moment où la monture de la brune posait son premier sabot de l'autre côté de l'enceinte.
Arylis


Plus tard, quelque part sur la route entre Saintes et La Rochelle ...

Mmmmmm …

Arylis souleva une paupière, découvrant un œil clair entre ses longs cils blonds. Malgré la brume humide qui recouvrait encore ses pupilles, elle distingua une silhouette. Et au fur et à mesure que les traits et les couleurs se précisèrent, elle découvrit le visage connu d’une brune.

Nadj ?

La voix empâtée traduisit l’étonnement. C’est que la brodeuse n’avait pas pour habitude de se réveiller au côté de sa capitaine de soule. De même qu’elle n’avait pas l’habitude de cette rigidité dans les bras, ou de cette douleur dans les côtes.
Et soudain, en même temps qu’elle prenait conscience de ses poignets ligotés dans son dos, elle se souvint de tout.

Le débarquement de Nadjka à la Dentelle Bleue pour la ligoter et lui annoncer qu’elle était en état d’arrestation.
La manière dont elle avait été chargée sur l’encolure d’un cheval, puis trimballer dans les rues de Saintes comme un paquet de farine.
Ses cris et ses protestations qui n’avaient pas empêché les murs chéris d’être franchis.
Elle avait d’ailleurs du s’évanouir, car ensuite plus rien !

Arylis était d’un tempérament doux, même passif, et si elle croisait, rarement, le chemin de la colère, celui de la rancœur lui était inconnu. Pourtant, quand ses yeux clairs se braquèrent sur la brune, ils étaient emplis de l’une comme de l’autre.

NADJKA !!!!
Comment as-tu pu me … !
Où m'as-tu emmenée ?


Remplacées la seconde suivante par une terreur sans nom.

Où sommes-nous Nadj ? Je ne vois rien … Que la route.
Où allons-nous ? Pourquoi … ?


Pour laisser de nouveau la place à une rage bouillonnante.

POURQUOI ?
Pourquoi on est là ? Espèce de … Qu’est-ce qui t’as pris de …


La brodeuse avait de nouveau viré au rouge.
Elle crachait comme une chatte acculée, débitant un torrent d’injures qu’elle ne pensait même pas connaître.
Puis se recroquevillait comme un chaton abandonné, pleurant à chaudes larmes et suppliant Nadjka de la ramener à Saintes.

Je te faisais confiance Nadjka ! CONFIANCE ! Tu connais ce mot ?!
Tu es ... Tu es ...


Une autre crise de sanglots paniqués s’ensuivit.

On sous-estime bien souvent la force dont peut faire preuve un corps poussé dans ses retranchements. On dit que la peur donne des ailes. C’est ce qui advint.

Profitant que Nadjka cherchait quelque chose dans sa besace, Arylis se dressa d’un bond et se mit à courir comme une furie, à l’aveuglette. Elle ne savait pas où elle allait, mais il lui fallait rejoindre Saintes, son enceinte rassurante, ses rues sécuritaires et connues. Mais les mains dans le dos, empêtrée dans sa jupe, la brodeuse ne fit pas cinquante mètres.
Elle s’écroula au milieu du chemin, sa hanche et son épaule amortissant à peine le choc.

La douleur.
La peur.
La trahison.
L’incompréhension.
L’injustice.
Autant de poids qui empêchèrent la blonde de se relever. Roulée en boule dans la poussière et les cailloux, reniflante, larmoyante, elle offrait le bien piteux spectacle d'une âme sans repères.
Nadjka
Comme elle l'avait redouté, cela n'avait pas été une mince affaire que d'emmener la brodeuse en voyage... Que nul n'aie jamais l'idée de faire entrer de force Nadjka dans une volière! Aussi, elle comprenait fort bien ce que la blonde pouvait éprouver... Mais voilà, Arylis était citoyenne poitevine, souleuse, et à ces titres, elle se devait de donner de sa personne, même s'il lui en coûtait. Naïve, pas d'attaches particulières, elle était la personne idéale pour ce type de mission. Et puis à l'Ost, on ne faisait pas dans la dentelle!

Roxanne et Thur, s'ils l'avaient secondés pour l'enlèvement, n'avaient pas pu malheureusement l'accompagner jusqu'à La Rochelle. Nadjka fit une halte en chemin, il lui fallait bander sa main meurtrie qui lui faisait de plus en plus mal.

