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[RP] Un besoin plus qu’un défi.

Axelle
[Cour de la Jussienne, quelque temps auparavant]


Tout le long de l'entrevue avec l'intruse, la gitane avait lutté pour cacher l'agitation qui soufflait dans son crane. Il avait suffi de quelques mots pour mettre à sac le frêle équilibre qu'elle espérait retrouver au sein de cette retraite aussi volontaire que travailleuse. Quelques mots, à peine, pour lui rappeler que rien ne serait jamais fini avec lui.

« Le Roy des Fous vous donne rendez-vous, ce soir, aux abords de Paris ...
À l'endroit où tout a commencé ... »


En ouvrant la porte avec calme, elle se demandait encore comment elle avait réussi à ne pas rugir. À ne pas taillader la messagère qui la narguait, comme si cela avait pu effacer, dans un même mouvement, le visage au sourire éternel la hantant sans qu'elle ne puisse rien y faire, malgré les résolutions et les affirmations. La porte de la chambrée fut refermée avec un détachement toujours aussi intrigant. Comme si le roi pouvait voir à travers les yeux de l'intruse et entendre par ses oreilles, ce ne fut que dans l’alcôve protégée de sa chambre qu'elle laissa enfin son corps palpiter sous cette masse de sentiments contradictoires la prenant en tenaille.

NON ! J'IRAI PAS !


Le pas gitan claqua durement sur le plancher bien que le pied soit nu et, d'une main tremblante de fureur, empoigna le broc d'eau pour emplir à ras bord la bassine de toilette de terre cuite.

Il se barre. Me tourne le dos. Me laissant dans les flammes qu'il a lui-même allumées. Et quand il siffle, faudrait que j'rapplique ?


La robe rouge fut arrachée à la peau brune sans manière ni attention, alors que l'éponge déjà était noyée.


Qu'il aille s'faire mettre ! J'ai plus rien à fiche d'lui ni que c'qui peut lui arriver.


La colère aurait été froide et profonde que jamais cette manie de bouffer ses mots, âprement corrigée, ne serait réapparue à ses lèvres. Dressée nue devant la table de toilette, elle pressa l'éponge au-dessus de ses épaules, sans même prendre le temps de nouer ses cheveux. Sans même se soucier de la dégoulinade cavalant le long de son corps pour s'écraser en flaque à ses pieds. Sans même s'offusquer de la froidure de l'eau lui hérissant la peau de frissons.

J'irai pas. Non. Sans nouvelle, y m'croira morte et c'sera parfait. Dans une semaine, y m'aura oublié et m'fichera la paix. Ouais, voilà. Et basta ! On en parle plus. Les sourcils se fronçaient alors que la tête brune acquiesçait avec vigueur, comme pour se convaincre que cette solution était parfaite, indifférente à l'éponge navigant sur ses bras, son ventre, ses jambes. Beau subterfuge qui sans doute aurait pu faire illusion si cet autre soir, à l'ombre du Châtelet, ne venait égratigner le merveilleux tableau. Égratigner ? Non. Massacrer. À grands coups de regards et de paroles posées s'imposant à sa mémoire avec une clarté implacable.

Il se fichait de toi ! C'était qu'un piège dans lequel t'es tombée, pauvre sotte. Tu ne changeras donc jamais malgré les claques que t'as reçues?

L'éponge, d'un geste brusque et injuste quand elle restait innocente de tout, fut balancée dans la bassine.

Non, j'irai pas.

Et estimant le sujet clos, elle se glissa entre les draps blancs de son lit qui durent, à leur grand désarroi, servir de serviette pour l'occasion. Il était encore tôt. Le soleil n'était pas même encore couché. Pourtant la gitane ne trouvait comme solution, pour taire l'agitation, que de chercher le sommeil. Malheureusement, malgré ses efforts, ses yeux refusaient de se fermer.

Que la scène offerte au murs de sa chambre était ridicule quand, à peine l'intruse avait-elle transmis le rendez-vous, qu'au plus profond d'elle, la Casas savait qu'elle ne pourrait faire autrement que d'y aller.


[Clairière familière, aux abords de Paris / extérieur des murs]


Elle n'était venue qu'une fois, mais ses jambes n'avaient pas hésité sur le chemin à prendre, comme si celui-ci était ancré à sa mémoire pour ne jamais pouvoir en sortir. Le regard bas, elle avait compté les pierres qu'elle croisait pour éviter de penser. Pour que le visage d'Eddard, prédisant une nouvelle engueulade, ne s'impose pas à sa raison. En vain pourtant. Le besoin était là, aussi féroce qu'une drogue, de le voir malgré les bâtons qu'elle avait minutieusement placés dans les roues des retrouvailles, les compromettant volontairement en laissant le roi dans l'ignorance. En tout illogisme. Mais pouvait-elle vraiment être logique quand tout ce qui s'approchait de Donatien n'étaient que contradictions passionnées ?

Arrivée à la clairière, elle l'embrassa du regard, l'odeur de l'herbe humide assaillant ses narines avec une vigueur peu commune. Le mirage de leurs corps haletants enlacés dans une lutte féroce lui sauta à la gorge jusqu'à lui couper le souffle un instant. Pourtant, cette clairière où elle avait manqué rendre l'âme ronronnait d'un calme lourd.


Elle ne s'avança pas davantage, mais resta figée à la lisière un long moment, comme hypnotisée avant de grimper agilement dans un orme à la ramure épaisse. Là, tant couchée que cachée sur une branche, les yeux grands ouverts, elle attendrait. La nuit entière s'il fallait. Ainsi, s'il s'agissait d'un guet-apens, elle le verrai de loin et ne broncherait pas. Mais surtout, de là, elle pourrait le voir approcher s'il venait et décider de se monter, ou pas.


