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[RP] L'ombre du passé s'appelle avenir*

Lenaic_
*Proust (Et Spirit_à.)


Le Printemps arrivait, enfin il le voyait,
Le monde offrait sans fin, ces subtiles beautés.
La ville sale se muait, sous son regard changé,
En un monde de joie, et de fraternité.

Ca ne durerait pas ? Ha ça,il le savait,
Car vite reviendrais, la comédie humaine,
Ces poids, et ses fardeaux, ses lourdeurs et ses chaines,
Il devrait la quitter, dans le Nord retourner ...

Mais il était un drame, qu'il ne pu raconter
Le plus terrible, sans doute, mais qu'il ne connaissait,
Nul ici ne savait, l’horrible vérité,
Mais, en Lorraine, là bas, personne ne l'attendait.

Sa mère disparue, son percepteur parti,
La Princesse Colombe, l'amusante Luisa,
Le maître de l'école, presque tous là bas,
Avaient la mort trouvée, ou l'exil entrepris.

Epinal à ses yeux, serait tout aussi froid,
Que toutes ces grandes villes, ces champs et ces vallées,
Où il avait passé, toute cette terrible année,
Qui au fond de son cœurs le tourmentait déjà.

Mais peu lui importait, il l'avait retrouvée,
Après un an de peur, un année de gâchée,
Un an sur ces chemins, qu'il à tant détestés,
Il retrouvait cette soeur, qu'il avait tant aimée

Si, ce mot, comme elle, fort peu il appréciait,
C'était bien plus que cela, c'était de l'amitié,
La vraie, oui, la sincère, qu'on ne peut remplacer
C'était bien sa famille, il ne pouvait le nier.

Il lui avait tout dit, tous ces drames contés,
Toute ces misères, qu'il, sur ses épaules portait,
Tous les coups de boutoirs, d'une Bête sur-excitée,
Qui trop d'années de bonheur, venait, là, compenser.

Elle avait dit aussi, ses peines, ses secrets,
Car s'il avait souffert, bien changé de destin,
La vie n'avait donné, à l'autre celui de l'un,
Et elle aussi semblait, de la vie bien lassée,

Si jeunes, direz vous, quel étonnant tableau,
Deux si jeunes enfants, nostalgiques et blasé,
C'est un cruel bilan, dont on voudrait douter,
Mais l'air du temps, sans doute, était au renouveau.

Une coïncidence, bout de chance volé ?
Ou vraiment du destin, l'un de ces revirements,
Qui font les vie d'hommes,, de peines, mais d'instants,
Que pour nul Paradis, ils ne laisseraient tomber ?

L'avenir leur dirait, mais au soir tombant,
Ne comptait que l'instant, que ce plaisir ardent,
Que cette joie sereine, ce luxe ahurissant,
Rien d'autre que d'être deux, partager ce moment.

Et malgré le chagrin, qui des mots transpirait,
Un sourire, pourtant, venait à se montrer.
Il sortait doucement, d'où il s'était terré,
Pour toutes les raisons, qu'il avaient pu trouver.

Lui se disait ainsi, qu'en terme de talent,
Pour des contes parler, des histoire montrer,
N'avait du très grand Dom, plus grand chose à envier
Et qu'elle serait bientôt, la protégée des Grands.

Tous, les Rois, Empereurs, les têtes couronnées,
Viendrait bientôt vers elle, à genou la prier,
De leurs Cours d''Europe, sa présence honorer,
Pour conter l'histoire, de l'adoption ratée.

Ils retrouvaient enfin, en ce vrai jour bénie,
Leur sens de l'humour, trop vite abandonné,
Mais aussi l’énergie, qui hier leur manquait,
Et même le langage, faculté honnie.

Car si le petit blond, continuait à parler,
Chacun à leur façon, s'en était préservé,
C'est ensemble, ravi, que les mômes, découvraient,
La joie de ne pour rien, à l'autre s'adresser.

On raconte même, j'en doute assurément,
Qu'on les à vu courir, déjà se chamailler,
Les joies de l'enfance, ensemble retrouver,
Avant que n'arrive, un triste événement.

Car si le blond était, des adultes isolé,
Une tante échaudée, sur son amie veillait,
Qui pour tous l'or du coin, n'aurait pas enduré,
Une nouvelle aventure, afin de la retrouver

C'est ainsi que celle ci, le coeur vraiment inquiet,
Les retrouva ici, tranquillement, flânant,
Certes vers le retour, dans un chahut bruyant;
Mais tant d'imprudences, ne pouvait que fâcher.

