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[RP Background] La nuit venue, on y verra plus clair (*)

Alphonse_tabouret
(* Roland Topor)


Le manoir des Belrupt était immense, Alphonse s’en était rapidement rendu compte dès la première fois qu’il avait hasardé un pas à l’intérieur, dissimulé dans l’ombre tenace de son père et de sa mallette en bois sculpté contenant les essences commandées, et l’impression perdurait, dès qu’il voyait les portes se dessiner à ses yeux à chaque nouvelle visite.

Quatorze cent cinquante-quatre se voyait enrobé d’un hiver particulièrement rigoureux, mauvais, où la pluie et le givre s’abattaient pour tout délaver jusqu’à la boue quand des bourrasques de neige n’entravaient pas le moindre chemin pour priver tout un chacun de la moindre lisibilité géographique. Exceptionnellement logés sur place tant il était compliqué de circuler en ville, les Tabouret s’étaient vus installés dans l’aile réservée aux domestiques aussi longtemps que seraient nécessaires les arrangements liés aux négoces en cours entre les deux familles.

Thomas lui avait plu au premier coup d’œil, avec son air d’enfant sage et bonhomme, ses manières distinguées, sa façon de dire « nous » au lieu de « je »… La noblesse avait des devoirs dont les emplois échappaient au jeune homme qui, du haut de ses dix-sept ans avait eu le loisir de voir et de subir certains d’entre eux, apprenant de tous et bâtissant soigneusement ses manières et ses lubies les plus extrêmes à la face de ce monde poudré dont la souillure aux lèvres rosies avaient tout de la plus poignante quintessence à ses tempes bileuses.
Ce à quoi ne s’était pas attendu Alphonse, c’était cette entente immédiate qui les avait lié, le nobliau et lui, à la faveur d’un moment où on les avait laissés sans surveillance. L’alchimie avait prise, légère, futile, agréable, étrangement saine, et les premières soirées passées ensembles avaient vu l’ivresse les ceindre dans un gout commun des tavernes bruyantes, enfumées, où les filles dansaient et riaient fort, finissant systématiquement par ouvrir leurs lèvres et leurs cuisses quand elles n’avaient plus soif.

Trois mois après la première visite des flamands sur le sol des Belrupt, Alphonse en franchissait les portes avec un sourire soigneusement retranché pour que son père ne l’aperçoive jamais, et vivait chacune de ces escales avec le plus grand plaisir, trouvant chez Thomas une chaleur tendre, une complicité rafraichissante. Il y avait bien quelques fois où à la faveur d’une étreinte amicale avant de se quitter dans les couloirs de la bâtisse, l’enlacement s’était attardé dans la légèreté de caresses, saoules, une fois ou deux où les lèvres s’étaient jointes, avinées, entêtées jusqu’à gouter la langue, et cette nuit le mois dernier où l’amplitude des mains les avait presque surpris de leur audace, adossés au mur sombre menant aux cuisines, mais ni l’un ni l’autre n’avait encore poussé l’insolence à exiger ce qu’ils suggéraient avec tant de parcimonie. Alphonse commençait juste à chercher chez les uns et les autres la collection de détails et de déductions qu’ils entrainaient pour n’être surpris de rien, mais se laissait encore à cette époque, le loisir de ne pas penser

Dix-sept ans, le bel âge… Bercé par l’amour inconditionnel de son lion, jeté au travers des bras qu’il rencontrait, avide, gourmand, coq en pâte dans sa malédiction, esclave le jour, incube la nuit, le jeune Tabouret avait encore à cette époque le temps d’avoir des aspirations. Cette nuit-là, il arpentait les couloirs, un sourire aux lèvres, chat déjà, silencieux, allégé d’ombres, avançant vers la chambre de Thomas, le parfum d’une camériste encore rivé au ventre, une bouteille de vin de bordeaux à la main. Trop éveillé encore pour aller retrouver le lit qui avait été mis à sa disposition dans l’une des chambres des valets de maison, trop égayé par l’alcool pour ne pas partager l’heure qui suivrait, avant que le sommeil n’ait raison de lui et ne le pousse à rejoindre sa couche, le jeune homme s’arrêta à la porte de Thomas pour tendre l’oreille contre, s’assurant que nulle donzelle n’était venu assouvir la faim épicée du nobliau, puis une fois sûr qu’il n’y avait dedans personne de trop, la gratta doucement, y rentrant sans attendre, évitant de rester trop en vue d’un potentiel tardif noctambule, sachant que son comparse ne s’en offusquerait nullement.