S'il ne vient pas ce soir, je ne viendra pas demain, et alors, je me promets d'oublier.

Un quitte ou double. S'il y avait défi ce soir, c'était à elle-même qu'elle le lançait, sans savoir si elle voulait le perdre ou gagner.
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Donatien_alphonse
Et lorsque la Folie cède enfin sa place à la panique, c'est un Roi fou totalement désorienté qui se retrouve à fuir la Cour des miracles comme si toute une armée de chiens enragées en avait après sa personne. La monture qu'il chevauche et qu'il ne ménage pas, braillant les consignes à gorge déployée.. il ne veut plus sentir le regard de cette Cour se poser sur lui et il doit disparaître avant que les griffes ne s'abattent sur lui.

Les mains ensanglantées maintiennent fermement le cuir et ce sang qui n'est pas le sien, recouvre partiellement son visage et ses fripes.. celui que l'on nomme le Roi fou venait tout juste de porter directement atteinte à un membre du clan et, pas n'importe lequel. Kelel, Matriarche Azzurro, puisses-tu seulement un jour le pardonner..


"Non, ce.. ce n'était pas moi.. je l'sais !"

Les bas quartiers ne sont plus, place à ces nouveaux pavés clairs et correctement alignés mais le balafré choisit la discrétion en descendant maintenant, maintes ruelles sombres et sinueuses.. jusqu'à quitter les murs de cette vaste citée Parisienne.
Dans son dos un soleil couchant le poussant à rejoindre ce lieu, cette clairière où tout a commencé, cet espace d'un duel passé.. il doit y retourner, personne de son clan ne saurait l'y trouver..
Elle se profile, comment l'oublier.. la monture semble à bout de souffle et cette dernière va enfin pouvoir savourer un repos mérité car le cuir est tiré de toute ses forces et c'est un Donatien pleinement surpris qui se retrouve jeté par dessus jusqu'à se retrouver trogne la première au sol.

La situation pourrait ajouter une note légère d'humour et pourtant.. lorsque votre regard se posera sur cette silhouette qui se redresse au milieu de cette herbe au beau volume et quelque peu humidifiée, lorsque vous remarquez ce dont quoi il est recouvert.. et ses yeux.. vides, inquiets, désorientés, paniqués !
Lui qui avait envoyé la bridée retrouver la gitane, tous deux étaient censés se retrouver ici-même mais le balafré ne s'est point montré très patient. Car jamais encore il n'avait vu ladite Maryah revenir à lui pour confirmer l'achèvement d'un contrat finalement peu coûteux. Mais Donatien aurait pu remuer ciel et terre pour retrouver Axelle.. celle à cause de qui, tout a commencé !
Et si seulement elle était réellement morte.. cette nuitée au Chat Glouton lui revient en tête. Si elle était morte dans les flammes causées par le Roi fou en personne.


"NON !"

Axelle, ensuite Kelel, qui d'autre ensuite ? Ses mains ouvertes se portent face à son visage et.. ce petit doigt manquant à sa main gauche, petit détail assez récent tout de même.
Les yeux scrutent chacun de ses neuf doigts et ce sang séché qui les recouvre. La tête s'agite, il n'ose y croire, il ne peut pas y croire ! Cette voix au creux de son oreille aurait donc trouvé les faiblesses du Rey des thunes jusqu'à passer à l'action ? Sans aucun doute mais.. il lui faudra trouver une solution à ses tourments.. sinon, il lui faudra s'isoler et ne jamais plus revenir. Le Roi deviendrait alors un véritable exclu, vivant enfermé dans son propre piège, jusqu'à ce que la Folie le consume.

Les genoux tombent au sol et jamais son regard ne s'écarte de ses deux mains. Bientôt, le jour ne sera plus et laissera place à une nouvelle nuitée mais ce qui était certain, c'est que la prochaine aube serait rouge !

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Axelle
Tout était tranquille et, perchée sur sa branche, le sang gitan s'apaisant au fur et à mesure que les minutes s'égrainaient, portant dans leur battement régulier la certitude qu'il ne viendrait pas. À un moment donné, pourtant, elle s'était redressée comme un beau diable en entendant l'herbe de la clairière bruisser sous elle. Les yeux noirs avaient fouillé l'ombre naissante, le sang s'affolant entre ses tempes, jusqu'à découvrir un bestiau quelconque pourchasser un piaf tout aussi quelconque. Alors, le visage brun, presque sagement, s'était reposé au creux de ses bras. Une chouette aurait pu croire qu'elle se préparait à s'endormir si ses yeux n'étaient restés à ce point grands ouverts. Et depuis lors, hors de longs soupirs qui ne savaient s'ils était rassurés ou attristés qu'aucune silhouette - que Sa silhouette – ne se découpe à l'horizon, rien n'avait plus troublé le calme étrange de cette clairière qui semblait oubliée de tous. Comme si celle-ci gardait jalousement le secret de ce qui s'y était déroulé quelques-temps auparavant. Combien de temps ? Une éternité trop proche pour la manouche.

