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[RP] "Complice de sa destinée"

Spirit_a.
[Aux Champs Elysées, nan j'déconne]

C'était un jour comme un autre. Un jour d'automne assez triste, froid et maussade. La gamine redécouvrait le plaisir de l'air impur, des ruelles plus ou moins animées, des bousculades, des regards suspicieux, de la douce odeur des villages, de... En somme, Spirit Von Zweischneidig, sa blondeur, sa maigreur, et sa nain'eure. était de sortie. Son ami imaginaire 'Naïc, accroché à sa jupe beige, elle grelottait en se promenant dans cette ville qu'elle n'avait pas eu l'occasion de voir énormément. Son père - qui avait confiance en elle - lui laissait faire un peu ce qu'elle voulait. On remettra en cause ou non cette éducation à une autre occasion. L'important était là : le Petit Chaperon Rouge qu'était Spirit, toute fragile, toute grelotante, toute blonde, tout pâle était bel et bien en pleine rue un jour d'automne.

Elle se baladait sur l'avenue, le cœur ouvert à l'inconnu, elle avait envie de dire bonjour à n'importe qui. N'importe qui et ce fut toi et je t'ai dit n'importe quoi.*

A dire vrai, la môme espérait revoir un de ses copains, ou en rencontré un autre. A dire vrai, elle sortait et se mêlait aux passants pour briser sa solitude enfantine. Elle cherchait un compagnon. De discussion, de jeu, de bêtise. La première pensée de l'homme, qu'il soit lépreux ou forçat, infâme ou malade, grand ou petit, est d'avoir un complice de sa destinée. A satisfaire ce sentiment qui est la vie même, il emploie toute ses forces, toute sa puissance, la verve de sa vie.² Et Spirit cherchait un complice de sa destinée. Elle avait eu l'impression d'en trouvé un, un an auparavant, jusqu'à sa disparition. Elle avait besoin d'un autre complice. Complice de bêtises certainement. La môme était facile à entrainer. D'ailleurs, un de ses rêves enfantins étaient de rencontrer un pirate, un vrai de vrai, et d'apprendre le brigandage - pour le plus grand drame de son père.

Au bout d'un moment, elle finit par s'asseoir par terre, et ramasser des petits cailloux qui se trouvaient là par un mirifique hasard. Petits cailloux qu'elle entreprit de lancer sur le mur avoisinant. Parce que quand l'ennui est là, plus rien ne va, et qu'elle faisait bien ce qu'elle pouvait avec ce qu'elle trouvait. D'ailleurs, elle finit par râler - douce habitude contractée à force de côtoyer sa tante adorée :


Rha j'ai froid, j'm'ennuie, j'en n'ai marre !

Oui, c'est dure la vie de petite fille. Je ne vous le fais pas dire !



* O Champs Elysée, Joe Dassin
² citation extraite du roman Illusions Perdues, de Balzac

_________________
Siegfried.


Merdmerdmerdmerdmerde !

Ses courtes jambes le portent le plus vite qu'il peut droit devant lui, esquivant les jambes des adultes, les flaques d'eau stagnante toutes plus douteuses les unes que les autres et les feuilles rouges, jaunes, orangée tassées contre le sol par les multiples allées-venues des badauds.
Esquivant aussi et surtout le bougre potelé qui lui coure après en beuglant à ce qu'on lui rende ses sous dument mérités.
En parlant de feuilles, le pauvre homme auquel Siegfried avait dérobé sa bourse venait de glisser sur le tapis feuillu et ainsi avait perdu du temps dans la course poursuite qui opposait l'angélique petit démon au méritant travailleur. Une glissade qui n'est accueillie que par un ricanement et une moquerie par le sale gosse :


T'vois, même délesté d'un peu d'ton poids t'cours pas plus vite 'vec ton bide,gros lard !

Mais il ne s'attarde pas, car déjà le "gros lard" se redresse en fulminant et de honte et de rage au milieu de quelques rires et indignations quand à l'attitude du mioche.

30 écus de ma bourse à celui qui me chope cet enfant de salaud !

Le blondin recommence alors sa course sans attendre avec la bourse dérobée qui carillonne, suivant le tambour vif de ses pas sur le pavé. Il tourne successivement à droite, gauche, gauche, droite et gauche pour perdre ses nouveaux poursuivant cupides qui vocifèrent dans les ruelles.
Il jette un regard par dessus son épaule pour estimer la distance qu'il reste entre lui et eux alors qu'il aborde le dernier tournant, le souffle court.
Un regard en arrière très certainement jeté au mauvais moment, puisqu'il tombe sur une petite blonde un peu plus jeune que lui assise au sol. Il lui tombe dessus, littéralement. Et le tout fini en un joli roulé-boulé de mèches blondes et d'écus dorés, entre deux "Aïe !"

C'est pas bon du tout ! La bourse s'est ouverte, la moitié des écus a roulé au sol et... Mais... Mais c'est qui celle-là ?! Elle peut pas se bouger du champs de course sérieusement ! Bon dieu mais c'pas vrai, les filles ça se met tout le temps entre ses pattes, il en est persuadé maintenant !


Mais qu'est c'tu fout là ?! T'as fais tomber tout mes s...

C'est pas terminé, ils les entend arriver, eux, ceux qui veulent lui prendre son butin et le ramener au gros lard. Plus le temps d'engueuler son contre-temps. Il se se précipite pour remettre le plus d'écus possible dans la sacoche de cuir avant que d'autres rapaces - à savoir d'autres mioches - viennent lui piquer sa "collecte pour les bonnes oeuvres" qui s'est éparpillée sur le pavé. Il n'a le temps de sauver que quelques pièces de ses petites mains stressées, le cœur battant à l'idée de se faire attraper.
La fille ! Si il la laisse au sol là, au milieux des quelques pièces, elle va cafter et donner à ses poursuivants la direction qu'à pris Siegried pour fuir ! Le cobalt de ses yeux écarquillés par la frousse se dirige vers la donzelle un peu plus jeune que lui.

Ni une ni deux il l'attrape par le poignet, la relève de force et l'entraine vers une ruelle non loin faisant suite au mur qu'elle s'amusait à lapider de petites roches. Le tout évidemment poliment accompagné d'un sans appel :


Ramène toi !

