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[RP] Campement des Lames et des Armées Impériales

Dacien_de_chenot


« Remporter 100 victoires après 100 batailles n’est pas le plus habile.
Le plus habile consiste à vaincre sans combat. »*


Le pas était lourd mais l'envie était grande, bien que mobilisées depuis deux mois, le moral des Lames ne s'en trouvait pas le moins du monde écorné lorsqu'ils installèrent un campement de fortune aux pieds de la capitale savoyarde. Quelques tentes furent dressées à la hâte, les tours de garde instaurés. La frustration du combat qui n'avait pas eu lieu faute d'ennemis, avait laissé place à la liesse devant Chambéry libérée, liesse toutefois contenue en raison de l'attaque de Luxeuil par les réformés lorrains qui en tenaient le siège.

Le temps était à l'orage en ce mercredi 10 juin 1463, en témoignaient les brumes qui restaient accrochées au sommet du mont Granier jusqu'au massif des Bauges. Sans doute pleuvrait-il avant la fin du jour. Bah ! Le savoyard songea qu'il serait ainsi plus aisé pour ses pisteurs de suivre les traces laissées par les français qui avaient fui probablement en direction du Lyonnais Dauphiné. La température avait quelque peu baissé mais c'était au profit d'un temps lourd et pesant, saturé d'humidité qui agaçait les chevaux et épuisait les hommes.
Peu de français étaient restés à Chambéry. Deux ou trois blessés qui attendaient probablement de recupérer suffisamment de forces pour rejoindre le Memento ou tout au moins les armées royalistes encore mobilisées le long des frontières de Franche Comté et de Lorraine.
Depuis qu'ils avaient quitté Dole, rares avaient été les jours où ils avaient pu profiter d'un peu de répit et d'un repas chaud. Leurs réserves étant suffisantes pour tenir un siège, ils allaient pouvoir se permettre de faire bombance en ce jour d'hui.
Estimant la précaution inutile, le Ténébreux se débarrassa de son armure, ne conservant qu'une cotte de mailles sous sa chemise de lin avant de parcourir le camp à la recherche d'Ava, que le sergent Adelheid lui avait dit enrôler à Belley mais qu'il n'avait eu encore l'heur de croiser. La jeune fille lui avait vanté, par courrier, ses qualités de cuisinière et il était grand temps qu'elle en témoigne.

Chacune des armées impériales avait planté ses oriflammes pour regrouper les hommes, l'or de la "Knochenjäger" du Général Rilana, côtoyait le brun de l'armée "1. badisches Banner" conduite par le Général Markart, quant aux Lames, faute d'armée portant leurs propres couleurs, elles avaient rallié l'étendard de gueules du Général Advokat qui menait la "viribus unitis". Mini, blessée lors des premiers combats, avait dû céder le commandement de la "E Capoë" à l'un de ses seconds, mais c'est bien à elle que revenait les honneurs de cette défense prodigieuse. A elle et à tous les savoyards, du plus humble au plus titré, dont le sergent Dody, tout nouveau sergent de l'Ordre des Lames qui avait vaillamment uni son bras à tous ceux qui s'étaient levés pour combattre l’ignominieuse ingérence du Royaume de France.

Un instant il leva les yeux pour observer les remparts. Ils avaient peu souffert du siège sans doute en raison de leur construction récente à moins qu'ils ne le doivent qu'à la maladresse française... l'Histoire n'en retiendrait pas les raisons, mais force était de constater qu'ils avaient tenu bon et que les savoyards n'avaient pas démérité, protégeant farouchement leur capitale des prétentions françaises.
Ainsi donc, tout comme à Dole, Carmin avait échoué à prendre la ville. Un sourire satisfait releva le coin de ses lèvres. Il étira sa longue carcasse et fit rouler sa tête pour dénouer ses trapèzes tendus. Plusieurs jours de chevauchée avaient raidi le moindre de ses muscles. Ce soir il se paierait le luxe d'un grand baquet d'eau chaude et de mains expertes à le remettre en état, mais pour l'heure il avait à faire.


