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[RP] Qu'est ce que tu fous CHEF !!!

Gehna
Je suis bourrée ce soir. On s’était promis de fêter notre retour au bercail avec le canard et le chat alors je suis bourrée.

Je suis ronde comme euhh .. comme un rond mais quand même hein ! Je vois clair, c’est bien Louis que je vois là, je le reconnaitrais entre mille, c’est mon oncle quand même. Mais qui l’accompagne ? Non ? Me dites pas que …. Le blond ? Je me faufile, je zigzague entre les roulottes pour tenter de me convaincre que je divague, que je suis vraiment trop bourrée mais … C’est bien le blond que Louis suit.

S’ensuit le retour à la taverne :


dis Lest ! Louis il part avec le faux frère t’es au courant ?

Et puis le chaos, les cris, la précipitation. Lest qui tente d’enfourcher un canasson mais dans l’état où il est, sans bras, bourré et opiacé à outrance, fatalement c’est la chute, la perte de connaissance, le néant.

Pour lui comme pour moi, tout va trop vite depuis notre retour. Heureusement Dja est là, ma roussie prend les choses en main. Que serais-je sans elle ? Lest est très vite conduit au dispensaire et moi, je suis là, hagarde. Mais que s’est-il passé ici ?

Je me souviens de rien, je me souviens de tout.

Lorraine, LEUR si chère Lorraine. Pas la mienne hein ! J’avais la Lorraine en horreur. Pourquoi ? Parce qu’elle m’avait pris mon oncle Louis, mes oncles parce qu’à force Lest l’était devenu aussi. Tout ce temps consacré à l’escorte, la défense, tout ce qu’il était possible de faire pour un duché pour les Ecorcheurs que nous étions mais pourquoi ? Ils s’attendaient à quoi ? Un merci ?

Oh Lest, je savais pourquoi, parce qu’il aimait Louis, parce que rien n’était trop beau pour Louis, parce que Lest était heureux quand Louis l’était, parce que …. Parce que …. Mais Louis ? Pourquoi tant de sacrifices pour un duché ? On n’aurait pas pu se limiter à apporter notre aide en cas de besoin ? Se limiter à ne pas commettre de méfaits sur leurs terres ? C’était comme ça que ça se passait d’habitude non ?

Résultat ? Fallait s’en douter. Pas de merci, qui s’en étonne ? Et qui plus est, les Ecorcheurs étaient devenus des Escorteurs nous mettant en porte à faux avec tous ceux sur qui nous aurions pu compter. Le tournoi de Genève avait marqué l’apothéose même si je pensais en y allant que ce serait un peu le défouloir. Tu parles ! Rien n’avait changé, j’avais toujours le poids sur l’estomac et le nœud dans la gorge. Tous ces mois passés à me taire, moi Gehna, qui ne disait plus ce qu’elle pensait sans réfléchir, moi Gehna qui supportait l’insupportable, qui évitait même la taverne pour ne pas y rencontrer ceux avec qui la vraie Gehna n’aurait pas tardé à refaire surface. Je m’étais perdue, c’était certain et c’était pas les coups ramassés lors du tournoi, ni la pommade pour soulager tous mes membres endoloris qui allaient me remettre sur pieds.

Jusqu’à ce fameux soir en taverne. Presque un miracle parce que cette fois j’avais pu y entrer. « On rentre à Epinal mais avant on va escorter …. ». Quoi ? Encore ? Non, là, s’en était trop. Hors de question pour moi, je resterais à Genève. J’avais aujourd’hui confirmation de ce que je pensais depuis longtemps, le chef c’était Lest mais que faisait-il d’autre au fond que d’obéir à Louis. Des mois qu’on nous promettait de l’amusement, des mois qu’on me promettait de descendre dans le sud, de revoir mon village natal, des mois à … des mois à espérer sans jamais rien voir venir.

Des rencontres, des nouvelles recrues, des discussions, une lettre de Khalan, je ruminais en attendant leur retour. Tout ça devait cesser, le coup de gueule de l’autre soir n’était pas suffisant, il fallait que ça change et il semblait que je ne sois pas la seule à en avoir plus qu’assez.

