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[RP] Nuit de Février, Réception

--_le_portier




La nuit tombait doucement sur les toits parisiens, enveloppant la ville d’une obscurité encore translucide, gagnant de l’ombre dans l’atténuation du brouhaha qui, lentement, inexorablement deviendrait sourdine. Paris ne dormait jamais il était vrai, mais il était une heure où les bonnes gens s’engourdissaient, laissant les rues de la capitale à ses arpenteurs nocturnes : travailleurs noctambules, jeunesse dorée en quête de fragrances neuves, ivrognes amoureux, joueurs invétérées, amateurs des fumoirs, malfrats rasant les murs… Fabian aimait ce moment où la ville changeait de visage, la trouvant alors accordée au parfum unique de l’Aphrodite et de ses deux maisons, de ses deux clientèles.
Perché sur les quelques marches menant à la porte de l’élégante bâtisse, le portier, savamment apprêté par les multiples courtisanes de la maison, contempla la petite cour pavée par laquelle arriveraient les clients, un instant maitre des lieux, avant d’allumer la petite lanterne finement ouvragée qui projetait de délicats éclats lumières au travers de ses dessins.

Le portier referma la porte derrière lui dans un sourire pour se tenir derrière le panneau attendant, attendant que l’on fasse toquer l’imposant butoir en forme de tête de Lion pour réclamer ses services.




Merci d'attendre que le portier vous ouvre pour rentrer dans la Maison Haute
--Adryan
Tout changeait tout se bousculait même, et en même temps, tout restait invariable. Le Castillon était là, droit derrière son bar, ses gants noirs prêts à enivrer des alcools les plus fins chaque âme perdue qui foulerait le seuil du luxueux établissement. En bas dans les chambres, les courtisanes finissaient de se parer pour ensorceler les regards avant d’affoler les respirations alors que les premiers clients, certains discrets, d’autres volubiles, s’engouffraient déjà dans l’antre de perdition sensuelle qu’était l’Aphrodite.
--Angella


Le minois halé de la soubrette se montra au salon, chignon et tablier maintes fois lissé du plat de la main, quelques allers retours dans la pièce, l‘œil vif et le plumeau en main, un regard oblique vers les présents, notant la ponctualité exemplaire du castillons, statue gantée, assidue dans son rôle d’enivreur, chaque soir isolé dans son monde de bois et de marbre, les étagères porteuses d’une admirable palette de liqueur , offrant aux regards une mosaïque de couleurs, de l’ambré le plus claire au sombre rouge sang, la petite chose s’oublia quelques instant, contemplant, comme pour la première fois, ce qu’elle voyait pourtant chaque soir.

-Bonsoir Adryan, la soubrette s’approcha de quelques foulées, s’agrippant au comptoir veiné pour se hisser sur l’un des tabourets, l’on aurait dit une enfant perdue dans un décor d’adulte, je peux avoir un verre ? La voix s’était faites aimable, espérant un sourire amical de la part du frigide, de l’hydromel s’il te plaît … ne t’en fait pas j’ai de quoi payer, ajout a elle après un léger silence.


Etienne_de_ligny
La chemise légèrement entrouverte afin de dévoiler quelques cicatrices, la barbe de trois jours entretenu Etienne regagne le salon. Adryan était déjà en place et la soubrette était sa première cliente. Un sourire se dessine alors sur son visage tandis qu’il prend place à ses côtés et qu’il sort de la poche de ses braies quelques pièces.

Je te l’offre Angella. Cela me fait plaisir…

Puis se tournant vers Adryan, le Griffé pointe du doigt la bouteille d’Absinthe, nichée juste à ses côtés. Pour moi, ça sera comme d’habitude. Alors dis-moi, tu deviens quoi depuis le temps ? Une donzelle t’a mis le grappin dessus il paraît ? A moins que ce ne soit un homme ? Léger rictus qui s’échappe de ses lèvres alors qu’il dévie ses iris vairons vers la petite servante. Une femme appétissante, bien que trop discrète et renfermée à son goût. Elle avait des formes là où il fallait, même si elles semblaient encore inviolées. D’ailleurs avait-elle ne serait-ce qu’une fois goûté au plaisir charnel? Etienne en doute. Se concentrant à nouveau sur le serveur d’ivresse, la dextre du Salaud passe nonchalamment sur sa joue pour en savourer le contact quelque peu saisissant.