NADJKA !!!!
Comment as-tu pu me … !
Où m'as-tu emmenée ?


La blonde était sortie de sa torpeur...Il fallait mettre fin à ses sanglots de panique. Nadjka se pencha vers sa besace, Arylis en profita pour d'un coup de rein glisser le long du col de l'animal, retomber sur ses pieds et partir en courant pour choir quelques mettre plus loin.

Elle sortit prestement une fiole de sa besace et en versa une partie du contenu sur un morceau de tissu qu'elle s'empressa de porter sous le nez de la jeune fille. Elle la sentit glisser dans un sommeil de plomb et la porta jusqu'à la charrette où elle serait mieux installée que sur le cheval. Un autre tissu lui servit à laver le visage de la blonde saccagé par les larmes, l'angoisse et la peur.



Plage de LR


Enfin la chevauchée fantastique atteint la plage de LR... Nadjka décida de prendre un repos bien mérité. Elle releva la couverture de la blonde encore endormie dans la charrette, noua les rennes d'Euphrate à la carriole et pris une couverture dans la quelle elle s'entoura. Un peu plus loin, elle s'allongea sur le sable, bercée par le ressac...
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Arylis


Sur la plage, LA ROCHELLE

Arylis ouvrit les yeux, réveillée par le cris d'un goéland.
Cette fois, il n'y eut pas de résurgence brutale de souvenirs. Elle savait parfaitement qu'elle se trouvait dans la charrette de Nadjka, et une boule d'angoisse lui sera l'estomac. Elle entendait son cheval souffler bruyamment, et le choc des sabots contre les cailloux. Au loin, il y avait le bruit du ressac.
Quand la blonde se laissa rouler sur le dos, elle eut la satisfaction de sentir qu'on lui avait retiré ses liens. Elle se perdit un moment dans la contemplation du ciel azur, regardant sans les voir les quelques nuages qui s'effilochaient, et les sternes qui se jouaient du vent. Elle inspira profondément, jugulant la panique.

La brodeuse se dressa sur son séant et manqua de retomber immédiatement. Elle avait la nausée, un goût désagréable dans la bouche qui n'était pourtant pas l'amertume de la trahison. Un embrun fouetta son visage désordonnant encore, si cela était possible, sa crinière blonde et lui remettant les idées en place.
Le soleil était encore bas dans le ciel.
Une silhouette était emmitouflée sur le sable.
Arylis passa la couverture sur ses épaules et descendit de la charrette avec mille précautions. Puis elle marcha, chancelante, jusqu'au corps abandonné aux limbes du sommeil. Elle savait qu'il s'agissait de Nadjka. Elle n'aurait pas eut besoin de le vérifier pour en être certaine.

La brodeuse resta debout pendant un long moment. Fixant le visage endormi de ses yeux clairs. Il n'y avait nulle colère dans son regard, pas de rancœur non plus. En revanche, le nœud dans sa poitrine refusait de partir, hachant sa respiration. Elle était perdue. La tête pleine de questions.

Pourquoi ?
Il était évident qu'elle n'était pas en état d'arrestation. Sinon elle se serait réveillée dans une prison, pas sur la plage.
Qu'est-ce qui avait bien pu pousser sa capitaine de soule à lui faire subir cette terrible épreuve, dont elle accuserait pendant encore longtemps les conséquences ?

Arylis voulait des réponses, mais elle avait peur que sa voix ne lui fasse défaut. Si elle parlait maintenant, les sanglots saperaient toute tentative de communication, elle le sentait. Refrénant sa détresse, elle garda le silence et continua d'étudier ces traits qu'elle croyait amis.

Elle ne savait pas si elle devait continuer à faire confiance à Nadjka. Il lui semblait que la brune avait perdu tout droit à y prétendre.
Mais elle ne pouvait pas partir, car elle était son ancre à présent.
La brodeuse s'assit dans le sable, abritant sa hanche dans le creux des reins de la dormeuse.

Les yeux clairs se perdirent à l'horizon, cherchant le réconfort dans l'oublis de sa situation.
Pourquoi diable son esprit-papillon ne fonctionnait-il pas quand elle avait vraiment besoin ?
Themis
Thémis n'en mène pas large en ce moment... Son bienaimé semble avoir décidé de prononcer ses vœux au monastère... son baptême est au point mort, à l'image du célébrant "ad Patres"... Aela a tout simplement disparue... la caserne est toute silence et recueillement, fort pratique pour les études mais bien peu motivant...

