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[RP] Je suis comme les arbres, y'a des saisons j'me perds.*

Louis_marie
    [S'il s'agit de désir, je crois pouvoir dire que tu me manques
    Je ris comme je respire mais au fond je tangue
    Et me démange ton souvenir maintenant que me voici
    Tout seul
    On est peu de choses
    Je t'appelle et n'ose
    Plus te le demander
    Ne me laisse pas
    Tout seul
    Le temps nous impose
    Cette solitude
    Il y a mes bras
    Et les tiens pourquoi pas.*]


Louis-Marie. Tu n'es rien d'autre que son petit frère. Une petite racaille de Paris, trop banal, pas assez grand, et vraiment pas fait pour elle. Une femme comme elle a besoin de plus. Elle a besoin d'un homme, un vrai. Avec de l'endurance.**

Préférant encore ne plus exister pour elle plutôt qu'être à ses yeux cette petite racaille de Paris, tu as disparu, LM. Un choix facile, du moins au début. Rien ne t'a semblé plus évident que de la maudire en silence, de l'accuser, de lui en vouloir, de la haïr pour t'avoir ainsi mené à ta perte. Si seulement elle n'était pas si jolie, si séduisante, si habituée à se faire désirer. Si seulement elle n'avait ni cette bienveillance rassurante, ni cette irrésistible démarche qu'on ne peut que suivre. Si seulement elle n'avait pas cette habileté naturelle à exciter le désir des hommes. Si seulement, ce soir-là, elle avait caché à tes yeux ces seins que tu ne savais pas voir. Si seulement elle n'était pas si parfaite et si amoureusement envoutante. Si seulement elle n'était pas Gysèle.

Les premiers jours de juillet, tu as su te persuader que tout était sa faute, qu'elle était cette catin manipulatrice qui éveille les sens pour mieux détruire l'orgueil de ses victimes. Pire que votre mère, avait un jour dit Evroult. Et voilà que, pour une fois, tu lui donnais raison. Mais, pire, traînant partout ton air boudeur et tes pensées colériques, dépensant tes maigres économies dans des bouteilles d'alcool répugnants ou dans quelques cuisses féminines pour n'y passer que d'éphémères secondes, tu donnais aussi raison à ta soeur : tu es une petite racaille de Paris, un gamin trop banal, pas assez grand, et manquant décidément d'endurance.

Et tu aurais pu continuer à ruminer ton piètre sort et à te vautrer dans ta rancune, si seulement Gysèle n'était pas venue te rappeler son existence. De la plus étrange et de la plus involontaire des façons, sans doute. Mais voilà que la rousse avait surgi dans tes rêves, était venue agiter tes nuits, présence rassurante qui consolait ton chagrin et qui, parfois, souvent même, ôtait ses vêtements de grande soeur pour venir contre toi, nue et charmante.

Ta barbe a poussé, tes mains tremblent tant que tu n'as pas ingurgité une dose d'alcool bien peu raisonnable, ta tignasse trop longue mériterait maintenant presque qu'on l'attache. Tu t'es oublié, LM, cherchant en permanence à te rendormir, à assommer ta conscience pour retrouver tes songes et leur habitante. Mais aujourd'hui, il suffit. Te contenter d'une Gysèle irréelle ne te suffit plus. Le manque s'est fait trop grand.

Tu viens de vivre deux mois sans passer tes doigts dans sa crinière rousse. Deux mois sans respirer son parfum. Deux mois sans la voir ivre. Deux mois sans la voir sobre. Deux mois sans la tenir contre toi. Deux mois sans entendre sa voix. Deux mois sans laisser ton regard glisser dans son décolleté - car oui, consciemment ou non, discrètement ou non, l'oeil vert n'a jamais cessé de s'égarer sur le corps de ta soeur. Deux mois sans savoir si elle est en sécurité, si Merance et Pierre prennent soin d'elle, si elle est heureuse. Deux mois sans sourire une seule fois. Bref, deux mois sans Gysèle.

