Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Jeu de cache-cache royal

Godin_le_messager
Dans un hôtel de Lyon.

Surveillée par son Connétable, Richard Watelse, le sosie de la reine s’attabla à un bureau d’une qualité plutôt moyenne. La plume levée au dessus du parchemin, elle attendait la dictée d’une lettre qui marquerait un tournant dans sa destine. Près d’un an s’était écoulé depuis la guerre avortée de Chypre * et le désaveu du roi de France envers la reine Eleonore 1ère **. Depuis, la petite cour entourant la reine Eléonore s’était peu à peu évaporée. Seul lui restait fidèle son Connétable, celui qui l’avait choisie et façonnée pour interpréter ce rôle royal. Car elle n’était pas née reine.
Avant la rencontre avec le Connétable, la sosie n’était qu’une humble gardienne d’oie bretonne, vivement chichement et ayant pour seule volonté de se trouver un mari ayant quelques biens : une vache et deux poules auraient fait son contentement. Pour une guerre dont elle ne comprenait ni les rouages ni l’ampleur et à cause d’une sensible ressemblance avec la souveraine d’une île lointaine soudainement disparue, la gueuse sans éducation avait pris la place de la reine Eleonore. Mais pourquoi finalement? La guerre n’avait pas eu lieu. L’île semblait s’embourber dans des révoltes internes qu’aucun trône ne pourrait calmer.

Et elle restait là, ombre royal, prostrée dans une chambre d’hôtel depuis de long mois. Elle avait connu avec son Connétable la fuite et diverses caches par craintes de tentatives d’assasinat par le clan adverse. La guerre avait été évitée, mais les bisbilles familliales pour la conquête du trône demeuraient vivaces.

L’Abbaye à laquelle elle s’apprêtait d’écrire pourrait devenir une protection estimable. Ainsi le pensait le Connétable Watelse, ainsi l’espérait la fausse reine.

La voix monocorde de Richard Watelse s’éleva dans la chambre et la sosie coucha ces mots sur le papier :


Citation:

A la Mère Abbesse du Prieuré Sainte-Illinda en Guyenne,



Nous, Eléonore première de Sulignan, Reine de Chypre et Jérusalem, mandons à la vénérable demeure sacrée, le prieuré de Sainte-Illinda, protection et asile. Une guerre au trône fratricide sévit en notre contrée chypriote nous condamnant, notre souveraine Personne ainsi que mes suivants, à une fuite pour notre survie.

Dieu a toujours guidé nos actes. C’est donc vers le Très-Saint que nous tournons notre coeur et nous mettons notre royale survie entre Ses justes mains. La dévotion à Aristote dont font preuve vos moines est parvenue à nos oreilles. Si vous nous acceptez au sein de votre prieuré, Nous et nos sujets serviront humblement le Très-Haut.




Donné et scellé à Lyon, le 28e de Mai 1463.




La science de l’écriture restant faible chez la jeune sosie, le Connétable avait voulu une lettre courte. En son caractère de militaire, il aimait aussi que tout propos aille droit au but. La sosie royale posa la plume sur le bureau. Le Connétable se saisit du parchemin et confia le pli à son messager, Godin le Vif.





* http://forum2.lesroyaumes.com/viewforum.php?f=8571

** http://forum.lesroyaumes.com/viewtopic.php?t=2082692
Ellya
La Prieuse reçut le courrier à Marseille. Un haussement de sourcil marqua son visage... avant qu'elle ne saute de joie.

Une reine! Une reine! On va accueillir une reine! Par les Saintes Culottes d'Aristote! Une reine!

Même Ellya ne pouvait pas s'empêcher de trépigner en imaginant une personne d'un tel rang entrer dans le Prieuré. Cela prouvait bien que leur réputation n'était plus à faire! Comme ils gagnerait en prestige! Oh, oui, c'était orgueilleux et c'était mal. Mais comme cela faisait du bien!

Elle se hâta de donner une réponse avant d'écrire à son Abbé pour le prévenir de l'arrivée royale.




    A Eléonore I de Sulignan, Reine de Chypre et Jérusalem
    Adishatz.