Et donc une voie forte, prosaïquement,
Les ramena au vrai, aux tristes contingences,
A sa folle inquiétude, aux quelques exigences,
Qui étaient là bafoués, peu raisonnablement.

Sans doute dans son coeur, était elle satisfaite,
Heureuse même peut être, de voir l'enfant parler,
Mais de son contrôle, de la sorte s'extirper,
Était insolence, qu'elle ne pouvait passer.

De son humeur pourtant, son futur dépendait,
Allait t'elle laisser, sur les chemins d'errance
Ou accepter prés d'elle, cet enfant, d'apparence,
Sale et ensauvagé, mal nourris, fatigué ?

Un voleur, sans doutes, aux coutumes des rues,
Que la petite, folle, aurait pris pour le bon,
Et qui, outre qu'il mange, était sans discrétion,
Et retarderais encore l'arrivée prévue ..

_________________
Spirit_a.
"Il ne faut jamais sous-estimer l'influence du hasard sur l'existence de tout être. Se trouver à certain endroit, à une certaine date, à une certaine heure peut bouleverser la trajectoire d'un individu"

Voilà ce que prouvait les deux enfants blonds qui s'étaient retrouvés. Comment avaient-ils fait ? Réponse A : ils sont chanceux. Réponse B : Ils ont triché, en ne s'étant jamais réellement perdu. Réponse C : ce sont des génies et leur intelligence les a guidé. Réponse D : c'était écrit.

ça aurait pu être un hiver glaçant. ça aurait pu être un jour de pluie d'automne, où les feuilles s'envolent portés par le souffle humide du vent. C'était un jour de printemps, et le temps extérieur reflétait finalement à merveille l'intériorité de la fillette. Ensemble, ils marchaient, en se narrant leurs aventures d'un an. S'ils avaient raconté le froid, la faim, la solitude, et la misère, elle avait raconté la richesse. Riche, elle l'était, de par son père. Mais riche de quoi ? L'enfant se fichait éperdument de vivre dans des palais d'argent, entourée de domestiques aussi tristes que serviles. L'enfant préférait la vie, dehors, le travail, l'amitié, la tendresse. Toutes ces choses qui selon formaient la vie des pauvres qui lui paraissaient bien plus heureux que les riches finalement. Il suffisait de voir Lanceline, et sa tristesse perpétuelle, sa malédiction. Il suffisait d'observer Lonàn, pas plus heureux que Siegfried, loin s'en fallait. Il suffisait à l'enfant d'avoir compris, après un an ballotée à droite à gauche, d'une bataille à une autre, de solitude en abandon que seuls les brigands et les pauvres étaient capables d'aimer vraiment. Seuls ceux qui connaissaient le prix et la valeur d'une vie pouvait comprendre, pouvait aimer, et protéger.

Anna ne pensait pas qu'on ne l'aimait pas. Elle était persuadée qu'on l'aimait mal. Parce qu'ils n'avaient jamais appris à aimer correctement. Gypsi lui avait souvent raconté son histoire avec un homme, qui lui répétait sans cesse qu'en amour, c'était les actes et non les mots qui comptaient. Et la seule, au jour d'aujourd'hui qui aurait une bonne note à cette évaluation serait Tatro. A un malheur blondin répondait une misère blondesque. Et Anna se mit à croire un instant qu'ils ne pouvaient être heureux qu'ensemble, réunis. Après tout, n'était-ce pas, le bonheur ? Avoir ce sourire béat et stupide aux lèvres, cette boule de joie irradiante dans le ventre, et ce trop plein de joie qui s'exprime en larme perlant au coin des yeux. N'était-ce pas ça, aimer ? S'inquiéter à dépérir de n'avoir plus de nouvelle, ne redevenir soi-même qu'en étant à ses côtés. Ne plus vouloir lâcher cette main qu'elle avait retrouvé. Et dépasser les apparence, et les odeurs, les différences et les rancœurs.

Comme des nuages, ils avaient été emporté par un vent mystérieux vers des horizons d'adultes bien trop jeunes. Emporté malgré eux, proche de se noyer dans l'immensité du ciel dont les courants aériens étaient trop fort pour eux. Anna avait retrouvé son autre, son double, son reflet, son ami. Son meilleur ami. Et plus rien ne comptait que lui, que ce rêve éveillé de marcher à ses côtés, de sentir la chaleur de ses doigts se répandre dans les siens, d'entendre sa voix si souvent regrettée. Rien d'autre ne comptait, rien d'autre n'importait. Plus rien n'avait d'emprise sur elle. Elle était seule avec lui, dans une immensité verdoyante et heureuse. Elle arpentait son Eden à elle.

