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[RP] Prémices d'un voyage

Anseis
[Un dimanche soir au domaine de Gondole]



Le jeune homme arriva, légèrement essoufflé, à l'entrée du château . Il avait tout juste pris le temps de retourner dans la pension où il avait gardé logement pour récupérer sa besace et courir rejoindre le serviteur qui lui avait mené missive de dame Beths. Une chevauchée rapide les avait fait quitter la ville de Thiers pour rejoindre les terres de Gondole.

A la lueur déclinante du jour, le secrétaire n'avait pu réellement apprécié les détails architecturaux de la bâtisse. Chose dont il se contentait parfaitement, peu expert en la matière et préférant, de loin, assister au spectacle du coucher de soleil qui plaçait le château en contre-jour.

A peine avait-il eu le temps de descendre de cheval qu'un homme de bonne carrure, à la chevelure et barbe argentée s'approcha de lui.


La maitresse vous a appelé voilà près d'une heure ! Qu'est ce qui vous a pris tout ce temps ???

Il jeta un oeil mauvais en direction d'Anseis avant d'ajouter, serrant les dents

Mon nom, c'est Eudes. Et que j'te prenne pas à faire le mariole ou ennuyer la petite maitresse...sinon tu verras de quel bois je me chauffe

Le secrétaire répondit par un haussement d'épaules puis suivit l'homme sans plus attendre alors que ce dernier se dirigeait d'un pas rapide à l'intérieur de la demeure. Anseis évita de justesse la grande porte d'entrée que son guide avait claqué pour enfin arriver devant une porte. L'intendant frappa trois coups avant de l'ouvrir et d'annoncer.

Madaamme, votre secrétaire.

Anseis remercia l'homme d'un sourire, auquel ce dernier répondit par un petit souffle méprisant, avant d'entrer et refermer la porte.
Il eut un mouvement de surprise en entrant dans la pièce: le salon, décoré avec soin tranchait avec le caractère habituellement sobre et pratique de la dame de Gondole, révélant par là un nouvel aspect de la jeune femme. Anseis secoua la tête pour se reprendre, puis salua la dame en question, assise sur une des chaises du salon. Dire que la maréchale semblait éreintée aurait eu l'effet d'un pléonasme rien qu'en la voyant. La bouche d'Anseis se plissa légèrement d'inquiétude avant qu'il ne prenne finalement la parole


Dame Beths, je suis à votre service
_________________
...
Beths
[Un dimanche soir, au domaine de Gondole]


Une énième ronde, une ixième surveillance, vigilance quant à la sécurité de Thiers, l’avait étrangement laissée épuisée. User ses semelles de ses bottes contre les pavés thiernois, cette ville qu’elle aimant tant, sa ville, celle qui l’avait vu grandir, non point en taille car ce ne fut qu’adulte qu’elle y aménagea, du moins jeune femme, très jeune femme, sortie brutalement de l’enfance, elle y fut accueillie par d’anciens … Bruja, Shanna, Tang … lointains souvenirs que les siens. Et pourquoi donc l’ombre des morts revenaient la hanter ?
Très certainement car quelques jours auparavant, alors qu’elle veillait une nouvelle fois, arpentant d’anciennes ruelles elle était tombée nez à nez avec un fantôme, ou tout du moins l’image d’un fantôme, sa vassale, la fille d’une amie très chère, la fille d’un ami aujourd’hui disparu. Mais qui pouvait ressembler plus à Any que sa propre fille.
L’émotion avait été grande, et Beths s’était retrouvée ravie, vieillie, avec une nouvelle vassale, et une jeune femme dont elle prendrait soin l’appréciant déjà énormément.

Mais la fatigue était venue, revenue, la terrassant. Achevant difficilement la nuit, remerciant silencieusement Aristote de n’avoir point mis sur sa route de vils individus tentant de mener révolte contre leur mairie, montant Canasson, elle se dirigea droit chez elle, dans son domaine, Gondole, à quelques lieux seulement de Thiers.
Elle savait qu’elle y trouverait protection car son Marty y était, ainsi que plusieurs membres de leur personnel.
Alors que son cheval se dirigeait doucement vers Gondole, Beths serra brusquement les rennes, ayant oublié un détail … le rapport de garde, elle devait l’apporter à Clermont. De lassitude ses épaules se baissèrent légèrement, mais elle dirigea néanmoins sa monture vers Clermont. Poussant un doux soupir, Beths se morigéna. Allons, mais que lui arrivait-il bon sang ? Vieillissait-elle à ce point qu’elle ne tenait plus quinze jours consécutifs de garde ? Ou bien ne pouvait-elle s’avouer que le changement prochain de prévôt l’inquiétait au plus haut point ? En fait ce point particulier lui retournait légèrement l’estomac dès qu’elle y pensait. Alethea avait été un excellent prévôt et elle lui manquerait sincèrement. Elle avait appris à la connaître et s’en était réjouit, mais … qui serait le prochain, la prochaine ? Et cette interrogation lui laissait le cœur battant chamade, ratant parfois une mesure.

Elle était en vue du château de Clermont, et du cœur de la prévôté. Passant rapidement les portes, saluant les gardes, laissant son cheval à l’écurie, elle passa rapidement les portes lourdement gardées. Alors qu’elle rédigeait son rapport de la nuit précédent, certains chuchotis lui firent froid dans le dos, des noms, un nom était évoqué. Non, non, cela ne pouvait être … non.
Achevant précipitamment le rapport, le déposant dans la salle des gardes, quittant la prévôté presque courant, elle remonta sur Canasson. Il lui fallait faire vite, elle avait missive à rédiger, elle devait savoir, il le fallait, cela ne se pouvait, non …

Les idées peu cohérentes, inquiète avant tout pour cette unité qu’elle adorait, cette unité qui avait fait d’elle ce qu’elle était, unité pour laquelle elle avait donné sa raison, son âme, à défaut de son cœur qui dorénavant appartenait à Marty.

Arrivant à Gondole, essoufflée d’avoir cravaché son pauvre cheval qui décidemment n’était pas un cheval de course, mais plus un animal de charrue, mais dont elle ne voulait se séparer car attaché à lui … trouvant un poil de courage dans un souffle …


Eeeeuuuuuuuudes !

Et voila qu’un simple cri la laissa épuisée, décidément, il devait se passer quelque chose. Peut être avait-elle sauté un repas et avait oublié ? Oui cela devait être cela.
Alors qu’elle se dirigeait vers la fraicheur des batiments, Eudes, son Intendant, arriva tout courant, les cheveux ébouriffés comme à son habitude.


Oui Ma Dame la Duchesse ?

Si elle-même se sentait peu à l’aise avec la couronne que Marty lui avait offert par mariage, son personnel lui s’y était parfaitement habitué, et son Intendant pédant en semblait tout simplement ravi

Faites moi quérir Anseis, et je serais dans le salon, et pas de discussion, c’est urgent

Elle avait bien perçu l’assombrissement dans les yeux de l’homme. Il fallait bien avouer que depuis qu’elle s’était choisi un secrétaire, Eudes était sombre et faisait triste mine, se sentant débouté dans ses fonctions. Boaf, cela lui passerait. Il était Intendant de Gondole, et non son secrétaire qui écrivait missive, il lui était indispensable à Gondole, mais point dans la rédaction de ses parchemins ce qu'il n'arriverait nullement à faire avec tact et parcimonie, avec élégance, fermeté et légèreté. Non Anseis assumerait merveilleusement ce travail que ce fanfaron d'Eudes ne pourrait jamais atteindre.

La jeune femme s’installa donc en attendant dans le salon. Son choix se fit sur un fauteuil confortable. Elle ferma un instant les yeux d’épuisement alors que son esprit se remettait à fourmiller. Non, pas lui, non, non cela devait être une erreur, il était impossible, totalement impossible qu’il fut nommé prévôt cela ne se pouvait.
Son regard tomba sur le guéridon qui était en face d’elle. Le meuble était absolument superbe. Cette pièce n’était que calme et tranquillité et avait été meublé pour parti avec des présents que Marty et elle avaient reçus le jour de leurs noces. Elle avait été tellement touchée par les délicates attentions qu’elle avait décidé de réunir tous les objets et meubles qui pourraient harmonieusement représenter la pièce. Le résultat dépassait ses espérances.

C’est le regard un peu vide, qu’Anseis la trouva et vint la rejoindre. La voix douce du jeune homme la fit trembler, et c’est un regard perdu et triste qu’elle lui lança avant de se reprendre et de lui sourire.


Bonjour Anseis, j’aurais besoin des services de mon secrétaire en fait

La Dame de Gondole tentait de se montrer amusante, mais l’effet était sans doute raté.

Il me faut écrire une lettre au Duc de Lapalisse, et je dois avouer que je me sens un peu faible …

Beths grimaça se rendant compte qu’elle venait d’avouer un fait qu’elle refusait d’accepter, elle trouva rapidement la parade

Et puis il faut bien que je fasse travailler mon nouveau secrétaire.