-Thomas ?,
appela-t-il doucement en laissant ses yeux habitués à l’obscurité courir dans la pièce luxueusement décorée en découvrant le lit vide, laissant une moue curieuse peindre ses traits, étonné de ne point trouver le Belrupt au creux de ses draps. Thomas ? répéta-t-il en se déplaçant, furtif, posant la bouteille de vin sur le secrétaire à portée de sa main.

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Thomas_sauveur
La nuit était longue lorsqu'on ce trouvait dans un lieu qui nous donnait l'envi de connaître la mort. Thomas vivait ici par manque de choix, il aurait aimé être ailleurs, mais cela signifiait perdre sa cadette et le plaisir de lire un sourire sur ses lèvres. Il acceptait donc sa prison dorée sachant bien que l'herbe était toujours plus verte ailleurs. L’hiver était rude cette année-là et le fils du parfumeur j'ai nommé : Alphonse Tabouret était coincé avec son père au manoir. Maigre récompense pour quelques temps, cependant cet homme aux apparences à l’opposé de son être c'était révélé totalement en accord avec le Belrupt. Ils étaient doucement devenu des complices, cèdent jours après jours un peu plus sa confiance. Thomas était cependant pas toujours collé à celui qui dormait chez eux et prenait parfois le temps de s'isoler surtout la nuit tombée désirant à tout prix cacher son secret, seul Philip savait et c'était déjà assez honteux comme-ça. Cette nuit-là il n'avait pas trouvé Alphonse pour lui souhaitez une douce nuitée et après avoir trop parcourut les couloirs du Manoir décida de dormir échappant à cette politesse. A cet époque notre jeune ami n'était pas encore marqué par la guerre et la famine, il était un bel homme, battis correctement et au comportement complètement sombre. Très peu de personnes avaient sa confiance et ceux qui possédaient ce cadeau n'était pas pour autant a l'abri de sa méfiance, toujours sur ses gardes qui veillait à ne pas s'attacher aux âmes de ce monde. Nul envie de souffrir, aucun besoin d'être trahi ou même détruit par un démon. Des barrières des tonnes de barrières afin de ne pas offrir son coeur, surtout pas. Mais bien sûr il fallut que Alphonse passe dans le coin, il ne pouvait pas dire en être amour, ou avoir pour lui des sentiments dirons-nous poussé, mais cet homme avait le don de le rendre de joyeuse humeur et de dévoiler plus que nécessaire son réel visage celui d'un jeune homme appréciant la vie, les femmes et les hommes.

Tranquillement le Belrupt alla ce coucher dans son tout petit lit, tranquillement appuyé contre le parois de bois, la couverture recouvrant son corps tremblant, il souffla la bougie et disparut dans la nuit dans un frisson. Thomas avait la particularité de dormir dans un placard au milieu des habits et des bottes, seul endroit ou il n'avait pas l'impression d'être totalement à disposition du mal et du noir qui l'entourait une fois la bougie souffler. C'était hors du commun, un secret gardé depuis de nombres années. Le matin arrivé il sautait dans son lit et tirait sur les draps donnant l'illusion d'une nuit normal, mais il n'en était rien. En vérité il était perturbé, fou, complètement perdu dans cette vie qui ne lui collait pas réellement à la peau, mais dans son placard l'homme pouvait être totalement lui, il suffit de refermer un peu la porte et s'endormir pour qu'il soit coupé de la vue des gens, des possibles ennemies.