Je tente la barbe. Ainsi si tu vois une cliente avec l’entrejambe irritée, tu sauras que je suis passé avant toi.

Le rire de noble vient alors pimenter l’ambiance et taquiner les oreilles fragiles de la soubrette. Jouait-il le rustre juste pour la pousser dans ses retranchements et pour la mettre mal à l’aise ? Assurément. Quelque part, cette donzelle lui rappelait sans hésiter la douceur et l’innocence d’Aliénor bien que sa présence ici lieu, parmi ces courtisans et ces péchés ne soit pour lui qu’un véritable paradoxe. Si elle était encore pure de tout affront, comment pouvait-elle rester frigide face aux soupirs et aux scènes qui se peignaient devant-elle ? Son corps n’était-il pas titillé par toutes ces perversions ? Que le diable lui tombe sur le coin de la trogne, si Aliénor, la prunelle de ses yeux venait à se perdre dans ces limbes pour y perdre son essence et son innocence.

Dis-moi, Angella…Es-tu encore vierge ?

La question est ainsi posée, sans détour et sans ménager ses pensées car si Adryan connaissait parfaitement le penchant du Griffé pour ces âmes pures et charitables, il espérait que cette douce enfant n’ai jamais eu vent de cette information. Je te rassure…Je ne vais nullement abuser de toi, c’est juste…de la curiosité. Et puis, à titre d’information…Sais-tu que vendre ton hymen pourrait te rapporter bien des richesses ? Assez-même pour ne plus avoir à jouer la soubrette à l’Aphrodite...Et puis, tu pourras choisir par toi-même la personne digne de cette offrande.
    "Et avec un peu de chance, tu me demanderas de l’aide pour te sentir à l’aise lors de ta première fois…Et si je t’en estime digne, je pourrais même proposer un prix honorable…"

_________________

L'Aphrodite, une invitation indécente.
--Sybil
Trois. Trois robes, trois pauvres robes qui s'étalent sur la couche de Sybil. Toute sa richesse ; un investissement. Toutes sont neuves, elles n'ont pas encore ce parfum de foutre et d'alcool que même les meilleures lavandières de Paris ne parviennent à faire complètement partir. La courtisane soupire, elle ne sait que choisir. Et, malgré la douce chaleur ambiante, elle frissonne : Son seul vêtement est une fine couche d'huile parfumée à la fleur d'oranger, dont elle s'est soigneusement enduit le corps. La rouge, la mauve ou la bleue ?

- Quelle idée d'avoir acheté du bleu !

Elle peste à voix haute, s'en voulant d'avoir cédé si facilement face aux sirènes de la mode. Le bleu est une couleur froide, la plus à même de freiner les ardeurs des clients plutôt que de les échauffer. Mais elle était si jolie ! Oui, tant pis, ce serait la bleue.

De longues minutes plus tard, la blonde hétaïre fait son entrée à la maison haute, sanglée dans sa robe neuve, qui laisse par jeu de transparence entrevoir ses jambes et ses bras au travers de l'étoffe vaporeuse. Un sourire se dessine sur ses lèvres ourlées, il n'y a encore aucun client. Adryan, la soubrette et un courtisan déjà entr'aperçu, voilà le gratin assemblé pour son entrée, sa première nuit de labeur au sein de l'Aphrodite. S'approchant donc du bar, centre névralgique de la pièce, elle leur lance un enjoué :


- Bonsoir à tous !

Espiègle, la jeune femme d'envoyer un baiser à son ancien amant devenu barman, avant de se retourner vers Etienne en lui tendant la main, ignorant qu'elle interrompait une conversation.

- Sybil, la nouvelle.

Et comme il s'agissait de n'ignorer personne, elle s'adressa ensuite à Angella en ces termes :

- Tu es ravissante, ce soir !

