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[RP] La Croix contre le Lion !

Maryah
Pendant que certains travaillent à la paix, d'autres irréductibles ne s'en remettent pas. Parmi ceux là, une étrangère, une bridée, née pour faire chier certes, mais dont l'esprit de vengeance est aiguisé, naturel, et le désir de cogner de l'Impérial ou du Croisé, irrépressible. Incorrigible.

L'An de Grâce 1462 et la gestion des émotions ne font pas bon ménage. La tristesse, la déception, elle ne sait pas gérer. Pas plus que l'affection ou l'amour. Mais la colère, la vengeance et la Guerre ... Haaaaaaa. ça c'est bonheur. Comme l'armée du Bonheur avec qui elle devait tout massacrer, corriger, rééquilibrer ... en envoyant quelques uns sur la Montagne de la Désolation. Empalés, ça va de soi ! Pas pour rien qu'on a inventé la chaise de Judas, hum ! Des milliers de p'tites piques qui vous rentrent dans la chair, et vous mettent à sang ; et ces jolies sangles de cuir qui vous tiennent enserrer, dans ses bras ... hummmm ... c'est si poétique.
Elle en vient à regretter son passé de bourreau à la Horde Sanguinaire. Le sang, voilà c'qui manque, pas faute de l'avoir dit au Vieux. Mais le Vieux est vieux, il parlemente ... avec succès en plus. C'est bien sa veine ! Y en a tant et tant qui ont échoué dans les négociations, et celui avec qui elle va travailler, réussi ! C'est à virer bourrique ça ! Pire ... Mule d'Izaac !

Bref. Le temps passe. Elle ne digère pas.! Elle a beau se défouler en alignant les stères de bois pour le retour d'Hilde et Cobra, elle tourne en rond, comme une Lionne en cage. Partir, il lui faut partir. Vite et bien, parce que sinon elle ne répondra plus de rien.
Le 52ème commandement résonne avec son bannissement des terres d'Empire, à cause de sa foi réformée ! 3 mois d'exil et un déménagement qui lui a tout fait perdre. Ô rage, Ô désespoir. Obsession qui tourne au cauchemar et s'insinue dans chaque cellule de sa peau fiévreuse :
"52. Qu'ils disparaissent donc tous, ces faux prophètes qui disent au peuple : « Paix, paix ! » Malheureusement, il n'y a pas de paix ! » "

Elle se sent glisser, l'humanité à de moins en moins de prise sur elle. Elle repousse, elle rejette, elle s'exclue pour prier avec force, se rattacher à l'Unique ... seul qui peut l'aider à lutter contre ses démons. Déos peut lui montrer le chemin. Elle prie plus intensément encore, sa fureur n'a d'égal que sa ferveur. Elle combat sa rage de combattre, mais les propos des uns et des autres en taverne accroissent le malaise. Elle l'a dit à l'Hydreuse, elle est à un doigt de commettre le pire, de faire un massacre. Ce serait si bon. Si tendre ... ce sang si chaud, du velours rouge comme dans les grands domaines ... humpf. Confort, chaleur, ... appétit. Et venger tout ce qu'elle a perdu, compenser. Hum ...
MAIS Cendres veut la paix, et le Croisé rencontré plus tôt dans la journée le lui a bien rappelé.

Un vrai chemin de croix ... ou un itinéraire tavernesque. Y a que l'alcool pour effacer quelques moments le goût de sang qui recouvre le palais assoiffé. Du coup, la nuit tombée, elle erre comme une âme en peine qu'elle a. Oui, elle en a gros. Et vu qu'les gens d'icy sont plus du genre moqueur indifférent que réconfortant, l'meilleur ami, c'est le tonneau. Il se laisse boire à petite gorgée, ou grande lampée. Sauf que l'Epicée a un sacré débit, et qu'les taverniers lui suggèrent vite d'essayer une autre taverne.

Elle sort, elle arpente rageusement les quais du port. Elle tape du pied dans les caisses, les besaces en plan, les cageots d'poissons pas frais et de bulots puants. Et c'est là qu'elle le voit ... le revoit ! Le croisé ! Un fol ... euh un Folques ! Celui là même qui lui a fait son discours sur la paix, l'aristotélité, tout en gardant un calme admirable ... qui l'a profondément gonflé, il faut le dire. Un cran de plus de passer. Il s'est même permis de refuser le duel proposé, le corps à corps où elle lui proposait de le déposer tout droit en Enfer Lunaire. Bah quoi ??? Elle s'est pris trois mois d'exil pour une simple nuit de défense, de Genève la Grande, sans avoir embroché un seul Croisé ou Impérial. Et lui, il s'en sortirait à bon compte. Justice !

Revancharde, c'ui là elle va pas le rater ! L'air de rien, elle regarde de part et d'autres des quais. Pas un chat. Elle tapote ses habits, repérant les pommeaux de ses lames. Haineuse, elle se dit en son for intérieur :


" Viens mon mignon ... que j'te mette les nerfs à vif ! Comme c'te guerre avortée me les mets ! On va comparer nos degrés d'irritabilité ! On va jouer au chat et à la souris ... Chat ! ".



RP convenu entre les JD, les résultats de l'altercation seront déterminés par le combat en lice qui aura lieu le vendredi 10 octobre, à midi.

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Aymar_de_pelamourgue
Pax in terra hominibus bonae voluntatis. Dieu en soit témoin, nombre de genèvois avaient aujourd'hui cette volonté, celle de tout oublier, de tout effacer. Les mois de frustration étaient terminés et les croisés, fiers et droits, rentraient enfin chez eux après tant de sacrifices, de douleurs et de peines. Une poignée d'orthodoxes, installée sur place au moment de la guerre, restait donc dans la cité maudite où règne le Sans-Nom.

La paix. Ce mot était sur toutes les lèvres bien qu'elle fut soudaine, si soudaine que même certains croisés ne comprenaient pas. Il ne comprenait pas. La ville était sous leur autorité. Le vent avait certes tourné mais était-ce une raison d'abandonner ? Le jeune homme était de ceux-là, mais il n'était pas suicidaire. Comprenant que l'assaut allait être donné, Folques adorait le Seigneur pour cette paix inattendue, les termes étaient extrêmement avantageux pour les anciens croisés. Passer entre les mailles d'une justice que l'on disait exemplaire, ce qui était relatif lorsque l'on entend les récits de la justice réformée, cela ne pouvait mieux tomber.