Lorsque Alphonse entra, lui dormait déjà dans une position que son dos avait appris à supporter, les jambes rempliées, un bras derrière sa nuque et l'autre pendant lamentablement du placard. Un visiteur tel que le Tabouret aurait pu croire voir un cadavres dans l'armoire. Mais au seconde appel dans le nuit, le Belrupt ouvre un oeil, un second et se redresse au milieu des chemise et des braies, des bottes et des manteaux.


Aie! Sa tête tape, il trébuche et fini à poil couché sur le parquet de sa chambre. Voilà qu'il regrette de dormir nu et ce même en hivers. Le temps de tirer la couverture sur lui et de fixer l'intrus, les mains sur la tête souffrant d'une bosse naissante. Quoi... Quoi... Il y a le feu ? C'est la neige ! Il y a des morts?! Silence...Honte... révélation.
Alphonse_tabouret

L’apparition fut délicieuse quoique singulière, entrainant dans l’ouverture de la porte de l’armoire, le fatras qui s’en suivit, abandonnant le Belrupt nu comme un ver au milieu de ses effets, immobilisant Alphonse d’une surprise qu’il aurait eu bien du mal à dissimuler. Trop étonné pour penser à couvrir du regard le corps offert au sol, et qui pourtant avait suscité chez l’adolescent quelques interrogations bien légitimes, trop curieux de savoir ce que Thomas pouvait bien faire dans un placard quand un lit aussi douillet avait été mis à sa disposition, Alphonse dut se forcer à garder le silence encore un peu, et tandis que son hôte rabattait nerveusement les couvertures pour couvrir pudiquement sa chair , il revint sur ses pas pour saisir la bouteille qu’il avait délaissée.
La situation était étrange, à n’en pas douter et attisait quelques questions déjà entre les tempes brunes. Il n’y avait que peu de bonnes raisons pour s’infliger une telle couche, encore fallait-il trouver laquelle. La peur du noir était à exclure, il faisait bien plus sombre dans le placard que dans toute la pièce et la richesse de la famille permettait amplement que l’on fasse bruler quelques chandelles durant la nuit à pure perte.
La peur des grands espaces était tout aussi improbable, Thomas n’ayant jamais l’air mal à l’aise lorsqu’ils se déplaçaient tous les deux en dehors du manoir et la chambre n’atteignant pas d’astronomiques proportions.
Avait-il peur de quelqu’un ? S’il n’avait jamais eu à le subir, il savait bien qu’au sein d’une maison, les possessions des uns et des autres variaient selon leurs appétits et sous le toit bourgeois du patriarche Tabouret, les soubrettes ouvraient leurs couches, contraintes par le maitre de maison. Se pourrait-il que l’on se permette la même chose avec le Belrupt ?