Tout s’est précipité ensuite, le départ du blond a pas mal aidé je dois dire. Je lui dirai presque merci si je le détestais pas autant. Pourquoi ? Je ne sais pas. Y a des gens comme ça avec qui ça ne passe pas. Et toutes ces nuits à consoler ma cousine qui venait se glisser dans ma couche, en miettes, n’avait pas contribué à améliorer notre relation. J’avais fait des efforts pour elle, j’avais fait des efforts pour eux mais il était clair que je ne serais pas de celle qui pleurerait son départ, bien au contraire. En fait, en y repensant, le Gouape m’indifférait, je ne le connaissais pas, il ne me connaissait pas et c’était très bien comme ça. Alors quand je l’ai vu débarqué dans la taverne et nous déverser sa rancœur, pas pour dire mais je me suis retenue pour pas me marrer. Non mais c’est vrai quoi. Eh oh ! Seth … c’est moi … Gehna. Tu sais, celle que tu connais si bien, celle dont tu dis qu’elle est à la botte de Lest, celle ….. Pfffff. A quoi bon ? Il partait et je ne le suivrais pas. Il l’a bien compris.

Les mois passèrent, le calme semblait revenu, l’armée fut montée. Le but était atteint. Des projets plein la tête nous fêtions ça en taverne. Entre temps j’avais pris du galon à ce qu’on dit, j’avais émis l’idée de me dégourdir avec quelques-uns et du coup on m’avait catapulté et autorisé à entrer dans l’antre des Maitres Ecorcheurs. Ca ne changerait rien pour moi, loin de vouloir les éloges, les mercis, je voulais juste être moi, Gehna, la chienne perdue sans collier qui n’en avait fait toujours qu’à sa tête au risque de me retrouver bien mal en point parfois. Une seule chose avait changé, des Ecorcheurs me suivaient et leur vie était devenue plus importante que la mienne, surtout celle d’un chat.

L’Armagnac coulait à flot et si ça n’avait été que ça, il parait que l’alcool délie les langues. Il parait que l’alcool rend nostalgique. Tout fut passé en revue ce soir-là, y compris le départ du blond, le traitre qu’il disait Louis. Epinal était tombé, il avait été soupçonné, quoi de plus facile que de lui régler une bonne fois son compte, au nom de la Lorraine ? Un sourire carnassier de Louis, une folie passagère, j’écrivais. Lest lui restait silencieux, je n’étais pas surprise, après tout même faux, c’était son frère, le seul qu’il s’était vraiment choisi. Du coup, j’hésitais, je montrais la lettre à Louis, LA fameuse lettre. Son visage, son sourire, ses mots finirent pas me convaincre tout à fait, la lettre fut envoyée au mépris des réticences de Lest qui se taisait. Je sais aujourd’hui pourquoi, je sais aujourd’hui que la moindre désapprobation de sa part aurait été l’occasion d’une nouvelle crise.

On en est là aujourd’hui, après des mois d’absence, des mauvaises nouvelles parvenues de Lorraine, je rentre, je rentre au bercail qui n’est pas le mien, je rentre en Lorraine, ce duché que je déteste. La taverne est encore debout c’est déjà ça et cette fois, parce que j’en ai perdu l’habitude, j’oublie le regard par la fenêtre avant d’entrer. Le blond, le blond est là, chez les Ecorcheurs. Je regarde Lest, en dessous de tout, les bras bandés jusqu’aux coudes, le regard dans le vide, le teint blafard. Mais qu’est ce qu’il s’est passé ici ? Pourquoi vous ne m’avez pas écrit ? Pourquoi il a fallu que j’apprenne par des étrangers ? Mais je ne peux rien dire, je dois me taire … le blond est là.

Le blond est là et il commence les hostilités : hypocrite, lettre, hypocrite, lettre. Mais de quoi il parle ? Moi, écrire à Seth ? Jamais de la vie. Je ne relève pas d’abord, j’ai oublié, j’essaie de me souvenir, la lettre, LA fameuse lettre …

Je m’en moque de cette lettre, je regarde Lest, je ne peux pas parler mais je dois savoir et lui, il est là mais il l’est pas. Il est ailleurs. J’en profite. Je m’approche. Je le secoue.


