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[RP ouvert]La nuit, tous les chats sont gris.

Axelle
Bienvenue à tous !



Les mains posées à plat sur le torse haletant de l'homme, la gitane reprenait son souffle, le visage à demi caché par la cascade de boucles brunes dévalant sur ses épaules jusqu'à chatouiller le bas de son dos. Lentement, elle remonta les yeux encore troubles de plaisir pour observer ce visage dont elle ne connaissait pas même le nom. Il était beau, avec son regard un peu perdu et le désordre de ses cheveux clairs. Elle aurait pu se perdre encore à l'ourlet délicat de cette bouche entrouverte, mais se dégagea des mains pâles enserrant encore ses hanches pour se lever. Le broc de terre cuite resta muet quand elle le reposa sur la table de toilette après avoir remplie d'eau claire et froide la bassine assortie. Avec méticulosité, offrant cette intimité au tout venant quand, si longtemps, elle l'avait réservé à un seul, comme pour biffer encore et encore un souvenir toujours trop tenace, elle se lava, comme une putain l'aurait fait après une passe. Elle sentait le regard de l'homme se perdre sur le long de son dos, jusqu'à se déposer à l'arrondi souple de ses hanches. Si elle en frissonnait doucement, nul sourire espiègle ne se dessinait à ses lèvres brunes. Et bientôt, le frisson s'oublia alors que le rouge de la robe enveloppait l'ambre de la peau. Les bottes trop grandes furent enfilées sans même qu'elle n'ait à se pencher. Il lui suffisait de tendre le pied tant elles baillaient paresseusement à ses mollets.

Se retournant, elle posa son regard noir sur l'homme dont les lèvres s'ouvraient pour parler. Il ne devait pas parler, au risque de tout gâcher. Non, surtout pas. Inconnu il était, inconnu il resterait. Tel était certainement son charme le plus irrésistible. Alors d'un pas, elle le fit faire d'un baiser.

Tu peux dormir ici, mais sois parti à l'aube.

Et tournant les talons, la manouche sortit de la chambrée qu'elle louait non loin du Châtelet quand son travail de Prévôt de Paris lui imposait des heures trop tardives pour regagner la pointe de l’île Notre Dame.

Un vent froid s'engouffrait dans la ruelle tranquille et sombre. Relevant le col de sa cape pour y blottir ses joues, elle resta un moment à réfléchir à la direction que prendraient ses pas ce soir. Depuis quelques-temps, libre de tout, elle perdait ses nuits dans quelques établissements parisiens triés sur le volet pour la richesse des visages qu'elle pouvait y observer. Ses bottes battirent le pavé avec nonchalance. Ce soir, ce serait la Cave aux Nymphes. Nom bien pompeux pour le bouge en question. Mais entre ces murs, souvent, s'élevait la voix chevrotante d'un vieux que tous disaient sénile, et qui pourtant, si l'on faisait fi des exclamations avinées qu'il crachait régulièrement, avait un don de compteur fabuleux. Et écouter des histoires, la manouche, toujours un peu gamine à l'ombre de ses errances, en raffolait.

Il ne lui fallut pas longtemps pour apercevoir la lumière jaune filtrant des carreaux crasseux. Si une faiblarde clochette annonça son arrivée, ce fut une bouffée de chaleur se plaquant à son visage comme une une pieuvre tentaculaire et un joyeux chahut qui l'accueillirent. Les yeux gitans balayèrent la pièce encombrée de dos ployés, de faces hilares et et paluches empoignant les chopes pour les agiter bien haut. Le vieux semblait absent. Ce n'était pas bien grave. La gitane trouverait bien d'autres énergumènes à observer pour se divertir. Prenant place à une table incroyablement esseulée, elle leva le bras pour passer commande. Rapidement, la tenancière, une femme aux rondeurs affichées sans pudeur s'avança, un plateau en équilibre au bout du bras. La bière légèrement mousseuse et jaune comme de la pisse vint entacher un peu plus le bois de la table tant la choppe fut déposée sans délicatesse. Qu'importait, la manouche ne collerait pas ses doigts aux dégoulinures. Comme chaque soir d'escapade, elle partirait sans en avoir bu une gorgée. La tenancière repartait déjà, plateau sous le bras pour y amonceler une nouvelle pyramide au bar, quand un homme, pour le moins téméraire, plaqua une main pleine aux fesses rondes dans un grand rire gras. La réponse ne se fit pas attendre, et le claquement sec d'une gifle magistrale imposa le silence. Silence tout juste troublé par le rire railleur de la gitane.
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Donatien_alphonse
« Et c’est pas tout l’ami, pour une poignée d’écus, elle est à toi, pour sûr ! »

C’est qu’il était bien loin de son quartier d’origine et pourtant, tout proche à la fois mais c’est que dernièrement, il était du genre à se laisser trainer par les entrailles, en dehors des miracles. « Pas prudent, pas prudent du tout » qu’il lui disait le vioc, toujours occupé à mendier, si bien que la paume de sa main semble en être noircie par le crasse si bien elle est toujours ouverte vers le ciel.
Mais le bougre avait besoin d’élargir son cercle de connaissance, rencontrer du beau monde, gratter quelques coups d’bassin quand l’occasion se présenter mais surtout, boire autre chose que cette pisse de marmot servir à la Taverne du Rat Crevé… Mais il y reviendra, ça n’en fait aucun doute, il s’y sent comme chez lui.


« Et pucelle en plus de ça, un oiseau rare vous pouvez m’croire. »

Encore et toujours, sur un nouveau coup et pour l’heure, c’est un petit groupe de trois marchands qu’il essayait de rouler tant bien que mal, attendant patiemment que la boisson face effet dans l’espoir de pouvoir leur rafler non pas légalement mais… Proprement, tous leurs biens les plus précieux. Qui dit marchands dit écus, victuailles, boissons, tissus et bien d’autres choses à refourguer et qui partiraient comme des petits pains en les bas quartiers de la Cour des miracles.
Sa technique elle est simple, attiser la curiosité, faire naître les sourires autour de lui, la confiance elle n’a rien à voir dans tout ça, ce qu’il lui faut, c’est gagner du temps. Les faire boire, encore et encore, être capable de prévenir celui qui pique du nez pour lui resservir un godet et le forcer à boire. Et lorsqu’ils sont cuits, les laisser filer pour ensuite les filer jusqu’à leur piaule.
Tuer n’est alors pas nécessaire, pour la plupart du temps, ils sont tellement humides que même leur froc en fait les frais, c’est pour vous dire ! Le Donatien lui, tantôt il boit, tantôt il renverse sa boisson par mégarde mais bien souvent, l’alcool en vient à la prendre également. Les choses ne se passent alors pas toujours comme il l’avait prévu.