-Pas de feu, mais il neige, certifia le flamand. Quant aux morts, j’imagine qu’ils pleuvent mais on n’en déplore encore aucun en ces murs, le rassura-t-il dans un sourire curieux en s’accroupissant pour se trouver à hauteur du jeune homme, attardant un silence en le dévisageant. L’œil était engourdi d’un sommeil confiné et pourtant trouvé, Thomas dormait donc vraiment, il ne se contentait pas de se cacher pour se livrer à de vilaines activités solitaires. Les onyx s’attardèrent, pensives sur le visage avenant du jeune homme, cherchant au travers des quelques mèches brunes les ombrant, à comprendre en quoi la honte se distillait aussi clairement à son regard quand il aurait compris la simple gêne d’être ainsi découvert... Et encore… La noblesse mise à nue par la roture, n’avait qu’à exiger le silence pour l’obtenir immédiatement, et Thomas possédait ce pouvoir évidemment, bien né pensait le flamand, au sein des droits les plus intransigeants. Que ne devait-il pas savoir ?
A dix-sept ans Alphonse avait déjà appris beaucoup à force d’esquive, de privation et de dos rond, mais manquait encore de savoir museler correctement sa curiosité et avalant une gorgée avant de passer la bouteille de bordeaux à Thomas, lui demanda enfin :
Pourquoi dormez-vous dans votre placard ?
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Thomas_sauveur
Nu, comme un vers, un bébé à la naissance voilà que le fils du parfumeur l'avait vu nu. Il tire encore les couvertures, protège des regards son intimité une main toujours sur sa tête souffrante et grimace en guise de protestation. Pourquoi venir dans sa chambre si nul problèmes touche les terres de sa famille, il ne comprends pas ou refuse de comprendre peut-être, il le fixe lui l'homme attirant dont il as effleurées les lèvres et glisse son regard sur la bouteille, un bordeaux il sourit et mordille ses lèvres dans cette envie de le posséder. Une main lâche la couverture et attire le jeune chat par la nuque pour d'un baiser soudé leurs lèvres. Pourquoi, il ne sait pas parce qu'il avait peur cette nuit-là, parce qu'ils étaient seul dans la pièce, ses lèvres danse sur les siennes, il les mouilles, les mords et s'engouffrent finalement pour prendre sa langue, cette langue qu'il désir depuis des jours et des jours, elle lui est offerte maintenant loin des regards. Il la prend donc, sa main sur sa nuque le plaquant toujours contre lui, il ne laisse pas le choix, mais le jeune chat ne se bat pas. Il le prend, le possède, l'attire encore se redressant à peine mouvement qui laisse les draps découvrir son torse nu. Il danse encore un peu, un instant de liberté tant pis pour la forme et fini par le lâcher, sa main glissant sur son épaule pour finir par tomber au sol.

Il y auras toujours des morts, le tout est de ne pas en faire partis.

Triste vérité, la vie c'est un jeu de dès, parfois tu vis, parfois tu crève, le tout est d'être chanceux et eux l'étaient. La bouteille fut tendue et il bu une longue gorgée le fixant de ses azurs soucieux. Il était curieux et Thomas sourit le vin au bord des lèvres. Ses yeux très sombre dénotait avec les siens bleu clair et le Belrupt passa une main dans ses cheveux brun pour lui redonner la bouteille et soupirer.

Nous... avons tous un prix à payer n'est-ce pas, le notre est cela. Il soupir et se love contre lui, enfant désarmé, démasqué, il ferme les yeux et se laisser aller. Le noir... c'est une couleur tellement belle, mais dans le fond ... Le noir vous attrapent, vous retiens... Vous savez n'est-ce pas.

Un doigt coule sur le bras de son invité et il le regarde, plein d'espoir, savait-il ? Avait-il comme lui ce poids dans le coeur, devant tous un masque, seul un poids, handicapé de la vie, du poids des familles, des coutumes, des autres. Dite oui Envie d'avoir un double, un jumeau, un homme qui comprend, même si tout est différent.
Alphonse_tabouret
La réponse n’étonna pas le chat qu’on avait souvent fait taire d’un baiser ou d’une gifle, et qui apprendrait sous peu à ne jamais poser un postulat trop évident et à toujours attaquer sur les flancs pour parvenir à avoir l’information qu’il désirait. Ce ne fut pas la gifle mais les lèvres de Thomas qui scellèrent les siennes sans sommation, délaissant la couverture qui lui servait d’habit, saisissant sa nuque et le gardant ainsi ferré à sa bouche pour, songea Alphonse en le laissant faire, détourner son attention. S’ils s’entendaient bien, Thomas n’était pas encore cet ami qui connaissait ses marottes jusqu’à savoir le lire, et l’adolescent, s’il s’abandonna aux lèvres épicées du Belrupt, ne délaissa pas sa curiosité pour autant, la remisant un instant pour savourer le moelleux des lèvres s’entrouvrant et cueillant son souffle avec une ardeur que l’intimité seule permettait d’exprimer.
Emporté par la danse lascive des bouches, Thomas se redressa doucement, nu, beau, et parfumé d’un sommeil éventré, amenant à lui sa chair tiède en attardant l’étreinte, faisant frémir le chat d’un appétit grandissant, sans qu’il n’esquisse encore le moindre geste, livré en pâture à un autre, son rôle permanent, de jour sous l’égide paternelle à ses riches clients toujours en quête de singes savants sachant plaisanter, amuser et ramper pour mieux conclure une affaire, et de nuit, sous sa propre manne, fauve se déliant pour oublier les heures dans l’exquise ombre des bras éphémères.
Le nobliau se réappropria l’usage de la parole tout en saisissant la bouteille de vin pour en boire une gorgée, abandonnant un carmin humide à ses lèvres