Pourtant, le pari restait aussi coriace et elle restait là, attendant dans le marécage de ses sentiments illogiques. Son attention était captivée par une procession de chenilles sur une branche à sa droite quand le rythme d'une cavalcade la tira de sa futile observation. Sur le coup, devant la cabriole du cavalier, elle ne comprit pas, se demandant qui diantre pouvait être plus maladroit encore qu'elle, perché sur un canasson. La prouesse l'aurait presque faite sourire si, alors que l'homme se redressait, elle ne l'avait aussitôt reconnu. Son souffle se rompit un instant, en proie à l'expectative que se jouait devant ses yeux une mascarade toute dédiée à détourner son attention pour mieux refermer sur elle les mâchoires d'un piège savamment préparé. Priant que la branche ne grince pas alors qu'elle se redressait, elle balaya les alentours d'un regard scrutateur, cherchant à dénicher la moindre trace d'autres présence. Rien cependant ne bruissait plus, comme si le cri fendant les lieux d'un « NON » puissant imposait sa loi sur toute chose et en premier lieu, sur elle.

Figée par la détresse qui semblait empoigner chaque pas de Donatien, elle restait sidérée de le voir tituber ainsi, observant ses mains comme si elles appartenaient à un autre que lui. Ce pouvait-il qu'une simple chute de cheval le mette dans un tel état ? Le cœur manouche se serra avec cruauté alors qu'il tombait à genou. Là. Juste sous ses yeux. Mais elle, restait immobile, tel un odieux voyeur hypnotisé devant un cerf tombant sous les lames des chasseurs.


Plusieurs fois, les lèvres brunes s'ouvrirent pour se refermer aussitôt. Devait-elle trahir sa présence, pour que l'irraison, les flambées de son pouls et les palpitations dans son ventre se poursuivent dans un futur fait d'incertitudes et de contradictions, ou jouer l'absente, et que tout finisse pour retrouver le cours, maîtrisé à défaut d'être tranquille, de son existence.

Mais elle n'eut pas même à décider que déjà sa voix retentissait. Presque irréelle tant elle semblait sortie de nulle part.


Qu'attends-tu de moi ? Donatien.
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Donatien_alphonse
Tout n'était plus qu'incompréhension pour un fou en proie à ses propres tourments, soudain pris au piège dans ses griffes acérées, la tête comme coincée en cet étau qui n'a de cesse de se resserrer faisant vriller le sang à ses tempes, le monstre se rejetait lui même et doutait à présent d'être en mesure de pouvoir un jour croiser son propre reflet. Sa respiration se veut être forte, comme s'il s'apprêtait à éclater en sanglots et pourtant, aucune larme ne saurait venir humidifier ses yeux, était-il seulement encore en mesure de se donner à des sentiments relatifs à une tristesse quelconque..
La légende est fondées, les histoires disent vrai, la Folie se trouve bien en la Cour des miracles, enfermée dans cette enveloppe au visage balafré de par ce sourire éternel, celui que l'on nomme le Roi fou existe donc et en ce jour, il vient de démontrer l'ampleur de ces tourments.. pourquoi ne pas finalement les mettre au service du peuple rejeté de cette vaste cité, servir les siens, tous ces marmots, ces estropiés, ces voleurs et ces catins.. par la force, il se devra de revenir auprès de son clan au sein duquel il sera jugé pour ses faits récents, comme il aurait jugé n'importe qui.

L'ambiance est lourde, comme jamais, lui qui se trouve être sur cette herbe ayant par le passé accueillit son propre sang mélangé à celui de.. la gitane, Axelle ! Et que croyait-il alors, cette dernière ne viendrait pas en ce lieu et la bridée aurait donc échoué dans sa tâche.
Serait-elle donc vraiment morte en cette auberge ? Devrait-il à jamais tourner le dos à cette clairière et tirer définitivement un trait sur ces souvenirs qui le rongent de l'intérieur ? Tant de questions pour un Roi qui présentement ne se sent plus chez lui nul part.. et si seulement il se devait de quitter la Cour à tout jamais ? Avant cela, il lui faudrait converser avec la Pâle, lorsque les jours auront passé et que Mérance dit la Maudite, aura soigné les blessures de cette dernière.
Un instant, la vision de cet œil crevé, comment avait-il pu ainsi oser porter ce dernier coup et la priver de la moitié de sa vue.. à tout jamais, Kelel portera les traces, à jamais, elle se souviendra de Lirya.. morte en taverne et de façon bien trop lâche..


"Que.."

Non, c'est impossible. Une voix, cette voix, unique et inimitable.

"Axelle.."

Dressé sur ses jambes, le regard se veut être circulaire mais aucune silhouette ne se tient dans les environs. Serait-ce un nouveau tour que son esprit lui jouerait alors.. les mains balayent l'air alors qui ne cesse de se retourner sur lui même. Un instant, son regard se pose sur la monture à quelques mètres de là.. non Donatien bordel, depuis quand les animaux savent causer ?! Peut-être que.. non, c'est insensé ! Et l'es-tu seulement toi ?! Non, bien sûr que non, t'as vraiment cru qu'un foutu canasson qui a encore d'la merde au cul est capable de te causer en imitant à la perfection la voix d'Axelle ? Pauvre fou !

"AXELLE !"

Elle est là, quelque part, il ne peut en être autrement.

"Axelle, montre-toi j'ai.. j'ai besoin d'toi !"

