Afficher le menu
Information and comments (0)
<<   1, 2, 3, 4   >   >>

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] "Meyrieu, Maman!"

Aelys_meyrieux
Les chevaux avançaient bien, pourtant. C'étaient des chevaux frais. De retour de Langres, on avait fait étape l'avant-veille à Lyon et la veille à Vienne. Le coche y avait été nettoyé, ses essieux graissés, ses planches soigneusement vérifiées. On avait laissé à la maison de ville du prince Walan, aux bons soins d'un palefrenier, les chevaux qui travaillaient depuis Langres. Toutes les conditions étaient donc réunies pour qu'on avançât bien.

Pour Aëlys, c'était cependant insuffisant. Telle était sa hâte de retrouver Meyrieu qu'elle se levait à chaque seconde, écartait le rideau de cuir, laissant entrer dans la caisse les flocons glacés d'une neige qui menaçait de tout ensevelir. Sancie, sa gouvernante, avait fort à faire à lui remettre sur les épaules sa cape fourrée, à renouer autour de sa tête son écharpe de laine, à rajuster les rideaux.


Ça y est, Maman ! C'est Meyrieu ! Meyrieu, Maman !

La petite reconnaissait la route. L'on arrivait sur les terres de Meyrieu. Elle reconnaissait cette montée qui faisait fumer les nasaux des chevaux.

Tu vas voir, Maman ! Juste après le tournant, il y a l'étang de Préry. Tu sais bien, l'étang où j'ai failli noyer Papa.


Oui, OK, elle en rajoutait un tout petit peu.

Et après il y a des vignes. Et même que ça donne du vin, en vrai. Et le bois, là, c'est des châtaigniers. Et ça donne des châtaignes. Et on en fait de la farine. Et c'est très bon quand il n'y a plus de farine de froment. Et puis des châtaignes bouillies, aussi. Et on les met dans le cidre. Et c'est très bon, en vrai.


Sa mère n'avait, heureusement pour elle, pas eu à supporter ce babil pendant tout le voyage. Au grand dam d'Aëlys, elle en avait passé une bonne partie à cheval, aux côtés de son époux. Alors maintenant que la petite l'avait sous la main, elle n'arrêtait plus.

A un détour de la route, au moment où l'on abordait les premières maisons d'un village, le castel apparut soudain. Un air de ravissement se répandit sur les traits d'Aëlys. Jamais elle n'avait été aussi heureuse de retrouver sa maison.


Meyrieu, Maman!

La joie lui coupa la parole pendant quelques secondes, aussitôt mises à profit par Sancie pour relacer les rideaux. La suivante avait froid. De toutes façons, les rues du village étaient vides. La neige qui s'amoncelait d'heure en heure avait parqué la population dans les maisons. En ordonnant un départ matutinal, Walan avait bien fait les choses : on arriverait juste avant que le chemin ne soit plus praticable en coche.

Déçue d'être rassise sans autre forme de procès, Aëlys tendit vers la fenêtre close son petit poing, dans lequel pendouillait "Gertrude", immonde poupée de chiffon et de crin à l'odeur repoussante qui ne la quittait jamais.


Mais, Sancie. C'est Meyrieu!
Marie-Alice, incarné par Aelys_meyrieux

Reprendre la route après tout ce temps, voilà qui lui avait semblé étrange tout d'abord. Plus l'habitude des grands espaces à force d'être cloitrée entre quatre murs avec interdiction formelle d'en sortir. Oui elle l'avait voulu mais à la longue..... Chaque bruit la faisait sursauté, sur ses gardes en permanence, tendue à tel point qu'elle peinait à tenir sa monture. Un comble pour un chevalier!

Puis, très vite, Marie avait repris goût aux chevauchées, à l'air, froid certes, fouettant son visage, emmêlant ses cheveux si bien qu'elle avait dû les tresser avant de casser toutes les brosses qui lui tombaient sous la main, au sentiment grisant de liberté. Sans doute que le cavalier à ses côtés n'y était pas pour rien également. Ils avaient été séparés si longtemps, par sa propre faute, que chaque minute loin de lui était une torture. Le souci étant que chaque minute passée loin d'Aëlys en était une aussi. Du coup, le voyage de retour pour la brune se fit tantôt juchée sur un cheval, tantôt à l'intérieur du coche afin de continuer à apprivoiser sa fille.

On allait arriver, le voyage arrivant à son terme et la demoiselle ne tenait plus en place, au grand désespoir de Sancie - qui n'en pouvait plus de refermer les rideaux et de remettre en place les doublures sur la fillette - et à la joie de sa mère qui contenait son hilarité à grands renforts de main sur la bouche et autres mordillements de lèvres. Ravie, elle écoutait Aëlys lui décrire tout ce qu'elle connaissait déjà fort bien, se gardant de le lui indiquer, préférant la laisser toute à sa joie de lui décrire le domaine paternel.

Lorsque Sancie referma les rideaux et refit s'assoir, pour la énième fois de la journée, la jeune de Meyrieux, la brune l'ouvrit enfin.


Oui Aëlys, c'est Meyrieu. Et nous y serons bientôt.