La discussion ne se fait pas plus engageante tandis qu'il s'abritent accroupis à l'ombre d'un tonneau, hors de vue de la rue d'où ils viennent. Le marmot profite d'ailleurs de sa plus grande taille et force toute relative pour plaquer sa main sur la bouche de l'innocente blondinette et la maintenir derrière la cache improvisée.

Surtout, tu fermes ta bouche et tu bouge pas. Et promis on partage.

Il n'attend pas le signe d’assentiment ou de rébellion de sa part en réponse. Il la maintient baillonée et ferme les yeux simplement, il attend que ça passe. Qu'ils passent et ne les voient pas surtout. Siegfried se trouve même soudainement une conscience spirituelle dans son méfait et chuchote une petite prière pour augmenter ses chances, sait-on jamais

Pitié Très-Haut, rends nous invisible, rends nous invisible, rends nous invisible ... Et si tu peux... Rends moi riche aussi...si t'as le temps... S'teu plait...

Dix-sept longues secondes. Dix-sept longues secondes à attendre, paupières closes, l'arrivée des chasseurs de voleurs blonds improvisés. Dix-sept longues secondes à espérer qu'ils tracent leurs routes sans s’arrêter, tout droit, toujours tout droit. Dix-sept longues secondes avant de les entendre s'éloigner, sans qu'ils aient vu les deux enfants derrière le tonneau. Autant de secondes avant que la pression sur les épaules et le cœur de Siegfried ne se relâche, ainsi que sa main qui empêchait jusqu'alors à l'autre gosse de parler, plus ou moins. Après ce laps de temps, son sourire jaillit comme s'il n'avait jamais fuit la face du gamin. Et ce sourire s'adresse à la gamine.

T'as vu comment on les a entubés ?! On est trop fort ! Ils sont en train de courir après leur intelligence là, alors autant dire qu'ils vont courir longtemps pour la trouver ! Tiens, tiens, prend ta part associée !

Il en oublie même d'être radin, que c'est une fille et qu'elle a failli le faire attraper et décide de déverser le tiers de la bourse dans la main de Spirit avec un rire joyeux.
Sans oublier que dans son élan de soulagement joyeux le jeune "tueur de dragon" a toujours les meilleures idée du monde. Et parfois, le monde s'amuse à l'aider dans sa quête d'idée saugrenues. En lui donnant dans le champs de vision une blatte qui dévale le mur à côté d'eux par exemple.

Ses yeux bleues s'éclairent, la bourse volée est attachée à sa ceinture et ses mains deviennent prison pour cette pauvre blatte, coincée à l’intérieur de ses paumes. Quand soudain, enfin, il s'adresse à sa nouvelle "associée à mi-temps", prêt à l'écouter.


Ça te dit on fait une course de p'tites bêtes ?
Spirit_a.
Le lançage de cailloux contre le mur avait évolué en un drôle de jeu, preuve de l'imagination débordante de la gamine. Quand elle était avec son 'Naïc, tout devenait jeu. Et surtout des jeux de garçons. Le mur s'était donc transformer en un ennemi incroyable, d'où le lynchage que Spirit s'acharnait à appliquer à son adversaire de pierre. Et autant vous dire qu'elle avait encore du boulot avant d'arriver à l'égratigner. Elle était passionnée par ce jeu sans intérêt au point de ne plus rien entendre autour d'elle jusqu'à ce que... Bim, boum aïe !!!

Sans rien comprendre de ce qui lui arrivait la blondinette se retrouve écrasée, et projetée un peu plus loin dans un bling bling étonnant à défaut d'être assourdissant. A peine le temps de se remettre de la surprise et du choc qui l'a bien secoué, au vu de sa minceur, que le petit blond déjà debout l'engueule en ramassant comme il peut les écus. Spirit fronce les sourcils en se remettant sur pied, et entame un lissage en règle de sa jupe, parce qu'il faut être présentable en toute circonstance ! Elle entend l'agitation ambiante d'une oreille distraite, sans y prêter réellement attention. Elle se contente d'observer d'une mine un peu boudeuse l'autre môme qui s'empresse de ramasser des écus, et qui en oublie la moitié.

Pas le temps de finir de se rhabiller correctement qu'il s'approche, et voilà tit pas la tornade blonde embarquée dans une drôle d'histoire, à courir et être traînée dans les ruelles par le jeune blond légèrement fuyard. Un léger 'mais' s'échappe de ses lèvres, trop faible pour marquer une réelle contestation. De toute façon, il a l'air ailleurs, il ne l'entendrait pas. Et puis, c'est l'évènement de la journée. Et bien qu'elle ait un peu peur, elle court à sa suite, de façon aussi fluide et rapide que possible. Tout va très vite. La course s'arrête subitement. Au jeu du loup, suit le jeu du cache-cache. Et c'est vraiment amusant finalement ! Spirit, les yeux écarquillés par la surprise, un brin d'inquiétude, et une touche d'amusement vit le moment d'une étrange façon. Faut dire que le blondinet n'aide pas à la rassurer. Cacher, sans pouvoir parler - et on imagine combien la bavarde Spirit déteste ne pas pouvoir l'ouvrir quand elle en a envie - elle ne peut que le fixer en silence.

Partager ?! Mais partager quoi ? Les 4 pauvres piécettes qu'il a dans la main ? Il l'a prise pour une gueuse ou bien... ? Les sourcils se froncent d'un poil de mécontentement, pourtant, la mioche reste calme et stoïque, en fixant toujours le perturbateur du jour. Il n'a pas l'air rassuré non plus. Les yeux fermés, la môme sentirait presque la peur qu'il éprouve dans la main plaquée sur sa bouche. Choses qui l'écœure un peu d'ailleurs. La main, pas la peur. Parce que bon, elle n'a jamais été habituée à ce genre de traitement. Et qu'une main de gueux sur sa bouche bourgeoise, n'importe qui aurait trouvé ça dégoutant nan ? Heureusement que Spirit est assez tolérante. Et puis la prière et c'est le clou du spectacle ou presque. Elle lui aurait volontiers expliqué qu'on ne priait pas comme ça si elle n'avait pas été aussi surprise à nouveau. Silence, sourire, liberté. Quand on vous dit que tout s'enchaîne très vite. Et pour le coup, ça en laisse littéralement sur le cul notre jeune blonde. Bouche bée elle ne peut qu'assister à l'explosion de joie de son camarade blond.

