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[RP] "J'vous écris une petite bafouille...

Arnauld
    ...pour pas qu'vous vous fassiez d'mouron"
    Pierre Perret, Les jolies colonies de vacances


[Montpellier, 1er juillet 1463]

    Montpellier, enfin. Il avait eu tellement hâte d’y arriver ! Il avait tout prévu. Il aurait franchi les portes de la ville d’un pas ferme, il aurait regardé chaque champ de blé avec un petit sourire victorieux – Je sais tout, maintenant, faux-jetons ! Il ne s'est rien passé chez vous ! -, il aurait retrouvé la trace de Cléo avant que les cloches de l’église ne sonnent midi, et ce premier jour de juillet aurait merveilleusement enterré le détestable mois de juin qui avait été, il faut bien l’admettre, le pire de la vie d’Arnauld.

    Mais non, tout avait dérapé avant même qu’il n’arrive en ville. Pris en traître par un brigand encapuchonné au détour d’un chemin, délesté de sa bourse, de ses armes, de ses précieux onguents, il avait réussi à se traîner jusqu’aux remparts, pour être ensuite arrêté par les gardes pour vagabondage et jeté sans ménagement dans une geôle où il avait passé la nuit. Pour l'arrivée conquérante, on repassera.

    Bref. Libéré au petit matin, il avait cependant pu mener l’enquête dont il répétait chaque étape dans sa tête depuis plusieurs jours. Et le soir venu, donc, il prit la plume pour raconter tout (ou presque tout) à Pépin et Hélona. Ses deux amis devaient s’inquiéter pour lui, il devait les rassurer, et éviter d'entacher leur bonne humeur – même si, honnêtement, il allait devoir se creuser la cervelle pour tourner les choses de manière à garder un ton léger.


Citation:
Hélona, Pépin,

Je suis bien arrivé à Montpellier. Bon, un type m’a un peu assommé avant que j’arrive, et il est reparti avec mes écus et quelques autres trucs que j’avais sur moi, et après je suis allé en prison parce que je n’avais pas eu de quoi me payer une chambre d’auberge. Mais ce n’est pas grave, c’est mieux que de dormir dans la rue ! Ils m’ont laissé sortir quand le jour s’est levé, j’ai pris une miche de pain et je suis allé directement à la plage, pour voir ce que Cléo m’avait laissé dans le pin creux dont elle m’a parlé dans sa lettre. J’ai eu un peu de mal, mais j’ai fini par trouver. Ça m’a fait quelque chose, de l’imaginer, ma Cléo, en train de cacher ça là… Je ne sais pas pourquoi elle me l’a donnée maintenant. Quand je l’aurais retrouvée, je lui rendrai, elle ne me la redonnera que le jour de notre mariage.

Parce que je suis certain de la retrouver, j’ai la preuve qu’elle est partie en Sicile ! Je vous explique.

Je vous avoue que la première chose que j’ai faite, avant de frapper à la porte du couvent, c’est de demander aux gens si on n’avait pas retrouvé une noyée récemment – ah, je déteste écrire ça – parce que c’est vrai que sa dernière lettre, on pouvait la lire un peu comme

La première chose que j’ai faite, après le pin creux, c’est d’aller frapper à la porte du couvent. Je me suis présenté – Arnauld Cassenac, c’est moi le fiancé de Cléocharie, vous savez, la belle jeune fille qui a séjourné un mois chez vous – et j’ai demandé à parler à Sœur Viviane. J’ai eu bien de la chance, parce que c’était justement à elle que j’étais en train de m'adresser. Elle a ouvert de grands yeux ronds, comme si elle était étonnée que je sois revenu, elle a regardé autour d’elle et elle m’a entraîné à l’écart pour me parler. Elle aimait bien Cléo – c’est normal ! – et elle était désolée qu’il ait fallu que je subisse tout ça, elle l’avait trouvée un peu dure – oui, bon, j’admets – et elle m’a même dit qu’elle l’enviait un peu, parce qu’elle, elle n’avait personne qui l’aimait comme moi j’aime Cléo, et qu’à sa place elle ne serait pas partie sans moi. J’ai pas trop aimé ces reproches, pour tout vous dire. Elle ne connaît pas Cléo comme moi, elle ne sait pas combien elle a souffert. Mais bon. Elle m’a confirmé qu’elle avait quitté le couvent, le 25 ou le 26 juin – ces bonnes sœurs, à force de faire tous les jours la même chose, elles n’ont plus de mémoire – et qu’elle avait pris la direction du port.