Elle ouvrit également ses bras, les refermant sur sa fille pour la tenir au chaud contre elle et, peut-être, arriver à la faire tenir en place. Pas certaine que cela fonctionne longtemps au vu de l'excitation mais autant le tenter. Avant que de se pencher pour murmurer quelques mots à son oreille avant de lui faire un clin d'oeil.

Je crois que Sancie ne me dira rien à moi si j'entrouvre les rideaux.

De se redresser aussitôt pour le faire, se penchant tout en attirant la petite dernière se faisant, et de passer le nez dehors pour regarder le paysage. Bon pas que le paysage, la silhouette de son époux aussi mais chut, cela sa fille ne devait pas le savoir.
Walan_meyrieux


L'euphorie initiale, si déstabilisante et violente, était terminée et avait laissé tranquillement sa place à une joie plus douce dans l'esprit de Walan. Le retour de son épouse était devenu tangible, et dans le même temps la réalité commençait à reprendre ses droits. Le couple avait commencé à rattraper le temps passé séparé -avec plus de choses à raconter du côté du brun que de la brune à vrai dire, puisqu'elle était restée cloîtrée-, tout comme mère et fille avaient entamé un processus de découverte mutuelle encore fragile.

Pour l'heure, les choses semblaient bien se passer, à en voir les mouvements de rideaux animés par une jeune fille excitée à l'idée de revenir à Meyrieu. Le chevalier la comprenait, car il partageait d'une certaine façon ce sentiment. Le fief était une simple seigneurie, ni très riche, ni trop pauvre, sans vraiment de particularités si ce n'est le charme de ses multiples étangs. Pourtant, c'était par ce fief qu'il était devenu noble, et vassal d'une famille désormais disparue mais qu'il avait considéré comme sienne. Ni Ancelle avec sa beauté montagnarde, ni Charpey et ses champs plus riches, ni les fiefs qu'il tenait maintenant en douaire -et dont il allait falloir démêler désormais l'écheveau avec la hérauderie- n'avaient réussi à dépasser l'affection qu'il portait à Meyrieu. C'était là qu'il avait vécu nombre de drames comme d'événements heureux ... c'était son foyer, tout simplement. Et bien qu'il n'y soit plus présent aussi souvent qu'il le souhaitait, il avait voulu que ce soit également celui de sa fille ... et avait au moins réussi ce pan de son éducation.

Sur son cheval à côté du coche, Sans Repos profitait donc autant de son retour qu'avait l'air d'en profiter Aëlys, même s'il le montrait d'une manière beaucoup moins ... exubérante. Bien des souvenirs étaient associés à cette route, mais aussi au village qu'ils traversèrent peu après, puis au castel dont la herse s'ouvrit devant eux -les portes n'étant fermées qu'à la nuit tombée. La cour se mit à ressembler à une fourmilière tandis que la troupe arrivait, mêlant ceux qui étaient sur place à ceux qui avaient fait le voyage. Entre les gardes qui démontaient, les garçons d'écuries venant récupérer les montures, les domestiques qui venaient décharger les coches (dont deux fûts de vin de Champagne que Walan avait insisté pour acheter à Langres, se contentant d'un "je t'expliquerai plus tard" en guise de réponse aux questions) et ceux qui se pressaient pour accueillir le maître des lieux ... mais aussi -surtout ?- voir son épouse revenue d'entre les ... morts ? Sœurs ? C'est que de nombreuses rumeurs avaient couru, et que bien d'autres ne manqueraient pas de leur succéder si tôt que Marie et Aëlys auraient quitté leur coche.
Aelys_meyrieux
Finalement, on n'était pas mal du tout, dans les bras de Maman. A l'usage, Aëlys s'était vite rendu compte que Maman était nettement plus confortable que Sancie. Non que l'une fût rondelette et l'autre sèche comme un coup de trique, loin de là. Maman était même plutôt maigre, d'après ce qu'Aëlys avait entendu Jehan souffler à Sancie. C'était étrange. Dans les bras de sa mère, Aëlys avait l'impression de retrouver des sensations déjà vécues, sans bien savoir si c'était agréable ou porteur de menaces. Du coup, elle avait du mal à y rester, dans lesdits bras.

En tous cas, une chose était certaine : quand Maman disait quelque chose, Sancie obéissait. Cela aussi, c'était étrange. Sancie avait fermé la fenêtre, et Maman l'avait rouverte, et Sancie n'avait rien dit. D'habitude, quand une autre grande personne allait contre les ordres donnés à Aëlys, elle se fâchait, entraînait le contrevenant loin des jeunes oreilles de sa pupille, et lui passait un savon.
La gamine ne s'attarda pas trop longtemps à considérer cette nouveauté : l'essentiel était qu'on arrivait à Meyrieu. Papa avait l'air très content d'y être, lui aussi. Il passa la porte du castel en tête du petit cortège. Aëlys aurait bien voulu sauter dans la cour, et courir dans les bras de tous les gens qui accouraient pour accueillir les maîtres. Un ordre bref de Sancie l'en dissuada. Il y avait tant de monde, autour des coches, que les chevaux, énervés, risquaient de piétiner la fillette. Il fallait attendre.

