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[RP fermé] Chasse royale - La Gascogne en lice

Acrisius


La forêt des Landes ou las Lanas de Gasconha est un massif forestier s’étendant de l’estuaire de la Gironde au nord de la très charmante bourgade de Bayonne jusqu’aux abords de la très renommée mais non moins étrangère ville d’Agen. C’est donc dans trois provinces du Royaume de France que cette gigantesque pinède plonge ses racines. Essentiellement composée de pins maritimes, l’on peut aussi apercevoir des essences d’arbres très variées telles que le chêne, l’ormes, le tilleul, le châtaignier, les lauriers, l’aulne ainsi que bon nombre d’arbres fruitiers. C’est donc toute une richesse naturelle à disposition des autochtones. Comme la règle le voulait en ces temps, la Noblesse jouissait du privilège de chasser le grand gibier lorsque la populace se contentait du petit gibier.
Cette grande diversité n’est pas un hasard. En effet, de nombreux fleuves et ruisseaux trouvent leur source sous les hautes futaies. Tout particulièrement, la présence de la Leyre favorise l’apparition et le développement de toute une faune et une flore.

En cette belle journée de quatorze juillet, un soleil de plomb régnait sur l’ensemble des Terres de Gascogne. Marchands et artisans profitaient de ce temps favorable pour faire affaires et se donner à leur art. La population vaquait donc paisiblement à ses occupations. Peu se doutaient alors de ce qui se préparait à l’orée des bois, près du Château de Mont-de-Marsan. Le ciel dégagé de tout nuages permettait aux mésanges, bondrées, grives et autres animaux ailés de parcourir à travers les vents l’immensité de cette forêt. Les chevreuils, dont le pelage avait adopté une jolie couleur cuivrée en ce bel été, abandonnaient la toison grise de l’hiver. Quelques lapins, non contents du retour des beaux jours, se reproduisaient ardemment afin de remplir les tranchoirs des petites gens. Ailleurs, des renards faisaient exception à cette règle, préférant rassasier leur estomac de ces charmantes et savoureuses boules de fourrure.
Trottinant d’une porcine manière, sangliers et marcassins parcouraient leurs domaines, défonçant ici ou là forêts et chemins au grand désarroi des voyageurs et bûcherons. Comment auraient-ils pu alors s’attendre au sanglant spectacle qui allait se dérouler au vu et au su de leurs âmes innocentes ?

La Couronne avait, par l’intermédiaire des Écuries royales, organisé grande chasse au sanglier à travers tout le Royaume. Des équipes, constituées d’au moins cinq compétiteurs, devraient sillonner campagnes ou forêts selon leur choix. Trente bêtes seraient alors lâchées pour alimenter cette grande épopée. Une journée durant, plaines et collines retentiraient des cris et plaintes des animaux blessés ou agonisants. Récompense serait offerte à qui aurait le meilleur tableau de chasse par le Roy Jean en personne !

Oyez braves gens, voici l’histoire d’une équipe Gasconne atypique, qui avec force et courage, allait relever le royal défi pour défendre sa Terre !
Wallerand
Wallerand leur avait donné rendez-vous au point du jour, pour ne pas perdre de temps. Posé à ses pieds, un grand sac de toile rêche renfermait de longs coutelas. Il aurait préféré des épées, mais n'avait pas osé aller en prélever dans les casernes de l'Ost gascon. Dans ses mains, il tenait les lances qui serviraient à rabattre et canaliser les bêtes. Derrière lui, les brides passées dans les branches d'un arbre, cinq petits chevaux, robustes, durs à la fatigue, le pied sûr et l'oeil bon. Du moins, c'était ce que les fermiers auxquels il les avait loués lui avaient assuré. Il ne restait plus à espérer qu'ils n'avaient pas tort. A Mont-de-Marsan, dans les écuries ducales, il avait obtenu le prêt d'une petite meute de chiens, qui attendaient sagement leur heure, promenant leur regard vif sur ce qui les entourait. Sans doute avaient-ils déjà senti une piste.

Un frisson d'impatience le parcourait fréquemment. Wallerand avait hâte de retrouver la puissance d'un cheval sous lui, de goûter à cette excitation si particulière de la chasse, de traquer ces énormes bêtes qui devaient sans doute, ici comme ailleurs, excéder les paysans à force de retourner leurs terres. Ces idées laissaient flotter un sourire sur les lèvres du jeune homme. S'il s'était écouté, il aurait déjà sans doute sauté en selle. En attendant, il se contentait de flatter l'encolure de leurs montures de la journée. Le Grand Veneur l'avait informé qu'il leur serait possible de recourir à ces solides gascons de chevaux, et il s'en était réjoui.

Impatient, donc, quoique tentant de le refréner, Wallerand se mit à faire les cent pas, prenant un coutelas dans le sac pour le passer à sa ceinture. Il avait fait simple pour ce jour-là, privilégiant sa dernière acquisition vestimentaire, sobre autant que fonctionnelle. C'était tout ce dont il aurait besoin pour cette journée : des habits robustes et de bonnes bottes. Quand il serait question d'aller chercher le trophée, là, il ferait bien plus attention... Cependant, le Chevaucheur osait à peine imaginer la possibilité de remporter cette chasse, et s'était même promis de ne plus y penser dès qu'ils commenceraient la traque. Rien ne devait les troubler, ni ses envies de faire briller le Duché, ni une quelconque distraction.

Ne restait plus qu'à attendre ses respectables compagnons de chasse. Bientôt, ils seraient tous les cinq dans les bois, à la recherche des bêtes.

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Alvira
La journée avait été bien remplie, et notre Alvi' était fébrile, voilà que c'était le grand jour. Tôt le matin elle était allé se laver au lac, l'eau fraiche fouettant son corps lui avait donné une motivation certaine. De retour chez elle, elle s'était armé d'une épée, d'une hache, de quelques couteaux, et surtout d'une dague, comptant bien achevé quelques belles bêtes bien imposantes. Elle s'était habillé de façon a être le plus à l'aise possible, pas de jupe, de robe ou de houppelande, des braies comme ses messieurs avait fait son bonheur. Ses cheveux était noués en une natte qu'elle portait sur son épaule gauche. Tout le matin, notre Bayonnaise avait guettait les frères, d'ailleurs prendre autant de lames n'était que dans le but d'accessoiriser ces derniers qui, pour l'instant sans le sou ne pouvait pas faire de folie. La hache pour Wallerand, bah oui hein, peut-être serait-il enthousiaste à l'idée de couper quelques têtes ainsi. L'épée pour Acrisius, le petit précieux de la bande, qui n'avait pas un copec' pour se saouler avec elle. Les deux sacs de vinasses qu'ils étaient l'un l'autre s'étaient régalés de Patxaran par les soins d'Alvi'. Et la dague, était pour elle, OH OUIII, pour elle. Non pas qu'elle soit dingue de sang ou d'autres choses pas très propre mais la fierté de pouvoir se dire qu'elle était capable de se nourrir l'a ravissait, tout autant que cela l'a rendait un peu étrange.
Même la balade avec Ryck, l'aveugle intérimaire de la ville Basque ne lui avait pas empêché d'y songer. Elle avait finit par la déposer chez Sashah afin qu'il puisse se bourrer de brioche pendant qu'elle, elle pourrait courir à la rencontre de sa future, distraction, défi ou passion, appelé ça comme vous voudrez pour Alvi' s'était un mélange des trois.

Alors qu'elle marchait en direction du point de départ donné par Wallerand, le fameux Chef d’Équipe, lourdement chargé fallait le dire, son sourire fendait son visage en pensant qu'il y aurait de grandes chances pour qu'il se fasse exploser la panse avec un bon pâté de museau. Les sangliers dansaient dans sa tête et les étendus d'arbres à ses pieds.
Les clairières et autres forêts de Gascogne, la Périgourdine les aimaient comme si elle avait été native du coin. Nombre de fois qu'elle avait soudoyé les gardes avant même d'être à la Prévôté pour filer se balader dans les bois alors que la prudence était de mise et que personne n'arrivait à entrer ou sortir de la Capitale.