Eh oh ! C’est moi Gehna ! Tu me reconnais ? Tu m’expliques ?

_________________
Lglvh


je cherche le soleil
Au milieu de la nuit
J'sais pas si c'est la Terre
Qui tourne à l'envers
Ou bien si c'est moi
Qui m'fait du cinéma
Qui m'fait mon cinéma


Les semaines, les mois étaient passés pourtant la scène restait si familière.
J’observais dans mon coin de taverne , le blond à la coiffure parfaite, sa posture et ses petites manies comme celle de s’essuyer les mains sur sa chemise, haucillant les mirettes au plafond.
Quand j’étais gosse, je m’étais entrainé des heures durant, seul face au miroir, à la lueur d’une bougie à écarquiller les pupilles à la façon de Seth.
Si petit, cette mimique m’impressionnait, plus tard elle avait don de m’exaspérer. Va falloir d’ailleurs que je lui dise un jour, que ça lui donne un air légèrement bovin.
Ca serait de la taquinerie, bien évidemment, du second degré qui depuis plusieurs mois n’étaient plus compris entre les deux vrais faux frangins.

Lorsqu’on s’était quittés à Genève, je n’aurais pensé une seconde le recroiser un jour dans ces circonstances-là.
D’abord à Moulins, ou pour une fois, les rôles avaient été échangés et ou mon épaule avait accueilli le front fiévreux et en deuil du Gouape.
Homme accablé par un terrible drame et des rumeurs pitoyable.
Puis suite à cette brève trêve dans la coupure espace temps, chacun repris le cours de sa propre histoire.
Et, il était la, parfait comme toujours et les conversations n’étaient pas houleuses.
On parlait de tout, de rien, on évitait certains sujets

Ou est Louis, il va bien ? avait demandé le Gouape
Je restais vague sur la question

Il doit être en train de chasser…

Le sujet Louis était devenu tabou.
Pour lui, comme pour les Ecorcheurs.
Pelagius savait se que mes lèvres refusaient de prononcer. Il m’avait trouvé dans un état lamentable, saignant comme un goret, agonisant. Il ne me quittera quasi plus d'une semelle et moi culpabilisant du mal que je lui faisais.
Bon gré ou de force, je reçus les soins appropriés et les frères d’armes arrivèrent d’urgence.

Que se passe-t’il, Lestat ?
Tu es maigre..tu manges au moins ?


Les regards furtifs sur mes bras bandés , les nons-dits, le silence d’un renard, prostré et dans l’incapacité de se dévoiler devant le Siens. ALberto et Sophie savent, pas besoin d'expliquer, ils sont là quotidiennement, ils ont compris, redoublent d'attention.

Louis va bien ?
Un peu démoralisé par tout ce fardas lothamardique, mais l’est dans les parages.


Je poussais l’échéance des explications.

J'ai plus envie d'me battre
J'ai plus envie d'courir
Comme tous ces automates
Qui bâtissent des empires
Que le vent peut détruire
Comme des châteaux de cartes


Et puis, le soir, la confrontation commença.
A peine en face de Gehna, le Gouape commença ses allusions sur une fameuse lettre.

Que cherches-tu à faire, Seth ? Lestat est au courant. Tu veux le rendre jaloux, semer la marde comme d’habitude ?

Regard interrogateur sur Gehna, mais de quoi parlaient-ils ?
Elle me rappella l’incident, arrivé quelques mois plutôt

Ha…oui.