Bon, Spirit finit par sourire, parce que dans cette simple exclamation de joie, le blond lui paraît tout de suite moins menaçant. Il l'associe, on dirait presque qu'elle est devenue son amie, simplement avec cette drôle de course et ce silence. C'est à vous faire devenir fou un sage tout ce bazar. Quand il rit, la môme rit également. De soulagement. Et de bon cœur, parce qu'après tout, une rencontre comme ça c'était époustouflant. Quelques pauvres piécettes se déversent sur sa jupe entre ses deux bras, et la môme baisse la tête pour fixer ce drôle d'échange. Elle n'avait généralement pas d'argent sur elle, mais son père lui offrait tout ce qu'elle désirait. Ou presque. Et ça valait toujours beaucoup plus que ... ça. Elle refuserait bien - parce que son père n'apprécierait certainement pas s'il la voyait avec "ça". Et pourtant elle se la ferme, regroupe les pièces et les mets dans une poche, parce qu'elle ne veut pas vexer ou fâcher son nouveau partenaire de jeu.

L'enfant lui paraît incroyablement vif. Pire qu'elle. L'ouragan et la tornade en duo... ça risquait de faire mal nan ? Il attrape elle ne sait quoi dans ses mains, et lui pose une vraie question qui lui permet - enfin !! - d'ouvrir le bec. Il aurait pas du, le pauvre ! La course de petite bête, vous me direz que ça risque fortement d'effrayer une petite fille bourgeoise peu habituée à la crasse et à ce genre de jeu. Oui. Et bien pas du tout ! Spirit avait passé un an, à ne rester qu'avec un jeune garçon aux idées aussi farfelues que celle de Siegfried. De la boue, aux insectes, elle avait tout traversé. Avec dégoût la première et puis... Le jeu prenait le dessus sur la peur et l'aversion, tant et si bien qu'elle en gardait de bons souvenirs. Oui, Spirit jouait davantage à des jeux de garçons que de filles. Parce qu'elle n'avait connu que des jeunes garçons de son âge et si peu de fillettes. Alors, à sa question enjouée, elle rétorqua de sa voix fluette :


Ouais d'accord ! Faut juste j'crouve une p'tite bête ! Dis, tu voudrais pas m'apprendre c'que tu viens d'faire là ? Ton jeu, où tu cours, et tu t'caches et tout...Par contre t'm'as fait un peu mal hein !

Oui, Spirit est un ange longue à la détente. Voler ? Ah oui... Peut-être. Ce qui ne changerait rien à sa requête vu qu'elle avait toujours rêver de devenir brigande. Sans attendre véritablement de réponse, la voilà qui se met à regarder autour d'elle à la recherche de la fameuse petite bête qui battrait la blatte siegfridienne à plate couture. Sauf que forcément, c'est toujours quand on cherche qu'on ne trouve pas. Et la blonde ne trouve pas LA petite bête.

T'en vois une toi ?

Oui parce que chercher n'a jamais été son fort à la môme. Elle est patiente, sauf pour ça. Bon et comme faut passer le temps, la voilà qui babille à nouveau.

Tu t'appelles comment ? Moi c'est Spirit. Et dis, ça t'arrive souvent c'genre d'cruc ? Ah là !

Oui, parce qu'une fille sait faire deux choses en même temps, elle a aperçu la petite bestiole idéale, et d'un bond, elle se lève pour aller l'attraper. Les mains refermées sur ce qu'elle espère être le futur gagnant de la course, elle rejoint son nouveau camarade.

Quand tu veux !

On vous avait prévenu, qu'il ne fallait pas la laisser bavasser ! Tant pis pour vous...
_________________
Siegfried.


Ça lui chatouille les mains pendant qu'elle parle. Foutue blatte, tu peux pas ranger tes antennes vicieuses deux secondes au lieu de tâtonner la main crasseuse avec ?

Il n'avait pas remarqué, mais maintenant qu'il a tout le temps de l'observer il peut voir qu'elle est bien habillé. Cent fois mieux que lui, au moins. Et propre avec ça ! Et là, pas la peine de quantifier la comparaison ... Sa puanteur ne se compare pas avec la douce odeur de la mioche qui se tient face à lui. Le seul point où il peuvent être semblable, c'est sur l'air joyeux qu'ils partagent et sur le blond qui vient rehausser leur sourire respectifs. C'est tout.

... Quoique...
Peut-être aussi peut-on les rassembler sur leurs centres d’intérêts. Il hausse les sourcils alors qu'elle lui demande toute innocente si lui, le gosse qu'on envoie chier -quand ça n'est pas plus- à la moindre occasion, ne pourrait pas lui apprendre à emprunter à durée indéterminée. Elle ? Une fille qui demande à apprendre l'art complexe et dangereux du vol à la tire ? Naaaaaaaaan ! Pas potib', elle doit se foutre de sa gueule.
Elle a pourtant l'air décidé, traitant même l'affaire de "jeu". Pour un peu, il en serait impressionné le marmot.
Mais bon... Elle se plaint d'avoir eu un peu mal par sa faute... Alors comment voulez vous qu'il la traite avec le plus grand respect après ça ?

Ses bras se croise avec un petit sourire en coin avant de répondre sur un ton qu'on pourrait qualifier de supérieur, ou de petit con, selon le point de vue :


C'pas un jeu pour les p'tites filles qu'on mal pour rien t'sais ? Et faut un poil de talent pour bien voler, alors qu'toi... Pas sûr qu't'en ai...

Oh mais attend... Si, elle peut être utile, même si elle s'avère nulle à souhait pour détacher les bourses. En tant que diversion ! Faut vite revenir sur sa parole.

Mais euh... C'possible que tu sois doué... Faudrait tester. J'vais t'apprendre, mais faut bien m'écouter et faire tout qu'est c'que j'te dis.
T'saurai pas jongler ? Marcher sur les mains ?
Te vendre ? Ah non... On y pense pas à cet âge là.
Un truc pour distraire le passant quoi !

Il espère qu'elle l'écoute, parce qu'il la voit fureter partout des yeux.

T'en vois une toi ?