Leur Paradis à eux. Sorte d'androgyne étrange que ce frère et cette sœur, que ces deux amis, que ces deux têtes blondes. Lénaïc était l'être que la petite aimait le plus. Plus que son père, et que sa tante. Peut-être parce qu'il était apparu plus tôt dans sa vie. Peut-être parce qu'il était plus proche d'elle, en âge, comme en caractère. Il était son repère, le souvenir de toute son enfance, la source de ses plus beaux moments, et de ses plus grandes folies. Ils se devaient mutuellement leur premier vrais fou-rires et leurs premiers coups sur les doigts. C'était vers lui qu'elle voulait tendre les bras quand ça n'allait pas. Vers lui qu'elle voulait et pouvait se confier sans crainte. Le reste ils en reparleront. Regardez-les rire, sautiller, respirer la vie de nouveau, et la représenter vraiment. Laissez-les. Regardez-la parler de nouveau, comme si rien de ces derniers mois ne s'étaient produit. Comme si, sa simple présence effaçait tous ses malheurs, et reléguait au second rang toute la noirceur qui commençait à s'ancrer en elle. Il n'était ni le remède ni la solution mais une attelle à son bras. Le seul qui pouvait la guérir. Ce petit rien qui pouvait la lier aux autres à nouveau. Son ultime langage de survis, celui qui remet le monde à l'endroit. Et tout le reste elle s'en moquait.

Mais les rêves prennent fin, en conduisant souvent à des impasses. Après une esquisse de sourire adressé, la môme, tournant la tête, aperçoit une brune bien connue. Chevalière sur son grand destrier, elle l'avait sauvée des griffes de la mort, et du duo VI. La môme s'arrêta net, en tirant sur le bras de son ami pour le retenir, figée sur place par la vision de sa tante adorée. Un doute s'immisçait, perfide. Elle ne voulait pas le laisser, le quitter. Et s'il disparaissait à nouveau, s'ils se perdaient encore ? Et si Tatro refusait... ? Prenant son courage à deux mains, elle reprit la route d'un pas décidé, en tenant fermement cette main, d'où elle tenait sa force renaissante pour foncer droit sur Tatro. Un mélange d'émotions et de sentiments pouvaient se lire sur le visage de sa tante. Mais Anna s'arrêta devant elle, l'affrontant un instant du regard, en se contentant de lâcher, un peu narquoise :


Tu vois, c'était bien Lui.

Et maintenant, tatro, qu'Est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on se dispute, Est-ce qu'on s'embrasse, Est-ce que tu l'acceptes, ou Est-ce que tu râles ? Est-ce que je vais devoir te convaincre, m'énerver, pleurer, menacer pour qu'il reste près de nous, ou Est-ce que tu feras preuve de cette gentillesse tant ancrée en toi mais que tu refuses de trop montrer ? Je vais t'aider. Oui. Anna commence déjà à faire un pas en direction de l'auberge, sans lâcher la main de ce Lui évoqué si souvent.
C'était bien Naïc, Tatro. Tu vois, c'était écrit.


Citation de Douglas Kennedy,
Libre adaptation du fameux passage de Slumdog Millionnaire.
Pour la citation proustienne : "J'étais enfermé dans le présent comme les héros, comme les ivrognes ; momentanément éclipsé, mon passé ne délivrait plus devant moi cette ombre de lui-même que nous appelons notre avenir."

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Atropine
La tante était restée dans l'ombre, longuement. Assez longtemps pour écouter sans entendre les enfants parler. Elle ne savait pas ce qu'ils se racontaient, entendait juste la voix de sa nièce qu'elle n'avait pas entendu depuis leur départ ou presque de Champagne. Et c'était bon. La voir sourire aussi, c'était bon. Tout rentrait dans l'ordre, peu à peu. Alors oui, peut être que tout était écrit. La mort de Zac, l'arrivée de Mike dans la vie de la brune, le clan, tout ça lui avait permit de retrouver la blondinette. Et ça avait provoqué les retrouvailles des blondinets.
La vie prend parfois des chemins tordus. Atro repensait à tout ça lorsque la blondinette arriva à sa hauteur. Elle lui parlait. Comme si, c'était normal. Comme si elle ne lui avait pas imposé ce silence atroce ces derniers jours. Comme si rien ne s'était passé. Avec cet air effronté en plus. La brune avait sourit, un peu, puis s'était refermée.


J'vois ... Non, j'vois un morveux, blond. Qu'ce soit lui, ou pas, j'en sais rien.