Peut-être était-ce que ses joues étaient plus roses qu'à l'accoutumée ? Difficile de dire, à la lueur des chandelles.
Alphonse_tabouret
Ce début d’année voyait le chat changer, entremêlant à sa méfiance naturelle des volutes de joie, des sursauts de bonheur et si dans un premier temps il en avait été spectateur, il sentait depuis une poignée de semaine, les senteurs des vertiges délicieux qui parsèment à la fois la tête et le ventre. Celui d’Axelle s’alourdissait, tenant la promesse faite au matin de noël de lui offrir ce qu’il n’aurait jamais songé à demander et qui avait depuis pris une place démesurée au creux de son attention, attardant des heures où la rentabilité de ses pensées chutaient en flèche, en proie à des absences rêveuses qui repoussaient les limites des possibles jusqu’alors fixés.
Et si cela n’avait pas suffi à l’extirper de la moelleuse léthargie dans laquelle l’achèvement de son deuil l’avait laissé, Etienne s’était chargé de choquer son cœur inerte jusqu’à le réveiller dans la douleur exquise d’une prise de conscience dont il ignorait encore délibérément certains aspects, aiguisant son appétit d’une acidité désaltérante, ranimant la chair et l’âme d’envies aussi lascives qu’irraisonnées, le fauve se redécouvrant imbécilement possessif de l’attention de l’autre quand le corps de son amant s’égarait à tant d’autres sans qu’il n’en éprouve la moindre désillusion.

Se présentant à la porte d’entrée où il toqua trois coups, il attendit brièvement que Fabian ne lui ouvre, rentrant se mettre à l’abri du froid glacial de février sans même prêter attention à son expression de surprise.


Bonsoir Patron, le salua-t-il en refermant derrière lui, coupant définitivement la course d’une bourrasque de vent, tendant mécaniquement la main vers le jeune homme pour lui prendre sa veste, geste qui amusa le comptable jusqu’à dessiner un sourire à ses lèvres.

Ce ne sera pas nécessaire, répondit-il en lui tournant le dos pour se diriger vers le comptoir où se profilaient les silhouettes de quelques-uns des courtisans de la maison, amenant dans son sillage, la morsure du froid hivernal. Gelé jusqu’au bout des doigts pourtant enfouis au fond de ses poches, silhouette dont le manteau et les cheveux portaient encore les traces d’une averse virulente essuyé plus tôt en fin d’après-midi, le chat les rejoignit saisissant les dernière bribes de conversations entre eux, abordant le sourire léger qui le quittait rarement, mais désormais ourlé d’une sincérité difficile à démêler du professionnalisme de son esclavage.
Bonsoir, les salua-t-il en apparaissant dans le dos de de Ligny, n’accordant qu’un regard en guise de commande à Adryan, suffisamment aguerri pour ne point faire fléchir le sourire en l’insupportable présence du Castillon, brulure à son égo, preuve incontestable de cette solitude qu’il ne savait pas encore gérer quand Etienne lui échappait, désagréable parasite qui n’avait plus que le gout de la nausée mais aussi celui de l’extase. Ses doigts se fichèrent à la nuque d’Etienne et s’y enfouirent, tirant, étoilés, pour faire basculer sa tête vers l’arrière et plonger le velours épicé de ses prunelles de le fractal des siennes.

Cesse de dévoyer toutes les pucelles que tu rencontres où il n’en restera plus une seule à vendre d’ici la fin de l’année, le taquina-t-il d’un sourire qu’il ne put déposséder d’une évidente tocade, résistant avec bien plus de difficulté qu’il ne l’avait pensé à venir mordre les lèvres narquoises du nobliau, prudent dans sa façon d’aborder Etienne vis-à-vis des autres, même au creux du havre que leur offrait l’Aphrodite, et s’il était conscient de la violence des changements qu’il imposait à de Ligny, il n’avait pas idée lui-même des bouleversements proches qui le guettaient, implacables. Les doigts s’attardèrent, discrets, à la nuque brune, propriétaires dans leur intimité tandis qu’il tournait la tête vers ces dames, relâchant la tête sans pourtant ôter sa main du cou chaud du Griffé. Prenez ce qu’il y a de plus cher sur la carte, Angella. Quitte à ce qu’il cherche à monnayer, autant lui faire payer le prix fort.
Les onyx dérivèrent sur la fraicheur bleutée de sa voisine, étirant une moue satisfaite sur la blonde : Le bleu vous va à ravir, Sybil.
_________________
--Adryan
En règle générale c’était Dacien qui le premier venait s’installer au comptoir, pour invariablement lancer un bonjour poli. Ensuite, tout dégénérait d’une parole de trop qui aiguillait l’humeur noire du Castillon, et quand il perçut du coin de l’œil une ombre s’approcher de son domaine, il se rembrunit, persuadé que le scénario serait identique à la veille et à l’avant-veille, regrettant même la longue absence du courtisan. Et se fut à contre cœur qu’il releva à tête.

