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[RP ouvert] Couronne d’Automne

Alphonse_tabouret
PJ et PNJ bienvenus



Every morning, my eyes will open wide
I gotta get high, before I go outside.
Roll another, for breakfast
burning clouds around, and in my solar plexus.

Hang on, hang on
to your IQ, to your ID
hang on, hang on
to your IQ, to your ID

I'm lonely

Hang on to your IQ, Placebo





Aux racines, avait été apposé le froid têtu des sèves suspendues, et si un artisan consciencieux aurait rendu le travail aussi soigné que possible, tranchant d’une lame affutée l’écorce comme le bois, la Vie, elle, ne s’embarrassait que rarement du souci du détail, déchirant à coups de crocs la moindre particule sans se soucier de la repousse à venir.

Le chat avait tout de l’arbre depuis plusieurs semaines.
Déraciné une nouvelle fois, abattu sous l’implacable soleil d’été, déjà prêt à bruler aux premiers frimas de l’automne, il s’étiolait à l’aridité des terres qu’il portait en son cœur bancal.
Les nuits se consumaient, les unes après les autres, dans l’insatiable recherche d’une chaleur dévoyée, son âme sèche s’embrasant à la flamme des autres pour toujours retourner aux cendres une fois repue, cercle vicieux des sensations falsifiées par le vide et l’apathie qui lui dévoraient le cœur. Frissonnant malgré la tiédeur des courbes veloutées se succédant à son flanc, grelottant malgré le cuisant des marques laissées à sa peau blême par les poignes passionnées d’amants plus sauvages que d’autres, le jeune homme répétait pourtant inlassablement chacun des gestes qui le précipitait à revivre, au gré de nouveaux visages, la même soirée que la veille.

Ici, dans ce troquet niché aux replis métissés de la capitale, personne ne s’embarrassait de trop de questions tant que l’alcool arrosait la table avec suffisamment d’emphase pour remplir chaque gorge jusqu’à la cacophonie des hilarités avinés. Eden de cette vie nouvelle qu’il s’entêtait à ne pas partager, la taverne désemplissait rarement avant les premières lueurs, non point pour la qualité de ses services ou de ses vins, mais par l’entente tacite de tous à ne boire que pour oublier, faisant fi des réjouissances les plus sincères pour ne garder que celles naissant de l’autodestruction.
Du comédien, Alphonse possédait toute la superbe, usant des charmes dont il avait la maitrise pour assurer à cette quête de noyade tous les embruns nécessaires à l’oubli de ces heures trop longues pour être subies sans le moindre artifice, et il sombrait, avec panache, tantôt à la bouche sucrée de l'une des donzelles venant délivrer les brocs de bière sous les exclamations grivoises et les remarques bruyantes de ses compagnons de tablée , tantôt au goulot d’une bouteille dont les effluves n’étaient pas assez suaves pour qu’on les laisse respirer… La descente aux enfers était consentie, approuvée par chacun de ses pairs dans les regards embués d’ivresse dont ils le couronnaient, dans chacune des claques que recevait l’épaule en guise d’assentiment à un bon mot ou un geste visant à les anesthésier un peu plus. Roi meurtri sur un trône de néant, il savourait cette succession d’heures évanouies où il n’était plus père attentif, amant abandonné, ami attendri ou bien mari de paille, mais simplement Abime, vertige apprivoisé au chemin de chaos qu’il arpentait.

L’automne avait achevé le travail d’une année nourrie de désillusions, étouffant les moments de paix pour ne laisser qu’une plaie à vif, un voile sur les sensations les plus élémentaires et c’est tout naturellement qu’il en portait l’invisible stigmate à son front pâle, fardeau tout autant que devoir envers les fantômes de ce présent qui tardait à devenir passé.