Non, elle ne savait pas, mais Spirit savait. Et le garçon face à elle était tout sauf hallucinatoire. Il fallait donc se rendre à l'évidence. L'ami de sa nièce, l'ami qui lui manquait constamment, dont elle parlait sans cesse était là. Miracle pour la tornade, épine dans le pied pour la Peste. Bah oui, faut pas déconner, même si elle était contente de voir sa nièce redevenir normale, elle n'avait aucune envie de se farcir un mioche supplémentaire. Et là, les yeux passe d'un blond à l'autre. En passant par les mains liées, grimace sur les lippes. Ça sent le coup fourré. Deux contre une, et elle est blessée, fatiguée et donc, vulnérable. Non elle n'est pas sensible, et encore moins gentille ! Elle est ... Bref !
La Peste soupire et ancre ses azurs dans ceux de sa nièce.


C'est bien, t'avais raison. Dis lui au revoir, on y va !

Et là, la réaction redoutée se fait sentir. Sans quitter la main de son ami, Anna regarde sa tante avec des grands yeux ahuris, et rétorque un peu sèchement : "Bah vas-y toute seule, moi j'reste avec lui. J'le laisse pas. J'le laisse plus jamais." avant d'esquisser un fin sourire à l'égard de Lénaïc. Soupire Atropinien, et haussement de sourcil.

Spirit, tu fais chier ! J'ai un poignet de pété, les cotes bleues, et ...

Nouveau soupire.

Ton père a intérêt de vous récupérer presto, et vous avez intérêt a vous t'nir à carreau !

Et oui, elle abdique. Elle abdique parce qu'au fond, elle sait que c'est important. Parce qu'au fond elle est heureuse que sa nièce ai retrouvé un disparu. Peut être que la situation fait écho en elle. Peut être simplement qu'elle sait que rien ne pourra dévier Anna de son idée. Mais elle n'avait pas prévu la suite. La môme marmonne dans la barbe qu'elle n'a pas : "Fallait pas v'nir me chercher si j'fais chier, j'avais rien d'mandé moi." avant de reprendre plus fortement : " Si ça t'embête tant qu'ça, on peut partir hein. T'expliquera à papa. D'façon y s'en fout j'pense. Tu m'laisses écrire à 'Line elle viendra m'chercher, et pis après, tu peux t'en aller sans nous.". Spirit, le retours ! La tante ronchonne, allègrement. Line ... Sérieux, Line ?!
Qui a fuit une mission pour secourir les fesses de la blondinette ? Atro !
Qui a dépensé son poignon en le refourgant à un poivrot pervers ? Atro !
Qui a les cotes bleues ? Qui à le poignet pété ? Atro encore !
Et la naine lui parle de Line ?!


Non mais tu t'fous d'ma gueule ou quoi ? Si vraiment ça m'avait fait chier, j'serais pas v'nu, maintenant, j'demande pas grand chose, un peu de gratitude et to, tu multiplie ma zone de surveillance par deux ! M'emmerde pas avec Line hein !

Non mais pas qu'elle ai quelque chose contre sa belle soeur, mais fallait pas la titiller non plus hein ! Elle se retourne, les tirants par les mains enlacées puis les regarde avant de reprendre, furieuse.

Et non, ton père s'en fout pas ! Mais tenez vous à carreaux, sinon, j'vous promet de m'exercer aux claques de la main droite !
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Lenaic_
J'vois ... Non, j'vois un morveux, blond. Qu'ce soit lui, ou pas, j'en sais rien.


De quoi ? Comment ? Elle se foutait de lui, la grande ?

C'est bien, t'avais raison. Dis lui au revoir, on y va !

Les yeux comme des soucoupes. Pis quoi encore ! Et Spirit qui lui expliquait, peu de temps auparavant, à quel point son héroïque tante était gentille, on l'avait trompé sur la marchandise. Mais avant que le gosse n'ait pu formuler son bouillonnement intérieur, c'est Spirit qui s'en chargeait. Avec talent, d'ailleurs.
Après une négociation à laquelle il participait muettement, à grand coup de regard noir et de petits sourire, la tante avait renoncé. C'était bien la moindre des choses. Le gamin était ravi ..
La perspective était non seulement d'avoir enfin un lit pour le soir, ce qui le comblait d'aise mais s'il ne savait pas à quelle point la noble famille d'Anna était riche, il y avait nettement plus de chances qu'on y mange à sa faim .. Un sourire béat, qu'il perdrait rapidement dans les jours suivants, vint s'ancrer sur son visage. Celui ci allait rester figé presque jusqu'au lendemain matin. C'est ainsi que, miracle, l'enfant tolère les cris. Il avait un peu perdu l'habitude, au dehors, de se laisser de la sorte crier dessus et il réagissait désormais avec une pointe d'agressivité, aux adultes qui se permettaient des commentaires, des leçons ou des opinions sur son comportement. Il ne leur demandait pas leur avis. Mais elle, c'était particulier. Elle le prenait avec elles, ça pouvait bien excuser tous les cris du monde. Sagement, l'enfant acquiesce, devant la menace, et répond. De la gratitude, elle veut, hein ?