Le Prieuré Sainte Illinda du Rivet est honoré, sachez-le, d'un tel courrier.
Nous vous offrirons protection, asile et même la plus confortable de nos cellules individuelles, c'est-à-dire mon bureau, pour entreposer vos affaires et votre sommeil.
Notre silence est d'or, aucune information ne fusera de nos moines si vous nous le demandez.

Un banquet des produits de nos jardins sera prêt à votre arrivée pour vous accueillir comme il se doit.

Que Sainte Illinda vous garde,

    Soeur Ellya.




    Mon cher Monseigneur,


Lavez votre bure! Une reine arrive. Reine de Chypre et de Jérusalem!
Il faudra faire bonne impression et, comme je ne suis pas là, vous devrez vous en charger avec le frère Alfonse.
Prévenez aussi le frère Yban s'il n'est toujours pas parti.

Grand Dieu. Une reine! Allelujah!

    Soeur Ellya.


PS: Ici, tout va bien.

_________________
Godin_le_messager
La sosie royale reçut la missive peu avant l'heure du déjeuner. Déjeuner frugal, car la petite n'était jamais parvenue à apprécier les mets délicats destinés au royal gosier. Elle était née pauvrement et élevée au gruau et à la soupelette. Le Connétable l'avait quittée deux jours auparavant pour la précéder dans le voyage et organiser les étapes. Elle goûtait la paix et le silence de sa chambre, cette solitude, seul luxe que cette reine de pacotille ne pouvait pas s'offrir. Elle se leva, toujours la lettre à la main, et peu pressée d'y jeter un oeil. Elle songeait plutôt aux moyens de s'enfuir et de reprendre sa vie - sa vraie vie - en mains. Le Connétable lui trancherait la gorge ou un opposant politique le ferait. Elle savait qu'elle n'aurait pas le cran de fuguer. Elle se laisser tomber sur un tapis en peau de cerf, proche de la fenêtre.
Lecture fastidieuse, elle relut deux fois pour être sûre de bien comprendre, la reconnaissance des lettres étant encore une gymnastique neuve pour sa cervelle de paysanne.

Bien sûr, le prieuré l'accueillerait, elle n'en doutait pas. Tout ecclésiastique se vanterait d'avoir une reine pour invitée. La sosie connaissait bien ces hommes de Dieu, très portés sur le vin et la politique et moins sur la lecture des Saints Manuscrits. Elle avait pourtant bien aimé le curé de campagne de son village natal. Il avait une vision simple de la vie et se montrait peu enclin aux reproches. Il aurait pu lui en faire pourtant après chaque confession : trois jeunots lui étaient déjà passés dessus après le bal de la Sainte-Boulasse, elle avait chipé un porcelet à un voisin qu'elle n'aimait pas et prenait un malin plaisir à aguicher les moines du monastère voisins. Jeu de pucelle naïve et simplement destinée à se trouver vite fait un mari avec du bien : c'est à dire un boeuf et trois poules tout au moins.

Elle se leva pour prendre la plume. Devait-elle répondre en l'absence de son Connétable et bourreau?
Elle caressa les fibres de la plume, longuement hésitante, toujours effrayée des sautes d'humeur de Richard Watelse. Ne pourrait-il pas aussi lui reprocher vertement de ne pas avoir eu la jugeote d'écrire? Bref, "dans un sens ou dans un autre, un jour qu'est pas fait comme un autre, tu t'en vas recevoir ta raclée" aurait dit sa grand-mère.

Le crissement de la plume sur le parchemin dura une bonne heure, toutefois, la note était courte :


Citation:
A vous, vénérable Mère Abbesse,

Votre réponse Nous réjouit. Nous partirons dès demain pour vos murs. Le trajet sera long de deux semaines. Qu'Aristote protège nos pas.

Eléonore 1ère de Sulignan


Elle dodelina de la tête un moment puis osa ajouter une phrase :

Citation:
Nous aimons les navets.