Ah mais oui bien sûr, elle cherche une bébête pour le battre ! Enfin le battre... Le concurrencer tout au plus. Et la voilà qui parle de la pluie et du beau temps, quasiment. Mais il n'a pas le temps de répondre qu'elle se précipite déjà sur... Quelque chose. Certainement son compétiteur minusculisime. Génial. Il sourit quand elle lui propose de commencer. Il allait enfin pouvoir se mesurer à quelqu'un !
Parce que bon... C'est pas que le gosse ne les cherche pas, mais il ne se trouve aucun copain. Peut-être la faute à son comportement presque animal de vouloir conserver un "territoire"... Et de fait, de tabasser tout les gosses qui y entrent pour qu'ils ne lui piquent pas son poste de chapardeur en titre.
Peut-être.

Mais elle lui a posé une question, il faut y répondre.


Siegfried. j'm'apelle Siegfried. Et ouais, assez souvent. Mais comme j'suis doué et qu'ils sont nuls, j'm'en sort toujours. Suffit d'avoir la technique. Et de la chance.
Mais ça, on ne le dira pas.

Il fallait qu'il prépare le terrain pour la course. Et pour ça, il allait avoir besoin de ses deux mains. Philibert, ou le terrain ? Le terrain, ou Philibert ?
Philibert, c'est sa blatte. Ne vous moquez pas, c'est un charmant prénom.

Il choisit de garder Philibert ! C'est son protégé après tout, il va pas le passer dans les mains de l'adversaire blonde. Elle pourrait lui casser discretement une patte rien que pour gagner...

Il s'agenouille donc et désigne dans la ruelle qu'ils occupent une feuille reposant au sol à 10 mètres d'eux ,remarquable par rapport à ses consœurs déchues au vu de la vive teinte rouge qu'elle arbore.


Viens, met toi à genoux aussi. A trois, on lâche les concurrents et le premier qui arrive à la feuille rouge là-bas a gagné. L'insecte qui perd, on lui arrache les pattes, et celui qui gagne, on le balance dans les cheveux d'quelqu'un qu'à l'air vachement riche.

Tout semble parfait non ? Sauf peut-être le fait que Siegfried n'ait pas pris en compte le fait qu'un insecte, ça ne va pas forcément tout droit, et certainement pas vers là où on lui ordonne.... Il aurait du préparer le terrain.

Prête ? Un.... Deux....Tr...
Spirit_a.
C'est ce qui s'appelle faire connaissance, dans langage enfantin. On se demande pourquoi les adultes s'embêtent autant pour "faire connaissance". Les grands et bleus yeux spiritiens fixe un instant le surprenant comparse du jour. C'est vrai qu'il ne sent pas très bon, mais Spirit a l'habitude de fréquenter des nobles enfants, comme des enfants de brigands, de paysans, ou des rues. Aussi cela ne l'étonne qu'à peine. C'est vrai qu'il est sale, mais qui ne le serait pas. Il est blond, et forcément, ce trait là est très important. Spirit adore les blonds. Le blond, c'est la vie. Même si c'est vrai qu'il a l'air plus chiant qu'attachant ce môme là. Ce côté supérieur et sûr de lui que la blondinette aperçoit dans ce sourire en coin, sans vraiment comprendre de quoi il retourne. Il entame plutôt mal sa première phrase. Spirit déteste qu'on dise qu'elle était "petite" qu'on parle de "petite fille" - parce qu'elle avait quand même 7 ans hé ! ou de petite pour la taille - parce que ce n'était pas de sa faute non mais ! Et pis c'était quoi "un poil de talent" ? Suffisait de lui dire où trouver ce poil, et elle irait le chercher. C'est dans le nez, c'est un des cheveux ? Pour ne pas se poser trop de questions ou se vexer, elle reprend sa chasse à la blatte du regard. Elle l'écoute distraitement, sans répondre de suite à sa question. Distraire les passants ? Trop facile !

Bestiole enfermée dans ses petites mains, elle reporte son attention sur l'enfant qui se présente, et se vante légèrement. Elle lui offre alors ce sourire qu'elle sait si bien faire, ce sourire qui faisait chavirer tous les adultes à en devenir gaga de la miocharde. Seule sa mère y résistait à merveille, à ce sourire pourtant sincère. Il n'y a pas d'enchanté. Parce qu'on ne se prend pas la tête avec ces conventions langagière quand on est jeune en pleine rue. Et les voilà déjà qui "prépare" la course. Spirit suit son nouvel ami et se met - comme demander si gentiment - à genoux à côté de lui - sans crainte aucune de salir sa jupe qui sera d'ailleurs légèrement salie. Mais on lui pardonnera cette énorme faute. Elle sourit, toute amusée à l'idée de balancer l'insecte sur la tête de quelqu'un de riche, oubliant qu'il pourrait s'agir de son père.


J'suis d'accord !

Et de jeter discrètement un coup d'œil à son ami imaginaire 'Naïc. Bah quoi, s'il pouvait l'aider à faire gagner sa petite bestiole et à la sauver de l'arrachage de pattes, c'était non négligeable ! Et rapidement, la gamine se reconcentre, et c'est en cœur qu'elle lâche :

Ois !

Et d'ouvrir la main pour laisser jaillir tel un bolide son Gregor à elle. Et de crier des encouragement à son petit Gregor. Avant d'écarquiller les yeux en voyant les blattes affolées partir partout sauf là où on les attendait. Entre celle qui faisait demi-tour, et la seconde qui dérivait incroyablement vers la droite... C'était pas gagné tout ça. Il n'en faut pas plus pour que la môme éclate de rire. Et d'un bond elle se relève en jetant un coup d'œil à Siegfried avant de déclarer :

On les rattrape ou tu m'apprends l'autre cruc ?
J'sais lancer la dague, et raconter des histoires. J'crois qu'les deux ça peut occuper les passants nan ? J't'aide une fois, et après tu m'apprends pour de vrai ? J'veux pas juste occuper les passants moi ! Pis en plus après, tu vas partir et j'vais encore être toute seule ! Si tu m'apprends, j'te rend les sous qu'tu m'as donné tout à l'heure. T'es d'accord ?


Oui bon bah Spirit, le temps que tu bavasses, bavasses et bavasses encore, les blattes se sont enfuis et ont disparu dans les sales recoins de la ruelle. Haussement d'épaule. On s'en fiche nan, on trouve des blattes un peu partout en ville de toute façon. Et comme la môme a besoin de se dépenser, elle reprend sa tirade en lâchant

S'tu veux pas, je te jette plein de feuilles sur la tête !