La jeune femme se leva alors commençant à sillonnant le salon de droite à gauche et inversement cherchant les mots. Son angoisse était réelle, mais elle ne savait comment l’exprimer. Elle opta pour la franchise

Anseis, je ne sais pas dicter, donc faites au mieux avec ce que je vais … vous dire. Commencez par A vous Votre Grace, De moi Beths … Coup d’œil au jeune homme

Non c’est beaucoup trop formel ca … Eh bien salutations.
Je me ronge les sangs de …..


Et petit à petit la jeune femme expliquait ses inquiétudes, ses doutes, et Anseis notait. Certains mots étaient répétés, certains mots vibraient dans la bouche de Beths, ses yeux s’éclairant alors qu’elle parlait ce cette unité, de cette famille qu’elle adorait … une requête, voila ce qu’elle avait … une requête pour la prévôté.

je vous en conjure, ne mettez pas cet homme à la tête de la prévôté …

On n’entendait plus que le grattements de la plume contre le parchemin et les mots de Beths
qu’il ait main mise sur … je tremble rien qu’à l’idée …

Les phrases pleuvaient, et dans les propos de la jeune femme transparaissaient ses craintes et son appréhension.
Que pouvait-elle faire d’autre en dehors d’écrire à celui qui serait Duc régnant de leur Duché et pour lequel elle avait grande estime ? Peut être serait elle écoutée ? Peut être que son mérite reconnu à la prévôté ferait qu’elle serait entendue ?

Anseis finit d’achever la lettre. Il ne restait qu’à la sceller … et la faire porter

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Curtius
Clermont :


Voilà près d'une année que Curtius avait rejoint sa terre natale, le Bourbonnais Auvergne. Loin de ses souvenirs d'enfance et loin du tumulte qui l'avait fait fuir vers la savoie, le jeune homme retrouvait un duché en paix, arborant de fiers couleurs et peuplé d'habitants généreux et courtois, généreux si tant est qu'on n'allait point trop dans le fin fond de l'auvergne, là bas leur réputation de "vieille pince" n'était plus à faire. Il avait eu l'occasion de parcourir nombre de villages, certains plus rapidement que d'autre, tirant derrière lui ce qui pour lui était toute sa vie.

Une charriote remplie de bois précieux, quelques sculptures et son matériel pour couper le bois et le tailler. Quelques vêtements, hors mis une fichue paire de braies qu'il ne parvenait plus à retrouver, et un peu de nourriture mais sans excès, le Curtius n'était pas un gros mangeur. Sa charriote grinçait un peu, pour attirer les regards et qu'il soit connu l'arrivée de ce marchand un peu spécial. En arpentant les divers marchés l'homme s'était pris à rêver d'acquérir un animal pour tirer tout ce matériel, car s'il n'était pas difficile de descendre les chemins escarpés, il lui était bien plus dur de les monter tirant de toutes ses forces jusqu'à parfois tout abandonner pour attendre l'aide d'une âme charitable.

Curtius se trouvait en la capitale de ce duché depuis plusieurs semaines, il avait trouvé un bon filon de bois et parvenait à vendre chaque jour nombreux petits objets. La baronne Galswinthe l'avait un peu pris sous son aile et lui avait offert le gite contre quelques petits entretiens au chateau d'Herment, Curtius avait pu y installer son atelier et y confectionner quelques nouveautés. C'était également l'occasion d'économiser un peu et s'acheter ... s'acheter quoi ? les étales du marché de clermont étaient pleines de tout objet, rien ne manquait, les prix étaient au plus bas, alors en quoi investir... une paire de botte ? quelques vêtements supplémentaires, mais toujours pas de braies.. alors qu'il flânait un peu dans ce marché pour une fois en tant que client il vit passer sur une rue adjacente une jeune femme grimpée sur un cheval. Non pas que cette image lui soit inédite mais la personne se trouvant juchée sur l'animal, cela lui parlait, il en était certain...


hey l'ami ! dit il au boulanger avec qui il papotait juste avant...

Qui est donc cette dame ? Elle me dit quelque chose mais je ne saurai dire quoi.

Le boulanger le regarda l'air de dire "mais tout le monde la connait", puis répondit...

C'est la Dame de Gondole, Dame Beths, une valeureuse maréchale et surtout la prévot royale.

Prêvot royale tu dis?

Sourcil levé curtius continua d'observer, se demandant s'il n'était pas en train de remuer certains souvenirs pour rien, jusqu'à ce que la jeune dame regarda en sa direction en remettant en place sa chevelure...

( yeux du curtius )

Bah quoi ? t'as peur ? Si t'as rien fait elle te mettera pas au cachot tu sais. Dit le boulanger...

Euh hum merci euh hum non moi les cachots, mise à part les cachoteries, c'est pas mon truc. Répondit il..

Le cheval et sa cavalière disparurent, curtius poursuivit sa ballade dans le marché, l'esprit totalement absorbé par la vision qu'il venait d'avoir..
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Anseis
[un malaise]

Anseis sortit du petit salon d'un pas feutré et referma doucement la porte. Il essuya rapidement le filet de sueur qui s'était formé au niveau de son front – chassant la mèche rebelle au passage, alors que son visage se faisait plus grave.

C'était le second jour que Beths faisait appel à ses services, de nouveau pour écrire une missive au duc régnant, en réponse au courrier que la duchesse avait reçu à l'heure du déjeuner. Ce n'était pourtant l'inquiétude de la jeune femme, facilement discernable, qui s'était propagée au secrétaire. Ce que le vagabond avait surtout remarqué était les traits tirés, les yeux rougis, le tremblement des lèvres. Epuisée ? Assurément, mais il semblait y avoir autre chose et, suivant son instinct, il s'était décidé à agir.


Alors le sauvageon ! On est encore là ?

Anseis tourna son regard vers Eudes, le majordome, qui s'approchait de lui.

Toujours aussi loquace … mais je l'vois bien moi. Si la maitresse se sent mal depuis quelques jours, c'est probablement du à une nouvelle présence un peu trop néfaste dans le château.

Anseis n'avait généralement que faire des critiques ou sous-entendus à son égard. Sa vie vagabonde des derniers mois lui en avait fait voir d'autres. Mais sa propre anxiété face à la santé de la dame de Gondole avait suffit à réveiller la bête. Non point, fort heureusement, comme ce fut le cas lors de l'affrontement d'il y a quelques mois. Mais tout de même assez pour qu'il sente sa vision se troubler alors que les paroles du majordome devenaient plus incompréhensibles et que son odeur, un mélange de parfums curieusement choisis venait irriter les narines du jeune homme. Le visage d'Eudes se fondait lentement en celui d'un « habit rouge », le couloir s'effaçait pour laisser place à une forêt …




Il était des yeux, il était leur chef. Et un œil était en danger. Si jeune, il ne se débattait même pas dans les bras de l'habit rouge qui venait de le prendre. L'homme continuait de baragouiner un étrange langage. Bientôt il appellerait des renforts, bientôt il serait trop tard pour sauver l'œil. Et cet œil lui faisait confiance... il devait agir, rapidement. Il devait s'élancer ….


Aristote !

Le cri le ramena à la réalité. Le majordome le visage blême, se tenait à genoux devant lui. Anseis mit un certain temps à comprendre la raison de cet étrange marque de respect – ainsi que du cri. Il relâcha alors sa main gauche qui était restée enserrée au niveau de l'épaule de l'homme. Christos ! Comment avait-il pu faire cela ? Il attendit en silence qu'Eudes se redresse, continuant de le fixer. Dans le regard du majordome, qui pourtant le dominait de quelques pouces, se lisait un nouveau sentiment qui avait fait place au mépris. Un mélange de peur et d'incompréhension. Lorsque Anseis se fendit d'une révérence pour ajouter d'une voix à peine audible. mes excuses. Je ferai en sorte que telle chose ne se reproduise plus la peur disparut, submergée par une surprise encore plus grande. Anseis leva la main droite vers l'homme, le faisant sursauter. Mais la bête avait de nouveau reprit son long sommeil et le majordome, baissant les yeux, vit les trois parchemins pliés et cachetés.
Le premier est pour le duc de Lapalice de la part de dame Beths. Le second à porter au duc de Billy de ma part. Je me chargerai de poster troisième missive.

Machinalement, Eudes se saisit des deux premiers plis, faisant un rapide pas arrière d'un bond lorsque Anseis le remercia d'une nouvelle révérence. Le jeune homme en rougit et se dirigea vers la grande porte du château pour rejoindre la ville, laissant seul le majordome qui était resté sans voix. Il se devait de retrouver la jeune Amaelle.




A sa grâce Marty McFly, duc de Billy

Votre grâce,

je m'inquiète pour la santé de votre épouse, dame Beths. J'ai peur que les derniers événements, les garde multiples ainsi que le travail qu'elle s'impose l'ont amené dans un état d'épuisement inquiétant. Je ne suis sur qu'elle s'en rende compte et doute qu'elle prenne décision de se reposer. Je sais que vous même devez être très fatigué de vos journées et nuits à travailler pour l'hérauderie. Cependant je vous serais reconnaissant de prendre un peu de repos pour rejoindre dame Beths et juger par vous même de son état. Peut-être arriverez vous à la persuader de se reposer.