"Assieds-toi à ma droite le temps que je fasse de tes ennemis ton marchepied." Cette phrase le hantait. Où l'avait-il entendu ? Il ne s'en souvenait pas le moins du monde, mais voir la Réforme courber l'échine devant Rome, les soldats les brisant sous le poids de leur foi et de leurs armes, cette vision lui faisait oublier parfois ses malheurs, aussi rares soient-ils. Au-delà de l'ironie de la situation, Folques gardait malgré tout une rancoeur, une haine au fond de son coeur. Il s'était confessé cette fameuse nuit. Il était derrière la porte, derrière toutes les défenses installées de nuit. Il n'y avait rien eu. La peur de ce moment qui n'était pas venu avait provoqué chez lui comme une sorte de manque, quelque chose qu'il devait compenser avec un orgueil démesuré. Le cuir contre son dos était souvent la solution. La douleur, le sang coulant le long de son corps, les genoux sur la pierre, les larmes aux yeux pour demander le pardon à celui qui a été, qui est et qui sera.

Les soirs en taverne étaient tous les mêmes. Alors qu'il aurait aimé sortir de ces discussions, des menaces, le cycle se répétait sans cesse. Qu'attendait-il ? L'exil ? Impossible, trop de sacrifices, de dépenses, d'enjeux pour quitter au bout d'une moitié d'année les lieux. Il y avait vu le meilleur, mais aussi le pire et cela lui restait dans la tête. La mort ? Certains lui souhaitaient, mais ils ne pouvaient rien. Folques n'en était que plus arrogant. Intouchable ? Oui. Quelque part il se sentait invulnérable dans une ville si lointaine de ces aspirations.

L'heure de la marche était arrivée. Un sourire amusé se dessinait sur son visage. Il y a quelques jours encore, il y faisait ses rondes, arme à la main, appliquant les lois du Seigneur sur les hérétiques et infidèles. L'itinéraire en était le même, mais Folques n'y était plus qu'un citoyen normal. Tout vêtu de blanc et de noir, portant ses colliers de fidèle aristotélicien et de Domini Canis, épée au côté et cotte de maille, il en profitait pour y acheter de quoi manger, mais aussi pour discuter avec les quelques genèvois de bonne volonté. Le temps était bon. Le port avait toujours été un de ses endroits préférés lors de ses patrouilles et il était heureux d'y retourner pour y flâner enfin un peu.

Il les voyait. Tous ces réformés, tous habillés de la même façon, dans une fausse modestie. La vermine sortait enfin de son terrier. Il en reconnaissait certains. Il les avait vus aux portes de la mairie, tentant vainement de s'en emparer. Comment des ennemis du Seigneur pouvaient ainsi aller et venir sans éprouver la moindre honte ? Ils passaient à côté de lui, devant lui et derrière lui. Ils formaient autour du jeune homme comme une masse sans cesse mouvante, une masse menaçante. Une haine certaine s'empara de lui. D'un brusque mouvement, il se fraya un chemin parmi cette foule de réformés et autres infidèles, ne manquant pas d'en faire tomber quelques-uns. Sans un regard vers eux, sans un geste de contrition, il continuait son chemin pour prendre la première rue qui se présenterait. Il était temps de partir d'ici.



Infidèles ! Remerciez le Seigneur de vous avoir épargné.


L'orgueil causait la perte de bien des hommes.
Maryah
JD Comtedom, merci de ne pas venir polluer inutilement et de façon aussi inadaptée un RP qui est réglé.
Les joueurs passent du temps à écrire, choisir les tournures, décrire les événements et interpréter tel un acteur un personnage et son tempérament. La moindre des choses serait de respecter notre jeu.
D'autre part, cette scène est collée, comme indiquée précédemment, sur le déroulement de la lice IG, et le nom de votre perso ne figure pas en lice, il me semble.
Maintenant si vous voulez intervenir, merci de respecter les règles du RP, de décrire votre perso, son attitude, sa tenue, ce qu'il fait sur les quais en date de la nuit passée, son entrée en scène, ses réactions ... bref du rôle playing, c'est à dire un jeu d'acteur, si ça peut vous aider à fixer le cadre. Merci.




Citation:
Le résumé du duel, par nos commentateurs favoris :
0. Très belle défense de Maryah, qui ne panique pas et ressort proprement. (Folques inflige 2 points de dégât à Maryah.)
1. Mon cher Pierre, je crois que le cochon est dans le maïs. Quelle baffe ! (Maryah inflige 6 points de dégât à Folques.)


Et elle ne fit pas que le voir. La nuit était sombre, les étoiles absentes, quand trainant le pas pour lui lancer une provocation, elle arriva enfin à sa hauteur.
C'était sans compter que le Croisé avait ses humeurs aussi, il se mit à bousculer les gens. Maryah bouillait, elle ne put se retenir plus longtemps.


WWWWWwwwooooowwwwwwwwww ça va hein ! Vous n'pouvez donc pas fout' la Paix aux gens ? V'croyez p't'êt'que vous avez pas assez foutu l'merdier icy ?! Ils ne vous ont rien fait ces gens, et si vous n'êt' pas content ... n'avez qu'à rentrer chez vous ! Non mais !
Puis reprenant de plus belle, sentant toute sa haine remonter du plus profond de ses entrailles :
Et j'vous l'ai d'jà proposé ... si vous n'avez pas d'chez vous, j'serai ravie d'vous déposer tout droit en Enfer Lunaire ! Les gens comm'vous ... ça crève !

Montées de voix, attroupement, bousculades ... l'homme ne se gêne pas pour plaquer ses mains sur ses frêles épaules, et comment expliquer joliment ? Hum ... et l'envoyer bouler. Il est costaud le croisé, et sa force l'envoie promener à quelques mètres, près d'un fichu cageot bourré d'poiscailles, dans lequel elle se prend les pieds. Elle trébuche, et chute sur les fesses à quelques centimètres du bord du quai, couverte de certains restes de poisson lémanisé. C'est bien moins joli que l'ichtus arboré par les Réformés, et ça sent bien plus mauvais. Pour un peu, elle faisait un magistral plongeon.