Bah oui quoi. Il la prend pour une petite nature, alors elle veut lui montrer qu'elle sait aussi être fofolle, qu'elle n'a pas peur de se salir, contrairement à d'autres petites filles nobles ou bourgeoises. Tout cela doit venir des trop grandes restrictions des 5 premières années de sa vie. Aujourd'hui, elle profite de tout. Surtout qu'elle sait que quoi qu'elle fasse, son père ne la grondera jamais. Enfin... elle le pense du moins.
Alors Siegfried ? Qu'Est-ce qu'on fait maintenant ? Bataille dans les feuilles mortes dégueulasses ou vol à l'étalage ? Vois-tu la blondinette qui se rapproche doucement mais sûrement d'un tas de feuilles mortes qui se trouve là ?

_________________
Siegfried.



J'suis d'accord !

Elle est d'accord. Que demander de plus. D'ailleurs, même pas besoin de lui demander plus, elle lui offre déjà un charmant sourire d'elle même. Et comble de la perfection, elle s'agenouille à côté sans broncher ! Il allait peut-être pouvoir en faire quelque chose de cette -beurk- fille. Peut-être même l’intégrer dans sa bande !
Bon, pour l'instant il faut bien l'avouer, il a une bande composée de une seule personne, soit lui-même. Mais c'est déjà un début. De plus, si il invitait la gosse à le rejoindre, sa bande serait composé de deux membres au lieu de un, soit subitement deux fois plus de compagnons ! Deux fois plus ! Rendez vous compte de l'exploit !

Il s'imagine déjà mener sa troupe à travers les rues sombres tel un grand général - grand par le pouvoir du moins parce que la taille, c'est pas encore ça-, jusqu'à ce qu'on le nomme même "Sa Majesté des pavés". Il mettrait à sac les cul-de-sac, jouerait des tours de passe-passe dans les impasses ... Un vrai médicastre des artères urbaines du Royaume eeenntier, prenant plus d'or et de sang à ses malchanceux patients qu'il ne les guérirait.*

Ce serai grandiose. Et ça restera sans aucun doute à l'état de rêve, et non de fait, vu les talents en matière de socialisation que possède le belliqueux blondin.
Mais trêve de rêveries. La course va commencer au décompte. Les deux voix se joignent alors que les blattes sont relâchées dans le même temps.

Trois !
Trois !


L'affrontement est titanesque. Les deux insectes se bataillent farouchement pour atteindre le premier l'objectif pendant au moins ... Une demi-seconde. A partir de là, les stratégies divergent, les concurrents aussi. Philibert préfère prendre un raccourci mal calculé en revenant sur ses pas à toute vitesse; tandis que Gregor lui préfère partir estimer la difficulté de la piste en se dirigeant vers le mur de droite d’où il aura une fort belle vue d'ensemble du terrain.


Noooon ! Philibert attends ! C'est pas par là la feuille ! Mais qu'est c'tu fout ... C'est en faaaaace ! Non ! Mais non ! Là tu lui fait pas face tu lui montre ton cul ! Merde ! L'autreuh sens !

Le petit blond souffle en voyant sa bête de course se faire la malle vers un avenir meilleur, bras croisés et passablement vexé. Mais son petit caprice est cependant fortement atténué par le rire de la blondinette à ses côtés. L'entendre s'esclaffer lui tire même un sourire. En plus, elle non plus n'a pas gagné, donc il peut se le permettre.

La blancheur du sourire ne se ternit pas alors qu'elle le questionne, le menace même ! Il en est même à oublier qu'il vient de paumer son Philibert. Il croise les bras avant de répondre. Ça lui donne toujours l'impression de maitriser la situation.


À mon avis Princesse, t'devrais pas foutre tes mains là-d'dans. J'suis sûr qu'un poivrot s'est soulagé d'dans ou qu'plein de p'tites bêtes grouillent entre l'feuillage. Si c'est pas les deux. Alors j'vais plutôt t'apprendre l'emprunt définitif.

Pourquoi Princesse ? Il ne sait pas trop, ça lui avait paru une bonne idée comme surnom. Avec son apparence qui a tout de la noblesse, il lui a semblé naturel dans l'instant de la surnommer par un titre. En plus, dans sa bande, il veut que tous se donnent un surnom. C'est mieux, plus discret, et tellement plus la classe.
En parlant de classe, elle est en train de lui voler le monopole du talent. Ce qu'il lui fait tirer une tronche plus que surprise, teintée d'admiration. Et de jalousie, avouons-le.


T'sais... Lancer des dagues ?!
Écoute, on va faire un accord. Tu m'aide une fois à distraire les gens. Là, j'te laisse le choix : Soit le lancer d'couteaux, mais j'ai pas d'couteaux moi, soit l'histoire que tu gueule bien fort à tout l'monde pour les attirer. Je pique les sous pendant que tu cause ou t'exerce et c'est dans la poche. Littéralement.
Puis j't'entraine à devenir comme moi. Un professionnel du vol à la tire. T'verra, c'est pas trop dur, mais faut connaître la technique. Ma technique. Et y'a pas d'essais. Soit tu gagne une bourse, soit tu perds une main.
En échange, j'veux que toi t'm'apprenne à lancer la dague.


Une main est tendue vers la jeune associée et future disciple de manière presque solennel. C'est un accord entre deux têtes blondes qui se joue là, à l'ombre d'une rue dégueulasse à souhait.

T'marches ? Tope là.

Si elle acceptait, il aurait tôt fait de l'emmener sur son terrain de jeu et d'entrainement, la trainant encore par la main : Le quartier marchand.



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*Ouais, moi j'fais des rimes quand j'm'exprime ouais ...
Spirit_a.
Siegfried était une bande de jeunes à lui tout seul. Le genre à se battre jusqu'au dernier pour sauver la peau de son propre derrière. Mais Spirit n'aimait pas voir des gens seuls. C'était plus fort qu'elle, une révolte intérieure venant tout droit de son enfance solitaire auprès de sa mère. Aussi s'était-elle prise d'affection assez rapidement pour le chapardeur des rues. Son naturel joyeux et sa capacité d'adaptation avait fait le reste. Les cris de Siegfried sur sa blatte la firent rire aux éclats. A moins que ce ne soit le nom de Philibert. Et finalement, on peut se dire que le blondin est plutôt facile d'approche. Spirit lui ferait travailler sa sociabilisation. Elle adorait ça elle les gens, la société, les bavardages. Rien de plus facile, rien de plus appréciable. Ah, sortir de sa solitude, être entouré, apprécié... Que demandez de plus ? D'autres vous auraient répondu la liberté, l'intelligence, la richesse. Spirit elle, ne jurait que par l'amitié, l'entourage, la tendresse.