*Sun Tzu

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Ava_lafiole
« Messire, ça pouire !!! » *


Qu’est ce que la ‘tite Fiole était venue faire dans cette galère, je vous jure! Elle pestait, loin du soleil du sud, sous un ciel moins clément et prêt à éclater en jets de lumière et grondements de tambours.

Elle furetait parmi les tentes, cherchant d’un oeil droit les gueules les plus naïves et faciles à berner et d’un oeil gauche la tente protégeant la marmite. Du coup, Ava louchait ! Ses prunelles brunes jamais ne fixaient au même endroit. Elle interpèle un homme somnolant contre un tonneau:


Où qu’elle ‘s’trouve la tambouille pour vous autres ?

Le gars haussa les épaules comme si elle parlait un langage inconnu. En même temps, la Ava de Carcassonne gardait l’accent appuyé du sud et pour une oreille savoyarde, ça ne causait pas trop. Elle mima un gros ventre et se le frotta comme si elle était repue. Mais toujours, ça ne parlait pas au ronfloteur. Elle lâcha un soupir long, et, n’ayant pas l’haleine franchement fraiche, le pauvre soldat en face manqua de s’évanouir. Ava se dit que la dernière herbe mâchée ne fleurait peut-être pas si bon que ça...

Elle passa entre deux tentes, et reçut quelques goûtes sur le bout du nez. Fallait qu’elle trouve le garde manger et vite ! Sinon elle deviendrait aussi liquide que le contenu de ses fioles. Petites gouttes et le vent qui se lève. Ava LaFiole retint avec peine l’envolée de ses cheveux légèrement humide et crasseux. Quand soudain, le nez de la gueuse se dresse. De son père gitan, elle avait hérité d’un grand sens de l’orientation et d’un odorat affiné pour flairer le riche manant. Cet odorat s’était développé avec le temps à la détection de toute sorte de choses. Et là ça sentait…. Le romarin. Ca sentait le gras de porc qu’on chauffe. Ca sentait… Olala… Ca sentait foutrement mauvais. Qui cuisinait ??


Elle reniflait, reniflait, nez au vent entre les tentes. Pas cette tente. Ni celle-là. Non cette dernière fleurait la sueur. Elle zyeuta à l’intérieur : de beaux gars mais fichtre qu’ils puaient !

Elle tira enfin la toile de tente révélant l’antre des gargouillis contentés, des légumes massacrés et des viandes désossées.


Bougre de diou, vous autres vous avez confondu la marmite avec les latrines. J’t’en mettrai des soupelettes qui sentent la crotte ! Viens t’en un peu par là que je te montre un peu le bon goût et c’qui dégouline dans l’gosier comme la bave sur le crapaud.

Elle prend une seconde marmite, et vide l'autre à même le sol (elle s'en fiche, c'est pas elle qui fait le ménage). Elle empoigne un gros morceau de lard et hardie de la lame, elle en fait de fines tranches, balance des légumes « plus de prime fraicheur mais tant pis » et saupoudra de quelques herbes qu’elle sortit d’une sacoche.

Elle finit en ponctuant, goguenarde :