Le manque s'est fait trop grand et, petit être prostré dans un coin de ta chambre d'auberge, une bouteille posée près de toi, tu te décides enfin à lui écrire. Des heures déjà que tu tentes d'arriver à la formulation parfaite, pour exprimer une simple proposition : "serre-moi dans tes bras, blottis-toi dans mes draps". Mais, puisque Ponthieu n'a jamais rimé avec courageux, et, surtout, puisqu'il s'agit de ne rien laisser transparaître de tes sentiments - discrétion oblige - les mots qui s'encrent sur le vélin et qui seront bientôt transmis à la rousse sont bien moins francs et ô combien plus décevants.


Citation:
    Gysèle,

J'ai soif, et j'ai toujours détesté boire seul. Je me suis dit qu'on pourrait peut-être partager un verre, un de ces jours. Qu'en penses-tu ?
M'en voudras-tu si je t'avoue que je rêve de te voir à nouveau attaquée par une araignée ?
Je t'aime.
LM


* Vianney.
** Propos de Gysèle, tirés d'un RP taverne.

_________________

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Gysele
Sorry
Is all that you can't say
Years gone by and still
Words don't come easily
Like sorry, like sorry
[...]
But you can say baby
Baby can I hold you tonight
Maybe if I told you the right words
At the right time, you'd be mine*


Dire les bons mots...tu en es incapable Gysèle, pas quand tu es soumise à une vive émotion. Tu as dit des choses terribles à ton petit frère, des choses que tu n'aurais jamais eu à dire si tu t'en étais tenue à ta place d'aînée. Mais comme toujours, tu as cette capacité à faire tout ce que tu ne devrais pas faire, aimer ceux que tu ne devrais pas aimer et oser ce que tu ne devrais jamais envisager. Cette propension au désastre, tu l'as depuis toute petite, mais jamais encore tu n'avais été si proche de détruire tout ce qu'il te reste de famille. Car oui, Louis-Marie est ta seule et unique famille aujourd'hui. Le seul qui sache ce que cachent tes sourires, ce que couvent tes silences et ce qu'un geste infime peut vouloir dire. Ce frère-là sait tout de toi et tu le connais tout aussi bien. Tu sais ce que signifie cette main qu’il passe dans ses cheveux, tu pourrais dessiner de tête le sourire en coin qui nait à sa trogne, tu rêves souvent de revoir une dernière fois la lueur d’ivresse dans les iris vertes, insouciante étincelle qui le rend soit drôle, soit touchant, soit audacieux. Oui, tu as vu Louis-Marie devenir un homme et tu gardes encore à tes lèvres, le souvenir d’un baiser brûlant qu’il a osé te donner en quittant ses airs de jeune adolescent. Tu sais pourtant, que tu aurais dû intervenir quand il a commencé à te regarder différemment, quand tu le surprenais à glisser ses yeux plus bas qu'il ne faudrait, tu te sentais flattée et tu n'as rien fait pour l'arrêter. Incapable de stopper cette catastrophe, tu l'as au contraire encouragé, te blottissant dans ses bras, te mêlant de ses amours, jouant de ton influence sur lui. Car c'est de ta faute, lui-même l'a dit. Tu n'es qu'une sale traînée bonne qu'à allumer les hommes...

...Et les femmes aussi visiblement. Allongée dans ta chambre d’auberge, les lourds rideaux tirés pour te préserver dans le noir, tu essuies tes yeux bouffis de chagrin, deux lettres froissées entre tes doigts. Depuis deux jours, tu as le cœur en miettes. Ta jolie sorcière t’a quittée, te laissant là, plus misérable que jamais. Le palpitant déjà lacéré par le départ de Louis-Marie, a subi une nouvelle balafre par l’ésotérique rousse qui partageait ta vie ces derniers temps. Son départ a creusé un vrai trou, dans lequel tu te réfugies, te reforgeant une carapace rafistolée et branlante. Carapace qui te sert à sortir le soir te mêler à la société, affichant ce sourire à la Gygy que tu mets en place comme une seconde peau.

