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[ RP ] - Le sourire et son Ôde à la vie.

Antoine..
        Nuances coloriées et d'un miel.


        Comme un ballet de mots, de lettres et de couleurs..





Une fin de semaine , un mois d'Octobre en une année qui écroute sa fin. Une année dicte de Grasce.
Souvent et communément les fins de semaines amusaient bien des classes , entre les comptabilités , les tavernes bombants les tonneaux à picoles , les avis d'après batailles. Les pleurs donnaient à la vie l'encre d'Ivoire. Et Paris en toute circonstance reste le cœur des curiosités , des stupres et de l'échange accordé à son escroquerie.
Ce Vendredi était un jour au ciel bleu aux nuances d'Ailes : les empruntes angélique des masses blanches qu rappellent aux enfants l'accord du rêve, aux gardes le son de la paix , aux femmes la beauté du jour et à Lucius la douceur d'un sein.


Paris était une ville de charme , de pénombre et de cachoteries. Le mensonge s'y peint aux murs comme le sang est cette couleur déteinte de l'innocence, ô que ces mains sont sales.. Le marché de la Capitale , où flotte le pavillon de la Ville mais aussi de Sa Reyne.
La douceur du vent est comme la caresse de ses mots, la douceur d'une voix qu'on entendrait angélique alors qu'elle n'est rauque, rouillée par la fraicheur. Rues mêlée d'une odeur , la nature se leurre parmi les vivants , les feuilles , ces feuillets de vert déjà mort enveloppe d'un baiser , d'un sol et d'une note. Le Fa , le fatum.


Le marché semblait bien fluide malgré les allé et venus , les mouvances des voleurs , la présence de ces femmes aux lèvres ourlées et bien trop maquillées pour de simples bourgeoise en quête d'une miche. Non la cour des miracles n'est point en ces lieux mes dames.
Virevolte, le son des cloches et la l'heure de la soupe , les pères nourrissent les Invalides et impotents qui seront bientôt jour à un autre exécutés et objet ludique du peuple. Un râle sourd parmi les braves, d'un bon vivant se trainent et survivent à cette demande et l'offre qui coule devant eux par ces écus et deniers qu'ils n'ont pas.


Pourtant , le rythme et ces coups de couteaux sont pour autant les mêmes qu'un coup de pelle dans un sol de pavés, un sang qui s'y gicle et laisse place aux chutes saignantes. La carne rouge et vives, à côtés de lèvres et de dents n'attendant qu'un instant : Dévorer.


Ce boucher était dans son stand, et tenait dans sa main un couteau à découper. Une dure lame bien rouillée de douze pouces de long sur trois de large. Et un autre qui était déposé sur la plaque en pierre , une large plus courte mais courbée et bien large d'au moins quatre pouces. Les doigts collés à cette mains étaient ternes, des tâches de vieillesse rendait horreur et la poigne grasse laissait emprunte de colle sur la viande déchirée. Les doigts enrobés et pâteux, sous un sourire en biais , une toux raclées et une glaire giclant au sol. Un sourire qui lui en défigure le visage, un visage garni d'une légère barbe pourrie. Une cicatrice blanche sous l’œil et les quelques poils rebelles qui éclosent de sa peau. Une calvitie survolait son petit crâne en disant long sur ses capacités.. Il ameute à des mètres à la rondes , crachant et postillonnant, son verbe est à désirer et son patois à éviter.

