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[RP] Nuit de Novembre , Réception

--_le_portier


De l’autre côté des cloisons, l’agitation régnant dans la Maison Haute et se répercutant jusque dans la maison basse ne signalait qu’une chose : La nuit tombait et les clients à la faveur des rues sombres et de leur anonymat, n’allaient pas tarder à se présenter à la porte.

Ici, dans la Maison basse, les fenêtres étaient toutes étroites et grillagées, la plus part du temps opacifiées de rideaux lourds, et si l’intérieur n’en était pas moins bien agencé, il pesait en ces lieux une atmosphère capiteuse de discrétion, antipode foudroyant de sa jumelle luxuriante qui les abreuvait parfois des échos des rires des catins et de leurs clients
Ici, se jouaient d’autres affaires, toutes aussi vénales mais bien plus pernicieuses et si dès lors que le chemin au bureau était franchi, la rigueur était de mise, le petit salon installé était parfois le théâtre de quelques retrouvailles joyeuses.

Sortant sur le perron, Hubert longea le mur de derrière sans prêter attention à l’arrière-cour où stationnaient deux charrettes tout juste déchargées de leur contenu et alla dans l’allée bordant le bordel, allumer la petite lampe tempête teintée d’un gris translucide pour en atténuer le feu. Le travail accomplit, il rejoignit le perron et le franchit rapidement, refermant la porte derrière lui n’offrant aux clients de passage qu’un butoir en forme de tête de Lion pour signaler sa présence.




Merci d'attendre que le portier vous ouvre pour rentrer dans la Maison Basse
Kelen


Un canard boiteux s'appuyant sur une hache usée, au ventre gras tout comme le reste de sa personne masquant une force vieillie par le temps, s'avança vers la dite porte de l'Aphrodite. Cette fois-ci, l'homme avait choisi la bonne entrée.

Reconnaissez-le-vous ? Il était déjà passé par là. Mais s'était sans doute écroulé ivre mort dans un coin, à moins que l'appel de jolies jambes aient été plus fort que la raison de se trouver pitance en ce lieu.
Il s'était renseigné depuis la dernière fois, et un sourire torve dévoila ses dents jaunies par les drogues. L'homme avait un curieux marché à proposer au maître de ces lieux. Il n'était pas peu fier de ce que sa giboche avait encore réussi à trouver.

Le type jeta dans son dos la cuisse de poulet qu'il venait d'achever, essuyant de sa manche les reliefs de repas et tirant sur la chemise qui devenue trop courte peinait à dissimuler son embonpoint qui sortait de sa ceinture mise au dernier cran.
Il étira ses épaules masquées par une veste qui semblait de bonne coupe avant que les coutures ne se déchirent aux épaules et qu'elle perde de sa couleur.
Sa main gratta ce que conservait ses braies et qui salivaient déjà à l'idée d'une certaine brune, braies sans doute moins vieilles que le reste de la tenue au vu de l'allure plus classique de ces rues.
Seul son visage gardait encore une trace d'autorité, si ce n'est les yeux bouffis, le nez rouge et la longue balafre qui lui traversait le faciès.

Les yeux durs, le manche de la hache vint cogner rudement contre la porte.
Son regard pétillait à peine de l'alcool qui était anciennement contenue dans sa flasque vide mais il appuya ses mains tremblantes sur son manche, dissimulant sa bouée qui était déjà ressortie de sa chemise.
--_le_portier


A l’intérieur de la maison basse, c’était calme. Les gars jouaient aux dés quand d’autres trinquaient à la faveur de quelques histoires. La soirée de la veille avait été chargée et la plus part d’entre eux n’étaient rentrés qu’au petit matin, aussi, même les plus forts en gueule faisaient profil bas, les yeux embués d’une fatigue encore propice aux bâillements.
Quand le butoir frappa à la porte, Hubert étira sa longue carcasse dans un soupir en grommelant avant de se diriger vers la porte pour en ouvrir le judas.

Un simple coup d’œil suffit à froncer ses sourcils. Personne n’était attendu ce soir-là, le comptable n’avait fait passer aucun mot, ni même un des employés dont les proches parfois venaient attendre une sortie tardive.
La soirée au calme était foutue, et dans un soupir résigné, masqué par le cliquetis du fer, Hubert se résolut à pousser le battant de de bois et à ouvrir la porte.
En face de lui un homme, abimé et par la vie et par lui-même, ce qui avait le don d’agacer l’homme de main qui avait quant à lui trouver un équilibre entre les armes, Dieu, et les seins de sa femme.