Axelle si tu es là, avance toi vers un Rey en perdition, avance toi vers cet homme que tu as marqué à vie, montre-toi face à celui qui te croyait morte et qui présentement, n'est pas tout à fait certain d'avoir clairement entendu le son de ta voix.
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Axelle
Ça avait été plus fort qu'elle, et elle s'en voulait d'avoir trahi sa présence si facilement. Ainsi, c'était donc cela. Il avait acquis assez de pouvoir sur elle pour qu'elle soit incapable de résister à son appel ? Oui, et la preuve éclatait encore quand son cœur se tordait dans tous les sens alors qu'il se redressait, criait son nom, dans une danse que jamais elle n'aurait voulu voir tant le rythme en semblait chaotique et affolé. À présent, dressée sans que plus rien ne puisse détourner son attention de cette silhouette qui, impensablement, s'imposait dans sa vie, la colère se disputait à l'envie de sauter de son perchoir et de fondre sur lui pour le serrer dans ses bras en lui promettant qu'elle était là. Qu'elle le serait toujours, même si elle devait pour cela se cacher, encore, comme avec tant d'autres, accepter le secret, baisser la tête devant le regard glacé d'Eddard qu'elle trahissait à l'instant même, involontairement pourtant, quand elle ne maîtrisait plus rien, dépouillée de volonté, dès lors que l'ombre du Roi se profilait à son horizon.

Que faisait-elle donc là, perchée sur une branche, comme une gamine qui aurait fait une bêtise ? Incapable de prendre une décision, par peur. Mais peur de quoi ? La brûlure se réveilla à sa cuisse, la forçant à sortir de sa torpeur ridicule, et lentement, avec attention, délaissa le refuge du feuillage pour regagner l'herbe. Point de jupon rouge piquant le regard en cette soirée-là mais l'ombre noire d'une robe précieuse et un serpent d'or s'enroulant le long de son bras menu. L'herbe était fraîche, et la tête basse, les boucles dégoulinant devant son regard, elle resta immobile un instant.

Moi aussi, Donatien, j'avais besoin de toi. La voix était trop calme, trop fluette pour ne pas annoncer la bourrasque. La tête brune se redressa lentement, les yeux noirs fouillant le visage sans ne rien voir d'autre que ces yeux face à elle où elle s'arrimait toute entière. Entre les plis de la robe, les poings gitans se serrèrent plantant leurs ongles dans les paumes. Où étais-tu quand les flammes léchaient mes jambes ? Dans sa tête, la terreur qu'elle avait ressentie refluait jusqu'à lui couper le souffle. Est-ce qu'un seul instant, tu t'es retourné pour t'assurer que je pouvais sortir du brasier ? Est-ce que tu as attendu de savoir si j'étais sauve pour t'enfoncer dans ta Cour des Miracles ? Elle s'avança d'un pas, refusant de voir le sang sur le visage qu'elle contemplait et sur les frusques froissées. Oui, j'avais besoin de toi, moi aussi. Mais tu es parti, sans te soucier de ce qu'il pouvait advenir de moi. As tu bien dormi cette nuit là Donatien ? Moi non. Un pas de plus et la peau des paumes manouches braillait que le supplice cesse. Tu es parti. Comme tu l'avais fait, ici même, sans te soucier de comment je pourrai m'en tirer. Deux fois déjà, Donatien, que tu m'abandonnes. Alors, dis-moi, ce soir, tu vas m'embrasser ou laisser la mort tenter de le faire ?

Ces pas froissaient l'herbe. Il était là, devant elle, ses crimes peint en rouge sur sa trogne, mais la gitane, égoïste, ne voyait que sa propre colère. Tu as besoin de moi Donatien ? Tu as besoin de moi, alors tu me fais traquer ? Rechercher ? Pourquoi Donatien ?

POURQUOI ?

Le poing s'ouvrit enfin, soulageant la paume qui dans un éclair vif et brûlant gifla la face royale à toute volée. Un seul autre avait réussi à la faire sortir de ses gonds suffisamment pour qu'elle gifle. Et si le geste n'avait rien de plaisant, il ne faisait que prouver une fièvre face à laquelle la Casas se trouvait démunie.


Essoufflée, et la paume en feu, elle baissa la tête, comme vidée de l'ire qui avait animée son avancée.


Pourquoi ? Quand pourtant, je suis là, pour toi... Qu'attends-tu de moi Donatien ?
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Donatien_alphonse
Nouvelle lueur qui vient éclairer son regard...

Elle est là, lentement, elle s'avance.. magnifique comme elle l'a toujours été depuis la première fois où son regard s'est posé sur la gitane. Un instant, son cœur aurait pu s'arrêter de battre mais, ce fut tout le contraire en réalité car depuis bien trop longtemps, il ne s'était pas remit à battre ainsi.
Et ce nouveau souffle qui s'échappe d'entre ses lèvres, comme, libérateur et annonciateur de cette révélation à laquelle il n'osait plus croire. Axelle est en vie, ce n'est pas une ombre, encore moins un autre tourment, non, car il le sait, elle seule est en mesure de chasser ce qui fait de lui, cet être immonde, ce monstre sans âme, ce meurtrier démunit de toute raison. La folie aurait-elle donc un remède face auquel elle serait contrainte de déposer les armes, fléchir et s'avouer enfin vaincue..

Elle parle, cette voix dévastatrice qui lui manquait tant, il pourrait fermer les yeux et se laisser happer par ce son qui n'a de cesse de repasser en boucle en sa tête, toutes ces images du passé aux côtés de la gitane.. ces souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais, tous à jamais resteront gravés, que ça soit en sa poitrine, mais aussi bien dans sa chair.
Et la hache s'abat enfin et vient le percuter de plein fouet, pourtant, elle dit vrai. Le fou avait bien délaissé celle en qui il tient tant, dans cette taverne en proie aux flammes et ce, pour rejoindre les siens.. mais comment en aurait-il pu être autrement ? Les Azzurro jamais ne comprendront ce qui se passe en la tête du Rey, jamais ces derniers ne sauraient accepter et pour ce qui est de pardonner alors..