Ici, les visages se mélangeaient, sans s’ancrer à sa mémoire, parenthèses salutaires d’un esprit dont les craintes les plus noires avaient fini par germer, désespérément vivaces et fortes, écornant plus encore ce qu’il aurait pu être, rendant à l’éther, les rémiges dont les rires l’avaient béni pour n’offrir à la gorge que l’agonie muette des âmes en peine.
Le cœur en croix, exsangue, la nausée aux tempes, c’était l’égoïsme qui avait assuré la survie de l’animal, trop honteux, trop sali pour se nourrir à la substance même des rares dont la fidélité n’était plus à prouver ; le genou ployé à l’obole d’une amertume pugnace, il quittait sans le moindre remord, ne vivant plus que pour lui, les bras aimants pour chuter, comète, dans ceux d’étrangers se servant de lui pour réchauffer leur nuit comme lui se servait d’eux pour se croire encore en vie.

L’exclamation de son prénom l’exhortant à remplir à son tour les verres vides attira son attention tandis que l’une des donzelles en charge de les ravitailler riait en attrapant de ses longs doigts, les pichets éventrés, automatisant le sourire de connivence qu’on attendait de lui. Ivrognes, paumés, enfants perdus allants et venant, restant une heure ou une nuit selon ce qu’ils fuyaient avec tant d’empressement mais unis par la volonté de la lacune, telle était la cour à laquelle il offrait le spectacle de sa propre déchéance, les traits de la beauté mâle dissolvant gracieusement le pathétique de cette fuite pour généreusement le grimer de l’arrogance consentie à la jeunesse.
Alors, la senestre s’enroula à la taille de la jeune femme pour l’amener à chuter sur ses genoux dans une exclamation gloussante, annonçant en venant humer la gorge à portée de ses crocs, le souffle chargé ricochant sur la peau claire :


J’ai déjà les mains prises... Trouvez-nous un autre donateur, car ce soir, je n’offrirai la curée qu’aux plus méritants d’entre nous…


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Kallipyge

Une Ombre.
N'être qu'une ombre.
Paraître erratique alors qu'on flamboie.
Dysmorphisme de la vision de soi concomitante à la vision de l'Autre.

C'est perdu quelque part entre onirisme et matérialité que le chaloupé de la chute de reins la fit osciller entre les tables du troquet mal famé. Pourquoi là justement ? Peut-être par sursaut brutal d'une souvenance de cette puanteur de la vie, quand tout son Être n'est qu'ostracisme à ses propres yeux et dont on ne peut malheureusement se scinder pour s'en débarrasser. Réminiscences de ce qu'elle a fuit, qu'elle s'efforce vainement de dénier jour après jour depuis quinze longues années, tout en voulant s'y replonger régulièrement, comme une mise à jour temporaire des stigmates qui zèbrent son âme et dont personne ne sait rien. La déchéance est partout. Même le stupre a cet aspect de pestilence répugnante qui repousse ou attire selon les appétits plus ou moins assouvis. Léproserie des âmes rongées de l'intérieur.

La rousse bohémienne à la chevelure hirsute, aux jupons couverts d'un châle asymétrique à longues franges d'un vert profond contrastant avec sa crinière et soulignant son déhanché sans vulgarité, aux yeux d'or perçants, ausculte l'antre infernale dans laquelle elle a pénétré sans ciller une de ces nuits où cauchemars et tourments ne lui laissent aucun répit et où elle sait pertinemment que l'opium ne lui sera d'aucun recours.

Se frayant un chemin au milieu des cocottes qui embaument la crasse et la sueur, l'homme macéré entre leurs cuisses mal rincées post-coïtum, la bière et la vinasse renversées sur les tissus servant plus de chiffons qu'à couvrir leur nudité, serpentant entre les soiffards qui s'abreuvent à toutes les mamelles, dignes représentants de la lie sociétale qui s'étalent sans pudeur, elle s'avance vers ce visage qui l'attire comme un aimant, sans raison aucune, juste parce qu'il voudrait se fondre dans la masse tout en paraissant différent et que son aura en devient magnétique.
Oubliant d'instinct ce pourquoi elle est venue en ce lieu, elle s'assied face à l'homme bien occupé de ses mains, croise les jambes dans le tintement des grelots qui parent ses chevilles accrochés à des chaînes fines et ouvragées, et un timbre ferme mais doux s'élève sorti d'entre les lèvres qui sourient à peine


Pour ma part, je ne réclame que deux sous Sieur, pour la bonne aventure.