Et là, devant le minois de la soubrette, il sourit. Non pas qu’il fut content de voir la petite chose haute comme trois pommes qui se permettait des familiarités insupportables avec SON bar, mais sourit de ne pas se trouver encore une fois face à l’Arrogant, car plus les jours passaient, plus il lui était difficile de contenir ses envies d’effacer ces petits rictus querelleurs du visage pourtant beau de Dacien. Et alors qu’il esquissait déjà le geste pour la servir sur un laconique
Bonsoir petite Chose, ce fut l’entrain d’Etienne qui le cueillit.

Etrangement, et sans même que le Castillon ne s’en interroge, l’autorisation tacite était laissée au Griffé d’aborder des sujets pourtant inabordables. Les préoccupations et les hantises des deux hommes se rejoignaient tant que l’amitié était née avec un naturel désarmant, même si des sujets les plus épineux, jamais ils ne s’en étaient confiés l’un à l’autre, préférant les boutades viriles et sans détours pour affirmer leur complicité de potaches. Et un ricanement glissa de la bouche castillonne.

Le grappin ? Je pense qu’elle n’aurait pas même la force de le soulever. Elle est bien plus sournoise, je la soupçonne d'avoir versé dans mon verre une de ces potions dont elle a le secret.
De sa dextre, il frotta son menton, faisait doucement crisser sa barbe sous ses doigts gantés. Crois moi, tu n’auras pas à passer entre ses jambes pour savoir que je suis passé avant toi, sa bouche rougie devrait suffire à te la désigner. Des hommes, il n’en dirait rien, peu enclin à se mettre de mauvais poil. Puis préparant l’hydromel et la fée verte, se pencha vers Etienne et lui glissa rapidement à l’oreille Il faudrait que tu me fasses découvrir ta fosse, j’ai besoin d’argent. Puis se redressant, un sourire amusé au coin de la bouche, observa la soubrette épinglée, se régalant déjà de sa réaction quand en guise de pucelle ce fut Sybil qui pointa le bout de son nez, ravivant comme à chacune de ses apparitions un gout onctueux de passé. Et si la Nymphe n’égara qu’un baiser dans l’air parfumé du lupanar, le Castillon, sourire aux lèvres, déposa un baiser à son front lisse. Sourire s’effaçant quand, toute bonne chose ayant leur fin, ce fut au Comptable de brouiller sa soirée d’agacement. Alors mécanique, un simple Bonsoir roula froid de sa bouche quand, sans un regard au Chat, le whisky fut servi. Finalement il aurait encore préféré la présence de Dacien...
--Angella


Sur le marbres impeccable, le reflet de son allure stricte semblait la juger, décidément ses yeux faisaient tache dans cet ensemble si sombre, depuis combien de temps n’avait elle pas porté de couleurs ? Coquetterie inutile pour son travail actuel, envier la beauté des courtisanes n’aurait fait que la rendre un peu plus proche de cette image impure qu’elle tenait tant a maintenir a distance, le noir de sa tenu était bien plus qu’une protection contre les méprises, il était le rappelle d’un deuil, celui de sa candeur.

-Bonsoir Etienne, merci pour le verre.

Le courtisant s’était installé tout prés d’elle, Etienne, cet homme là, Angella ne le sentait pas, ce n’était ni de la peur, ni de la méfiance, mais le sentiment constant d’être mené en bateau a chacune de ses paroles, a chacun de ses gestes, un salaud a la façade trompeuse, ou juste une bonne âme blessée par son passé, apprendre a le connaitre était une chose, le connaitre vraiment semblait impossible, tout comme a cet instant, quand les sourires amusé du courtisant contrastaient avec les cicatrices bien visible sur sa peau, elle s’en trouva presque fasciné de les voir de si prêt, imaginant l’histoire de leur apparition, la petite ne s’aperçu aucunement du regard d’Etienne, mais grimaça a ses mots, quoi que tout a fait a leur place au bordel, depuis longtemps déjà ses oreilles s’étaient habitué au mots cru et aux gémissement de plaisir, ses joue n’en rougissaient presque plus, mais le dégout la prenait encore par moment.