A aucun instant, le balafré n'ose lui couper la parole, son premier jugement est arrivé, il tombe comme une volée de flèches face à laquelle il ne peut se défendre et même s'il en avait les arguments pour, jamais il ne pourrait la contredire.. car enfin, il comprend.. serait-ce l'une des premières fois que l'on s'emporte ainsi face à lui et, à cause de lui ? Mais que devait-il comprendre alors exactement.. les réponses à cette nouvelle interrogation viendront avec le temps, l'heure n'est pas à l'enquête et encore moins aux réjouissances même si l'envie de serrer la gitane dans ses bras lui brûle présentement les entrailles.

Oui, il l'avait faite traquer car le fou était retourné sur les lieux de cette auberge qui n'est plus que cendres, oui il s'en était retourné au Châtelet mais jamais, non jamais son regard n'a croisé de nouveau celui d'Axelle ! Et ses tourments, ne sont-ils pas apparus peu de temps après cette soirée en la Cour des miracles ? Lorsque tout portait à croire qu'elle était morte ? Elle est la cause de tout ceci, de tout ce qui est arrivé depuis tout ce temps.. et pourtant, il se tait et lorsque la main gitane rencontre la joue, le souvenir d'une lame lui vient en tête.. il subit, sans un mot, sans aucun supplice, devait-il seulement lui demander pardon..

L'intonation adoptée alors se veut être beaucoup moins agressive, il est temps pour lui, de parler.. donner ses explications, ses intentions.. et pourtant, aucun son ne saurait sortir de sa bouche. Est-il alors tétanisé ? Son regard observe pourtant ce visage qui lentement, se rabaisse.. et elle, comprendrait-elle seulement ce qui depuis un certain temps, n'a de cesse d'animer la folie d'un Rey pourtant déjà bien tourmenté ?
Un pas est franchit en avant alors qu'une main est portée en direction du visage d'Axelle.. main gauche au petit doigt fraîchement manquant mais dont l'index vint rencontrer le fin menton. Si elle doit comprendre, alors, c'est au travers des yeux du fou plus qu'au travers de ses mots que cela devra se faire.


"Axelle je.. tu dois m'enfermer.. par la force ! Ne me laisses pas le choix de pouvoir repartir d'où je viens.."

Quoi quoi quoi ? Il fallait tout de même avoir un certain niveau d'audace avouons-le.

"Je promets de tout expliquer, de tout te dire et de tout te révéler Axelle mais il faut m'enfermer !"

Enfin, il déglutit.. à cet instant, nul endroit en cette vaste citée ne saurait être sien et si elle venait à refuser.. qui sait ce qu'il adviendrait du Rey des thunes autoproclamé de la Cour des miracles..
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Axelle
L'index du roi n'aurait pas été posé sous son menton que, sans le moindre doute possible, la mâchoire gitane se serait décrochée de stupeur tant la requête était surréaliste. L'enfermer ? Par la force ? Les mirettes noires, s'agrandirent et la bouche brune s'arrondit sans qu'aucun son mot ne puisse s'en échapper tant la cervelle était en ébullition.

Tu te fous d'moi Donatien ? Te faut-il une seconde tarte pour te remettre les idées en place ou une seule a-t-elle réussi à te dévisser le cerveau ?


Pourtant, dans le regard du roi, elle ne lisait que sincérité, intensément enlacée à une gravité et une urgence qui laissa courir un frisson d'effroi le long de son dos.

Bordel, Donatien, qu'as-tu fait ? Si t'es dans la mouise, si tu dois fuir je ne sais qui ou quoi, je peux te cacher, nul besoin de t'enfermer foutredieu !

Les interrogations s’entremêlaient rageusement en une ronde démentielle

À qui est ce sang qui te couvre ? N'as-tu pas compris encore, bougre d'imbécile, que je ne suis plus capable d'user de force avec toi ? Tu crois que si je pouvais plus qu'une baffe, je ne l'aurai pas fait ? Tu crois quoi ? Que j'ai mes hommes tapis là, dans l'ombre, pour te sauter dessus ? Comment veux-tu que je fasse ça ? Et pourquoi, bordel de me*de ? Pourquoi ? Tu vas m'expliquer ça plus tard? Ouais, ça me fait une belle jambe mais comment je fais, moi, maintenant ? Hein, tu peux me le dire ? Tu sais quoi Donatien ? Vas te faire voir !

Oui, ça aurait pu marcher. L'envoyer sur les roses, elle aurait pu le faire. Mais elle en restait incapable quand ce qu'elle lisait à même les prunelle de Donatien lui retournait cruellement l'âme. Que faire alors ? Se serrer contre lui, l'embrasser et lui assurer que tout irait bien jusqu'à ce qu'elle-même en perde le souffle ? Non. C'était juste ce dont elle-même avait besoin pour se rassurer.