Après quelques lieues, elle put repérer que le départ se faisait non loin, les indications de Recto étaient précises, elle n'aurait pas pu s'y perdre. Elle se demanda si tout les autres étaient arrivé, si elle était la dernière mais ne s'attarda pas trop sur son questionnement. Une chasse Royale s'honorait et biensur que tous viendrait voilà tout. Alvira ne savait même pas s'ils avaient droit à des chiens, des chevaux, elle doutait même que l'on puisse les équiper, c'était bien la première fois qu'elle participait à un évènement de cette ampleur. Sa chasse à elle relevait d'un petit prélèvement sur la nature, de petites bêtes qui étaient généralement attrapé par des pièges et non pas par une chasse de plusieurs heures à traquer un animal jusqu'à ce qu'un coup de poignard vienne sonner la fin de la bête durement éprouvé. Mais justement, les kilos de viandes sur la carcasses étaient colossalement différent, et cette nouvelle pensée l'a fit saliver. Fouillant dans sa poche, elle chercha un morceau de viande séché qu'elle rongea, tirant dessus pour la mastiquer avant envie. Au bout du sentier, elle aperçu Wallerand, en s'approchant, la silhouette de ce dernier se détacha un peu plus des broussailles. Chaleureusement, elle vint le bisouiller après avoir claquer son fourre tout dans les mains de Recto grommelant que Verso n'était toujours pas arrivé, elle se douta qu'il comprendrait ce qui se trouvait à l'intérieur en recevant le sac lourd qui avait fait un bruit sourd de métal qui s'entrechoque.


Bonjour Filliot en cette belle journée du 14 juillet. Tu es prêt ?!
Je t'ai amené de quoi vous armer ton frère et toi, mais...


Clignant des mirettes, elle sourit plus largement, émerveillé. Rhooo pétard des chevaux. Les chevauchées étaient une liberté sans borne, on se sentait seul au monde, libre d'aller et venir où l'on voulait, sans aucune retenu en rien. Et le cheval était une source de tendresse et de rigolade. Rien de plus vivant que cela. Un jour, elle aurait un cheval à elle, même plusieurs ça elle se l'était promis. L'odeur équine lui avait toujours plu, souvent elle avait finit dans des champs auprès des chevaux, elle était gaminette, et admirative de ses amour à quatre pattes. Olalala, ça c'était le bonheur. Elle finit sa phrase alors qu'elle se dirigeait prêt d'une monture noire, sur laquelle elle craqua d'entrée de jeu. Surement un point commun capillaire.

...Mais je vois que nous avons des chevauuuuux.

Trop heureuse, elle n'avait pour l'instant pas détaillé le reste, gardant ses yeux rivés soit sur l'équidé, soit sur les frangins. Son excitation laissa alors la place à ses quelques lambeaux de craintes. L'Enjouée qu'on l'appelait, et bien ce n'était pas pour rien. Caressant l'animal, aux anges, la chasse lui apparaissait soudain moins morbide, et inquiétante. Gênée par son arc, elle le déposa sur un rocher non loin afin de ne pas effrayé le cheval alors qu'elle lui flattait l'encolure. L'idée lui avait plu, et la jeune femme avec quelques talent en tir, bien que cela resté du loisir. L'éventualité que cette arme puisse lui permettre de vaincre l'avait poussé à s'équiper en conséquence.
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Toto.dangely
Jour de chasse,

Le soleil n'était pas encore levé quand Gustave vint le sortir de son sommeil, fichtre quelle heure était-il donc ! De mauvais humeur était le Duc, ayant une sainte horreur qu'on le sorte ainsi du lit, hormis pour les problèmes ducaux.

Il l'habille, tenue de chasse, une veste genre velours dans laquelle il se sentait étriqué, de couleur verte, des braies de couleurs plus soutenues, et des bottes l'épée à la ceinture. Quinine 3ème du nom était déjà scellée, voila il était prêt, siffler Angus son chien, un foxhound anglais, qu'il avait ramené de Normandie, acheté à un marchand, ce dernier lui assurant que ce chien était le meilleur pour les véneries, d'une grande force et endurance capable de courir de longues distance.

Regarder Gustave, se sentir prêt aussi, se mettre en scelle, et direction le point de rendez-vous pour cette chasse royale. Bien longtemps qu'il n'avait participé à une chasse, la dernière remontant à... l'année passée de mémoire.

Sortir du domaine de Aincille, au trot parcourir les ruelles pavés, puis rejoindre la campagne et faire un léger galop, histoire de faire plaisir à sa jument bai, au chanfrein blanc. Angus courant à ses cotés.

Au loin l'orée de la forêt se dessine, et là, il aperçoit des silhouettes en retard, était-il en retard... non point un duc n'est jamais ni en retard, ni en avance il est là au bon moment.

S'arrêter à leur hauteur, faire signe à Angus de s'asseoir sans bouger.


Bien le bonjour les amis ! Alors en forme ! Prêt à chasser ?


Regarder la meute déjà présente, et les chevaux
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Lily.es
Lily a été surprise lorsque Wallerand lui a parlé d'une chasse royale. Ce n'est pas une de ses occupations habituelles.
On peut meme dire sans crainte de mentir qu'elle n'aime pas trop, voir pas du tout tuer des animaux...pourtant elle mange de la viande, enfin elle en a mangé, moins maintenant se contentant souvent de pain et de mais, aliments qui lui conviennent bien et qu'elle grignote le nez penché sur un bouquin.

Mais ma foi une fois la surprise passée, elle reflechit à la proposition et se dit que cela doit être une belle expérience. Elle adore la nature, les grandes chevauchées et puis en ce début d'été il fait si bon dehors...

La décision prise restait à regler quelques détails pratiques et notamment un détail très important pour une femme : que vais-je me mettre ?????

Lily n'a pas de belle amazone qui tombe gracieusement de chaque coté du cheval et puis... il n'est pas certain qu'il y aura des chevaux. La jeune femme ne se rappelle plus trop de ce que lui a dit Wallerand. Aussi opte-t-elle pour une tenue beaucoup plus pratique mais malgré tout seyante :
son collant rayé et des bottes bien solides.

Au jour dit, elle est arrivée sur le lieux de rendez-vous , un peu inquiete malgré tout car à part son parrain elle ne sait pas trop qui sera de la partie. Bien sur Toute est là pour l'accompagner mais lui non plus ne connait pas grand monde et il ne participe pas activement à la chasse mais a tenu malgré tout à venir avec elle, pour partager ce moment.

En arrivant, elle est rassurée : Toto est déja là, Wallerand aussi bien sur et lourdement chargée elle voit Alvira. Prenant la main de son cher ange, elle s'approche et les salue


Bonjour tout le monde, vous allez bien ??


Fait la tournée des bises

aperçoit les chiens qui gueulent plus fort les uns que les autres et les chevaux.


Waouh les belles betes... ca promet une belle journée.

Comment ca va se passer ??


Lily est prete à vivre cette belle expérience pleinement

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Acrisius
« La valeur morale ne peut pas être remplacée par la valeur intelligence et j'ajouterai : Dieu merci !  » [Albert Einstein]

La morale. Voilà un sujet qui aurait mérité des explications lorsqu’il étudiait en université. Il n’en serait pas là aujourd’hui, à se questionner sur la décision à prendre. Lui qui était là depuis l’aurore, à se questionner sur le bienfondé de ses gestes à venir, de ses peurs présentes et de ses questionnements passés. Le départ serait donné dans une heure, deux tout au plus. Il se verrait alors contraint de composer avec son frère et de nouveaux amis. Une chasse d’une journée, voilà un programme qui méritait une longue réflexion. Un détail n’était pas à négliger : la belle et fougueuse Alvira. Une amie précieuse à laquelle il s’était attaché. Oh, pas de manière démesurée ou aveugle car il prenait un malin plaisir à la renvoyer dans son camp lorsqu’il considérait cela nécessaire. Néanmoins, un lien, une relation s’était tissée entre eux. Et force était de constater l’impact qu’avait cette vérité sur le déroulement de sa vie.
Son visage fermé traduisait tout le sérieux de son questionnement. Yeux clos, ses mains refermaient l’ensemble pour profiter du calme et de la pénombre, il était dans la Cathédrale de Mont-de-Marsan sur son banc de fidèle, profitant de l’agenouilloir pour méditer devant l’autel. S’il pouvait confier ses tourments à un autre sans risquer moqueries ou dérision, c’était bien au Créateur.


... c’est ainsi qu’après avoir souffert sous Ponce, il est mort dans le martyr...