Toutefois, l'enfant n'est pas stupide. Elle observe et tente d'agir en fonction du caractère qu'elle a perçu en face. D'où la petite menace lancée à la légère. Elle ne le quitte pas des yeux tandis qu'elle se déplace lentement vers le tas de feuille, apercevant ce sourire qu'elle voit réellement pour la première fois. Ce qui, invraisemblablement, lui tire à elle aussi un sourire. Et de sourire plus grandement encore lorsque lui échappe un surnom qu'elle affectionne tant : "princesse". Elle se sent monter en grade subitement. Cela veut dire qu'il la prend plus en considération. Même si la phrase tourne à l'ironie, Spirit n'associe pas encore toutes les idées de la sorte. Elle jette un coup d'oeil sur le tas de feuilles, à la mise en garde de son nouvel ami, avant de le regarde de nouveau, l'air de dire : "mais, j'suis pas une poule mouillée moi ! j'ai pas peur de m'salir !" Mais, elle n'a pas même besoin de le lui prouver puisqu'il accepte la proposition. Un nouveau grand sourire éclaire le visage nouvellement qualifié de Princier.


T'sais... Lancer des dagues ?!

Et la gamine d'hocher vigoureusement la tête. Elle aurait bien voulu lui expliquer que sa tante, qui était brigande, le lui avait enseigné et qu'à force d'entrainement elle n'y arrivait pas trop mal. Seulement elle ne put se permettre une telle réponse puisque Siegfried se laissait emporter dans une longue tirade à visée persuasive, façon négociant frauduleux. Mais Spirit l'écoutait, toute ouïe. Il était plus grand qu'elle après tout. Certainement plus débrouillard et plus malin aussi. Il savait ce qu'il voulait et se débrouillait généralement pour l'obtenir facilement. Enfin, parfois, trop de franchise tue l'envie. Perdre une main ?! Au fur et à mesure du petit monologue siegfridien, la gamine écarquillait un peu les yeux, et ravalait sa salive. C'était bien risqué tout ça... Et pourtant, l'envie était grande d'apprendre cette chose interdite proposée si souvent par sa tante, toujours refusée catégoriquement par son père. Mais aujourd'hui, son père n'était pas là. Et il était plus facile de l'amadouer en lui disant qu'elle allait jouer avec un copain que faire les étalages marchands avec sa tante. L'avantage résidait dans le fait qu'il ne connaissait pas Siegfried. La môme réfléchit à cela très rapidement, et elle hocha gravement la tête. Elle voulait le faire. Et elle y arriverait. Et si vraiment la panique et la peur l'emportait après l'explication de SA technique, il serait toujours temps de faire marche arrière.

La main voleuse est tendue, et se trouve bientôt rejoint par la petite main blanche de la fillette. Un léger "clap" se fait entendre lorsque les deux mains se rencontrent en une tape amusante, geste que la môme n'avait jamais eu l'occasion de faire elle-même. Siegfried était son précepteur du jour. Précepteur de bêtises, mais précepteur tout de même. Le garçon des premières expériences ! Spirit sourit toujours, malgré cette petite boule au ventre qui la rend un peu penaude.


ça marche ! On fait tout ça. Je distrais, tu voles, tu m'apprend, et je t'apprends le lancer de dague. Mais on n'arrivera pas à tout faire aujourd'hui j'pense ! Faudra qu'on se recrouve demain !

Bah voilà, la gamine négocie déjà la longévité de l'accord tacite. Fallait dire qu'elle s'ennuyait tellement aussi... Pour une fois qu'elle rencontrait un copain intéressant et énergique, elle n'allait pas le laisser s'échapper de suite. Mais, ils auraient bien le temps de rediscuter de tout ça par la suite. Pour le moment l'important c'était la démonstration de vol. Siegfried n'attend que peu pour l'embarquer de nouveau dans le dédale des rues pour rejoindre son fameux terrain de jeu. Spirit était impressionnée, il semblait connaître chaque recoins, savait exactement où il voulait aller, et comment y arriver. Elle se laissait traîner, elle suivait docilement son acolyte du jour. Elle se disait dans sa tête que si elle était princesse, il était le seigneur du lieu, il y régnait en maître - encore incontesté pour le moment. Elle se permit tout de même de lâcher doucement :

Sieg' ? Hé dis,... faudra que tu m'expliques un peu avant quand même ! combien de temps j'dois tenir et tout, et pis où on se retrouve après tout ça ! Sinon on va s'perdre, ce s'rait dommage.

A qui le dis-tu ?!
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Siegfried.


Les deux têtes blondes battent le pavé. Avec leur pieds, pas avec leur tête, entendons nous bien. C'est au jeu de qui esquivera le mieux la pesante sacoche d'untel qui manque de nous éborgner, le pied d'unetelle qui tente de nous pulvériser l'orteil et le canasson au cavalier rêveur qui pourrait nous graver sur la trogne la marque disgracieuse d'un splendide fer à cheval. Ça porte chance paraitrait-il, mais assez rarement dans le cas évoqué. En bref, il fendent la foule.

Dans la fourmilière qu'est cette ville, Spirit et Siegfried passent pour de minusculissimes insectes aux reflets citronnés tentant coute que coute de se faufiler dans les avenues du bruyant, sale et coloré nid terreux. Heureusement, à force d'y vivre, le blondin en connait tout les boyaux moins fréquentés - et pour cause !- et se permet d'en faire la visite à sa Disciple. Ses yeux méfiants se posent partout à la fois, soucieux d'éviter toutes rixes ou mésaventures d'un tout autre type, mais bien plus désagréable encore qui ont lieu dans le coin. N'est pas né celui qui arrivera à le choper dans une ruelle... Enfin... C'est cependant plus facile de s'échapper seul qu'accompagné d'une apprentie voleuse de 7 ans en jupette ... La main du garçon se resserre sensiblement sur le poignet de la gamine.
Juste au cas où.

