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[RP] Chez Cebenna, c'est benna...c'est bien!

Cebenna
Petit tour de la ville en prenant le temps, en flânant, le nez au vent. Le soleil joue dans ses yeux qui brillent de joie. Elle les cligne plusieurs fois. Elle est comme ça Cebenna, profitant de chaque petit moment de bonheur que lui offre la vie. Ça lui a joué des tours d'ailleurs, elle y a laissé des écus, et quelques biens, mais tant pis, elle est vivante et elle avance.

Pourtant un pli barre son front, c'est qu'elle a mal dormi cette nuit. Rentrée tard, après une excellente soirée où elle a bien ri, elle a dû dormir dans le taudis. Cela faisait longtemps qu'elle rêvait d'un bon lit, elle n'a eu qu'une pauvre paillasse. Mais tant pis, aujourd'hui, c'est décidé, elle trouvera une petit maison. Quatre murs solides, un toit, et une porte qui ferme bien. Car il y a des brigands lui a-t-on dit, et elle n'a pas envie de se coltiner à eux.

Et la voilà dans Mende, à siffloter en regardant ce qui pourrait faire l'affaire.
Cebenna
Faire le tour de Mende lui a pris quelques jours. Elle aime de plus en plus cette ville, même si elle sent bien une certaine méfiance à son égard. En pensant à cela, elle hausse les épaules, on ne peut plaire à tout le monde.
Elle aime rire, n'en déplaise à certaines personnes, et jusqu'à présent, nul n'a réussi à lui enlever cette joie précieuse et naturelle. Face à la mort, lorsque celle- ci se présenterait, au détour d'un chemin sans doute, elle serait capable de lui éclater de rire au visage, de cela, elle n'avait aucun doute.
Seules les fourmis la font pâlir, mais c'était une autre histoire.

Cebenna ne posséde rien. Pourtant, elle a eu des projets, elle s'est même intéressée à un moment à certains domaines, la médecine, la mer. Mais de longues absences chez les sœurs et la chèreté des études l'avaient un peu rebutée.

Aujourd'hui, c'était le 4e jour dans cette ville languedocienne et le taudis, elle en a marre. D'abord, c'était d'un inconfort abominable, ensuite ce n'était pas sûr pour une jeune fille seule: pas de porte, des murs de planches fragiles, non vraiment, le moins qu'on puisse dire c'était que la sécurité n'était pas optimale.
Elle n'est pas bégueule, ni du genre à se choquer de quoi que ce soit, pourtant, elle déteste le fait de courir un quelconque danger dans son sommeil. Sans compter que des gens fort peu recommandables circulent dans la ville.

Depuis la veille, elle a pris la décision de se construire une cabane, ou plutôt un cabanon de fortune. L'idée, sans doute saugrenue, lui était venue en voyant toutes les pierres dont elle débarrassait les champs qu'elle semait et qui trainaient le long du bord des chemins.

Elle a donc choisi un emplacement, s'assurant qu'il n'appartienne à personne et, la nuit, elle faisait des allers retours, charriant dans un sac de toile de jute, des kilos de pierres.

Elle est percluse de courbatures depuis deux jours, or ce matin là, la douleur est insoutenable et différente. Mais elle n'y prête pas plus attention que ça. Elle n'a jamais eu l'habitude de s'arrêter sur sa petite personne.

Elle regarde son chantier et elle sourit.
Bien sûr il lui faudra cimenter les pierres et ensuite pour le toit, trouver des planches de bois. Pour cela, elle contactera un charpentier.
L'ampleur de la tâche ne lui échappe pas, mais elle est tenace et l'avenir n'appartient-il pas aux audacieux?
S'est-elle posée la question de la réussite assurée de son projet? Absolument pas, car impossible est pour Cebenna, un mot qu'elle n'a pas à son vocabulaire.
Elle y croit tout simplement.
Et elle espére avoir un peu d'aide.
Cebenna
Ce matin là en regardant son tas de pierres, Cebenna est découragée.