J’y suis donc allé, naturellement. J’ai demandé aux gens s’ils l’avaient vue, je l’ai décrite et tout, j’ai dit qu’elle avait des cheveux courts de garçon, maintenant, mais qu’elle était vachement belle avec des grands yeux noirs et que quand elle souriait on ne voyait plus que ça quoi qu’il se passe autour. J’ai surtout eu des froncements de sourcils comme réponse, et un type un peu moins idiot que les autres m’a conseillé d’aller consulter le registre. Si la fille que je cherchais avait embarqué sur un navire, elle avait dû le signer, qu’il a dit. Et en effet, j’ai tout de suite reconnu son écriture (elle est gauchère, elle écrit mal, c’est adorable, mais toi Hélona t’as déjà dû t’en rendre compte) - « Cléocharie Illiakis ». J’ai jamais entendu le nom « Illiakis » nulle part, je ne sais pas d’où ça peut venir. Elle l’a peut-être inventé. Ou bien alors était-ce celui de ses parents adoptifs, le couple de Grecs qui l’ont recueillie après que cette après que sa mère l’a abandonnée, et qui sont morts quand elle avait six ans ? En tout cas, je comprends qu’elle rejette le nom de Corleone. J’aurais bien aimé qu’elle signe Cassenac…

J’ai tout de suite demandé quand partait le prochain bateau pour la Sicile. Le marin ne savait pas, ça pouvait être dans quelques jours, ou la semaine prochaine. Il va falloir que j’aille sur le port tous les jours. Plusieurs fois par jours. Mais comment vais-je faire pour payer ma place ? Je n’ai plus rien, le brigand m’a tout pris. Hors de question que je vende ce que Cléo m’a donné. Quand j’y pense, Pépin, heureusement que tu avais tout planqué dans ta grotte. Je n’aurais pas supporté qu’on me vole la bourse qu’elle m’avait offerte, ni l’arc, ni la dague, ni mon protège-bras, ni rien qui vient d’elle. Au moins, là-haut, c’est à l’abri.

Je vais essayer de gagner un peu d’argent, en attendant le prochain bateau. Je ne peux pas le rater. Il faut que je la retrouve. Ça fait un mois que je ne l’ai pas vue, mais ça me paraît faire dix ans… Quand on sera réunis, on ira où elle veut. Je veux bien rester à Palerme, si c’est ce qui lui plaît. Je vous écrirai souvent, promis.

Ma lettre est déjà si longue ! Et je n’ai parlé que de moi. Comment allez-vous, tous les deux ? Hélona, tu n’es pas trop fatiguée, avec la grossesse ? Pépin continue de te couvrir de cadeaux ? Et toi, mon vieux, tu t’en sors avec la roulotte ? Où vous trouvez-vous ? J’espère que tout va bien, et que vous êtes aussi heureux que vous méritez de l’être.

Prenez soin de vous.

Votre ami,
Arnauld.

PS : Quand j’aurai envoyé cette lettre, Pépin, j’essayerai la pipe gravée que tu m’as offerte. Le brigand n’en a pas voulu, heureusement, et il m’a aussi laissé celle de Cléo. Il n’a dû y voir qu’un morceau de bois creux courbé. Moi, je repense souvent à ce que t’as dit une fois, qu’elle y mettait sa bouche, qu’elle mordillait sûrement l’embout… Rien que pour ça, je ne m’en séparerai jamais. Sauf pour lui rendre, bien sûr, quand je l’aurai retrouvée.
Pepin_lavergne
Pépin avait eu bien du mal à se décider à lui répondre. Ce n'était pas qu'il ne savait pas quoi lui dire, mais chaque fois qu'il était en train de commencer sa lettre, quelque chose d'inattendu surgissait dans le décor. Comme Hélona qui rentrait de Deos savait où, couverte de boue et la robe en lambeaux. Ou quand Hélona avait surgi dans une taverne en boitant. Ou quand un enfant turbulent renversait son encrier... Que de complications, donc, avant d'enfin trouver un coin tranquille, éloigné de la foule, où il pouvait enfin achevé ce qu'il avait commencé quatre jours plus tôt.