Ils rasent des murs connus par coeur par Siegfried pendant un petit bout de temps, font quelques détours à son initiative quand un ivrogne semble ne pas avoir finit de cuver tout à fait son vin ou qu'un "charmant" monsieur ou une "exquise" dame les regarde avec un peu trop d'insistance à son gout. Ça n'est pas que le morpion blond tourne à la paranoïa mais ... Si, un peu, tout de même. Les autres d'façon, c'est l'enfer. Donc mieux vaut les éviter, sauf quand on est certain de pouvoir les éliminer d'un coup de botte bien placé. La marche rapide s'effectue en silence. Sans aucune pause.
Juste au cas où.

Enfin ! Sorti ! Ça n'est pas tellement que le voyage a été long dans les boyaux miteux de la cité, mais cela lui demandait un effort constant d'attention et de prévention. C'était tout à la fois angoisse et défi. D'autant plus avec quelqu'un, une nouveauté pour lui. Aujourd'hui, le défi a été remporté haut la main.
Les deux mioches sont maintenant sur la ronflante place du marché, l'épicentre du raffut qui agacent les rues alentours par son bruit de fond constant. Le lieu de toute les échanges, du plus noble au plus... Au moins noble, même s'il fallait être attentif pour le remarquer. Ici, ça pue un peu la pisse, mais surtout l'argent. C'est son terrain de jeu. Et bientôt, ce sera le leur.

Il en profite pour rêvasser un peu, et sourire de ses souvenirs tout neufs, puisqu'ils datent d'il y a une dizaine de minute à peine. Elle avait topé ! L'accord était passé ! Il avait un accord avec quelqu'un ! Même le fait d'évoquer la peine possible du démembrement ne lui avait pas fait tourner les talons. Oui ses yeux avaient bien du doubler de volume durant l'explication mais au moins avait-il pu les observer ces yeux, et non pas voir le dos de son associée s'éloigner alors qu'elle fuyait vers des enseignements plus sûrs. En le laissant là. Seul. Sans Philibert.
Lui qui pensait son coeur uniquement utile à battre la mesure lors des courses contre les gros lards riches, il découvre qu'il peut aussi réchauffer son maigrelet poitrail. C'est pas si désagréable, l'affection.
Le sourire s'étire quand il se rapelle de ce qu'elle lui a promis en échange de ses leçons. Vraiment, ça commencait comme une journée de merde mais... finalement. .. attendez moi, dagues chéries !

Mais elle lui a posé une question. Fort à propos par ailleurs, tant qu'il en rôsit de ne pas en avoir parlé.

Mais comprenez aussi, c'est la première fois qu'il travaille en équipe !


Oui alors euh ...c'est facile je vais...
Croiser les bras vite. Et reprendre son souffle. Voiiilà.
C'facile Princesse, t'auras fini quand moi j'aurai fini et que je viendrai t'interrompre dans ta diversion. J'te ferai passer pour ma frangine qui s'est enfuit et que j'viens récuperer. L'excuse passera toute seule. Même pas besoin de se séparer pour la fuite comme ça, on repars à deux comme si de rien n'était.

Les marchands ont toujours la main proche de leur bourse donc si t'peux les faire applaudir pour moi...

Allez... Fais bien la diversion aujourd'hui et demain tu passe à l'acte. Raconte leur n'importe quoi ou impresionne les, mais fais le bien. Parce que y a pas d'essai.


Un clin d'oeil complice est donné à la petite blonde en guise d'encouragement -et pour la rassurer un peu aussi oui -avant que Siegfried ne se mèle à la foule, paré à trancher des liens.
Spirit_a.
Spirit se laisse emporter par son nouveau complice de bêtise. Elle lui fait entièrement confiance, et ne remarque qu'à peine sa méfiance à lui, en traversant les ruelles. Elle ne se rend pas compte si les gens, les catins, les étranges les regardent ou non, et de la manière dont ils les regardent. Non. Spirit n'a d'yeux que pour le blondinet qui est devant elle. Elle ne le quitte pas des yeux. Mais c'est davantage pour ne pas le perdre de vue. Hé, vous pensiez quoi ?! Bin oui, petite bourgeoise seule au milieu d'une rue mal famée ne ferait pas le poids longtemps. Et là, c'est l'arrêt sur image, tandis que la chaude entrave autour de son poignet se desserre doucement. La place du marché est là, rutilante, grouillante, animée. Forcément, c'est la seule place toujours animé des villages. Un lieu sûr. Pas étonnant que le Seigneur des rues le considère comme son terrain de jeu favori. Spirit le regarde toujours. En dehors de la crasse et de l'odeur, il est plutôt mignon cet enfant. Elle le regarde, et constate ce grand sourire mi niais mi ravi, mi rêveur - oui pour Spirit il peut y avoir trois moitié d'abord ! Alors la blondinette sourit aussi. Parce qu'elle adore ça voir les autres sourire. C'est son côté mère Theresa, vivant au pays des fée.

Mais bon, comme faut pas déconner et que l'admiration de son profil gauche est bien sympa cinq minutes mais qu'elle a tendance à vite s'ennuyer, le rappel à l'ordre se fait entendre. Elle continuait en se dandinant légèrement de le fixer du regard. Parce qu'il était trooop mignoooon ! Suffisait de le regarder bafouiller légèrement et de se reprendre en croisant les bras pour garder sa suprématie pour que la gamine sourit de nouveau de toutes ses belles dents blanches pas si bien alignées. Puis le sourire s'efface et la concentration est à son comble, durant l'explication tâtonnante du comparse.

Ce qui en soit pouvait être une bonne idée, pouvait aussi complètement foiré. Parce que bon, certes ils sont blonds tous les deux, mais tout de même, Anna ne pue pas autant que lui. Anna est mieux habillée que lui. Anna est... Bref ! frère et sœur ? ça sent la privilégié à pleines narines de nez bouché ça ! ça sent le foutage de gueule ! ça sent la galère de dernière minute ! Nan ? Bon, peut-être qu'en étant bon comédien, l'excuse passerait. Sans mot dire, la mioche hoche la caboche* et enfourne les mains dans ses poches ! Elle inspire, expire, respire. Parce que, mine de rien la pression monte. Les faire applaudir ? Oui mais comment ? Spirit était certainement une charmante petite demoiselle, mais elle ne s'était jamais réellement donnée en spectacle. Plus les informations lui arrivaient, plus une inquiétude vicieuse s'insinuait en elle. Qu'Est-ce qui fait applaudir les gens ? Les faire rire ? Mais Spirit n'est pas drôle pour deux sous ! Les impressionner par une représentation spectaculaire... Si seulement elle avait eu sa dague sur elle ! Mais ce n'était pas le cas ! Alors quoi hein ? QUOI ?! Tout tourne très vite dans la tête blonde à la recherche de LA bonne idée du jour. Sauf qu'elle n'a pas même le temps de la trouver que déjà Siegfried s'en est allé sur un clin d'œil et une bonne pression refourguée sur ses petites et faibles épaules.