Silence, je me renfermais comme une moule défraichie, écoutant les joutes verbales entre les deux blonds.
Qui en a eu l’idée ?
Haussement d’épaules et deux regards écorcheriens qui se croisent.
Malgré le brouillard dans ma tête, je me souvins de cette fameuse periode d’armée, lorsque au duché, on m’avait demandé des comptes sur ce frère que j’avais choisi.
Oui, il peut être dangereux, avide de vengeance, mais je le vois mal s’en prendre a la Lorraine. Déjà car il a toujours été loyal envers moi et en plus car il y réside.
Mes tripes se retournèrent quand il fut mis sur la liste des poutrables avec cette explication du contentieux à regler avec lui.
Louis avait posé sa main sur mon épaule et m’avait souffé que c’était le mieux a faire. On s’offrait en prime, le plaisir de rajouter tonton parmi les *méchants*.
J’en étais malade, nos amis, nos proches..des êtres appréciés, des enfants . Etait-ce donc ca, l’armée , se contraindre à devoir tuer des gens contre notre volonté ?
Le loup me rassurait au mieux, il y avait peu de chances de croiser un des listés lors de notre déplacement. Je devais respirer et pas m’en faire.
Et puis le sujet Seth fut remis sur le tapis en taverne.

Le traitre
On est bien mieux sans lui.


Il était vrai que l’ambiance en était plus détendue. J’appris ce soir-là que beaucoup faisaient des efforts pour Louis et moi, surtout moi, pour tolérer le blond.
J’appris le désespoir d’une Etincelle qui avait pris sur elle sans jamais se plaindre.
Et l’idée de la lettre fusa.
Sourire carnassier d’un loup qui remarqua mon silence.
Si tu ne veux pas, on ne le fais pas. Regards interrogatifs du Gaucher et de la mignonne

Que dire ?
Que faire ?
J’étais faible, c’était bien connu.
Faible devant mes frères, faible devant mon cousin
Et je cédais.
J’avais toujours céder.
A louis. A Tibère. a Audefledis
Tenu tête à Seth. Et cela, il me l’avait souvent reproché.
Comment expliquer au Gouape cette différence ? Pas une question de sang, non mais de comportement.
Se que Seth me reprochait, Tib faisait pareil.
Tiraillé entre ce frère de sang et celui que j’avais choisi, chacun des deux pensant que je préférais et couvrais l’autre.

Quand à Louis…
Rien ètait trop beau pour lui, ni inaxessible. Se que Louis voulait, je me pliais en quatre pour le satisfaire, en faisant souvent trop, par crainte de le perdre, parce que les exès faisaient partie de mon caractère.. Par amour, sans me poser de question parce que ma mère m’avait conçu ainsi, parce que depuis qu’il m’eut fait pénétrer dans sa couche, il en était devenu mon centre d’intérêt, ma raison de vivre et surtout car je cernais ses convictions, ses rêves et que je les voulais faire mien, les aprtager avec lui.

Certes, Gehna ou d’autres m’avaient souvent fait part de leur mécontentement au sujet de l’armée. ET inlassablement, j’argumentais.
Parce que c’était LA chose a faire.Parce que ça redécorerait le blason des Ecorcheurs, ça nous pousserait en avant et Louis s’efforcait de vouloir nous offrir le meilleur. Parce que je voulais suivre cet homme pour qui je me consummais, pour qui je me serais damné .
Mais comme souvent, le loup se battait contre des moulins à vent. Les profiteux rôdaient autour de nous comme des charognards devant une carcasse.
Et le loup tombait, se brisait, découragé..il s’éloignait, me repoussais même parfois
.
J’étais frustré. J’aurais voulu crier pour qu’il ouvre les yeux, car j’avais l’impression qu’il ne me voyait pas, plus..ni moi, ni son fils, ni les Ecorcheurs.
J’essayais de panser ses plaies, maladroitement, tenace et ça l’énèrvait de plus.
Colère et haine faisaient partie de notre quotidien, d’avoir été utlisé alors qu’on avait donné beaucoup, en ecus en temps et de notre personne.

J'ai la tête qui éclate
J'voudrais seulement dormir
M'étendre sur l'asphalte
Et me laisser mourir


Ce soir-là, lorsque Gehna revint paniquée, m’annonçant le départ du loup avec le Gouape, mon sang ne fit qu’un tour. J’étais à mille lieux de me douter de se qui se tramait, malgré les allusions cachées de taverne.
Je flippais, le blond était parti, remonté comme un coucou suisse et je le voyais déjà en train d’éviscérer un Loup affaibli.