Son regard s'assombrit, sa respiration se fait plus calme, sa voix plus rauque alors qu'elle se redresse en dégageant le cageot gluant et puant, frottant ses mains égratignées. Elle en ressort le plus proprement possible, la tête haute, l'air fier et combatif. Elle repense aux paroles de Cendres : "faire la paix". Elle y pense et puis oublie. Y a un moment faut arrêter les conneuries et ... foncer droit devant.

Pas très costaud, mais rapide et souple, elle fonce tête baissée sur l'ennemi, tête qu'elle prend bien soin de percuter avec élan dans l'estomac du croisé. Elle attend qu'il baisse le buste et l'attrape pour s'en dégager, pour relever d'un coup sa tête.
Son occiput frappe de plein fouet, le menton de Folques, dont elle croit encore entendre les dents claquer en se relevant.

Essoufflée, frottant légèrement le sommet de son crâne qui a servi de marteau pour la mâchoire de Folques, elle le regarde avec ce petit sourire en coin qui ne cache rien de son ironie, ni du plaisir de lui faire mal :


Oh pardon ... j'vous avais pas vu ...
Un avant goût d'vot' Enfer lunaire ... j'compte bien vous faire mordre la poussière !
Allez v'nez ... v'nez là maint'nant qu'y a plus vos copains croisés pour vous défend' ou vous sauvez l'c*l avec un traité d'paix ! V'nez ... frappez pour voir ! J'ai pas bien vu c'que vous aviez dans l'bide en vous défonçant ... j'avais les yeux fermés !



Et elle rit, de façon sardonique et démoniaque. A cet instant, elle voudrait le saigner, l'garder conscient pour lui faire bouffer ses tripes. Genève est libre, chaque être est un Homme libre ! P'tain de croisés, toujours à s'imposer là où on en veut pas, avec leur fausse foy !
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Aymar_de_pelamourgue
Il marchait d'un pas vif, bien décider à quitter les lieux. Une voix l'interpella. Il la connaissait. Il se souvenait de cette nuit où il avait entendu la vois d'un homme sans le voir, celle de Maethor, avant qu'il se découvre. Cette nuit n'était pas aussi noire. Se retournant, le doute n'était pas de mise, aucun doute possible. Surpris, il l'observait avec attention. Il n'eut le temps de lui dire quelques mots avant que le torrent soit lâché.

Maryah...que faites...

WWWWWwwwooooowwwwwwwwww ça va hein ! Vous n'pouvez donc pas fout' la Paix aux gens ? V'croyez p't'êt'que vous avez pas assez foutu l'merdier icy ?! Ils ne vous ont rien fait ces gens, et si vous n'êt' pas content ... n'avez qu'à rentrer chez vous ! Non mais !

Et j'vous l'ai d'jà proposé ... si vous n'avez pas d'chez vous, j'serai ravie d'vous déposer tout droit en Enfer Lunaire ! Les gens comm'vous ... ça crève !


Il fallait la calmer. Qu'elle se taise ! S'approchant de toute sa hauteur, bombant le torse pour paraître plus impressionnant qu'il n'était en réalité, il posa ses mains sur elle et la renvoya violemment. L'heure n'était pas à venir le chercher. La voyant chuté bien près de l'eau, il eut un petit sourire avant de se retourner. Pourquoi jouer à ça ? S'éloignant de quelques mètres, il entendit néanmoins la demoiselle se relever. Souhaitant continuer mais curieux de voir l'état de la femme-poisson, il se retourna finalement.

Son souffle fut coupé net. Il n'avait rien vu venir. Pensant voir une femme bien mal en point, il avait devant lui une furie. Instinctivement, il posa son avant-bras droit sur son ventre, courbant le dos. Il se mit à tousser fortement, tentant de récupérer sa respiration. Pas le temps de se remettre droit. Le deuxième coup fut donné. Sa langue, il crût la perdre. Ses deux machoires se percutant, il mit sa main gauche sur sa bouche.


Oh pardon ... j'vous avais pas vu ...
Un avant goût d'vot' Enfer lunaire ... j'compte bien vous faire mordre la poussière !
Allez v'nez ... v'nez là maint'nant qu'y a plus vos copains croisés pour vous défend' ou vous sauvez l'c*l avec un traité d'paix ! V'nez ... frappez pour voir ! J'ai pas bien vu c'que vous aviez dans l'bide en vous défonçant ... j'avais les yeux fermés !


Elle ne l'avait pas vu ? De la vengeance. Ce n'était que de la vengeance. Une entorse à ce que Cendres avait édicté. Se battre ? Elle le voulait vraiment ? Lui qui avait réussi à survivre à six mois de bataille sans une seule blessure. Quand bien même ses frères et soeurs n'étaient pas là, cela n'empêchera nullement cette réformée de mordre la poussière. Reprenant son souffle pour finalement pouvoir parler, il se redressa de toute sa hauteur, la regardant avec une colère certaine.

Un avant-goût de l'enfer lunaire ?! En effet, c'est ce que vous allez voir. Si je dois faire de vous le marche-pied du Seigneur, qu'il en soit ainsi. C'est le problème avec vous les réformés, vous cherchez les problèmes là où ils ne sont pas. Vous jouez avec le feu pour ensuite vous plaindre de vous brûler. Cette fois-ci, vous vous en sortirez avec un souvenir cuisant.

Citation:
2. Mon cher Pierre, je crois que le cochon est dans le maïs. Quelle baffe ! (Folques inflige 6 points de dégât à Maryah.)


Il ne souhaitait nullement courir. D'une marche rapide, il s'approcha d'elle. N'ayant pas ses mitaines de mailles, le coup fut beaucoup plus "doux" que prévu mais douloureux, cela il en avait la certitude. Le revers de sa main droite atteignit le visage de la demoiselle à vive allure de sorte de la renverser. Le temps était fini de discuter, de se menacer. S'il fallait en finir, ce serait ici.

Se tenant machinalement le ventre, il tournait autour de sa proie, elle qui était au sol. Se reculant, il se décida enfin à saisir son arme, la lame qui avait eu sur elle tant de sang réformé. Pointant l'estoc vers la Maryah, il se mit à la regarder.