Bonsoir, laissa-t-il trainer en laissant le loisir au visiteur de voir la garde de son épée à portée de main pour prévenir de l’humeur potentielle des hommes à l’intérieur. Vous cherchez quelque chose?

On n’avait pas pour habitude de gueuler sur les toits les services qu’offrait la maison basse. Ici, à moins d’être un tant soit peu initié, on n’avait accès qu’à la salle de garde. L’herboriste, le comptable et les stocks de produits illicites dormaient derrière les lèvres de chacun.
Kelen


Après des secondes qui lui parurent interminables, la porte finit par s'ouvrir, faisant faiblir un instant la flamme de la lanterne accrochée à quelques pas de là qui se raviva dès que le portier jaillit de l'entrée.
Kelen se tut, attendant qu'on le harangue comme son apparence l'avait habituée.
Sa place était au fond d'un trottoir, et quand par malheur il en changeait les remarques pleuvaient.


- Vous cherchez quelque chose?

Question stupide, ou mal formulée. Evidemment qu'il cherche quelque chose. Jeunot. Son faciès ne réagit pas et il fit deux pas stables vers lui.
L'homme lui dégageait un air légèrement familier, mais il le mit sur le compte des hommes d'armes : après tout, tous finissait par se ressembler.


Ce qui te sert de patron. J'propose mes services.

Avant que l'autre ne lui ricane au nez, il s'empressa d'ajouter un mot.
Dans le même temps il souleva sa hache aussi vieillie que lui avec facilité tendant le manche dans la direction de l'intérieur, faisant tressaillir sa bedaine dans le mouvement.


Va, tu sais pas ce que j'offre.

Il était sobre mais en manque.
Jouer cette comédie lui pesait, et il commençait déjà à regretter d'avoir quitter son trou de trottoir.
Le voyant hésiter, il insista d'un geste de son menton mal rasé.
--_le_portier


Ce qui te sert de patron. J'propose mes service

Le sourire d’Hubert prit un pli moqueur en entendant l’homme lui répondre, l'examinant de plus près, définitivement amusé par ce qu’il avait sous le nez, ou du moins ce qu’il en restait… Et les restes n’étaient même pas beaux.
Le patron était dans son bureau, il le savait. Il devait avoir sensiblement la même tête qu’eux puisque la veille au soir ils étaient de sortie tous ensembles sur les quais de la Seine et que ça avait trainé en longueur, le long de palabres infinies pour ne finir qu’avec l’aube pointant et l’urgence à mettre la cargaison à l’abri des regards indiscrets, qui qu’en soit son propriétaire.

Le mouvement du bras dut immédiatement perçu et si la dextérité avec laquelle fut attrapée la hache ne lui échappa pas, il remarqua aussi la fébrilité dans le geste et en discerna la cause avec aisance. Combien d’anciens guerriers avaient sombré dans l’alcoolisme le plus têtu une fois trop vieux ou trop abimés pour les champs de bataille?


Va, tu sais pas ce que j'offre.

J’crois qu’c’est toi qui sais pas bien l’heure qu’il est. Les rendez-vous d’embauche se font dans la journée, l’artiste. A la nuit tombée, le patron a autre chose à foutre que ramasser les clodos dans les caniveaux, quand bien même c’est l’caniveau devant chez lui…, rétorqua le portier

Ca dépend de ce que l’on trouve dans le caniveau
, l’interrompit une voix dans son dos
Alphonse_tabouret
Alphonse s’ennuyait.
Incapable de se concentrer sur les chiffres, l’esprit vagabondant doucement vaporeux, distillant dans les secondes, la paresse la plus totale, ce qui lui arrivait peu, voire pas, et quand bien même la nuit avait été courte, jouant des nerfs comme de la fatigue, il savait qu’il ne lui servirait à rien d’aller chercher le repos dans ses draps. Le repos se situait ailleurs, sans qu’il sache où, soumettant au chat l’idée d’une de ses nuits fauves où l’on abime le non-sens des heures qui s’attardent à défaut de s’abimer soi.
Se levant au moment où la porte de la maison basse résonnait des coups portés sur son battant, il était résolu à quitter les murs, à courir Paris en quête de divertissements, et attrapant son manteau distraitement posé sur le dossier de l’un des fauteuils, se résolut à abandonner le bureau à Adryan qui ne manquerait pas de venir tatouer sa présence ici même dans le seul but de lui livrer bataille. Mais ce soir le Castillon n’aurait pas de duelliste, Alphonse désertait, à la recherche de la chaleur de l’étreinte et pas du gel de la rixe.

