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Convalescence et soleil d'été

Elias, incarné par Eliance
La convalescence d'Elias s'acheva un samedi ensoleillé, et alors qu'un moine refermait derrière lui la lourde porte du monastère, il ne sut que faire.

La grippe alexandrine, comme l'avait appelé Aiguemarine, avait affaibli le jeune tailleur plus que de raison, attribuons cela à une santé délicate.
Lui fréquentait le soleil parisien, plus faiblard, et ou les hautes maisons nobles de la capitale couvraient d'ombre les pavés mal agencés et glissants qu'il pouvait arpenter. Ainsi, la poussière du Sud, la chaleur, le glaçaient et le brûlaient à la fois, et il n'arrivait ainsi jamais à définir si il faisait doux, ou bien trop chaud. Non, il n'était pas un dur à cuire, de ceux qui pouvaient œuvrer sous le soleil toute la journée, ou dans le froid de l'hiver. Mais il faisait avec, et son talent n'était pas là.

Il se renseigna, à la Teste, sur ce qui s'était déroulé pendant son absence, et non, l'aubergiste n'avait pas vu passer sa compagne, une rousse aux cheveux courts qui ne s'assumait pas. Peut-être était-ce Cyrielle qui l'avait prévenu, ou bien les signaux en taverne qu'il avait manqué, mais il pressentait que l'absence d'Eliance n'était pas uniquement due aux armées de Labrit.

Et les talents d'Elias ne concernaient pas vraiment les relations amoureuses.

Après avoir payé la future nuitée et retrouvé ses affaires, il prit de quoi écrire, à la roussi-blonde de Labrit. L'incertitude, le doute, quant à quoi dire et faire, bloquèrent son inspiration, pour lui qui n'était déjà pas doué dans cet exercice de style... Il s'appliqua, pour que son écriture soit lisible.


Citation:
Eliance,

Je n'ai pas eu de nouvelles de toi depuis plusieurs semaines. Je suis navré de ne pas avoir pu t'en donner, entre la maladie dont j'ai souffert, et ma convalescence dans un monastère.

J'envoie cette lettre à Labrit, sans savoir si tu es toujours là-bas, ce que tu fais. Si je dois te rejoindre ou non.

Elias


Le pigeon fut envoyé, et à y repenser, il trouva sa littérature vraiment nulle. Mais on ne rattrapait pas les mots lancés au vent.
Eliance
Les dents s'acharnent consciencieusement à râcler la chair d'une figue écartelée. Aucune parcelle n'est ignorée. Lorsque tout jus, graines et chaire sont extirpés, la peau épaisse s'en va rejoindre le petit tas qui s'amoncelle aux pieds d'une roussi-blonde et de l'arbre géniteur de fruits sucrés.

Pas de falaise, pas d'Elias, pas de 22, pas de Teigne. Alors Eliance s'occupe l'esprit comme elle peut. Et ce jour-là, son dévolu s'est jeté sur un figuier, en bordure d'un champ de blé. À l'ombre de la frondaison, elle s'empiffre pour oublier. Pour ne plus penser. Tous les jours, elle va voir Lucie chez la vieille. Mais il est trop tôt, encore. Tous les jours, elle attend que Mike et Atro se décrochent d'un mur ou d'un tronc pour sourire un peu. Tous les jours, elle regarde les heures s'égrainer, l'esprit engourdi par le dernier événement en date, l'abandon d'Elias.

Il n'y a pas eu de réel abandon, dans les faits. Mais Eliance en est persuadée. Plus de nouvelles d'Elias, plus d'Elias à ses côtés, ça veut dire pour elle qu'il ne reviendra pas. Jamais. Qu'il est parti ailleurs. Avec une autre, peut-être. Elle évite d'y penser. Sans falaise, elle ne peut pas y penser. Elle a mis deux jours à arrêter de pleurer la dernière fois qu'elle y a penser. Depuis, elle s'occupe.

Le jus sucré des fruits lui tâche les doigts, le menton. En séchant, il se met à coller. Mais ça n'arrête pas la frénésie ménudiérienne. Elle mangera des figues jusqu'à en être malade. Jusqu'à souffrir de quelque part pour oublier le reste. Alors elle se gouinfre, encore. Et quand un volatile non identifié se pose à ses côtés, elle le chasse d'abord d'un revers de main, ne voyant dans le tas de plumes qu'un voleur de fruits, d'oubli. Mais la bestiole s'acharne et revient. Une fois. Deux fois. Trois fois.