Tel est le premier visage que Lucius remarqua en entrant dans cette aire de jeu, une place ou une agora où s'échangent , souffles , désirs , pactes et contrats des plus répugnants et sanglants aux plus valorisants. Le jeune homme était habillé d'une mantel noir et long qui couvrait son corps et ses formes, il marchant élégamment esquivant la foule et pièges de société. Un chapeau noir déposé sur sa tête, la visière ombrait légèrement le haut de son nez et ses cernes masquées dans la pénombre du moment. A ces pas , se laissent distinguer braies rentrées dans ses hautes bottes de cuir noir, aux talons ferrés et claquant au sol. L'habit était d'une souplesse , un linceul exposé aux voleurs d’âmes et de corps qui arpentaient les rues. Et pourtant comme un jeu, comme un course poursuite il déviait chaque regard par un pas , prêt à parer contre une interpellation. Il évitait les accroches , se faisant comme une ombre sans pour autant se faire remarquer.
Ses bras lestement accrochés à son corps se balançaient et rendait sa démarche presque belle est audacieusement rythmée, sans paraître énergumène il était ce vent d'est aux goût de miel et nuancé.
Son visage pétillait d'une barbe douce , l'homme avait quitté son ombre imberbe depuis quelques années déjà et voguait avec un sourire effilé. Ses lèvres friande de carmin pressées par une canine , impitoyable l'explosion.


Après quelques cycles minutaires à dandiner et virevolter entre les jupes et les braies , armures cliquetantes et épées saillantes , son regard fut attirer par une averse d'envie , comme si il y voyait le crachin d'une eau pure écoulée dans une bassine fumante , rien ni aucune prédateur en vue , il s'en approcherait de ce.. balcon donnant une panoplie de produits , l'habillement , l'épuipementerie , le style mais aussi les divers produits allant d'épaulettes à cuirasse ou encore de livres à la bride. Il y voyait le paradoxe même de la liberté , de la vie et encore comme si ces objets lui souriait.
Il étira son sourire et laissa échapper quelques soufflets qui composeront sa prose.


    Mais que vois - je ?



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Aurchide
Dans les ruelles sans fin, elle tricote des pas. S’engouffre dans des passages entre les maisons agglomérées, couches d’ombres stratifiées, étagées sans consistance parfois. Elle marche à la recherche de tout ce qui pourrait enrichir son commerce d’épices et de condiments. Parfois, les sens exaltés, elle reste immobile, figée, contemplative d’une étoffe, d’une babiole clinquante dans cette place ouverte au vent où l’on vend jusqu’à des fioles d’autan. Odeurs bourdonnantes, raisins d’automne ambrés transpercés de lumière juxtaposent un vendeur qui se soulage le front contre la pierre froide d’un mur parallèle à l’étal. L’eau se charge en immondices, fétide et brunâtre ruisselle entre les pierres encastrées, recueille dans son flot les miasmes des jours. Soudain des sabots l’éclaboussent, un pan de robe en emporte des larmes de souillure jusqu’à d’autres horizons. Paris, boite de Pandore d’où émane ce souffle d’or et jaillit le sang joyeux, contagieux. Un peu plus loin ses pas moins entravés par une foule plus clairsemée dansent pour éviter des excréments bovins, ils dansent contre l'embrasure du jour et foulent la dentelle minérale.

Son regard bleu joue à saute mouton de tête en tête, de dos en dos, d’étal en étal, il coule complice de toute force, de toute beauté, de toute vigueur, glisse sur les voûtes, bute sur les profils hideux, s’accroche à une chevelure, à un drapé, à la lueur d’un casque rutilant. S’invente un passage dans la masse avide de chaleur animale quand un éclat argentin et des cris retentissent là bas. Elle se fait souffle passager, fugitif de toutes prisons, souffle obstiné, coureur des girons d’une cité dense. Ici, les pierres des murs ne restent que rarement froides et les rêves trop audacieux demeurent cloués au sol, poussières de shist et de silex mélangée aux fragments de peaux mortes d’un lépreux. Vagabonde des allées et des étals, elle caresse une étoffe couleur bleue comme elle lirait un chapitre de ciel, comme elle scanderait une strophe d’azur d’un seul battement de cils. Attentive, et immobile, la brune négocie avec des phrases courtes et piques pour balayer les longues envolées pleines d’emphase d’un vendeur zélé. La brune abdique, car sa bourse jure de ne se vider qu’entre des mains épicées.