Et si avec c’te festin t’as la cagasse qui s’coince dans tes trippes, je te vends pas cher une ‘tite fiole de mon cru et t’auras le fion en feu et le ventre de nouveau prêt pour une aut’ pitance ! Foi de LaFiole !
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Qui veut de mes petites fioles, qui? Elles vous nettoient la poche à caca en vidant tout par le trou du bas! Personne?
Elvyna
Epuisée de la route, puis de leur prise de position autour de la ville, ils avaient été sur leurs gardes pour virer les français d'un coup de pied au séant en milieu de la nuit, presque le matin. Mais ils avaient fuit. Comme des lâches. Surement en connaissant leur venue. Déçue d'avoir fait tout ce chemin pour finalement ne faire aucun combat, Elvyna descendit de son destrier en prenant soin de ne pas tomber sur sa jambe blessée. Foutue réformée! Elle ne pensait pas la revoir, ni se battre avec elle. Elle aurait du s'abstenir, avec une cuisse en vrac, pas facile de chevaucher. D'un signe de tête, les deux gardes qui l'escortaient se hâtèrent de monter les tentes. Elle observa la formation du campement ainsi que l'installation des autres soldats de la garde palatine, entourant les tentes des altesses impériales. Quand l'installation fut terminée, le dernier piquet planté, elle récupéra ses sacoches sur son cheval et entra dans sa tente, déplia rapidement sa paillasse et tomba dessus, exténuée.
Un temps lourd et étouffant la réveilla. Ouvrant les yeux, elle mit quelques temps à retrouver ses esprits et à se demander ou elle se trouvait, puis, la langue de Sirius, son chiot depuis quelques semaines, commença à lui lécher la joue. Grognant, elle le repoussa sans ménagement. Quand elle en fut remise, elle se leva, et sortit de sa tente, le chiot sur ses talons. Elle ne lui avait jamais appris, mais il ne cessait de la suivre tout le temps, à son exaspération. Mais elle s'y était faite. La brune aurait espéré un peu d'air pour respirer à plein poumon mais non, l'air était orageux. Regardant à droite et à gauche, elle regarda les soldats s'affairer, de manger, se détendre, discuter… Au loin, papillonnait le drapeau de l'ordre des lames, ainsi que les armées alliées, et elle pouvait apercevoir les remparts de la ville de Chambéry. Comme à Dole, les habitants avaient été braves, la ville n'était pas tombée. Elle se demandait pourquoi l'armée Memento continuait à essayer alors que c'était constamment un échec. Cela devenait d'un ridicule. Trouvant un tonneau d'eau, elle se pencha dessus et s'aspergea le visage. L'eau était tiède, mais cela acheva de la réveiller.

Elle partie visiter la ville, saluer les habitants, les rencontrer, les féliciter de leur tenu face aux français. Entrant dans une taverne elle se posa sur une chaise, écouta les nouvelles, se désaltéra et fit la connaissance d'un homme qui cherchait à voyager, avoir un poste. Après quelques réflexions et en écoutant ce qu'il aimait faire, elle lui proposa le poste de majordome. Décidément, elle qui était restée souvent seule, elle se retrouvait à la tête d'une mesnie. Quelques jours avant, elle avait trouvé un écuyer. Elle espérait tout de même pas rencontrer une dizaine de personnes qui la suivraient. Cet homme accepta son offre. Se demandant si c'était une bonne chose et si elle supporterait d'avoir autant de personne à son service, elle n'avait jamais eu à gérer un personnel, elle leur laisserait le champs libre, cela ne l'intéressait pas. Après avoir bu quelques chopes, elle repartit d'un pas boiteux, se promener pour savoir ou avait fuit les lâches Memento et avoir des nouvelles de Luxeuil qui avait été prise. La guerre ne cessera donc jamais.. Elle qui avait soif de liberté et qui voulait voyager, elle se retrouvait enrôler dans cette guerre. Certes, la motivation était là, cela lui permettait de se venger du mal qu'ils avaient fait à sa famille. Mais elle n'était aucunement une guerrière. Mais une femme qui avait fait ses engagements de défense envers l'empereur. Les ordres étaient les ordres. Elle préférait se dire que sa mission était de protéger les enfants de son suzerain.
Posant son regard sur le ciel, elle entendit au loin le grondement de l'orage, il n'allait pas tarder à arriver, les inondants de sa colère.

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Dacien_de_chenot


Il avait à faire, certes ! Mais un bonhomme le ventre vide a rarement le cœur à l'ouvrage et foutredieu ! le Ténébreux aurait pu avaler un abbé en soutane ! Cela faisait plusieurs jours qu'ils se contentaient de repas pris à la hâte, parfois même sans descendre de leurs montures, et quand le soir venait, on grillait quelques lapins ou quelques oiseaux fauchés d'une flèche habile, juste de quoi faire taire les hurlements d'estomacs mis en peine.
Il n'irait nulle part sans avoir, de prime, avalé un bon repas chaud.