Tu abandonnes tes vélins lugubres tant tu as pleuré dessus, et tu glisses tes doigts dans ta chevelure sombre. Tu l’as teinte il y a deux jours, après avoir perdu un pari et tu en as profité pour égaliser tes mèches brunes en un carré propre. Si on oublie tes cernes, tu as une allure plus présentable à présent, tes yeux gris et ta crinière foncée te donnent l’air plus sérieux, surtout en l’absence de ton sourire habituel. Ton corps quant à lui, est mieux dessiné, musclé grâce aux entrainements quotidiens de Pierre, t’apprenant le combat au couteau ou à mains nues, mais tu restes maigre malgré tous ses efforts, te nourrissant à peine par manque d’appétit.

Quand un coup frappe à la porte, ta méfiance veut que tu empoignes ton couteau pour t’en approcher. Et quand tu l’ouvres, tu ne peux décider immédiatement si l’homme qui se présente à toi est venu pour te faire du mal ou non. Celui-ci semble surpris par ton accueil, peut-être un peu effrayé par ton arme que tu tiens toujours à la main. Et même quand tu découvres le pli qu’il te tend, tu ne relâches en rien ta parano, rendant quelques pièces en échange du service avant de lui claquer la porte au nez et de t’assurer qu’elle soit bien verrouillée. Une fois sûre d’être à l’abri, tu allumes une chandelle et analyse ton courrier. Tu regardes cette lettre reçue que tu n’attendais pas spécialement et tu vas donc directement voir la signature qui t’arrache un hoquet de stupeur. La pulpe de l’index vient caresser avec douceur les lettres « L » et « M », symboles que tu ne pensais plus jamais revoir et qui ne t’ont plus été adressés depuis bien trop longtemps. Le palpitant se serre et tu crains un instant de lire ce qu’il t’écrit, car ça te semble bien trop court pour tout ce que tu as à lui dire. Pourtant, la curiosité l’emporte et, bien qu’insatisfaite, tu te raccroches aux miettes lâchées, comme pour le petit poucet cherchant à rentrer chez lui. Car oui, chez toi, Gysèle, c’est auprès de lui.

Tu relis à plusieurs reprises ces trois petites lignes et tu ne sais si tu dois rire ou pleurer. LM, si habile à écrire des pavés habituellement, te gratifie de trois phrases après des semaines de silence. Tu frémis imperceptiblement en lisant l’évocation à l’araignée et tu t’interroges sur la meilleure manière de lui répondre. Trois possibilités s’offrent à toi. La première, répondre en tant que toi Gysèle et ne te fier qu’à tes instincts. La deuxième, répondre en tant que femme de raison et le rejeter, refusant son verre et le perdre à jamais. La troisième, lui écrire en tant que sœur, modérée, mais avec distance, quitte à perdre ce qu’il vous reste.

Dire les bons mots...tu en es incapable Gysèle. Ta réponse en sera une nouvelle fois la preuve.



Citation:
Louis-Marie,

Je crois que tu n'es pas sans savoir que les araignées courent le royaume et ne se situent pas qu’en Alençon. Peut-être auras-tu l’occasion d’assister à cette odieuse attaque à nouveau. Qui sait si tu n’en as pas déjà raté plusieurs en ton absence.

T'es plutôt audacieux de me proposer ce verre après tout ce temps, je l'accepte volontiers, mais viens me voir à l’auberge, car je crois que nous avons des choses à nous dire et rien qui ne doive être entendu par des oreilles indiscrètes.
Aimes-tu le bordeaux ? Il est délicieux je trouve.

Je t’attends, chambre n°3.

Pense à dire bonjour à Pierre qu'il ne te prenne pas pour un agresseur.
A moins que tu ne préfères qu'il te fasse sauter quelques dents. (Je me demande si il n'en a pas très envie).

Toi, tu as intérêt à boire quelques verres avant et prends-soin de toi,

Gysèle.

P.S. : tu feras attention à ne pas contrarier l’aubergiste, il est un peu soupe au lait.


*Désolé
C'est tout ce que tu ne peux dire
Les années passent et
Les mots ne viennent toujours pas aussi facilement
Que désolé, désolé
[...]
Mais tu peux dire Chéri
Chéri puis-je te serrer dans mes bras ce soir
Peut être, si je te dis les bons mots
Au bon moment, tu serais mien.