Ses lèvres remuaient imperceptiblement. Le son de sa voix, inaudible pour ceux et celles qui passaient pour aller ou venir dans la maison du Tout Puissant, psalmodiait un crédo savamment réfléchit. Partagé, le Bayonnais ne savait quelle devait être sa décision. Il craignait son amie dont le caractère joviale, toujours confiant, parfait désinvolte, pourrait les mener à leur perte. Il suffirait de peu pour que le contrôle de la situation leur échappe. Dans le feu de l’action, les accidents arrivent vite. Et il ne voulait en aucun cas mettre en péril la vie d’Alvira, elle qui s’était marié peu avant son arrivée dans le Duché, elle qui l’avait accepté sans restriction ni réserve ! Peut être un peu gauche, il craignait de ne pouvoir réagir lorsque le danger se présenterait. Si cela devait arriver, il devait être sûr, il devait être certain de garantir une sécurité à la jeune femme. Ainsi donc devait-il prendre une protection. En auraient-ils besoin ? Personne ne pouvait le prédire ! Mais mieux vaut prévenir que guérir... Et prudence est mère de sûreté. Il était préférable d’être équipé pour ne jamais avoir à l’utiliser plutôt que d’en souffrir si l’occasion se présentait.

Ses paupières s’ouvrirent d’un seul coup, laissant ses deux petites émeraudes guetter l’autel. Il avait prit sa décision et désormais, rien ne l’arrêterait ! Après tout, il ne comptait pas le voler, seulement « l’emprunter ». L’égoïsme est un péché, mais si l’on devait considérer que s’en priver pour un recours temporaire était individualiste, refuser de le prêter pour une question de propriété l’était tout autant !
D’une main, il s’appuya sur le banc de fidèle situé devant-lui pour se redresser. Vif et décidé, il s’approcha de la table de pierre servant à assurer l’office et s’en saisit enfin. L’objet qui lui causait tous ces tourments, ce crucifix en or, exempt de toutes décorations ou pierres précieuses, dont la simplicité et l’humilité défiait toutes formes de reproches. Non content de son acquisition temporaire, il tourna les talons et reprit le chemin à grande enjambée quand soudain ! Il se figea. Là, un peu plus loin sur un napperon blanc immaculé se trouvait une seconde croix, elle aussi faites de ce métal jaune mais où l’on pouvait apercevoir quelques émeraudes, rubis et saphirs incrustés de parts et d’autres. Il fit l’échange avec la première et fila sans demander son reste, de peur d’être poursuivit par quelques fidèles ou religieux qui auraient assistés à la scène. À défaut de le protéger, celui-là lui permettrait de mourir riche en plus d’être jeune ! La conscience un peu plus légère, il s’éloignait du coeur pour parvenir au bout de la nef, à deux pas du narthex. Là, il se retourna et s’exclama puissamment...


Dieu, merci !

Ayant glissé l’objet de culte par dessous sa chemise, l’homme galopa pour s’engager dans les rues bondées de la Capitale. Son choix s’était porté sur des vêtements amples, très fins afin de lui offrir une facilité de déplacement. La foule était imposante en ce jour ensoleillé. Partout, l’agitation et les cris régnaient, tantôt pour vanter un produit sinon pour communiquer avec un voisin un peu trop éloigné. Le Bayonnais ne s’arrêtait plus, voulant s’assurer de ne pas arriver en retard. Les battements dans sa poitrine ne s’étaient pas calmés depuis l’entamée de sa galopade. Il était soulagé, réellement soulagé de s’être assuré un plan de secours. Car si son amie, dans ses grandes crises d’excitation, venaient à se mettre en danger et qu’il n’eut pas la force de leur assurer une défense suffisante face au sanglier, il pourrait alors répondre au nom du Créateur en dressant l’emblème sacré de la religion Unique ! Pour sûr, la bête devrait réfléchir à deux fois avant de les approcher. Sangliers, redoutez le courroux du Tout Puissant et fuyez, fuyez !

Le point de rendez-vous avait été fixé à proximité du Château afin que l’équipe puisse prendre ses marques et s’organiser sur la manière de diriger l’assaut. Son frère était déjà là, bien sûr, mais il ne s’attendait pas à arriver le dernier. Tous étaient là : son frère, le chef d’équipe désigné par son initiative, le Duc de Gascogne devant lequel il s’inclina respectueusement. Venaient ensuite Lily, la Bayonnaise réquisitionnée puis Alvira, le fier et preux Prévôt alcoolique.


Mon frère, Votre Grâce, Lily, Alvira, salutations... J’espère ne rien avoir raté !

Un coup d’oeil aux animaux, un deuxième aux armes qu’avaient apporté chacun. Il se sentit un peu nu à coté de cet attirail, quoique...

Voilà qui devrait abattre toute la forêt, mes amis. Rappelez-vous ! Nous cherchons à chasser du sanglier, pas couper du bois pour l’hiver... Enfin. Heureusement, j’ai fais un détour par la Cathédrale. Non pas que je pense que la situation va déraper, juste que je préfère prévoir...

Glissant sa main dans sa chemise, il en tira le crucifix, étincelant sous les rayons du soleil. Il avait sans doute un peu exagéré, c’est vrai. Pour une histoire de pierres précieuses, il avait négligé l’autre ! Mais après tout, quand l'on peut obtenir le luxe du luxe, pourquoi prendre le bas de gamme ? La fierté pouvait de toute manière se lire dans son regard. Qui, à part lui, aurait pensé à aussi bien se munir ?
Alvira
On a ce que l'on mérite, c'est ce que l'on disait, et bien si c'était ça alors qu'elle méritait, Alvira en était ravie. Un frison noir, parmi 4 autres chevaux espagnol, il se démarquait sans mal par sa stature tirant sur le cheval de trait avec malgré tout un port de tête altier, une crinière longue et une robe luisante, en un mot, une beauté. Une perle noire comme on était amené à l'appeler. A croire que la diversité des robes était là pour éviter toute méprise en courre de route afin de ne pas monter sur un cheval qui n'était pas celui qu'on avait prit initialement. Il y avait donc parmi les robes, un gris, couleur typique de la race, un bai, plus rare, un blanc et très étonnant un alezan. C'est juste avant que Toto arrive qu'Alvira amusée, lâcha à Wallerand.

Tu prendras le gris ?! C'est beau le gris, et puis Lily je l'a vois bien avec le bai, gardons le meilleur pour la fin avec l'Alezan pour ton frère. D'ailleurs où est cette canaille ?!

Une croyance très ancienne prétendait que le cheval alezan était colérique, collant parfaitement au caractère de cochon d'Acrisius, pour sur que si cela se révélait être juste, ce dernier avec sa tendance précieuse aurait bien du mal à tenir l'animal. Et c'est avec cette pensée qui produisit un sourire espiègle sur le visage de la Mairesse, qu'elle accueilli son parrain de Duc déjà monté, armé et accompagné d'un fox-hound anglais. Mais quelle allure se disait-elle. Un bonjour joyeux et de se dire que oui, ils étaient prêt enfin prêt, ils leur manquaient Lily et Verso. Rebelote, cela l'intrigua, pas de Verso... Fallait préciser tout de même que les deux frangins n'étaient généralement pas l'un sans l'autre, toujours à discuter de choses et d'autres. Entre eux une complicité qui était belle à voir. Ça se chamaillait aussi, mais le lien fraternel avait l'air d'être inaltérable. De nouveau pas trop le temps de se poser la question que Lily accompagné de Toute, rejoignait le petit groupe. Alvira pensa soudain à son sac rempli d'armes forgé par ses soins. Relâchant le chanfrein de sa monture, elle vint claquer alors deux bises à ses trois compagnons en indiquant qu'elle avait pensé à tout le monde en terme d'armement.

La Prévôt donna à chacun une lames, ainsi que la fameuse hache pour Wallerand, cherchant à lui faire plaisir alors que celui-ci n'en avait pas les moyens. Les chiens s'étaient mis à beugler et Alvi' se mit à leur ordonner de se taire. Ce que tous firent... Sauf un. Un bleu de Gascogne, avec une gueule de malheureux, l'ordre eut d'ailleurs l'effet inverse provoquant chez l'animal un regain d'énergie à l'aboiement. Haussant les épaules en laissant retomber ses mains dans un geste d'agacement, elle pesta conte le pauvre cabot. Les chiens de chasse à part courir après la bête n'avait guère d'intérêt pensa-t'elle. Leur leitmotiv c'était de brailler à qui mieux mieux, ils étaient élevé pour ça et ce n'était pas elle, tout Prévôt qu'elle était, qui arriverait à y changer quoique ce soit, le travers était depuis bien trop longtemps prit. Que les temps se faisaient durs, les brigands lui semblaient tout à coup bien plus sympathique. Peu de chance qu'un voleur ne parle pour indiquer où trouvait son larcin ou ses complices. Et en parlant de voleur, il y en avait un qui se rappliquait. Pas un bandit de grand chemin, à peine une petite frappe des Églises, œuvrant sans aucun doute avec pour croyance que le Seigneur était d'accord avec son petit emprunt. L'épée pour Acrisius en mains, elle le vit apparaitre, montant également un cheval qu'il déposa aux écuries avant de venir les rejoindre quelques instants plus tard. De nouveau la valse des salutations, de le voir faire un arrêt avant qu'il ne s'exclame, glissant une mains dans sa chemise, pour y extiper un...