Un instant il hésita à rejoindre l'auberge familiale sise dans la capitale. Sans nul doute y aurait-il trouvé gîte et couvert mais par dieu, il eut fallu grimper jusqu'à la vieille ville et perdre un temps précieux, d'un autre côté, il était attendu au château à un jet de pierre de l'auberge de son père. Il en était là de ses considérations lorsqu'il aperçut Elvyna toujours suivie de son chiot.
Le savoyard sourit dans sa barbe de deux jours. Il lui avait fait là un cadeau dont elle n'avait probablement pas pris la mesure, mais force était de constater que Sirius, puisque c'était le nom qu'elle lui avait donné, l'obligeait à une vie plus régulière à un moment de sa vie où elle aurait facilement pu basculer dans le n'importe quoi. Il avait songé que la rendre responsable de quelqu'un, fut-ce d'un animal, l'aiderait à ne pas sombrer, à ne pas se laisser embarquer vers les rives sombres dont on revenait rarement indemne. Et peu importe qu'elle l'ait maudit pour ce cadeau. Un jour, peut-être, en comprendrait-elle la raison profonde.

Il posa sa main sur son épaule.

- Bien dormi sœurette ?


Il usait souvent de ce terme avec une tendresse qui ne l'empêchait pas de la rudoyer de tant à autre lorsqu'il la sentait partir en vrille, comme eut pu le faire le grand frère qu'elle n'avait pas. Le fichu caractère de la jeune fille l'amusait tout autant qu'il l'exaspérait parfois. Mais elle avait la qualité rare de savoir observer sans juger et de se taire, encore plus rare à ses yeux. Elle l'exaspérait aussi par ses excès mais il avait fini par y voir une façon bien personnelle d'appréhender un monde fou sans y perdre elle-même la raison.

- Tu m'accompagnes ? Je vais manger un morceau... Allez viens, je t'invite.

Aucune Lame n'était visible. Il le regretta.

- Je me demande où ils sont tous passés ! A croire que notre promenade de santé les aura épuisés. Allons !


Et sans plus de façon il l'entraina vers la tente d'où un délicieux fumet s'échappait, fait d'herbes qui fleuraient bon le midi et exacerbèrent sa faim.
Le rideau qui en occultait l'entrée avait été relevé. Ils pénétrèrent à l'intérieur où une gamine d'à peine plus de dix ou douze printemps à vue de nez, s'affairait. Noire. Voilà comment il aurait pu la décrire à la maréchaussée pour peu qu'on lui eut demandé de le faire. Noire de cheveux et de crasse. Il ne l'avait jamais vue. Sans doute une romanichelle que l'errance familiale avait conduite à Chambéry. Qu'importe ! Elle savait cuisiner, l'odeur en témoignait. Il occulta les mains crasseuses qui avaient œuvré :

- Bonjour petiote, est-il possible à deux soldats affamés de trouver de quoi se rassasier ?

Les sinoples croisèrent deux yeux charbonneux.

- Comment t'appelles-tu ?

Quelle importance en somme ? Peut-être ne passerait-elle pas le prochain hiver avec ses piteux oripeaux flottant sur sa maigre carcasse.

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Elvyna
La Doloise mit un long moment pour revenir au campement. Avec sa blessure, elle n'arrivait pas à marcher très vite. Croisant des soldats, elle les salut rapidement, ne voulant parler à personne, comme à son habitude. Ils étaient rares ceux à qui elle conversait. Butant dans Sirius qui s'était mit en travers de son chemin, elle grommelle, se tourne vers l'animal pour le disputer et sursaute légèrement en portant instinctivement sa main à son épée, en sentant une main sur son épaule. Au son de la voix de son frère de coeur, elle se détend et se tourne pour lui faire face. Etirant un sourire au nom de soeurette, elle regarde Dacien.

    - Tu es dangereux Dacien, me toucher ainsi par surprise..


Eloignant sa main de sa lame, elle l'observe, comme souvent, le sondant de son regard auburn, essayant de détecter le moindre problème qu'il essayait de lui cacher. Ils avaient partagé beaucoup de chose, se soutenant mutuellement dans les moments difficiles de leur vie douloureuse. Elle ne cessait donc de s'inquiéter pour lui. C'était le rôle d'une soeur, et cela ne cesserait d'en être ainsi.

    - Bien dormi est un grand mot, ce fichu animal que tu m'as offert, ronfle, ou ne cesse de bouger, ou vient me renifler l'oreille.