--> Tiré de "Baby can I hold you" de Tracy Chapman

_________________
Louis_marie
Une silhouette, pas très propre, pas très éveillée, est assise sur le perron de l'auberge. Tu es là. Ton corps l'est, du moins. Car ton esprit, lui, s'est perdu depuis un moment au fond de trop nombreuses chopes. Elle t'a conseillé de boire quelques verres. Malheureusement pour tout le monde, lorsqu'il s'agit de verres, tu es bien incapable de t'arrêter au "quelques". Te voilà donc avachi, devant l'auberge, incapable de faire quoi que ce soit. Il faudrait que tu entres, peut-être. Que tu rejoignes la chambre, que tu dises bonjour à Pierre, que tu t'étales sur le lit de Gysèle pour discuter avec elle. Rien de bien compliqué. Rien que tu n'aies fait au moins des centaines de fois. Alors que t'arrive-t-il, LM ? Tu as beau agiter tes souvenirs et tenter de te calmer, jamais tu ne t'es senti aussi anxieux. Et, à dire vrai, les verres n'ont pas eu l'effet escompté. Là où tu espérais qu'ils t'apaisent, il n'ont fait que troubler tes pensées. Comme si elles n'étaient pas déjà suffisamment chaotiques.

Fuir. Vite. Il ne faut pas rester ici. De toute façon, il est trop tard. Elle doit sans doute dormir. Tu n'avais qu'à venir plus tôt. Tu reviendras demain. Et puis non, elle n'a sans doute pas envie de te voir. Tu ne reviendras jamais. Comment pourra-t-elle encore te supporter, après tout ce que tu lui as dit ? Comment pourra-t-elle t'aimer, si elle sait que, depuis deux mois, tu n'as cessé de la maudire, entre deux moments où tu l'imaginais nue ? Il ne faut pas que tu la vois, LM, cela ne peut que vous mener à votre perte. Après tout, elle est ta soeur. Juste ta soeur. Tu es trop proche d'elle. Il faut prendre de la distance. Et donc, fuir. Elle a pu se passer de toi deux mois, elle pourra bien passer quelques années de plus sans toi.
Mais toi, le pourras-tu ?

    Ben alors, gamin, qu'est-ce que tu fais ? Faut pas rester là.

L'aubergiste. Le soupe au lait. Il s'étonne de voir un jeune homme assis sur le seuil de son établissement, immobile, à ne faire rien d'autre que de passer régulièrement sa main dans ses cheveux. Son étonnement est, somme toute, bien naturel. Mais si seulement tu savais ce que tu fais là, toi...
    Ta gueule.

Ta gueule, elle finira dans un sale état, si tu continues d'être aussi aimable. C'est sans doute ce qu'aurait dit ta soeur. Ton interlocuteur, qui a dû trouver dans ta voix enrouée, dans ton odeur avinée ou dans ton regard agité l'indice de ton ébriété, hausse les épaules et n'insiste pas. Tant mieux, déjà que tu n'es pas bien costaud, ivre comme tu es, une pichenette t'aurait sans doute assommé.

Fuir, donc. Ton corps se soulève et, déjà, tes jambes amorcent un mouvement vers... un mouvement vers où, d'ailleurs ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tu veux partir. Ailleurs. Loin de ta soeur. Loin de ce sentiment nouveau. Sauf que tu n'avances pas droit, LM. Quand bien même tu serais décidé à fuir et aurais une destination déterminée, tes jambes ne t'obéissent plus, les bâtiments autour de toi tremblent et le sol est tout sauf plat. Autrement dit, dans ton état, tu n'iras pas bien loin.

Demi-tour, donc. Retour à la case départ, tu te rassois sur ta marche préférée. Pourquoi Gysèle veut-elle discuter, déjà ? Il faut aller lui demander. Alors, courageux LM, tu rentres dans l'auberge et avances vaillamment jusqu'à la chambre n°3. Un bref regard à Pierre, gardien bien plus assidu et fiable que toi, avant de toquer à la porte. Fallait-il toquer ? Peut-être pas. Tu ne l'as jamais fait, avant, considérant qu'il était bien normal qu'un frère puisse faire irruption quand il le souhaite dans la chambre et dans la vie de sa soeur. Mais quelque chose a changé, indéniablement. Tu es terrorisé. Parce que ce qui, jadis, formait deux existences bien distinctes, se trouve mêlé trop étroitement. Tu ne sais plus les gestes auxquels tu as droit et ceux qui te sont interdits, ce qui se fait en public et ce qui doit être abrité dans le silencieux secret de ton âme. Lentement, ta paume se pose contre la porte, pour te soutenir. Les yeux se ferment, pour tenter de garder un peu de conscience. Est-ce que tu vas vomir ? Non, apparemment non. Mais ton coeur vient de manquer un battement. Ou deux. Ou trois.