Citation:
Voilà qui devrait abattre toute la forêt, mes amis. Rappelez-vous ! Nous cherchons à chasser du sanglier, pas couper du bois pour l’hiver... Enfin. Heureusement, j’ai fais un détour par la Cathédrale. Non pas que je pense que la situation va déraper, juste que je préfère prévoir...


Un crucifix, MA-GNI-FI-QUE, Alvira en restait béate, un peu interloquée, la jeune femme regardait Wallerand, puis Lily. Euh... Toto n'allait surement pas être bien d'accord, et cela dépendait de comment il se l'était procuré. Ça existe les prêts de Crucifix ?! C'est pas que le Curé qui a le droit d'exorciser ?! Se protéger soit, mais de là à prendre un Crucifix !! Et toutes ses pierres, cela devait couter une fortune, Verso était incapable de s'offrir un tel objet. Non mais quelle idée, il n'y avait que lui et ses bondieuseries pour oser nous servir une soupe pareille. Dépitée, elle secoua la tête en se retenant tout de même de soupirer pour ne pas alourdir la situation. Que la chasse allait être longue avec un énergumène pareil. Finalement, les nerfs, surement, lui firent lâcher un petit rire alors qu'elle s'imaginait dans une situation catastrophique avec son ami qui réciterai une prière en dressant le fameux Crucifix, trop ridiculement orné de pierre pour être efficace. Se moquant de la situation, et l'épée en mains, elle l'a lui fourra derechef dans la sienne.

Tiens ! Au lieu de dire des âneries, prends quelquechose qui pourra réellement te sauver la vie face à une bête que la douleur de la poursuite rend folle. Qu'on soit clair, tu prends le cheval espagnol là, celui-là, le bel alezan, je suis sure qu'il va te plaire, il est fait pour toi... Avec vos caractères de cochon, vous devriez bien vous entendre...

La Bayonnaise ne posa pas plus de question ne voulant pas savoir comment il avait obtenu l'objet de protection adoré par son ami. Toto s'en chargerait surement, pas besoin d'en mettre des couches et des couches. Après tout si cela pouvait lui être profitable de savoir qu'il serait aidé par le Très-Haut juste en ayant possession d'une babiole, c'était lui que cela regardait. La Prévôté ce jour, elle voulait la mettre de côté, chasser du sanglier et pas du fraudeur, de l'esclavagiste ou.. DU VOLEUR !!
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Toto.dangely
Pour l’instant seul deux étaient présents, sa filliote Alvi et le chevaucheur Wallerand. Ronchonner un peu car toujours de mauvaise humeur il était, se lever avant le soleil, et être habillé de vert, non cela ne serait pas une bonne journée, il n’aimait pas le vert ! Que la chose soit entendue. Il flatte alors le cou de sa jument, avant de poser pied à terre, tout en tenant de la main unique les rennes. Cette meute qui ne cesse d’aboyer lui casse aussi les oreilles n’aidant donc point à retrouver la sérénité ni la bonne humeur.

Les manquants arrivent alors, l’équipage semble donc être au complet, quand les pupilles s’agrandissent en voyant dans la main de Acrisius un crucifix, son sang ne fait qu’un tour. Certes la présence d’Aristide ne pouvait que les aider dans leur quête, mais comment avait-il pu se procurer un tel objet ! Héritage familiale ?

Froncer le nez, ce qui n’arrange pas la mauvaise humeur présente, mais la présence de son autre filliote, lily, lui tire un sourire, et se résoudre se taire, pour le moment.


Bien l’équipage est donc au complet ! Je vous félicite d’être à l’heure !

Regarder les armes,

Acrisius, nous reparlerons plus tard de ce crucifix !

Les laisser alors choisir leurs équidés et armes, lui ne garderait que son épée. Se dire que Gustave aurait du l’accompagner, cela aurait été utile sans doute. Un regard dans la vide, une pensée vers le domaine de Aincille, quand son esprit pense et lance !

La trompe ! Qui a la trompe ?

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Wallerand
Bientôt, l’équipage se trouva complet. A l’arrivée d’Alvira, en bonne tornade qu’elle était, succéda celle du Duc Toto et de Lily, puis celle d’Acrisius. Les salutations allèrent bon train. A la toute première arrivée, il répondit par l’affirmative à ses propositions quant aux chevaux, puis il informa le Duc qu’il se portait à merveille et avait fort hâte de commencer. A la troisième, il expliqua qu’il ne leur restait plus qu’à tenter de trouver des traces de sangliers dans la forêt qui s’étendait devant eux, le lâcher des bêtes ayant déjà eu lieu, et qu’il était improbable d’en trouver si près des villes. Enfin, l’aîné des Beauharnais salua son cadet, bon dernier, et se figea quand il vit ce que son frère exhibait fièrement. Un éclat de rire monta dans sa gorge, sous l’effet d’un incommensurable amusement devant les ressources imprévues de son frère. Cependant, il se rendit bien vite compte du double tranchant possible de la situation et, malgré son hilarité, il glissa à Acrisius :

Range ça tant que nous pouvons être vus.

Etre pris pour une fratrie de voleurs était en effet la dernière chose que pouvait souhaiter Wallerand, et s'il savait que le geste d'Acrisius partait d'une bonne intention (quoique le choix du crucifix pouvait porter à confusion sur son véritable dessein pour qui ne le connaissait pas assez), il était possible que son geste ait des conséquences inattendues. Et l'imprévu avait, quand il s'agissait de métaux précieux et de pierres recherchées, un goût désagréable pour l'aîné des Beauharnais. C’était ce qui avait causé la perte de l’affaire de leur père, et il n’entendait pas que la reconquête d’une position sociale enviable se termine abruptement juste après avoir commencé.

La distribution d’armes commença, du fait d’Alvira. Avec un sourire, Wallerand accueillit la hache qu’elle avait eu la bonté de lui amener. Il n’était sans doute pas le chasseur le plus habile, mais il se sentait à même d’utiliser la robustesse de l’instrument contre des animaux non moins robustes. A son tour, il distribua lances et coutelas, à raison d’un par personne présente. Il allait oublier le dernier objet qui restait au fond de son sac de toile quand, heureusement, le Duc offrit une phrase qui réveilla sa mémoire. Aussi, à la question de savoir si trompe il y avait, le Chevaucheur répondit-il :


Eh bien, celui à qui j'ai pris les coutelas m'en a glissé une... Il a dû deviner l'usage qu'on va en faire.

Sur ces mots, il tira la fameuse trompe du sac et laissa son regard sombre courir sur les participants. Il n’avait pas pris le temps de se demander qui en aurait la charge. Pour sûr, il fallait un bon souffle pour être à même d’en tirer un son assez puissant pour rameuter tout le monde… Ne connaissant guère les capacités de Lily en la matière, doutant de l’envie d’Acrisius de s’en encombrer en plus de sa précédente (et fort belle) prise, j’ai nommé le crucifix, ne souhaitant pas enfin gêner Toto outre mesure, car son bras manquant serait peut-être un souci à surveiller, il se tourna vers celle à qui il avait demandé d’être sa marraine. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres quand il lui tendit la corne ouvragée, ajoutant, goguenard :

Tiens, voilà pour toi, tu aimes le bruit et ça te permettra d'en faire. Et tant qu'on y est, prends donc ce braillard avec toi !

Sur ces mots, Wallerand lui désigna du menton le bleu de Gascogne. Pour lui-même, le jeune homme avait repéré trois chiens noirs et blancs, peut-être issus de la même portée, de bonne taille, au poil dru et ras. Ils lui avaient tapé dans l'oeil dès l'écurie par la docilité qu'ils avaient manifesté, ce qui n'avait pas été le cas de toute la meute. Bien dressés cependant quand il s’agissait de chasser, ils étaient capables, selon le veneur, de réagir dès qu’un ordre leur était donné. Oh, il avait dit cela de tous les chiens qu’il lui avait prêté, mais l’espoir était tout de même permis.