Faut dire que les calvaires crasseux des vendeurs cachent parfois des parterres d'or. Dans la rue bordée de petits tas d’épices que le vent léger griffe et que la main du vendeur resculpte, elle marche en funambule sur le fil d’une pensée féconde, nourrie de recettes de cuisine, s’abreuve de parfums et d’essences . Petites montagnettes aux cimes éphémères, colorées et précieuses, les épices s’érodent imperceptiblement et collent à sa peau. Voyelles du vent, corolles olfactives qui la happent, elle ferme les yeux parfois en extase, déchiffre toutes narines déployées leurs notes. C’est la maniguette qu’elle achète en premier, accessible graine du paradis. Se penche sur l’écorce enroulée sur elle même d’une cannelle suave, recommence le même rituel solennel devant le rhizome du gingembre. Ses souvenirs fleurissent devant ce commerçant qui lui propose du safran, douze fois plus cher que le gingembre : Elle se souvient de ces contes qui lui avaient ouvert un insatiable appétit pour ces saveurs, elle se souvient d’un en particulier, l’histoire du dieu Hermès jouant au disque avec son ami Crocos et le blesse mortellement au front. Le sang se répand sur le sol donne ainsi naissance au Crocus Sativus.. Les quantités sont parfois infinitésimales, les négociations longues, usantes mais justifiées. Si usantes qu’une fois les négociations achevées, son escarcelle délestée de son or et la marchandise emballée, elle accepte un verre de vin que le marchand marin a amené de Venise, lui tend. De son contenant, le vin se donne à la convoitise en invitant les carmines closes à s'ouvrir. Le temps des caudalies arrive quand le liquide implose comme un fruit dans sa bouche. Le verre servi fait le plein de ses émois en versant aux quatre coins de son palais les ondes de sa grâce. Elle s'abreuve de rasades qui cascadent en d'odeurs longues et enivrées.

Soudain un éclat de rire enfantin se fait éclat de verre, turbulences d’enfants déchaînés qui lui laissent sur l’étoffe plissée d’une robe en lin ocre, une tâche brune que sa cuisse soulevée bientôt révèle à ses yeux assombris par une couleur sourde.

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Antoine..
        Le goût à l'ombre des Oliviers.




    Le jour écrouterait le sol s'il était de pâte, un temps clair qui parvenait tantôt à écarter les textiles dont se servaient les commerçants pour abriter leurs échoppes , éviter que le cuir soit intouchable , que la viande ne pourrisse trop vite même si elle semble aguicher les mouches à bouzins. C'était une place commerciale qui devait peut être faire vingt fois au moins celle de Ventadour , ville que Lucius avait quitté momentanément afin de venir et advenir aux besoins qui lui ont été soumis. L'homme s'était arrêté deux fois sur deux stands différents et sous leur toile de couleur reflétait deux personnages tout à fait surprenants et différents. Dans tous les cas l'Horreur se reflétait dans chacun d'entre eux.
    Le premier était un tisserand , un tisserand qui au premier regard n'invitait pas à la conversation et fuyant avec gêne le regard du brun. Une réaction peu attendue chez un commerçant qui perçait les sens, et tentait d'y pêcher des réponses. Il était habillé d'un tablier couvrant une chemise verte aux liens usés et bien trop petit pour l'homme. Ses bras et mains étaient recouverts d'un poil épais et foncé , des cicatrices faisaient leur apogées à une époque restant sous des petitimes marques sans avenir. Cet homme était arque-voutait vers l'avant , ses épaules arrondie à en croire qu'il courbait sans cesse l'échine dans un charme qu'il n'a point. Son faciès était grimaçant et très irritant, dans un regard éteint et où ruisselle la monotonie ; cet instrument aux cordes du silence.
    Il disposait d'une barbe encore d'une couleur brune, et d'une chevelure disparue , épiée et débordées sous un chapeau découpé aléatoirement sans style particulier, et pourquoi l'étrange n'était pas si désagréable à voir.
    Il avait déposé et présenté différents habits convenablement dispersé , d'un côté les hommes en faible quantité répondait à une qualité tournée vers les femmes, des robes et jupons, des châles et baguettes et bien évidemment d'autres affaires bien plus coquines qu'il en arrachait à certains des sourires amusés ; comme après avoir vu un enfant parler de la sexualité à ses huit ans à peine.
    Bien évidemment, il n'y avait guère ce que Lucius cherchait, et se mit ainsi raclant du talon sur le pavé sec à se tourner vers le chemin qui le guidera vers sa seconde quête.