Le temps, malléable, semblait vouloir s'offrir l'éternité, alors que du temps, elle n'en avait probablement pas. Elle devait se concentrer sur la demande et rien d'autre, chercher la logique à tout cela, et surtout, trouver une solution. Mais de logique, il n'y avait aucune. N'était-ce pas car elle l'avait enfermé une fois déjà dans le geôles du Châtelet que tout avait commencé ? Sous ses yeux défilaient la partie de dés sans règle, les poings rageurs du Roi s'écrasant sur son visage, son genou broyant sa virilité et enfin, sa lame, découpant avec une application morbide la peau de ses joues pour y tracer l'immuable sourire. Voulait-il que tout recommence ? Ça n'avait aucun sens. Ou du moins celui-ci restait implacablement hermétique à l’entendement gitan. Ce qui prenait sens pourtant, dans le coin opposé de sa cervelle, était la chute de cheval. Les cris. Ces mains qui avaient balayé l'air. Cette ronde affolée qu'il venait de lui servir. Le temps pressait. L'urgence était là pour apaiser la détresse qu'elle observait impuissante. Pour le soulager et, de fait, se soulager elle-même. Comme si un fil d'Ariane, à cet instant, les nouait l'un à l'autre. D'armes, elle n'avait que celles qu'il lui proposait. Ses propres mots, alors, frappèrent son crane. « Moi aussi, Donatien, j'avais besoin de toi... Mais tu es parti... Deux fois déjà, Donatien, que tu m'abandonnes. »


Les pensées gitanes s'échauffaient en sentant le renflement confus d'une idée. Une idée absurde. Ridicule. Dangereuse. Mais la seule qu'elle ait. Une idée sur laquelle jamais elle n'aurait osé poser son attention, si devant elle, s'était dressé un autre que lui. Pourquoi laissait-elle cette idée à peine germée grandir et prendre forme plutôt que de se barrer en envoyant Donatien au diable ? Au fond d'elle, elle savait pourquoi, mais n'était pas encore prête à ouvrir les yeux à ce sujet. Du moins, pas sans quelques précautions, et finalement, cette idée jugée absurde pouvait peut-être l'éclairer. Calcul des plus mesquins sans le moindre doute, mais qui eu cependant le mérite d'enfin la décider.

D'un pas, elle recula, les yeux toujours accrochés à ceux de Donatien. Il n'était pas besoin de surjouer. La scène qu'elle s’apprêtait à offrir suffisait déjà à défaire son visage et éclairer son regard d'une lueur inquiétante.


Tu ne comprends pas Donatien.
Craignant de ne pas être crédible dans ce rôle trop loin de sa nature réfractaire à toute possessivité amicale ou amoureuse, sa voix tremblait, donnant involontairement plus de réalisme encore à la mascarade. Ce que tu me demandes, c'est ce que je suis venue chercher ce soir. Je suis venue pour que jamais plus tu ne partes. Que jamais plus tu ne m'abandonnes. La main fine glissa à sa ceinture et se referma sur le manche d'ébène de son couteau. La lame brilla sinistrement, s'immobilisa quelques instants, et soudain, la pointe tranchante et acérée vint embrasser le dessous de son propre menton dressé.

Si un jour, un seul, j'ai eu de l'importance pour toi Donatien, alors suis-moi. S'il te plaît. Ou cette fois ci, de ma main même, tu ne me louperas pas.


Les dés étaient jetés et la respiration de la manouche enflait comme une vilaine gangrène en attendant de découvrir leur résultat.
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Donatien_alphonse
Comme l'envie présente d'hurler tout ce qu'il avait sur le cœur mais le Roi fou n'en fera rien pour le moment car Axelle ne peut comprendre, elle n'est pas prête et lui.. lui alors ne pourra parler que lorsqu'il se trouvera être enfermé à double tour derrière de solides barreaux, certain alors de ne plus être un danger potentiel pour qui que ce soit.
Mais il y pense, alors que le gitane elle, se recule d'un pas.. serait-il de nouveau capable de porter le moindre coup à l'égard de cette dernière, serait-il seulement en mesure de faire couler son sang comme cela aura déjà été le cas par le passé, en ce même espace où tous deux se retrouvent à présent.. Non ! Il en est certain et pourrait mettre ses neuf autres doigts à couper s'il le fallait, jamais, oh jamais non il ne pourrait porter atteinte à la délicieuse face à lui.. mais n'est-ce pas ce qu'il est présentement en train d'accomplir ? Nul supplice de chair mais une douleur morale bien plus grande encore mais il ne peut en être autrement.

Elle s'exprime, prend la parole, tout est sincère, il le ressent et pourtant, il ne comprend pas dans un premier temps. Voudrait-il donc voir le Rey des thunes enfermé en geôles et ce, pour l'éternité et jusqu'à ce que la mort le prenne ? N'entend-elle donc rien de tout ce qui se raconte concernant le balafré ? Bien entendu qu'elle n'en entend pas un traître mot car Axelle est bien au dessus de tout ce qui se dit.
Pour certains, le Roi fou n'est qu'un mythe, une légende, pour d'autres un cauchemars quand pour les plus malchanceux, il n'est qu'une cicatrice éternelle sur la peau, un membre en moins ou une virginité volée par la force.. et pour la gitane face à lui, qu'est-il exactement ? Tous deux se tiennent bien droits, l'un face à l'autre et alors que tout semble les séparer, un rien à la fois n'a de cesse de les rapprocher, encore et encore. C'est indéniable, tant que l'un d'eux vivra, cette page jamais ne pourra se tourner et le Rey en prend alors conscience sur ce haussement de sourcil.. jusqu'à ce qu'une vive lueur vint lui faire détourner le regard un court instant..