C'est donc l'esprit embrumé que la brune laisse ses pieds la mener sur le sable, la plage et sa respiration océane, si apaisante et toute nuances vibrante sous le levant...
Ce spectacle sans fin, lui rend un peu de couleurs et lui donne un peu de baume au coeur...

soupires, pas lent et mesuré...
eh? mais? il y'a du monde devant! mince. enfin bon, faut voir... d'ailleurs ses petons continuent leur marche tranquille, mécanique. tien, on dirait... bin oui, c'est Nadjka! et son amie qu'elle m'a annoncé par courrier.
Un sourire franc illumine enfin la brunette. La jeune femme se remémore l'échange épistolaire, et fouille machinalement dans son sac... Il est là, elle l'y a mis tout de suite, dès qu'elle l'a eu trouvé après avoir lu la lettre.

prenant le ton de commandement dont elle use parfois avec les Atlantes, elle lance, une fois un peu plus près:

EH! Vous deux, là-bas! vous ne savez pas que les nuits sont un peu fraiches maintenant?
puis ajoute plus doucement et toujours radieuse:
Et que l’océan n'est pas le bon endroit pour déjeuner à LR? y'a de bien meilleures auberges et tables en ville! à commencer par la mienne, si aucune autre ne vous tente.
Bienvenue à toutes les deux, Nadjka avez vous fait bonne route? Bon séjour rochelais jeune fille. Je m'appelle Thémis et j'espère que l'Arsenal vous plait, car en ce moment ça fait plus penser au repos hivernal... le soleil en plus.

La brunette s'est installée avec les deux femmes et sans trop savoir, comment introduire la chose, sort une petite boite ronde un peu plus large que sa paume, dont le couvercle est maintenu par un lien.
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Nadjka
Il y a le ciel, le soleil et la mer...

EH! Vous deux, là-bas! vous ne savez pas que les nuits sont un peu fraiches maintenant?

Nadjka se réveille en sursaut, main sur le pommeau de son épée... De son autre main elle se frotte un peu les yeux, l'esprit encore embrumé par un sommeil profond. Cette voix, elle la connait! Thémis! Tant de questions que la brune les mélange un peu toutes dans sa tête. Puis elle se tourne vers le côté, rassurrée de voir que la brodeuse est toujours là.

Bonjour Thémis, tu m'as... surprise! Arylis, je te présente Thémis, commandant en second des atlantes de La Rochelle!
Dis-moi Thémis, les moines tiendraient-ils en otage ton bien-aimé? Ma missive reste sans réponse... Nous devrions peut-être envisager une excursion pour le tirer de là?


Un sourire se dessine quand elle aperçoit la petite boite dans la main de la brunette, remplacé bien vite par un soupçon de curiosité.
A la brodeuse:


Arylis, tu m'avais demandé un caillou mais moi je n'ai que ça, qui n'est à personne... De sa main valide, elle prend une poignée de sable qu'elle laisse glisser. Aussi j'ai préféré laisser à d'autres le soin de te laisser des traces de ce... elle se mord la lèvre: ne pas dire voyage, ne pas dire voyage! ...de ce périple. Alors? C'est quoi cette mystérieuse boîte?
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Arylis
EH! Vous deux, là-bas!

Le cri fit sursauter Arylis qui se rapprocha encore de Nadjka, serrant la couverture autours de ses épaules. Pourtant, la brunette qui les interpellait n'avait rien d'effrayant. Et probablement que si elle s'était trouvée dans d'autres conditions, la brodeuse se serait fait un plaisir de lui rendre son salut joyeux.

La blonde sentit sa capitaine de soule bouger contre sa hanche. La brune se redressa, vérifia qu'elle était toujours là, et lui sourit. Arylis resta de marbre, incapable de savoir ce qu'elle pensait de ce sourire. Détestant l'importance vitale qu'il prenait, bouée de sauvetage dans l'océan déchaîné de son angoisse.

Toute à ses pensées, la brodeuse suivit à peine l'échange des deux femmes.