Votre grâce, je sais outrepasser mes devoirs en ajoutant cette remarque, mais ce que je viens de vous narrer au sujet de votre épouse pourrait se transposer à votre personne, et je pense que quelque repos vous ferait aussi le plus grand bien. Si tel est votre désir, je peux m'occuper d'organiser voyage qui vous libèrera l'esprit à tous deux et vous permettra de vous ressourcer.

Mes respects

Anseis








Damoiselle Amaelle

Mes excuses pour cette missive. Je prends la responsabilité de vous informer bien que je doute que Dame Beths apprécie. Son état de fatigue est tel que je m'inquiète pour sa santé. Je vous serais reconnaissant si vous pouviez venir au château de Gondole afin de lui tenir compagnie et l'enjoindre à se reposer.

Mes respects

Anseis


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...
Bettym
[Quelques jours auparavant en Dauphiné]

Bon ! Puisque c'est décidé, je rentre en BA et d'ici quelques jours je serais de retour.

C'était enfin sûr. L'installation allait se faire sous peu. Une pointe au coeur mais un renouveau et beaucoup d'aventures étaient bien mieux qu'une vie pépère où même respirer était soumis à contrôle. Elle prit plume et velin et se mit à gratter sur le bout de parchemin de la pointe encrée...

Citation:
Ma Chère Beths, Mon Cher filleul,

Dans quelques jours je serais en BA pour aller chercher Loreleï, Jergal et mes quelques biens laissés à Moulins. Je passerai vous voir à Gondole, histoire de voir si vous êtes en pleine forme.

Je vous embrasse bien fort.

Votre amie et marraine.
Bettym


Courrier sablé, enroulé et attaché à un de ces volatiles préférés lorsqu'ils sont cuisinés aux raisins mais pour le coup, le pigeon avait fort à faire et surtout ne devait pas être très commestible. Un sourire sur les lèvres, heureuse de revoir bientôt ses amis et sa petite famille, elle lâcha la bestiole en direction du BA alors qu'elle préparait ses affaires.

[Le Voyage]

Le trajet se passa sans encombre. Accueillie tous les jours par les douaniers Lyonnais, invitations fort amusantes quand elle y repensait. Si les officiers ducaux étaient tous aussi cordiaux et bienveillants, il y aurait peut-être de bons rapports avec les effectifs de sécurité. Oui, toutes ses réflexions ne cessaient de trainer dans son étroit esprit. Elle n'arrivait pas à se débarasser de ses mauvaises habitudes... améliorer encore et toujours le bien-être des personnes, habitants ou voyageurs.

Projets sur la comète, imaginer les retrouvailles avec ses amis et famille, grimaçante à l'annonce de son départ définitif. Un brin nostagique, déjà les murailles de Montbrisson se dressaient devant elle. Elle entra dans la ville, sans aucun souci, cherchant une auberge le temps de prendre quelques repos avant de cheminer vers Thiers.

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La Confrérie de la Source
Martymcfly
[Besoin de rien, envie de toi]

Enfin les vacances.

Vacances ? Mais si... Ah non...

Depuis quelques jours, le Conseil était derrière lui, les affaires du Duché le concernait un peu moins. Il avait fait ce qu'il avait à faire. Il savait que cela ne plairait pas mais il n'était pas là pour faire plaisir. Simplement dire la vérité. C'était à présent chose faite, il avait quitté la salle du conseil la tête haute, sans rien regretter. Il était grand temps de passer à autre chose à présent.

Et autre chose... c'était surtout s'occuper de son épouse et des affaires héraldiques. Sa passion pour les armoiries et les vieux grimoires l'astreignait à rester dans l'alcôve du bureau du Héraut, bureau inoccupé depuis plusieurs mois à présent. Quelques contacts avec la capitale lui avait appris que la marche d'Auvergne s'était ouverte. Bien sûr, en tant que Poursuivant il ne pouvait pas ne pas postuler. Mais les paroles du Maréchal Llyr résonnait encore dans sa tête. Et s'il n'était pas fait pour cette charge ? Il ne le saurait pas s'il ne renvoyait pas ce questionnaire... Et c'est pourquoi il avait passé une bonne partie de ces derniers jours à traiter des interrogations proposées par le collège des Hérauts.

Marty savait son épouse en sécurité à Gondole. Il savait qu'elle patrouillait sur les remparts. Il savait enfin qu'elle aimait quand il la rejoignait en pleine nuit dans leur lit nuptial.

Le fameux questionnaire renvoyé, le Duc de Billy allait s'accorder quelques jours de repos au domaine de Gondole. Un repos bien mérité en attendant une décision du Roy d'armes. Et c'est une missive qui accéléra le processus.


Votre Grâce ? Une missive est arrivée de Gondole pour vous.

Dans cette alcôve, Marty mettait une dernière touche au nobiliaire.

Oh ? Montrez donc je vous prie.

Il parcourut les lignes écrites par le nouveau secrétaire de son épouse. Certains mots retinrent son attention. Fallait-il être inquiet ?

Faites prévenir mon valet Barbelivien, il doit discuter avec son cousin clermontois, le palefrenier du château. Je veux qu'il prépare le carrosse dans l'heure. Nous rentrons le plus vite possible à Gondole.

Aussitôt ordonné, aussitôt reparti. Marty ramassa quelques affaires et de dirigea vers les écuries du château.

[Quelques lieues et heures plus tard]

Arrivé au domaine de Gondole, Marty avait plaisir à s'y retrouver, plus tôt dans la journée qu'à l'accoutumée. Mais la missive d'Anseis l'inquiétait quelque peu.

Le château s'activait, la vie émanait de chaque pièce. Mart savait qu'il trouverait sa Duchesse soit dans sa chambre, soit dans le petit salon. Et effectivement...

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Curtius
Direction le Domaine de Gondole :

Il avait laissé son attirail et son habituelle charriote au château d'Herment, bien décidé à s'assurer qu'il n'était pas fou, ou du moins pas totalement. Il eut beau réfléchir encore et encore à comment il allait présenter les choses ne serait ce que pour franchir l'éventuel poste de garde, il ne trouvait rien de bien intelligent et les lieues défilaient à toute allure sous ses yeux, l'homme se trouvait juché sur une charrette de paysan, les fesses dans la paille...

Tu es bien sûr de savoir où tu m'emmènes ? le domaine de Gondole hein, va pas m'emmener dans un bordel ou en plein milieu des montagnes auvergnates.

Curtius ne craignait pas les voyages mais celui-ci lui donnait tous les maux possibles, le ventre qui fait des va et vien, les mains chaudes et moites, le front en sueur, le jeune sculpteur était crispé comme s'il allait enfin perdre sa virginité en plein milieu d'une arène où une note serait donnée par un public composé des plus belles femmes du royaume.

Et bah t'en tire une de ses têtes. J' sais où j't' emmène va te fais pas de bile.

Tout alla trés vite, trop vite pour le pauvre Curtius qui n'avait toujours aucune idée de ce qu'il allait bien pouvoir dire. Le paysan s'arrêta à l'entrée du domaine de Gondole, comme soupçonné, une petite baraque s'y trouvait installé.

L'homme s'avança timidement vers ce qui lui paraissait être un serviteur ou un garde, le sculpteur ne savait pas trop...


Bonjour, je me présente Curtius, suis je bien au domaine de Gondole ?

L'homme face à lui hocha la tête en signe d'approbation...

Voyez vous j'aimerai rencontrer une certaine Dame Beffes.

Si le prénom ne disait rien au jeune Curtius, c'est l'allure et le visage de Beths qui venait à l'interloquer..

Il me semble avoir besoin de m'entretenir avec elle, disons que... j'ai à lui parler et c'est fort important pour moi, cela pourrait l'être pour elle aussi vous comprenez.
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Amaelle
Thiers.

Les milles et unes odeurs du marché venaient lui chatouiller les narines avec une délicate sensation de voyage. Elle se sentait transportée au travers des épices et des fruits qui embaumaient la place actuellement. Galen était toujours de plus en plus imposant et, jeune chiot qu’il était gambadait joyeusement en bousculant la foule de villageois venu faire les courses quotidiennes. La jeune blonde était fatiguée. La nuit avait été courte et elle avait encore beaucoup de travail. Elle s’arrêta à l’étalage d’une très vieille dame, afin de lui acheter quelques fruits. Le visage ridé de celle-ci la fit frissonner. Elle n’avait pas l’habitude de fréquenter personne si âgée. Quand Amaelle tendit la main vers les framboises, les doigts rugueux de l’ancêtre entrèrent en contact avec sa peau.

Vous êtes sa fille hein ?

Les yeux ronds Amaelle regarda son interlocutrice de façon abasourdie

Mais de qui ma Dame ?