Citation:

    Fait à Marmande,
    Le 08 juillet 1463


      Arnauld,


    Comme tu le constates, c'est moi qui te réponds aujourd'hui. Mais Hélona a également lu ta lettre, et elle m'a bien demandé de te laisser deux ou trois conseils en son nom.
    J'ai mis dans l'intitulé la date d'aujourd'hui, mais en fait, ça fait quatre jours que j'y suis. Des évènements indépendants de ma volonté on fait que j'ai pris du retard dans ma correspondance.

    Déjà, commençons par te répondre. Hélona pense que c'est dangereux que tu partes tout seul là-bas, et je suis plutôt de son avis. Elle est partie, Arnauld, et c'est sans doute précisément pour que tu ne puisses par la retrouver. En plus, tu ne parles que trois mots d'Italiens, comment comptes-tu parvenir à quoi que ce soit ? Je ne te dis pas de renoncer. Mais sois très prudent, et tâche de te trouver un interprète. Sait-on jamais, que l'on t'entraîne dans un coin louche pour t'égorger... C'est plus prudent de comprendre ce qu'on te raconte, crois-moi. Hélona dit aussi de faire attention, et de ne pas te perdre dans les bois. Ne parle pas aux inconnus non plus, et refuse les sucres d'orge. A part si c'est une fille sublime qui te les propose, là, t'acceptes, et tu manges tous les sucres d'orge...

    Tu parles beaucoup de Cléo, mais pas beaucoup de toi, ceci dit. Comment vas-tu depuis l'agression ? Tu as été blessé ? Et qu'est-ce que c'est, ce qu'elle t'a laissé dans le tronc d'arbre ? Ni Hélona ni moi n'avons compris. Tu parles de « lui rendre » de cacher « ça là »... Sauf que tu ne nous dis pas ce que c'est, « ça ». Donc, on n'y comprend rien. Alors, Arnauld, enfin ! Fais gaffe à ce que tu écris, voyons ! Nous voilà tétanisés de suspense, incapables de bouger... Bon, pas tout à fait, mais quand même. N'oublie pas de préciser ce que c'est.

    Quant à nous, nous sommes passés par Montpellier. Ville animée, certes, mais tout le monde n'est pas franchement accueillant. Et d'autres sont bien trop accueillants, si tu vois ce que je veux dire... Ce n'est pas ma ville préférée, en somme.
    Nous nous dirigeons vers Bordeaux. Nous n'allons plus à Bayonne, Hélona a entendu dire que toutes les villes d'ici à là-bas étaient vides, et que Bayonne aussi, a oublié d'être animée. Tant pis pour le jambon, j'ai déjà écrit à un boucher de là-bas, il m'expédie un jambon entier à Bordeaux. N'est-ce pas fantastique ?

    Hélona va bien, ou à peu près. La chaleur et la grossesse la fatiguent un peu, mais mis à part ça, elle se porte comme un charme. Elle n'a tout de même rien trouvé de mieux à faire que de tomber dans un trou, de façon accidentelle, me dit-elle, pour sauver une fille qui y était elle-même tombée. Elle boîte, à cause de ça, maintenant. Enfin, ça me donne l'occasion de la masser... Ce qui n'est pas désagréable comme tu t'en doutes !

    Sinon, le premier de ce mois, nous avons fêté mon anniversaire. J'ai reçu des tas de cadeaux fantastiques de la part d'Hélona. Une gibecière neuve, une rebec, une plume d'aigle pour écrire mes contes, un bracelet en cuir avec un ruban bleu mêlé, de quoi fumer, une fiole pour y mettre de l'alcool... Et une lettre superbe... Et elle-même. Elle avait mis un ruban autour de sa poitrine - nue, la poitrine - et... Bah quoi, j'ai déballé mon cadeau ! Evidemment.

    Au sujet de la roulotte, elle est terminée ! Hélona s'occupe de peindre l'intérieur ainsi que les meubles. Elle achète des rideaux, et tout un tas d'autres trucs qui meubleront notre maison à roues. Et j'ai fait un berceau pour le bébé. Bref, tout va très bien.

    J'espère que cette lettre te trouvera avant ton départ pour Palerme.

    On t'embrasse tous les deux,
    Amicalement,

      Pépin et Hélona


    PS : C'est quand même con que tu sois pas là.