Tout son corps lui fait mal. Elle mange ou plutôt grignote sans réel plaisir. Sans doute boit-elle un peu trop, mais les moments avec un peu de monde en taverne sont si rares qu'elle en profite autant que possible.
Autour d'elle elle voit des gens qui s'aigrissent, des gens qui se cherchent sans se trouver, des couples mal assortis. Elle qui était, au départ, pleine d'optimisme, sent son cœur lourd. Pourtant elle continue d'y croire mais c'est dur.

Elle entasse quelques pierres, répartissant dessus le ciment, un peu maladroitement, ce qui lui arrache un grognement d'insatisfaction.
Ce ciment, c'est un des hommes qui travaille aux remparts qui le lui a fourni en lui expliquant comment le faire. Rien de bien difficile. Elle avait alors récupéré la poudre précieuse et l'avait mélangée à de l'eau dans une grande bassine en fonte.
Ensuite il suffisait de tartiner. Facile!! Oui, mais non.
En réalité cette tentative de premier mur ne ressemblait à rien.

Alors, elle donne un coup de pied dans le fragile édifice qui ne dépasse pas la hauteur de ses genoux; celui-ci vacille, pour finalement s'écrouler.

Fatiguée, la tête en vrac, elle se laisse tomber à terre et pour la première fois depuis longtemps, prise d'un profond découragement, elle se met à pleurer.
Nizam
    Le quartier des artisans. Baignait dans la matinée tiède de juillet une marée d'odeurs de cuirs et de becquetance. Parmi les rombiers qui se frôlaient dans les ruelles, entrant, sortant des devantures bigarrées, une monture sombre frayait un chemin à son cavalier. Les sabots ferrés frappaient les pavés avec la lente régularité du pas de l'animal. L'homme en selle était affublé des tissus lourds et robustes des soldats à la paie généreuse, sobrement vêtu, il était couvert d'un gippon, qui, à l’œil attentif, s'avérait être un corselet d'acier. La bâtarde qui battait l'air, montée haut à son flanc, parachevait l'allure de gens d'armes. Cela suffisait à persuader les quidams du milieu de rue de s'écarter, permettant au mercenaire à cheval d'enfiler les ruelles marchandes sans être bousculé. Les présentoirs divers qui mangeaient sur les pavés attiraient le regard, mais l'homme au visage entaillé avait déjà négocié ce qu'il souhaitait, le tout empaqueté dans une toile de jute tenait à la selle, sur les reins de la monture.

    D'un coup de talons, il se dirigea à la sortie du quartier afin de rejoindre l'une des portes de la cité. Balafré souhaitait atteindre les champs et les vergers languedociens, pour y acheter à prix bas, sinon braconner, récolte et petits gibiers. La rapine était plus aisée qu'en ville, elle n'alerterait pas les miliciens qui traînaient leurs guêtres dans les rues et sur les remparts, car le mercenaire aurait juré que Mende était plus surveillée que du lait sur le feu par la Bourgmestre. Femme charmante au demeurant, comme l'est un aubergiste qui loge des truands, il souhaite les voir déguerpir au plus tôt, mais sans y laisser ses abattis.

    Enfin, la terre remplaça les pavés. De la marche de l'animal, l'on ne discernait plus que des bruits étouffés. Nizam serra les flancs noirauds de la bête, qui se mit au trot. L'homme aurait pu vitement s'éloigner de la cité, mais une scène étrange le fit tirer les rênes et s'arrêter. La curiosité le mena jusqu'au devant de la femme à terre, qu'il reconnut comme celle à qui, dans un rade, il avait sans badiner tenté de vendre son arpion. Ce n'était pas faute d'avoir racolé la mendoise en lui causant du porte-bonheur qu'était son pied. Elle aurait accepté, Déos savait si elle rirait au lieu de sangloter aujourd'hui.

    Nizam lorgna d'une œillade brève et perplexe la pile caillouteuse près de la femme.