Il y aura toujours des morts, le tout est de ne pas en faire partis. Nous... avons tous un prix à payer n'est-ce pas, le nôtre est cela. Le noir... c'est une couleur tellement belle, mais dans le fond ... Le noir vous attrapent, vous retiens... Vous savez n'est-ce pas.

Le chat ne broncha pas quand Thomas s’approcha et se lova contre lui, faisant plier le félin, l’agenouillant à même le sol, trop surpris pour savoir que faire, les sens en alerte, démuni. Jamais son rôle n’avait été celui-là encore, jamais personne ne lui avait demandé aussi implicitement ce que réclamait le nobliau, Quentin ne comptant pas, être déjà unique et en dehors des réalités de ce monde… La brulure qu’ils venaient tous chercher auprès de lui et qu’il diffusait, se révélait à la chair uniquement, âme trop maladroite et hasardeuse pour se proposer au pansement. Le doigt de Thomas vint effleurer son bras quand ses yeux clairs écrasaient ses onyx d’une supplication tendre : Dites oui

Alphonse observa un temps de silence, enfouissant ses doigts dans les cheveux du nobliau et dessinant une lente arabesque sur la tempe, touché, plus par le besoin que Thomas avait de lui que sa propre souffrance, définitivement égoïste déjà.

-Un prix à payer pour la vie, hein ? Oui, je sais ça… Il payait tous les jours. Le mien est de marcher dans les pas de mon père, ça semble moins étriqué que votre lit de fortune mais je dois y trouver peut être plus d’échardes … Un temps de silence avant qu’il ne reprenne. Qui vous a infligé le placard ? Encore abrupt dans ses interrogations il avait pourtant déjà la délicatesse des gestes, tirant lentement la couverture sur les côtes nues de Thomas, récidiva, attardant la paume chaude de sa main jusqu’à l’arrondi de l’épaule : est-ce vous ?

Qui d’autre ?
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Thomas_sauveur
Il tournait dans cette sorte de sentiment noir et la petite lumière qui brillait dans son cœur avec l'aide précieuse d'Alphonse. L'homme l'observe comme l'on regarde celui qui vous sauve et vous protège pour la nuit. Il as vingts ans ce n'est plus un enfant, mais ce soir il n'est pas adulte non plus. Thomas passe une main dans les cheveux de l'homme et se blotti contre son épaule à la recherche d'une odeur rassurante qui ne tarde pas à emplir ses narines et rassuré le noble. Il dit oui, il confirme savoir que la vie n'est pas simple, personnes naît avec une cuillère dans la bouche, on vous la met de force et si vous donnez l'air d'aimer cela ce n'est qu'un air emplit de fausse notes. Des échardes ? Il aime la comparaison et lui offre un sourire fin, mais bien là.

Parfois c'est nous, parfois c'est eux... Il n'y à guère pire que ceux qui abusent des craintes pour punir.