Adressant à chacun de ses trois compagnons à quatre pattes une petite caresse sur le haut du crâne, claquant des doigts pour les inciter à le suivre, Wallerand se dirigea vers les montures et les attribua comme il avait été prévu par Alvira, laissant chacun s’attribuer les chiens de son choix. Ce choix, au final, lui convenait parfaitement. Le petit cheval gris semblait être à la fois rapide et robuste, ce qui en ferait un atout sur tout terrain qu’ils auraient à affronter. Il tendit donc successivement la bride du cheval bai à Lily, et celle de l’alezan à Acrisius. Sur ce, il enfourcha lui-même le gris, d’un mouvement qui dénotait une longue habitude de la monte, et lança :


En selle, mes amis. Il n'y a manifestement pas grand chose ici, j’ai eu le temps d’arpenter ce coin de la lisière en vous attendant. Je pense que nous devrions nous enfoncer dans le bois. Si on trouve un ruisseau, on a des chances d’y dénicher un indice de la présence de nos sangliers...
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Acrisius
Un geste héroïque suscite habituellement de l’admiration. De la reconnaissance tout du moins. À première vue, Acrisius n’allait devoir s’attendre à rien de tout cela ! Hormis un petit ton enjoué de la part d’Alvira, un éclat de rire de la part de son frère et une remise à plus tard de la part du Régnant qui voulait tout dire ! La journée commençait bien, lui qui avait tant médité, lui qui avait eut le toupet de faire pareil « emprunt », lui qui croyait encore et toujours au potentiel d’un crucifix. Peuh ! Rira bien qui rira le dernier. Lorsque le sanglier foncera tête baissé dans le tas, ils le remercieraient. Foi d’Acrisius !
Avant qu’il n’ait eu le temps de poser ses conditions quant à la manière de procéder, l’on confia au pauvre hère un attirail conséquent, comme si le menu garçon aurait la force ou le courage de brandir autant d’engins de mort à la face d’animaux qui devaient peser le double de son propre poids ! Les armes n’étaient pas son fort. La violence n’avait jamais été dans ses préceptes. Il ne les appréciait pas et préférait militer pour une approche plus diplomatique lorsque la situation le permettait ! Ce fut donc pas moins d’une épée, d’un coutelas et d’une lance qui atterrirent sur ses bras. Grands comme des billes, ses yeux s’étaient soudainement écarquillés. Qui pouvait supporter un poids pareil ? Et qui avait la faculté d’alterner en aussi peu de temps trois armes aussi différentes ?! Le Tout Puissant lui vienne en aide et vite !


Pourquoi as-tu accepté Acrisius ? Tu peux me le dire ? J’ai beau chercher, je ne trouve pas, alors si tu pouvais m’aider...

Marmonnant furieusement, comme un dément, le Beauharnais se dirigea vers la monture qu’Alvira lui avait réservé. Voilà un problème qui se rajoutait à ses soucis : ces bêtes étaient têtues, dénuées de bon sens, toujours prêtes à lui désobéir au risque de se mettre dans des situations inexplicables. Et depuis leur mésaventure dans ce satané pays Ibérique, il ne supportait plus ni les espagnols, ni les français. Décidément, c’était la poisse... Son regard se porta sur sa gueule, expression mêlée de sévérité et de crainte, crainte de finir sur le postérieur une nouvelle fois. Cette petite pensée lui rappela une douleur endormie dans le derrière, remontant le long de sa colonne vertébrale. Il en eut un vilain frisson qui lui fit accélérer le pas sur ses préparatifs. Plus vite cette mascarade commencerait, plus vite elle se terminerait !
L’attelage fut donc ainsi organisé. En premier lieu, il fixa l’épée et le coutelas à la selle afin de ne pas s’en encombrer. Ensuite, la lance que son frère dénommait aussi simplement, et qui s’apparentait plus à un épieu, fut destinée à rester dans sa main. L’objet était constitué d’une hampe au bout de laquelle était fixée une pointe. A la base de cette dernière, une barre transversale devait éviter à l'animal d’être enferré trop profondément. Ne pouvant s’empêcher de déglutir à l’idée d’être transpercé, il préféra se concentrer sur le crucifix, destiné à occuper sa main libre, celle qui allait enserrer la bride. L’on confia finalement au Bayonnais un trio de chiens porcelaine. Une race qui, selon l’explication qui lui avait été donné par le maître du chenil, provenait de Franche Comté et se démarquait de ses congénères dans la traque du lièvre. De taille moyenne, le poil blanc, marbré de nombreuses tâches noires, ils faisaient preuve d’une aptitude remarquable en terme de vitesse. Chacun reçut sa caresse, plus afin d’attirer leur attention que par affection, bien que les trois compères pourraient s’avérer de puissants alliés ! L’un d’eux sembla le regarder d’un air de chien battu, comme s’il en voulait à Acrisius d’avoir été choisi pour les mener au combat.


Ne me regarde pas comme ça ! Si tu penses que je me fais un plaisir de devoir y aller, tu te trompes !

Rageux, mécontent de constater que même des chasseurs expérimentés appréhendaient la journée à ses cotés, il rejoignit sa monture pour se mettre en selle. La partie allait donc enfin commencer !

En selle, mes amis. Il n'y a manifestement pas grand chose ici, j’ai eu le temps d’arpenter ce coin de la lisière en vous attendant. Je pense que nous devrions nous enfoncer dans le bois. Si on trouve un ruisseau, on a des chances d’y dénicher un indice de la présence de nos sangliers...

L’ordre était donné par le chef d’équipe et ses petites émeraudes se reportèrent immédiatement sur la lisière de la forêt. Découpant la forêt en deux, un chemin de terre battue sillonnait le massif. De parts et d’autres, l’on pouvait apercevoir principalement des pins, géants naturels pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres, encore espacés de buissons et herbes hautes. La vie animale semblait s’être éteinte à la vue des cinq compagnons comme s’ils craignaient d’en devenir les proies. Chacun éperonna à tour de rôle sa monture pour engager la marche. Le Duc accompagna Wallerand à la tête de la file, suivi de près par Lily et Acrisius. Alvira, forte dans sa confiance envers ce dernier, préféra occuper la dernière place.

Le groupe s’enfonça peu à peu sous les frondaisons de l’orée de la forêt. Épiant avec minutie les alentours, chacun occupé à couvrir une zone géographiquement proche afin de ne laisser passer aucune trace, ils durent se rendre à l’évidence : aucun sanglier n’avait foulé ce sol. C’est donc avec grande détermination et beaucoup d’insistance qu’ils finirent par se résoudre à pénétrer plus avant dans le bois. Le silence était d’or dans cette recherche, essentiel pour ne pas effrayer le gibier. Les belligérants de cette guerre porcino-Gasconne n’échangeaient que dans un dialecte primitif, mêlant signes et monosyllabes. Chaque information donnée devait alors parcourir la ligne de cavaliers.
Acrisius, dans toute sa témérité, priait et suppliait, n’hésitant à brandir son crucifix à chaque coin d’arbres, s’attendant à tout moment à tomber nez à nez avec un sanglier...
Lily.es
Tranquillement l'équipe se met en place.
Alvira qui visiblement s'y connait en chevaux attribue de façon un peu autoritaire les montures à chacun des participants.
Lily aime bien les chevaux, les betes en général, mais n'y connait rien.. donc si la prévote estime que le cheval bai lui correspond.. ma foi pourquoi pas ,allons y pour le bai et Wallerand conduit l'animal jusqu'à elle

D'un pas calme, la jeune femme s'approche de sa future monture. Lentement pour ne pas l'effrayer, elle leve une main et vient lui caresser le chanfrein, juste la ou un losange blanc bien net et bien dessiné lui separe le museau. Visiblement il aime car il remue doucement les oreilles et pousse un peu sa tete contre la main de la chasseresse.
Elle lui murmure quelques mots afin de faire connaissance :

tout doux mon beau, j'espère qu'on va faire une bonne équipe hein tous les deux, je compte sur toi pour me garder sur ton dos tout le jour ..;tu verras je ne suis pas lourde, une vraie plume.

La nouvelle Gasconne laisse courir sa main le long du pelage soyeux et sent avec plaisir les muscles tressaillir.
Tout à cette découverte, Lily ne voit pas arriver Acrisius, ce n'est que lorsqu'il lui dit bonjour qu'elle leve le nez en souriant.
Mais que dit-il ??? que fait-il ???

Le voila qui sort de son sac un crucifix, en plus un magnifique en or serti de pierres précieuses. Lily est soufflée, ce ne peut etre que venant d'une église et on a rarement vu un curé, un diacre donner de bon coeur pareil objet.
Acrisius un voleur... elle n'en revient pas.