Faut l’protéger !

Sauf que lorsqu’on est bourré, shooté et quasi manchot, monter à cheval est d’une con*rie abbérante. Je perdis l’équilibre et mon crâne heurta violemment la terre battue.

Trou noir
Vomissements
Envie de dormir

Et voilà que ma nièce me secoue, cherche les explications que j’ai refusé de donner.
La pupille dilatée, brille, le flot jaillit, sans vergogne je me dévoile devant elle, je me montre tel que je suis derrière mon masque de pitre arrogant, un gamin grandi trop vite, faible, dépendant affectif et acchro a l’attention.

Tes..oncles…

Les mots peinent à sortir, la langue est pâteuse et la voix cassée, monocorde.
...ont décidés de ..mettre..un terme à leur..relation..privilégiée.

Laissez moi me débattre
Venez pas m'secourir
Venez plutôt m'abattre
Pour m'empêcher d'souffrir



Stone

_________________

What does the fox say ?
Gehna
J’interroge mais je sais déjà. J’interroge dans l’espoir un peu fou que tu me dises que c’est juste les évènements, j’interroge mais je sais déjà ….. Qui d’autre que lui pour te mettre dans un état pareil ? Tout pourrait bien s’écrouler, tu garderais encore le sourire s’il était près de toi. Un seul être vous manque est tout est dépeuplé. C’est tellement vrai. A cet instant précis, je ressens tellement ta douleur, l’impression qu’on t’arrache tes tripes depuis des jours, la douceur est si lancinante qu’elle en devient insupportable. Tu donnerais tout pour que ça s’arrête et finalement, tu trouves toi-même la solution, la seule qui parait si évidente dans ton état, la mort. Je sais tellement tout ça.

Mais les Ecorcheurs sont là, un Ecorcheur te ramasse, les Ecorcheurs pansent tes plaies, les Ecorcheurs te portent, les Ecorcheurs te poussent, les Ecorcheurs te regardent survivre, manifester quelques sursauts pour te voir retomber plus bas encore. Comment survivre quand s’éclipse ta seule raison de vivre ? Car oui, c’est bien ce que tu en as fait, ta seule raison de vivre.



Il faut fuir son histoire
Pour ne plus lui dire « tu »
Mais dans chaque départ
C’est toujours soi que l’on tue.


J’ai appris ce que certains appellent des trahisons, ce que d’autres nomment simplement des choix de vie. Quand ça touche son sang les mots font plus mal encore. Les doutes, l’incompréhension, les orgueils blessés, les non-dits auront raison du reste. Il faut tourner les pages. A toi de choisir lesquelles.


Mais comment fuir l'absence
quand on la porte en soi ?
Les portes du silence
ne se referment pas.


Le départ s’impose comme une évidence. Tout ici pue l’Enfer pour nous, tout ici embaume le Bonheur pour toi. Les nuits sont courtes, le chat doute, mon cœur s’effrite. Puisque je ne trouve plus les mots pour te faire revenir, puisque j’en suis à me demander s’il ne vaudrait pas mieux te laisser partir pour que tu cesses de souffrir, que tu retrouves enfin la paix, je profite des insomnies pour griffonner quelques missives secrètement. J’espère que d’autres, ceux pour qui tu comptes, ceux qui comptent pour toi les trouveront les mots eux.

Mais ce soir-là, Louis est parti et il n’allait pas à la chasse cette fois. Je l’observe et je ressens sa douleur aussi. J’enrage autant que je suis impuissante et c’est à lui que j’écris ma colère. Tu me connais si mal finalement, je ne suis dupe de rien, oui je sais qu’on peut cesser d’aimer, oui je sais que l’amour fait mal autant que les échecs et si ce n’est pas toujours sur ton épaule que j’ai appris tout ça, c’est juste parce que j’avais choisi ma propre vie. Fais-en autant aujourd’hui, parle, crie s’il le faut mais vis !!!