Regardant furieusement l'animal qui reniflait le tonneau d'eau, elle écoute Dacien l'inviter à venir manger avec lui. Hochant simplement la tête, elle regarde autour d'elle quand il évoque l'absence des autres lames. Il était vrai qu'elle n'en voyait pas beaucoup. Mais peut être se reposaient-ils des marches difficiles et intensives qu'ils leurs étaient imposées. C'était un peu plus difficile qu'une promenade de santé. Souriant à son frère, elle le suit et passe la porte de la tente, ses narines frémir aux odeurs alléchantes. Posant ses carmins sur la gamine qui était présente, elle promène son regard sur elle, de haut en bas. crasseuse, mais pleine de vie, la brunette semblait encore très jeune. Restant silencieuse, elle continue de l'observer en attendant les réponses des questions de son frère. Récupérant Sirius qui s'approche dangereusement de la nourriture, elle reste positionnée près de Dacien, comme son ombre.

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Ava_lafiole
Chef coq! Ava se gaussait, fière... comme un coq! C'était le premier titre que la gosse obtenait. Le premier travail un peu valorisant aussi. Elle en avait fait des tâches ingrates : rogner les ongles de pieds de nobles trop pingres pour s'acheter une pince, enlever les puces nichées dans les matelas d'une auberge, gratter le dos d'une vache pour qu'elle produise plus de lait... Elle s'éclatait bien plus en refilant la courante avec ses petites fioles aux mélanges douteux. Mais ça ne nourrissait pas son homme, ces petites combines!

La tambouille, elle en faisait son affaire tant que les soldats ne devenaient pas trop fines bouches. Un officier - un général? un capitaine? elle ne savait plus - l'avait engagé. Paie merveilleuse (2 écus par jour) et avantages respectables (un pain et une tente) remplissaient d'étoiles les mirettes de la gamine.

Elle tournait la cuillère en bois dans la gamelle : potée de choux et carottes avec du lard pour ce soir. Elle résistait tant bien que mal à ajouter quelques herbes : Chaque après-midi elle se promenait autour du camp à la recherche de nouveautés végétales qui pimenteraient un peu les repas et renouvelleraient ses remèdes "miracles". Aujourd'hui, la tentation la poussait à couper ce petit champignon violet en lamelles dans la marmite pour en tester les conséquences sur la troupe. Peut-être trouverait-elle alors la recette de la potion magique capable de décupler leur force? Un peu mégalo, Ava LaFiole s'imaginait déjà être traitée en héroïne, clé du succès de leurs armées.
La science des herbes se révélait à haut risque, et la mère d'Ava LaFiole, grande connaisseuse, était morte bien trop tôt pour lui en enseigner l'essentiel. Ava faisait donc souvent oeuvre de créativité, avec des conséquences fréquemment douloureuse pour les cobayes : LaFiole avait donc fait le tour du campement, et compté nombre de recoins où les militaires pourraient vider leurs écoulements d'intestins au cas où sa nouvelle fascination violette viendrait perturber un peu leur bidon.

La main maigriotte de LaFiole suspendue au dessus de la marmite fumante, elle hésitait....


Si c't'un gars qui se pointe par la tente, je l'y mets y dans le bouillon. Si c't'une grognasse, les vers s'goinfreront d'mon champignon...


Pas folle, LaFiole, elle préférait se référer au destin : si les troupes ou les asticots avaient la chiasse ce serait pas de sa faute à elle, mais à celle du destin. Et c'est le destin qu'on truciderait.
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Qui veut de mes petites fioles, qui? Elles vous nettoient la poche à caca en vidant tout par le trou du bas! Personne?
--.dacien.de.chenot


La main en suspens au dessus du chaudron, la gamine ne répondit pas. Surprise, elle semblait hésiter.
Le regard du Ténébreux se fixa sur ce qu'elle s'apprêtait à ajouter au ragout et ses yeux s'étrécirent. En un bond il fut sur elle et lui arracha le champignon mortel des mains. La voix était blanche et dangereusement basse lorsqu'il l'apostropha.

- Misérable ! Qu'allais-tu faire ?

Il tenait son bras fermement pour prévenir toute tentative de fuite faisant rouler le cortinaire à quelques pouces de son nez. Il imprima une secousse pour obtenir plus vite une réponde de la noiraude.

- Allons ! Parle ! Pour le compte de qui agis-tu ?