Surtout qu'il se fait reprendre par son frère et meme Alvira y va de sa réprimande. Le duc quand à lui ne dit pas grand chose...mais le peu qu'il énonce fait froid dans le dos. Lily a rarement vu son parrain affiché une telle mine de désaprobation.
Du coup alors qu'elle meme est offusquée par ce qu'elle croit deviner, elle ne dit rien, pour ne pas ajouter de l'huile sur le feu.

Et puis soudain tout s'ébranle, les chiens sont distribués et ordre est donné de monter à cheval. 3 superbes Fauves de Bretagne race Royale s'il en est, dont la robe flamboyante jouait sur les muscles racés des betes sont attribués à Lily.

A l'inverse du cheval, celle-ci hesite à caresser la tete de ses compagnons à 4 pattes d'un jour, mais les yeux vifs et luisants font fondre ses dernières barrières et tout comme avec son cheval, elle tend la main pour la glisser dans le pelage soyeux

Puis d'un geste leste, elle grimpe sur le dos de sa monture et prend la file selon un ordre non défini mais comme allant de soi : le Duc et le chef de l'équipe Wallerand en tete, elle se tient à proximité directe de son parrain comme pour être protegée par sa vigilante affection, derrière elle Acrisius bougonnant et Alvira ferme la marche. Chaque cheval avance d'un pas assuré derrière celui qui le précède, sauf bien sur pour Wallerand mais visiblement sa monture est de celles qui aiment etre devant
.

Il faut se diriger vers le ruisseau a dit Wallerand,

Ma foi cela semble logique en effet, les betes viennent s'abreuver en fin de nuit ou au petit matin, il se peut bien que l'on trouve des traces de brisées.

Lily est attentive, elle se laisse mener par son bai magnifique et scrute les alentours. La Foret est magnifique, le jour est maintenant bien installé et le soleil bien que faiblard encore annonce qu'il fera bon dans la journée.
La rosée du matin n'est pas encore completement asséchée et l'on voit les toiles d'araignées perlées de gouttes qui serviront à des milliers d'insectes de reserves d'eau. Les arbres sont verts, la nature après le long hiver a retrouvé sa fraicheur. Il fait doux et bon sur le dos des chevaux.
Lentement, le petit groupe s'avance dans les bosquets qui préludent la foret plus dense à l'intérieur. Lily est sous le charme, son esprit est focalisé par la recherche des traces, elle se baisse , se redresse sans vraiment prendre conscience des arbres et surtout de leurs branches.

Et ce qui devait arriver arriva, Alors que Toto écarte de sa main valide une branche qui le gene pour passer, celle ci comme muée par un ressort reprend sa place juste au moment ou Lily passe.
Un sifflement alerte la jeune femme qui instinctivement baisse la tete.

Heureusement, sinon le bois venait la frapper en plein front. Mais les feuilles se sont accrochées dans la chevelure de l'étourdie. Elle peste, puis se reprend, il ne faut pas parler. Alors c'est d'une main rageuse qu'elle se libère.

La poésie ressentie l'instant d'avant vient de s'évaporer en un clin d'oeil. Ce petit incident remet Lily d'aplomb et c'est avec un esprit plus vif et plus à l'écoute de son entourage qu'elle continue sa lente chevauchée

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Wallerand
Ils étaient partis, d'abord en file, les uns sagement derrière les autres, puis ils avaient avancé de front pour ne manquer aucune trace de quelque bête que ce soit. Malheureusement, leur approche avait dû sembler trop bruyante pour les habitants naturels des bois, et Wallerand ne parvint pas à déceler un quelconque indice de leur présence. Ce n'était pas faute de scruter le sol, en avant des sabots de sa monture. Les chiens qu'il avait choisis gambadaient en avant, joyeux, sans avoir l'air de flairer quoi que ce soit. De temps en temps, le Chevaucheur leur jetait un regard pour vérifier qu'ils ne s'éloignaient pas trop et, quand c'était le cas, il sifflait sa réprobation pour les ramener plus près de lui.

Dans la forêt, les bruits s'adoucissaient, se feutraient, prenaient la couleur des arbres et des fourrés. A mesure qu'ils avançaient, dépassant la lisière pour s'enfoncer encore sous les pins de plus en plus densément semés par la Nature, la lumière semblait verdir sous les aiguilles et les feuilles, laissant apparaître ici et là de longs rais d'or qui frappaient le sol et révélaient une poussière fine, dont chaque grain semblait être une précieuse paillette. Quelques oiseaux laissaient entendre des trilles joyeuses. Le jour montait peu à peu, et l'aîné des Beauharnais ne manquait pas d'apprécier la douceur de l'air. S'il n'y avait pas eu cette chasse, il aurait fort goûté cette journée. Bien sûr, la joie de monter de nouveau un cheval pour s'adonner à une activité rare ne l'avait pas quitté, et l'excitation qu'il escomptait était en train de monter, bien qu'elle fût encore jugulée par l'absence de traces sur leur parcours.

Les signes dans lesquels ils avaient pris le pli de communiquer étaient à la fois élémentaires et suffisamment complexes pour remplacer, un peu, le langage articulé. Mais, quand à son tour Wallerand eut manqué de se prendre dans des feuillages à force de ne pas prêter trop attention aux branches qui environnaient sa tête, il en revint à une plus grande concentration. Une grande inspiration lui permit de faire le vide dans ses pensées, un bref instant, pour tenter d'ouvrir ses sens à la forêt. Dure tâche pour qui avait vécu dans d'assez grandes villes presque toute sa vie ou emprunté la forêt uniquement à bride abattue par les grandes routes, pour les besoins d'un commerce désormais disparu...

Non, il n'était vraiment pas un enfant de la campagne. Cependant, alors que Wallerand commençait à se demander s'il avait envoyé le groupe dans la bonne direction ou si, au contraire, il ne s'était pas lourdement fourvoyé en suivant ce chemin, un son cristallin se fit entendre, léger d'abord. Le jeune homme tira sur ses rênes, faisant s'arrêter sa monture. Sans le craquement de la végétation rase, il le perçut mieux. Ils approchaient d'un petit ruisseau, sans doute pas bien grand, mais à coup sûr suffisant pour permettre à quelques bêtes de s'abreuver. Il y avait fort à parier que ce ne serait pas assez pour désaltérer toutes les bêtes qui avaient été lâchées peu avant... Cependant, quelques unes avaient pu s'égarer : l'espoir de trouver des empreintes imprimées dans la terre meuble de la berge était tout à fait justifié, du moins Wallerand en était-il convaincu.

Il fit donc un grand signe du bras pour attirer l'attention du reste du groupe, et désigna la direction dans laquelle il lui semblait judicieux d'aller. Sans nul doute, d'autres auraient entendu également ce bruit, et confirmeraient le chemin à prendre. Bientôt, ils seraient à pied d'oeuvre pour mettre la main (et, dans son cas, la hache) sur une hure qui serait du plus bel effet dans une chaumière. Et puis, il avait promis à Baltana de lui ramener, s'il le pouvait, un trophée. Titillant du pouce la croix basque qu'elle lui avait remis en guise de protection, il se demandait si finalement il en aurait un à lui remettre, quand la petite troupe déboucha sur un espace plus dégagé quoique déjà éloigné de la lisière. Dans un creux de terre humide et de cailloux mêlés, des flots transparents s'écoulaient en un joli petit filet. Alors Wallerand murmura, assez fort cependant pour être sûr d'être entendu de ses quatre compagnons :


Pied à terre, ils sont sûrement passés par ici, il faut que nous trouvions quelque chose...