"Fais bien la diversion. Fais le bien. Pas d'essai. Bien...Bien... bien... !" ça résonne dans sa caboche. Réellement, elle pourrait presque se faire pipi dessus, tant elle angoisse, tant elle veut ne pas décevoir son nouvel ami. Parce que c'est quand même vachement risqué cette histoire, mine de rien. Mais elle se retient parce que ce n'est pas un tel spectacle qui ferait applaudir les riches bourgeois et noble. Parce que le Siegfried est vachement rassurant ! si si, je vous assure ! Si tu te fais prendre, on te tranche la main, y'a pas de coup d'essai, alors tu te débrouilles, tu réussis. Très bien monsieur, et avec ça qu'est ce que je vous mets ? Une paire de ... ? Oui bah va lui en falloir à la miocharde !

D'ailleurs, ça doit bien faire 10 minutes déjà que le petit chapardeur est parti, et que Spirit, elle, n'a pas bougé d'un poil, perdue qu'elle était dans sa réflexion du : "j'fais quoi, j'fais quoi, j'fais quoiiiii ?!" Elle respire profondément, pour se calmer et puiser au plus profond d'elle-même cette petite dose de courage nécessaire, et se lance enfin dans l'arène. Elle a prit une drôle de décision. Elle ignore totalement si ça marchera. Elle ne sait pas si les gens l'écouteront ou l'applaudiront comme l'avait demandé Siegfried, mais il n'est plus temps de reculer. Qui ne tente rien n'a rien. Anna est au centre de la place, et elle se met à lever un bras en l'air en criant le fameux "oyé oyé !" de sa petite voix fluette et pourtant portante. Si les gens s'approchent ce serait davantage pour regarder ce petit clown ambulant, surprenant qui essaie tant bien que mal d'attirer l'attention des passants. Et puis Anna prend la parole. Le rire n'étant pas son fort, elle mise sur le pathétique et la pitié. Elle leur explique qu'elle avait connu un conteur qui l'avait fait rêvé avec ses histoires, qui venait de mourir. Elle raconte qu'elle lui avait fait promettre de lui apprendre son métier, mais qu'il n'en avait pas eu le temps, et que donc, elle voulait lui rendre hommage, lui faire honneur, en essayant de raconter une histoire, pour obtenir l'avis des gens présents sur la qualité ou non de son récit. C'est sans doute héréditaire cette façon de se transformer de façon innée en marchand de tapis. Elle avait, après tout, tout un lignage de marchands derrière elle. Une fois son laïus terminé, la petite se racle la gorge, se frotte un peu les mains en fermant les yeux, et lorsqu'elle les ré-ouvre, elle a oublié la pression qui pesait sur épaules. Elle se croit dans sa chambre, à raconter des histoires à ses poupées. Elle se met donc à chanter en ressortant de mémoire une histoire qu'elle avait lu dans les livres de son père, improvisant le rythme du chant, pour narrer le lais intitulé "Bisclavaret"


En Bretaigne vivait un ber. C'était un beals et bon chevaliers, amez de tuz ses voisins et de son seigneur. BlaBlaBlaBla. Et le chevalier épousa la dame que lungement aveit amée. Lalalalaaaalilaloula. Mais le pauvre chevalier chaque nuit de pleine lune disparaissait et sa femme voulu savoir son secret, croyant qu'il la trompait. Il lui révéla son secret : il était un Loup-Garou. Dalalilaloulilala [...]
Elle partit avec l'homme pour qui elle avait trahi son époux, et elle en eu beaucoup d'enfant, bien reconnaissable car ils naquirent et vécurent sans nez, c'est la vérité.


Durant tout son baratin sur l'histoire de cet homme se transformant en loup-garou, trahi par sa femme, et finalement sauver par son roi, Anna chantait fort, accélérant et ralentissant la cadence en suivant le rythme de l'action qu'elle connaissait par cœur, faisant de grands gestes théâtraux sur-interprété, mais qui se voulait captivant. Elle regardait les gens sans les voir, emportée par son récit. Elle imitait trop gracieusement le roi, mimait le loup garou en montrant les dents et les griffes qu'elle n'avait pas. Elle se ridiculisait en direct mais... si ça marchait pourquoi pas ? Toute la question était là, et le problème était qu'elle n'avait pas vraiment fait attention à la fluctuation des quelques passants qui l'écoutaient. Avait-elle suffisamment distrait les riches passant pour permettre au jeune Siegfried de dérober discrètement ? Rien n'était moins sûr. La fin du Lais la ramena à la réalité, et le bref silence qui se produisit lui glaça le sang. Siegfried, dis-moi que tu as fini !!! Je sais plus quoi faire moi maintenant ! La voilà qui promène son regard de droite à gauche... en attendant anxieusement que son comparse vienne la délivrer. Parce que quand même, elle avait chanté pendant un sacré bon bout de temps ! Au bout d'un moment, fallait se contenter de ce qu'on avait quoi ! Fais pas ton rapiat ! Ramène ta fraise ! Si seulement il avait réussi à avoir quelque chose... Aller mon p'tit voleur préféré ! Viens donc ! Petit Petit Petit !!! Gênée, elle se contente de murmurer nettement plus doucement que jusqu'alors un : Euh... Alors ?
Allez quoi, reviens Léon, elle a pas le même à la maison, c'est bien pour ça qu'elle veut rester un peu avec toi ! M'abandonne pas ici, toute seule, entre les sales pattes de ces idiots de bourgeois. Papa excepté heyp !


*Parce que l'assonance c'est la vie ! och !
Lais Bisclavaret, issu des Lais de Marie de France.
"En Bretagne vivait un baron. C'était un bon et beau chevalier, aimé de tous ses voisins et de son seigneur."
Musique : One Republic All the Right Moves, pour le clip

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