De lui…. L’helvète qu’était not’ maire à l’époque. Alan qu’il s’appelait. Oui Oui… vous avez son r’gard….

Amaelle recula doucement, récupérant sa main de l’emprise de la vieille quand un bruit de fracas la fit sursauter. Un peu dans tous ses états, la blondinette se retourna en voyant le boucher essayer de s’en prendre à son chien en hurlant des abomination à l’encontre du maladroit à quatre pattes qui avait fait tomber quelques carcasse en voulant chiper un morceau de barbaque. Le chien grognait babines retroussée alors que l’homme s’approchait de lui avec un bâton. Le sang d’Amaelle ne fit qu’un tour et elle fonça sur lui avec détermination. D’une main elle tenu le bout de bois déjà levé haut et prêt à frapper.

A votre place, j’éviterai.


Elle parlait sèchement, la colère montant et perçant dans sa voix. L’homme dégagea facilement sa prise et lui rétorqua, méprisant.

Vous mêlez pas de ça…

La blonde avança encore et s’interposa de plus belle, plongeant son regard dans celui du bougre.

Je vous le répète une dernière fois messire à votre place je ne ferai pas ça…

Un regard à Galen et elle poursuivi.

Je ne vois que deux aboutissements à notre situation. Non… trois… La première vous frappez le chien, il se défend… et croyez moi les crocs acéré de Galen ne vous laisseront pas indifférent. La seconde…. Vous frapper le chien et c’est moi qui vous apprend ce que ça fait de se faire roué de coups… Le rictus moqueur sur le visage de l’homme lui tira elle-même un sourire. Ne vous fiez donc pas à ma frêle apparence… enfin… à cela je vous propose une troisième solution, vous rangez votre bout de bois, vous ramassez vos carcasses et je récupère mon chien en vous payant le bout de viande volé.

Le type hésita. Mais la mine résolue d’Amaelle aidant il ne chercha pas querelle d’avantage et la jeune femme reprit le chemin de chez elle, le clébard sur les talon la queue entre les pates de se faire ainsi sermonner par sa maîtresse dont la voix perçait aisément la foule. La colère était à la limite de la faire exploser. Comment le boucher avait-il pu oser lever la main sur SON chien. Oh qu’il entendrait encore parler d’elle celui là…. Pour sûr… .
Arrivant rue des pendus, elle aperçut aux abords de sa maison un messager d’allure peu formelle. Les sourcils froncés elle pressa le pas à sa rencontre. Il attendait apparemment que quelqu’un arrive pour le libérer de sa missive.


Que puis-je pour vous…

Questionnant la blonde sur son identité, il lui annonça que la missive venait de Gondole et qu’elle était assez urgente. L’inquiétude la gagna. Une nouvelle urgente venant du domaine de sa suzeraine n’annonçait rien de bon. Elle l’arracha presque des mains de l’homme et la lu rapidement. Ce n’était pas l’écriture de Beths, ni même celle de marty. Elle ne la connaissait pas celle-ci. Elle parcouru le parchemin des yeux, de plus en plus alertée par les mots d’Anseis dont la signature reposait au bas du papier. Elle remercia enfin le messager et le congédia sans plus attendre. Son pas pressé vers la porte d’entrée du 24 rue des pendus où elle trouva Mac lisant près du feu. Il leva vers elle le regard et elle posa sa missive sur la table. Elle n’avait pas le temps d’expliquer, elle fonça dans la chambre et empaqueta deux robes, puis passant à la cuisine s’empara d’une miche de pain et d’un peu de fromage.

Mais qu’est-ce que tu fais…. ? lui demanda mac

Beths a besoin de moi… Anseis m’a fait mandé je pars à gondole pour quelques jours tout au plus.

Je viens avec toi…

Non reste ici avec les chiens…. Je ferai vite. Ma suzeraine est fatiguée et je ne veux pas lui apporter du souci en amenant à la fois du monde et les chiens….

S’en suivi une dispute dont les détails seront épargnés, Mac affirmant savoir se faire discret, reprochant à la blonde un manque de confiance, et elle lui expliquant que le conseil avait aussi besoin de lui et qu’elle reviendrait vite. Au fil du conflit, le visage du jeune écossais se refrognait et celui d’Amaelle durcissait, crispant ses traits, sa mâchoire. Il n’y eut point d’accord mais la jeune femme ne pouvait se permettre de tergiverser. Malgré tout un baiser fut volé et elle referma la porte en direction de l’écurie où elle sella sa monture.

voyage

Son paquetage harnaché, elle grimpa et prit la route vers Gondole où elle était mandée. Sans encombre, elle traversa sans s’arrêté la distance qui la menait à destination. Elle dut demander son chemin à plusieurs reprise mais bientôt la résidence de sa suzeraine se dressait devant elle. Aux portes, elle s’annonça et demanda à être au préalable conduite auprès de sieur Anseis qui lui donnerait nouvelles de la situation. Le temsp qu’elle arrive, les choses avaient peut être changé. Toujours sur les nerfs, la jeune vassale se laissa conduire entre les murs du château.
Beths
[Fin d’une morne journée de dimanche]

La veille, missive avait donc été dictée, écrite par une main autre que la sienne, sachant coucher convenablement sur le papier les mots qui jaillissaient de ses lèvres, et un messager avait été affecté. Il s’agissait là d’une lettre personnelle à l’attention du Duc de Lapalisse et Beths n’avait nulle intention qu’elle tomba dans d’autres mains que les siennes.
La fin de la journée déjà fort avancée s’était alors achevée sombrement. Incapable de trouver un repos salvateur, incapable de tourner ses pensées vers des choses agréables comme par exemple les retrouvailles avec Amaelle, ou bien se décider à écrire à ses suzerains savoir comment se déroulait leur voyage … non elle n’avait que martel en tête, et caractère faisant, elle n’avait cesse de tournicoter hypothèses dans sa tête, prenant peur des conséquences.

A un moment un messager fut annoncé, et Beths se précipita à sa rencontre voulant savoir. La déception fut grande lorsqu’elle comprit qu’il n’apportait point la réponse tant espérée. Gémissant tristement à la surprise de son personnelle, elle décacheta la missive que Marty et elle venaient de recevoir tout en regagnant lentement le salon. Un instant son visage s’égaya. Bettym !! Bettym venait passer quelques jours en BA et passerait à Gondole.
Levant la tête avant d’entrer dans le salon, elle intercepta Margilie, sa soubrette.


Margilie ! Voulez-vous bien préparer la chambre dorée ? Vous savez celle qui porte si bien son nom juste avant que le crépuscule ne tombe …
Dame Bettym devrait venir passer quelques jours à Gondole et je pense que cette pièce devrait lui plaire … enfin qu’importe la chambre en fait, l’essentiel est qu’elle vienne !


Margilie un brin ahurie par les déclamations de sa maitresse ne savait plus trop que dire … La Duchesse avait un étrange comportement ces derniers temps … Où diantre était donc passée la mutine tornade ?
Regardant sa maitresse s’éloigner, la soubrette prit néanmoins note des ordres ducaux, et s’attela à préparer la chambre dorée qui recevrait donc bientôt invitée.

En attendant, Beths déposa la lettre dans le salon avant de gagner sa chambre pour quelques heures de repos avant de retourner à Thiers pour la dernière garde de cette longue semaine.




[- Comment ça va ? - Comme un lundi … seconde missive]

Tel un couperet, le nom était tombé. Un hachoir lui avait broyé le cœur, un poignard l’avait déchiré. Douloureusement, hébétée, blessée, elle avait donc quitté la prévôté alors que le nouveau prévôt venait y prendre ses fonctions et venait prendre connaissance des lieux, se présentant, souriant discrètement.
Montant Canasson, elle avait laissé les rennes lâches le laissant la conduire où bon il voulait, où bon il y avait paille suffisamment tendre pour sa mâchoire délicate. Elle avait d'ailleurs remarqué que son cheval ces derniers temps semblait sensible, mais présentement, elle n'en avait cure.
Elle pleurait de la décision qui s'imposait, les larmes roulant sur ces joues, dans son cou.

Soudain se rendant compte que Canasson était à l'arrêt, Beths leva les yeux et vit ... les écuries de son domaine ... Cachant son visage dans l'encolure du cheval, les larmes redoublèrent, elle ne survivrait pas, mais elle ne changerait pas d'avis.