Il mit rapidement en application sa propre demande, et se trouva courbé en deux, le nez pointé vers le sol, à éplucher tout signe que les naturels agencements du ruisseau pourraient lui révéler. Cependant, avant de trop s'absorber dans cette recherche, il se redressa pour flatter l'encolure de son petit cheval, qui s'était révélé aussi confortable que docile, attacher sa bride à une branche basse et adresser une nouvelle caresse à ses chiens, leur indiquant ensuite les bordures du cours d'eau. Truffe au sol, ils se dispersèrent, et Wallerand retourna à sa propre recherche, priant intérieurement pour qu'une trace apparaisse.
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Alvira
L'énergumène Acrisius, voilà ce qu'elle allait devoir surveiller. Avoir l’œil et le bon comme elle le disait souvent à ses Maréchaux, elle se l'appliquerait à elle même mais dans d'autres circonstances que celles de fouler les remparts. Wallerand lui colla derechef le fameux Bleu de Gascogne qui, un peu plus tôt ne semblait pas vouloir obéir. L'affaire du siècle se dit-elle en soupirant doucement. Tout ses compères prirent trois chiens, et finalement, elle se trouva quelques peu démuni. Surement qu'à lui seul le cabot en valait trois. Se disant que ça lui suffirait bien, elle n'écoutait pas trop le débat sur l'armement et la corne. N'eut-elle pas besoin d'y penser que son filliot l'a lui tendit agrémentant son offrande d'une réflexion tout à fait adéquate et taquine, ce qui extirpa un sourire à la jeune femme. Elle glissa la trompe dans la besace attaché à son compagnon à quatre sabots, pour en user au moment venu. Une moue se dessina alors sur son visage lorsqu'elle songea que la maitrise de l'instrument pouvait être tout à fait aléatoire. Puis, les chevaux vaillamment monté se mirent en marche, chacun allant de son talon pour que ces derniers se mettent en mouvement.
Alvira eut le plaisir de retrouver cette sensation, agréable de la monte. Ce moment où l'animal et l'homme communient et s'harmonisent pour s'avancer vers une destination nouvelle. Là, ce fut la quête qui se fit nouvelle. Elle joignit ses mains, rassemblant ses rennes, sa monture suivant sans mal celle de Verso. Sécurité encore et toujours notre Prévôt préféra fermer le cortège, balayant ainsi les dernières possible danger.
Elle s'enfonça donc dans la forêt comme tout les autres, admirant les fourrés, certains grands arbres se démarquaient par leurs statures imposantes, d'autres par leurs feuilles plus dense, et certains même par leurs branchages. Lily en fit d'ailleurs les frais, manquant de concentration et d'Alvira de se dire qu'elle aurait pu y laisser un œil, elle ne fut malheureusement pas la seule à esquiver in extremis la verdure. L'équipe entière paraissait en suspend, dans des réflexions lointaines, surement inquiet et blasé de ne rien trouver malgré une avancée relativement profonde dans les bois.

La Bayonnaise se demanda si le lâché avait finalement bien eu lieu, peut-être avait-il oublié la Gascogne, l'enthousiasme initial laisserait alors place à une déception. Chassant un mouche d'un revers de mains elle anéantit sa penser négative. La liaison par le Grand Veneur ne pouvait laisser place aux doutes. "De la patience Alvira, de la patience, c'est encore et toujours ce qu'il te manque". Preuve en est faite une fois de plus ici. A cette idée, la Mairesse de Bayonne se prit à regarder de partout pour tenter d'apercevoir une trace au sol, ce dernier était jonché de petites branches de bois mort, de feuilles, et d'un mélange en certains endroits d'humus. Acrisius dans un folie désolante et non passagère, pointait son Crucifix dès qu'un oiseau piailler, dès que les feuilles bruissaient, dès qu'un sabot retentissait plus fort, dès qu'un tronc d'arbre se rapprochait de lui, dès que, dès que.... TOUT. Tout semblait pour lui être une menace potentielle. La jeune épouse leva les yeux au ciel, préférant ne pas relever verbalement la situation dont elle était le seul témoin. La vue d'une dernière place se montrait finalement, (en plus d'être possiblement agaçante), source de sourire, et de moqueries intérieur. Malgré tout son ami l'attendrissait par sa fragilité un brin exagéré car au delà de cela, il savait tout à fait remettre autrui en place. Il manquait surement d'un poil de confiance en lui, sa position de cadet le mettant en incapacité d'endosser le rôle du gros bras. Il s'était alors montré le plus sujet à taquineries. Mais son côté précieux le rendait assez dévoué, à l'écoute de l'autre. Voilà ce qu'elle en concluait dans ses moments de psychologie surement pas très fine, ce qu'elle percevait aussi de lui, passant de long moment d'échange et de partage, (pas uniquement d'alcool), lors de certaines longues soirées de confidences et de rire. De là, c'était alors développé en plus des chamailleries, une sorte d'envie de protéger celui qui, pour elle ne ferait que grandir en présence et en charisme.

Son chien gambadant à ses côtés se révélait finalement moins bête qu'elle ne le pensait et surtout bien plus obéissant. Il reniflait à grands coups de truffe, Alvi' le sollicita plusieurs fois par des murmures de motivation et d'un cherche mon grand, quand on veut manger, faut bosser. L'animal alors restait motivé et aux aguets. Quelques temps plus tard, Wallerand les héla, un ruisseau semblait couler non loin, rien de tel comme ressource pour y abriter la vie. La jeune femme s'exécuta à la demande de l'ainé de Beauharnais.
Elle s'avança pas à cheval près de l'eau et surtout ne fit aucuns bruit autre que ceux qui peuvent se faire naturellement par un animal. Une démarche plutôt légère afin de ne pas alerter le moindre sanglier rôdant là, car tout le monde savait que le long des rivières, l'écho se faisant, le son s'en voyait amplifié et surtout diffusé sur de nombreux mètres. Un pouce en l'air pour dire : "OK, j'ai compris". Puis de piquer du nez à la recherche d'une empreinte de cochon bien connu par notre brunette.


La chance viendrait-elle à leur rencontre ?! Quelle tactique adopter s'ils venaient à tomber nez à nez avec leur proie ?! De sa réflexion elle en tira une réponse qui lui fit adresser un signe à Acrisius pour lui intimer de rester en selle. Sait-on jamais, ils auraient besoin d'être réactif, et de gagner du temps lors de la poursuite (si poursuite il y avait), en ayant déjà des cavaliers prêt à s'élancer. Alvira se dit aussi qu'Acrisius se sentirait surement moins en danger, et paniquerait sans doute moins si un cas de figure tel que celui là se produisait. Ce qui soit-dit en passant, pouvait leur épargner bien des déboires. L’œil attentif, et dans l'attente, la quête se poursuivait.
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Lily.es

La petite troupe continue son avancée vers le sous bois. Pas un murmure ne s'échappe des lèvres des chevaucheurs, tous sont attentifs et la petite mésaventure de Lily a renforcé cette vigilance. Elle a d'ailleurs apprécié que personne ne pouffe de son étourderie. De grands éclats de rire n'auraient certes pas été de mise, mais quelques gloussements auraient pu se faire entendre, surtout de la part d'Alvira prompte à se moquer et à ne rien laisser passer aux autres, meme si bien sur il n'y a rien de méchant.
Mais une fois sa chevelure libérée, la brunette avait jeté un coup d'oeil vers ses compagnons et elle n'avait déceler dans leur visage aucun signe de moquerie.

Cet incident était réglé mais Lily en a retenu qu'une extrème attention est indispensable. Son esprit est maintenant toujours en alerte. Elle s'est rendu compte que son magnifique Bai n'est pas un cheval rétif, mais qu'il semble être de parfaite composition et pret à la garder de bonne grace sur son dos. Aussi, elle peut se concentrer sur la recherche d'indices.

Lily n'a jamais participé à une chasse et bien sur encore moins une chasse Royale, l'enjeu est encore plus important car dans cette foret doit se trouver, répartie au hasard des sentes la fine fleur de l'aristocratie du royaume de France...peut etre meme quelques membres de la famille Royale qui sait.

Après avoir chevauché en file indienne, Wallerand leur demande, plus par signe que par des mots, d'élargir l'espace couvert et de se mettre sur un meme plan, presque botte à botte. Les 4 cavaliers, qui n'ont rien de ceux de l'Apocalypse, obéissent d'un seul mouvement qui sans être concerté n'en est pas moins fluide et coordonné. Lily se retrouve par le changement de plan de recherches à longer à quelques pas le ruisseau dont le bruit cristallin les accompagne depuis quelques minutes. Wallerand a l'ouie fine et a bien perçu le son de l'eau contre les rochers qui affleurent en son lit et le clapotis sur la rive.
Nul doute que ce point d'eau claire et courant doit être le rendez-vous d'une faune de tous niveaux de la chaine alimentaire.
La troupe va, doit trouver des traces, des traces laissées par ces animaux qui viennent s'abreuver tranquillement le soir ou au petit matin.

Seuls les bruits de la foret troublent le silence, aussi les cavaliers n'ont aucune peine à entendre la consigne de Wallerand de mettre pied à terre. D'un signe de tete, Lily lui montre qu'elle a entendu et conduit son cheval qu'elle vient de surnommer 'Etoile blanche" , à cause du losange clair sur son chanfrein repéré dès la première prise de contact, auprès de l'arbre le plus proche.

Tout comme ses amis de chasse, en silence, elle glisse sur le sol et attache les renes assez solidement à un chene pour éviter à Etoile l'envie d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Avant de reprendre ses recherches, elle le regarde avec douceur et lui flatte l'encolure avec quelques mot : merci mon tout beau, on va faire une bonne équipe tous les deux.