Et bien ? J'ai l'impression que cela n'aura duré que peu de temps. Que vais-je faire de vous ? Vous finir sur place ? Vous laisser la vie sauve ? Que dites-vous ? Vos yeux, en effet, risquent de rester fermés.

C'était à son tour de rire.
Madeline
Dans sa petite robe noire, la Mad promenait en laisse son Moustache, un chat noir, par une nuit noire... Oh non merde, c'était pleine lune.

Reprenons.

Dans sa petite robe blanche, la Mad promenait en laisse son Moustache, un chat noir tout blanchi de farine après une course-poursuite chat-souris dans le fournil du maître Baguette du coin, par une nuit de pleine lune.

Voilà qui est mieux.

Quoi ? Vous dites ? Pourquoi promener un chat en laisse ?
Parce qu'elle n'a pas de chien.
Et puis zut quoi...

De ruelles en places, elle arriva dans un quartier - ou plutôt s'y perdit - où un attroupement un peu bruyant s'était peu à peu constitué.

Elle attrapa Moustache par la peau du cou et se faufila pour voir.

Il y avait plein de Réformés en robe blanche eux aussi et ils avaient tous un chat noir blanchi de farine sous le bras.
C'est fou ça... Sont tous habillés pareil...

Quoi ? Vous dites ?
Je me moque un peu là ?
Meuh nonnnnn comme dirait la vache mauve.

Bref.

Arrivée tout devant, quelle ne fut pas sa surprise de voir Maryah en pleine forme, en pleine séance de "combat de rue" avec un croisé.

C'était beau. C'était presque de l'art !
Emue qu'elle était la Madgnifique.

Et quand on émeut la Mad, la poésie explose :


- NIQUE LUI LA TRONCHEEEEEEEEEe Maryah !! Mais... Fais-le en paix hein ! En paix !

Oui, c'était beau. C'était de l'art ! Tout simplement de l'art !
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Kirkwood
Kirkwood avait terminé ses petits préparatifs vestimentaires pour le culte demain après-midi.

Hé hé hé, lui qui n'avait aucun goût pour la vêture (se dont se plaignaient amèrement nombre de Genevois, voire simplement de sicaires et taliban, non pour la prestance, mais pour l'odeur aigre de crasse cumulée...), il allait surprendre les fidèles tout-à-l'heure.
Alors même qu'il s'était simplement dit qu'il allait rajouter une plume à son bonnet...

Mais bon, Pimousse du Lion de Juda ET Epousseteur de l’organisation liturgique, fallait marquer le coup, quand même...
Bizarre quand même, le mot Epousseteur... On pouvait sûrement trouver mieux. Vieux parmi les Gâteux ? Elder from the Sky ? Élu parmi les éligibles ? Ou les électeurs ? Les romains nommaient ça "évêque", mais impossible d'utiliser le mot sans ressentir une remontée acide...
Déjà que la digestion, c'était pas ça, depuis quelques jours...
Tss, quand les armées se rassemblent, les humeurs corporelles dégustent et souvent dégoisent...

Ah ah ah, le premier culte de Genève libérée...
Ce vendredi serait à marquer d'une pierre...
D'un caillou ?
Pourquoi pas d'une brique, finalement ?
Perplexe, Kiki se dit que le vocabulaire et les expressions n'étaient pas toujours d'une simplicité évidente...

Puis, il entendit du bruit au port...
C'qui se passe ?


Edit : modification spatio-temporelles
_________________


Réformaté et causifiant.
--Folques_
Posté en PS, car Maryah n'est actuellement plus à Genève.





Un avant-goût de l'enfer lunaire ?! En effet, c'est ce que vous allez voir. Si je dois faire de vous le marche-pied du Seigneur, qu'il en soit ainsi. C'est le problème avec vous les réformés, vous cherchez les problèmes là où ils ne sont pas. Vous jouez avec le feu pour ensuite vous plaindre de vous brûler. Cette fois-ci, vous vous en sortirez avec un souvenir cuisant.

CLACCCCCCcccccccccc !
Baffe magistrale ! Un puissant soufflet qui s'abat sur la joue grise de l'Epicée, virant au rouge instantanément, tandis que l'Epicée va voler et rencontrer l'dur du quai. Pas d'poissons pourris ce coup ci pour amortir le choc. La force de la gifle la projette face vers le sol, le réflexe de poser ses mains devant elle lui évitant de s'écrabouiller l'bout du nez sur la terre. On ne l'avait plus jamais frappé de la sorte depuis qu'elle s'était vue affranchie de sa vie d'Esclave.
P'tain de Croisé ! Elle allait l'bouffer ! Lui crever les yeux, lui arracher les oreilles à coup de dents, le claquer, lui enfoncer les côtes dans la poitrine, le démembrer, l'étriper ... et même qu'avec son sang, elle remplirait les calices de la messe du dimanche, que chaque Croisés sachent ce qui l'attend !

Pour le moment, elle est en bien mauvaise posture. Elle crache au sol, fulmine, elle se tourne légèrement pour ne pas le perdre trop longtemps du regard, et appuyée sur un coude, elle essuie le sang à la commissure de ses lèvres, du revers de l'autre main. Il tourne autour d'elle, c'est lui le Lion en cage désormais et elle la proie. ça ne lui plait pas. Un éclair, il sort sa lame et la dirige dans sa direction. Croit-il vraiment qu'elle va donner sa vie pour un gars tel que lui ? Et si elle doit finir marche-pied, ça sera celui d'un Saigneur et non seigneur, comme au temps de la horde sanguinaire. Elle a eu le temps de reprendre son souffle, de se remettre de ce coup qui l'a un peu sonné, quand tout à coup elle entend un encouragement, un fichu encouragement, la force qu'il lui fallait pour continuer !


NIQUE LUI LA TRONCHEEEEEEEEEe Maryah !! Mais... Fais-le en paix hein ! En paix !

Mad ... LA Mad...gnifique qui l'encourage. N'Est-ce pas le bras droit de Cendres ? C'donc un peu comme si les Réformés en personne lui demandait de niquer la troncheuh de Folques ? Hein oui ? Et euh la pauvre Maryah n'est qu'un p'tit bras armé qui se contente de suivre ce que dicte la Tête ? Non ... ? Hein oui !