    Le brun marchait longuement , avec une élégance certaine du corps fin dont il était composé il avait bien évidemment masqué les quelques formes qui pouvait s'en dégager. Ses braies étant serrées et entrées dans ses bottes , ses déplacements en étaient rendus lestes et langoureux , mais son regard masqué et chasseur veillait aux visages et réactions. Il appréciait pendant ces moments d'entracte avier et reluquer certaines peaux , rouges de lèvres et épaules dévoilées. Soudainement, le parfum nouveau vint lui réitérer une éternelle flemme d'ivresse lui obligeant la halte sur place. Comme pris d'un air paniqué, il remuant chalamment à tête de gauche à droite l'inclinant tout au plus et scrutait les environs.
    A un certain quadrant, son radeau était conduit par un courant chaud et tropical , il sentait sur ses bras l'ombres des Oliviers peser. Il laissa l'odeur le guider vers cette fois - ci une dame seule animant d'un sourire en biais son parc aux herbes toutes différentes des unes aux autres. Seulement le brun , était après cette hâte immobile. Les yeux fermés il se remémorait sa jeunesse, une instant court. Une simple vague de souvenirs si brutale et sans autorisation, les stigmates d'une vie en fuite et débâcle.
    Cette lavande caressait sa joue, comme les champs qu le faisait à ses huit ans, une jeunesse où il dut fuir l'Italie et l'hydratation d'un amour maternel béant dans ses rêves les plus maudits. Il reniflait à plusieurs reprises, ses narines tremblaient et sa langue se mit à se gonfler sous son palet , animant quelques vibrations contre ses molaires et le palet, titubant légèrement dans un sommeil à demi.


    Messire est amoureux ?


    Lucius ouvrit délicatement une paupière , et remua ses lèvres pour faire parler quelques mots dans un sourire effilé en coin. Ses lèvres sèches et très peu humectées , signe d'une mauvaise aisance par moment. Il s'approcha par quelques pas, le torse bombée du parfum , les joues rougies et chaude en souvenir. Une humeur idyllique et ses billes en bruine.


    Est - ce si flagrant que cela .. ?


    La dame, d'une quarantaine et d'un rire raclé en valait ceux d'une mère heureuse et amoureuse de la vie , une vie assemblé pour convenir au Credo du Jardin d'Aristote. Elle avait comme des cerceaux aux coins des lèvres, comme si son propre sourire riait de joie. Ses yeux en triangle cachait ses marrons , ne reflétant qu'un carré de lumière luisant. Elle était enrobée , une tête bien ronde mais si chaleureuse que l'on croirait là Sainte - Mère tombée droit du Paradis. Lucius inclinait circulairement le visage tentant d'y voir une certaine mère qu'il a perdu.
    Cette dame avait les mains franches et pâteuses souvent collées les unes aux autres, tantôt prenant en main un sac de grains ou alors des fleurs d'Anis, elle riait bien trop souvent. Elle semblait bien trop hyperactive, ses cheveux était également couvée sous une serviette blanche, elle était ainsi vêtue d'une chemise et d'un jupon large marron et jaunit.
    Lucius opinait délicatement, on ne sait pas trop en quoi cela lui faisait sourire, il pointa du sourire effilé la lavande en prenant une petite partie.
    Les séparations avaient été rapide, le plaisir d'un interaction rapide, sans aucun contact ni attachement, la gorge serrée il fiit demi - tour.
    Mais soudainement il entendit comme un cri strident , un cri d'enfant et une course aux jeux d’Âmes d'enfants autour d'une certaine femme qui leur fit obstacle. L'homme s'avança doucement , mais sur le moment une légère halte , comme un soufflet extrait d'une mine aux souvenirs.