Autour de lui, plus rien ne semble avoir d’importance à ses yeux, ses nouveaux amis autour de lui et qui par ailleurs semblent l’apprécier (pour l’heure) semblent épris par cette conversation qui n’en finit plus. L’idée pour eux de pouvoir se partager une vierge à trois ne saurait égaler une rivière de vin mais après tout, chacun fait comme il veut ! Car ils n’en savent sans doute rien du tout mais en ce bas monde, si l’on vous propose une vierge pour par un sou, c’est qu’il y a anguille sous roche !


« Et beh, c’t’un morceau ça, et… » Main levée au-dessus de sa tête et qui finit par venir claquer le fessier de la tenancière des lieux tout en ajoutant un grossier et hurlant. « PAF ! »

Les trois compères alors commencèrent à laisser s’afficher sur leur visage, des sourires non maîtrisés et plus que sincères mais la tenancière ne se fit pas prier pour tenter un décollement maitrisé de la nuque de Donatien, le tout dans une seule et même gifle parfaitement maîtrisée, ça sent l’experte en la matière.
Tête basculé en arrière, bouche grande ouverte, tous autour de lui se taisent désormais, plus un bruit, sauf un, un seul bruit, celui d’un rire… Un rire…
C’est à peine s’il fut contraint de redresser sa tête en se la tirant lui-même par les cheveux en avant et c’est alors que son regard croisa le visage… Du rire en question ! C’est que sa joue le brûle et pourtant, il n’en a que faire, la tenancière elle semble être déjà passée à autre chose et afin de raviver un peu l’ambiance.


« Mes trois amis ici présents payent la prochaine ! »

Sans un mot de plus, il se redresse, accompagnant de nouveau, les discussions et les exclamations autour de lui. Son tabouret tombe à même le sol et c’est dans le même élan d’actions, qu’il prend sa choppe au passage, progressant maintenant d’un pas ferme en direction… Du rire qu’il n’entend plus à proprement dit mais qui pourtant, résonne encore dans sa tête, tout comme la gifle qui n’a de cesse de marquer sa joue d’une sensation semblable à celle d’un coup de fouet.
Sans retenue (non vraiment aucune), il prit place à la tablée de cette brune qu’il n’a de cesse de fixer, main libre plongée dans l’une de ses poches, il en sortit trois dés, usés et recouverts de crasse issue d’alcool et de sang séché mélangé à ce qui pourrait être de la terre ou simplement, de la poussière. Les dés sont posés et non pas jetés sur la tablée, une gorgée de sa boisson est bien vite enfilée et c’est suite à un raclement de gorge qu’il se permit enfin.


« Vous jouez ?! Les règles sont à définir en fonction des résultats. »

Un jeu sans règle où les règles sont à créer à tour de rôle, seuls trois dés, rien que ça. Les trois marchands sont déjà loin à ses yeux mais les trois dés eux semblent désormais l’amuser davantage.
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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
Un tabouret renversé. Un regard planté sur elle, que plus rien ne semblait pouvoir dévier. C'était bien la première fois qu'elle était accostée avec tant d'ardeur et cela aurait certainement flatté plus d'une jouvencelle. Soit son charme basané avait encore fait des ravages et l'homme subjugué finirait à ses pieds, lui promettant des châteaux en Espagne pour quelques instants au creux de ses hanches agiles, soit son éclat de rire l'avait suffisamment vexé pour qu'elle se prenne une jolie raclée en publique. À cette idée, la main gitane glissa furtivement sur le manche d'ébène du poignard glissé à sa ceinture, finalement rassurée par la chopine trônant dans la paume de l'aventureux personnage. Il aurait effectivement fallut être un sacré acrobate pour balancer une torgnole sans flanquer par terre l'obscur breuvage.

Les rumeurs et exclamations reprenaient leurs cours normal. Rien ici ne durait jamais longtemps, tout glissait dans des flots de bières. Comme dans tous les bouges de la capitale. Et pourtant, quand il s'assit, les yeux noirs se plissèrent. Comment avait-elle pu ne pas le reconnaître ? Furtivement, elle s'en voulu d'être si ingrate quand déjà l'homme lui avait fait passer un si bon moment. Déjà par une fois, il l'avait amusée en se retrouvant les quatre fers en l'air sous une beigne féminine bien placée. À croire qu'il avait du mal à retenir les leçons que la vie s'échinait vouloir lui donner. Lui donner jusqu'aux geôles du Châtelet. Parce que c'était bien lui qu'elle avait arrêté quelque temps auparavant, sous les prétextes fallacieux de refus d’obtempérer et de propos déplacés envers sa propre petite personne magistralement affublée de son uniforme de prévôt de Paris pour une question de peau douce des plus anodines. Mais cet autre soir, dans une autre taverne, le bonhomme avait eu la très mauvaise idée de tomber sur des officiers du Guet de mauvais poil, et prêts à tout pour se divertir un peu. Et c'est exactement ce qu'Eddard et elle avait fait, quand somme toute casser un verre ou marcher sur une table ne méritaient qu'une réprimande assortie de l'injonction de rembourser les maigres frais.

Revers de la médaille aurait dit certains devant les dés qui narguaient le regard gitan. Accepter un jeu sans règles contre une homme qu'elle avait mis aux fers éclatait d'une imprudence imbécile. Sauf que ce soir encore, elle avait envie de jouer.

Les prunelles noires, où dansait la provocation du défi relevé, s'ancrèrent au regard adverse. Sans un mot, la main brune se saisit des dés crasseux et pour toute réponse, les jetta. Ils roulèrent dans la plus grande indifférence, sans que la Casas ne regarde le résultat, et de sa voix rauque annonça.

Si votre score est plus haut que le mien, je vous permettrai de m'avouer à quel point je vous ai manqué, sans encore vous faire baffer par une femme.
Une virgule blanche barra son visage d'un éclat narquois avant qu'elle ne baisse le regard sur son score.