    « Qu'est-ce 'fichez là ? Z'avez mis en terre une bestiole ? Quelqu'un ? Ça s'fait pas au milieu d'nulle part, 'savez ? 'Fin... D'ordinaire, j'entends. »

    Bon mâle, l'homme expliquait ces pleurs en s'appuyant sur la sensiblerie féminine au quotidien de la vie.

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Cebenna
Citation:

« Qu'est-ce 'fichez là ? Z'avez mis en terre une bestiole ? Quelqu'un ? Ça s'fait pas au milieu d'nulle part, 'savez ? 'Fin... D'ordinaire, j'entends. »


Toute à son chagrin de ne pouvoir avancer dans son projet, elle n'a pas entendu le bruit annonciateur de l'arrivée de quelqu'un, à cheval de surcroit. aussi sursaute-t-elle et elle s'effraye un peu.
Pourtant, elle se reprend et sourit même à travers ses larmes. Elle renifle, certes, de façon fort peu élégante, mais ça va avec l'image qu'elle offre d'elle à ce moment précis, et qui n'est sans doute pas à son avantage.


Elle secoue la tête et le regarde. Elle le connait, du moins elle l'a déjà croisé, dans une taverne sans doute, mais son nom, elle ne s'en souvient plus. Il est sobrement vêtu, mais ce qu'il porte doit couter cher. C'est un soldat, en témoigne cette épée qu'il porte à son flanc. Il offre à sa vue l'assurance d'un homme que rien n'arrête, du moins, c'est ce qu'elle perçoit. Elle ignore tout de lui, et ne se méfie pas.
Elle poursuit :


- Mais non, je veux me construire un cabanon....

Alors elle se lance dans l'explication de son projet, allant et venant en grandes enjambées pour lui montrer les limites de sa future habitation. Car elle est comme ça Cebenna, jamais bien longtemps effondrée.
Enfin, lui désignant les pierres et le ciment, elle fait la grimace:


- Je croyais, en voyant les murs de certaines masures, que j'arriverais à en faire autant, mais je crois que je ne suis pas bien douée.

Et elle lui demande sans détour:

- Vous pourriez peut-être m'aider?
Nizam
    Alors Nizam se souvint pourquoi l'on rechignait à donner l'épaule aux geignards et aux pucelettes larmoyantes. Ces bestioles-là vous cavalent sur le ciboulot avec leurs déboires, lèvent un œil humide pour apitoyer le profond de votre âme, elles ont le don de tourner la moindre infortune en malheur humain grotesque. La femme avait tout de la péronnelle en détresse, mais le Balafré à cheval noir endossait mal le rôle impromptu du sauveur. Il songeait écouter l'histoire d'une jeune quille déflorée par un gredin, d'une viergeotte forcée aux épousailles, d'une marchande dérobée par des ribauds. Que nenni. Le cavalier ne s'attendait pas à des travaux ouvriers, ni la découverte de l'architecture "dôme de pierres empilées", dit dans le jargon populaire pile de gravas.
    Nizam ne sut retenir plus longtemps un franc éclat de rire.


    « Pardonnez... 'Vouliez construire votre maisonnée ? 'vec vos deux bras, ces caillasses et l'peu d'mortier qu'vous avez ? »

    Le mercenaire racla longuement sa gorge, seul un rictus amusé fendait désormais sa trogne face à la mine déconfite de l'ouvrière.

    « On n's'invente pas maçon, vous savez ? J'vous aid'rai en vous disant d'prendre un toit dans la cité. Un d'jà debout. Vous s'rez mieux logée qu'sous vos pierres qui branlent. »

    La fâcheuse tendance de tirer profit du malheur d'autrui fit soudainement luire une idée à l'esprit du Balafré. Son braconnage matinal avait peut-être débuté plus tôt que prévu, le gibier acculé étant devant lui. Il avança de quelques pas sa monture vers la jeune femme, son visage parut sérieux.