La fausse reine agita sa cloche pour appeler son messager, Godin LeVif. Nul réponse. Elle réitère son geste. Toujours rien. Une chair de poule prit place sur la nuque de la sosie royale. Serait-il mort? Quelqu'un l'aurait il tuer? Allait t'on la massacrer elle aussi? La paranoïa du Watelse avait fait son chemin vers l'esprit de sa marionnette royale. Prudente, elle ouvrit petitement la porte et vérifia que personne ne la verrait, puis réagita vivement la clochette. Une porte voisine s'ouvrit sur un Godin peinant à réprimer un bâillement. Fausse frayeur à cause d'un ronfleur! La sosie, missive au bout des doigts, voyait rouge et s'adressa à lui sèchement :

Pour le Prieuré de Sainte-Illinda.... et remontez vos braies!

Elle claqua la porte derrière elle, la verrouilla plusieurs fois et déplaça un meuble lourd pour bloquer l'accès. Puis elle libéra sa tension par vague de larmes sur son lit.
Richard_watelse
Le Connétable descendit de son cheval Volovent et lui flatta l'encolure. Devant lui, les pierres de l'humble Prieuré de Sainte-Illinda reflétaient la lumière naissante de l'aurore. La fausse reine le suivait de quelques foulées, entourée de deux gardes. Le sosie royal avait les traits tirés par le sommeil, et la poussière laissait une couche blanchâtre sur ses cheveux et sa robe de voyage. Le trajet depuis Lyon avait été long et laborieux, et le Connétable se sentait soulagé d'être enfin arrivé en cet havre de paix où sa reine de pacotille serait enfin en sécurité.
Le ténébreux personnage avait une autre raison à sa venue : par missive, Ellya de la Duranxie, Prieuse à Sainte-Illinda, lui avait appris leur lien de parenté et l'existence d'un neveu. Homme sans vraiment de famille, il se réjouissait de ce lien qui les unissait maintenant et en remerciait Aristote chaque soir depuis. Peut-être un jour, le Très-Haut lui permettrait de retrouver son fils et de tenir son rôle de père. Peut-être même un jour fonderait-il une famille plus vaste.

Il présenta son bras en soutien à la sosie d'Eléonore qui se hissait à bas du destrier. Richard lui susurra quelques rappel de rigueur sur sa posture et le langage approprié, puis d'un regard bref inspecta l'aspect générale de la Reine. Il se félicita du choix de la sosie. Elle collait au personnage mieux qu'il ne l'aurait espéré. Depuis quelques mois déjà, il s'était rendu compte d'un changement radical en elle. La paysanne avait cessé de lutté et s'était résignée à devenir une autre qu'elle-même. En élève appliquée, elle avait satisfait à toutes les demandes de son marionnettiste de Connétable. Celui-ci, rassuré de voir le sosie si proche de la réalité, avait un peu adouci son comportement envers elle, et trouvait de plus en plus de finesse et d'intelligence en cette ancienne gardienne d'oies bretonne.

Les chevaux hennirent, réclamant de l'eau et le Connétable frappa à la lourde porte de chêne sans plus attendre.

Un homme - moine? - lui ouvrit et d'une voix teintée de respect, Richard Watelse se présenta :


Veuillez annoncer Eléonore de Sulignan, reine de Chypre et de Jerusalem. Je suis Richard Watelse, son Connétable. Veuillez prévenir Soeur Ellya de notre présence.


D'un geste vif, il retira ses gants de cuir et rajusta sa cape. Autour, le vent se levait et parcourait les feuilles des arbres avec un doux bruissement. Richard se rappelait vaguement de sa dernière entrevue avec sa belle-soeur. Comment avait-elle pu épouser son aîné, Georges? Voilà qui ne cessait de le chiffonner. Rien d'honnête dans cette union, il le flairait. Un ange ne pouvait pas épouser un sous-fifre du Sans-Nom. Il la revoyait, plutôt gracile - Richard préférant les femmes plus en chair - et d'une douceur extrême dans la voix. Georges n'avait du faire qu'une bouchée de cet agneau du Seigneur.
_________________
Anne
Il n'avait pas changé, le Connétable Richard_Watelse. La sosie royale regardait le dos du ténébreux personnage depuis le croisement devant le petit village de Donzac où ils s'étaient donnés rendez-vous. Toujours aussi brusque, toujours aussi insensible, toujours à lui donner des ordres l'air de rien, toujours à lui inspirer de la crainte mais aussi du respect. La brune sous son attirail doré connaissait les déboires rencontrés depuis l'échec de la conquête de Chypre et elle lui reconnaissait une certaine endurance et un sang-froid qu'elle apprenait elle-aussi à avoir.
La main du militaire se tend vers elle pour la faire descendre et celle qui fut autrefois une simple paysanne posa les yeux sur son nouveau "chez-elle". Fervente croyante, elle se signa immédiatement. Aristote serait son salut, car elle caressait l'espoir de prendre le voile et échapper à cette comédie de vie royale. Mais pour cela, il faudrait convaincre le Connétable.