Aëlys montrait du doigt les visages, nommait à sa mère les domestiques, lui montrait les fenêtres du corps de logis, sa chambre, les cheminées des cuisines, le corps de garde, les écuries. Tout cet environnement familier l'enchantait.
Enfin, l'on put sortir. La petite ne comprit pas pourquoi Sancie la retenait au fond du coche, laissant Marie-Alice descendre la première. Elle la lâcha bien vite, cependant, et aussitôt Aëlys rejoignit ses parents, pataugeant dans la neige que les piétinements des chevaux et de la domesticité avait transformée en boue glacée.


Brrrrrrr! C'est froid! On entre? Ils auront allumé les feux, n'est-ce pas, Papa? Tu vas voir, Maman, comme il fait bon dans la grande salle. Il y a deux cheminées, vous savez?! Et de très jolies tapisseries. Et des petits bancs fourrés pour mettre sous les pieds.


Leur prenant la main à tous deux, elle tentait de les entraîner.
Marie-Alice, incarné par Aelys_meyrieux


Marie observait toujours le paysage environnant, la silhouette du castel qui se dessinait de plus en plus gros sur le ciel. Cela lui paraissait des siècles qu'elle n'y était pas venue. A quand d'ailleurs remontait la dernière fois? Elle avait le vague souvenir de chasses, sans doute d'autres choses également mais c'était si flou.....

Lentement le convoi passa la herse et s'arrêta dans la cour. Une cour remplie du petit monde de Meyrieu. Alors qu'une soudaine angoisse montait du creux de son ventre et enserrait sa gorge, la brune tenta de se détendre en poussant un long soupir. Allons, ils n'allaient pas la manger, un peu de courage. Facile à dire mais depuis son retour au monde, la foule était quelque chose d'extrêmement compliquée à gérer. Elle se sentait oppressée par les bruits, les odeurs, les mouvements et devait se concentrer pour garder la tête froide, ne pas aller se réfugier dans un coin à l'écart.

L'enthousiasme et l'empressement d'Aëlys à descendre du coche, ce que Sancie lui interdit formellement, ainsi que les détails qu'elle lui indiquait du doigt et de la voix, ramenèrent Marie à la situation. Souriant à sa fille, elle attendit que la porte s'ouvrit et descendit lentement, prenant garde de ne pas se vautrer lamentablement, ce qui aurait constitué une belle entrée en matière pour son retour.

Droite, d'un air aussi assuré que possible, elle se dirigea vers son époux et, allait qu'elle allait prendre sa main pour se rassurer, la jeune tornade se glissa entre eux et leur prit la main, tentant de les entrainer à l'intérieur.


Du calme Aëlys. Bien sûr que tout est prêt ne t'en fais pas.

Les noisettes passèrent du visage de sa fille à celui de son époux puis parcoururent les gens de la maisonnée, tentant de remettre un nom sur des visages dont elle n'était pas certaine de les connaître tous, souriante, se voulant rassurante mais également maitresse des lieux. Oui elle était de retour. Non elle n'était pas morte. Oui elle comptait reprendre sa place. Et le premier qui irait colporter des sottises et se ferait prendre entendrait parler du pays et de l'ouragan émeraude qui sommeillait au fond de ses prunelles.

Elle resserra délicatement sa main sur celle de la petite, attendant que Walan, en seigneur et maître, décide que l'on passait à l'intérieur. Au chaud.
Walan_meyrieux


Dans la cour, Walan avait observé en silence l'activité foisonnante liée à leur arrivée. Quasiment à peine les portes passées, Jehan avait retrouvé tous ses automatismes et s'était mis à organiser le ballet des serviteurs, sans que ce ne soit particulièrement nécessaire car la majorité connaissaient très bien son rôle. Une fois mit pied à terre, le brun parcouru du regard les murs et les bâtiments, vérifiant comme il en avait l'habitude qu'il n'y avait aucun problème apparent. Ce faisant, il rendait également les salutations que lui faisaient les domestiques passant près de lui par de légers signes de tête. La domesticité de Meyrieu n'était pas très importante, et la plupart de ses membres en faisait partie depuis plusieurs années, si bien qu'il reconnaissait l'essentiel des visages et qu'il appréciait de les revoir.

Ceux-ci se concentrèrent pourtant bien vite sur la brune sortant du coche. Si certains se montraient étonnés, quelques rares allant même jusqu'à tenter de camoufler un air dubitatif, d'autres plus nombreux se contentaient de divers signes de joie ou de satisfaction. La sortie de la jeune héritière fit apparaître un certain nombre de sourires, mais marqua également la reprise des activités. S'approchant des deux, le chevalier se retrouva bien vite entraîné vers la grande porte. S'il se laissa faire jusqu'à les avoir atteintes, il se figea toutefois devant l'huis, le temps de se retourner pour s'exprimer d'une voix forte.


Gens de Meyrieu ! Mes amis, commença-t-il afin d'attirer l'attention.

Aujourd'hui mon épouse nous revient, et l'anniversaire de notre fille est proche. Cela me semble être deux parfaites occasions, pour que demain soit jour de fête, au castel comme au village.

Sans en dire plus, le brun se laissa entraîner dans la grande salle, en glissant toutefois un signe à Jehan pour qu'il le rejoigne lorsqu'il le pourrait. Il allait devoir discuter avec lui des étrennes qu'il conviendrait de faire pour cette occasion.
Aelys_meyrieux
Du calme Aëlys. Bien sûr que tout est prêt ne t'en fais pas.