Se décidant enfin à descendre du dos de sa bourrique, elle le conduisit jusqu’à son box, refusant l’aide de toute personne qui s’interposa.
Une fois le cheval pansé, lentement, elle gagna le château, où Eudes et sa sempiternelle fougue lui tombèrent dessus, demandant si journée avait été agréable et bonne jusqu’à ce qu’il se taise sous le regard assassin de sa maitresse, et ces trois lettres sèches …


Non

Silencieusement l’Intendant lui avait alors tendue missive. Ecarquillant les yeux reconnaissant le scel qui fermait le parchemin, elle reconnu là … une réponse ... la réponse à la missive qu'elle avait envoyé la veille, espérant encore, cherchant à comprendre. Décachetant immédiatement la lettre, ses prunelles suivirent les mots et les comprirent parfaitement. Tout était terminé, c’était la fin. Simple ... si simple ... une vie détruite en un instant ... Beths ne put empêcher ni les larmes, ni le rire nerveux de s’échapper de ses lèvres à la lecture de certains passages

Citation:
Je suis toutefois conscient qu'il y a eu des accroches par le passé et je compte bien que ça n'arrive plus […]
J'ai confiance en ses capacités pour pouvoir gérer cela comme il faut, au besoin avec l'appui d'Althiof et j'espère le vôtre


Autant achever la bête tant qu'elle en avait encore la force. Sachant Anseis présent au château, elle demanda une nouvelle fois à Eudes d’aller le quérir tout en lui demandant de la rejoindre au salon et malgré l’heure certaine du déjeuner.

Pour sa part, son appétit était irrémédiablement coupé pour l’heure, elle tentait plutôt d’assembler ses idées, de sécher ses larmes, mais quelle solution restait-il en fait ? Une seule … s’asseyant sur l’un des fauteuils, la jeune femme tentait de puiser véhémence, fougue et ardeur dans le spectacle de cette pièce chaleureuse.

Relevant la tête, les yeux rougis et la mine défaite, alors qu’Anseis faisait son apparition, une Beths terne et morne lui expliqua brièvement ce qu’elle attendait de son secrétaire, dictant lettre une nouvelle fois à l’attention du Duc régnant. La première missive avait été pour le Duc de Lapalisse, la seconde l’était pour le Duc du BA.
Anseis souhaitant bien faire ou s’assurer de sa décision d’envoyer un tel message, comprenant sans le dire les implications, une fois sa tâche accomplie, lui mis devant les yeux ce qu’elle venait d’annoncer


Citation:
Votre Grâce

Votre message me voit effondrée, si bien que je vous prie d'excuser les formes qui ne seront guère plus que dans votre message.

Pour la prévôté je souhaite que les accroches ne se fassent pas.
Toutefois je ne le verrai pas.
Je pars en retraite les deux prochains jours, ce qui me laissera pleinement temps pour rédiger une lettre.

Et cette lettre c'est à vous que je la donnerai. Dans le bureau du porte parole. Car non, jamais, jamais, JAMAIS, je ne pourrais appuyer cet homme qui a tant désoeuvré pour la prévôté. Cette décision me brule les yeux et le coeur car j'aime mon travail et je ne souhaite pas quitter la prévôté. Toutefois, il n'y a aucune autre solution.

Mais je ne doute pas un seul instant qu'Althiof, comme toujours, gèrera parfaitement.

Beths


Palissant à vu d’œil, des larmes dans les yeux, une main tremblante et prudemment placée devant la bouche, le cœur au bord des lèvres, se sentant étrangement faible, avec un estomac caractériel qui se liguait contre elle, la jeune femme repoussa le parchemin et murmura, desserrant à peine les dents
Transmettez cette lettre au Duc régnant et laissez moi seule
Oui elle avait menti, car elle ne comptait nullement partir en retraite initialement, quoi qu’en fait deux jours de repos le plus complet chez les sœurs de la gaîté aurait été sans nul doute une excellente idée. Mais Beths savait bien qu’elle ne partirait pas, cependant, deux jours, deux jours pour trouver les mots, deux jours pour rédiger de sa main car nul autre ne le ferait, deux jours pour vivre, deux jours pour trépasser …

Anseis était parti silencieusement, et la jeune femme se précipita sur la cuvette qui se trouvait là initialement pour recevoir l’eau fraiche du broc qui se trouvait également là et qui était renouvelée quotidiennement pour le confort des Montfort-Balmyr et de leurs invités …
Elle n’avait rien mangé, mais d’écœurement son estomac manifesta son mécontentement. Cela n’étonna guère la jeune femme qui, une fois par le passé, avait déjà subit ce genre de manifestation, horrifiée par son propre comportement pour obtenir des informations vitales …

Se rafraichissant et désaltérant ensuite et s’écroulant dans la causeuse, mouillant irrémédiablement de ses pleurs le mobilier, puis d’épuisement, la jeune femme s’endormit d’un sommeil sans rêve.



[- Comment ça va ? - Comme un lundi … arrivée de Marty, bientôt suivi de l’annonce d’un inconnu qui demande audience, ignorant l’arrivée d’Amaelle qui était partie trouver Anseis … ]

Ce fut le bruit d’une porte qu’on ouvrait qui la réveilla aussitôt, ses prunelles cherchant l’origine

Marty ?

Son visage blême passa par toutes les couleurs, elle devait être hideuse avec ses yeux rougis et gonflés, et puis surtout elle devrait lui expliquer et n’en avait pas le courage.
Elle se leva alors précipitamment de son siège, trop précipitamment. Un vertige la saisit soudain, et elle se valu d’être encore debout grâce au réflexe qu’elle avait eu de claquer violement ses deux mains à plat sur le guéridon placé là.
Les yeux fermés, la tête tournant, Beths tentait désespérément d’happer un air salvateur qui dissiperait son malaise. Ce fut en entendant la voix inquiète de Marty à son oreille qu’elle ouvrit les yeux, se rendant compte de la situation.

Ne pas l’inquiéter, ne pas l’inquiéter, trouver quelque chose, vite … lui intimait son cerveau.


Saleté de chaise, je me suis cogné le petit orteil, cela fait un mal de chien …

Un pale sourire sur ces lèvres tremblantes donnerait-il le change ? Elle l’espérait.

Décollant doucement une main du guéridon, s’assurant alors, de son équilibre et de la disparition du vertige, rassurée de voir que ce fut indubitablement le cas, se tournant avec un plaisir non dissimulé vers l’être aimé, passant un bras autours de son cou, posant délicatement ses lèvres sur les siennes et frissonnant de le sentir si proche d’elle, lui seul pouvait la distraire en cet instant présent. Elle chassa ses sombres idées dans un coin de sa tête, il serait grand temps d’y penser plus tard … deux jours …


Bonjour cœur de mon cœur. Quelle belle surprise me fais tu là de rentrer plus tôt de l’hérauderie. Il ne te restait plus d’encre pour blasonner ?

La jeune femme lui lança un regard chaviré ou tout se mêlait : l’amour qu’elle lui portait, le ravissement qu’elle avait de le voir, la satisfaction de sentir sa main au creux de son dos la faisant frissonner de plaisir, les craintes qu’elle avait et qu’elle n’arrivait pas à lui masquer, la lassitude, la fatigue, le désespoir enfin qu’elle-même ne mesurait pas…
Et puis soudain, comprenant qu’il ne devait pas être présent si tôt à Gondole sans raison


La marche d’Auvergne ! Tu … tu as … postulé ?

Attrapant doucement sa main dans la sienne, l’effleurant d’une caresse, l’amenant à son visage, ou délicatement, dans le creux du poignet, elle posa ses lèvres, rassurée de le sentir, de se sentir vivant

Mon aimé, les paroles du Maréchal Llyr que tu m’as rapportées étaient injustifiées j’en suis convaincue. Tu as suffisamment de talent, de capacité, de connaissances et de rigueur pour être héraut. Sinon crois-tu un instant que Naluria t’aurait accepté comme Poursuivant ?

Elle savait que son époux avait été ébranlé par les paroles du Maréchal. Qui ne l’aurait pas été à sa place ? Et malgré les quelques heures que leur laissaient leurs occupations réciproques, elle essayait de le soutenir du mieux qu’elle pouvait … assumant ainsi à sa manière son rôle d’épouse. Et puis aider son époux, lui permettait de penser à autre chose.

La jeune Duchesse adressait alors à son compagnon un sourire complice, tendant inconsciemment le cou dans l’espoir de recevoir un baiser brulant, lorsque la porte s’ouvrit soudain sur Eudes, faisant lever les yeux au ciel des deux personnes présentes dans la pièces.


Madaaaaaaame la Duchesse … Môôôôsire le Duc …

Euh… Ma Daaaaame, il y a un mécréant devant la porte du château qui apparemment vous recherche sans même savoir dignement prononcer votre nom ! Pour quel raison, je ne sais point, ce manant ne m’a rien dit !
J’ai bien tenté de le chasser, mais ce … cet homme, refuse de partir !

Et vu vos fonctions, j’ai pensé que peut être, il fal…


Conduisez cet homme jusqu’ici Eudes. Et je vous prie arrêtez d’être ainsi hautain! C’est un Intendant prévenant et affable dont j’ai besoin …

M’enfin Dame vous êtes Duchesse !


Regard désespéré lancé en direction du porteur de couronne qui lui semblait plutôt s’amuser de la situation, et puis geste de la main de ladite Duchesse en direction de son Intendant lui faisant comprendre que ouste, et qu’elle attendait la personne qui la requérait. Fort heureusement pour la jeune femme, Eudes savait se montrer discret, malgré les apparences, et il n’avait soufflé mot à personne de l’état dans lequel il avait trouvé la Duchesse alors qu’elle revenait de la prévôté.