Il les présenta, car elle avait appris que l'étiquette interdisait à une reine de se présenter elle-même. Quel manque de liberté, quelles chaine! Auparavant, elle pouvait entrer en taverne, jurer, roter et déféquer derrière un buisson sans que personne ne s'en alarme. Ici, dans ce rôle de souveraine, le moindre mouvement de son orteil suscitait un reproche, une remontrance, une rééducation.

L'entrée du prieuré lui semblait plus proche de sa vie passée et elle sut qu'elle y serait bien, malgré la présence des deux gardes.

Elle s'approcha du Connétable et se risqua à lui susurrer :


Demandez leur si nous pouvons manger de la soupe aux navets ce soir...

Elle s'attendit à un regard lourds de reproche et prometteur de plusieurs heures de redressement protocolaire. Cela l'amusait presque d'ennuyer le militaire.
_________________
Richard_watelse
Elle ne manquait pas de toupet, la reine des cloches de le titiller comme un vulgaire manant. Où se croyait-elle? Dans sa ferme à babiller avec les poules? La tension du Connétable refaisait surface, et malgré le décor paisible du prieuré, il avait une folle envie de lui crier dessus. Ce qu'il ne faisait jamais. Presque jamais. Juste quand elle l'exaspérait de sottise et de prise de risque inutile. La vraie reine aurait-elle plaisanté aussi innocemment avec un être inférieur? Non. En même temps, la vraie reine s'était révélée une pleutre les laissant dans la caguasse en fuyant. La fausse reine, elle, avait eu le cran de rester. Ou trop peur pour fuir peut-être?

Ne pouvait-elle pas mieux tenir sa tête et arrêter de se frotter nerveusement le bout de doigts? Ne pouvait-elle pas ... ? Il balaya mentalement tous les défauts de la reine, et aussi nombreux soient-ils, il du bien s'avouer que les siens étaient encore plus nombreux. Il faudrait encore du temps avant que Richard Watelse ne dompte son tempérament emporté et sa propension à la violence contre les autres et contre lui-même. Le prieuré semblait le cadre idéal pour expier ses fautes et apaiser sa personnalité volcanique.

Pour le moment, sa patience était mise à rude épreuve : le prieuré n'était pas si grand que les nonnes soient aussi lentes à les rejoindre à l'entrée!
Conscient que plus ils tardaient à l'extérieur et plus ils risquaient de se faire attaquer, le Connétable scruta la vallée à la recherche d'éventuels assaillants. Des paysans vaquaient à leurs affaire en contrebas, et des vaches comblaient leur appétit dans un pré voisin. Soupir agacé du militaire. Il refrappe à la porte de chêne aux gonds légèrement rouillés.


J'ai eu le temps de réciter dix fois le credo, combien faut-il de temps à vous-autres moines pour venir bénir l'entrée d'une reine?!
_________________
Yban
Les portes s'ouvrirent petit à petit et Frère Yban se trouvait en plein centre pendant que deux autres moines ouvraient les portes. Le jeune curé ouvrit les bras et dit:

-"soyez les bienvenus à notre humble Abbaye de St Illinda".

Seulement à ces mots vous arrivez à distinguer un accent qui montre clairement qu'il n'est pas Français.

-"Je suis Frère Yban, je suis le curé de cette abbaye durant l'absence de Frère Bardieu et Soeur Ellya".

Il regarda attentivement vers les gens qui se trouvaient devant lui. Son regard se posa sur la reine et sur son connétable.