    Un rappel à la solitude , à une enfance volée par la débâcle des sentiments. Combien de fois avait - il petit pensé possible d'intégrer une ronde. Comme si ces formations seraient des invitations au voyage, à l'amitié et à l'Union. Une place libre, une échelle à gravir et enfin s 'accrocher sans ne plus jamais relâcher les paumes , et les sentir sécher au fil des années. Un cauchemar de rester derrière une fenêtre et n'avoir comme ronde , les murs d'une pièce, un mur déjà consolidé par une solidarité des forces, des pierres qui se connaissent et sont ensemble et pas seul comme le petit jeunot. Il connu cette solitude durant toute son adolescence, cette perdition au delà de la mort, comme des limbes. Il passait ses journées dans la forêt et écouter cet hymne à la solitude , et peut être découvrir sur une écorce un codex, une trace de ce qu'est la vie..


    Esquivant ces enfants comme des coins de tables d'une taverne vide , au soir d'un départ ou d'une séparation il s'approcha de cette femme qui au loin, restait sourde et immobile. Il fit le pas, plusieurs pas aiguillés par un dandinet et démarche svelte. Silencieux , mais amovible il arriva à proximité de l'égérie pour baisser délicatement son regard sur sa robe et la tâche. Il ne su sur l'instant que dire , simplement échelant ses yeux de prasin il lui sourit légèrement et d'une voix légèrement essuyée lui dévoila l'accroche.


    Une tâche qui s'accorde bien .. Presque une œuvre en fond blanc.. Peut être , cela en vaut plus qu'un regard éteint ?

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Aurchide
[Dis-moi ce que tu vois et je te dirais qui tu es]



    Papillon ou chauve-souris?





Ce n'est pourtant qu'une tâche, mais elle vient s'imposer là où elle n'est désirée. Elle commence à intervenir sur sa peau, diffusant une humidité adhésive, et pendant un instant seulement, elle ne sait pas la brune si cette tâche a terni son dedans ou son dehors. Evidemment ce n'est qu'une tâche, mais elle y voit une occasion de sonder toute la subjectivité que recèle sa propre perception des choses. Alors elle s'interroge pendant un instant sur ce qui en fait la spécificité de celle-là : son identité propre. Quelle part reste-t-il de la normande qui soit immarcescible? Quelles traces indélébiles garderont ces fibres imprégnées de vin? C'est certainement qu'une tâche, ce n'est qu'une misérable tâche, mais une tâche ça lui rappelle qu'elle est vulnérable face aux aléas de la vie, qui la rappelle à la fatalité, à ce qui s'impose à elle sans qu'il ne soit désiré.
Une tâche ça apprend la vie*.
Si cela s'avérait vrai, quelle leçon de vie cache-t-elle dans ces plis ternis?. Sensation de vulnérabilité qui annihile à cet instant précis son sens de l'humour et sa légendaire propension à l'auto-dérision. Bien au contraire, elle la renvoie à l'une de ses obsessions depuis que l'on aie trop dirigé son enfance et son adolescence : contrôler son existence, la tracer, la dessiner, raboter ses contours, élaguer les faiblesses, mater ses peurs, arroser son autonomie pécuniaire par différents commerce et croître avec peu de dépendances affectives. Chimères baignées d'autant d'échecs que de succès.

Elle en était à ces considérations bassement existentielles, quand elle réalise qu'autour d'elle continuent à fuser, rires et éclats de voix. La vie n'avait jamais interrompu son cours sauf pour ce visage portant le scel d'une éternelle éphébie. La demoiselle au dos légèrement courbé, aux mains affairées à isoler la tâche, avait simultanément relevé seul son visage, en oubliant d'y composer quelque bonhomie. Son regard se fait plutôt mer d'iroise, où défilent toutes les nuances d'un bleu paon en habit militaire portant armure en acier. Les mots de son locuteur n'en adouciront que peu le planté dans ses iris à lui. Imperturbable et dans sa posture et dans ses gestes, ses doigts longs et effilés gardent captive la tâche de vin en lui tordant le cou d'une habile torsion. Les mots seront pesés, soufflés d'une voix apaisée et claire, n'appuyant que le dernier.