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Antoine..
    Les Saints ne se trompent jamais..











Le X de l'an Vertueux 1463 - Rues des Nimbes , Paris.
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Le jour perd sa nimbe sur la route aux pierres damnées terrasse de la ville royale et capitale de la désolation sous une journée ensoleillée et ravie. En ce crépuscule presque interminable , l'éther se faisait d'ailleurs bien frais. Antoine zyeutait à travers les œuvres des toits et cheminée toussant bois et charbons , les digitales de la lumière suppliant quelques petitimes écarlate avant de disparaître. Seul , sur le chemin qu pouvait mener à différents destins si différents des uns aux autres , la fatalité se dessinait diaboliquement à la pointe de sa botte , trottant amble sur le pavé irrégulier et taillé par les fers. Cette journée ne pouvait se terminer d'une manière si brute et banale, il venait de passer la journée au marché, lieu où il fit la bienheureuse rencontre avec Aurchide. A cette illusion son sourire s'étirant en billet , mouvant sa nuque et muscles en torsion vers sa clavicule laissant ses iris de prasin détailler ses arrières. La rue roucoulait de vieilles loques et de dames aux belles pentes correctement serrée sous leurs corsages aux couleurs ambulantes. Défragmentation des douzaines couleurs , il ne pu s'empêcher d'y arroser son regard, aussi banal que celui d'un bambin devant la tétine de sa mère ou celui d'un môme devant une bourse d'écus. Certaines de ces dames sortaient d'une rue qui mène assurément sur un taudis aux stupres, comment ?
Elles étaient plus ou moins ivres , les talons d'agile élimés et à moitié par les nombreuses chutes. Leurs joues pourpres donnait lieu de se questionner, d'une démarque féline le brun fit demi tour , et s'effila de manière circulaire à y voir de plus près à cette ruelle qui ne dégage que des râles et rires. Ils déambulent bras dessus et dessous et rien qu'à ces gestes d'un quotidien presque monstre il les enviait. Il s'en allait presque à débattre sur le : "
Ai - je déjà séduit ? "Qu'était - ce la séduction dans une cour où les braies sont bannies comme les chemises aux cours royales. Sans devoir chercher, cette question poserait sans doute des gêne quant à sa convenance en des cycles pareils. Cette ruelle avait pour définition : Griffes de Diane. , dans un susurre presque inaudible qui pourrait se révéler dolore. Rien que les débouchées, sur ces murs effrité par les conjugaisons dolosives des mains, des coups et maintes habille de mouve. Il s'approcha , le pas doux et pourtant .. Aux portes de la clause , une main lourdes et pâteuse vient agripper le jeune brun, il écarta son œil vers le mur comme dans un soupire dolent. Il y avait cette haleine épouvantable de rhum distillé à la dépravation, dans un rire démoniaque et drainant de fluide ; l'esseulé secoua ses épaules dans un geignement sourd. Humpf .
Au regard spéculant et mystifié il plissa lourdement ses mires sur la tortueuses langue qui résonnait de ses pas , il fut migré et dirigé vers une porte d'un sylve meurtri par les différents rejet des représentant de l'Humanité. Comme si chaque éperon de cette barrière symbolisait le sacrifice de l'ignorance vers l'inconnu et le champs aux différents sang, car le sein est de sans. Dans un dernier souffle , racle ou n'importe quelle dernière angoisse il poussa la porte.




    Oh tell me what you'd give,
    To be woken by a kiss in the morning light,
    Do you feel alright,