-"Je suis désolé pour mettre autant de temps, mais on a ete avertit au dernier moment, tous nos frères et soeurs sont encore dans les préparatifs pour vous recevoir au mieux".

Il baissa légèrement la tête en signe de respect vers la reine.

-"Chere reine Éléonore de Sulignan et sir Richard Watelse".

Il s'écarta du centre de la porte pour laisser le chemin ouvert et de la main il les invita à rentrer dans l'abbaye.

- "Je vous prie de nous donner l'honneur de vous recevoir entre nous".

Il fit signe à ses frères pour refermer la porte seulement après que les invites ayent franchirent les portes.

-"Comme je disais, Soeur Ellya est en voyage dans des terres lointaines et frère Bardieu doit être à bientôt de retour de Bordeaux. D'ailleurs, je l'attendais avant votre arrivé".

Il fit le signe du tout-puissant.

-"J'espère que rien de mal lui est arrivé".

Il regarda vers un groupe de bonne soeur.

-"Emmenez nos invites aux réfectoires, ils doivent avoir faim".

Il regarda vers certains de ses frères.

-"Prenez soin de leurs biens et des animaux. Emmenez leurs biens dans les chambres comme convenus".

Il se retourna vers l'un de ses frères en particulier.

-"Garde un oeil, frère Bardieu ne devrait pas tarder, qu'il vienne nous rejoindre des qu'il arrive".

Il fit un aimable sourire et attendit que les invites avances.
Anne
La sosie de la reine de Chypre écoutait Frère Yban et ponctuait la discussion en offrant quelques sourires brefs mais sincères et acquiescant du menton d'un mouvement qui se voulait élégant. Vous ne serez jamais aussi souveraine que dans votre silence lui avait un jour aboyé le Connétable. En effet, encore trop souvent, sa bouche laissait entendre des intonations encore trop campagnardes et un langage un peu trop fleuri traversait la frontière de ses dents, au grand désappointement du militaire Watelse. Frère Yban semblait sympathique. Son léger accent le rendait singulier et aiguisait la curiosité de la jeune fille.
Alors qu'un banc lui était offert par une nonne au réfectoire, elle prit pour la première fois la parole, tournant vingt cinq fois sa phrase dans sa bouche pour ne pas commettre d'impair :


Nous sommes heureuse de cet accueil chaleureux. Les Enfants d'Aristote toujours se retrouvent avec bonheur. Nous avons fait une route sans rencontrer de malheur, par la bienveillance du Très-Haut. Nous espérons que le Père Bardieu aura la même protection divine jusque dedans ces murs. Aussi, Fère Yban, je vous propose de mener une prière pour remercier Aristote pour ses bienfaits et lui demander de tourner son regard protecteur vers le Père Bardieu.

Quelques hésitations et une ou deux erreurs de syntaxe, mais la marionnette royale était plutôt satisfaite d'elle-même. Avec un peu de chance, l'homme n'y verrai que feu, n'ayant pas le françois comme langue maternelle. La brune joint ses mains et attendit que l'homme pieux prononce une prière. Se faisant, elle eut l'impression de respirer un peu mieux. L'endroit transpirait la paix, l'humilité de ces gens correspondait plus à sa vraie nature.
_________________
Soeur_vidange
Elle trainait sa carcasse, Soeur Vidange, comme on trainerait un sac à patate. Toute en rondeurs, on lui reprochait souvent d'utiliser pour sa bure le double de ce qui était alloué normalement aux serviteurs d'Aristote. Pourtant, elle ne faisait que picorer deux trois fruits par jour, car elle avait fait veux d'abstinence gastronomique. En son jeune temps, fille d'un boulanger, elle avait fait craquer sous ses dents plus de croutes que souhaitable, et s'en repentait maintenant. Parfois, dans un recoin, loin des regards de ses Frères et Soeurs, elle sombrait dans l'envie de nourriture et léchait délicatement son petit doigt au goût si ... horrible. Mais c'était du goût au moins et cela atténuait son envie irrépressible d'engloutir le pain et la soupe qu'elle servait en ce jour à leurs invités.