    -A bon vin point d'enseigne messire. Une oeuvre dans l'absolu n'existe-t-elle que par elle-même? Celle-ci je la subis, permettez donc que je l'appelle prosaïquement... une tâche.


Se relève en dépliant une silhouette svelte, relâchant le tissu boursouflé et humide auréolé de rides lie-de-vin qui gondolent le lin ocre. Son visage impassible est alors tourné vers le vendeur qui se morfond en secret, regard rivé au sol, pour le godet en terre qui avait volé en éclat. La main de la normande retrouve d'un geste machinal son escarcelle famélique, y puise les dernières pièces qu'elle tend au marchand intrigué.

    -De quoi vous rembourser le contenant et acquérir un peu du contenu..ce vin est un véritable "chais"-d'oeuvre.


Le vendeur au visage buriné par les voyages ne manque guère l'occasion de compter les écus, pour ensuite transvaser la quantité qu'il estimera équivalente dans une bouteille vide en verre de Murano. Un geste assuré de la paume féminine ouverte dans sa direction et elle intime au bonhomme de ne point enfoncer le bouchon en liège dans le goulot . De deux bras tendus, surplombant d'une inclinaison du buste son étal à épices ses mains noueuses viennent croiser les siennes et y déposer la marchandise. Les yeux bleus d'Auchide s’avivent en recevant la liqueur précieuse, ses lèvres s’entrouvrent en un chaleureux merci. Son visage n'est ni austère ni dédaigneux quand elle se retourne vers Antoine, elle porte la froideur comme un talisman pour désamorcer tout élan de sympathie à son encontre, les jours où elle porte de l'or ou des épices sur elle en arborant les rues parisiennes. Lui faisant face à présent, elle le détaille à loisir les sens mis en exergue pour mieux le sonder. L'allure féline, et l'esprit vif furent relevés en premier, puis un passant lui apportera dans le sillage d'un pas cadencé, un parfum musqué. Cet homme s'il était malhonnête, le soin alloué à ses atours est loin de la rassurer, ne le rendrait que potentiellement dangereux à ses yeux. S'il ne l'était point, il serait assez nanti pour qu'elle en fasse un potentiel client. Dans les deux cas, elle lui porte à présent une attention toute intéressée. Ses connaissances en vin, sondées, seraient peut-être une porte d'entrée, ou de sortie, selon.

    - Si vous nous dégotez deux godets en métal, je vous fais goûter une véritable oeuvre à mes yeux. Une cuvée bien travaillée, une attaque souple, une bouche au diapason d'un nez riche et délicat..malgré une légère amertume, il possède une bonne structure, limpide..Quant à sa robe rubis...Il n'y a pas de lie qui la tâche.


Ses lèvres parées d'un sourire noient le dernier mot en portant le goulot à hauteur de ses narines dilatées. Ses paupières mi-closes couvent un regard pétillant. Tout ce qui relève des métiers de la bouche lui est source d'extase et une faiblesse qui lui fait souvent baisser sa garde.
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Antoine..
        Seule Tentation décide.. Alors je disside.






    -A bon vin point d'enseigne messire. Une œuvre dans l'absolu n'existe-t-elle que par elle-même? Celle-ci je la subis, permettez donc que je l'appelle prosaïquement... une tâche.