Elle finit par jeter son regard sur la chose, pour remarquer qu'il porte un message. Il n'est pas simple voleur de victuailles. La figue entamée est lâchée, l'oiseau attrapé, le papier déroulé puis lu. Les cils se baissent et se relèvent plusieurs fois sur les prunelles ménudiériennes, avant que la Ratiboisée ne comprenne que l'auteur de la lettre n'est personne d'autre qu'Elias. Il lui faut encore un bout de temps à lire et relire le tout pour réaliser qu'il ne l'a peut-être pas abandonnée. Qu'il a été malade. Encore.

Et soudain, une main sort de la bourse posée à terre une mine de plomb, le papier est retourné et l'écriture s'entreprend rapidement au verso. Si les mots russes ont été tracés avec soin, ceux d'Eliance sont comme jetés sur la feuille, maladroitement, comme par un étrange besoin vital. Et peu importe pour Eliance que la lettre d'Elias soit vide de presque tout, elle y voit une pensée vers elle. Une pensée inespérée à son stade de désespoir avancé.


Citation:

    Elias,

    Je suis à Labrit. J'y suis encore.
    J'ai cru que tu étais parti. J'ai cru que tu m'avais oublié. J'ai cru que je te reverrai plus.
    Tu m'as pas oublié, en vrai ? Tu étais juste malade ?
    Je déteste ces moines. Ils auraient dû m'écrire. J'aurais dû savoir. Je serais venue à toi.

    Tu viens ? Tu me rejoins ? Tu veux ? Tu m'as pas oublié ?

    Tu me manques...

    Eliance

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Elias_romanov
Deux volontés s'alliaient pour qu'il aille à Labrit. La sienne propre, pour rejoindre Eliance, et celle du Clan, pour réunir ses membres et aviser de la suite des choses. Ainsi, ce fut alors que son sac était presque prêt, à la Teste, qu'il reçut la réponse d'Eliance.
Il s'interrogea tout d'abord sur ce qui avait conduit la journaliste à avoir des idées aussi alambiquées sur ce qui s'était passé. Même si il était avare de mots doux, il lui semblait bien lui avoir fait comprendre qu'il ne la quitterait pas ainsi. Il secoua la tête, un peu dépité, et prit son sac sur l'épaule, non sans faire porter un message à sa soeur sur le fait qu'il quittait la Guyenne, pour la Gascogne.

Ce fut au cours d'une halte pour échapper au soleil de plomb qu'Elias prit le temps de répondre à la jeune femme. Il constata qu'il posait tout autant de questions qu'elle, finalement. Ces interrogations sur les doutes qui les assaillaient tous les deux, alors que plusieurs jours de voyage les séparaient encore.


Citation:
Eliance,

Pourquoi serais-je parti ? Pourquoi t'aurais-je quitté pour une autre ?
As-tu si peu confiance en moi, depuis le temps ?

Je n'ai rien dit aux moines, tu voulais rester à Labrit après tout dans ta dernière lettre. J'ai pensé que tu t'amusais plus là-bas avec Atropine, Mike et 22, qu'à faire le chemin pour veiller un malade.

Je suis en route pour Labrit, et tu me manques aussi.

Elias

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Eliance
Même si la lettre d'Elias est venue interrompre un enfournement indigeste de figues, elle n'est pas arrivée à temps. Et la nuit suivante passée par la roussi-blonde a été agitée, bileusement parlant. Trop de sucre, trop de ces fruits, trop d'incertitudes. Eliance a peu dormi. Elle est surtout restée assise sagement devant une bassine en étain, position rassurante pour qui sent la régurgitation imminente. Et puis, comme il semble que l'aube chasse les maux, elle a enfin pu remonter sur sa paillasse pour y fermer les yeux et y prendre quelque repos, éteignant ainsi ses pensées troublées.

Tap tap tap


Les paupières s'ouvrent difficilement. Le soleil est haut. La clarté éblouie les pupilles marron. Eliance se tourne, sur sa paillasse, montrant dos et fesses à la porte, avec le petit grognement d'insatisfaction d'un ourson qu'on réveille trop tôt de son hibernation.