[résultat du lancé de dés virtuels effectué après l'écriture du RP : 6, 5, 6]

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Donatien_alphonse
Une première règle est lancée, signe d’un défi relevé, voilà qui devient alors fortement intéressant pour Donatien. D’un simple geste de la tête, il accepte la proposition, ce règlement éphémère qui ne durera que le temps de deux simples lancés de dés à six faces pour ensuite laisser place, à une autre règle.
Un six, un cinq et, encore un six, score plutôt raisonnable et le bougre quant à lui se ferait une joie sans nom de pouvoir lui conter à quel point sa peau légèrement métissée lui manquait. Et oui, car en d’autres lieux et en d’autres situations, tous deux se sont connus mais, pas autour d’une partie de dés et encore moins, autour d’une choppe.

Toujours sans un mot, Donatien vint recouvrir les trois dés de sa main mais il s’arrêta dans son élan d’actions au moment même où le dessus de sa main fut parfaitement visible par la donzelle. Car sur sa peau, juste au-dessus de son indexe, une nouvelle marque parfaitement encrée et encore fraîche. Deux os qui se croisent sont représentés, c’est minime certes mais la signification en est quant à elle parfaitement consciente.
Et c’est tout naturellement qu’il se permit de commenter.


« Celui-ci est pour vous. »

Histoire de faire comprendre que son dernier passage en geôle est (comme tous les autres avant ça) encré sur sa peau. Comment oublier, aucune de ses peines n’est semblables, à chaque fois, même le pain dur à un goût qui diffère du précédent et l’eau, n’en parlons point.
Enfin, les doigts se resserrent sur les dés qui disparaissent de la tablée quelques courts instants avant d’être lancés à nouveau sur le bois. Le temps est long, un premier dé s’arrête puis enfin, le second, le troisième quant à lui est capricieux. Mais comme ses deux semblables, il trouva sa face.
Le calcul est rapide et déjà, un sourire naît sur ses lèvres. La roue vient de faire un tour mais, c’est le jeu.


« Et bien, si vous commenciez par nous offrir de quoi nous rincer l’gosier ? »

C’est une règle ça ? Et bien, c’est un jeu sans règles prédéfinis et tout recommence à chaque nouveau lancé de dés.
Oh, c’est qu’il l’avait presque oublié la grosse brute et c’est sans prévenir qu’il fit un rapide tour de la salle du regard. Pas d’grosse brute en vue… Hm non, pas là, là non plus… Hm nop, l’est pas là, parfait.
Autre gorgée de sa boisson et déjà il en manque, espérons qu’elle se plie à sa dernière règle et qu’elle se hâte de rameuter la tenancière. Mieux vaut pour lui cacher ses joues quand cette dernière se présentera pour leur apporter à boire. Devrait-il se cacher sous la tablée ?!
Si autre gifle il y a, c’est l’autre joue qu’il tendra, histoire d’équilibrer la balance.


« Pensez-vous que vous m'avez manqué ? J’ai connu mieux comme séjour en geôle. »

Son sourire ne s’est pas effacé, loin de là même. Il s’agit là de leur seconde rencontre mais se douterait-elle seulement de ce qui se trame, ici même, en la ville de Paris. Pour l’heure, tout est trop calme pour s’en rendre compte… Mais ils se reverront encore et encore, ça n’en fait aucun doute et, ça ne sera pas autour d’une partie de dés.


[Résultat du lancé de dés : 2, 3, 3]

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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
La nouvelle règle tombait. Plutôt sage et innocente. Le score de l'homme était assez bas. En toute logique, elle ne devrait pas avoir beaucoup de mal à le battre. Et même si la guigne s’accrochait à son poignet, la gitane avait largement les moyens de régaler la soif qui semblait bouillir sans relâche dans la gorge mâle. La main brune balaya la table d'une geste souple pour ramasser les dés qu'elle secoua un instant dans le creux de sa paume avant de les lancer. Le regard noir se posa sur le résultat et un juron gonfla la bouche brune. Fichu monde dans lequel on ne pouvait même plus compter sur un peu de logique ! Même en ayant les moyens, elle aurait adoré le voir payer. Et ajouter à la note un large pourboire pour la tenancière aurait été un plaisir aussi délectable que mesquin. Mais dès lors que la manouche perdait, la gironde bonne femme pourrait bien s’asseoir sur le dédommagement de son cul outragé. Le destin avait décidé d'être injuste. Ainsi soit-il. Alors, la mine boudeuse, la manouche leva le bras. La plantureuse femme rappliqua illico presto, comme si elle avait ce don prodigieux de tout voir dans cette salle encombrée, et attrapa une des chopines en équilibre sur le plateau pour la poser sur la table. D'un geste sec, la Casas arrêta son mouvement.

Non. Une bouteille de prune. Et deux godets. Propres les godets. Merci.

La femme leva un sourcil outragé à l’insinuation que son bouge pouvait être crasseux et lança un regard noir aux deux joueurs soudain aussi coupables l'un que l'autre, avant de s'éloigner dans un dandinement hargneux.

Indifférente à la bougresse, espérant seulement qu'elle magnerait ce croupion autour duquel tout semblait tourner, la gitane posa son regard sur le tatouage exhibé peu avant. Les questions s’agglutinaient dans sa caboche, mais le jeu imposait la retenue. D'autant plus que son score minable n'était pas difficile à battre. Quoique la logique, hein ! Avec une lenteur calculée, à son tour elle posa sa dextre sur le bois auréolé de la table, paume vers le haut. Au milieu de ces lignes que certaines de son clan se vantaient de savoir lire, trônait un A franc, tatoué à l'encre brune.


Voyez, peut-être que vous aussi êtes inscrit à même ma peau. Et d'une voix calme, énuméra. Arrogant. Affabulateur. Agaçant. Agile. Abusif. Adroit. Adversaire. Aguicheur. Ambiguë. Aspic. Amusant. Anecdotique. Acteur. Attachant. Aventureux.

Elle décrocha son regard du tatouage qu'elle jouait depuis longtemps à lire suivant ses envies et ses humeurs, se donnant ainsi l'illusion de maîtriser ces lignes capricieuses parcourant sa peau, pour retrouver le regard adverse flanqué de son sourire indélébile.

Je crois qu'aucun séjour dans les geôles du Châtelet ne vous effraye tant que vous pouvez vous livrer à cet... art qui est le vôtre. Je vous ai manqué, car à moi seule, je suis un jeu. Un risque à défier. C'est ce que vous aimez. Sinon, pourquoi vous seriez-vous assis là, avec tant de détermination, à tenter le diable ?