Quel soulagement de ne pas devoir répondre a de tels propos, Angella avait gardé silence, posture droite, mains posé sur les genoux, ses yeux clair depuis longtemps détourné d’Etienne, quand sa question la prit par surprise, si je …, la soubrette piqua un fard, les mots étaient franc et déplacés, mais au moins avait il le mérite d’être quelqu’un de direct, posé par un autre homme, ce serait devenu une offense, mais venant de lui, la petite chose fut prise d’une désagréable sensation de danger, pourquoi ? Curiosité dit il, oui, je le suis, mes jupes ne sont pas aussi légère que celles de tes clientes, farouche, elle s'était refusé de le regarder en face, mais n'en gardait pas moins un ton insolent , et je sais déjà tout ça, c’est fou ce qu’on apprend au contacte d’un bordel … en disant cela, la petit chose timide ne pensait pas uniquement a la rentabilité de son hymen, toutes ces choses vu dans chambres lui revinrent en mémoire, ajoutant a son malaise. reprend toi.

Quand une beauté blonde approcha, suivit de prés par le patron, ravie de fuir cette conversation, Angella agrippa son verre avant d’en prendre une gorgée, et comprit par les taquineries du chat que la question du courtisant n’était pas désintéressée, je ne pense pas choisir Etienne un jour, Monsieur Alphonse, c'est pourquoi je compte bien profiter de sa générosité passagère, ruiner un homme n’est il pas le meilleur moyen de le faire fuir, elle accompagna sa phrase d'un demi-sourire, puis accueillit la nouvelle venue , Merci Sybil, mais je le reste bien moins que toi, quelque peu rassurée par la présence de la courtisane, Angella se détendit, et bienvenue, je n’ai pas eu l’occasion de le dire, mais il te manque quelque chose n’hésite pas a m’appeler. la soubrette degusta son verre, profitant de la douceur apportée par chaque gorgée.

Joker...
Le Joker était en ville depuis deux jours déjà, s'émerveillant de la vie qui animait la cité. Peu habitué à voir pareille foule, arborant nombres de beaux vêtements et usant de fort beaux langages chiadés que lui avait du mal à exprimer. Non, lui venait de la province, le terroir, le Sud-Est qui plus est. Il menait sa croisade pour l'Injustice petit à petit dans son village de Mauléon. Des affaires importantes l'avaient mené à Paris, l'obligeant à quitter sa taverne et son petit clan pour les voir accomplies. Quelques personnes désireuses de le suivre dans ses entreprises de démolition résidaient en cette grande ville, il avait donc fait le déplacement pour se rendre compte de leurs spécificités sur place. Il avait été en outre chargé d'une autre petite affaire par une connaissance qui deviendrait bientôt un allié utile et agréable, d'où le proverbe...

La nuit est donc tombée depuis belle lurette lorsque le Joker, habillé plus proprement qu'à l'ordinaire, un grand mantel sombre finement brodé, des braies tissées dans un tissu fin et de bonne qualité, des chausses fort peu agréables à porter car un peu petites mais propres sur elles, et ouais, arriva dans la ruelle où on lui avait dit que ce trouvait le lieu qu'il recherchait depuis toute la soirée. L'Aphrodite. Bel endroit... De nombreux filets de lumières filtraient à travers les nombreuses fenêtres de la grande bâtisse. Le chef d'Injustice commença à entrer dans la petite cour pavée en regardant tout autour de lui, subjugué par la beauté de l'endroit. C'est sûr que comparé à sa taverne "Au fond du trou" ça change large. Arrivant sur les escaliers donnant sur l'imposante porte dotée d'un butoir en forme de tête de Lion, le Joker enleva sa capuche pour libérer ses cheveux verts coiffés en de nombreuses nattes, laissant apercevoir ses nombreux anneaux qui lui trouent les oreilles sur toute leur longueur, son sourire si spécifique qui ne saurait être ôté de son visage. Et sur son cou son tatouage symbolisant une croix du chaos, symbole d'Injustice.

La lettre bien enfouie au fond de son mantel, objet de sa venue en ce lieu, il se servit du butoir pour frapper à la porte de l'Aphrodite.