L'objurgation n'eut pas grand effet sur la gamine. Elle obéissait sans problème à son père, parce que c'était son père ; à Jehan, parce qu'il ne lui demandait quasiment jamais rien et la laissait traîner dans ses jambes, sous prétexte de s'instruire ; à Sancie, parce que c'était beaucoup moins fatigant d'obéir à Sancie que de discuter pendant des heures, vu qu'elle ne lâchait jamais le morceau. Mais à sa mère, elle n'en avait pas encore pris l'habitude. Elle commençait tout juste à aimer le son de sa voix, et sans en être vraiment consciente provoquait des redites, rien que pour l'écouter un peu plus longtemps. Elle sentit bien que sa main était tenue un peu plus fermement, mais n'eut pas le temps de se rebeller.

Gens de Meyrieu ! Mes amis

Et hop! on se fige sur place, on lâche même la main de Papa. Quand Walan prenait cette voix-là, Aëlys savait que c'était pour dire quelque chose de très très très important. Dans la cour, les domestiques interrompaient leur activité, se rapprochaient des maîtres, attentifs. Même Estève, le garçon d'écurie, en oubliait d'adresser des œillades à la Suzette. Du coin de l’œil, Aëlys vit Jehan et Sancie se positionner tout près d'elle, à la place qu'ils méritaient.


Aujourd'hui mon épouse nous revient...

Pincement au coeur. Oui, on commençait à le savoir, que l'épouse était de retour. Et elle, alors? Elle avait toujours été là, elle. Il fallait donc qu'elle s'enfuie pour que Papa lui rende sa juste place?

... et l'anniversaire de notre fille est proche.


Ah ! tout de même. Aëlys avait eu très peur qu'il ne s'en souvienne pas, de son anniversaire, avec tout ce qui s'était passé depuis que Jehan avait reçu la missive de Marie-Alice l'avertissant de sa sortie du couvent. Le sourire, qui avait déserté la face de la petite, y revint tout aussitôt.

Cela me semble être deux parfaites occasions, pour que demain soit jour de fête, au castel comme au village.

Là, ce fut un franc éclat de rire, heureux. Elle ne pouvait pas battre des mains, l'une étant coincée dans celle de sa mère et l'autre occupée à patouiller les cheveux de crin de Gertrude. Elle manifesta donc sa joie en sautant à pieds joints dans la gadoue et en riant.

Une fête! une fête! Oh Papa, quelle bonne idée! Et il y aura de la musique? et du vin cuit? et je pourrai me coucher tard? et on mangera des oublies? et vous danserez avec moi? et je mettrai ma belle robe, la blanche, celle qui a des dentelles aux manches? et on mettra des branches vertes sur les murs?

Tout en babillant, elle reprit la main de son père et entraîna les deux adultes dans la grande salle.

Regarde, Maman, comme c'est beau. Je te l'avais bien dit, qu'il y a deux cheminées. C'est beau, hein?
Marie-Alice, incarné par Aelys_meyrieux


Attention, voilà que cela devenait sérieux et que Walan se positionnait en maître. Ceci dit il faisait cela très bien, cependant Marie dût retenir un sourire taquin. Bon l'annonce de son retour était faite, tandis que tous les regards convergeaient vers elle. Ahem.... Grand sourire, un peu forcée, détendue qu'on a dit! Petit signe de tête pour finir. L'anniversaire d'Aëlys, détournement d'attention ouf. Mais euh... Une fête? Ah oui pour la fille hein, pas pour elle. Ah si? Erf.....

Si la brune n'était pas chaude, leur fille était tout à fait ravie. Ceci dit c'était normal, après tout c'était de son âge et elle n'avait pas encore eu à se farcir les cérémonies et autres fêtes à la cour royale.

Hop, entrainés tous les deux, ils se retrouvaient à l'intérieur.


Oui très beau Aëlys.

Remontée de souvenirs pour la mère, sourire doux.

Allons nous réchauffer près du feu, cela nous fera le plus grand bien.

Marie ôta son manteau et le tendit à une servante qui attendait, indiquant à sa fille de faire de même avant de s'approcher des flammes et de tendre les mains vers les flammes. Bien évidemment, la tenue n'était pas une robe, jamais avec elle en voyage sauf quand elle n'avait pas le choix. Et là en l'occurrence elle l'avait eu, surtout pour passer du cheval au coche.

Pourrions-nous avoir quelque chose de chaud à boire s'il vous plait? Un vin chaud conviendrait-il à tout le monde?

Après le maitre, c'était à la maitresse de maison de s'affirmer.
Walan_meyrieux


D'un petit signe de tête, le brun avait acquiescé aux questions de sa fille. La plupart des demandes n'avaient rien d'insurmontable et auraient probablement été exaucées même sans être exprimées. Quant aux autres ... eh bien, elles le seraient plus ou moins.
Sauf si Jehan avait réservé une surprise de son côté, Walan envisageait une fête relativement "familiale" et impromptue, si bien qu'il n'y aurait vraisemblablement pas de ménestrels pour jouer. Pour autant, le seigneur comptait bien sur le fait que certaines des personnes habiles avec un instrument que comptaient le castel et le village seraient ravies de se présenter devant Aëlys et ses parents. Quant à la danse ... il ferait un effort.