Une reine, qu'on lui avait dit. "Mettez les petits plats dans les grands qu'on lui avait dit aussi". Ainsi avait elle transvaser la même quantité de soupe du bol au plat à gigot. Défaut de communication...
Portant fièrement son plat à viande d'où le liquide menaçait de s'échapper à chaque balancement de ses reins, Soeur Vidange se demandait pourquoi une reine - en plus étrangère - s'en viendrait s'établir dans leur abbaye. N'avait-elle pas un palais quelque part et des serviteurs pour lui frotter les chausses?

Dans le réfectoire, alors qu'elle posait devant la reine supposé et un grand gaillard à l'air renfrogné les mets délicatement préparés, la Soeur fut suprise par la piété de la personne royale. Elan de joie aristolicien, Soeur Vidange lève les bras au ciel en offrande au Divin et cria :



AAAAAAmen
Yban
Yban écouta attentivement les paroles de la reine. Plusieurs fois il hocha positivement de la tête pour approuver les sages paroles.

Puis soeur vidange cria:

Aaaaaamen

Enfin se mit leva de sa chaise et dit-il:

-"ainsi soit il".

Il toussa, il regarda vers le haut et ouvrit les mains, palme vers le haut.

Nous, enfants d'Aristote, serviteurs du très haut, nous vous remercions de votre bienveillance, d'avoir permis à la reine Éléonore de Sulignan et aux siens d'avoir parcouru cette longue distance sans encombrement. Nous vous remercions d'avoir illuminé le chemin de notre humble abbaye à ce groupe de fiel et qu'ainsi soit il, que notre abbaye devient un lieu de recueillement de tous nos frères. Nous vous remercions aussi de votre protection sur l'Abbaye et de votre générosité dans la fertilité de nos champs qui nous ont perdîmes de préparer ce festin en honneur de nos invites mais aussi de tous nos frères ici présents. Au très Aristote, nous vous demandons que vous garder un oeil sur notre très cher Frère Bardieu qui doit se trouve très probablement sur les chemins qui mènent vers notre très cher sanctuaire de St Illinda une prière pour remercier Aristote pour ses bienfaits et lui demander de tourner son regard protecteur vers le Père Bardieu.
Alfonse


Garde un oeil, frère Bardieu ne devrait pas tarder, qu'il vienne nous rejoindre des qu'il arrive

Alors l'Alfonse, il attendait, en maugréant. Toujours on lui refilait les tâches indignes! Y'avait un festin qui se préparait dans le réfectoire et lui il faisait le pied de grue pour attendre l'Abbé qui, semblait-il, avait décidé d'éterniser son voyage hors des murs du Prieuré.

Finalement, son ventre lui fit rebrousser chemin vers le réfectoire: tant pis pour Bardieu!

Espérant être discret, il prit une place en bout de table et se servit une bonne tranche de gigot.


Ouep, qu'Il protège not' Monseigneu'! Amen!


Et il entama la viande.
_________________
Frère Alfonse
Goûteur officiel de la bière du Prieuré
N'a plus toutes ses dents ni toute sa tête
Anne
L'entrain des uns et des autres étaient communicatifs, si ce n'est le mutisme affirmé de son Connétable. Quelles humeurs noires s'amassaient encore dans son cerveau, au Watelse? La sosie royale choisit de ne pas y prêter attention et de reporter sa déférence envers ceux qui louait le Très-Haut et essayaient de lui ressembler. Quoique.. Dieu ressemblait-il à ce vieillard édenté? Elle en doutait mais lui accorda un regard bienveillant.

Amen, Père Yban. Par votre prière, ce réfectoire semble le paradis même...


Un coup d'oeil sur la Soeur rondouillarde et elle l'imagina en angelot aux bourlets grassouillets s'élevant dans les airs telle une colombe. Moui, la paysanne qu'elle était il y a peu avait sûrement été bercé de trop d'imageries religieuses et contes à dormir debout. La Soeur n'était pas plus angélique que l'édenté n'était couronné d'une auréole. Cependant, il sembla à la jeune femme que leur compagnie valait bien mieux que tous les Watelse et les Sulignans du monde.


Père Bardieu trouvera sans nul doute son chemin jusqu'à ce...