*** Espérons qu'il n'y ait pas de chauve-souris au plafond...*** pensa t-il en attendant que porte lui soit ouverte.
Etienne_de_ligny
Pas le temps d’écouter leurs réponses, de savourer l’emprise de l’étoffe bleue sur les courbes alléchantes de Sybil, que le regard d’Etienne se détache le temps d’un instant. Un pressentiment, une odeur familière et agréable vient à se dégager de l’entrebâillement de la porte. C’est Lui, dans son parfum le plus glacial.
Toutefois, il ne s’attarde pas et s’en retourne au comptoir, espérant qu’un mot sorte de la bouche d’Angella afin de le sortir complètement de cette torpeur. Mais une main se glisse dans son cou, gelée, humide et pourtant si brulante. Sous le contact, un frisson le saisit, paralysant son échine, échauffant ses tempes et irradiant son entre jambe. La main du comptable reste là, encrée contre sa nuque, incapable de s’en déloger et le souffle du courtisan peine à rester impassible.
Néanmoins, la vie du bordel continue et alors que le temps semble se figer pour les deux amants, un souffle vient se glisser dans l’oreille d’Etienne.

La fosse ?…
Adryan était-il tant ruiné qu’il espérait ainsi gagner quelques écus dans un lieu aussi insipide et fourbe que la fosse ? N’y avait-il donc aucun recours plus agréable que ce trou puant ? Ce n’est pas à lui d’en juger. D’un simple hochement de tête, le Griffé acquiesce. Certes il le conduira dans cette arène mais il veillera néanmoins à l’y préparer. Hors de question de conduire, Adryan sans l’avoir mis en garde sur la fourberie de certains combattants.

D’ailleurs si le Griffé était capable d’anticiper le comportement de certains duellistes dans la Fosse, il n’avait pas prévu la verbe piquante et aiguisée d’Angella. Ainsi donc, sous cet air de femme renfermée, limite trop docile, se cachait une personnalité assurée et réfléchie, tiens donc. Les iris vairons se délectent donc de cette bouche si pure et innocente de laquelle s’échappe pourtant des paroles censées et sèches. L’esprit d’une Femme dans un corps de gamine, intéressant.

Mon cher Alphonse…Sa main se détache quelques instants du verre d’absinthe afin d’effleurer la taille du comptable qu’il vient agripper et attirer à ses côtés. L’Aphrodite a besoin de belles femmes ainsi que de délicieuses pucelles pour être à la hauteur de sa réputation…Ce n’est donc pas ma faute si ces pucelles se baladent sous mon nez…Tu connais mon goût pour les perversions...Mais il existe néanmoins une chose capable de me détourner de l'Hymen. Baissant le ton de sa voix pour que sa phrase se transforme en un simple murmure, le noble attire à lui le visage du Comptable afin de happer ses lèvres et de s’abreuver de son souffle. Enfin à l’aise, exhibé et pourtant serein, ce n’est qu’entre ces murs que le Griffé se sentait libéré de toutes ces chaînes moralisatrices et persécutrices. La lippe inférieure est mordue, pincée entre ses propres dents alors qu’entre ses veines circulent un sang qui doucement, s’échauffe.

Alors Sybil, prête pour ton premier client ? J’espère pour toi, qu’il ne sera pas grabataire et bedonnant…Si jamais c’est le cas, n’hésite pas à venir me voir, je saurai te réconforter.

Moqueur et taquin sur les bords, le Griffé ricane tout en reluquant les formes de la blonde. En tout cas, rassure-toi tu as tout ce qu’il faut, où il faut…

_________________

L'Aphrodite, une invitation indécente.
--_le_portier




[A la porte]


Aux trois coups, Fabian, promptement ouvrit la porte, le sourire poli imposé par le comptable pour orner son minois de jeunot. Personne ne s’attendait à ce qu’il soit capable de garder une porte et c’était exactement ce que le patron voulait, à son grand désespoir mais tous avaient convenu que son visage agréable et sa silhouette souple valait bien mieux qu’à la maison basse, d’autant qu’il avait un joli sourire. « T’as toutes tes dents quoi », avait rajouté Hubert en déclenchant une salve de rires parmi les autres.
Et ce fameux sourire se figea en une seconde de surprise en trouvant l’hôte apparu devant lui. Bien loin de posséder la capacité du comptable à badiner même si on lui arrachait un ongle, Fabian bégaya quelque peu avant d’arriver à se reprendre :

B… B… Bon…soir…

Les rires derrière lui émanant du comptoir du bar le secouèrent comme une décharge, le ramenant à ses priorités les plus immédiates.

Bonsoir Monsieur, bienvenu à l’Aphrodite…

Si ce n’était l’allure, on ne pouvait pas nier une certaine élégance quant à l’accoutrement, et Fabian était bien placé depuis un an ici même pour savoir que les nobles avaient des lubies à peine imaginables pour les gens normaux. Celui-là devait être parmi les biens gratinés mais pas plus que celui de la veille qui tenait son domestique en laisse

Puis je vous débarrasser avant que vous ne rejoignez le salon?, demanda-t-il, sous entendant dans les non-dits propres aux lieux bien fréquentés, que les armes comme les vestes étaient laissées au vestiaire
Joker...
Toc toc toc... Qui est là?