Merci, merci, merci hein ! T'est trop gentille, Spirit elle à raison hein ! T'inquiéte pas, moi j'sera presque pas là ! Pis, si faut, je peut gagner l'argent hein .. Je fait la mine, et les gens y m'donnent bien ..

Le gosse lève une épaule et la regarde. Il hésite un instant ..

Pis, jpeut ramener l'argent des autes ..

La gamine lui à parlé, de ses amis brigand, de son entourage hors la loi. Et lui, il commence à connaitre. Cette dame, rien ne lui permettait de penser qu'elle était honnête .. Rien ne laissait penser non plus, a priori, qu'elle ne l'était pas mais pour alléger son poids, tous les moyens étaient sans doute bon. C'est qu'il ne fallait pas qu'elle change d'avis trop vite, trop de choses en dépendaient ...
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Spirit_a.
Anna était effectivement vicieuse et peu reconnaissante de ce qu'avait fait sa tante pour elle. Du moins, c'est ce qui pouvait apparaître dans son comportement des derniers jours. Son refus catégorique de parler, ses exigences étranges, et ce besoin de Lanceline qu'elle affichait, qui aurait agacé n'importe qui. Pourtant, au fond d'elle, Anna était très fière de sa tante. Elle avait vanté ses mérites à Lénaïc mainte fois durant la journée qui venait de s'écouler. Son combat contre les deux hommes l'avait impressionnée, et cruellement inquiétée. Atro était un modèle pour la fillette. Ce modèle de vie, et d'entrain, de capacité à prendre tous les risques. Si Anna ne disait rien et ne montrait pas sa gratitude, c'était précisément parce qu'elle se sentait responsable des blessures de sa tante. Elle s'en voulait. Elle regrettait presque qu'elle soit intervenue. Sans elle, sa vie aurait été bien plus calme. Bien moins dangereuse...

Tante et nièce se faisaient peu de déclaration d'amour aux redondants "je t'aime". Ce n'était pas le genre de l'adulte. Quant à l'enfant, si elle aimait sa tante elle préférait ne pas le lui répéter trop souvent. Par prudence. Par pudeur. A l'instant précis de cette rencontre crépusculaire, Anna savait presque exactement comment s'y prendre. Si la réaction de sa tante l'avait surprise, elle ne s'était pas démontée. Premiers mots, premiers cris. Anna n'avait pas perdu son entêtement farouche. Elle connaissait sa tante et savait sur quel point joué pour la faire céder finalement. Parce qu'au fond d'elle, la brune lui avait prouvé son amour plus d'une fois. Et la môme avait compris que parfois, la gentillesse ne résolvait rien. Alors l'enfant martèle. Elle laisse sortir des mots noirs, des cris qui libèrent un peu toute la colère qu'elle a enfouis au fond de son cœur depuis de longues semaines. Et si Atro n'y est pour rien, l'addition de sa brune de tante à son blond d'ami crée le détonateur nécessaire. La première étape de sa résurrection et de sa guérison était l'expression de cette colère. Elle vient de loin cette colère, du fond du crâne et elle assaisonne toutes les idées d’épices du cuisinier profane. La bouffe est rance et périmée. Je vomis du noir, j’ai faim de couleur, ma joie accroche au fond de la poêle et je respire le mal être des vapeurs qui au fond de mon cerveau s’empalent.

Oui colère. Contre son père, d'où ses mots virulents proclamant son indifférence. Il n'était plus là. Il n'était pas là. Il n'est toujours pas là. Et l'enfant commençait à se demander si elle avait un jour vraiment compter dans sa vie mouvementée et chargée. Si ses fuites dans le travail n'était pas un premier signe d'abandon criard comme le lui avait expliqué Arnaut. Elle n'avait pas envie de le revoir tout de suite. Moins encore qu'il les "récupère". Non. Pour l'instant elle voulait soit rester avec Atro, soit rester avec sa 'Line. Atro avait toujours été jalouse. De toutes les femmes qui trouvaient une place dans le cœur spiritien. De Gypsi à Mahiro, sans oublier Lanceline. Cela ne changeait pas. Cela ne changerait jamais. Pourtant elle avait une place d'honneur. Elle était sa tante. La vraie. La seule vraie.