Et que l’océan ... déjeuner à LR? ... meilleures auberges ... la mienne
... toutes les deux, Nadjka ... route? Bon séjour rochelais ... Thémis ... repos hivernal ...

... Thémis ... surprise ! Arylis ... Thémis ... La Rochelle!
... Thémis ... bien-aimé? ... sans réponse ... excursion ...


Au moins Arylis avait compris que la brunette s'appelait Thémis. Elle frissonna au mot "excursion", et se demanda soudain ce que Nadjka avait prévu à présent ... La ramener à Saintes certainement. Le cauchemar avait assez duré !

Arylis ...

En entendant Nadjka prononcer son nom, la brodeuse essaya de se concentrer sur ce qui ce disait. Peine perdue. Elle ne vit que le sable qui filait entre les doigts de la brune, lui évoquant douloureusement la sensation de liquéfaction omniprésente qui l'habitait.

... périple ...

Cette fois, la blonde eut une réaction. Ses yeux s'agrandir d'appréhension et déversèrent silencieusement un torrent de questions. Quand elle ouvrit enfin la bouche, sa voix n'était qu'un filet, bien loin de la tonalité joyeuse et chantante qui était habituellement la sienne.

Périple ? Nadj ... Ce n'est pas fini ? Je ...

Sentant que les larmes allaient de nouveau la submerger, Arylis les refoula violemment, refusant la position de faiblesse qu'elles lui imposaient. Rejetant la couverture, elle bascula brusquement sur les genoux et piqua la poitrine de Nadjka d'un index accusateur, le visage à quelques centimètres du sien. Sa voix avait pris une nouvelle sonorité, rauque et inquiète, mais toute aussi étrange dans sa bouche.

Nadjka ça suffit !
Tu m'as traînée ici sous prétexte d'un mandat d'arrêt. Fictif, c'est à présent une évidence.
Tu me débarques sur cette plage sans explication.
Tu m'annonces que nous ne rentrons pas à Saintes.
Et tu voudrais que je m'intéresse à une maudite boîte ?!


Perdant lentement cette précieuse maîtrise qu'elle s'était promis de ne pas laisser filer, la brodeuse monta d'un ton.

Mais je m'en contrefiche de cette boîte Nadjka !
Comme je me contrefiche de ce caillou ! Ce n'était qu'un prétexte pour être certaine que vous reviendriez !
Mais là c'est moi qui doit rentrer tu comprends ?

Je n'en peux plus Nadj ... J'étouffe ... J'ai peur de tout ... De toi ... D'un sourire ... D'une boîte ...

La blonde laissa échapper un rire étranglé, à demi-noyé par les sanglots à venir, consciente de l'absurdité de ce qu'elle disait mais incapable de l'exprimer autrement.

Je suis sérieuse Nadj ...
Je ne cherche même pas de réponses au milliard de questions qui se bousculent dans ma tête. Je ne vois que la lumière rassurante du phare qui guide les voyageurs vers la bonne destination. Et ce feu brille à Saintes.
Alors qu'à côté de toi, je voix briller la lanterne rouge des naufrageurs ...


Egoïsme ?
Innocence ?
La brodeuse n'avait aucune idée de l'impact que pouvait avoir ses propos sur la femme à qui elle les adressait.
Nadjka
Mais... Jamais on ne lui avait parlé de la sorte! Ni pointé un index accusateur! Par réflexe, Nadjka attrapa la main accusatrice et fronça les sourcils, prête à mettre fin à une situation d'insubordination d'une manière ou d'une autre... Et puis cette histoire de lanterne rouge des naufrageurs! Que savait-elle la brodeuse de la lumière? Nadjka savait quant à elle fort bien qu'il fallait connaître l'ombre pour recevoir la lumière... Heureusement, sa capacité à prendre du recul prit le pas sur son tempérament sanguin. Elle comprit la colère de la blonde. C'est vrai qu'elle l'avait emmenée de force, sans aucune explication, et qu'elle se retrouvait là sur cette plage... elle qui avait une peur absolue des voyages et ne jurait que par Saintes. C'est d'ailleurs bien aussi pour cela que Nadjka l'avait emmenée d'ailleurs.
Elle lui devait bien réconfort et explications. Elle passa son bras sur ses épaules et lui dit calmement:


Nous rentrerons à Saintes, bientôt, sois en sûre. Il me fallait une personne.... disponible pour une mission. Une partie de cette mission est accomplie mais pas totalement. Je te propose un rapide tour du Poitou, en repérage pour la tournée comtale, et c'est l'occasion aussi de faire de belles rencontres... Regarde Thémis d'un air entendu.
Avant de bien sûr rentrer à Saintes.
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Arylis
Quand Nadjka posa son bras sur ses épaules, Arylis sentit toute l'autorité et la retenue du geste. Elle avait beau être oppressée, ça ne l'empêchait de se rendre compte qu'elle avait touché une corde sensible. Elle comprit que la brune se maîtrisait pour ne pas la remettre à sa place, comme elle pouvait le faire à Saintes quand elle partait en vrille. La faute à Arrya !
La brodeuse hésita entre exploiter le filon, et se rendre. Sa nature douce et soumise prit le dessus et elle accepta d'écouter sa capitaine, l'estomac noué.

Nous rentrerons à Saintes, bientôt, sois en sûre. Il me fallait une personne.... disponible pour une mission. Une partie de cette mission est accomplie mais pas totalement. Je te propose un rapide tour du Poitou, en repérage pour la tournée comtale, et c'est l'occasion aussi de faire de belles rencontres...

Avant de bien sûr rentrer à Saintes.


Un repérage pour la tournée comtale ? C'était plausible ... La blonde savait que Nadjka avait des fonctions importantes dans l'armée du Poitou.

Une mission ? De quel type ?
Arylis allait poser la question quand la brune insista sur les belles rencontres qu'elles allaient faire. Elle eut envie de lui rétorquer que des rencontres, elle en faisait de très belles à Saintes ! Mais cette fois encore, elle laissa la victoire au statut-quo, un poids sur la poitrine.

La brodeuse hocha la tête et tâcha de faire davantage attention à Thémis.
Malgré son attitude plus qu'impolie, la brunette affichait un sourire rassurant et elle tenait toujours sa petite boîte ronde.
Arylis déglutit plusieurs fois pour détendre sa gorge et réussit à articuler quelques mots.

Bon ... jour.
Je suis désolée pour ... ça ...
Je ... Qu'est-ce que c'est ?


En attendant la réponse, la blonde s'écarta un peu de Nadjka. Elle ne supportait pas l'idée de la savoir loin, mais ne voulait pas non plus qu'elle pense que tout était oublié.
Themis
Un chien au milieu d'un jeu de quille? un cheveu sur la soupe? La brune n'en mène pas trop large... Pourtant les courriers de Nadjka étaient chaleureux et enthousiastes, comme toujours... Là, à les entendre faire une petite mise au point, il semblerait que la blonde n'ai pas aussi bien pris le départ et ce voyage que Thémis l'avait cru.
"maudite boite", euh... faut pas pousser quand même... instinctivement la jeune femme range son cadeau dans son sac.
Et tache de faire bonne figure, gardant son sourire amical coutumier, pour en pas dire légendaire... après tout, à toute fin malheur est bon, si il permet de mettre les choses en ordres. Pourtant Nadjka reste quelque peu évasive, tout en annonçant "un tour du comté"...

Puis, lorsque Arylis se tourne vers elle, elle accueille ses excuses et s'empresse de dissiper ce petit mal entendu:


Je vous en prie, c'est moi qui vous dois des excuses, de vous réveiller ainsi sans ménagement. Il faut dire que j'ai quelque réflexes malencontreux parfois, de par ma vie de caserne et de loin j'ai cru des gens égarés, faisant du campement sauvage...
Je n'ai pas une vue si bonne que ça, j'ai trop donné dans les registres et les bureaux mal éclairés trop longtemps avant de pouvoir enfin retrouver la lumière.


marquant une légère pause, et reprenant sur le ton plus posé ou désinvolte de la conversations de salon:
mais je suis toujours heureuse de rencontrer les amis de mes amis et je préfère de loin, les gens avec du caractère, car au moins on ne s’ennuie jamais et l'on apprendre toujours quelque chose à leur contact d'eux bien sur... et de soi-même. C'est un peu comme les voyages. Quand à ma "maudite boite" n'ayez crainte, c'est simplement de la fleur de sel que nous faisons ici.