Les trois coups furent déposés vivement sur la porte de l'Aphrodite par la main du fou. Porte rapidement ouverte par un jeune homme au regard pimpant, toute jeunesse dehors et haut les coeurs. Son sourire était ravageur, l'espace d'un micro-instant... car il fut vite fait d'être remplacé par un visage interrogateur. Le sourire du Joker restait lui, à jamais, depuis que le tatouage qu'il s'était lui-même fait autour de la bouche et imitant donc un sourire éternel pointant vers ses oreilles. Il le regardait sans dire mots, épiant la moindre de ses réactions, se faire une idée du bonhomme tendu comme une trique devant lui. Le large sourire rouge vif du Joker avait de quoi déconcerter il en avait fait acquis de conscience. Mais le silence devant la lourde porte de l'endroit fut brisé par le portier:

"Bonsoir Monsieur, bienvenu à l’Aphrodite…
Puis je vous débarrasser avant que vous ne rejoignez le salon?"


A poil? Déjà? Il allait vite en besogne celui-là... Le Joker, peu habitué à tels endroits le regarda un instant laissant sa tête tomber sur le coté droit comme le ferait un chien devant l'éternel problème de l'os qui passe pas par la porte. Enlever un si beau mantel, qu'il portait une fois l'an c'était un crime! Il voulait pas non plus qu'il lui remette sa dague non plus? Le Joker savait que c'était bien plus que le mantel qu'il souhaitait ranger aux vestiaires. Se mettre à nu comme ça sans même une arme, pour le Joker c'était inconcevable. Mais entrer à l'Aphrodite armé ne serait pas courtois, tu parles d'une entrée si c'est pour se faire refouler deux minutes plus tard. Il enleva donc son lourd mantel qu'il remit dans les mains du portier, non sans avoir enlever préalablement la lettre, sa dague qu'il enleva de son dos et ses fioles de poison tous plus délirants les uns que les autres. Il sortit un paquet de cartes de la poche de ses braies et lui montra:

Vous n'enlèveriez pas au fou ses cartes tout de même?

Son éternel sourire aux lèvres il lui tendit ses cartes pour montrer leur aspect inoffensif, mais le paraitre n'est pas l'être, ses cartes étaient coupantes comme le fil d'une épée mais ce soir elles n'étaient pas là pour couper quelques gorges, simplement là pour son bon plaisir. Il avait une mission qui ne consistait pas en une tuerie, ce soir c'était mondain ou rien ! Joker messager du soir bonsoir.
--_le_portier


[A la porte, oh oh, j'ai vu passer un rominet]



Des bizarres, il en avait vu, mais finalement, même le noble avec son domestique en laisse laissait celui-là loin devant les autres. Peut-être aussi interloqué que lui, l’homme avait finalement repris le dessus et chargé les bras d’un pauvre portier sonné par la rencontre.

Vous n'enlèveriez pas au fou ses cartes tout de même?

Non messire, certainement pas, répondit Fabian tellement perdu , les yeux rivés sur les cartes, qu’il se montra d’un premier degrés navrant : Il y a même une salle de jeux privée par un accès salon… Bonne soirée parmi nous, conclut-t-il

Ce soir-là pour l’Aphrodite Dieu merci, pas d’intentions belliqueuses chez le Fou car Fabian le laissait passer sans mal, en le regardant s’éloigner, les yeux rivés sur les courtisans et le patron au comptoir, curieux de savoir comment ils allaient se dépêtrer d’un énergumène pareil.
Joker...
"Non messire, certainement pas, il y a même une salle de jeux privée par un accès salon… Bonne soirée parmi nous, répondit le portier en posant ses yeux inquisiteurs sur le paquet de cartes que l'irlandais lui présentait. Le sourire du Joker se fit plus présent, jouer aux cartes en cette si belle soirée n'était pas son but même s'il aurait bien tenter de rafler la mise. Le verdâtre rangea soigneusement le paquet dans sa poche:

Vous êtes bien brave jeune homme, merci bien.