Il se tourna vers Elvyna.

- Sers donc une platée de ragout à la demoiselle, ça lui déliera peut-être la langue.


Ils seraient bientôt fixés. Si elle avait déjà empoisonné la nourriture, la mioche refuserait d'ingérer la moindre cuiller. Sans ménagement il la força à s'asseoir et prit place près d'elle tout en maintenant la pression sur son bras. Sans la quitter des yeux pour capter la moindre réaction qui pourrait la démasquer, il posa le champignon bien en vue, face à la gamine. A la voir si malingre, un instant il se rappela qu'elle n'était qu'une enfant, puis, à nouveau, son regard se durcit : elle aurait pu tuer tous ceux qui auraient eu la malchance de gouter à sa cuisine ; Elvyna et lui de prime. Avant de la remettre aux autorités, il voulait en savoir davantage sur les raisons qui l'avaient poussée à ce geste qui allait lui valoir une peine exemplaire.

- Sais-tu que ce forfait va te valoir pour le mieux une pendaison, à moins que le bourreau ne se montre facétieux et décide de t'enfouir vivante au pied du gibet ? Tu pourrais aussi être brûlée vive comme sorcière. Alors, parle ! Qui es-tu ?
Elvyna_von_riddermark

Sursautant en regardant Dacien sauter sur la gamine, elle se demandait ce qu'il lui prenait. Lui qui était toujours correct avec tout le monde. Etait-il devenu fou? S'attaquer à une pauvre enfant? Elle était prête à intervenir pour le calmer de sa folie soudaine quand elle comprit. Voyant un champignon étrange dans la main de la brunette, elle n'intervint pas, se doutant que son geste était d'empoisonner la nourriture. Quel était son but? Etait-elle française? Une traitresse à l'empire? Voulant empoisonner et affaiblir tous les soldats défendant la liberté des habitants impériaux? Observant Dacien, elle ne l'avait jamais vu ainsi, aussi froid et dangereux. Un frisson lui parcouru l'échine. Elle ne connaissait pas cette partie de lui, mais elle lui plaisait. Se tenant sur ses gardes au cas ou la gamine tenterait de fuir, elle s'approcha d'eux. Hochant la tête sur la demande du ténébreux, elle s'empara qu'une cuillère en bois, prenant garde à ne pas toucher la mixture, elle en prit un peu sur l'ustensile.
Affichant un sourire mauvais, profitant que Dacien la tenait fermement sur la chaise, elle prit violemment son menton, mettant la nourriture devant ses yeux, se préparant à l'insérer de force entre ses lèvres.


    - Tu crois que je pourrais moi même la torturer? j'ai appris quelques notions, cela ferrait une occasion de m'améliorer.
Ava.lafiole
La corde au cou, on lui avait souvent promis cette fin à la diablesse aux faux remèdes. Mais passer l'arme à gauche à cause de champignons, ça lui en bouchait un coin. Elle aurait voulu connaitre mort plus héroique ou au moins pour des faits plus spectaculaires comme l'utilisation d'une potion qui la transformerait en géante ou en dragon. Elle y croyait encore, la gamine, à ces chimères là. Au pire là, les soldats auraient eu des crampes d'estomac ou attrapé un teint un peu jaune. Et puis, se faire choper par son chef et je-ne-sais-pas-qui-femelle en train de faire ses expériences, ça lui plaisait pas trop à la gosse : ils pourraient lui voler sa science (déjà qu'elle en avait pas trop...) et à eux la fortune! Ca serait pas juste.

De mauvaise grâce, elle prit sa louche, touilla un peu la marmite et en pris une grosse gorgée chaude. Ca avait bon goût, peut-être un peu trop de romarin, mais les champignons c'était une idée de génie. Enfin, une idée d'Ava.


T'voilà content, l'chef? Y'a pas de champi dans l'ragout. Mais ce s'ra de vot'faute si on perd la guerre. J'fais coment si j'peux pas tester les "Champi de la Force" sur les soldats, moi, hein?

De l'autre main, elle chope une pleurote - car c'en était une, tout à fait comestible - que l'ignarde n'avait pas su reconnaitre et la mastique.

Ca n'a pas d'goût.