_________________
Arnauld
Citation:
Montpellier, le 9 juillet 1463

    Hélona, Pépin,

    Coup de chance, pour votre lettre. Je pars dans quelques heures – encore un peu, et je ne la recevais jamais. Je vous écris donc en vitesse, il faut que je me dépêche. Il y a déjà eu l'autre jour un bateau sur lequel je n’ai pas pu embarquer, faute d’argent pour payer le capitaine, alors je ne veux surtout pas rater celui-ci. J’ai pu négocier le prix de mon embarquement, cette fois. Je crois que le capitaine m’aime bien, mon histoire a dû le toucher – bon, je n’aime pas particulièrement « toucher » les gens, mais je ne vais pas me plaindre, puisque ça m’a permis de ne pas avoir à dérober la moindre bourse. Je ne veux rien faire de répréhensible en Languedoc, vous comprenez ; c’est chez moi, et je ne veux pas être un criminel chez moi. Je ne veux pas être un criminel tout court, d’ailleurs. Je déteste les Corleone et toute leur bande de mercenaires. Enfin... Je verrai, une fois à Palerme. Il faudra bien que je paye le retour, et ça me coûtera deux fois plus cher puisque je ramènerai Cléo. Une bourse ou deux qui disparaissent à la ceinture de quelque gros bourgeois grassouillet, ça n’est pas bien grave, ça ne fait de mal à personne…

    Pour répondre, non, je n’ai pas été blessé. Je vais bien, physiquement, ne vous en faites pas. Les recommandations d’Hélona m'ont fait sourire ceci dit. Je serai bien forcé de parler aux inconnus, voyons ! Je ne connais personne à Palerme, et il faudra bien que j’interroge les gens pour retrouver Cléo. J’ai dessiné son portrait, d’ailleurs, ça me facilitera les choses. C’était pas évident, même si je connais tous ses traits par cœur. Je le peaufinerai pendant la traversée – j’aurai largement le temps et pas grand-chose d’autre à faire. Pour l’interprète, je verrai. Certes, je ne parle pas italien, à part quelques expressions (et je ne pense pas que « ti amo amore mio » me soit d’une grande utilité auprès des passants), mais je me débrouillerai avec des gestes, et avec le portrait. Puis rassurez-vous, je ne pense pas qu’un Sicilien ait envie de m’égorger. J’ai franchement rien à voler et ça se voit tout de suite. Quant à cette histoire de friandises… Arrêtez de vouloir me trouver une autre fille ! Ce sera Cléo ou ce ne sera personne.

    Je ne savais pas que c’était ton anniversaire, Pépin ! Fais gaffe, tu vas devenir vieux à force. Papy Pépin, ça sonne bien remarque. Je te le souhaite donc avec pas mal de retard : bon anniversaire, copain ! J’ai rien à t’offrir, par contre… Je me rattraperai l’année prochaine.

    C’est quoi cette histoire de trou, Hélona ? Pour ma part, la dernière fois que je suis descendu dans un trou, y avait un sanglier empalé dedans. Bon, c’est moins noble que le sauvetage d’une demoiselle en détresse. Mais fais un peu attention à toi, tout de même !

    Si vous me répondez, je risque de ne pas pouvoir vous lire avant un bout de temps, puisque j’embarque tout à l’heure. Je verrai si je peux vous écrire depuis la Sicile, mais évidemment les lettres vont mettre un certain temps avant de vous parvenir. Prenez soin de vous, en attendant.

    Je vous embrasse.

    Arnauld.

    PS : C’était l’alliance qu’elle m’avait achetée il y a quelques mois. Elle ne voulait pas me la montrer avant le grand jour. Et Pépin, ne fais aucun commentaire sur le fait que ça signifie qu’elle me quitte, etc. C’est qu’elle ne sait pas encore que je l’aime assez pour la retrouver jusqu’en Sicile et lui pardonner tout ce qu’elle m’a écrit.


    Arnauld posa la plume, sourcils légèrement froncés. Toutes les remarques en rapport avec le fait que Cléo ne voulait plus de lui l’agaçaient prodigieusement. Il était peut-être dans le déni, mais il restait convaincu – ou tentait de rester convaincu – qu’une fois qu’il se retrouverait face à face avec Cléo, toutes les semaines cruelles qu’elle lui avaient infligées s’évaporeraient et qu’elle comprendrait enfin à quel point il l’aimait, et qu’elle non plus ne pouvait pas vivre sans lui. Il ne supportait donc pas qu’on lui rabâche qu’elle l’avait quitté. Tout comme il avait un peu de mal à partager le bonheur de ses amis, ne pouvant s’empêcher de ressentir une certaine jalousie – le coup du ruban autour de la poitrine, notamment, lui laissait comme un goût amer. Conscient qu’il avait tort de ressentir de telles choses, toutefois, il avait essayé de n’en rien montrer et de garder un ton enjoué. Il leur devait bien ça.