En quittant son bureau, il trouva Hubert en plein pourparlers et entendant tomber la sentence de l’homme de main, ne put s’empêcher de laisser un sourire effleurer son visage d’habitude si impassible, l’esprit doucement piqué d’un intérêt quand il peinait à le maintenir sur les rails quelques instants plus tôt.

Ça dépend de ce que l’on trouve dans le caniveau, dit il en s’avançant d’un pas pour découvrir l’interlocuteur. Vous me cherchez messire ? , demanda-t-il au visiteur dont seule la panse proéminente ressortait à cet instant ci dans la faible lueur de la porte entrouverte de la maison basse.
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Kelen


J’crois qu’c’est toi qui sais pas bien l’heure qu’il est. Les rendez-vous d’embauche se font dans la journée, l’artiste. A la nuit tombée, le patron a autre chose à foutre que ramasser les clodos dans les caniveaux, quand bien même c’est l’caniveau devant chez lui…

Kelen hésitait.
Soit il lui coupait la tête, mais se retrouvait avec un cadavre sur les bras, soit il lui coupait les couilles mais là c'était toute la salle de garde qui allait accourir.
Étrange dilemme surtout face à un type plus jeune que lui. Venant d'un gaillard comme Kelen, il était tout à fait logique vous me direz.
Son hésitation le sauva de prendre la moindre décision quand une autre voix s'éleva dans le calme tout à fait relatif de la nuit.


Ca dépend de ce que l’on trouve dans le caniveau

La hache redescendit et la lame vint se poser devant ses pieds, enlevant quelques cailloux au passage. Il n'était pas du genre à se soucier de l'état d'un sol. Encore moins quand celui-ci ne lui appartenait pas.

Messire ?

L'homme eut un large rire bruyant et moqueur, frappant de la main sa panse, trop amusé qu'on le traite comme quelqu'un d'une noble race quand son apparence démentait tout le contraire. Ignorant le subalterne - des jeunots il en avait assez mené à la baguette pour encore s'en soucier d'un - l'homme se fraya un passage pour apercevoir de plein pied celui qui venait de s'adresser à lui.
La salle des gardes s'ouvrit à son regard amenant à ses papilles un passé enfoui bien profondément.


Y'a plein de choses très utiles dans le caniveau que peu de monde regarde, et c'est ce qui fait l'interêt.
Mais... j'serai plus conciliant à vous l'expliquer quand quelque chose aura glissé dans mon gosier.


Oui, il osait. Il n'avait plus rien à perdre, et ce n'était pas les quelques miettes de politesse du monde qui pouvaient encore déteindre sur lui.
Alphonse_tabouret
Au rire de Kelen répondit le sourire d’Alphonse, poli, mesuré, cachant dans l’esthétisme qu’il y déployait, la collecte minutieuse de tous les éclats de réactions qu’il provoquait avec ou sans volonté, et celle-ci était belle, parlante. Basse extraction, soldat peut être avant sous ce fatras de graisse et d’alcool dont les veines semblaient vides aux vu des cernes affichées sur le visage, l’homme n’avait probablement jamais monté dans l’échelle sociale si la plus banale des politesses déclenchait cette hilarité doucement teinte du mépris du gueux devant la nomination qu’il estime au même poids que les fanfreluches.

Y'a plein de choses très utiles dans le caniveau que peu de monde regarde, et c'est ce qui fait l'intérêt.
Mais... j'serai plus conciliant à vous l'expliquer quand quelque chose aura glissé dans mon gosier.


Me tromperais je en m’inquiétant de la sècheresse de votre gosier et de ce qu’il faudrait vous servir pour arriver à convenablement l’humidifier ? demanda le chat en contemplant Kelen dont le chemin tracé jusqu’à lui n’avait pas manqué de retrousser les babines d’Hubert et de figer l’attention des hommes de main attablés non loin, dans l’attitude doucement arrogante du freluquet face à l’homme, en jouant volontairement, l’insolence si profondément tatouée à ses manières, curieux de voir si l’honneur de cet étrange visiteur, se chatouillait par là.
J’ai du temps à perdre, céda enfin Alphonse d’un ton léger, quand chaque minute était pourtant précieuse, saupoudrant d’une frivolité feinte chacun de ses mots, tournant le dos pour l’inviter à rejoindre son bureau. Que dois-je vous servir pour espérer vous rendre bavard ?

Dans son dos, Hubert attendait que l'intrus avance pour lui emboiter le pas, méfiant, à la manière de ces ombres qui n’aiment pas quitter le vivant qu’il hante par peur de le voir disparaitre
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