Il l'observe lui aime le placard il se sens en sécurité dans le placard, mais parfois la porte se ferme et la clé tourne, là tout est moins drôle, il n'aime pas il ne peut apprécié cela. Le noir, c'est fou les phobies, certains ont peur des serpents, de la lune, des lapins et lui du noir. Dans le noir tout les coups sont permis et rarement ceux-ci sont des câlins. Il se sens seul, abandonné, et il n'y a pas pire comme sentiments en soit que celui d'être incompris et seul. Mais Alphonse est là, et les yeux mi close, il cache son nez dans son cou, embrasse son épaule et remonte aux traits de ses joues. En cet hivers 1454 ils n'ont jamais fait l'amour encore, ni même été plus loin que des baisers, mais ce soir... Qui sait.

C'est étrange... N'est-ce pas?

Il mordille l'oreille dans laquelle il viens de murmurer et se couche à nouveau un peu sur lui, dans l'unique but de le sentir au plus prêt possible de sa chair.
Alphonse_tabouret
Dans le regard de Thomas, Alphonse décela une chose qui le changerait radicalement dans les années à venir, abimant le chat dans une chasse nouvelle, plus délibérée encore que celle du vice. Si jusque-là, à dix-sept ans, il s’était contenté d’ouvrir son chemin dans le frémissement de sa chair à celle des autres, ce fut pour la première fois, l’intention qui perça sous le parfum du stupre.
Les grands yeux de Thomas le regardaient avec une intensité rare, comme s’il était utile, comme s’il était précieux, et pour le jeune homme dont l’expérience d'avoir une raison d'exister ne se trouvait qu’au fin fond d’un bordel parisien contre le torse d’un lion anglais, la nouveauté fut totale, surprenante, presque effrayante. Les doigts du nobliau se frayèrent un passage dans ses cheveux avant que son corps ne vienne se coller au sien, disséminant au travers du tissu de la chemise du flamand une chaleur vive en sentant Thomas se délasser de cette simple proximité.
Avait-il ce pouvoir, vraiment ?


Parfois c'est nous, parfois c'est eux... Il n'y a guère pire que ceux qui abusent des craintes pour punir, lui confia le Belrupt en essaimant tendresse de ses lèvres dans son cou, amenant le brun à frémir et tendre imperceptiblement, la ligne de son épaule en pâture avant qu’elles ne viennent cueillir le fil de sa mâchoire
C'est étrange... N'est-ce pas?

-Pas tant que ça, répondit le chat en glissant sa dextre à la nuque blanche du lorrain pour la cueillir de sa paume, écartant de son mouvement le visage de son cou pour capter son regard clair. Il faut bien trouver une réponse à ce qui nous terrorise. La sanction en est une… Il pencha doucement son visage au-dessus de celui de son hôte, gardant l’espace d’un instant, son attention à cette bouche entrouverte qui lui faisait face, dévoyant un bout de sa langue pour pourlécher la lippe de sa pointe sous le regard de Thomas, suggestif, attardant pourtant volontairement la sentence qui pointait dans la confidence… La violence en est une autre… poursuivit-il d’une voix plus basse en s’approchant encore jusqu’à ce que les souffles se croisent quand la senestre, guidée par les envies que le regard du nobliau avait éveillées en lui, glissait le long des côtes, rejetant la couverture qu’il avait pourtant pris soin de remonter lui-même, dévoilant dans la chute lourde de l’étoffe, le corps qui s’était d’abord caché avant de venir le chercher, tachant le sol d’une corolle moelleuse. Il suffit de trouver le bon remède, chuchota-t-il avant de presser sa bouche à la sienne, la mordillant jusqu’à ce qu’elle s’entrouvre, laissant le gout salé de Thomas venir pigmenter son palais.
Les doigts délicats du chat resserrèrent leur étreinte à la nuque, laissant à Thomas le loisir de se perdre, assurant dans cette simple pression, la branche qui le rattraperait en cas de chute quand la senestre, impie, dispersait dans sa course jusqu’aux cuisses, la saveur brulante de sa caresse volontaire. Attentif, les tempes piquées d’une lascivité nouvelle quand la chair se gorgeait du contact, il attarda son baiser jusqu’à ce qu’il enfle, qu’il trouve à la bouche jumelle, le répondant nécessaire, déjà esthète de ne consumer que le feu et jamais l’étincelle.