Mes mots sont différents, parfois ils peinent à sortir mais les sentiments sont les mêmes. Aujourd’hui, j’ai oublié le petit renard capricieux ou le grand loup autoritaire, les masques sont tombés. Et pendant que l’un s’épanche, mettant devant moi son cœur à nu, mes pensées accompagnent l’autre pour qu’il retrouve le chemin du campement. Mes mots sont parfois cinglants mais je vous aime.


Je me souviens de toi
Je me souviens de nous
Il était une fois
Je me souviens de tout


Je me souviens de toi - G. Reno
Tibere.
Il y a un dicton qui dit : "Plus on est de fous, plus on rit.*"
Pourtant, un autre dit : "L'Enfer, c'est les autres.**"
Il semblerait que ces deux phrases se contredisent, à moins qu'elles se complètent...

La vie était belle, mais les hommes avaient la furieuse manie de la compliquer. Les Lioncourt ne dérogeaient pas à la règle.

L'aîné de la fratrie avait écookiesé pas mal au cours de sa vie, il n'avait rien d'un gentilhomme et s'il pratiquait le "vivre noblement" il n'en était pas moins de ceux qui, implacables, assènent leurs méfaits tout au long de leur existence. Cependant, si une chose avait de la valeur à ses yeux, c'était bien sa famille et en premier lieu, Lestat.

Le blond avait retrouvé Epinal avec Andreï, la chaleur du moulin. Nombre de souvenirs se trouvaient dans cette bâtisse, des souvenirs douloureux, la présence de la mère de son fils pouvait encore se sentir. Mais la roue avait tournée, le temps avait fait son oeuvre, les choses changeaient.

La vie était bien trop courte pour se la pourrir et il comptait bien que son désir de croquer dans la vie soit communicatif. Bien que se tenant éloigné des diverses élucubrations de la vie de son frère et de son cousin, il en s'en était néanmoins tenu informé. Décidément, certains ne savaient que cumuler les mauvais choix. Il l'avait su de Louis en apprenant à connaître Andréa, il l'avait compris de Suzanne lorsqu'il avait appris sa relation extra-conjugale avec Seth. Certaines personnes avaient beau avoir le coeur pur et l'âme noble, il fallait systématiquement qu'ils se laissent corrompre. En restait, les pots cassés: Andreï, Lestat...

Ce soir là, il s'était retrouvé avec Gehna, avec Lestat. Un trio improbable. Ce soir là, Andreï dormait du sommeil du juste, la main accrochée à celle d'Armand.
Ce soir là, Tibère n'était plus à consoler, il avait repris les rênes de sa vie en main.
Ce soir là, Lestat épancherait son chagrin.

Les yeux gris se posaient sur Gehna, inutile de se parler pour se comprendre, ils savaient, ils étaient là, auprès de Lestat, c'était tout ce qui comptait. La main dan celle du roux, comme lorsqu'ils étaient enfants et que le plus jeune posait des tas de questions à l'aîné, tirant sur sa manche ou sur sa paume, comme lorsqu'il avait peur et qu'il réclamait un câlin.


On ne peut pas aimer pour deux Lestat et quand l'être cher a décidé de partir, il ne sert parfois à rien de le retenir.

Et il était bien placé pour dire ça. La vie continuait et nul n'était irremplaçable. Le lion serra la main du renard, plus fort.

La vie est belle petit frère, tu n'es pas seul. La famille, la vraie, elle se révèle avec le temps, avec les coups de sang, avec les coups bas, lorsque les traîtres, les faibles, les indécis sont partis, alors il reste l'essentiel. Tu n'es pas seul, Lestat et nous sommes avec toi, contre vents et marées.

Il le pressa contre lui, lui tendant une flasque de whisky, lui souriant, amicale. Des bons mots, des mots sincères, qu'il pensait profondément. Rien ne pourrait leur enlever ce qui les liait, rien, pas même la mort et encore moins l'Enfer.

L'Enfer, c'est les autres? Mais les Lioncourt sont bien pires que l'Enfer.



* Chanson populaire.
** Jean-Paul Sartre, Huis-clos.

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[HRP : TRES LENT à la détente! Veuillez m'en excuser.]
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