    Il relut ce qu’il avait écrit. Oui, ça irait. Il songea un instant à rayer le post-scriptum, mais renonça à l’idée. Pépin lui avait fait remarquer qu’il avait « oublié » (il avait bien entendu fait exprès) de mentionner ce que Cléo lui avait laissé dans le pin creux, et il ne pouvait pas à nouveau garder le silence – tant pis, au moins son départ lui permettrait d’éviter de lire de nouveaux commentaires sur l’abandon de Cléo.

    Il se redressa d’un coup. Son départ ! Il avait failli oublier, à force de ressasser tout cela. Il cacheta la lettre en vitesse, et se mit à rassembler ses affaires. Au moment de partir, il oublia – parce qu’Arnauld est parfois un peu stupide – de donner la lettre à un messager ; ce serait l’aubergiste qui, quelques jours plus tard, la trouverait et s’occuperait généreusement de la faire parvenir à ses destinataires.
Helona
J’aurais du répondre à Arnauld il y a des semaines de cela, Pépin avait même proposé de s’en charger une nouvelle fois, mais j’avais poliment refusé. Nulle fainéantise de ma part, nul autre projet suffisamment chronophage pour m’empêcher de la rédiger… En réalité, j’avais simplement peur que ma lettre n’arrive jamais, et de ne jamais recevoir de réponse. Mais, après presque deux mois sans nouvelles, il me fallait prendre mon courage à deux mains.

Citation:
A Carcassonne, le 22 août 1463

Cher Arnauld,

Je dois m’excuser d’avoir mis tant de temps à te répondre. Ce n’est pas la faute de Pépin, il aurait voulu le faire bien plus tôt. Mais j’étais persuadé que si tu étais en pleine mer, tu ne la recevrais jamais. Aussi, j’ai préféré attendre d’être certaine que tu sois sur la terre ferme… où qu’elle se trouve. Bien que, tu dois t’en douter, j’espère intérieurement que le terre ferme est par chez nous.

Je ne sais pas où tu en es dans ta quête pour retrouver Cléo, mais j’espère de tout mon cœur que tu va bien et qu’il ne t’est pas arrivé trop d’ennuis. Les italiens ont le sang chaud, comme les hispaniques, tu dois bien le savoir puisque tu les as fréquentés quelques temps. Quoiqu’il en soit, j’espère de tout cœur que tu auras de nouvelles informations sur Cléo, dans ta prochaine lettre, parce que je n’ai plus eu aucune nouvelles, de mon côté.

En ce qui nous concerne, Pépin et moi, nous arriverons à Narbonne demain. Je crois qu’il était temps, parce que je pense accoucher dans quelques jours, et j’ai eu peur pendant un moment de me trouver en pleine forêt à ce moment-là. Deos soit loué, nous n’avons eu aucun ennui en chemin, pas même sur la route pour nous rendre en Bretagne. Parce que nous y sommes enfin allés ! Nous avons fait le tour de la Bretagne, et passé quelques nuits en plein cœur de Brocéliande. Tu aurais adoré, j’en suis certaine.

Depuis que tu es parti, il nous est arrivé un tas de choses, il faut dire. J’ai atterri tout droit dans une ancienne mine de Nains, qui avait étés littéralement décimés par le souffle brûlant d’un dragon qui avait décidé d’en faire sa nouvelle tanière. Et au bout du tunnel, on a débarqué dans une salle rempli de gens franchement riches, Pépin aurait tenté de tous les voler ! Fort heureusement, il n’était pas là, et je m’en suis tirée avec une cheville tordue. A Brocéliande, on a aussi vu des tas de créatures fabuleuses, mais je préfère attendre de te revoir pour te conter tout cela de vive voix.

J’espère, où que tu sois, que tu nous reviendras bientôt. Je crois que Pépin a besoin d’un ami masculin, ça lui manque. Et tu me manques, à moi aussi.

On t’embrasse,
Fais attention à toi
Hélona.

_________________

Merci au jidé Pepin_Lavergne pour la ban
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