    Blackbud – Heartbeat



La Quetsche animale - Couronne d'Automne
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Antoine Szadig , il était trop tard désormais pour faire demi tour et surtout discrètement sur un planché aussi souple qu'un piège, encore une métamorphe de la métaphore. Des l'entrée tous les sens les plus primitif de l'Homme s'éveillaient , l'odorat captivé par le simple arôme de l'hypocras qui voguait tout aussi bien que la présence de l'âcre. Les petits rires coquets de pucelles en marche et en file , toute aussi élégantes des unes et des autres. Les papilles qui ne pouvaient s'empêcher d'avoir la pâteuse devant un si joli bouquet de désir. La vue , le beau de ne pas pouvoir aviser et toiser plus longtemps une femme par peur de finir en chaines à défaut à déguster à la lippe sous un chêne aux simples vestige d'antan. Les digitales de l'homme caressaient le dôme de chacune des chaises et les crevasses habitantes des tables lorsqu'il s'y faisait passage jusqu'à une chaise qu'il étira avec révérence avant de déposer son séant.En sa chute il murmura dans son audace de siéger en des lieux que d'autres dominent sur l'importun : " Le bon soir.. Lutèce."
Antoine inclina la tête retirant son couvre chef au feutre noir neuf qu'il fit poser avec délicat sur la table à ses côtés. Ses cheveux flottaient presque, éparpillés de parts et d'autre de son visage, des vestiges et cornes de ses oreilles qui emmitouflées se laissaient dessiner du regard. Habillé d'un mantel noir il était presque trop habillé, était - ce mal vu ? Était - ce là une provocation ? Peut être avait -il simplement froid brulant son air à chaque liqueurs que ses lèvres laisser couler et luire. Il n'était pas armé , il disposait d'un visage angélique habillé d'un poil d'Angora, appuyant un air jeune du haut de ses vingt et une années royales. Aux premiers lueurs , il détaillait chaque personnes , objets, pente et croupe. Il n'avait en rien l'air d'un chasseur, trop perdu.
Il se souvenait d'être venu une fois dans ce genre de taverne il y a dix mois.
Audacieux il dressa son torse sur le dossier , s'installant aisément en ces lieux et d'une voix de soprano il commanda sa fine qu'il sirotera ou non seul.


    Une prune , je vous prie..

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Alphonse_tabouret
Avant l’auréole d’un soleil indiscipliné, ce furent les tintements de grelots qui attirèrent l’ouïe du chat jusqu’à lui faire dresser l’oreille, animal dont l’attention portée aux échos était à ce point liée à ses nerfs qu’il ne savait plus vivre sans, et ce fut tout naturellement que le velours du regard noir glissa sur la silhouette se rapprochant , tintant à chaque pas, symphonie femelle dans un vacarme d’hommes, aigu, accordé, clair, là où ils n’étaient que dissonances, contretemps et fausses notes…
Elle avait beau serpenter à pas léger, délier son corps pour éviter l’ampleur des mouvements avinés de la foule, se faire liane avec la précaution de ceux qui vont quelque part, la musique s’entêtait au lobe de l’oreille mâle, amèrement familière, tendrement inconvenante, délaissant l’attention portée à sa proie tandis que la jeune femme s’asseyait face à lui.

Des femmes, il aimait le suave des gestes, les lèvres pleines et douces, la sensibilité du pli moelleux d’un genou, le pouvoir des élégances frivoles et s’il avait aimé voir les plus titrées d’entre elles abandonner la rigidité de leurs lettres de noblesse au creux des nuits passées, il restait éternel amateur des celles du peuple, pour qui la simplicité des belles choses avait tantôt le gout du luxe, tantôt celui du bonheur.
Celle-ci se nimbait de hauteurs et d’éthers, décalée presque, quand les tissus n’offraient pourtant nulle richesse mais le timbre doux des histoires qui naissent à la flamme.


Pour ma part, je ne réclame que deux sous Sieur, pour la bonne aventure.

Bohémienne.
Je ne connais de ton peuple que ce que ma femme a transmis à mon âme. Danse, voix, et claquement de tissu aux vents créés par le mouvement ; rage, obstination et sang à ceux qui ont craché aux pavés foulés ; inflexibilité, loyauté et dénuement à ceux dont l’âme s’élève au gré de la musique…
N’est-il pas lourd, le fardeau d’être née libre dans un monde où l’on appartient toujours à un autre ?
Ne trouves-tu pas éreintant de porter en flambeau l’espoir plutôt que le joug ?
Moi, j’ai grandi esclave pour m’affranchir un soir d’orage. J’ai aimé pour connaitre le vide, j’ai cru pour ne plus croire à rien et je me rends compte maintenant que ma tête est lourde, si lourde, depuis que je suis apatride…