Alors Atro ronchonne. Pourtant derrière sa colère, l'enfant sent l'inquiétude, et l'amour retenu pendant ces longues semaines qui ressortent elles aussi. Epuration du cœur pour l'une comme pour l'autre. Sans mot dire, elle se laisse entraîner et écoute, incrédule son ami proposer ses services. Lénaïc... Il a changé. L'enfant blond et terrible capable de semer ses jeux partout qui ne voulait jamais ranger propose de travailler pour les aider. L'enfant blonde tourne un visage incrédule vers lui, ses grands yeux clairs écarquillés l'air de dire : "tu ne sais pas ce que tu dis ! t'es tombé sur la tête ?!" Que ce soit pour les remerciements ou pour le travail forcé. Malgré tout, une esquisse de sourire se dessine sur ses lèvres. Elle a dit oui. Ils restent ensemble, et c'est l'essentiel. Et puis, dans le fond elle était sûre qu'ils finiraient par bien s'entendre ces deux là...


Hum, merci Tatro... On sera sage c'est promis. Et puis si on est deux, y pourra rien nous arriver, t'auras moins b'soin de t'inquiéter comme ça.

Bah ouais Tatro, t'es pas assez pragmatique ! C'est si simple la vie quand on redevient enfant. Allez, respire, tout se passera bien tu verras. Ou... presque. Elle marmonne tout de même pour la forme parce que telle tante telle nièce :

Mais quand même c'pas d'ma faute si on s'est r'trouvé maintenant hein... t'es pas juste quand tu dis que j'multiplie.

Anna le retour. Celle qui ne se la ferme jamais quand il faut... Je t'avais manqué Tatro ?!
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Spirit_a.
[Genève, quelques jours plus tard]

Le temps avait filé. Anna redevenait l'enfant qu'ils connaissaient tous au contact de la chère tête blonde, figure phare de son enfance, être essentiel dans sa vie, humain cher à son cœur. Ensemble, ils faisaient des efforts pour rendre la vie de sa tante agréable. Lui devenu fin voleur à ses heures, elle, devenue efficace pour jouer les diversions et faire le guets au contact de son prince des rues : le chevalier Siegfried, ils s'étaient levés tôt pour rapporter des fruits à sa tante, sans la réveiller, Anna se souvenant qu'elle aimait ça, quand elle était enceinte de Lucie. Le temps s'écoulait ainsi et on aurait pu croire qu'Anna avait tout pour être heureuse. Et pourtant...

Ronchon. Cela faisait trois jours qu'elle l'était. Depuis que Lénaïc lui avait demandé d'écrire pour lui une missive à son n'amoureuse Eloan. Jeune fille qu'Anna n'avait jamais apprécier suite à leur rencontre où les deux amoureux l'avaient totalement laissés de côté, et suite à la diplomatie sans faille de son ami qui ne cessait de répéter qu'elle était "vachement moins belle" qu'Eloan. Tant et si bien qu'Anna avait finir par jalouser cette fillette. C'était l'élément déclencheur de la morosité spiritienne. Anna redevenait l'Anna récemment découverte : la jeune demoiselle parlant peu, souriant moins encore, renfermée sur elle-même, divagant dans des pensées sombres et intimes que personne ne parvenaient à percer.

Lénaïc voulait revoir son amoureuse. Atro était trop occupée pour véritablement se charger d'eux. Déçue, désillusionnée à nouveau, Anna retrouvait dans un envieux désespoir sa solitude. A quoi servait-il de l'avoir sauvé si c'était pour s'en occuper aussi peu ? Et n'était-elle pas qu'un moyen pratique de sortir de la misère pour la tête blonde ? Est-ce qu'on pouvait aimer une personne pour ce qu'elle était et non pour ce qu'elle apportait ? Est-ce qu'en aimant ainsi, on pouvait trouver du temps à lui consacrer ? Ou Est-ce que la vie même n'était pas faite pour l'amour ?