    « Si vous n'vous y connaissez pas tant en caillasses, j'peux vous aider à dégoter un bon toit, à bon prix. J'voyage, 'voyez, j'ai souvent changé d'piaule, j'm'y connais en pierres et en négoce. Ça n'vous coût'ra que quelques écus par jour, l'temps d'mes recherches, hein, évidemment. »

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Cebenna
Elle le regarde éclater de rire, et pince la bouche. En quoi est-ce drôle le fait qu'elle veuille fabriquer son cabanon?

- Encore un qui pense avec ses c......et ses muscles, songea-t-elle en affichant un large sourire sur son visage, un peu ironique.
Certes, sa condition de femme pouvait laisser supposer qu'elle n'était point capable d'une telle tâche. Mais à cœur vaillant rien d'impossible. Et si ça l'amusait elle d'y croire?
Il cesse de rire pour lui demander:


Citation:
« Pardonnez... 'Vouliez construire votre maisonnée ? 'vec vos deux bras, ces caillasses et l'peu d'mortier qu'vous avez ? »


Elle hoche lentement la tête, tandis qu'il poursuit:

Citation:
« On n's'invente pas maçon, vous savez ? J'vous aid'rai en vous disant d'prendre un toit dans la cité. Un d'jà debout. Vous s'rez mieux logée qu'sous vos pierres qui branlent. »


Elle pose ses yeux bleus sur l'homme puis jette un oeil sur le tas de pierres. il continue:

Citation:

« Si vous n'vous y connaissez pas tant en caillasses, j'peux vous aider à dégoter un bon toit, à bon prix. J'voyage, 'voyez, j'ai souvent changé d'piaule, j'm'y connais en pierres et en négoce. Ça n'vous coût'ra que quelques écus par jour, l'temps d'mes recherches, hein, évidemment. »


Elle retient un éclat de rire. Voilà qu'il essayait manifestement de lui soutirer quelques écus. Il avait un certain culot quand même.

- Oui, c'est clair que des masures il y en a, en en choisissant une, je serai mieux et vite logée. Mais aucune d'entre elles me plait. J'en veux une différente, une qui me ressemble...

Elle hausse les épaules et soutenant son regard, elle ajoute:

- Perdez pas votre temps, j'ai pas de sous, je suis fauchée. Par contre si vous dites vous y connaitre en caillasses, et en toit... je dois l'orienter comment ma cabane, pour qu'elle puisse avoir le plus de soleil possible?
Misslinoa

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    Fichtre, la péronnelle n'avait pas le bulbe aussi mol qu'il l'avait envisagé, mais, ô malheur, ses poches étaient bien trouées. Le mercenaire n'insista pas à proposer son aide, sa propension à incarner le bon samaritain allait de pair avec la bourse de son interlocuteur, la femme ayant les deux pieds dans la débine, autant dire que cela lui ôta chichement sa charité. Avoir du coeur, c'est louable, mais avec un bon pécule dans ses pognes, c'est mieux.
    L'homme d'armes écarta sa monture de la jeune femme, prêt à retourner au sentier.


    « Cogitez pas trop pour ça, orientez vot' pierraille vers l'Sud, c'sera suffisant. »

    Nizam serra brièvement ses mollets contre les flancs du noiraud, ce dernier, aussi tendret que son maître, mordit longuement les mords en avisant la femme et l'herbe grasse près des caillasses. L'animal céda lorsqu'il sentit la poigne de l'homme se raffermir sur les rênes, il se tourna et reprit le chemin à pas lent.

    « Je vous laisse à vos travaux. Si j'vois une bâtisse à c't'endroit l'jour où j'reviendrai à Mende, j'vous promets un godet de gnôle. »

    Tandis que le Balafré s'éloignait sur le sentier, il s'adressa une dernière fois à la bâtisseuse.

    « Eh, la donzelle aux cailloux ! Je sais c'que vous d'vez faire, épousez un mendois ! Il aura d'jà un toit, s'non c'couillon f'ra la sale besogne pour vous ! M'remerciez pas ! »

    Bientôt, l'on ne vit plus le mercenaire, seul restait le bruit d'un ricanement mêlé aux sabots qui heurtaient la terre.


Posté à la demande du JD Nizam

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