La tambouille fut déposée devant elle et la tête brune s'agita de joie : enfin un repas sans prétention comme lorsqu'elle n'était pas ce fichu sosie royal. Elle renifla sans ménagement le fumet qui s'en dégageait. Elle n'avait jamais réussi à se faire vraiment aux repas trop épais, trop riches, trop délicats pour son palais de paysanne.

... convivial repas. Nous vous laissons rompre le pain et partageons tous ce que Aristote nous donne dans Sa Grande générosité. Asseyez-vous... Vous aussi, Connétable Watelse, pas de fines bouches dans ce prieuré! Et puis, vous avez sans doute connu des mets moins délicats sous vos tentes militaires, n'est ce pas? Mangez!

Première fois qu'elle donnait un ordre à son bourreau. Très fière, elle servit quelques frères et soeurs qui s'approchaient. Oui, elle trouverait certainement sa place parmi eux.

Père Yban? Nous souhaitons participer de mon mieux au fonctionnement de l'abbaye. Si Dieu Nous a faite Reine, il Nous a aussi donné deux mains solides. Usez-en! Par ailleurs, Nous souhaitons être une Soeur parmi d'autres, donc ne Nous appelez plus par Notre titre. Par discrétion, autant que par humilité, usons de mon second prénom : Soeur Anne sera suffisant à nos échanges, non?

_________________
Yban
Yban était tranquillement entrain de prendre son repas quand la reine lui parla, il l'écouta sagement tout en hochant de la tête.

-"Je trouve ceci une excellente idée. Ainsi soit il. Demain, vous recevrez des vêtements adéquatent pour participer dans les taches de notre abbaye. Il vous sera indiqué à ce moment même vos devoirs en vers l'abbaye soeur Année".

Père Yban lui fit un sourire aimable, puis il regarda vers l'une dès ses soeurs.

-"Je vous laisse vous occuper de notre nouvelle soeur, forneces lui ce que les autres soeurs reçoivent en arrivant à l'abbaye".

Il se leva de table.

-"Veuillez m'excuser, je pense que frère Bardieu vient d'arriver, j'ai entendu les portes de l'abbaye ouvrirent. Je vais l'informer de votre arrive et de votre demande pour vivre entre nous dans les mêmes conditions que nous vivions, je pense qu'il sera ravi de vous recevoir".

Il fit un signe de la tête et quitta le réfectoire.
Richard_watelse
Richard Watelse avait gardé un profond silence pendant tous ces échanges, ce que beaucoup aurait pu prendre pour de l'impolitesse. Ce devait en être certainement un peu, mais le soldat s'en contrefichait.
Seul resté avec ces femmes, il pestait intérieurement, luttant contre l'envie de fulminer ouvertement contre la sosie royale. Comment se permettait-elle de prendre des décisions sans lui en parler?? Depuis quand se nommait-elle Anne en second prénom? La reine, la vraie, portait le prénom de Berthe. Si quelqu'un, un espion, avait vent de cette erreur, le poteau rose pourrait être découvert et eux deux, décapités ou écharpés comme des porcs.

Se tournant vers la fausse souveraine, il prit congés d'un geste bref de la tête et lui jetant un regard sec, il ajouta :

Soeur Anne, profitez donc bien de vos champs de pommes de terre.

L'ingrate se sentait donc plus à l'aise dans ses anciens habits d'humble? Soit, qu'elle s'y cache, il avait lui, son âme à sauver. Qu'elle sauve sa propre peau.

Tempérament de feu, et humeur rageuse, ses talons frappèrent durement le sol du prieuré dans les méandres des couloirs. Qui cherchait-il au juste? Sa belle-soeur Ellya? Elle n'était pas là. Il devait trouver de quoi frapper, de quoi trouer, de quoi transpercer. De quoi se défouler.

Encore maintenant, il se laissait dévorer par ses démons. Si peu savait-il que le diable lui-même séjournait en ces lieux. Une furie. C'est en tendant l'oreille vers le vieux portier qui maugréait plus que lui (il y a toujours plus colérique que soi) qu'il entendit sa voix. Et quelle voix! Ursula...
_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)