Son état d'esprit était ainsi, hermétiquement fermé, et peu enclin aux joies des retrouvailles et aux sursauts d'appel du sang, quand le jour J se présenta. Elle avait beau eu dire à sa tante qu'elle ne voulait pas revoir son père, que si elle devait partir avec quelqu'un elle voulait que ce soit Lanceline et personne d'autre, sa tante ne l'écouta guère, et c'est son père qui vint, 'Line étant trop loin de Genève encore. Le soupir résonna, tandis que la môme passa une nuit quasiment blanche, à ressasser dans la tête tous les mots qu'elle voulait dire à son père. Elle voulait lui dire, combien elle lui voulait. Qu'elle avait tout compris et que le seul être qui lui avait dit la vérité était Arnaut de Bazaumont. Oui, Anna était en colère. Anna était triste. Et ce mélange douteux était sans doute le pire dans le vase des sentiments. Si Anna était aussi dure que ça avec son père, c'était parce qu'elle l'aimait de tout son cœur, et qu'elle en attendait mille fois plus de lui que des autres. Parce qu'il était son père, elle était son sang. Son mini lui. Dans son image idéalisé d'enfant sans père, elle se disait que seul cet être était capable de la protéger et de l'aimer, sans la battre, et sans l'abandonner. Mais rien n'était jamais aussi simple...

Se tournant vers Lénaïc, avec qui elle avait pris quelques distances depuis ces trois jours, elle marmonna :


Mon père va arriver. C'est Atro qui l'a dit. Faut qu'tu restes avec moi, comme ça on lui explique où faut t'emmener. D'accord ?

Elle aurait pu avouer son désir de sa présence pour ne pas être seule face à son père, parce que Lénaïc lui donnait le courage dont elle manquait souvent. Elle aurait pu avouer qu'elle serait heureuse de les présenter, comme ils étaient les deux hommes qu'elle aimait le plus au monde. Mais elle garda une formulation plate et distante. De celle que sa mère utilisait quand elle était enfant. De celle dépourvue de sentiment. Parce que le moment n'était pas aux effusions et que son cœur lui criait de prendre gare. Elle n'ajouta rien, allant se placer devant la fenêtre de leur chambre d'auberge, jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur le géant rhénan qui lui servait de père. Anna aurait certainement pu voir la joie dans ses yeux si elle l'avait mieux regardé. La fatigue aussi peut-être. Mais elle se contenta de se retourner, et, de lâcher après une brève révérence :

Bonjour, Père.

Voilà, je suis là. Toujours autant perdue, et lointaine, mais là. Alors, heureux ? En se redressant lentement, arrêtant tout geste, et tout déploiement de tendresse, ou effusion de mots, elle tendit le bras vers Lénaïc.

Je te présente Lénaïc d'Acoma. 'Naïc, voici mon Père, Ernst Von Zweischneidig.

Non, elle ne rappellerait pas qu'il était l'ami dont elle avait si souvent parlé. Elle s'en tint aux présentations classiques. Alors maintenant, parlez entre "homme", débrouillés vous. Elle avait encore des tas de choses à dire à son père. Mais il fallait prendre le temps nécessaire. Le moment promettait d'être difficile à vivre. Tant d'un côté que de l'autre. Ô, comme elle rêvait de se glisser près de son ami, et de glisser sa main dans la sienne pour se donner des forces. Comme elle avait besoin de lui pour ne pas pleurer ses désillusions, et hurler sa colère et sa rancœur. Pourtant, elle se contenta de serrer les poings fortement, en restant bien droite, sans bouger. Comme sa mère lui semblait soudainement tellement plus forte, plus belle, plus grande, et plus admirable à présent qu'elle se mettait à sa place.... Ses larmes coulaient à l'intérieur, et l'enfant apprenait à gérer ses humeurs. Mais le débordement serait pour bientôt...
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Lenaic_
Rencontrer le papa de Spirit ... La chose était, en soi, un événement incroyable : le véritable aboutissement de l'aventure et, au fond, il était assez logique qu'il le trouve avant sa mère.
Le gamin attendait avec une certaine impatience cette rencontre. S'il n'avait jamais été un brillant decrypteur des relations humaines, il avait su apprécier franchement leurs retrouvailles, et les description de la gamine de ce père absent mais manifestement merveilleux. Et puis, même si la petite blonde semblait assez remontée contre son géniteur, il apporterait un confort matériel assez modeste avec l'Atro.
C'est ainsi qu'un matin, il fût annoncé. Un homme immense, tel qu'il imaginait les géants qui vivaient, disaient on, dans les forêts du nord, au visage couvert par leur chevelure et à l'air imposant, tenant autant de place et mangeant plus que plusieurs humain. C'est donc avec un certain air ahuri que le gamin accueilli le paternel. La gamine les présentât, tandis que sa bouche de refermait et que ses yeux reprenaient leur apparence normale. Il essayait, tandis que la petit parlait, d'imaginer le tableau des deux amoureux, parents de Spirit. Cillien avec lui, c'était un couple qui ne devait pas laisser indifférent ..
Ha, c'est à moi de parler ? Bon ..Le petit pris grand soin de ne pas répéter le nom du père, il s'exercerait un prochaine fois, mais Zweischneidig, c'était juste au dessus de ces capacités.