Le sourire rehaussa les lippes pour en laisser percer l’éclat, dessinant sur le visage bien fait, les teintes carnassières des nuits qui recèlent le plaisir des surprises au précipice des heures perdues.
La main jusque-là à la hanche femelle la délaissa sans un mot, ne s’attardant ni à la moue réprobatrice l’accompagnant, ni aux vertueuses bonnes manières qui auraient voulu de lui le gage d’un dernier sourire pour ne point se révéler goujat. Chat distrait et séduit par l’oisillon de couleur dont le pépiement venait chanter à ses oreilles l’assurance de disparaitre un peu plus dans les embruns de la soirée, Alphonse s’accouda plus confortablement à la table une fois libéré quand un nouvel arrivant prenait place parmi la bruyante assemblée, attirant brièvement le regard fauve tant dans l’habit que dans le timbre racé passant commande.


Une prune , je vous prie..
Tudieu, s’emporta un ivrogne connu de toute la rue pour pleurer abondamment sa femme partie quelques semaines plus tôt dès que le vin lui tournait suffisamment la tête, tu vas pas boire en solitaire quand même, l’ami !, l’apostropha-t-il sous les rires des voisins de table, amenant le comptable à adresser au jeune visiteur, l’encouragement d’une moue amusée aux lèvres avant de s’immoler au regard doré en daignant sortir de le pénombre offerte par le peu de bougies.

Deux sous ? Je ne souhaiterai pas d’un avenir au rabais… Mettons y les formes, voulez-vous ? demanda-t-il en sortant de sa poche un écu pour le glisser vers elle, index appuyé sur la face dorée jusqu’à l’amener de l’autre côté de table. Si le poids des armes depuis un an passé avait formé le corps, senestre et dextre ne s’ornaient d’aucune callosité, présentant à elles seules, traitres témoins, l’ambigu costume dont le jeune homme avait toujours été ourlé.
De laquelle avez-vous donc besoin ?, fit-il en présentant ses mains, paumes ouvertes et offertes à l’expertise narrative du soleil brouillé .
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Sabaude
La Mort répond au nom de Grande Faucheuse, la mer meurtrière à celui de Putain bleue. L'amour a le corps grassouillet, le visage poupin et la flèche perforante quand elle n'est pas déesse voluptueuse. Et l'amitié aurait-elle les membres décharnés agités de tremblements, les traits tirés, l'âme en peine? L'image trahirait-elle l'incapacité à appréhender sans détour et lâcheté des concepts corrosifs?

Assis à même le sol d'une chambre parisienne dévastée par la colère et l’opprobre de l'inaction, un homme tient sa tête entre ses mains, mèches folles d'une chevelure indisciplinée échappées de ses extrémités faites serres sur un crâne où la tempête gronde.
Il l'a laissé, soumis à cette folie qu'il partage pour en rester inerte spectateur consentant, s'éloigner toujours plus loin sur les chemins de la perdition. Les lèvres asséchées s'écartent difficilement, collées au sel d'une faiblesse qu'il ne parvient plus à retenir à l'orée d'un regard délavé, ruisseau tiède au velours de joues creusées par des repas oubliés.

Crois-tu que je ne sache pas? Peu importe la cause quand j'en ressens l'effet.Me penses-tu si aveugle quand je passe mes journées à scruter des visages et à dégager le vrai du faux?
Tes avaries font sombrer la frêle embarcation où je tente de me maintenir à flot. Ton mal ronge mon être aussi sûrement que le tien. Je n'en puis plus de te laisser aller, respectueux insensé d'une liberté tienne, souveraine en un domaine devenu chaos par nos faiblesses associées...
Et pourtant, tu l'as voulu ainsi, sans mot dire.


La carcasse fébrile se redresse, revers d'une dextre humide alors plongée au baquet d'eau où s'égaille une patte féline. Sous l’œil scrutateur de l'animal, l'humain reprend peu à peu couleurs et contenances. Une nouvelle journée l'attend au Parlement, répétitive.
Il ira le trouver, mais pas maintenant.