Et lorsque ses deux yeux se posent à nouveau sur celle qui à jamais n'aura de cesse de le prendre, de l'emprisonner et l'empoisonner à la fois, il ne put s'empêcher de laisser s'afficher, une expression parfaite de surprise et d'incompréhension mêlée à la fois.
La gitane vient de trouver, elle a trouvé cette force évoquée par le balafré un peu plus tôt.. Axelle sait et même si il se pourrait qu'elle joue avec le feu, sur le point sans aucun doute de couper cette fine corde raide, elle semble néanmoins tout disposée à croire ce que son esprit lui dicte alors et.. quel esprit !
Donatien lui, se veut être songeur et pourtant, jamais son regard ne quitte celui de la gitane qu'il n'a de cesse d'observer. Et cette lame, elle n'est pas en sa place, si proche d’ôter cette vie qui se doit pourtant de perdurer, il en est de l'avis d'un Roi fou qu'elle ne peut ignorer.

La raison, elle finit toujours par l'emporter et le balafré se retourne sur lui même, lentement, il prend la direction de la monture face à laquelle il s'arrête un court instant durant..

*CLACK !*

Le plat de la main vient rencontrer la bête qui dans ce nouvel affolement soudain, ne tarde déjà plus à quitter les lieux, reprenant la direction de Paris, et des bas quartiers, à vive allure. Léger sourire qui s'étire au coin de ses lèvres et de nouveau, il se retourne, s'avançant à grandes enjambées en direction d'Axelle.
Sans gêne aucune la main empoigne celle de la gitane pour ne plus la relâcher, écartant ainsi la lame et, tout danger qu'il ne saurait prévenir. Un visage recouvert d'une fine douche de sang séché qui ne lui appartient pas, face à ces traits fins et parfaits à la fois d'une délicieuse. Tout porterait à croire que l'instant est propice à une scène tirée d'une romance et pourtant, le fou lui n'oublie pas ce qui s'est passé en la cave du clan Cielo Azzurro et, il lui tarde de se confier enfin à la gitane.


"J'irai où tu iras.. Axelle."

Ces quelques mots suffiront, si tel est son désir et suite à la demande citée, elle comprendra alors, que jamais le Donatien ne se sera écarté de ce sentier qui n'avait de cesse de le conduire jusqu'à elle.
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Axelle
Il y a si longtemps de cela, quand Alphonse n'avait plus de goût à rien, se sentait vide et mort, elle l'avait nargué, grimpant au plus haut des tours de Notre Dame pour y jouer les funambules. Le tour avait fonctionné. Il avait eu peur. Son sang avait crié dans ses veines. Et si elle n'avait jamais été à même de lui insuffler cette vie qui lui échappait, griffé par un autre qu'il était, le Chat avait cependant compris que malgré tout, il n'était pas prêt à tout perdre. Avant qu'elle ne cherche à tout chasser de sa mémoire, la gitane s'était demandé si elle aurait pu rejouer son petit tour avec la même réussite alors qu'il sombrait à nouveau. Mais l'occasion, jamais, ne s'était présentée et elle devait bien avouer qu'elle ne l'avait pas cherchée, quand Alphonse, lui, la fuyait.

Mais ce n'était pas l'histoire le plus important. De cet épisode accroché au vide de la cathédrale, elle avait appris que face à certaines béances d'un mal qui semblait insoluble, il fallait se montrer plus alarmant encore. Tirer toute l'attention à soi, dans un acte dément et irraisonné pour que le véritable désarçonné oublie, l'espace d'un instant, ses déchirures. Oui, la gitane avait compris que si un être au bord du gouffre avait besoin d'une main tendue, il fallait retourner la situation. La solution la plus efficace restait de l'amener à tendre sa propre main pour sauver et protéger. Cependant cette façon de faire était plus que sujette à l'échec quand, finalement, elle ne reposait que sur l'attachement présumé de cet autre. Attachement réel pourtant immensurable et invérifiable avant de tenter le coup de bluff.

Coup de bluff, coup de dés, alors que le Roi s'éloignait, son cœur battit une chamade terrifiante tant la certitude d'avoir échoué semblait s'imposer à cet instant. Maintenant comme elle le pouvait le couteau sous sa gorge, elle haussa un sourcil contrarié alors que la monture filait sous le coup de paluche. La gitane avait, envers ce genre de bestiaux aux dents trop longues, une sainte horreur dont pourtant elle avait appris à s’accommoder. Et sans le moindre doute, elle aurait préféré user le dos du canasson pour rentrer à la capitale que la semelle de ses bottes. Mais le second sourcil rejoignit le premier dans l'instant, alors que la paresseuse récréation prenait déjà fin. Qu'est-ce que Donatien pouvait-il avoir en tête ? Avait-elle échoué ou bien ?

La réponse ne tarda pas à tomber d'une poigne intransigeante balayant la menace de sa gorge et d'une poignée de mots. Elle avait joué avec le feu et elle gagnait. L'envie de sourire lui chatouilla le coin de la bouche, pourtant elle se retint sans mal. S'il acceptait de la suivre sans qu'elle n'ait à se battre pour parvenir à des fins que pourtant lui seul réclamait, la situation et son incompréhension restaient aussi tendues que la corde d'un arc. Aussi, d'un geste brusque, elle dégagea sa main, sans pourtant ranger la lame et, sans un mot de plus, juste un signe de tête marquant le départ, se retourna pour prendre la direction des Yeux d'Hadès.