Ouais, chuis Naïc. Et je veut aller à Epinal !

Simple, clair et efficace. Il savait tout, le géant. Tandis qu'il parlait, il continuait à l'observer : définitivement, ce n'était pas le genre d'homme auquel il était habitué. Il se serait sagement tenu à l’écart de celui ci, que ce soit pour du répréhensible ou non, il n'aurait sans doute pas pris le risque. Mais il restait une chose où la petite n'avait pas menti, à son allure, ils n'auraient sans doute plus de problèmes de nourriture ou de monnaie avant un petit moment .
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Ernst.
Enfin. Enfin il revoyait sa fille après avoir retourné la moindre pierre des provinces du sud de la France. Il avait tellement cherché, tellement voyagé que son apparence même en avait été transformée. Ernst avait laissé ses cheveux et sa barbe pousser légèrement. De fait, il était légèrement vieilli. S'il avait perdu quelques kilos lors de ses recherches, il en avait récupéré la plupart depuis qu'il avait appris que sa fille se trouvait en sécurité avec sa soeur. Il avait cavalé jusqu'en Helvétie tandis que son ami et accompagnateur dans ce périple, Hassan, avait dû reprendre le bateau pour une affaire urgente dans son pays. Ce fut donc seul que le rhénan entra dans Genève. Il relut une dernière fois la missive qui lui avait été envoyé plus tôt et se rendit à l'auberge indiquée. Il aurait été mentir que de dire qu'il ne ressentait pas une certaine appréhension. Il connaissait bien sa fille. Il connaissait bien son caractère. Il savait qu'elle lui en voudrait et se serait sentie abandonnée. C'était déjà arrivé par le passé. Cette fois encore, c'était bien malgré lui mais, là non plus, il n'arrivait pas à se sentir autrement que coupable malgré tout. Ce qu'il redoutait le plus, et ce malgré les mots apaisants de sa soeur couchés sur le vélin, c'était de retrouver Anna dans un piteux état physique.

En entrant dans la chambre d'auberge, il ne put refréner un sourire de bonheur en revoyant la chair de sa chair. Atropine disait vrai, elle allait bien, physiquement. Pour le reste, l'accueil qui lui fut réservé lui glaça le sang. Anna lui avait fait une révérence et l'appelait "Père". Dans le fond, il se dit qu'il avait de la chance. Il avait échappé au vouvoiement, châtiment ultime d'une Anna qui en veut à son père. Il saura quelques temps plus tard qu'elle lui avait réservé son arme de destruction massive et qu'il n'y échapperait pas. Pour l'heure, il accusait le coup et mettait l'attitude de sa fille sur le compte du temps passé loin de lui. Ils auraient tout le temps d'en reparler tous les deux. Ernst se souvient brièvement du temps qu'ils passaient ensemble à parler de tout et de rien dans l'appartement de Dijon. Il se remémora leur complicité d'avant, à quel point ils étaient fusionnels. Tout ça ne pouvait être perdu à jamais. Il se contenta alors d'hocher la tête pour saluer Anna. Si elle ne voulait pas plus, il respecterait son choix.


Bonjour ma chérie.

Puis elle lui présenta Lénaïc. En fait, il l'avait déjà vu. il y avait plus d'un an de cela. C'était à Sémur. Alors que Cillien lui avait demandé de se présenter le soir dans une taverne du village, il avait crû que le petit garçon était son fils. Cillien n'avait pas pris la peine de lui dire s'il était le père d'une garçon ou d'une fille. Elle lui avait juste stipulé qu'il verrait son enfant, rien de plus. A la vue du blondinet, l'erreur ne lui en paraissait pas une. Il avait fallut qu'Anna entre dans la taverne pour qu'il comprenne. Cette fois encore, en entrant dans la chambre genevoise, il avait l'impression de redécouvrir sa progéniture. Se tournant vers Lénaïc, Ernst s'inclina légèrement. Un enfant certes mais Ernst ne faisait pas de cas de l'âge. il avait toujours traité les mômes avec le même égards que les adultes. Question d'éducation sans doute.

Bonjour Lénaïc, enchanté ... Epinal hein? Soit, nous irons à Epinal. Après tout, c'est une destination comme une autre.

Et maintenant, on fait quoi? Ce genre de situation était toujours, plus ou moins, embarrassante. Alors Ernst fit ce que faisaient la plupart des pères célibataires.

Ca vous dit un verre de lait et des sucreries?
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