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Gysele
Tu t'es faite belle pour l'occasion. Tes cheveux bruns proprement coiffés encadrent avec plus de dureté ton visage aux pommettes saillantes. Tes yeux gris semblent encore plus foncés avec cette nouvelle couleur et tes lèvres rosées contrastent encore davantage avec ta peau laiteuse maintenant que le roux n'attire plus le regard. Tu regardes ton reflet sans le reconnaître. Ce n'est pas toi cette femme mystérieuse qui te fait face, c'est juste ton ombre, celle que tu évites de laisser sortir parce que tu crains toujours qu'elle ne te dévore de l'intérieur. Oui mais voilà, perdre le défi de Guise t'a obligée à revêtir cette nouvelle toi et quitte à jouer les femmes fatales, tu as enfilé une houppelande rouge sang et un bustier de cuir si serré que tu peines à respirer. Tu veux lui en mettre plein la vue à ce frère, tu veux lui montrer que plus qu'une sœur, tu es une femme, blessée par sa fuite, blessée par ses mots. Oh bien sûr tu partages les torts, tu n'as pas été tendre, tu as piqué son orgueil par quelques phrases bien choisies, parce que tu n'aimes pas qu'on égratigne ton cœur et que ta meilleure défense reste celle des mots.

Tu l'as attendu...longtemps. Après quelques heures, tu n'étais plus aussi bien coiffée, quelques mèches sortant de ta coupe au carré. Tes yeux se sont troublés à force de vider ta bouteille seule et tu commences à étouffer dans ton bustier, t'aérant parfois à la fenêtre pour tenir bon. C'est alors que quelques coups frappent à la porte et tu t'immobilises soudain terrorisée. Faut-il le laisser entrer ? Ton cœur bat si fort et si vite que tu as l'impression qu'on pourrait le voir agiter ton buste de quelques soubresauts. Il est là, juste derrière le battant de bois, caché derrière un silence lourd et épais. Est-ce son souffle que tu perçois ? A-t-il bu...trop comme toujours ? Certainement. Tu décides d'aller voir de tes propres yeux et tu ouvres cette porte de trop, cette cloison qui ne devrait pas exister entre vous deux.

Et là tu as l'impression de tomber de haut. Il est en piteux état et le contraste entre vous est plus saisissant encore. Toi, raide et peut-être trop apprêtée finalement, lui, tenant à peine sur ses jambes et visiblement mal en point. Ta gorge se serre, tu lui claquerais bien la porte au nez. Il n'est donc pas capable de modérer sa consommation d'alcool pour te parler, il faut toujours qu'il se mette minable et ainsi de se donner toutes les meilleures raisons du monde de soit faire des conneries, soit ne pas réussir à te parler. Tu espérais une conversation poussée et tu te rends à l'évidence que ce ne sera qu'une soirée de plus à éponger ton frère imbibé.


    - Salut, Louis-Marie.

Tu laisses la porte ouverte et tu lui tournes le dos pour rejoindre le fauteuil dans lequel tu t'installes. Droite comme un i, ton souffle peine à sortir et tu te sens au bord du malaise...à moins que ce soit de le revoir, cette joie qui se cache sous ta déception et cette infinie tendresse que tes mains veulent apporter à ce visage aimé. Troublée donc, tu lui présentes le lit où il peut s'asseoir et où tu t'es déjà imaginée tant de fois te rouler avec lui. Tu chasses cette pensée d'un clignement d'yeux et observe longuement ton cadet.

    - Comment vas-tu ?