Ce soir, vous ne dormirez pas dans votre placard Thomas, lui confia-t-il en gagnant l’oreille dont il croqua le lobe quand il les faisait basculer définitivement au sol, ajustant la chute du Belrupt de sa main toujours vissée à son cou, dispersant définitivement le reste de le couverture et découvrant enfin le corps de Thomas nu, désirable… désireux… Ni dans votre lit… rajouta-t-il en reprenant de la hauteur, laissant un sourire affleurer à ses lèvres, étonnamment tendre sous sa coupe, en admirant la proie qui s’offrait à lui, égarant une main pimentée du torse jusqu’aux cuisses, irrémédiablement séduit par les réactions du ventre au contact de ses doigts.
Passant sa chemise par-dessus sa tête, dévoilant la ligne fluide de ses épaules, les muscles discrets de son corps, il se laissa glisser le long de Thomas, ventre à ventre, couvrant de baisers chaque centimètre de peau qu’il trouvait pour se rassasier, choisissant d’égarer le lorrain dans les vapeurs plutôt que les brumes, plaquant l’envie qui pointait à ses braies contre le bassin du jeune homme

Ce soir, vous dormez dans mes bras, conclut-il en sachant pertinemment ce qu’entraineraient ces mots-là, remisant à plus tard, les affres de la nuit blanche qu’il ne manquerait pas de passer, incapable de partager son sommeil quand il partageait si volontiers ses nuits, plongeant à la peau de Thomas jusqu’à faire dériver ses pensées.
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Thomas_sauveur
Si Thomas devait retenir une seule nuit, un seul instant en compagnie d'Alphonse il sera celui-ci, le commencement d'un tout aussi précieux qu'unique. Il était et sera pendant encore de nombreuses années sa bougie, le point de chut de tout. Mais pour l'instant, ni un ni l'autre ne savait de quoi sera fait le futur. Thomas en poupée de chiffon, accepta le contact chaud de son corps sur le sien, ils furent proche et dans les confidences se découvraient autrement.

Son regard dans le sien, Belrupt observe et ne respire plus vraiment. Il était suspendu à ses lèvres puis soudainement accroché, énième baiser et pourtant toujours autant de désir et d’envie, gourmand et jamais rassasié, il prolonge, gémit à peine et se prend à imaginer que cette nuit tout cela iras plus loin encore. Une main sur sa cuisse, Thomas l'observe yeux grand ouvert pourtant abandonné dans se délicieux contact. Il ose glisser une main sur le torse de l'invité et du bout des doigts caresse le tissu, sentant la chaleur de la peau qui l'attend. Ce soir il ne dormira pas dans le placard, ni seul.. Du moins une partie de la nuit. Il tombe, mais n'as pas peur, n'as pas mal non plus Alphonse est trop doux pour cela, il fini ainsi nu à la vu de l’hôte et loin d'en rougir, Thomas s'expose.

Pas de placard, pas de lit, juste un coin de couverture au sol, ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont... envoûté. Il s'éloigne et le Belrupt râle, il se colle et le Belrupt gémit, trop de pensée soudainement pour un seul homme et lorsque sa peau touche celle d'Alphonse pour la première fois. Il sombre dans ce mélange de désir et de pudeur pourtant, comme toutes les premières fois en soit. Thomas ose poser ses mains dans son dos, glisser de ses épaules à ses reins et ses lèvres embrasser son menton en guise de baiser timide et désireux.


Dans...vos bras.

Une répétition comme pour sceller la promesse faite, c'était étrange de voir un autre homme que son cousin sur son corps, étrange de voir que son corps lui appréciait tout autant cela. Il était timide, et son amant prenait très bien les commandes, lui était doux avec les hommes et confiant n’eut guère peur, loin de là. Son corps entier fut tendu et dressé à l'appel des baisers, alors que ses mains remontèrent à ses épaules pour les cajoler.