Tap tap tap

Les coups insistent. Ils résonnent dans la caboche de la jeune femme. Elle aurait trop bu la veille, que ce ne serait pas pire. Merci les figues.

- Assez !
Tap tap tap

Les pieds se jettent sur le plancher, hissant le corps vacillant qui se doit de réagir pour éviter toute chute malvenue. Sans réfléchir à passer une frusque sur sa chemise blanche, l’œil droit à moitié ouvert, le gauche pleinement clos, la porte est entrebâillée et le seul nez pointe par l'embrasement.

- hmmm...
- Une lett'e, pou' vous.
- hmmm...

Le pli est saisi rapidement et la porte claquée au nez de l'aubergiste. La roussi-blonde ne tarde pas à se laisser tomber une nouvelle fois sur sa paillasse, le pli en main. Elle reste un moment immobile, les yeux parfaitement clos, avant de réagir qu'elle se doit de le lire, ce pli qui la réveille. Alors, dans ce qui semble être un ultime effort, elle ouvre les yeux et brandit le papier au dessus d'elle, pour entamer de le déplier et de le lire. Quand les prunelles constatent un « Elias » au bas de la page, le corps ménudiérien se redresse d'un bond, comme soudainement pris de vivacité. Comme si la roussi-blonde ne pouvait pas lire une lettre d'Elias ainsi affalée. Comme si elle se devait d'être présentable, ou du moins pas avachie, pour lire ses lettres.

Ainsi assise, elle dévore les quelques mots des yeux. Des questions. Un reproche. Des doutes. Un mot doux. Un seul. Un suffisant. Les lèvres pâles tentent de se sourire à elles-même. Et le corps s'affale de nouveau en arrière, sur la paillasse, mais cette fois avec la lettre serrée contre son ventre. Plus tard, quand elle aura récupéré un peu de force, quand la nausée sera totalement partie, elle se lèvera pour écrire.


Citation:


    Elias,

    Je ne sais pas pourquoi tu serais parti. 22 a dit... des choses. Moches. Je crois que j'ai fini par y croire.
    Et puis Diego m'a bien abandonné. Je me suis dit que tu as peut-être eu ce genre de révélation. Je ne sais pas.
    Je ne doute pas de toi. Pardon, Elias. Crois pas ça. Je crois que c'est plus compliqué.

    Ici, je ne m'amuse pas. Même si Atro est là.
    Je me fais harceler par un gamin blond. Et Lucie dort encore.
    Et t'es pas là.

    Viens vite. Mais sois prudent.
    Encore pardon...

    Eliance


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Elias_romanov
La première partie du voyage s'était déroulée sans encombre, aucune armée n'était en vue dans la cité gasconne de Mimizan. Elias trouva une auberge pas trop miteuse pour son porte-monnaie et après s'être restauré, lavé et reposé, la missive lui parvint.

Les doigts fins déplièrent le vélin, parcourant l'écriture de plomb de la journaliste. Ainsi, le fameux 22 tentait de mettre du grabuge dans le couple étrange qu'il formait avec Eliance. Il faudrait voir à mettre les choses au point. Ou demander à Mike d'aller lui casser la gueule en duel. Mais surtout, il lisait le doute dans les lettres dessinées. Le doute, toujours et encore, comme un boulet qu'elle trainait à son pied.


Citation:
Eliance,

Tu ne devrais pas croire ce que te dit 22. Il te connait depuis peu, et moi encore moins.
Mais toi et moi, notre histoire a commencé il y a bien longtemps. Dans un temps plus lointain qu'une maisonnette de Belley, ou un gâteau dévoré à Paris.

J'aimerais te rassurer mieux que cela, mais tu es encore loin.

Je suis arrivé à Mimizan sans encombre. Je crois que je commence à détester l'océan. Ou peut-être est-ce le sud. Demain je serai à Labrit, alors sois encore un peu patiente. J'espère qu'il n'y a pas de falaise là-bas.

Elias

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Elias_romanov
Quelques heures plus tard, alors que l'heure du départ approchait, Elias décida de briefer le couple infernal, au cas ou.
Il préférait être prudent, en cet instant. La missive partit pour Mike, qu'il savait prompt à prendre les précautions d'usage.