S'il avait retiré sa cape et son gant droit, il avait gardé l'autre pour continuer de cacher les cicatrices de sa main gauche tandis qu'il les frottait devant le feu. Tandis qu'ils se réchauffaient et sirotaient le vin demandé par Marie, Sans Repos avait également fait son inspection rapide de la grande salle du regard, et continuait par ailleurs de saluer les serviteurs qu'il n'avait pas déjà vu dans la cour.

La grande salle était toujours pleine de vie et accueillante. Les deux flambées luttaient de leur mieux contre le froid extérieur tandis que les lustres et torches repoussaient l'obscurité. Pour l'heure, les grands plateaux de chêne servant de tables étaient plaqués contre les murs, ce qui laissait de l'espace pour les passages fréquents et les sièges autour des cheminées. Quelques servantes bavardaient doucement en filant de la laine, tandis qu'une poignée de gardes s'occupaient à empêner une brassée de flèches. Dans un coin, un jeune enfant s'amusait avec des chiots sous l’œil aussi vigilant de la mère du premier -occupée à repriser une chausse- que de celle des seconds.

Peu de temps après, alors que les coupes étaient vides, Walan glissa quelques mots à son héritière.


Aëlys, pourquoi ne montrerais-tu pas ton plateau d'échec à ta mère ? Et ton beau miroir ?
Je dois parler un peu avec Jehan et je monte vous rejoindre rapidement.


Malgré des gros sabots qui devaient finir par se voir, le brun cherchait régulièrement depuis son évocation de l'anecdote de l'étang, à Langres, à faire partager a posteriori des tranches de vie à son épouse, et idéalement en les faisant conter par sa fille.
Aelys_meyrieux
Intriguée, Aëlys regardait sa mère ôter son manteau. Elle ne s'y était pas encore faite, à ces braies de voyage. Enfin, c'était Sancie qui lui avait expliqué que c'étaient des braies de voyage. Quelle drôle d'idée. En voyage, c'est très rare qu'on trouve des latrines rustiques plantées là, au bord du grand chemin. Il faut faire pipi derrière les arbres, en se cachant des soldats de l'escorte, et c'est drôlement plus facile quand on a une robe et des jupons que quand on porte des braies. Mais après tout, puisque Maman était une fée violette, peut-être qu'elle ne faisait pas pipi en voyage. En tous cas, Aëlys ne l'avait pas encore vue.

Imitant sa mère, elle tendit son manteau à une servante, qui l'emporta aussitôt pour le décrotter, et se posta devant la cheminée. Elle lorgnait bien un peu du côté du petit qui jouait avec les chiens. Mais on est princesse ou on ne l'est pas, Sancie le lui avait bien expliqué. Et maintenant qu'il y avait Maman, c'était bien plus facile, finalement : il suffisait de faire comme elle. La gamine tendit donc consciencieusement ses mains à la chaleur des flammes. Elle était ravie. Son père avait acquiescé à ses demandes. Il y aurait de la musique, on danserait, on boirait.


Pourrions-nous avoir quelque chose de chaud à boire s'il vous plait? Un vin chaud conviendrait-il à tout le monde?


Aëlys ne put se retenir de lever un sourcil. Normalement, c'était à Papa de dire ça. Décidément, les choses changeaient. Mais comme elle adorait le vin chaud, surtout avec de la cannelle, elle ne dit rien et se rapprocha de son père pour boire. C'était sa place, tout près de Papa. Sa place d'héritière.


Aëlys, pourquoi ne montrerais-tu pas ton plateau d'échec à ta mère ? Et ton beau miroir ?
Je dois parler un peu avec Jehan et je monte vous rejoindre rapidement.


Ah mais non ! Un orage s'alluma au fond des prunelles brunes. Ah mais non, c'est pas de jeu ! Elle voulait rester là, dans la grande salle, avec les gens de Meyrieux, sur son escabelle près du faudesteuil de son père.
Elle entrouvrit la bouche, comme un chiot hésitant qui montre les dents sans trop savoir pourquoi, et resta un moment assise, balançant les jambes dans le vide. La situation ne lui plaisait pas. Pourquoi Papa s'ingéniait-il à l'éloigner ainsi ? Bon, moindre mal : Maman aussi devait quitter la grande salle.


Tu joues aux échecs, toi ?

Toute la méfiance du monde s'exprimait dans le ton, dans le sourcil gauche levé plus haut que le droit.
Quand faut y aller, faut y aller. Le maître de Meyrieu avait parlé. Aëlys cessa de balancer les jambes et se mit debout. Elle prit la main de sa mère. Après tout, c'était quand même à elle, qui connaissait bien les usages meyruyards, de montrer l'exemple à la nouvelle venue.


Viens, c'est vrai qu'il est très beau, le miroir que m'a offert Papa. Et le jeu d'échecs aussi, et je joue très bien, moi.