Thémis ressort tout sourire la boite;
Si vous n'en voulez pas je la donne à Nadjka ou a je la garde pour moi? C'est très pratique pour la cuisine... Mais uniquement pour les mets les plus fins, juste quelques grain dans le caramel ou sur un toast au foie-gras par exemple.
On peu aussi en mettre un peu dans un bain de pied, après une bonne route ça délasse souverainement.

Se rendant compte que sa dernière "utilisation" peut paraitre incongrue en comparaison de la première donnée, la brunette rajoute un peu rapidement le rose aux joues:
c'est un truc que j'ai trouvé avec à l'armée, où l'on marche pas mal et où il faut prendre grand soin de ses pauvres petons, si on veut aller loin...
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Arylis
Le débit de la brunette était conséquent, et cette avalanche de mots eut l'avantage de rassurer Arylis. Si la bête d'angoisse restait soigneusement ancrée dans son ventre, piquant griffes et crocs jusque dans sa poitrine, elle était néanmoins curieuse de cette fleur de sel.

Sans un mot, la brodeuse tendit la main pour que Thémis lui donne la boîte et esquissa un pauvre sourire quand la rochellaise la lui eut remise.
Sourire tout petit, tout tremblant, qui voulait pourtant dire : "Merci d'être aussi tolérante et sympathique. Je suis désolée d'être désagréable et impolie. Merci de comprendre ou de ne pas chercher à comprendre. Je ne m'excuserai pas en revanche d'être morte de peur."

D'un regard, la blonde eut la confirmation qu'elle pouvait ouvrir la boîte pour regarder, et elle ne s'en priva pas. A l'intérieur, il y avait un amas de flocons, un petit tas de neige en boîte.
Quand elle les respira, les cristaux libérèrent leur odeur iodée, ou bien était-ce le brusque coup de vent qui ramena les embruns jusque sous son nez. Quoiqu'il en soit le cadeau lui sembla merveilleux, et un instant elle oublia où elle était.

Mais la réalité finit toujours par nous rattraper et un cri de mouette lui rappela la plage, la charrette, la distance à son foyer. La brodeuse repositionna soigneusement le couvercle, protégeant dans leur écrin les joyaux salés, puis elle referma ses bras autours de ses genoux.

Arylis vécut la suite de loin. Intervenant parfois, généralement spectatrice de la conversation des deux femmes. Une partie d'elle était contente d'avoir rencontré Thémis, appréciant la découverte de la fleur de sel. Mais une autre, dominatrice, lui criait qu'elle voulait repartir, que plus vite la route serait faite, plus vite elle retrouverait Saintes ...
Nadjka
La colère passée, la brodeuse finit par accepter le présent de Thémis. Curieuse qu'elle était, Nadjka avait hâte de savoir ce qu'il y avait dans la petite boîte... Quand la brunette annonça qu'il s'agissait de sel produit ici, un large sourire se dessina sur son visage: alors ça! c'était une excellente idée! Quel meilleur souvenir de La Rochelle que de la fleur de sel...Nadjka se répétait pour elle-même "fleur de sel", adorant le mot, le trouvant particulièrement poètique. La brodeuse ne pourrait pas dire qu'elle n'a pas reçu son salaire! Même celui de la peur!

Après avoir pris des nouvelles de la ville, son port, son arsenal, du castel de Lagord, évoqué l'absence prolongée de Lavatar, Nadjka prit congé de Thémis car elles devaient poursuivre l'aventure. Elle salua le commandant en second comme elle avait l'habitude de le faire et la gratifia d'un franc sourire.

Au plaisir de te revoir Thémis!

Nadjka s'installa à nouveau sur Euphrate, tendit le bras à Arylis, qui bien qu'hésitante l'attrappa. La brune la hissa sur la croupe de l'animal puis donna un coup de botte sec sur les flancs de ce dernier.

Calme, en avant, droit.
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Arylis
Au plaisir de te revoir Thémis!

Arylis avait acquiescé. Rencontrer Thémis et sa fleur de sel avait été un vrai plaisir, et la brodeuse se ferait une joie de discuter plus avant avec la brunette une fois prochaine, dans une taverne saintaise ...

Calme, en avant, droit.