Citation:
Blondin,

J'espère que tu te remets de tes blessures, et qu'elles ne t'empêchent pas la découverte des murs de Labrit. Je devrais être là demain, mais j'ai un souci avec 22, ou le gars avec le nom bizarre. Je crois qu'il cherche à tourner la tête d'Eliance. Une chopine pour toi si tu gardes un oeil sur elle.
Atro peut faire pareil aussi, ça serait pas du luxe.

Elias


Le pigeon partirait pour Labrit, lui aussi.
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Eliance
Les figues ou les élections. Incontestablement, Eliance préfère les premières. Même si elles lui font tourner la bile par le trop plein de sucre qu'elles contiennent, quand elle les avale en masse, la Ratiboisée se sait débarrassée une bonne fois pour toute une fois l'assimilation passée. La fin du phénomène est moins facilement identifiable quant aux élections qui ont la digestion bien plus lente, sans parler de l'ardue préparation en marmite d'avant et des relans possible longtemps après coup, qui peuvent prendre par surprise. Et si l'haleine ménudiérienne refoule encore des fruits de la veille, ce sont bien les élections qui ont accaparé la journée de la roussi-blonde. Elles auront au moins eu le mérite d'éviter tout égarement intempestif qui pointe chez elle ces derniers temps.

Quand l'aubergiste frappe une nouvelle fois à l'huis, il n'attend pas d'apercevoir le nez endormi et ronchon d'Eliance. Il invite rapidement la lettre à s'immiscer dans la chambre en la glissant sous la porte et déguerpit sans demander son reste. Et ce papier, une fois déplié et lu, vient égayer la journée désastreusement entamée. Les prunelles marron brillent d'une lueur différente devant les mots russes inscrits et un sourire que rien n'empêchera point aux coins des lèvres ménudiériennes. Une petite phrase est à l'origine du changement. Quelques mots seulement chassent inconstestablement les doutes restant.


Citation:

    Elias,

    Savoir que tu es ici demain me réjouit comme tu n'imagines sans doute pas.
    Il n'y a pas de falaise, à Labrit. Ne t'inquiète pas.
    Même si j'avoue en avoir cherché, ou un quelconque rocher plus haut que les autres. Mais rien.
    Je crois que j'aime pas particulièrement l'océan non plus. Ou alors est-ce la Guyenne. Et la Gascogne, tant qu'on y est.

    Elias, je me souviens pourquoi tu es toi pour moi. Je me souviens et mes doutes s'envolent.
    J'ai plus peur que tu reviennes pas. J'ai plus peur de mes idées idiotes.
    Tes mots sont bien plus efficaces que la plus haute des falaises.

    Je t'attends. De pied ferme.
    Merci, d'être toi.

    Eliance


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Elias_romanov
La réponse d'Eliance parvint au tailleur alors qu'il quittait Mimizan, ville fort accueillante au demeurant. Il eut un sourire à la lecture des mots tracés au plomb, il la préférait bien mieux ainsi qu'à se lamenter ou à douter.
Quelques heures de marche, dans les fraiches heures de l'aube, et Elias fut bientôt en vue des remparts de Labrit, ou il put entrer sans encombre. Il espérait bien qu'on ne lui réclamerait pas d'autorisation ou de laisser-passer quelconque. De toute façon, dépourvu d'armes, et n'ayant pas un physique de preneur de castel, il n'était pas de ceux attirant l'attention des miliciens.

Le jeune homme se mit en quête de la roussi-blonde, espérant bien qu'elle logeait dans une auberge de la ville, sans quoi il devrait fouiller aussi les bottes de foin.

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Eliance
Elle a dormi. Un peu. Sereinement. Et si elle a peiné à trouver les bras de Morphée, et si elle s'est réveillée aux cliquettes, c'est seulement parce que son esprit bout d'excitation. Mais ses rêves ont été peuplés de belles images. Ce qui change des cauchemars habituels des derniers jours. Elle a rêvé de ce « toi et moi ».