En la matière, ce n'était pas la vanité qui l'étouffait.
Ayant ainsi démontré que c'était elle qui menait la barque, elle entraîna Marie-Alice en direction des chambres.
Marie-Alice, incarné par Aelys_meyrieux


Tout le monde tendait les mains vers les flammes, se réchauffant, tandis que la vie dans la grande salle du castel reprenait ses droits, même si Marie se sentait quelque peu observée. Alors elle observait à son tour, essayant de s'imprégner de l'atmosphère, de retrouver ses marques. Epouse, mère, noble et entre les murs d'une demeure qui était aussi la sienne. Voilà longtemps qu'elle ne s'était retrouvée dans cette situation et avait encore du mal à avoir autant de monde autour d'elle. Cette habitude là l'avait depuis longtemps quittée alors qu'auparavant c'était sa vie presque quotidienne.

Le vin chaud commandé avait été bu et son effet, combiné à celui des flammes, se faisait sentir. La chaleur revenait dans les corps et peu à peu dans son âme. Ses yeux glissèrent sur la main gauche de Walan, toujours gantée. Du mal à s'habituer encore. Non que cela la répugne, elle avait elle-même son lot de blessures et cicatrices, mais comme un signe qu'ils étaient passés près de se perdre. L'alliance était toujours portée mais ce vide.... Les voix des Meyrieu père et fille la tirèrent de ses réflexions. Petit sourire en coin. Nul doute qu'il devait parler à Jehan mais s'il pensait qu'elle ne le voyait pas ses manigances, toujours à chercher à la rapprocher d'Aëlys, il se trompait lourdement. Mais elle ne l'en aimait que plus. Et dire que certains le trouvaient froid, voire indifférent.


Euh.... Et bien j'avoue que non Aëlys. Je n'ai jamais joué aux échecs.

Déplacer des pions sur un échiquier quand, de part ses devoirs, elle s'était sentie si souvent comme l'un d'entre eux, ne la tentait pas le moins du monde.

Main prise, donc il fallait suivre vers les chambres, à l'étage. Rapide coup d'oeil vers la porte du fond menant à celle qu'elle partagerait Walan avant que d'entrer dans celle donnant sur le ponant et la route allant vers Maubec et, bien sûr, quelques uns des nombreux étangs du coin.

Rapide coup d'oeil sur la pièce, rangée. Trop peut-être aux yeux de la brune pour une enfant. Elle veillerait à cela. Sa fille devait certes apprendre bien des choses mais c'était une enfant encore et elle tenait à ce qu'elle le restât sur certaines choses. Aëlys lui montra donc son échiquier et le fameux miroir, Marie acquiesça en les trouvant tous les deux fort beaux.


Dis-moi, tu m'as parlé d'une épée et d'un écu. Pourrais-tu me les montrer?

Plus à l'aise avec les armes qu'avec l'échiquier et le miroir? Si peu....
Aelys_meyrieux
Après la douce chaleur de la grande salle, sa chambre parut bien fraîche à Aëlys. Il y avait un brasero allumé, certes, et Sancie ferait bassiner le lit avant que sa protégée ne s'y glisse, mais la pièce était vide : pas de fileuses, ici, ni de chiens, ni de serviteurs occupés aux diverses tâches de l'hiver. Tout était net, bien rangé, pas un pli ne déparait la literie, pas un grain de poussière ne ternissait le coffre ni les bancs.

Euh.... Et bien j'avoue que non Aëlys. Je n'ai jamais joué aux échecs.

Aëlys en lâcha la main de sa mère.

Quoi ?! Jamais ?!

Elle se moquait, très certainement. C'était trop bien, les échecs. Pourquoi Marie-Alice s'en serait-elle privée, franchement ?
Aëlys montra les pièces d'ivoire et ébène. Elle prenait plaisir à les manipuler, à expliquer que, en vrai, c'était pas des pions, mais des soldats qui protégeaient leur roi.


Dis-moi, tu m'as parlé d'une épée et d'un écu. Pourrais-tu me les montrer?


Aëlys prit le temps de remiser les pièces d'échecs et de ranger soigneusement son miroir dans un sachet de toile avant de répondre. Sa mère n'avait pas paru vraiment emballée...

Sancie ne veut pas que je m'en serve...

Elle regardait ailleurs, jouait avec la cordelière du sachet de toile. L'épée et l'écu, c'étaient des cadeaux de son père. Ils étaient en bois, naturellement. Elle les adorait ! L'épée était parfaitement équilibrée, la poignée lui tenait bien en main. L'écu était sculpté aux armes des fiefs dont elle hériterait un jour.

Le sachet au miroir rejoignit dans le coffre le jeu d'échecs, juste à côté de l'épée et de l'écu. Puis Aëlys ferma le coffre, l'air de rien, et s'assit dessus. Elle avait déjà partagé avec sa mère les échecs et le miroir, ça suffisait bien. Surtout vu l'accueil qu'elle leur avait fait.


Si ça se trouve, elle aimera pas non plus mes armes...

Et ça, ça l'embêtait. Les cadeaux de son père étaient, avec les cailloux colorés qu'elle trouvait parfois dans le lit des ruisseaux, les plus beaux trésors d'Aëlys. Elle était tiraillée entre l'envie de les garder jalousement au secret et celle de les faire admirer ... mais seulement à condition que l'admiratrice les trouvât admirables !
Une lueur de défi dans le regard, elle remarqua :


Ça doit faire drôlement longtemps que Papa ne vous a pas fait de cadeau.
Walan_meyrieux


Longtemps oui.