Elle lève son regard vers Folques. Elle sait que ça seule arme, son principal atout c'est la rapidité. Alors juste de quoi le déconcentrer un peu ...


Et bien ? J'ai l'impression que cela n'aura duré que peu de temps. Que vais-je faire de vous ? Vous finir sur place ? Vous laisser la vie sauve ? Que dites-vous ? Vos yeux, en effet, risquent de rester fermés.
- C'que j'en dis moi ? Bah c'que j'en dis c'est que vous êtes seul parmi une bande de réformés, en train de porter vot'lame sur le coup d'une réformée ... Et donc m'est avis qu'vous allez vraiment passer un mauvais moment si vous n'la baissez pas de suite, et que comme indiqué par Cendres, on n'fait pas la paix ! Voilà c'que j'en fais ! R'gardez donc autour de vous, si vous m'croyez pas ... v'croyez qu'ces gens là vous soutiendront vous ? ou moi ?


Le Bluff, y a pas mieux en situation désespérée. Les enseignements des éclopés d'la Cour des Miracles lui reviennent en pleine conscience. Si un éclopé peut passer du matin au soir d'éclopé à miraculé, elle peut bien reprendre l'avantage. Pis flustre on n'a pas dit qu'on s'battait à la loyal ! Chacun ses armes !
Profitant d'un tout petit instant de manque d'attention, elle se contracte et roule dans ses jambes pour le faire. Mais il est coriace le Folques. Elle s'emmèle dans ses jambes, comme une souris autour des piliers d'un navire rempli d'blé ; s'il abat son épée, il risque de se couper irrémédiablement une cheville, un genou, une jambe ... C'est chiant hein la filouterie ?
Elle s'en amuse, encouragée par les cris de Mad, reprend de l'assurance et se faufile entre les jambes du gars. Sur le cul, elle prend l'avantage, s'appuie sur ses mains derrière elle, et lance de toutes ses forces ses deux jambes dans l'arrière des genoux de l'adversaire, qui, cette fois, ploie !

Hourra, hourra, le Croisé est terrassé ! A bout de souffle, elle se relève, le domine, lui lance un regard haineux. L'homme tente de se relever, et elle lui lance un premier coup dans l'estomac ... le visage du croisé changeant sous la douleur, l'excite. Elle balance un second coup dans le ventre. Il tente de se relever encore, elle attend comme un chat guette sournoisement le passage d'une souris, qu'il se rassemble à 4 pattes. Qu'il rampe tient. Elle prend de l'élan, et balance un coup bien senti dans les côtes de l'homme, qui s'affale à nouveau. Le passé lui revient elle a soif de vengeance, le présent remonte aussi, elle a soif de désobéissance ! Le Croisé va crever, là, comme ça, ce soir, lâchement, injustement, traîtreusement ... Elle s'en tape ! Qu'il crève c'te charogne ! Qu'il soit un exemple pour que plus jamais on n'envahisse Genève ! Il faut toujours faire un exemple ...

Et la succession des coups dans le corps à terre s'enchaine ...


Citation:
3. Folques est fauché comme un épi de blé en plein vol, quel geste remarquable de Maryah ! Le geste parfait, Folques se tord de douleur sur le port. (Maryah inflige 20 points de dégât à Folques.)
Aymar_de_pelamourgue
- C'que j'en dis moi ? Bah c'que j'en dis c'est que vous êtes seul parmi une bande de réformés, en train de porter vot'lame sur le coup d'une réformée ... Et donc m'est avis qu'vous allez vraiment passer un mauvais moment si vous n'la baissez pas de suite, et que comme indiqué par Cendres, on n'fait pas la paix ! Voilà c'que j'en fais ! R'gardez donc autour de vous, si vous m'croyez pas ... v'croyez qu'ces gens là vous soutiendront vous ? ou moi ?

Elle n'avait pas tort. Par Dieu, mais combien étaient-ils ? Quelques curieux s'étaient déjà rassemblés autour du combat. Devait-il s'attendre à voir débarqué auprès de la demoiselle quelques aides ? Que ferait-il face à ceux-là ? De cette foule partaient quelques encouragements vers la combattante, rien pour Folques. Il était seul. Elle était au sol suite au coup porté par le jeune homme. Il la voyait en difficulté, la voyant tel qu'il fut quelques minutes plus tôt. Tout cela était-il terminé ? Tenant son épée droit vers elle, il regardait vivement autour de lui tout en reculant un peu. Il craignait qu'un coup lui soit porté dans le dos.

Le coup ne vint pas de derrière mais d'en dessous. Il ne l'avait pas vu. Il avait tout senti. Ses jambes étaient prises. Que pouvait-il faire ? Rabattre son épée aurait été la pire idée qui soit s'il comptait garder ses jambes intactes. Son arme ne lui était plus d'aucune utilisé. Courbant son dos pour se dégager, comme pour retirer une corde emmêlée entre ses jambes, il n'était pas assez rapide. Ne la voyant plus devant lui, au sol, mais désormais derrière lui, il n'eut pas le temps de se tourner, tout juste la tête. Le coup était parti. D'une douleur intenable, il crût perdre ses genoux. Ses jambes se mirent à trembler, peinant désormais à soutenir le corps du soldat. Il laissa échapper un cri, empli de douleur et de surprise. Il se retrouva les deux genoux à terre, se maintenant plus ou moins droit en se maintenant à l'aide de son épée, se servant d'elle à l'image d'un appui.

Je...vous...tuerai...

Il essaya alors de se relever malgré la terrible douleur qu'il avait aux jambes. Serrant les dents, il remontait doucement lorsque le premier coup dans l'estomac arriva. A l'image du premier, son souffle fut immédiatement coupée pendant quelques instants. Se mettant à tousser, il lâcha son arme sur la sol. Tombant de nouveau sur les genoux, il sentit à nouveau la douleur. Les bras maintenant son ventre, il reprenait son souffle.

Je...vous...