Et avant même que le jour se lève, la Ratiboisée est déjà active. Un tour à la rivière, d'abord, pour un bain matinal. 22 étant loin, aucun risque d'un quelconque espionnage intempestif. Et puis, elle revient toujours au même endroit et a appris à dompter les galets glissants, évitant ainsi de s'étaler à chaque fois comme une serpillière. Elle sait distinguer ceux vicieux et piégeux de ceux dignes de confiance. Et ses pieds ne s'y trompent plus. Le bain est devenu chose aisée à cette endroit de la rivière. Rapidement mais sûrement, la roussi-blonde est lavée de pieds en cape, séchée par la chaleur ambiante. Quand elle rentre à l'auberge, elle fait un crocher pour s'arrêter devant l'aubergiste.


'jour m'ssire. V'là pour les lettres.

Quelques écus lui sont offerts. Les services rendus se monnaient. Et la Ratiboisée, même si ça vient longtemps après coup, n'est pas ingrate.

Et si vous voyez un jeune homme brun, grand, mince, pâle, avec des yeux couleur de fer, qui roule les R avec un drôle d'accent, vous pouvez l'faire monter ?

Le visage qu'elle tourne vers l'aubergiste est étrangement détendu et souriant, en plein contraste avec ce qu'il a pu observer de sa locataire jusqu'à présent. Il en est tellement tout étonné qu'il prend les écus mais ne trouve mot à dire. Alors Eliance monte dans sa chambre. Et là, une chose très inhabituelle se passe. Elle choisit avec soin sa robe. Elle aimerait porter la turquoise, mais la chaleur estivale lui prouve rapidement que c'est une mauvais choix. À peine enfilé que le tissu épais la fait mourir de chaud. Aussitôt mise, aussitôt retirée. Choix secondaire : sa robe rouge, plus légère.

Et ce n'est pas tout. Elle a emprunté un peigne à Atro et s'acharne à tenter d'y faire passer ses boucles. L'activité ne se déroule pas sans quelques grimaces. Il faut ce qu'il faut. Une fois la torture achevée, les boucles pas franchement disciplinées, elle fixe une fleur en tissu, rouge, cousu la veille au soir sur un côté de sa caboche. Et, dans un dernier soucis esthétique sortant de nul part, elle tente de camoufler d'une mèche ambrée l'estafilade qui barre son front.

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Elias_romanov
Ce ne fut guère long avant qu'Elias n'arrive dans cette auberge, après deux essais infructueux. Conversation d'usage, il cherchait une certaine Eliance, oui, avec des cheveux quasiment roux, mince comme un clou, maladroite comme tout. Il rajusta son sac sur l'épaule, ayant hâte de poser ses affaires, de la revoir également, et espérant cette fois-ci une réponse positive. L'aubergiste acquiesça, oui oui, il y avait bien une jeune femme de ce nom, même qu'elle recevait beaucoup de lettres et que si c'était bien lui dont elle avait parlé, fallait qu'il monte à la chambre qu'elle occupait.
"Le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier."*

Elias grimpa ainsi les marches menant à l'étage, suivant les indications données, une porte, puis une autre. Quelques tocs-tocs à celle de la journaliste, et sa main fine et blanche se posa sur la poignée.


Eliance, c'est moi.

Et sans attendre, il ouvrit la porte, pour entrer. Le spectacle au sein de la chambre eut le mérite de le surprendre, de façon favorable. Il reconnaissait la robe, déjà portée par le passé, le jour ou leur liaison avait véritablement commencé. Il ne put qu'y voir un choix délibéré, après leur longue séparation. La main d'Elias quitta la poignée de la porte, pour repousser doucement celle-ci, et elle claqua, se refermant sur le couple réuni. Il nota que ses cheveux avaient encore un peu repoussés, toujours aussi indisciplinés et ne put que remarquer la fleur en tissu qui les ornait.

Il n'avait encore rien dit, se contentant de l'admirer, de la dévorer des yeux, et son sac glissa de son épaule dans un geste leste. Poser ses affaires ici, dans cette chambre, lui semblait une excellente idée.


* G. Clemenceau

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Mike91
[Un ou deux jours avant]


♪♫ La reyne s’est fait butée et j’en n’ai rien à carrer ! ♪♫

C’est devenu une habitude, Mike chantonne quand il pisse. Et en ce moment il pisse pas mal, pourtant il ne boit plus en taverne, nan, Monsieur a officiellement arrêté de boire pour avoir les idées claires, seulement maintenant il boit en cachette, et vu les litres anormalement déversés par sa virilité…il boit beaucoup.