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La.crevasse
    | Cour des miracles |

    Retrouver le Roi fou, Rey des thunes de la Cour des miracles, celui qui arbore un sourire éternel, celui dont la folie est à la fois sans fin et sans faille à la fois, l'un des piliers du clan Cielo Azzurro, actuel leader, meneur et détenteur de la Cour si bien que La Crevasse elle même s'en est totalement remit à cette Reyne borgne et déjà, une première mission lui est confiée.
    Savoir où est le Roi disparut et remettre cette précieuse information entre les mains de celle qui se fait aussi nommer la Pâle. Le bègue se sera donc décidé à rejoindre les catacombes ou plutôt, son entrée, là où les siens attendent à l'abri du vent et de la pluie. Ils ne sont pas beaucoup des comme lui, une petite poignée à peine et pourtant croyez-le ou non, c'est amplement suffisant. Mais peut-être seraient-ils plus nombreux encore s'ils ne passaient pas tout leur temps à s’entre-tuer. En témoigne cette poignée de chaire, de sang et de cervelle qu'il tient fermement en sa main alors qu'il rejointe son repère improvisé, s'exclamant et se vantant déjà de sa présente mission confiée.


    « Rey-Reyne A...a...Azzurro a p-parlé ! »

    Les autres tapis dans l'ombre ne parlent pas, tous sont différents et pourtant, tous font preuve de la même patience face au bègue qui semble le plus jeune de toute la bande. Ils ne sont pas de ces mioches qui courent les ruelles, ils ne sont pas de ceux à qui l'on déverse quelques derniers au creux d'une main afin d'espérer avoir quelques renseignements en retour. Non, ils sont l'immondice en personne, peu réputé car c'est bien trop rarement qu'ils se montrent au grand jour, chacun attend que la mort ne vienne le prendre. Ou qu'un nouveau but ne les force à aller de l'avant. Et d'un nouveau but, ce dernier n'était pas moindre car il s'en était totalement remit et ce, genou au sol, au clan Cielo Azzurro et plus particulièrement, en la Reyne.


    « I..I...Il... Retrou-trouver l'Roi f-fou ! »

    La carcasse tremble sur elle même alors que la main nerveuse vient trifouiller les deux quistes logés au creux de son cou, ces deux boules parfaites sur lesquelles sont dessinées des yeux et une bouche. Ainsi donc, c'est sans cesse accompagné de ses deux amis que le bègue a tout le loisir de pouvoir converser jour et nuit.
    Mais déjà, l'un d'eux s'exprime, sans doute le plus mauvais de toute la petite bande, le plus vieux aussi à ce que l'on dit. Cruel et sans pitié et pourtant, toujours prêt à rendre service et ce, bien à sa façon.


    « Idiot, ignorant. Es-tu donc sourd, ou aveugle ?! N'entends-tu pas les rumeurs qui sifflent de par les ruelles qui nous entourent ? Il y a d'ça plusieurs lunes, l'Roi fou a pointé l'bout d'son blaire, recouvert de sang il était. C'est sur un 'tain d'canasson qu'il s'est tiré pour une clairière aux abords d'la citée. Seul le ch'val est r'venu, tach'té d'sang. »

    Un visage sort de l'ombre, visage semblable au sein, aucun cheveux, des traces, des marques et un maquillage fait de cendre. Et ce sourire, digne d'une parfaite atrocité mais le bègue écoute, il reste sage et attentif.

    « Certains disent que l'on entend encore la Reyne Azur brailler, son cri est devenu immortel sous la main du Roi fou. Certaines rumeurs disent même, qu'il aurait gobé l’œil de la Pâle après le lui avoir arraché ! »

    Les histoires étaient diverses et variées, pourtant, la Pâle était bien nouvellement borgne, le visage lacéré et le Roi fou lui, avait disparu des miracles.

    « Si j'étais toi, je commenc'rai par cette clairière, celle au chêne abandonné. Et souviens-toi d'tes frères si récompense il y a et qu'on t'file quelque chose à s'fourrer sous la dent. »

    Mais le bègue repartit, sans rien demander de plus. Une monture ensanglanté, une clairière qu'il ne connaît que de réputation et pourtant, il saurait s'y rendre et ce, sans la moindre hésitation.


    | Une clairière aux bords de Paris |

    La piste ne fut pourtant pas évidente à suivre mais la clairière fut finalement atteinte. Corps emmitouflé dans une couverture sombre, sale et parsemée de trous et de brûlures, son regard de glace finit par se poser sur les premières pousses de cette clairière, alors que les pavés ne sont plus. Une clairière ou personne ne vient et pourtant, l'herbe elle semble comme retournée par endroit.
    Des sabots, ça n'en fait aucun doute et pourtant lui, n'est qu'un bien piètre pisteur, loin d'être un chasseur renommé, c'est qu'il se demandait encore ce dont quoi il était vraiment capable.

    Ainsi donc, la carcasse vivante passa bien des heures en cette clairière, à essayer de comprendre, recoller les morceaux, bien qu'il n'en restait plus grand chose.
    Seulement par endroit, quelques espaces où l'herbe peine à se redresser, de la terre de nouveau soulevée et de l'herbe arrachée, résultat évident de sabots et pourtant, il n'y avait là, qu'une seule et unique monture. De très fines traces de pas mais surtout, ces deux bottes et cette herbe de nouveau, mais légèrement tâchée... Rouge fortement prononcé, du sang séché, ça n'en faisait aucun doute pour notre Crevasse.
    Lui n'hésitait plus à plonger la terre et l'herbe en sa bouche, comme pour goûter, recroquevillé sur lui même, le regard attentif à ce qui pourrait débouler autour de lui.


    « Hm hmmm... N-nous re-retrouv'rons... p-pour l-LA Reyne ! »

    Puis, se repartir en quête de la moindre information et, de tout ce qui pourrait lui attirer les faveurs de la Pâle. Jusqu'à finalement, quitter la clairière lorsque sa curiosité l'aura poussé à suivre des traces de pas sur un nouveau pavé bien trop clair pour appartenir à l'un des bas quartiers parisien.

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