Le second coup fit mouche également. A défaut que le ventre prenne tout, les bras furent là pour en prendre une bonne partie. Il se coucha sur le sol. Sur le dos, il observait le ciel. Dieu et les saints le regardaiten sûrement. Il devait continué. Se retournant, face contre terre, il se mit à cracher quelques gouttes de sang. C'était la première fois, depuis le début de la guerre, qu'il voyait son propre sang coulé, fusse-t-il en si petite quantité. Rassemblant ses dernières forces, son entreprise de se redresser fut une nouvelle fois un échec total. Alors qu'il se servait de ses jambes et de ses mains pour se soulever difficilement, le dernier coup fut le dernier qu'il supporta de recevoir. Il ne ressentait que la douleur. Ne bougeant presque plus, son esprit était néanmoins tout à fait vif, bien que ses pensées n'étaient guère joyeuses. N'aurait-il survécu jusqu'ici pour se voir battre à mort par une réformée en temps de paix ? Cruelle ironie. Sa dernière vision de la terre devait-elle être celle de la terre elle-même ? Il se laissa basculer sur le côté puis sur le dos. Il ouvrit les yeux. L'éclat bleu et vif de ceux-ci était toujours là. Fussent-elles de rage ou de douleur, quelques larmes apparurent sur son visage, brouillant sa vision du ciel étoilé. Il ne gémissait plus. Il ne bougeait plus. Il semblait même habitué aux coups que lui donnait répétitivement celle qui l'avait vaincu. Il ne prononça que quelques mots, essayant de s'adresser d'abord à son boureau avant de renoncer et de parler à Dieu.

Un prêtre...confession...pitié...

Requiem...aeternam...dona...mihi...Domine...


Sa vision se noircissait. Il ne distinguait presque plus rien. Il ferma finalement les yeux. Folques tombait dans l'inconsience.
Kirkwood
Kirkwood se dirigea vers le bruit.
Il mit quelques secondes à comprendre la situation. Un attroupement au milieu duquel Maryah et un croisé inconnu se battaient, la première sous les encouragements de la Madnifique. Le premier réflexe de Kirkwood est d’apprécier l’échange de coups. Oui, pas mal, belle reprise…
Puis sa –faible- intelligence prend quand même le pas. Même si en tant que Pimousse, il apprécie hautement qu’on frappe un ennemi, un hérétique romain, il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’une atteinte aux accords passés. Pax is pace, s’pas, point poncuation de pains dans l’pif…
Il va falloir remettre tout ça en ordre. Ordnung, un truc helvète (entre autres, mais bon…). Il fend la petite foule au moment où Maryah se jette sur l’hérétique et prend une voix bien paternaliste de commandement.


Bon, fallions p’têt arrêter de décronner deux minutes, j’croyons ! Maryah, ma sista, ça suffisions comme ci comme ça ! S’pas ?!
Ouais, bon, t’avions gagné, laissions tomber.

Elle n’écoute guère, hein ? Et l’autre s’en prend plein la tête…

Maryah, t’avions point l’impression d’en faire trop ?! J’te rappelions les accords passés : pax à l’arrêt va plus loin dans l’amour de Deos que batture qui bouge ! Et c’estions promesse du capitaine Cendres !
Maryah ?
Si t’écoutions l’Pimousse du Lion d’Juda ?

Résultat ?
Nib, nixt, nihil et que dalle en pente à l’heure du repas… Kiki retente la persuasion, même s’il commence à s’impatienter. Comment, on ne l’écouterai pas ?


Maryah, rappelle-toi l’prophète Averroès :
Citation:
LIVRE X – LA JUSTICE
Verset 3 : Qui tue un infidèle doit être puni.

Hein, quand même ? C’estions convaincant, dans l’genre ? Nan ?

Autant se défouler dans une viole de gambe, ça aurions plus de résultat… Kirkwood commence à en avoir légèrement assez de ne pas être écouté…

Maryah ?
Il avions plus de bleu en la face que de trous en un bon fromages, ça irions, j’croyons ?
Maryah ?
Maryah ?
Bon, y’en avions marre…

Kiki furax se tourne, cherche quelque chose pour mieux se faire comprendre, et trouve : il se saisit du poisson d’une silhouette dans la foule et craque.
Autrement dit, il se jette sur Maryah et hurle en pulvérisant à de nombreuses reprises le poisson sur le crâne de la sicaire :


Logion 15: A des hommes qui se battaient, Christos a dit : "Mais vous allez vous aimer les uns les autres, au nom de Dieu !" Tu m’entendions !?! Vous allions vous aimer les uns les autres, nom d’un p’tit Christos en pagne tressé par l’God Tout Puissant !!!
Logion 15 de Christos ! Verset 3 livre 10 d’Averroès ! Tu m’entendions !?!

_________________


Réformaté et causifiant.
Madeline
Elle caressait son chat tout en regardant de biais l'homme aux yeux bleus mais clos qui gisait.

-Je pense qu'il est dans les choux, souffla-t-elle à son voisin. Enfin, je dis ça... je ne suis qu'externe occasionnelle en madecine moi !

Un poisson vola. Quel était le con qui lançait un exocet ?
Vous savez ce que ça donne de lancer un exocet dans une foule pleine de Réformés à robes blanches avec des chats noirs sous le bras ?
Ben, c'est pire qu'un Lion.

Un essaim de chats prit alors son envol, à la poursuite du poisson volant.

Et pendant ce temps là, la Mad, qui caressait à présent du vide, fixait toujours l'homme à terre et commençait doucement à s'en inquiéter.


- On dirait que ça ne plane pas des masses pour lui... Bon, il disait quoi déjà le serment ? "Je passerai ma vie et j'exercerai mon art dans l'innocence et la pureté."

Elle eut un petit sourire de fiérote.

- Innocence et pureté, c'est tout moi ça !

Alors tandis que Kiki s'époumonait à faire entendre raison à Maryah, elle fit son devoir.
Elle alla s'accroupir devant le croisé et posa son index et son majeur contre sa carotide.


- Bonne nouvelle Kiki ! Il vit encore !
_________________
Maryah_


Poocc Poc Poc'
Les coups de pied s'enchainent, sans un mot. Elle regarde le croisé changer de visage, se tordre de douleur, et perdre conscience petit à petit. C'est ça, pense t-elle, part dans l'autre monde, je t'offre ton dernier voyage Croisé !