Eudes sortant, attendant qu’il revienne accompagné, la jeune femme se détacha à regret de son époux, mais se mit à lui sourire alors reconnaissant la missive de Bettym qu’elle attrapait déjà sur le guéridon fort occupé par différents dossiers ou papiers


Mon tendre aimé, lis cette lettre qui nous est adressé, je pense qu’elle te fera plaisir

Guettant réaction alors qu’il parcourait les écrits, se mordillant les lèvres, supposant qu’il avait fini lorsqu’il redressa la tête

La chambre dorée est prête

Ce fut à cet instant précis que son Intendant revint dans le salon … il n’était pas seul …
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Curtius
Non je ne paritrai pas sans la voir. Je veux être sûr.

Partez donc j'vous dis ! La duchesse n'est pas apte à recevoir visite.

Non.

Passez votre chemin.

Non.

Curtius se posait là en casse pied de première, bien décidé à ne pas partir sans être certain de ce qu'il soupçonnait. Jamais il n'avait tenu tête à quelqu'un comme ceci auparavant, l'homme était plutôt d'un naturel timide et détestait avoir à s'imposer quand on ne voulait pas de lui.

Le serviteur disparut et revint de longues minutes plus tard, Curtius avait fait les cent pas devant l'entrée, agacé d'être si proche du but et de devoir patienter encore et encore. Il avait même pensé entrer en force, même s'il n'aurait sans doute pas été bien loin...


Madame va vous recevoir.

Ah un grand merci !

Oh s'il n'avait été que de moi, vous n'auriez jamais franchi les pieds de ce domaine.


Curtius leva un sourcil et soupira, ce serviteur lui sembla définitivement antipathique et désagréable à souhait.

Grumf.

Il suivit l'intendant en observant discrètement l'ensemble du domaine, la tête basse et le coeur qui palpite. Tout lui semblait plus clair et il savait comment il allait se présenter, du moins l'avait il répété à de multiples reprises dans sa tête..

Ensemble ils pénétrèrent les murs du domaine et au terme d'une longue marche arrivèrent au salon, une pièce magnifique où se trouvait du beau monde, ses yeux balayaient l'ensemble de la pièce et s'arrêtèrent sur la fameuse dame qu'il avait remarqué à Clermont.

Il avait son discours en tête mais allait il pouvoir le sortir comme il l'avait pensé...


Dame, je me présente à vous, Curtius.

Son nom il n'avait pu le connaître que grâce à un petit médaillon sur lequel il était inscrit et qu'il portait heureusement à son cou lorsqu'il du s'enfuir, du haut de ses 5 ans. Les souvenirs lui revinrent en tête, la paille qui l'abritait semblait lui chatouiller les narines, l'odeur, les barbaries, ses souvenirs si longtemps enfouis renaissaient, pour sa plus grande surprise..

Je.. Je.. il me semble bien que nous soyons.

Il n'osa terminé sa phrase, et si ? et si il était totalement à coté de ce qu'il pensait. Et s'il était là dans une image de ce qu'il pensait être sa sœur, mais qui n'était peut être qu'une proche éloignée de la famille. L'homme était si jeune quand il la vit pour la dernière fois. Un peu anxieux il attendit une réaction..
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Martymcfly
[Une arrivée incongrue]

Marty ?

Non c'était le Pape qui venait voir sa soeur...

Oui Chaton, je suis là. J'ai reçu des nouvelles peu réconfortantes.

Saleté de chaise, je me suis cogné le petit orteil, cela fait un mal de chien…

Et la marmotte ?

Ah oui ? Pauvre petit peton.

Marty s'accroupit alors pour se retrouver à la hauteur de sa Duchesse assise. Celle-ci voulant très certainement dissimulé quelconque malaise attrapa son époux par le cou pour lui déposer un tendre baiser.

Bonjour cœur de mon cœur. Quelle belle surprise me fais tu là de rentrer plus tôt de l’hérauderie. Il ne te restait plus d’encre pour blasonner ?
La marche d’Auvergne ! Tu … tu as … postulé ?


J'avais surtout besoin de rentrer ici pour te voir Chaton. Nous avons des réserves d'encre pour encore bien longtemps. Et la marche d'Auvergne... j'ai en effet postulé. J'ai tenté de répondre à toutes les questions qui m'étaient posées, mais je sais un peu ce qu'on pense de mon travail. Léger soupir de dépit, toujours un peu vexé des propos à son encontre. Ce travail me passionne et je le connais depuis plusieurs mois maintenant.

Etait-ce cela qui lui donnerait un avantage par rapport à d'autres candidats qui s'étaient présentés et qui lui étaient totalement inconnus ? Le collège des Hérauts déciderait, Marty en prendrait acte si la sentence s'avérait négative.

Mon aimé, les paroles du Maréchal Llyr que tu m’as rapportées étaient injustifiées j’en suis convaincue. Tu as suffisamment de talent, de capacité, de connaissances et de rigueur pour être héraut. Sinon crois-tu un instant que Naluria t’aurait accepté comme Poursuivant ?

Beths avait le don de trouver les mots justes pour rassurer son époux.

Sans doute en effet. Elle me menait à la baguette à l'époque tu sais. J'ai des souvenirs douloureux de sa rame. Marty sourit un peu plus largement. Mais toi Chaton ? Tes gardes doivent te fatiguer grandement. Tu sembles exténuée. Et ne me fais pas croire que c'est ton petit orteil !

Comme si elle tentait d'esquiver toute question, elle offrait ses lèvres à son duc, au plus grand plaisir de ce dernier, mais ce qui avait tendance à l'inquiéter davantage. Mais pas le temps d'un langoureux baiser qu'un valet fait son entrée dans le petit salon.

Discussion entre une Duchesse et un Intendant. Tension dans l'air.

Quelques pas de Beths vers le guéridon, elle désigne une lettre.


Mon tendre aimé, lis cette lettre qui nous est adressé, je pense qu’elle te fera plaisir

Obéissant, Marty voulait surtout satisfaire sa curiosité. Une lettre de sa marraine qui allait bientôt revenir... mais pour repartir prochainement. Il savait que Bettym avait fait un choix. Un choix qui trottait dans la tête du Duc de Billy également... Tête qu'il releva vers sa duchesse.

La chambre dorée est prête

Hochement de tête avant qu'Eudes ne paraisse à nouveau, accompagné cette fois.

Un homme s'avança d'un pas, tentant de se présenter, faisant fi de la présence du Duc.


Dame, je me présente à vous, Curtius.
Je.. Je.. il me semble bien que nous soyons.


Etait-ce l'émotion qui ne le faisait pas terminer sa phrase ?

Sieur, si vous venez pour l'annonce passée par mon épouse, c'est trop tard la place est déjà prise. Nous pourrons toujours vous trouver quelque emploi aux écuries ou là où la Duchesse Beths le souhaitera.

Marty se tourna vers son épouse dont l'oeil avait viré de couleur encore...
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Beths
[Décidément, un bien étrange lundi … ]


Tout faire, tout, pour qu’il ne décela pas le malaise, le mal être qui l’habitait, car l’explication logique de cette étrange lassitude qu’elle ressentait provenait de ses inquiétudes pour l’institution à laquelle elle appartenait, et dont bientôt … Un sourire pour une crispation d’estomac, cachait-il la misère, cachait-il la détresse perceptible dans ses yeux malgré tous ses efforts ?

Non, Marty ne devait rien savoir, il était son époux certes, et serait bien suffisamment tôt au courant, le courage lui manquait, et elle ne pouvait, elle ne voulait pas en parler, ne voulait pas l’inquiéter, et puis elle savait se débrouiller seule, elle avait appris …
Et puis qu’avait-il voulu dire par des nouvelles peu réconfortantes ? Que s’était-il donc passé ? Et pourquoi se mettait-il brusquement à l’interroger sur ses gardes, sa fatigue apparente ? Aurait-il deviné ? N’était-elle que livre ouvert dans lequel il était évident de se plonger ? Inquiétante réflexion pour le prévôt royal dont l’intégrité était applaudie et reconnue …

Beths cachait ainsi derrière un sourire tremblant le désarroi, le trouble, les questions qui refaisaient immanquablement surface.
Une part d’elle-même ne tendait qu’à faire confiance à son époux, l’homme qu’elle aimait ardemment avec force, elle ne désirait que lui confier ses craintes afin qu’il apaisa ses peurs. Mais une part d’elle-même, puissante, son instinct qui lui avait toujours valu de survivre, l’incitait à ne compter que sur elle-même et n’en dévoiler que le moins possible, évitant ainsi toute souffrance future …

Dualité de la pensée …

Ce fut sur ces raisonnements torturés que l’Intendant de Gondole pénétra de nouveau dans le salon, suivit de prêt par le manant, selon ses propres dires.
La jeune femme se mit donc à étudier l’homme avec curiosité un sourire avenant sur les traits, sourire mécanique qu’elle avait appris à afficher.
Beths avait-elle à cet instant compris ? Ou bien fut-ce lorsque le nom fut prononcé ? Ou bien encore la mine, l’apparence, les traits du jeune homme ? Tout à la fois ? Rien de cela ?