La voix du brun passa la porte juste avant son corps. La discussion avec Jehan n'avait pas été très longue, principalement parce que l'intendant avait déjà réfléchi à la question et qu'il avait su, comme bien souvent, anticiper les souhaits de Walan avant même qu'il ne les formule. Chaque serviteur, et même villageois, qui se présenterait le lendemain recevrait une bourse dont le contenu varierait en fonction de son ancienneté sur les terres et de la famille qu'il devait nourrir, et certains des domestiques les plus fidèles auraient droit à quelques présents de plus. Une châle de qualité pour l'une, une belle paire de bottes pour l'autre, voire une épée pour un garde compétent. Il s'était assuré également que le présent qu'il destinait à Aëlys avait bien été confectionné et livré par l'artisan.

Mais j'ai tâché de lui offrir une jeune fille qui la rendrait fière à son retour. Et c'est déjà un beau cadeau, non ?
Lui as-tu montré le plateau ? Nous pourrons jouer ce soir avant que tu ne te couches, si tu veux.


Avançant un peu plus dans la pièce pour se placer aux côtés de Marie et observer Aëlys sur son coffre, le chevalier fit à nouveau l'un de ses sourires en coin à sa fille. Via les échecs, il tâchait de lui inculquer certaines des qualités nécessaires à un bon stratège, qu'il s'agisse d'armées ou politique.

Et après-demain, j'aimerais que tu nous montres tes progrès dans tes différentes leçons. Je suis sûr que tu en as encore fait depuis la dernière fois.

S'adressant à Marie, il ajouta quelques précisions.

Notre fille écrit et parle très bien, elle connaît ses chiffres et elle monte déjà mieux que moi. Elle était un peu moins à l'aise pour quelques autres choses la dernière fois, mais elle s'applique à ce que ça change.
Walan_meyrieux

Marie Alice a écrit:
Cela avait semblé surprendre sa fille qu'elle ne joue pas aux échecs et pourtant c'était le cas. Dans son enfance,elle avait souvent regardé son père et son frère ainé, Dege, faire des parties, avant que ce dernier ne parte de la maison. Mais elle ne s'y était jamais intéressée comme elle avait pu le faire aux leçons d'escrime et autres entrainements militaires que ce dernier recevaient. C'était déjà largement plus à son goût et correspondait bien plus à son caractère.

Visiblement la fillette était déçue sur ce point et, quant à sa demande sur les armes, répondit que la gouvernante ne voulait pas qu'elle s'en serve. Haussement de sourcils, étonnée.


Comment cela Sancie ne veut pas que tu t'en serves?

Elle avait failli rajouter quelque chose du genre mais de quel droit avant de se mordre la lèvre. Du droit qu'elle avait, depuis son enfermement à elle, dû veiller sur sa fille et avait fait de son mieux. Lui reprocher serait tout simplement déplacé.

Aëlys rangea échecs et miroir dans le coffre, juste à côté des jouets dont Marie venait de parler avant de refermer le banc et de s'installer dessus. Nouveau haussement de sourcils devant la réaction que la brune ne comprit pas sur le moment avant de se prendre une réflexion , pas le moins du monde innocente vu le regard de sa fille, dans les dents. Alors qu'elle allait répliquer, Walan intervint, la faisant sursauter au passage puisqu'elle ne l'avait pas entendu arriver.

Les réponses de son époux la firent sourire, l'une d'elles faisant partie de la réponse qui se formait déjà dans son cerveau. Hochement de tête et nouveau sourire avant de la formuler à haute voix.


Il lui aurait été difficile de m'en faire là où j'étais Aëlys et, si tu vas par là, je ne lui en ai pas fait depuis longtemps non plus. Mais il m'en a offert bien d'autres qui ne m'ont jamais quittés. Cet anneau par exemple pour nos fiançailles qu'il a fait lui-même.

Marie tendit sa main pour montrer l'anneau de bois qui formait en son centre deux mains.

Une figurine d'ours qui m'a sauvée la vie en arrêtant une épée qui, sans cela, m'aurait transpercée le coeur.
Et les plus beaux qu'il puisse exister. Toi ma fille, notre fille, dont je suis très fière et que j'aime par dessus tout.


Sourire tendre à cette dernière ponctuant ces mots plus une main venant se poser sur la joue pour une caresse, avant de se tourner vers Walan et de tendre son autre main pour qu'il la saisisse sans pour autant retirer la première assorti d'un regard à tendance verdâtre qu'il connaissait bien.

Et lui. Son amour, sa présence, son soutien, sa confiance. Je te souhaite de trouver un homme aussi droit et aimant que ton père Aëlys.

Oh il était bien d'autres choses à ses yeux mais certaines ne regardaient qu'eux.
Aelys_meyrieux
Longtemps oui.

A l'entrée de son père, Aëlys sursauta, puis rougit quelque peu. Elle se sentait prise en faute. Elle savait très bien que ce n'était pas gentil, ce qu'elle avait dit à sa mère. Du coup, la moutarde lui monta au nez, et ses yeux se mirent à fourmiller d'orages, son petit front se rembrunit. Zut, alors ! Ce qu'elle avait dit, c'était pour les oreilles de sa mère. Exclusivement. Son père n'était pas censé l'entendre, ni Sancie ni Jehan ni personne. Surtout pas Papa. Parce qu'embêter sa mère, au maximum, c'était normal : elle n'avait qu'à pas être partie si longtemps. Mais il n'était pas dans les intentions d'Aëlys de faire de la peine à son père, et elle savait très bien qu'il n'aimait pas quand elle reprochait son absence à Maman.