Nouvelle règle, assez intrigante pour que la gitane paye la facture sans un regard à la tenancière installant bouteille et godets sur la table.


[Résultat du lancé : 2, 4, 1]

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Donatien_alphonse
La main ne tarde pas à se lever, habituellement, sans doute pourrait-elle être amenée à employer ce geste afin de dicter la consigne qui est « Coupez lui la tête ! » mais pour l’heure, c’est la tenancière qui se pointe dans le but de les servir. Donatien qui s’attendait à se voir servir de leur bière à la flotte fut finalement agréablement surpris par la nouvelle demande. Une bouteille de prune, voilà qui pourrait être tentant.
Sa joue chauffe face à la dernière remarque, comment pourrait-on vouloir brusquer une telle tavernière au revers de la main aussi puissant et aussi précis, intérieurement il prie pour ne pas en prendre une autre.

L’heure est à la présentation des trophées, lui était loin de s’en douter mais la donzelle est elle aussi propriétaire d’une marque encrée sur sa peau. Une simple lettre qui pourrait avoir tellement de significations. Peut-être la première lettre du prénom de son amant, de son chien ou peut-être même de son marmot qui sait.
Puis enfin, les explications tombent mais Donatien lui n’en croit pas un seul mot et pourtant, les différentes énumérations qui suivent le font largement sourire. Toutes lui correspondent plus ou moins hormis peut-être le « Aventureux » car il n’était pas du genre à relever cent défis, mais plutôt à foncer tête baissée, ce qui relevait plus par moment de l’inconscience.

Il ne dit pas un mot alors que son regard se posa de nouveau sur les trois dés à six faces mais déjà, elle répond et ses mots, le font amplement sourire. Elle dit vrai, aucun séjour en geôle ne l’a jusqu’à présent effrayé et pour cause, jamais aucun outrage vraiment grave dont il aurait été accusé et pourtant…
Mais comme elle semble le cerner, Donatien est un acteur, c’est là tout son art qu’il maîtrise à la perfection. Et pourtant, elle ne dit pas totalement vraie. Cette donzelle n’est pour lui pas un jeu, un risque peut-être mais aux conséquences finalement bien maigres puis enfin, le dernier mot qui tombe.


« Ah ah ! » Il pouffe, c’est plus fort que lui, comment pourrait-elle ainsi se proclamer « Diable » au point de devoir oser la tenter ?

« Excusez ! Soit. »

Renversement de situation alors qu’il ramasse les dés mais cette fois, ceux-ci ne seront pas lancés dans l’immédiat.


« Permettez. »

Son regard est plongé dans le sien, le hasard bien qu’une bonne chose par moment peut néanmoins parfois se révéler bien plus qu’ennuyeux à ses yeux. Le tatoué a une dette à lui faire payer et il ne quittera pas ce lieu sans que ça ne soit fait.
A cet instant, bouteille et godets sont déposés sur la table mais lui n’en fait rien, préférant attendre quelques instants de plus, espérant ainsi rendre l’attente… Ignoble et agaçante !
Et pourtant, les dés sont jetés sur la tablée et tel un enfant, le tatoué se cacha les yeux, sourire bête sur les lèvres. La donzelle se devra d’annoncer le résultat et ce que celui-ci annoncera pour chacun d’eux.




[Résultat du lancé de dés : 3, 9, 1]

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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
La gitane regardait les dés rouler, cliquetant sur la table pour enfin s'immobiliser. Elle resta un moment dubitative haussant un sourcil et finalement en guise de réponse, un ricanement s'échappa de sa bouche, jusqu'à secouer ses épaules. Lentement, elle releva le regard vers l'homme, tout occupé à jouer les gamins, et son rire fusa de plus belle. Pourtant, elle n'était pas dupe. Sous ses dehors d'imbécile fini, une petite voix lui intimait l'ordre de rester sur ses gardes. Il était peu probable qu'après avoir passé un séjour dans les geôles en compagnie des rats du Châtelet, l'énergumène face à elle ait pour ambition de lui faire passer une soirée agréable.

Demeurant mutique, elle balaya la salle du regard, posant un jugement sévère et pessimiste sur un couple d'amoureux aux joues rouges, se comptant fleurette autour d'une bière pisseuse où chacun, à tour de rôle, noyait ses lèvres dans des gloussements étouffés et des mimiques sans doute destinées à charmer.

S'amusant du petit interlude, et peu pressée d'y mettre fin, la manouche avec une lenteur accablante, laissant l'adversaire à ses gamineries, se servit un verre de prune, laissait au temps l’œuvre de chatouiller la soif d'un petit glouglou gourmand. Elle but, tranquillement, observant impunément le sourire qui lui faisait face, allant jusqu'à se demander quand celui finirait par se crisper de crampes. Tournant le godet dans sa main, elle but encore une gorgée avant de se décider enfin à ouvrir la bouche.


Sur un dés à six faces, le neuf est éliminatoire.


« Les règles sont à définir en fonction des résultats. » N'était-ce pas ce qu'il avait dit ? Si. Alors autant utiliser ce qu'il avait lui-même établi pour enfin entrer dans le vif du sujet.


Alors, d'une voix posée et d'un calme ambiguë, annonça.
Trois. Neuf. Un. Pas un de ses doigts n’effleura les cubes corrompus quand elle conclut. Maintenant, dites-moi ce que vous voulez.
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Donatien_alphonse
Son index tapote légèrement le bois de la tablée, son regard lui, ne lâche plus la donzelle face à lui. Non pas qu’il se délecte de la situation présente mais les possibilités pour lui sont si nombreuses qu’il ne sait laquelle choisir.
Il pourrait tout aussi bien lui ouvrir la trachée au beau milieu de cet espace bondé de monde, il pourrait la mener en bateau ou tout simplement, apprendre à la connaître mais l’heure est aux défis visiblement.
Mais alors qu’elle prend la parole, son regard lui se détourne quelques courts instants en direction du dernier verre qu’il remplit sans perdre un instant de plus. Verre porté lentement à ses lèvres, intérieurement, il songe. Les dés ne sont plus de rigueur visiblement mais les cartes quant à elles, sont toujours exploitables.