Le Joker prit congé du portier en pénétrant dans le grand hall. Sur le sol étaient étalés de larges tapis moelleux où les pas du Fou semblaient ne résonnaient nullement, l'impression de s'y enfoncer quelque peu était fort agréable, si toutes les routes pouvaient en être ornées... L'atmosphère du lieu était agréable, mélange de senteurs parfumés, de bois de bonne qualité, de plaisirs inavoués et avoués, une fine musique coulait telle une douce rivière et apaisait irrémédiablement le Joker. Des regards se posent sur le gérant vert, espiègles, charmeurs, dévorants. Les courtisanes, fers de lance de l'Aphrodite étaient là, non loin, apprêtées de belles parures et de tendancieuses intentions. Leur résister était une gageure, néanmoins nécessaire. Une autre odeur dériva jusqu'au promontoir nasal du puant. Une odeur encore plus charnelle que l'entrecuisse d'une femme pour un irlandais. Des fragrances d'alcool sucrés, acides, maltés s'échappaient non loin de là. Coup d'oeil sur sa gauche, rien... Coup d'oeil sur sa droite... Douce idylle que voilà en l'apparence d'un bar cossu d'où les senteurs alcoolisées venaient chatouiller le renifloir du Joker. Irrévocablement attiré par le bouquet aromatique, les pas du Fou l'entrainent vers le lieu de SES convoitises.

Le barman installé au bar lui semble un moment insignifiant tellement le regard du Joker lorgne les différents breuvages prêts à converser avec son palais d'irlandais.*** Ne pas oublier la lettre surtout***, sa petite voix de lui taper dans l'arrière du crâne. *** Juste un ptit coup***, de lui répondre l'autre vers le foi. Plus il s'approche plus les senteurs d'alcools lui chatouillent le tarin. Ne pas faire honneur à un tel présentoir serait un péché. Le voilà au bar, enfin:


Le bonsoir Messire. Qu'auriez-vous en stock pour un Joker qui a soif, lança simplement le Fou au barman en se frottant les mains.
Leozan
Tu t'demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint
Mais tu es l'un et l'autre et tellement de choses encore.
Tu es infiniment nombreux
Celui qui méprise, celui qui blesse,
Celui qui aime, celui qui cherche
Et tous les autres ensemble.
Trompe-toi, sois imprudent, tout n'est pas fragile.
N'attends rien que de toi, parce que tu es sacré,
Parce que tu es en vie, parce que le plus important n'est pas ce que tu es
Mais ce que tu as choisi d'être.


Fauve – Extrait de Blizzard


Cette lanterne rouge me nargue, cette manière qu'elle a de scintiller.
Invite silencieuse, appel discret ou avertissement réservé ?
A moins que cela soit l'un et l'autre.
Alors je la regarde, je la scrute, je la dissèque de mes émeraudes. Espoir d'une réponse ?
Sans doute . Mais celle-ci ne viendra jamais.
A plusieurs reprises mon bras se tend.
A plusieurs reprises, il retombe aussitôt le long de ma hanche


Trompe-toi,
Sois imprudente,
Et non abstinente !


Pensées illogiques.
Ce n'est pas moi cela, je ne peux accomplir la moindre chose sans y avoir mûrement réfléchi auparavant.
Une fois encore, je regarde mon bras aller vers cette porte. Non ! Je ne peux ....


Toi tu ne le peux,
Moi je peux tout !

Non, pas ça, j'ignore ce qui se trouve par-delà cette porte !
Comment le savoir si tu n'oses pas belle Jade ?


Je pousse la porte cochère, du moins, je regarde ma main faire le geste.
Ce n'est pas moi ! Je ne fais pas cela ! Sensation de ne plus contrôler mon corps, moment de panique quand mes pieds se mettent en route et que je me retrouve dans une petite cour.
Instant infime durant lequel je reprends le dessus, enfin je crois, mes prunelles glissent le long du bâtiment, jusqu'au toit pentu. Pourquoi ne suis-je pas entrain de fuir ? De faire demi-tour ?


Tu le feras bien assez tôt ....

Grand Dieu, par pitié, laisse moi partir !
Conjuration muette que je sais inutile quand mes chausses reprennent leur marche, me menant directement devant une porte imposante.
Mes doigts se saisissent d'un énorme heurtoir, le lâchant ensuite bruyamment.
Je reste là, une part de moi attendant que cette porte s'ouvre, l'autre espérant qu'elle reste close.



Jade
Leozan
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