Cependant, c'était plus fort qu'elle. Elle ne parvenait pas à franchir le pas. On ne peut pas dire qu'elle s'y essayait très fort, mais de cela elle n'avait pas conscience.
Assise sur son coffre, les paupières baissées pour que son père n'y vît pas les éclairs annonciateurs de larmes et/ou d'explosion verbale, elle s'attendait à une remontrance. Elle vint, quoique pas du tout sous la forme attendue.


Mais j'ai tâché de lui offrir une jeune fille qui la rendrait fière à son retour. Et c'est déjà un beau cadeau, non ?
Lui as-tu montré le plateau ? Nous pourrons jouer ce soir avant que tu ne te couches, si tu veux.


Je suis pas un cadeau !

L'ironie de sa réponse ne lui apparut évidemment pas.

Je suis moi, d'abord. Et elle sait même pas jouer ! Elle est trop n...

Elle se mordit la lèvre. Il y a des choses qu'on n'a quand même pas le droit de dire à son père quand on parle de sa mère, même si on a eu l'habitude pendant des années d'être la seule femme de la vie dudit père, et même si on supporte difficilement d'être remise à sa place de petite fille simple satellite du couple de géniteurs. Par exemple, on ne peut pas dire à Papa que Maman est trop nulle. Et puis la proposition d'une partie était bien tentante : Aëlys n'allait pas se risquer à passer à côté d'un long tête-à-tête avec son père.

Et après-demain, j'aimerais que tu nous montres tes progrès dans tes différentes leçons. Je suis sûr que tu en as encore fait depuis la dernière fois.

Nettement moins tentant, cela. Non qu'Aëlys fût mauvaise élève, loin de là. Elle adorait monter, et elle le faisait bien. Bon : pas aussi bien que Papa était en train de le dire, les grands ont toujours l'impression de faire plaisir aux petits en leur sortant des mensonges gros comme eux, mais l'intention y était, et elle savait la reconnaître. Elle lisait et écrivait très bien, savait compter jusqu'à nonante-neuf, chantait juste, brodait fort maladroitement, se débrouillait avec une épée à condition que son assaillant ne fût pas trop grand. Pas de souci de ce côté-là. Le souci, c'est qu'elle n'avait pas du tout envie de montrer à sa mère ce qu'elle savait faire. Papa avait dit "après-demain" : ça laissait plein de temps pour éviter la démonstration, et pour trouver le stratagème qui lui permettrait de faire part de ses progrès à Papa et à lui seulement.

Ça faisait rire Maman, en plus !


Il lui aurait été difficile de m'en faire là où j'étais Aëlys et, si tu vas par là, je ne lui en ai pas fait depuis longtemps non plus. Mais il m'en a offert bien d'autres qui ne m'ont jamais quittés. Cet anneau par exemple pour nos fiançailles qu'il a fait lui-même.

Aëlys daigna admirer l'anneau, se retint de justesse de hausser les épaules. A elle, Papa avait fait des cadeaux bien plus jolis. Elle se rasséréna quelque peu.

Une figurine d'ours qui m'a sauvée la vie en arrêtant une épée qui, sans cela, m'aurait transpercée le coeur.


Elle avait déjà entendu cette histoire, et se mit à balancer les jambes dans le vide, dans l'attente d'une suite. Elle aimait les belles histoires, et n'était pas encore tout-à-fait capable de distinguer les vraies des fausses.
La suite ne vint pas.


Et les plus beaux qu'il puisse exister. Toi ma fille, notre fille, dont je suis très fière et que j'aime par dessus tout.

Ouais... Ça, c'était pour de faux. Evident. Facile. Quand on aime quelqu'un par-dessus tout, on le laisse pas pour aller se réfugier dans un couvent. Et c'est pas la petite caresse au passage qui changerait le passé. Allait-elle laisser passer ça ? Ça servirait à quoi, de dire et redire sa colère. A rien. C'est comme ça, les grands : quand ça veut pas entendre, ça n'entend pas.

Et lui. Son amour, sa présence, son soutien, sa confiance. Je te souhaite de trouver un homme aussi droit et aimant que ton père Aëlys.


Oui ben Papa non plus c'est pas un cadeau. C'est juste Papa. Et c'est bien vrai qu'il n'est pas bossu comme le vieux Septime, pas la peine de me le dire, hein. Et je le sais bien, qu'il m'aime...

... lui. Dernier mot ravalé de justesse, pour éviter une autre avalanche de reproches déguisés en compliments. Les jambes cessèrent leur mouvement de ciseaux, les épaules se haussèrent, les yeux roulèrent dans leurs orbites.
Un grand sourire éclaira le visage de la gamine. Ignorant superbement sa mère, la bousculant même un peu au passage, elle vint attraper la grande main de son père et la porta à ses lèvres.


On va aux écuries ? Estève m'a dit qu'il y avait deux nouveaux poulains.

A l'offensive, Aëlys !
See the RP information <<   1, 2, 3, 4   >   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)