♪♫Son fils voulait la baiser, mais c’est Namay qui l’a niq… ♫ Hey qu’est-ce que tu regardes toi ? Oui Mike communique aussi en étant bourré, alors nan il ne parle pas tout seul mais au petit piaf qui vient de se poser sur le muret sur lequel notre chère et tendre pisse. Alors non sans vouloir asperger l’oiseau de son jet alcoolisé, il réfute l’idée en constant aisément que la pression s’arrête faute d’urine. L’objet est secoué pour en évacuer les dernières gouttes. Vas-y profites, t’en verras pas deux comme celle-là Certaines aiment les dernières gouttes mais ses braies non, alors il évacue le tout avant de ranger le matos à sa place. Qu’est-ce que tu as à la patte le voyeur ? A ce moment il remarque le message, le prend et le lit en finissant par un rire…un rire dont seul les alcoolique ont. Ahhhhhh mon petit Elias ! Là oui…je confirme…il parle seul…

Citation:
L’tailleur !

T’en fais pas va ! C’est ce qui arrive avec les femmes désirées…les prétendants affluent surtout lorsque le mari se fait dorer le fion au soleil. Eliance a du faire part de sa solitude, du coup le type rebondit la dessus, et joue les protecteurs. J’en ai baisé plus d’une comme ça.
Alors ramène toi…elle a besoin de toi.

Mike

PS : J’ai arrêté de boire

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Forcé à mettre cette ban...mais merci quand même JD Eliance
Eliance
Elle est prête. Elle attend. Elle s'obstine juste avec cette mèche qu'elle veut camoufleuse de blessure mais qui n'en fait qu'à sa tête. Et quand la voix tant attendue se fait entendre, quand la porte claque dans une tonalité enjouée, elle ne peut que se lever de son tabouret et se tourner vers le messie fraîchement débarqué. À la vision du russe, les restes de doutes se sont envolés loin, très loin, effrayés par le raffut qu'un cœur ménudiérien peut produire dans une cage thoracique.

La Ratiboisée se mord machinalement le rebord de la lèvre, mais rien n'empêche l'invasion du large sourire. Elle reste les bras ballants, face au tailleur, immobile, comme droguée et paralysée. Elle ne saurait dire combien de temps ils restent ainsi, à s'épier. Lui faisant déambuler ses prunelles couleur d'acier sur chaque détail de la silhouette ménudiérienne, elle se contentant de se fondre dans le visage russe. Elle s'imprègne de chaque centimètre carré de cette peau tant attendue.

Le sac d'Elias qui glisse au sol provoque chez elle un sursaut. Le bruit, même menu, la tire de sa léthargie et les épaules se crispent. Elle semble surprise de se réveiller, de bouger, d'entendre, de vivre. Elle aurait pu mourir en le regardant, comme ça, là, maintenant, qu'elle en aurait été heureuse et pas si étonnée que ça. Alors, comme si l'objet et son déplacement avait enclenché quelque chose, elle cesse de malmener sa lèvre et s'avance lentement vers le russe, sans dévier son regard du sien.


T'es poussiéreux.


La langue se délie aussi. Et si la phrase peut paraître stupide, c'est en fait une simple constatation. Quelques mots pour faire patienter, pour que ses pieds nus l'emmènent jusqu'à lui. Elle se sent une âme d'enfant. Elle se sent comme à leur premier rendez-vous. Comme à leur premier regard. À leur première fois. Avec ceci en prime qu'elle a acquis un zeste d'assurance en plus, depuis, même si parfois le zeste s'estompe pour mieux refaire surface. Les pieds, parvenus à destination, ont stoppé leur lente errance. C'est au tour des doigts de se mettre en action pour monter au visage russe, dessinant la mâchoire de leur bout, puis remontant, comme pour aller chercher quelque chose oublier en chemin.
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Elias_romanov
Tout n'était que silence, dans cette chambre d'auberge. Bien souvent, ils n'avaient guère besoin de mots pour se comprendre, et ce fut à l'instant ou il cessait de la dévisager qu'elle s'approcha de lui. En matière de salutations, on faisait mieux, mais cela fit naitre sur ses lèvres un sourire amusé.
Il aurait pu accuser le sable, les routes gasconnes, les moulins à vent, mais il avait bien d'autres choses en tête.