Juchée sur la croupe d'Euphrate, Arylis s'était immédiatement cramponnée à la taille de Nadjka.
Un pas. Un autre. Le bel animal entama son voyage à un rythme lent et régulier.
La brodeuse ne l'aurait avoué pour rien au monde, mais cela était presque agréable.
La plage ...
La mer ...
Le sable qui s'étend ... Et invite à la course ! Nadjka n'y résista pas, sans doute désireuse de faire goûter à la blonde l'ivresse d'un galop le long des vagues.

Et le résultat ne se fit pas attendre.
Les yeux fermés à s'en fendre les paupières, Arylis détacha ses bras de la taille de la brune et se laissa choir . Le sable amortit heureusement sa chute et, dès qu'elle sentit de nouveau le sol, elle s'éloigna de quelques pas, réussissant l'exploit de ramper en courant.

Nadjka fit immédiatement demi-tour et revint vers la brodeuse, un air étonné sur le visage, peut-être légèrement moqueur.

Je ne remonte pas là-dessus !
Pardonne-moi Euphrate, tu es très grand, très blanc, très cheval. Mais quand même je ne veux pas !
Ca va trop vite, ça bouge trop et on risque de tomber !


L'inquiétude d'Arylis était telle qu'elle n'arrivait même pas à admettre qu'elle n'avait jamais été en danger. Que la seule à avoir provoqué sa chute c'était elle-même. Mais même si elle le savait, elle ne l'aurait avoué pour rien au monde.
Non !
Les faits étaient là. Elle ne remonterait pas sur Euphrate !

Assise par terre, le fondement dans le sable mouillé et le jupon commençant à s'imbiber, la blonde regardait la brune en haut de son perchoir.
Pendant plus de trente minutes Nadjka passa en revue tout son répertoire d'intonations, allant de l'autoritaire à la suppliante, en passant par la maternelle et l'amicale. Elle usa de douceur, de fermeté, menaça même de laisser la brodeuse sur place.
Ce fut probablement ce dernier argument qui fit mouche, car Arylis accepta de se laisser hisser une nouvelle fois sur le dos d'Euphrate. En quelques secondes, elle se retrouva entre l'encolure et la cavalière, et trouva cette position bien plus rassurante. Elles repartirent au pas tranquille du cheval blanc.



Entre La Rochelle et Niort

Arylis ne râlait pas. Elle ne se plaignait pas non plus. Elle se contentait de répondre par monosyllabe à Nadjka quand celle-ci l'interrogeait. Elle aurait bien voulu exprimer le sentiment de détresse qu'elle éprouvait, non pas à l'idée d'être sur Euphrate, mais plutôt à celle de s'éloigner encore de Saintes. Seulement la bête griffue dans son estomac avait resserré sa prise, et elle devait se concentrer pour seulement respirer.

Quand les murs de Niort se dessinèrent enfin à l'horizon, son angoisse diminua légèrement. Au moins, elles ne dormiraient pas sur les chemins.



NIORT

Nadjka avait finalement réussi à traîner Arylis en taverne. La brodeuse était désagréable, d'humeur boudeuse, voire larmoyante. Une première ! Il était évident que le voyage ne lui réussissait vraiment pas.

Elle tenta néanmoins de ne pas en faire subir les frais à la brune qui leur servit à boire. C'est qu'elle était aimable et leur donna même une devinette gustative.
Arylis connaissait déjà les bières aromatisées, notamment grâce à Victor_Colin le brasseur voisin de sa chère Tess. Mais aussi parce qu'un soir en taverne, avec un breton ... Ou un normand ... Enfin pas un saintais ! Ils avaient conçu l'Unalys, une bière mélangée à de la liqueur de prune.

- De la liqueur de prune ? Oui mais ici nous avons un autre ingrédient secret !
- Qu'est-ce que c'est ?
- Devine !
- Pêche ?
- Non.
- Est-ce que ça commence par un A ?
- Artichaud ? Abricot ?
- Non et non !
- Est-ce que se serait de l'angélique ?
- Oui !
- C'est quoi ?
- Une plante, une spécialité de Niort !
- ...

- C'est bon ...


Sarah venait de lui faire découvrir la bière à l'angélique !

Puis il arriva un moment où il fut temps de repartir. Sauf que les deux femmes et le cheval prenaient la direction de la capitale ... L'opposé du chemin qui ramènerait la brodeuse chez elle.
Arylis laissa Nadjka la hisser sur Euphrate.
La bête griffue s'amarra fermement à ses tripes.
Et en route !
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