Dans ses plus beaux atours une fois de plus la ronde fille des Titans parait dès les rougeurs célestes évanouies, un peu plus grosse ou ne serait-ce plus mince? Il ne sait plus, les jours passent.

Tu l'abandonnes. Avec le renard on renarde, avec le couard on couarde. Qui es-tu?

Non! Ne peux-tu me laisser en paix, cruelle? Tous ces jours à me tourmenter!

Ce soir , encore, il a besoin d'oublier une paternité spectrale. Cette nuit il lui faut ignorer les disparitions, les déchéances, ses jeux dangereux à charmer les femmes en peine, le retour de cette amante lièe malgré elle à une Bretagne destructrice, sa charge oppressante.

Je t'ai connu plus prompt à enfoncer des barrières placées à néfaste dessein.
Laisse-moi! Qui serais-je à aller contre sa volonté? Il est assez grand pour savoir ce qu'il fait! Et moi j'ai d'autres chats à fouetter.

Chairs lavées et couvertes d'une mise simple où l'aisance n’apparaît qu'à l’étoffe, le vicomte torturé par une conscience indocile, botté et enveloppé d'une cape que les premiers frimas automnales transperceront sans vergogne de leurs éperons nocturnes sitôt l’étreinte consommée, souffle les flammes vacillantes et s'échappe dans la nuit en quête de son propre égarement.

Son ami, voilà ce que tu es.

La conclusion s'en est allée par delà les ruelles et venelles, disparue au tumulte tombé en chape sur ses épaules sitôt la porte de la taverne poussée. Pourquoi a-t-il choisi cet établissement plutôt qu'un autre? Coup d’œil sur l'enseigne grinçant au vent il n'en sait rien, il a suivi son instinct ou simplement ses pas esquivant qui une querelle d'amoureux, qui un duel, qui les remugles d'un Paris sale. A moins que.... perfide! Cette voix et cette silhouette familières... Impossible de se tromper. Les prunelles sombres étincellent, agrandies, en façade d'un visage délicat voilé d'une fatigue tenace.
Un godet et un pichet de cidre frappent contre le bois de la table déjà lourde et crasseuse des vestiges du comptable.


Permets que je te débarrasse, lui offre-t-il en passant devant la bohémienne qu'il salue du chef, une main à la hanche délaissée de la catin l'autre à son cou gracile.

Regard aux puits sombres, de ses lèvres il écrase, prend, fend et possède pulpe et langue insipides de la femme de petite vertu, baiser dédié à celui auquel il ne peut l'accorder ici. Au gout de fer Sabaude se recule et lâche sa proie, pétrifié,soudainement conscient de la fragilité de celle-ci. Aurait-il oublié? Non... Remis, sa senestre plonge sous l'habit pour escorter l'écu poussé de deux autres frères luisants.


Peut-être accepterez-vous aussi de lire mon avenir, accompagne-t-il le geste de son timbre de velours à l'attention de la diseuse de bonne aventure.

Puis d'un mouvement rapide et fluide Renard fait tomber un verre pour détourner l'attention et ravir entre ses doigts fins la mâchoire d'Alphonse.

Je te l'interdis! Tel est le murmure sans appel.

De t'anéantir, de te détruire.
Entre eux les explications sont inutiles quand par delà le mutisme de l'un et la volubilité de l'autre la compréhension habite leurs actions et leurs silences. D'un battement de cils la pression intime n'est plus et il prend place dans le siège jouxtant celui d'Alphonse, le sourire en coin vite étiré vers le bas à la mention de la prune. La prune c'est Brune...combien de fois a-t-elle essayé de lui faire boire de sa boisson favorite, et lui de refuser. La face lunaire s'altère, la sienne aussi.

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Kallipyge

La Vie n'est qu'un théâtre de marionnettes,
où une Destinée tire les ficelles plus ou moins adroitement,
conduisant une intrigue de pantins désincarnés
jouant la plus grande farce de l'Univers : leur existence.
Illusion de la forme sur fond de quiproquos,
de drames burlesques en comédie pathétiques,
avec pour seul lien l'Absurde en tranches de vie grossières.