« Hm. »

Le sourire s’accentue sur ses lèvres, on y verrait presque ses dents étrangement bien blanches pour le rythme de vie et l’hygiène qu’il semble s’infliger. Et les derniers mots tombent, ses pupilles restent figées un instant sur le fond de la pièce mais pour l’heure, il ne dit pas un mot.
Autre gorgée, le verre est vide, celui-ci trouve place sur la tablée, juste en face de la donzelle qui pour l’heure, fait l’objet de toute son attention et sur laquelle son regard se pose à nouveau. Les dés sont ramassés et reprennent leur place d’origine puis enfin, ses bras se croisent, ceci toujours sans ne jamais cesser de la fixer.


« Ce que je veux ? Dans un premier temps, que nous échangions nos noms. »

Mais ce n’est point tout, la carte qu’il souhaite jouer est enfin retournée et d’ailleurs, le geste est simulé à même la tablée, du bout de ses doigts, une carte imaginaire se retourne.

« Dans un second temps alors. » Lentement il se rapproche, prenant appui sur la tablée, se rapprochant encore un peu plus, sans la moindre gêne et pour l’occasion sans vraiment prendre garde. « Dans un second temps je vous lancerai un défi, entre vous et moi, un défi qui… M’avouera si j’ai eu raison ou non de tenter le soi-disant diable. »

Les mots sont lâchés, si elle accepte alors, tout risque d’avoir un impact plus que conséquent sur des événements qui risquent de se dérouler ici même, en la ville de Paris.
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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
La gitane ne connaissait pas grand-chose. Des grandes théories politiciennes aux tactiques militaires, elle laissait ça à d'autres, bien plus calés en la matière, et somme toute bien plus efficaces. L'Histoire, hormis ce qui touchait à la sienne, elle s'en foutait pas mal. La géographie, tant qu'elle connaissait par cœur chaque ruelle de la capitale, le reste ne lui était pas utile. Soit, les arts l’intéressaient, sans pour cela qu'elle ne frotte son cul divin sur les bancs d'une quelconque université. Elle maniait pinceaux et fusains avec une certaine habilité qui n'avait jamais été contestée, là était tout ce qui importait. Quant à la danse et la musique, seules celles apprises gamine aux crépitements des feux manouches trouvaient grâce à ses yeux.

Il était pourtant un domaines sur lequel elle commençait à acquérir une certaine expérience. Les hommes. Non pas l'Homme avec un grand H, tant aucune femme, jamais, n'avait réussi à retenir son attention plus longtemps qu'une politesse respectueuse. Scath peut-être, mais la Rouge se faisait trop rare dans la vie de la manouche pour l'affirmer.

Mais les hommes traversant à vie ouvraient devant ses yeux un éventail assez large pour qu'elle puisse y voir clair. Entre montagnard barbu et rustre, se trouvant démuni dès lors que quelque chose de fragile était confié à ses larges paluches rugueuses et noble à la flopée impressionnante de titres, balançant à chacun leur quatre vérités en pleine poire, mais toujours présent, patient et attentif, dès lors que le sentier s'effritait, pour la chopper par les épaules et la replacer sur un chemin plus stable. Entre bourgeois aux mœurs dissolues, qui, avec son charme et sa sensualité incendiaires, avait pris son menton entre ses mains douces pour, dans un sourire fin, lui montrer d'autres horizons, et noble, encore, qui dans de grands gestes et exclamations fracassantes, l’entraînait à regarder de plus près ce qu'il se passait juste sous son nez pour fissurer la carapace. Tous différents, mais pourtant tous si têtus dans leur ligne de conduite. La gitane n'avait jamais eu l'ambition de les faire céder à ses points de vue, elle s'y serait cassé le nez, mais au moins croyait-elle les avoir compris, dans la droiture qui les animait chacun à leur façon.

Mais devant l'homme face à elle, elle ne pouvait que marcher comme une funambule. Les adjectifs qu'elle avait égrainés était un masque. Elle en était presque certaine. Ce qui pouvait se cacher dessous, elle était incapable de le deviner tant le vernis refusait de s'écailler. Et c'était plus que déstabilisant. Pouvait-elle jouer le petit jeu de séduction qu'elle avait coutume d'utiliser pour parvenir à ses fins sans se prendre une beigne en pleine figure ? Rester froide, lointaine, inaccessible, elle savait faire aussi. Sans mal. Sauf que tout se serait arrêté là. Et sans savoir pourquoi, elle n'avait pas envie de graver « fin » sur cet étrange tête à tête. La curiosité était certainement un bien vilain défaut, et cette habitude de relever les défis, une bêtise sans nom, pourtant, la gitane à son tour s’accouda à la table, réduisant encore l'espace entre leurs deux profils. Et en guise de réponse, lâcha simplement.


Axelle Casas.

D'une main nonchalante, elle fit mine de retourner ses cartes sur la table. Il voulait prendre les rênes, qu'il les prenne, mais qu'il dirige bien.
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Donatien_alphonse
Les yeux fixent ce geste de la main qu’elle imite à la perfection alors qu’un nom sur son visage venait enfin de se poser, ce qui à ses yeux, en était presque jouissif. Il aurait pu hurler de plaisir en ce bas lieu si bien il avait imaginé bien des noms pour celle qui l’avait mise aux fers. Axelle, c’est qu’ça lui collait pas mal à la peau pour tout avouer. Il devrait lui empoigner la tignasse, tout de suite et lui faire manger le bois de cette tablée mais il n’en fera rien, cette soirée leur sera agréable, l’un comme l’autre enfin, c’est ce qu’il se permet d’imaginer.
En y réfléchissant, celle-ci ne connaît strictement rien du Donatien, sans doute croit-elle avoir face à elle, un soûlard comme un autre qui vient gratter des chopines quand il le peut. Elle n’aurait pas tout à fait tort en réalité mais, ce n’est pas tout le concernant.


« Et bien Axelle. » Son regard se détache un instant pour fixer la tablée. Que faire ou plutôt, que répondre. Fausse identité ou peut-il espérait dans un sens lui faire confiance et ce, seulement si elle est poussée par l’esprit de défi déjà bien présent.

Lentement il se recule, se détache totalement et dans un geste parfaitement maîtrisé, il s’empressa de remplir les deux godets, toujours sans un mot. La situation pourrait paraître vraiment longue et pesante pour plus d’un mais lui s’en délecte sans faim.
Premier godet poussé dans la direction d’Axelle, du bout de ses doigts alors que l’autre fut bien assez vite empoigné et porté à une certaine hauteur de la tablée.