Elle entend bien le Pimousse qui s'adresse à elle, mais comme elle est restée sur le "pas d'intermédiaire", bah elle s'en sort plutôt bien à frapper toute seule. Les accords de paix, elle s'en tape la pogne ! ça s'voit pas là qu'elle se défoule ? C'est sportif ? C'est curatif aussi, c'est bon pour la santé d'frapper un croisé. Et "on" n'a voulu l'en empêcher. Et "on" voudrait encore l'arrêter ? Naaaaannnnn, circulez y a rien à voir !


Dong dong dooongg dong dong dong dong'
Oh le C'... Il lui tape dessus ! Rhaaaaa les gens d'église y a pas à dire, ça n'a pas l'même sens des réalités. Voilà que c'est elle qui est attaquée maintenant. C'est qu'il lui monterait dessus en plus ! Les textes lui rentrent vite dans la tête, les coups la déstabilisent, et le mouvement de coordination est trop compliqué : avisez qu'il faut se protéger la tête avec ses bras, et taper le croisé avec ses pieds ! C'est d'un compliqué, faut pas s'emmêler.

A la fureur succède le manque d'air ... vicié en plus avec tout ce poisson poisseux dans ses cheveux ! A bout de souffle, elle s'effondre à genoux, suppliant Kirk d'arrêter, les mots d'Averroès ayant atteint leur cible. Oui, c'est vrai, c'est pas bien de tuer ... :



ça va ça va ! j'arrête ! mais arrêtez vous aussi ! Ma tête n'est pas un extracteur d'écailles humpf !!! ... S'aimer les uns les autres ... mui ... mui ... mais c'est lui qu'y a commencé ... il m'a bousculé parc'que j'suis réformée !

Oui leçon numéro 1 quand on est pris en faute, c'est toujours la faute de l'autre.
A genoux, elle voit encore mieux le corps de l'homme ... inerte. Elle regarde Mad, assise de l'autre côté du corps et lui fait un p'tit sourire en coin, cachant son absence totale de remords.


- Bonne nouvelle Kiki ! Il vit encore !
- HO ?


Les yeux s'écarquillent, le sourire s'efface. Elle est confuse. Flûte, elle l'a raté ! Ah non pardon c'est pas bien de tuer !
L'air de rien, elle essuie le filet de sang à ses lèvres et se tourne vers Kirk :


Ah v'voyez bien ! C'tait pas pour l'tuer, c'tait juste pour lui montrer qu'on n'était pas des branquignoles ! Comme ça il va comprendre et y va pouvoir dire à tous ses petites amis ortho(doxes), que c'est un choix de les laisser en vie. Mais qu'c'est pas l'envie d'les tuer qui manque ...

Et de rejeter fièrement ses cheveux poisseux en arrière, avec le plus beau sourire des royaumes pour la clique réformée.

Mad ... si tu veux qu'il revienne à lui, j'crois qu'faudrait lui administrer quelques baffes ...
--Cocoetcoco


Au loin, à vive allure, une chariote...


Coco: Stoooooooop!!!

SCHTOK! (Bruit du plat d'une main sur un crâne.)

Coco: Pourquoi t'as fait ça?

-Il dépasse les limites de vitesse. J'aime pas.

-Quelles limites???

-Les miennes.

-T'as des limites toi?

- .....

-Mouai, j'suppose qu'tout l'monde descend ici?

-Ben oui, t'as pas vu l'attroup'ment, là?

- Ohhh, y a du beau monde: la Mad, Kiki... mais, mais c'est la Mariah!!

-Avec un croisé en plus...

-SUR un croisé t'veux dire!

-Elle fait quoi?

-Pfff, à ton avis?

-Elle va, euh, elle l'a tué?!

-Évidemment, que veux-tu qu'elle en fasse?

-Ah ma oui mais nooooon!

-Mais siiiiiiii. Crève-lui un oeil, mords-lui l'nez, arrache lui une oreille!!!


Et soudain Coco entre en transe et se met à parler comme quelqu'un d'autre:

"11. La mort délie de tout.
12. Une piété incomplète, un amour imparfait donnent nécessairement une grande crainte au mourant. Plus l'amour est petit, plus grande est la terreur. (Les 52. Liber Leonis)


-Non mais dis donc, tu parles de qui là??
T'es malade, t'as la fièvre?
Comment qu'tu causes!


Et Coco de continuer...

-"Verset 3 : Quiconque tue intentionnellement un fidèle, Sa rétribution alors sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement. L'Unique l'a frappé de Sa colère, l'a maudit et lui a préparé un énorme châtiment...

-Justement, c'est pas un fidèle, c'est un croisé et pis tais-toi!!

-Verset 5 :" Ô les fidèles ! Observez strictement la justice et soyez des témoins sans mensonge comme...

-Tè tè tè, tout ça ne nous regarde pas.
Remonte dans la chariote te dis-je.
EN NAVAAAANT!!!

-... comme l'Unique l'ordonne, fût-ce contre vous mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, sachez que l'Unique est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.


-Tout ça ne-nous-re-gar-de-pas!!!!!!
Madeline
N'étant pas l'Unique et débutant dans les études de médecine, avec à son actif quelques dissections sauvages et le sauvetage d'un disséqué du ciboulot qui pensait qu'elle allait l'amputer des deux bras, elle n'était pas tout à fait au point question connaissances.

Aussi, quand Maryah exprima sa surprise d'un OH sonore, elle grimaça quelque peu.

-Ben ça fait "boum,bada boum,bada boum", et ça, ça ne vient pas des rognons... enfin je crois.

Et oui, voilà ce qu'on peut répondre quand on a commencé ses études par l'étude des urines. On n'y connaît pas grand chose aux affaires de cœur. De toutes manières, elle finissent toujours mal et puis, elle n'ont bien souvent rien de très palpitant.

Alors que les reins, c'est pas rien !
Eux,au moins,ça vous filtre réellement tout. Pas comme ces philtres d'amour vendus à la sauvette par des marchands de pacotilles.

Pour ces raisons-là, son bouquin sur le muscle cardiaque avait pris la dernière position dans la pile de bouquins à lire.
Si c'était un organe vital, ça se saurait non ?

Hein ? Vous dites ? ç'en est un ? Mais non... c'est juste un truc qui fait "boum boum badaboum" et baste !