Le décor est planté. Les acteurs se mettent en place. Et sous ses yeux, la scène s'anime.
Non pas de ce lacis existentiel sinueux dans lequel chacun s'embourbe, cloaque dégénéré, et qui sert de faire-valoir à ce qui se trame. Mais bien plutôt de ce qui est tu, des non-dits qui transpirent, de ses silences qui s'éructent par des gestes évanescents criant leur désarroi. Les personnages en présence ne peuvent deviner en l'instant que l'acte joué dans cette pièce éphémère leur sera fatidique. Et pourtant... bien avant que ne tombe le rideau comme le couperet effilé sur la nuque du condamné, il va falloir affronter les rebondissements, les soubresauts dans la lutte qui oppose soi à soi.
A chacun de vouloir poser son masque.
A chacun de se libérer de son joug. Quand le moment sera venu.
La liberté de l’Être dans l'expression n'est pas toujours celle que l'on croit. Mais quand a-t-on vraiment la clef de ses chaînes ?



Attentive à ce qui l'entoure, bien que détachée, la bohémienne rend une salutation discrète d'un mouvement du chef avisé mais gracile et un sourire affable de circonstance à qui salue en passant. Une prune. Presque une incongruité de délicatesse et de saveurs dans un lieu aussi insipide pour les sens se vautrant dans le gavage plutôt que la dégustation. Mais une eau de vie brûlante en accord avec l'endroit. Il faudra qu'elle aille en partager une avec le Sieur, quand elle en aura fini là, pour oublier à son tour.

Présentement, spectatrice au regard acéré, ses iris flamboient d'un éclat singulier dardant leur flamme sur son interlocuteur à nouveau. De sa posture, l'on ne peut dire qu'elle soit altière, pas plus que négligée ou dégingandée. D'aucun la penserait fière. Elle, elle se sent juste pénétrée. Si proche et à la fois si distante. Elle détaille, scrute, sans pour autant porter à la gêne son vis-à-vis, ne se préoccupant guère du traitement de la fille de joie.

La pièce de monnaie proposée jouxte désormais ses mains longilignes entrecroisées sur le plateau de la table. Elle n'y touche pas. N'abaisse pas même ses pépites d'or dans sa direction. Ce qui l'intéresse, ce sont les mains qu'il laisse à sa portée et qu'elle examine sans ciller à la volée. C'est la voix qui s'élève à côté d'eux qui interrompt le fruit de ses pensées alors qu'elle s'apprêtait à rétorquer. L'entracte accordé par la mise en scène de l'entrée est édifiant. Les jumeaux sonnants payés ne retiennent pas plus son attention.
Le juron égrillard vociféré par l'arrosée un peu plus. La distraction lui arrache un sourire sibyllin. La gent féminin a cet avantage des plus attrayants de posséder un champ de vision élargi lui permettant ainsi de relever de petits détails presque imperceptibles et d'en saisir la pleine importance sans rien en dévoiler. Lors donc de laisser le nouvel arrivant prendre place dans ce qui paraît être l'ordre naturel des choses. S'assurant d'une œillade en biais que l'occupation féminine s'est éloignée pour se sécher, que les noceurs sont retournés à leur beuverie, elle demande avec aplomb, leur adressant un regard des plus avenants couplé d'une expression faciale emplie d'une aura singulière, son timbre naturellement chaleureux se faisant enveloppant à mesure qu'elle baisse le ton, devenant plus confidentielle, respectant les limites tacites de la discrétion quand elle officie en public, ses ourlures laissant se dévider leur contenu avec précision


A votre guise Messires. Faut-il que je vous dessine votre avenir......... commun ?

La pause marquée est volontaire. Le mot appuyé l'est sciemment. Un espace dans le temps telle une virgule dans le phrasé, puis, adjoint en guise de réponse à l'inconnu devant lequel elle s'est délibérément installée


Je vous remercie mais gardez vos paumes, ce n'est pas en elles que je lis.


A ses oreilles, le brouhaha environnant s'est fondu dans la masse jusqu'à disparaître. Seul son pied qui vient de danser sous la table fait résonner les grelots discrètement. Un peu comme les trois coups au plancher. Prêtez attention, la pièce commence... chut.