Elle souffle dans sa main et renifle :

Et j'ai pas l'haleine d'un cadavre. Mais ça s'toruve le champi a peut être le pouvoir d'retarder les asticots d'attaquer les macabés!

Eclair de génie quand tu nous tiens. Ava LaFiole tenait une nouvelle riche idée de recherche pour ses fioles et pour la troupe. Des soldats morts qu'on pourrait rapporter aux familles et que ça puerait même pas pendant le voyage.
Dacien.de.chenot


La gamine avait du cran. Un cran fou même. Elle n'avait pas cillé, ne s'était pas tordue les mains en pleurnichant, non, elle avait avalé d'elle-même son bol de soupe affichant tout au plus l'air surpris de celui qui est au prise avec un malade mental.
Sitôt la soupe avalée, elle mâchouilla le champignon en plat de résistance tandis que, bras croisés sur sa large poitrine, il la regardait faire un demi sourire aux lèvres. Sans la lâcher du regard il inclina légèrement la tête vers Elvyna.

- Qu'en penses-tu sœurette ? Plutôt que de la pendre nous pourrions peut-être lui offrir le poste de cuisinière ?...


L'air crane de la gamine le poussait à lui tendre la main et c'était une vraie chance qu'il s'apprêtait à lui offrir, celle d'une vie de labeur, certes, mais la garantie du gîte et du couvert. Sans doute bien mieux qu'elle n'aurait pu en espérer.

- Et toi ? Qu'en dis-tu ? Te sens-tu capable de préparer la pitance de la troupe ? Un repas chaud le midi, et assez de restes pour le soir ?
Pour ta peine tu serais nourrie, logée et vêtue. Et il se pourrait même que je t'octroie un écu tous les 1er du mois si je suis content de ton travail.


Il attendit la réaction sur le visage chafouin de la gamine.

- Alors ?

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Ava.lafiole
Grand yeux ouverts, chique coupée, esprit abassourdi, la gosse des rues voyait l'un de ses rêves se réaliser : un salaire. Un salaire de misère, elle en était fichtrement conscience, mais un écu était un écu, et donc ça faisait deux écus, puis trois, puis quatre... et ça tinterait dans sa bourse. Elle n'avait jamais pu trop jouer des maracasses avec le tintinnabulement de ses sous, mais là elle le pourrait peut-être.
Quant à touiller la marmite pour une des dizaines de bonshommes aux estomacs aussi immenses que leur biceps, ça la bottait. Qui disait gros muscles, disait petits cerveaux. Elle pourrait en berner un ou deux avec ses quelques tours de passe-passe et ses fioles enchantées. Une clientèle qu'elle saurait charmer avec ses bons petits plats : rognons aux algues des marécages, saucisses d'oies aux choux, carpes à la LaFiole (recette surprise), purée de châtaignes à la sauterelle grillée...

Elle cracha dans sa paume et lui présenta sa main à serrer :


Foi d'LaFiole, vos tripes vont plus jamais grogner la faim. Ca va festoyer dans les tentes...

... et dans les lattrines.

Elle saisit la marmite et sortit de la tente en braillant :

QUI QU'EN VEUT D'MA SOUPE! QUI QU'A FAIMMMMMM! AVEC LAFIOLE, LA DALLE TU L'OUBLIES MON GARS! COLLE TOI UNE PLATREE ET ROOOOOOOTE UN BON COUP ENSUITE!


Marmite posée à même le sol, la petite sauvageonne se saisit d'une louche et tambourine sur le métal. N'importe qui aux alentours aurait pu devenir sourd, Ava LaFiole y compris, mais elle l'était déjà un peu à force de gueuler dans les rues pour vendre sa camelote. Les soldats allaient vite espérer qu'elle perde la voix également. Et la voilà qui s'égosille en chantant avec entrain :

LA CAAAAANTINE C'EST POUR TITINE,
LA GAMELLE C'EST PAS POUR LES DONZELLES
LA BOUILLASSE CA FOUT UN PEU LA CHIASSE
AVEC DES PETITES FIOLES LA FÊTE EST PLUS FOLLE
LES ESTOMACS GARGOUILLENT PAS, CAR A LA POPOTE C'EST MOI!
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