Tu es magnifique.

Les paroles douces d'Elias étaient rares, mais il ne faisait pas dans la demi-mesure quand il les prononçait. L'acier s'estompa brièvement sous les paupières pâles du tailleur, alors qu'Eliance portait sa main à sa joue. Il apprécia le contact de la peau fraiche de la roussi-blonde sur son visage, et rouvrit les yeux pour plonger son regard dans celui de sa compagne.
Son bras vint cueillir la taille fine de la jeune femme, pour la rapprocher de lui et il se pencha vers elle pour l'embrasser. Le premier frolement fut léger, une mise en bouche, et il murmura un aveu :


Rappelle-moi, à l'avenir, de ne jamais rester aussi longtemps loin de toi.

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Eliance
Paroles rares et recueillies consciencieusement par la mémoire pourrie de la roussi-blonde. Le stockage est très sélectif, en fait. Et même si souvent, les choses les plus moches s'y inscrivent, il y a une petite case spéciale destinée aux compliments d'Elias. Elle aurait pu lui réclamer de la rassurer, comme proposé dans la lettre russe, mais le simple regard gris braqué sur elle a suffit à cette tache. Et les mots doux viennent seulement confirmer le sentiment de sérénité. Rassurée, revigorée par cette présence, Eliance se laisse cueillir volontiers par la main, par les lèvres russes.
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      « Soyez donc fleur bleue... Vous vous faites cueillir ! »
      Henri Jeanson
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Les traits détendus de son visage ne laissent aucun doute quant à la plénitude qui l'envahit. Étrange sentiment inhabituel pour l'anxieuse de nature. Et les doutes qu'elle a pu entrevoir sont dissipés totalement. Elle a confiance en cet homme. Ses mots ne sont pas des paroles en l'air. Ses mots sont pesés, Eliance en est sûre. Chacun a un sens précis. Chacun est pensé, ressenti, forgé par le cœur russe.

Elle sent une bouffée d'assurance envahir chaque pore de sa peau. Les soupçons émis par 22 sont loin. Les incartades de Diego, un souvenir quasiment estompé. Elle ne voit plus qu'à travers le filtre de la croyance de la complicité qui se confirme par ses mots. Et c'est bien elle qui vient prendre possession à nouveau de la bouche du tailleur, avec une fougue non honteuse, non contenue, tandis que les mains sont montées pour se saisir doucement de la nuque russe.

Et parce que les paroles trop sérieuses ne sont pas son fort, parce que rebondir sur un tel aveu est complexe pour la pudique roussi-blonde, elle préfère quelque propos plus léger, après que son visage se soit un peu détaché du sien pour mieux le regarder, encore.


C'est une d'mande de privation de liberté ?
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Elias_romanov
Les doigts du tailleur froissèrent le tissu rouge qu'elle portait au baiser fougueux qu'elle lui donna. Il le lui rendit avec la même ferveur et il ne détacha qu'avec peine ses lèvres de celle de la jeune femme.

La réponse d'Eliance sonna étrangement aux oreilles d'Elias. A l'air amusé affiché sur son visage, elle plaisantait. Pourtant, les yeux du russe s'étrécirent un peu, brièvement, alors qu'il regardait la roussi-blonde d'un air affreusement sérieux.
Il pencha la tête un peu sur le côté, hésitant visiblement à répondre, puis finalement, il articula un entre-deux, de ces rrrr trainants qui le caractérisaient.


Peut-être.

Réponse étrange pour un homme qui ne se concevait que par l'instant présent, sans chaines, du moins pas trop, et prenant peu garde aux opinions extérieures. Silhouette dégingandée déambulant dans la vie des gens, tel un fantôme par ses silences et ses poses, et pourtant parfois diablement tangible dans ses convictions et ses affirmations. Il n'était pas un homme de doute, il détestait cela. Pourtant, présentement, il le faisait planer au-dessus d'eux. Cela pourrait être un arc-en-ciel ou l'antichambre de la Lune.

C'était un étrange miroir que cet instant, alors qu'Eliance était passée de geolier en geolier, et que c'était lui en cet instant qui se proposait en prisonnier. Mais il y avait des liens bien moins agréables à supporter que ceux qu'il envisageait de nouer.

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