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Antoine..
    Dans un court instant il s'était senti comme dans un hospice pour esseulés et dolent en un cœur qui n'appartenait plus à la doxa. Le séant reposé sur une chaise de bois subtilement placé non loin des chaleurs humaines. Dans les premières secondes après sa commande , il se doutait bien qu'il ferait l'affiche de moqueries et percutions de pensées se demandant ce qu'un gamin faisait ici. Un gamin qui avait tout d'un Valmont mais rien d'un Hercule dans un calme languit comme si serpents voguaient en sa chair le marquant dans une souffrance silencieuse. Le silence et l'inexplicable sont souvent symptômes de folie , puisant dans un regard éteint et pourtant le sien ne l'était guère. Il s'était demandé encore ce qu'il omettait à être ici , assit demandant une prune et comme ludion seul sur un trône aussi modeste qu'un bois recyclé. D'une nasarde fendant l'air en sifflement , il s'appuya de ses semelles accroché au parquet souple afin de se lever présentant toujours une allure agile et délicate.
    Félin , il s'y faufila sans trop de hâte ni en carrure de commissaire. A s'accrocher au rade , le bois déjà d'autant abîmé par les nombreuses griffes d'ivrognards , femmes arrachées et d'hommes accablés. La posture humble et droite , il se détendit même si son cœur et la flamme qui consumait ses poumons le rendait moite et quelque peu tendu.


    Une prune ne se boit seule , il avait réagit en premier temps comme un isolé et persécuté. Il aurait du s'avancer vers le comptoir et affirmer son pas et ceci et ce simple détail il se le répétait en boucle. Il fit alors à la fois face au godet de métal contenant sa fine mais également au jour des nuances ventées que subissait la bougie à ses côtés.
    De loin il pourrait laisser transparaître l'inexpérience , l'homme sorti droit du couvent et fuyant les lignes droites d'un feuillet dicté par un mestre. Peut être était - ce ce genre d'homme qui fuyant la réalité pour se réfugier dans les troquets les moins recommandés pour perdre son humanité. L'habit noir pouvait laisser penser à un homme d’Église , qui de ses mouvements préfère le respect à la compromission.
    Qu'importe les milles identités , cet homme ne valait douteusement pas milles écus ,voir même pas un denier.



    Une prune ne se profite pas seul , il faut être vu la déguster pour que lèvres charnues montrent la bravoure , l'humeur , la souplesse et également la sanguine qui viendra les essorer de l'alchimie de liqueur. Il n'y a de courage à offrir l'appréciation, porter la flûte en une pincette de digitales amenant le contenant en une danse aussi lyrique qu'une dégustation primitive. Le regard chavirant conte une mélodie aux milles égéries ayant déjà plongés leurs pinceau dans ce chanvre.


    Ce soir je ne bois pas seul, vous avez raison hun hun.. Trinquons alors .. Viventa ! Dit - ont chez moi..


    Il prit le verre avec décision et dessina sa trinque laissant quelques gouttes déborder et choir avec nostalgie de guerre sur le sol abîmé et affaissé de sa jeunesse parfaite. Antoine se tourne dès lors également vers les personnages dont il n'aura entendu que la malice des gestes et le désir en effluves. Il leur adresse inclinant le regard et inversement levant le godet en l'air : une invitation à boire ou à déguster qu'importe fluide et réceptacle.


    En leurs noms ..En leurs chairs ..


    Telles furent les pensées du brun tournée vers les nymphes qui pour ce soir seraient de vulgaire femmes de joie mais au fond représentent la friandise de l'Homme , et serviront celui ci en son nom et sa chaire .. La fidélité d'un instant comme si cela serait une fierté de siéger et d'observer l'animalerie sous les yeux du séducteur qui n'eut rien à faire pour s'offrir deux beaux vases , vases qui se laissent dessiner en courbes subliment et tout autant rare.. Et pour rien , l'ont ne pourrait connaître leur véritable goût car qui aurait l'idée de l'incliner pour en délecter la saveur du contenant ?

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