Dame, je me présente à vous, Curtius.

Oh temps suspend ton vol … tout sembla s’arrêter en cet instant pour la Dame de Gondole, rien n’existait plus, ni le son des paroles qui arrivaient à ses oreilles, ni le doux soleil rasant et miroitant dans la psyché, rien hormis … hormis cet homme en face d’elle et ce nom …
Ce nom clamé par des voix enfantines, des rires, des échos de voix, sa vision se troubla la ramenant dans le passé, frissonnant …




[Autre temps, autre lieu, en BA]

Curtius, chenapant, attends moi !

Cuuuuuuuuurrrrrrcchhhhuuuuuuuuus!! ‘tennnnnds!!!!

Une jeune fille d’une quinzaine d’années courrait à travers champs pour mettre la main sur son plus jeune frère, riant de leurs jeux, riant de leurs bêtises, s’amusant tels les enfants savaient le faire.
Elle était de corvée de pâture cette journée là avec les deux plus jeunes et leur chien pour compagnie, mais la jeune fille n’était que joie et bonne humeur. Ainée d’une tribu de cinq enfants, deux filles et trois garçons, elle prenait toujours plaisir à gambader avec eux, la vie était si simple dans la campagne moulinoise.
Curtius s’était décidé à courir après un lapin, Aénor courait après Curtius tout en hurlant après lui du haut de ses quatre ans, ils étaient si proches ces deux là ... elle les adorait tout simplement, et prenait très à coeur son rôle de soeur-môman.
Et puis leur chien Rusty aboyait après Aénor qui coursait Curtius qui coursait le lapin, et elle dans tout cela riait aux éclats tout en poursuivant la joyeuse troupe tout en gardant un œil sur le troupeau de son père !

Ils étaient … une famille, simplement … Mais la vie en décida autrement quelques jours plus tard …

NOOOOOOOOOOOON !!! Des hurlements virent lui vriller les tympans, des rires gras, les cris de son père, des ses frères. La jeune femme ne voulait plus entendre, elle ne voulait pas voir. Le ciel si bleu ce jour là, les pépiements des oiseaux, et puis brusquement le silence avant l’horreur, des hommes nombreux, l’horreur, sa famille, du sang, du sang!!!
Elle était au pré avec les moutons, non loin. Aénor !!! Aénor hurlait il se passait quelque chose. Il fallait qu’elle court, elle devait courir, elle devait aller les aider, elle détala se dirigea vers sa maison, mais sur les hauteurs ce qu’elle vit, des hommes et … cet homme, le sourire mauvais, qui s’était tourné vers elle brusquement lorsqu’elle arrivait, alors que dans sa main droite il tenait sa petite sœur par le devant de son habit soulevée du sol, elle pleurait, elle était en sang, en sang, le sang coulait, partout, il était omniscient, elle saignait … ELLE SAIGNAIT !


Elle saignait ! Les yeux exorbités et le teint blafard, reprenant difficilement conscience avec la réalité, déglutissant alors qu’elle observait alternativement son époux et cet homme, qui … non …

Et ce lent fluide visqueux qui la prenait au dépourvue, femme qu’elle était.

Et cette violente douleur qui la saisit dans le bas ventre la faisant gémir, fermer les yeux, puis se plier jusqu’à ce que son corps, vaincu atteigne le sol.

Beths venait de perdre connaissance.



[Mardi, révélations]

Un œil qui s’entrouvrait …. Que … ?
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Martymcfly
[La nuit la plus longue]

Sieur, si vous venez pour l'annonce passée par mon épouse, c'est trop tard la place est déjà prise. Nous pourrons toujours vous trouver quelque emploi aux écuries ou là où la Duchesse Beths le souhaitera.

Marty se tourna vers son épouse dont l'oeil avait viré de couleur encore...

Beths ne semblait pas bouger, ne voulait pas bouger.

Comme si quelque chose clochait.
Comme si elle avait vu un fantôme.
Comme si le temps s'était arrêté.

Pas un bruit.
Pas de réponse.

Juste des regards échangés.
Comme des appels à l'aide.
Comme si elle ne comprenait pas ce qui se passait.

Comme si c'était la dernière fois.

Dans un silence, presque de mort, Beths s'écroula alors au sol en gémissant doucement. Le Duc de Billy se jeta au sol pour comprendre ce qui se passait. Le sang s'étalait sur le sol du petit salon. Sentiment de joie et d'inquiétude. Il avait déjà vécu pareille situation et des souvenirs funestes lui traversa l'esprit.


Garde ! Emmenez la Duchesse dans sa chambre ! Qu'on appelle un médicastre immédiatement !! Préparez une bassine d'eau et des linges propres.

L'inquiétude grandissait davantage alors que les secondes s'égrenaient dans une agitation effervescente, les ordres donnés.

Le regard se tourna vers l'homme qui se tenait devant lui, debout, penaud, tremblant, inquiet visiblement lui aussi.

Comme si quelque chose clochait.
Comme si elle avait vu un fantôme.
Comme si le temps s'était arrêté.

Mais tout pouvait être trop tard. Et le sang de Marty ne fit qu'un tour. Pendant que l'on transportait Beths dans la chambre, le Duc donna encore un ordre.


Mettez cet homme aux fers dans les geôles du château. Nous nous occuperons de son cas plus tard.

L'oeil de Marty était noir quand on emmena de force Curtius, protestant, hors de la pièce. Il se débattait, maugréant quelques phrases incompréhensibles, s'estimant floué, voulant être entendu et traité différemment. Mais pour le moment, il était surtout question de Beths.

Toute la nuit, tantôt grelottant, tantôt transpirant à grosses gouttes, Marty veillait sur son épouse, lui passant un linge humide sur le front.

Elle bouillait.
Puis elle gelait.
Il vivait, tremblant, se morfondant, les mêmes sensations.

Au beau milieu de la nuit, un médecin passa la porte de la chambre. Auscultant rapidement une Beths semblant lutter contre le trépas. Confirmation des craintes du Billy par l'homme de sciences. Inquiétude exacerbée. Propos rassurants du médicastre. Il fallait attendre...

Attendre et prier.
Attendre et espérer.
Attendre mais demeurer inquiet.
Attendre...

Et au petit matin, finalement, Beths ouvrit un oeil. Sans trop comprendre.

Elle vivait.
Il sourit, presque en pleurs.
De joie.


Chaton... j'ai eu si peur...

La main qui presse doucement l'autre. Les lèvres qui se touchent comme si c'était la première fois.

Marty tente d'expliquer alors ce qui s'est passé.

Un homme a dormi, s'il a dormi..., dans la prison de Gondole.
Un homme a dormi, et lui il a dormi ! aux côtés d'eux dans la chambre. Le médecin se réveillait à peine.
Une femme venait de perdre un enfant.

Les paroles savantes du médicastre tentèrent d'expliciter les propos du Duc de Billy. Et Beths de demeurer éberluée. Douloureux réveil, mais réveil heureux au fond d'elle sûrement.

Beths était féconde.


Chaton, il faut te reposer. Tiens toi tranquille ce jour, et demain nous partirons. Un voyage nous fera le plus grand bien, te fera le plus grand bien.

Le sourire de Marty se fit plus large.

Il avait perdu un enfant, mais venait de gagner une femme.

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Curtius
Curtius était au fin fond de sa géôle, le regard humide, le teint pale et suant à grosses gouttes malgré le froid qui lui saisissait vivement le dos. Sa cellule, petite, malodorante, terne, renfermait l'inquiétude d'un jeune frère qui venait de retrouver c'était maintenant sûr sa grande sœur. Et s'il venait de la tuer ? Curtius fut terrorisé à cette idée et se trouvait grelottant au fond de la pièce, appelant le garde régulièrement...

Garde ! dites moi comment elle va ! Garde ! S'il vous plait !

Toujours sans réponse. Alors qu'il venait de retrouver une infime partie de sa famille qu'il pensait morte et dévorée par les corbeaux, il l'avait vu s'éteindre dans une mare de sang, comme si le temps passé venait à se mêler au présent. Un présent si irréel, un présent qui serait peut être sans futur. Accusé d'avoir tué une noble, il serait sans doute pendue, étripée, et personne ne viendrait à croire autre qu'elle son intention louable et ce lien de parenté.

Assis, tenant ses genoux contre lui, essuyant quelques larmes, il s'endormit et plongea en ses songes






Des cris d'enfants et des jeux, une immense pâture où il courait suivi par d'autres enfants, devant lui un petit animal qui suscita sa curiosité.

Un ciel bleu, des éclats de soleils étincelants qui venaient à éblouir le regard du gamin avant qu'un nuage ne vint tout obscurcir..