« Mon nom est Donatien Alphonse François de Sade, Roi autoproclamé des pouilleux de la Cour des miracles, ferme défenseur des miséreux, véritable proie pour la Prévôté, quand la Prévôté ne se sent pas proie elle-même. » Clin d’œil à son attention qui pourrait d’avantage ressembler à un spasme puis il se permit de rajouter. « C’est un plaisir. »

N’avait-il pas dit que dans un second temps, il lui parlerait de la façon la plus délectable pour lui de tenter le soi-disant diable ? Il l’a dit, pour sûr même mais avant ça, il attend patiemment qu’elle daigne trinquer avec lui afin de clôturer ces présentations. Et pour qu’il puisse enfin se rincer le gosier à nouveau, c’est que ça lui donne soif tout ça.
Son regard semble se perdre dans le sien, autour d’eux, tous pourraient penser qu’il s’agit là d’un véritable jeu de séduction et pourtant, ça n’en est pas le cas, loin de là même. Et pourtant dans un sens, il pourrait être amené à regretter sa position de fervente protectrice des valeurs et des lois, Axelle face à lui qui est amenée à porter les couleurs de la Prévôté et à passer le fer à des fêtards comme Donatien, un peu trop entreprenant lorsque la boisson se fait maîtresse.

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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
La mise en scène, avant qu'il ne déclame son auguste identité, intrigua la manouche. L'espace d'un instant, la cervelle de la gitane se mit en ébullition. Soudain, elle se prit à imaginer au sujet de son interlocuteurs des mystères et des secrets incroyables. Des intrigues dont l'histoire se gorgerait, bordées de masques de fer, de gémellités inextricables, ou encore d'une infidélité royale, marquée à même sa peau d'une tâche que les tatouages même ne parvenaient à camoufler. Oui. Fils caché d'un prince lointain, au droit d’aînesse à ce point compromettant que l'homme était contraint à se cacher des mercenaires accrochés à ses mollets pour le faire taire. Ou disparaître.

Mais si elle fronça le museau au nom à rallonge et titres improbables qu'il enfilait comme des perles au bout du bout de sa langue, ce ne fut qu'en entendant un prénom posé là comme une tache au milieu du tableau. Par chance, l'homme n'avait rien en commun avec le flamand, sans quoi, par malchance d'un prénom interposé, sa joue épargnée se serait vu rougir avec la même vigueur que celle malmenée par la tenancière quelques instants auparavant.


Mais innocent de cela, au moins, la Casas saisit le verre d'un geste un peu trop vif et après avoir fait tinter les deux godets telle une promesse en l'air, vida la sien d'un trait avant de le reposer avec brusquerie sur la table.


Je me contenterai de Donatien. Lâcha-t-elle d'une voix abrupte avant de d'inspirer profondément pour chasser les souvenirs parasites. Puis, retrouvant une voix calme, pourtant malmenée par l'impatience.

Vous pensez réellement que la prévôté de Paris puisse se sentir proie de quiconque?
L'idée lui semblait à ce point saugrenue qu'une lueur étrange s'insinua aux creux de son regard aussi noir que fixe. Mais baste. J'attends toujours. Ou alors n'êtes-vous qu'un beau parleur ?
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Donatien_alphonse
*TING* firent les deux godets qui se rencontrent enfin. N’est-ce pas une scène purement et simplement faussée, doublée de sentiments non sincères que les deux bougres se portent l’un envers l’autre. La soirée leur sera très certainement agréable et pourtant, le tatoué bouillonne à l’intérieur. La tuer ? Non, certainement pas mais c’est qu’il verrait bien une balafre, de long en large sur la joue de son interlocutrice du moment.
Balafra encore fraîche dont il se délecterait bien d’un long et intense coup de langue. Ne dit-on pas que l’on ne connaît ses ennemis que lorsque l’on boit de leur sang à même leur scalpe ? Lui se contenterait bien d’une simple léchouille.

Donatien ? Oh ! *claquement de doigts* C’est qu’il était parti loin le bougre, son regard qui lui s’est perdu sur l’une des joues d’Axelle sur laquelle il imagine si bien… Balafre saignante, du sel parsemé sur le dessus, STOP !
Un beau parleur ? C’est donc ce qu’elle pourrait être amené à penser de lui, que Donatien n’est autre qu’un beau parleur ? Bien qu’elle n’est pas totalement tord en réalité, pour une fois, le tatoué avait ses raisons de pousser ce nouveau défis à l’extrême.


« Et beh, AH ! »

Le contenu de son godet bien vite engloutit, le voici qui vint prendre place sur la tablée, aux côtés de celui de la donzelle.

« Donnez-moi l’occasion de vous faire vous sentir… Proie et prédateur à la fois ! »

Les mots sont posés et, il ne peut plus faire machine arrière.

« C’est qu’j’ai à faire en c’moment, l’genre de magouilles que les prévôts apprécient grand’ment ! »
Sourire en coin.
« Mais ça finira bien par s’calmer et alors. Je réclame ma vengeance, c’est qu’mon dernier séjour en geôle est resté… » Et de sa main il se mit à imiter, comme s’il s’enfonçait lui-même une lame dans la trachée. « En travers de la gorge ! »

Puis de se rapprocher à nouveau d’elle, espérant que le défis soit à la hauteur pour elle qui se dit être le Diable.

« Vous, et moi, armes ou non c’qu’un détail. Donnez-moi l’moyen d’re’vnir vers vous et vous aurez alors le jour, et le lieu. »

Tout était dit. Mais c’est qu’il venait de tout inventer le bougre… Oh et puis elle n’avait qu’à pas sous-entendre que Donatien n’était qu’un beau parleur dit !

« J’pensais noyer ma haine dans la boisson mais mes oreilles ont croisé vot’ rire ! Hey ! »

Histoire de maintenir son regard et son attention.

« On va quand même la finir nah ?! »

Coup d’œil porté sur la bouteille à leur côté. L’heure n’était pas à la confrontation physique, qui n’a jamais vu deux soldats de camps adverses partager ne serait-ce que quelques godets ?