Mais connaisseuse ou ignorante ès cardiologie, il fallait tout de même sauver les apparences. Car c'est très important les apparences vous savez. Vous n'imaginez pas à quel point c'est trompeur.

Elle fronça alors les sourcils et d'un air très sérieux, elle alla plaquer son oreille - la gauche - contre le torse du croisé.

Là, collée contre le "coeur-croisé", elle affina le diagnostic.


- Oui, il bat... et je dirais même qu'il y a un souffle.

Et tout ça sans instrument ! Prends-en de la graine futur Laennec des siècles futurs !
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Vereboten


Kiki furieux s’acharnerait bien, mais ça se saurait, qu’un poisson résiste à l’usage qu’il en fait… Il ne lui en reste qu’un malheureux bout, qui peut tout au plus donner un –petit- peu de goût à la soupe…
Donc, il est plus pertinent de faire semblant de s’arrêter de sa propre volonté, non ? D’ailleurs :

Madeline a écrit:
- Bonne nouvelle Kiki ! Il vit encore !

Ben voilà ! Sans compter que Maryah herself déclare forfait :
Maryah_ a écrit:
Ah v'voyez bien ! C'tait pas pour l'tuer, c'tait juste pour lui montrer qu'on n'était pas des branquignoles ! Comme ça il va comprendre et y va pouvoir dire à tous ses petites amis ortho(doxes), que c'est un choix de les laisser en vie. Mais qu'c'est pas l'envie d'les tuer qui manque ...

Kirkwood préfère ne pas commenter.

M’ouais, c’estions bien, sicariote Maryah. Tous, on pouvions tomber en l’péché, c’estions mal, mais si on s’reprenions, c’estions preuve de bonne volonté. Repentions-toi.

Puis se tournant vers la foule, prétentieux et pontifiant :

Allez, c’estions fini. Laisson notre Madnifique examinationner ce pôv’ pécheur qui venions d’être sauvé par l’symbole réformé d’la poiscaille, en quelque sorte, s’pas ? Hi hi hi
N’y avions ici qu’un accident d’la route, j’vous l’disions, pas d’quoi fouetter une Spaparte, alors qu’y a pourtant d’quoi faire sans rien rajouter…

En même temps, il n’a guère envie d’en faire trop. Trépaner une sicaire à coup de poisson, j’vous jure. Il n’est pas sûr d’en être fier, quand même. Ne pas s’en prendre à un hérétique romain armé à Genève, quand même, ça lui fait bizarre…
Mais la politique a ses raisons qui étonnent la foi, souvent… L’bon sens près de chez vous, toussa…
Allez, tout est bien qui finit bien… Et une telle mauvaise foi, chez Maryah, il en serait presque jaloux. Bon, tout est bien qui finit bien.
Jusqu’à ce que :


Maryah_ a écrit:
Mad ... si tu veux qu'il revienne à lui, j'crois qu'faudrait lui administrer quelques baffes ...


Kiki se retourne vers Maryah, rouge d’apoplexie, sent une brutale montée d’adrénaline et une forte envie de joindre ses deux mains autour du cou de l’intéressée, puis se reprend, et d’une voix froide et basse, lui assène à l’oreille :

Sicariote Maryah, tu m’ferions trois. Dont cinq…

Ce qui, pour les gens qui déchiffrent le langage kirkwoodien, signifie que le Pimousse du Lion de Juda vient de sanctionner la fautive de 3 jours de corvée de fraises, dont 5 de cerises.
Certes, mathématiquement douteux. Mais la Foi de Kiki soulève tout, même la mathématique.
Quant à ceux qui trouverait le châtiment faible par rapport à l’objet de la querelle, rappelons que l’Helvétie n’est toujours pas un grand producteur de tels primeurs…
Aymar_de_pelamourgue
Etait-il au sol depuis des heures ou bien quelques minutes ? Il l'ignorait. Les yeux clos, étendu sur le dos, son bras droit recouvrant en partie son bas ventre, les traits de son visage apaisés, le jeune homme était à des noeuds de ce qu'il se passait près de lui. Pourtant, dans son esprit, il n'avait jamais été aussi vivant. Passant de rêve en rêve, il revoyait presque toute sa vie passée. Ses adieux à ses parents lorsqu'il entra au couvent avec son oncle en qualité de frère convers. Ses adieux à ses frères lorsqu'il quitta le couvent pour suivre l'évêque d'Embrun Tibère à Genève et y combattre. Sa rencontre avec celle qui est devenu la dame de son coeur et tous les obstacles qui suivirent. L'occupation de Genève, les joutes verbales avec certains réformés, le départ de ses frères et finalement un combat. Il voyait en lui toute sa vie comme s'il l'avait déjà vécu, un défilé interminable de vexations et de coups qu'il faudrait apprendre à donner et à recevoir.

Ce combat semblait interminable, flou, déformé. Son rêve ne lui permettait même pas de voir contre qui il se battait, fusse-t-il contre un réformé ou une cagette de pommes. Il entendait de temps en temps quelques voix, semblant venir de nulle part, du ciel peut-être bien. La scène se brouillait de plus en plus. En effet, son corps lui même semblait bouger, sa tête rouler de gauche à droite dans de petits. Finalement, ses yeux s'ouvrirent, doucement. Sa vue était brouillé et il fallut plusieurs battements pourqu'il puisse voir de nouveau le ciel. A ce moment, les douleurs du combat, que son sommeil avait écarté, réapparurent avec violence. Il se mit en tête de les réprimer du mieux qu'il le pouvait. Il entendait près de lui des voix. Il reconnaissait celle de la responsable de son état. Déjà, son était en train de bouillir, sa rage lui montait déjà mais que pouvait-il faire ? Il avait été battu une première fois, la première fois de sa vie, et il était coulé au sol. Il tourna la tête de gauche à droite pour la localiser. Il la voyait enfin. Son épée était non loin de lui. Il ignorait s'il était considéré comme mort ou vivant mais dans le doute, il voulait avoir un moyen de défense.

Il tendait doucement sa main afin de la prendre. Il ne savait nullement si depuis le début, on avait remarqué qu'il s'était réveillé ou non. Il fermait les yeux fortement, quelques larmes s'écoulant sur son visage, provenant de ses douleurs aux côtés et aux genoux. Il priait.
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