    Elle n'avait contrairement pas tort. C'était de toute évidence une tâche qu'elle avait subie contre son gré. Elle dégustait avec finesse, la houppe détournée vers un faisceau de lumière une entité qui avait capté son regard. Elle était en son moment , la robe légère et chaque pulsation de digitales contre le métal froid du godet lui offrait elle non pas la chaleur humaine mais l'impression d'un objet de plaisir. Antoine lui , ajustait soulevant les bretelles égales de sa besace pour la replacer en bonnet du forme contre son flanc. Il plastifiait ses lèvres , les pressants et roulant l'une contre l'autre sous sa langue sanguine et précieuse. Son attention à lui n'était pas fixe, déambulait de droite à gauche , les passants : mort-marcheurs qui sans voix s'aventuraient d'autre part..


    Mais.. Peut être cette tâche forme - t - elle poétiquement un galbe. Vous étiez dans votre chimère, ces enfants auraient pu être moi et cette tâche aurait été autre, peut être un .. " Excusez - moi " et prosaïquement un pardon et non pas une invitation..


    Son front perlait, il n'avait pas en tête de chercher la petite bête. Il voyait bien évidemment une tâche mais ses yeux eux aux couleurs d'herbes en poète : le cruor en fragment , la marque du ricochet sur l'habit d'ocre. Très peu après la voici qui s'élance dans des étirements et mouvements contrôlé sans daigné s'exprimer en sentiment d'arts et compassion. Comme si l'évidence d'un détail ne pouvait changer la vision, peut être avait - elle un regard abîmé et émoussé par les différents reliquaires d'assassins aux feux d'amours brefs. Pendant qu'elle s'occupait du brave survivaliste , lui le jeunot se détourna sans tenir en ses gonds le corps tordu et fendu l'un attaché au pavé et le reste , le regard éteint perdu dans le vague glissant à travers chaque visage. Dans un éternel mouvement, à défiler à travers chaque vie comme un misérable .. Aristote doit avoir une vie si calme en son ciel.


    Une conclusion hâtive, que ses mirettes s'envolèrent au delà de l'espéré vu, le ciel en nappe, aucune difformité couché et repassé par les brunes et vapeurs. Ainsi le Credo repose et nous sommes le reflets des pages. Aristote voulait - il que l'on vive une vie de valet au service de l'inconnu ? Que sera demain si à l'échafaud il sera question d'avenir ?
    L'homme menait une réflexion assez profonde sans peu d'intérêt, il était troublé par l'inconnu, de droite à gauche : des gardes. Certains obligeaient des laquais à marcher vers la cours d'Agora où ils verraient leurs larmes comme des récits épiques.
    Une grande inspiration, douloureuse et brûlante en ses narines de respirer un air froid, il fit demi tour sur lui même , expirant une légère vapeur qui fait rêver les enfants.



    - Si vous nous dégotez deux godets en métal, je vous fais goûter une véritable œuvre à mes yeux. Une cuvée bien travaillée, une attaque souple, une bouche au diapason d'un nez riche et délicat..malgré une légère amertume, il possède une bonne structure, limpide..Quant à sa robe rubis...Il n'y a pas de lie qui la tâche.



    Il sursauta doucement, remarquant une attitude entièrement différente, ses paumettes de pourpre et consumée par de petites veines dépeintes. Il se remua d'un frisson et décalé vers le comptoir du tavernier ambulant. Il fit démasquer deux godets en métal que l'homme au visage calcifié d'aventure mit de côté, dans un mouvement presque d'instinct, le visage non pas fermé mais qu'à peine réveillé et les mouvement indolore à la fraicheur. Il prêta d'une ouïe fine l'argument qui suivit les premiers terme et sourit en biais retournant par la flûte les verres à fine.



    L’œuvre en vain.. Tant que le balsamique arrose le moût je suis le plus fidèle des clients.. En espérant qu'elle mérite Salphyde en son nom et sa chair..


    Il fit glisser les godets sur l'autel aux saveurs d'Automne, le vin est une source de plaisir qui comme miroire reflète sa beauté et son amour propre. Comme Tanagra , en une position figée il n'y a que lyrisme qui contraire à la prosaïque de la bouteille : le don du sang.