Des cris d'effroi de peur, Curtius était seul lorsque il se tourna, assis sur un tas de paille où il pensait que le petit lapin s'était caché. Il se tourna, ouvra grands ses petits yeux et sentant que quelque chose de grave se tramait, se cacha sous la paille.

Maman criait, papa aussi, et si ces parents avaient appris qu'il avait fait pipi dans l'eau des vaches? c'était surement ça ! mais la scène qui vint à se produire, tous ces hommes, sa famille en fuite, massacrée, éparpillée, le sang, les cris de douleurs, rendirent livide le visage de Curtius.

Il ne bougea plus, comme prostré, sans même apercevoir un des assaillants qui venait juste de passer à coté de lui. Les silhouettes disparurent, quelques unes étaient restées allongées au sol, l'enfant prit ses jambes à son cou et partit en direction des bois....


Il se réveilla en sursaut, et se jura de ne plus fermer les yeux... comme s'il pouvait se battre contre ce qui fut pendant longtemps son pire ennemi, le sommeil et ses cauchemars..
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Beths
[Sur les chemins d’Auvergne]


Le paysage entier semblait lancé dans une course. Alors que les arbres, au premier rang, sprintaient les uns a la suite des autres, les collines au loin gardaient leur lent rythme et majestueux pas.

Un sourire se forma un instant sur les lèvres de la jeune femme, alors qu'elle rentrait de nouveau la tète a l'intérieur du carrosse.


Voila deux jours qu'ils étaient sur les routes et déjà, et Beths sentait les bienfaits de ce voyage : le voile de tristesse, l’amertume et la lassitude, qui lui avaient tant pesé ces dernières semaines semblaient s'être faits plus légers.

Il avait fallu pour cela un concours de circonstance, des révélations, des explications … un frère, un enfant et une lettre. Une lettre qu’elle ne put s’empêcher d’attraper dans la besace qui était à ses pieds pour la relire … Une lettre d’un homme d’honneur, qui l'avait poussé à renoncer à sa démission, la lettre d’un Duc régnant.


Citation:
Je connais certes votre droiture et votre caractère résolu. Permettez moi malgré tout de vous demander de bien vouloir reconsidérer votre position. […]

Vous ne pouvez ignorer le respect et l'attachement à la bonne marche de ce service qui me caractérisent. Je n'ai plus à prouver je crois que je puis me montrer impartial et juste, au delà de toute amitié ou camaraderie politique. Je suis duc d'Auvergne et à ce titre de tous les habitants du BA. Le fonctionnement des institutions passe avant toute question d'honneur ou de fierté. Si vous ne l'ignorez pas, vous ne pourrez croire un instant que je ne tienne parole ou que je néglige d'être vigilant. Je ferai le nécessaire pour que la gestion de la prévoté se fasse au mieux et avec respect, et que cette institution tourne comme une horloge, avec tout le respect qui lui est due.

Je serai donc présent et attentif tout ce mandat. Je connais votre valeur et vous demande de bien vouloir rester et lui laisser une seconde chance. Bien qu'issu de la COBA, comme moi même au demeurant, je vous assure qu'il épousera la cause prévoté. Althiof est un homme de valeur et un ami, mais vous lui êtes complément indispensable, et le duché a besoin de vous.

J'ai besoin de vous.



Elle continuerait donc à servir dans ce corps qui avait été et restait sa vie. Avec tous ses amis et collègues en qui elle avait posé confiance et estime, ce qu'elle n'avait jamais regretté.

Après le Grand Prévôt, Tixlu pensait lui aussi qu’Althiof et elle formait une entité indivisible pour les affaires qui touchaient à la prévôté, deux méthodes, deux caractères, une efficacité … ce constat n’avait pu que la fait sourire.


Recevant cette réponse en cette étrange journée de mardi où le voyage avait été décidé, alors que Marty ne quittait pas son chevet, des larmes dans les yeux, elle n’avait pu que lui tendre la missive. Echanges de regards entre un époux et sa femme qui n’avaient nul besoin de mots pour se comprendre. Assurance avait été alors portée au Duc de Lapalisse, au Duc Régnant, que nulle démission,’arriverait, que quelques jours de repos étaient toutefois nécessaire, mais qu’elle resterait à la disposition de la prévôté et qu’arrangement avait été pris, elle recevrait chaque jour des rapports du BA, et chaque jour, elle en apporterait ses conclusions par pigeons.

Refermant le parchemin, et le replaçant dans sa besace, elle jeta un rapide coup d'œil vers son frère avant d'observer Marty qui la dévorait du regard. Ses joues en rosirent légèrement. A sa gauche, elle pouvait entendre l'épée de sa marraine Legowen claquer sur le plancher du véhicule. Beths gardant son sourire tourna alors la tête vers Legowen qui lui répondit de façon identique.


Oui, ces derniers jours avaient amenées leur lot de surprises. Certaines joyeuse comme les retrouvailles avec un frère qu'elle pensait avoir perdu à jamais. D'autres plus sombres comme les raisons de ses douleurs, de ses vertiges et malaises, et la tristesse d'avoir perdu la petite vie qu'elle avait portée, sans même le savoir, durant ces dernières semaines.


C'était le mardi, le jour qui avait suivi ces deux révélations que son tendre Marty avait proposé ce voyage. Les mots l'avaient affolé de prime abord, puis l'idée avait germée. Du repos des vacances, laisser les soucis derrière elle.

La dame de Gondole avait fini par accepter. Tout d'abord d'un timide et presque inaudible oui, suivi par un bien plus fort et plus resplendissant. La tête dans les nuages, elle n'avait même fait attention au signe de tête échangé entre Marty et Anseis, qui avait entraine le départ du jeune secrétaire discret. Elle apprit plus tard qu'il avait décidé de prendre les devants afin d'assurer que le voyage se déroule sans encombre et que toutes les autorisations seraient obtenues dans les temps.

Seule la mention de son frère, Curtius, l'avait ramené au présent. Le pauvre avait passe nuit et début de journée dans une des pièces sans fenêtre du château, surveillé de près par son majordome. Beths s'était alors empressée de réparer erreur. Oui, Curtius était son frère au grand étonnement de Marty. Oui, quand bien même cela lui aurait semblé impossible quelques heures plus tôt, avant de le croiser, elle savait maintenant que le miracle avait eu lieu. Jamais, depuis cette terrible nuit qui avait vu le massacre de sa famille, Beths ne s'était sentie si bénie par le Très Haut.

A peine était-il sorti de la pièce sombre, les yeux encore clignant par la différence de luminosité, qu'elle s'était jetée dans ses bras pour le serrer contre elle. Ce frère dont elle se rappelait les premières années. Dont elle s'était occupée avec fierté, telle une jeune mère, sous les yeux protecteurs de leur propre mère.

Il l'avait retrouvée et elle ne voulait point le quitter. Ce fut donc avec toute l'autorité dont elle savait faire preuve lorsque cela s’avérait nécessaire à la prévôté, qu'elle l'informa qu'il ferait lui aussi parti du voyage, décidé quelques instants plus tôt.


Insolite journée de mardi, mouvementée où Beths reçu sa vassale Amaelle, lui promettant de prendre soin d'elle, lui promettant de donner des nouvelles, délicieusement ravie et charmée que la jeune femme ait ainsi accouru la sachant en mauvaise forme.

Et puis Bettym arriva à son tour à Gondole comme elle l’avait annoncée. La Duchesse de Billy qui avait écrit à son amie dans la matinée, fut ravie de voir de nouveau réunies les deux B, ne put que montrer pétillements dans ses prunelles prouvant immense plaisir qu’elle avait à revoir son amie. Mais cette dernière constatant son état, apprenant la perte de la vie qu’elle avait porté, se mit à gronder. Elle aurait du se reposer, elle n’aurait pas du prendre ses gardes, et le leitmotiv continua. Sereine et calme, Beths regarda son amie, et d’un mot, d’un seul la calma. Bettym était exactement comme elle, acharnée, elle comprit … et les accompagnerait … jusque Moulins.


Ce fut deux jours plus tard, lors de leur seconde étape, après Montpensier, dans la ville de Moulins que Legowen se joignit à eux. Beths avait absolu tenue à prévenir sa marraine de son départ afin que cette dernière ne s’inquiéta pas. Déjà que depuis plusieurs semaines, Legowen semblait avoir remarqué cette étrange fatigue qui semblait ne pas la déserter … Beths devait lui parler, lui expliquer, lui dire … La jeune femme, libérée de ses occupations ducales, décida à son jour de se joindre a la petite troupe.


Beths ne pouvait se départir de son sourire. Un mari aimant, un frère retrouvé, une amie de confiance, une seconde qui restait en arrière mais avec promesses de pigeons. Et tous les tracas des derniers mois qui peu à peu se faisaient distancer et s'abandonnaient sur la route, loin derrière elle.

Que pouvait-elle donc rêver de plus ? Y avait-il plus parfaite manière de commencer ainsi un voyage d'agrément ?

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