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Louis_marie
Des pas, dans la chambre. Et puis la porte qui s'ouvre. Gysèle. Tu savais qu'elle te ferait de l'effet. Elle t'en a toujours fait. Tu savais que la voir causerait en toi une joie immense, mêlée à une terreur intense. Tu as joué la scène dans ton esprit une infinité de fois, avec l'impression de passer en revue toutes les manières dont cette soirée pourrait se passer. Mais jamais, dans aucun de tes scenarii, tu ne ressentais cette violente vague de chaleur qui vient de te décimer. Ni cette si incompréhensible impression de retrouver, en elle, une moitié de toi, sans même avoir été conscient jusque là que cette part te manquait. Peu importent l'ivresse, la nausée, la honte, la respiration incontrôlable, la douleur, l'angoisse, la culpabilité. Tu ne veux être nulle part ailleurs. Tu es amoureux, LM, indéniablement. Tu devrais la haïr, encore, te souvenir du mal qu'elle t'a fait, des mots qu'elle a prononcé, te rappeler que vous partagez le même nom et le même sang. Tu devrais. Et pourtant tu ne peux pas. Tu ne parviens pas à lui en vouloir. À la détester. Non. Rien. Rien d'autre que l'envie de l'embrasser, de lui faire l'amour, de l'aimer, corps et âme.

Elle est là. Plus réelle que la Gysèle, fantasmée, que tu côtoies dans ton sommeil. Plus tangible, à tel point que tu dois fermement retenir tes bras pour ne pas l'enlacer. Elle s'est si bien habillée, elle semble si bien contrôler la situation et, en même temps, sa silhouette est tendue, inquiète. Sans que tu ne t'en aperçoives, ta lèvre inférieure se retrouve mordillée, et ta main frotte ta nuque. Dieu que ta soeur est belle. Et... brune ?

    Je... tu... heu... mais... je... enfin... comment...

Trouver les mots. Les aligner. Dans le bon ordre. Les dire. Parler.
    T'es... brune.

Ta voix, fatiguée, peine à cacher un peu de déception. Tu la préfères rousse, définitivement. Pour autant, ton regard, lui, dévoile tout de tes pensées, au moment où il descend sur le corps de ta soeur, où il s'attarde trop longtemps sur le haut de son corset, où il suit chaque courbe formée par le tissu rouge de sa houppelande, avant de remonter sur le visage chéri. Tu respires décidément trop vite. Tu aimerais lui dire quelque chose, n'importe quoi, mais tu es incapable de formuler une pensée qui ne soit pas bégayée. Alors, silencieux, après avoir observé avec grande attention et mauvaises intentions le dos de ta soeur qui rejoint le fauteuil, tu vas t'asseoir sur le bord du lit. Pourquoi est-elle si loin ?
    Je... je... ça va.

Non, ça ne va pas. Évidemment que ça ne va pas. Tu ne veux pas discuter, tu as oublié ce pour quoi elle a voulu te revoir et tu ne penses à plus rien d'autre qu'à cette chambre, là, tout de suite. Et ça ne va pas du tout. Parce que tu voudrais qu'elle ne soit plus ta soeur. Tu voudrais la toucher, tu voudrais qu'elle s'approche. Que, rapidement, elle défasse son corset, avant que ta chemise n'aille le rejoindre sur le sol. Qu'elle n'ait plus de robe et toi plus de braies. Que tes lèvres viennent goûter aux siennes, que tu te nourrisses à son souffle. Que tu lui dises que tu l'aimes. Qu'elle te dise qu'elle t'aime. Et, qu'enfin, vous puissiez vous aimer.
    Gysèle. Embrasse-moi.