Oui, dans vos bras.

Un murmure avant de chercher sa bouche, ses lèvres et d'un baiser accepté cela. Lui le noble de bonne famille, l'autre le fils de bonne famille, ce soir ils oublierons tout, pour vivre un instant l'un avec l'autre, tout simplement.
Alphonse_tabouret


Les mains de Thomas vinrent lentement s’apposer à sa chair, légères, discrètes sans être incertaines, comme racontant à l’amant qu’ils découvraient l’histoire d’un corps qui savait sans pourtant connaitre, amenant aux tempes brunes la question de l’expérience du Lorrain dont les baisers avaient un gout à la fois frais et déjà salés. A n’en pas douter Thomas avait déjà assumé ses penchants, l’adolescent l’avait compris dès leur première embrassade où rien n’avait eu le parfum de l’hésitation, du doute ou de la culpabilité à se laisser attraper le corps par un morceau de lune, mais il n’en demeurait pas moins une chasteté étrangement vaporeuse, se lovant jusque dans le regard qu’il portait sur le flamand. Le corps qui s’offrait à lui et auquel sa bouche dispensait des attentions tantôt douces et tantôt plus épicées à la faveur d’une courbe ou d’une aspérité, n’avait pas déjà été comme le sien, déjà cent fois saisi par des mains étrangères, abandonné pour un sourire, un bon mot, à l’emphase de l’oubli au travers de la chair, délié à autant de visages connus que d’autres dont il ne se souvenait même plus.
Il y avait quelque chose de précautionneux, de doux dans le regard du Belrupt, dans la façon que sa chair avait de réagir, qui galvanisa Alphonse d’une tendresse cruelle, narcissique, libérant les crocs du chat, le rendant carnivore. Les baisers s’alanguirent dans l’abime du temps tandis qu’il glissait le long du corps pale de Thomas, méticuleux à fourvoyer la chair dans une succession de frissons ravageant le marbre pourtant lisse de sa peau, s’alternant de morsures encore délicates, érigeant leur envie commune dans un élan tout aussi similaire, en entravant les braies de l’un, révélant sans plus aucune pudeur celle de l’autre, jusqu’à ce qu’il se l’accapare à pleine bouche, savourant le son montant à la gorge de l’amant, s’y liant pour mieux le contrarier, régalé du souffle désordonné montant dans le silence nocturne de la chambre.
Égarant les bonnes manières à l’orée de ce seuil-là, aventurant ses doigts aux reins pour y semer le feu d’un désir qui gangrenait la chair jusqu’à la soumettre à l’instinct, à la brulure de la concupiscence, à l’appel indéniable du corps égrenant la supplique de la possession, il prit à cœur de contrarier un premier temps le désir de Thomas en l’enferrant à sa bouche jusqu’à délivrer l’extase du nacre. Le regard félin du chat se reporta sur le visage de l’amant dans un sourire carnassier, ne laissant plus aucun doute à la lave érodant ses nerfs et, empoignant le corps de Thomas, lui fit offrir la ligne de son dos à son désir gourmand.
Pas de gémissement à la gorge adolescente mais le râle rauque d’un contentement lunaire vibrant à son ventre, impatient du délice dans lequel il s’apprêtait à se consumer, et apposant aux hanches du Belrupt la poigne de ses mains, unit son corps tout entier au sien, s’égarant dans une danse rythmée de souffles, de murmures doucement épicés et de caresses, diluées à la faveur d’une accalmie avant que la fièvre ne s’empare encore de leurs corps, jouant sur le fil d’un temps qui s’écoulait par poignées entières de minutes, et ne les mène, haletants, vibrant, à une délivrance pleine, chaotique, blanchissant les doigts, embrumant définitivement les tempes d’une langueur salvatrice une fois acquise .

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