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Aurchide
["Les hommes libres sont étrangers les uns aux autres. Ils ont la liberté en commun mais c'est précisément cela qui les sépare"
Godard]





Deux godets, qui donnent l'air de rien une forme au vide tout en lui laissant sa part d'ombre. Leurs lèvres s'adonnent au vin célèbrant celui qui ignore les peines à venir, change la vision des choses. Celui qui la fera à nouveau enfant, qui fera tomber les résistances, les différences, luire ses yeux éblouis de l'éclat des indifférences. Sans jamais être saoule, devenir sourde à l’appel de la méfiance, sembler prête à toutes déviances tout en demeurant roide et tuteurée. Les mirettes se détachent du visage de l'étranger, s'envolent portées par le mouvement des passants, rampent sur le chaland. Ses pensées têtues refusent pourtant de les rattraper. Ses pensées têtues c'est au vin qu'elles se vouent. Ricochet. Pensées et mirettes se joignent et se jettent dans le verre de son potentiel client, avant de d'émerger ruisselantes de pourpre et de lumière s'alanguir sur les plages prasines.

    -Alors? quelle vérité vous a révélé ce vin..ou mieux encore, quelles sont celles qu'il ne vous révèle point?

Le même vin n'enfante que rarement d'émois jumeaux dans deux palais différents, quand bien même l'on aurait des plaisirs de la bouche la même faim carnassière. S'égrènent encore sur sa langue et contre l'intérieur de ses joues, les arômes complexes d'une gorgée languide, alors que le poignet aère le reste du contenu d'un geste vif et circulaire. Elle pense à son frère. Ils s'étaient séparés fâchés, du moins elle était partie en trombes. La joie qui luisait dans son regard y'a à peine instant s'affadit à cette pensée. Étrange comme songer à lui -ainsi que ses cheveux chastement retenus en bandeaux- lui donnent cet air las d'une sage jeune fille. Son corps mince et mouvant comme une gerbe d'eau se tourne vers une fille des campagnes qui danse en agitant un tambourin. Le poignet s'immobilise, elle semble soudain si lointaine et si proche pourtant.
Distraction bénie qui éloignerait le regard de l'inconnu suffisamment jusqu'à ce que passe cet fugace voile de tristesse. Bécarre. N'est ce pas l'heure de sourire quand on rien ne veut franchir ses lèvres ni trahir ses pensées. Or elle ne sourit pas, elle a gardé ce mot qui a ripé son oreille



    -Salphyde disiez-vous? De quelle ville êtes vous originaire?



La badinerie est de rigueur, un moyen comme un autre de ne plus penser à son frère. Néanmoins elle soupçonne un accent situé "entre l'excès de consonnes du nord et l'excès de voyelles du midi"*. Une paire d'yeux cuisait pendant ce temps là sa nuque sans relâche, les yeux quittent ceux d'Antoine pour scruter les alentours, crochètent ceux fuyant d'un homme à distance. Son coude instinctivement se serre contre son bagage, un mouvement adroit de son épaule n'ancre que mieux la sangle qui la traverse. Le vin n'a donc guère entamé sa méfiance et la capitale lui a appris à envisager le pire des traquenards, toujours , à chaque instant. Si le jeune homme ne s'avérait pas un complice, il pourrait devenir un rempart jusqu'à ce qu'elle regagne son auberge ainsi que la précieuse marchandise.


    -Vous n'êtes pas seul dans la vie..les hommes seuls sentent l'ennui et la poussière...J'espère que la perspective de quelques pas à mes côtés jusqu'à mon auberge ne vous fait pas peur



Le verre veut quitter la paume. Ses dix doigts desserrent godet et bouteille qui les encombrent et s'en délestent sur l'étal mettant fin ainsi à une longue heure de barguignage entre elle et le marchand. Le temps déraille lorsqu'elle scrute cet être tout en nuances jaugé sur trop peu de choses : un esprit vif et de belles apparences. Elle ne peut avoir plus qu'en amorçant quelques pas vers lui...puis avec lui.



*V. Hugo

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