Ça ne va pas. Vraiment pas. Alors, comme si ta vie en dépendait, tu te lèves, abandonnant le lit. Précautionneux, tu titubes vers le fauteuil et poses immédiatement ta main sur son dossier, pour garder l'équilibre. Gysèle. Tu ne sais pas quoi lui dire. Alors tu te contentes de répéter ta demande. Tu ne peux rien dire de plus, ce soir. Mais tu es rongé par ce sentiment inconnu qui t'enflamme, conscient qu'il n'est pas raisonnable, incapable pourtant de t'en défaire. Tu ne sais plus comment tu dois parler à ta soeur. Tu ne sais plus ce qu'il faut lui dire, ni ce que tu es autorisé à lui dire. Et quelques jours plus tard, les yeux teintés d'une ivresse bien différente, à l'heure où ta soeur te demandera ce qui ne va pas chez toi, tu lui crieras de disparaître de ta vie. Et tu préfèreras abattre ton poing dans son abdomen, plutôt que de lui avouer que rien ne va, et que jamais rien n'ira. Parce qu'elle est ta soeur et parce qu'elle est catin. Parce qu'elle est Gysèle et que tu es LM.
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Gysele
Il est là, il est là et ton coeur s'emballe. Il est là et ton souffle est court. A moins que ce ne soit ce corsage qui t'étouffe, qui malmène ton palpitant en le contraignant étroitement ? Oui, ça doit être ça. Et tu as si chaud quand il te détaille, le feu grimpe malgré toi dans ton ventre et tu lances un coup d’œil à la fenêtre qui, même ouverte, ne t'apporte aucun secours. Tu ne peux pas lutter contre ce désir là, ni contre cet amour là. Il te vient du fond de ton être et il est insaisissable, incontrôlable. L'éloignement n'a visiblement rien changé. Au contraire, tout semble plus fort, plus fou, plus interdit.

Tout ce temps à ne pas le voir et ton frère est toujours aussi maladroit. Son " T'es brune" t'arrache un rire bien que sa déception te fasse faire une moue. Toi qui espérais être belle pour lui, tu sens la pointe de regret, mais tu chasses cette idée d'un haussement d'épaules. Qu'importe, ça t'aidera à mieux tenir contre lui et tu te ragaillardis en posant un regard aussi impénétrable que possible sur les grands yeux émeraudes de ton cadet paumé. Et pour être sûre de ne pas céder, de ne pas craquer tu te répètes inlassablement ses insultes et ses injures, tu te les dis dans ta caboche pour mieux garder la distance que tu souhaites imposer. Surtout à l'instant où...il te réclame un baiser. Là, tu voudrais lui sauter dessus, le retrouver comme une femme retrouve l'homme qu'elle aime. Oublier cette histoire de sang, ces futiles règles de société et ces interdits qui vont avec. Là, tu voudrais juste l'aimer, effacer ses airs soucieux, remplacer son ivresse par une autre sensation bien plus douce et enivrante. Tu voudrais dévorer ses lèvres mordillées, le rassurer, lui dire combien tout est facile. Et quand il s'approche de toi, un court instant, tu veux lui tendre les bras, l'enlacer et accéder à sa demande.

Et puis, il y a ce sursaut de raison qui t'assaille. Cet éclair de bon sens qui te fait placer tes mains sur ses épaules pour le repousser de toutes tes forces. Non. Tu ne dois pas, tu ne peux pas. Et même si tes lèvres brûlent de retrouver les siennes et même si tu souhaites de tout ton cœur accéder à sa requête, tu ne peux juste pas passer sur ce qu'il s'est passé et faire comme si de rien n'était. Tu as besoin d'en parler, tu as besoin d'éclaircir. Tu as besoin qu'il prenne le temps de faire le point et pour ça...tu as besoin qu'il soit sobre. Ça t'énerve du coup. Bien sûr, il se réfugie dans sa boisson et esquive le sujet. Mais il ne semble pas se souvenir de combien tu es butée Gysèle et tu vas te faire une joie de le lui rappeler.


    - Arrête LM ! Arrête... Je veux que tu parles, je veux que tu ME parles. Dis-moi... où tu étais, que faisais-tu ? Comment te sens-tu ? Ne viens pas me voir comme tu viens voir une traînée...s'il te plait... ne me fais pas ça...

Tu réalises que ça t'a touchée plus profondément que tu ne l'imaginais. Mais oui, ce frère que tu adores ne veut pas se confier à toi, il veut t'embrasser, il veut ton désir et non ta compagnie. Et ça te pince le coeur, mais pour lui, tu ne seras pas cette catin de Gygy. Tu t'accroches donc à cette idée pour raffermir ta position.

    - Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi m'as-tu écoutée ?


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