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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
Enfin. Sans singer le moindre geste, il dévoilait son jeu. Un duel. La gitane avait bien compris que l'arrestation et le petit séjour au Châtelet tous frais payés n'avaient pas été franchement appréciés malgré le soin que les hommes du Guet mettaient à chouchouter leurs pensionnaires. Pain sec et eau croupie au menu. Froid glacial et humidité collante, réchauffés par quelques baignes si l'invité grelottait trop. Effluves de pisse, de sueur et d'autres, plus ou moins définissables. Petite musique d'ambiance assurée par les gémissements des voisins de cellule et compagnie assurée des rats et autres vermines. Mais la morsure du fer devait rester vexante, d'autant plus pour un Roi, même autoproclamé, fusse-t-il des pouilleux de la Cours des Miracles.

Avait-elle envie de lui avouer que si aujourd'hui, ses joues n'étaient plus casseuses et si sa robe n'avait plus pour seule parure que des trous et des effilochures, elle connaissait la fange par cœur pour y être née ? Que cette colère lancinante d'avoir dû tendre la main aux passants restait gravée à même sa paume et que sa fierté n'en était que plus exacerbée face à ceux qui riaient encore sous cape de sa peau brune et de ses manières de voleuse de poules ? Être né dans la fange et courber l'échine devant les plus puissants que soi était la promesse de bouffer la merde sa vie durant. Non, elle n'avait aucune envie de lever le voile. S'il était assez malin, il le devinerait, peut-être, mais elle n'allait certainement pas chercher à l'amadouer par des racines pourtant belles et bien communes. Fierté a-t-on dit.

Aussi avait-elle imaginé bien des possibilités au défi qu'il proposait. Jusqu'à envisager une alliance entre Prévôté et racaille pour la mettre en difficulté et tenter de ternir l'image qu'elle se devait de renvoyer en public. Il aurait même pu lui demander le meurtre d'un haut personnage que ses fonctions lui permettaient de côtoyer. Mais non. Soit Donatien n'avait pas compris le pouvoir qui, un instant, avait effleuré sa main, soit il était plus clément qu'il n'y paraissait.


Aussi dans un premier temps, lui laissant entrevoir ce qu'il avait laissé passer, les lèvres gitanes s'arquèrent en un sourire de racaille, faisant apparaître à qui se donnait la peine de regarder tout l'atavisme qui ondulait dans ses veines, jusqu'à la lame rouillée de son père écorchant avec lenteur ceux qui refusaient de se soumettre à sa tyrannie. Puis le sourire se tinta d’ambiguïté, et à nouveau penchée vers lui, sur le ton de la confidence.

Proie et prédateur à la fois ? Le sourire s'élargit encore sous le regard teinté d'une langueur déplacée. C'est un mélange détonnant, je vous l'accorde. Un sentiment poignant. Mais puisque j'ai trinqué, laissez-moi vous avouer quelque chose. Elle s'approcha encore de lui, laissant son souffle embrumé de prune caresser la bouche mâle. Proie, je peux l'être, oui, au creux des bras d'un amant qui me parcourt de baisers indécents quand la fièvre coule dans son regard. Alors, là, quand mon ventre brûle et que ma raison n'est plus qu'un vague souvenir, oui, je suis proie, acculée et haletante, soumise aux caprices d'un autre sans plus savoir comment taire les soupirs qui trahissent cette crainte étrange de déposer à ses pieds, toutes mes armes.

Elle se redressa, effaçant de son visage toute la sensualité dont ses mots avaient pu ourler sa bouche. Dans ces duels-là, oui, je suis proie et prédatrice. Dans les autres... Elle laissa le silence s'installer quelques instants agaçants avant de reprendre. Dans les autres, je fais juste ce pour quoi je suis payée depuis longtemps maintenant.

Croyait-il vraiment qu'elle se retrouvait Prévôt de Paris sans la moindre défense malgré la finesse de son corps ? Sans que sa lame ne dégouline de sang ? En fait, elle s'en moquait bien, si duel armé il devait avoir, autant le laisser la croire malhabile et sans expérience. Sous-estimer son adversaire était une erreur dont elle savait parfaitement tirer avantage. Non, à cet instant, la seule chose qui intéressait la Casas était de détruire le plaisir que Donatien pouvait d'avance savourer à l'idée qu'il se faisait de la future rencontre, lui arrachant d'emblée tout le sel dont il espérait la pimenter.

Mesquine, possible, mais pour elle, le duel avait débuté depuis que son regard s'était posé sur lui, dans cet autre bouge de la capitale, quelque temps auparavant. Lentement, elle remplit à nouveau les godets et d'une voix détachée, son regard venant retrouver celui de cet adversaire aussi impensable qu'étourdissant laissa tomber sa conclusion.


Le moyen de me retrouver ? Il est simple, une missive déposée au Châtelet. Je réponds toujours aux missives qui me sont laissées là-bas, et vous en connaissez le chemin. Un sourire amusée revint égayer ses lèvres. Et ne craignez rien, mes hommes ne lisent pas mon courrier. Et s'ils le font, ils ne s'en vanteront pas ni ne se laisseront démasquer.
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Donatien_alphonse
Les dés étaient une fois de plus jetés pour Donatien, relèverait-elle ce défi qu’il vient de poser sur la tablée comme s’il déballait son propre paquet afin de l’exposer à la populace présente. Cette simple pensée accentue son sourire, c’est qu’il s’est déjà fait jeter dehors pour un tel comportement, franchement, tous semblent avoir perdu leur sens de l’humour.
Et alors qu’elle se rapproche d’avantage du tatouée, lui n’en perd pas une miette, elle qu’il sait aussi attirante que dangereuse, c’est qu’il a un véritable rapace sous les yeux, ses crocs sont acérés et intérieurement il le sait, la moindre erreur de sa part pourrait lui coûter énormément. Mais qu’elle se méfie à son tour, tous les habitants des miracles ne sont pas que des boitards, c’est qu’il est même plutôt agile… Quand la boisson n’est pas maitresse de ses faits et gestes.