Une fois le cheval en sécurité, il faut également s'occuper des chiens. Heureusement que les 3 , fauves de Bretagne dont elle a la charge momentannée sont visiblement habitués à ces expéditions ou le silence est de rigueur....enfin tant que la trace olfactive de la bete à pourchasser n'est pas sensible. Les 3 chiens furetent le museau au ras du sol entre les feuilles et les branches cassées, ils tournent un peu en rond partent à droite puis à gauche, ratissent large semblant suivre un chemin connu. Lily quant à elle, si elle n'a pas le nez dans les feuilles, s'est mise à chercher avec acuité la moindre trace du passage d'un sanglier.

S'approchant de la rive du ruisseau, elle se rend compte rapidement que Wallerand a eu la bonne idée de les emmener vers cet endroit. En effet, en plusieurs places, on voit des branches brisées, des feuilles pietinées, salies de terre, froissée dans leur belle couleur verte.

Un passage notamment montre qu'il sert souvent de point de rafraichissement et en plus à pas mal de betes et de tailles différentes. De plus tout comme l'arbre autour duquel elle a attaché son cheval, de nombreux chenes ont pris racines près de cet endroit.

En effet, à la grande joie de la chasseresse novice, les abords directs sont pietinés, elle voit plusieurs traces : des à peine marquées et rapprochées , sans doute des mulots ou petites hermines. Puis on distingue nettement des empreintes plus lourdement inscrites dans le sol mouillé par des renards par ex.


Mais le fin du fin rend Lily souriante. Légèrement à l'écart des autres marques, s'enfonce dans le sol la marque caractéristique des sabots des suidés dont ils sont à la chasse. Et cerise sur le gateau, dans le prolongement, il semble bien que des traces plus petites suivent les premières

Excitée comme une puce, elle se redresse et adresse de grands signes à ses accolytes, leur disant de venir la rejoindre.
De loin elle doit avoir l'air d'un sémaphore désarticulé tant les bras partent dans tous les sens : un bras pour dire Venez, venez et un autre pour montre ....c'est là ...à mes pieds

Lorsque tout le monde l'a rejointe, en calmant l'excitation qui perçe dans le ton de sa voix, elle les informe


Regardez là , les traces ; c'est assez net je trouve, on voit bien les 4 sabots, en plus ca doit être un adulte vu l'enfoncement et je dirais meme une femelle ...regardez , regardez à coté vous ne trouvez pas que ca ressemble à des marques de petits...

Accroupie, un genou dans la terre, elle montre de la main ce qu'elle pense être le signe visible d'une mère venant avec ses petits boire au ruisseau...

Vous en pensez quoi ???? on dirait bien ...hein.... au moins deux à trois marcassins

Pour un peu si elle ne se retenait pas elle taperait dans ses mains. Faut comprendre aussi, sa première chasse et elle a la chance de tomber sur les premières traces. De toute sa vie, certainement elle se souviendra de ce moment.

Discretement Toute s'est approché d'elle et lui serre l'épaule de la main, Elle tourne vers lui son doux visage et lui sourit avec amour. Lily est heureuse qu'ils partagent ce moment tous les deux.


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Wallerand
Et les voilà tous, le nez dans les feuilles et aiguilles de pin, à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il était probable qu'il faudrait de longues recherches pour trouver ce qu'ils étaient venus chercher sur les rives du cours d'eau, et Wallerand se voyait déjà envoyant ses compagnons de chasse vers l'amont et vers l'aval pour tenter de trouver des traces de bêtes quelconques quand il vit Lily agiter soudain la main. Deux signes pleins d'enthousiasme.

D'un pas agile, il la rejoignit, d'avance excité. La jeune femme semblait d'un naturel si calme et serein qu'il était inenvisageable, pour l'aîné des Beauharnais, qu'elle paraisse d'un coup en proie à une agitation telle sans une excellente raison. Quand il la rejoignit, elle avait un genou en terre et pointait du doigt des traces nettes, profondes. Une bouffée d'exaltation monta dans la poitrine de Wallerand. Aucun doute n'était permis. Un de leurs amis à grosse hure et petites pattes était passé par là, accompagné de sa progéniture. Un sourire d'enfant se peignit sur les traits de Wallerand, qui ne chercha même pas à l'atténuer. A son tour, il se pencha, pour mieux les voir, pour en suivre le contour des yeux sans erreur possible. Alors il hocha simplement la tête, comme pour acquiescer, avec retard, aux mots de la Dame d'Aitre-aux-Bossins, tout à son ravissement, ajoutant :


Vous avez raison. Il y a eu ici au moins un adulte et trois marcassins... Peut-être plus encore.

Cependant, le raisonnement refit rapidement surface, comme un naturel revenant au galop, selon l'expression consacrée. D'un oeil critique, au ras du sol, il cherchait la suite des traces. A présent qu'ils avaient de quoi s'appuyer dans leur recherche des sangliers, il allait falloir pousser leur avantage. Un instant, bref mais intense, Wallerand se surprit à rêver au trophée remis par de royales mains. Cependant, à mesure que son regard se relevait vers un horizon plus lointain que le sol qu'il foulait, il revint à des considérations plus immédiates. La piste débusquée par Lily indiquait une direction approximative, mais il aurait aimé avoir confirmation d'un nombre de bêtes. Il reporta son regard sur le lieu où ils se tenaient.

Le jeune homme nota avec intérêt la présence de chênes à proximité immédiate du ruisseau. Des quelques recherches qu'il avait effectuées avant le jour de la chasse, il avait retenu que ces arbres étaient fort prisés de leurs porcines proies, et espéra y trouver des marques de leur passage. Se redressant, il s'éloigna donc des traces trouvées par Lily, de quelques pas à peine, et se pencha vers les troncs chenus. Des égratignures sur les fûts étaient çà et là visibles, et d’épais poils y étaient demeurés accrochés.

Le sourire qui flottait sur les lèvres du jeune home s’accentua. Décidément, aucun doute n’était permis sur le passage des sangliers. Ils étaient venus, peut-être même en un nombre supérieur à ce que les traces initiales laissaient croire, et ils avaient sans doute pris un temps pour se désaltérer et se gratter aux chênes. Décrochant un des poils qui avaient attiré son attention, il remarqua d’autres traces. Celles de leurs montures, bien sûr, mais également des empreintes plus longues que celles des sangliers, sans ces doigts inférieurs du pied des sangliers. Ces sabots-là étaient plus petits, plus fins aussi. Pour en avoir vu par le passé, quand il empruntait les routes des bois avec son père, il se souvint qu’il s’agissait là d’empreintes de chevreuils, dont il avait appris que les Landes regorgeaient. Il faudrait donc prendre garde à ne pas s’égarer, d’une piste à l’autre.

Alors qu’il revenait des chênes et des traces de gibier qui en étaient proches, Alvira, qui s’était également déplacée à partir du point où Lily avait découvert les providentielles traces, ne manqua pas d’exprimer son contentement quand elle tomba, mêlées à des trous dans le sol, sur d’autres traces de sangliers. L’hypothèse d’une halte semblait de plus en plus probable et, s’il s’agissait bien des sangliers lâchés par les Ecuries royales, alors ils ne bénéficiaient sans doute pas d’une avance conséquente sur les chasseurs. Un sourire traversa de nouveau les traits de Wallerand. Alvira, consciente de l’importance des empreintes qu’elle avait découvertes, employait toute sa science de la forêt à vérifier que les traces trouvées correspondaient à celles dénichées par Lily. Quand fut finalement corroborée la ressemblance, à voix basse pour éviter de troubler la quiétude de la forêt, le jeune homme se releva pour proposer :


En selle, ils ne sont peut-être pas loin devant nous. Il y a aussi des chevreuils dans les parages, je pense. Faites sentir les pistes à vos chiens, on en aura besoin.

Et, joignant le geste à la parole, Wallerand appela ses chiens, sans trop élever la voix. Les braves bêtes le rejoignirent, cessant de gambader comme des chiots insouciants, et baissèrent la truffe vers les traces de sangliers trouvées par Lily et les trous remarqués par Alvira. Une fois qu’ils seraient lancés sur la piste, la chance leur sourirait sûrement, surtout avec l’appui du reste de la petite meute disparate qui accompagnait les chasseurs. Du moins Wallerand l’espérait-il. Une fois ce préambule nécessaire accompli, il remonta lui-même en selle. Les chiens qu’il avait choisis le considéraient, comme attendant un signal. Le regard sombre du jeune homme parcourut l’équipage, et il attendit que chacun soit en ordre de marche pour donner le signal de départ, sur cette piste providentielle qui s’était offerte à eux.
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