Par le sans nom, bien qu’elle sente foutrement bon, il ne comprend pas un foutu mot de ce qu’elle lui dit à voix basses, il reconnaît bien là le discours d’une donzelle, toujours à tourner autour du pot, faire dans la simplicité ? Nop, ça elles ne connaissent pas. De la fièvre, un ventre qui brûle ? Et beh, ça doit être quelque chose de partager la couche avec elle.
Mais soit, il préfère écouter, dans le plus grand des silences, ne bougeant pas d’un poil et pourtant, ceux de son dos semblent se hérisser discrètement. C’est qu’elle sait y faire et elle sait causer à un bougre comme le tatoué qui pourtant, ne perd pas de vue le fait que face à lui se trouve une adversaire digne de ce nom.
Hm, un long discours, trop long à son goût. La chose est simple, Donatien se préfère en tant qu’orateur, les autres écoutent, ou agissent, c’est ainsi. Mais en même temps qui donc pourrait bien vouloir lui couper la parole ? Avez-vous seulement remarqué les expressions de son visage qui naissent et disparaissent aussi vite. On y croquerait bien un bout.

Le plus intéressant enfin le voici, l’endroit où il pourrait lui indiquer le jour et le lieu du duel qui désormais, n’aura de cesse d’hanter ses pensées. Conscient du fait que ses nuits seront courtes désormais, jusqu’à ce que tous deux croisent enfin le fer, une bonne fois pour toute. Un duel, un vrai et non pas avec n’importe qui. Une vengeance comme il les aime et bien qu’il soit du genre à employer la trahison, pouvant même aller jusqu’à recruter une bande pour l’écorcher vive lorsqu’elle se pointera, il n’en fera rien.
Qui a dit que les individus de sa trempe n’avaient pas de code d’honneur ? L’honneur, certes le sien est bafoué plus que jamais mais il se rachèterai bien sur ce coup-là.
Et alors qu’elle parle enfin de ses hommes.


« Ah ! Ah Ah ! » Puis un rire prononcé et ce, sans la moindre gêne. « Vos hommes savent-ils seulement lire ?! »

Le godet le plus proche de lui est saisit, tout en se reculant avant d’en vider le contenu d’une seule traite. Rot retenu ou plutôt, contenu en lui, revers de la main qui vient essuyer ses lèvres avant que ce même godet ne reprenne sa place initiale sur la tablée.
Il ne sait pas exactement encore quand ils pourront se retrouver et où. Peut-être en la Cour des miracles, c’est qu’il connaît bien des décors répondant aux critères requis pour un duel d’une telle envergure. Mais Donatien y pense enfin… S’il en vient à prendre le dessus, se doit-il de la tuer avant de la priver de sa tête. Imaginez la tronche de ses hommes et de toute la cité lorsque l’on découvrira ce doux regard au bout d’une pique.
Non ! Elle doit vivre, ce duel ne sera pas son dernier. Il s’en fait la promesse. Pour tout avouer, il prie aussi, si c’est elle qui doit prendre le dessus sur le duel, pour qu’elle lui laisse la vie sauve. C’est qu’le Donatien il a encore des culs à fouetter !


« Mais j’y pense. Votre statut qui va ‘vec vos conditions d’donzelle, c’pas la mer à boire ‘vec vos hommes ? »

Le tatoué a beau se grattouiller l’intérieur de la caboche, lui aurait bien du mal à se plier aux ordres d’une donzelle et encore plus s’il venait à avoir des idées et pensées bien plus que déplacées à son égard.
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~ Donatien Alphonse François de Sade | Roi autoproclamé des pouilleux ~
Axelle
Il parlait. Riait. Souriait. Mais le regard gitan se perdait sur la salle encore pleine malgré le temps qui filait entre leurs doigts. Les amoureux avaient finalement abandonné leurs minauderies et s'embrassaient à présent pleine bouche sous le regard réprobateur d'une rombière, tombée dans le bouge par on ne savait quel miracle. Son col était si haut et serré que c'était à peine si elle pouvait tourner la tête. Ainsi étranglée, c'était donc seulement son regard outré et méprisant qu'elle tordait sur le couple. Spectacle si caricatural que la gitane n'aurait pas manqué de le croquer d'un bout de fusain sur le coin de la table si son esprit n'avait été occupé à de bien autres affaires.

Ne venait-elle pas de faire une énorme connerie, à risquer sa peau pour un bonhomme dont la commissure des lèvres semblait accrochée aux oreilles, quand elle la risquait déjà chaque jour que le Très Haut faisait ? Ça pouvait tout aussi bien être un piège, mais elle, si irréfléchie dès lors qu'on lui agitait un défi sous le nez, avait foncé tête baissée. Que ferrait-elle, s’il se ramenait à la tête de son armée de pouilleux ? Ah, elle aurait l'air fin ! Crever la gueule ouverte sur le pavé parisien était déjà une hantise, si en outre, la chute s'avérait ridicule de s'être faite avoir comme une bleue trop fière, laissant derrière elle deux marmots dont l'un n'avait déjà plus de père et pleurait en s'accrochant à ses jambes dès lors qu'elle quittait l'appartement pour prendre son service, ce serait simplement le summum de la bêtise. Et Dieu sait si ce bagage était déjà lourd.

Alors soit, elle avait toujours la possibilité de débarquer colosse et géant sous le bras. Certainement les deux hommes ne se feraient-il pas prier pour dégourdir leurs poings et leurs lames, après lui avoir passé un magistral savon sur son irresponsabilité. Oui, certainement cela aurait été la solution la plus sage si son insatiable fierté la lui avait autorisée. Mais chez elle, la fierté avait toujours le dernier mot. Qu'importait qu'elle soit mal placée. Elle préférait se prendre une beigne, voire davantage, que de voir le mépris dans un regard adverse. Même si le mépris n'avait jamais tué personne, lui.


Mais Donatien parlait, la tirant de ses pensées. « Mais j’y pense. Votre statut qui va ‘vec vos conditions d’donzelle, c’pas la mer à boire ‘vec vos hommes ? » Le regard noir se reposa surpris sur son interlocuteur. Que racontait-il ? Avait-il encore soif ? Les mirettes dévièrent vers la bouteille de prune, et il était vrai que celle-ci commençait à agoniser. Et enfin, remettant les mots dans le bon ordre, ou plutôt sa cervelle, porta le godet à ses lèvres pour en siroter une gorgée avant de répondre sur un ton nonchalant.


C'est pas plus difficile que d'avoir échappé à votre lame ce soir.
Elle haussa une épaule et conclut comme une évidence. Je fais avec eux ce que j'ai fait avec vous, c'est tout. Le respect suit, même si je sais pas comment. Et même si la vérité était déformée, elle n'était pourtant pas si lointaine. Puis froissant son museau, le regard se plissant. Mais ça me fait penser, savez-vous seulement écrire ?
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