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[RP] Ouvert - Hôtel Rue Montorgeuil : Cabinet du Barbier Fou

Vivia
[Hôtel - Rue Montorgueil]



La Cour des Miracles, le lieu de résidence des gueux, des puterelles et des brigands. Un espace anarchique néanmoins organisé en secteur et en clans distincts où boiteux, sanguinaires et bordels se partagent ruelles et écus. A l'orée de cette Cour, où civilisation et âmes putrides se croisent encore, se niche un hôtel à la façade bancale dont le second étage avait été acheté par Ludovica Corleone et Théophile Derocher. Depuis leur arrestation, l'héritière avait néanmoins décidé de s'y installer et d'y apposer sa marque. S'il avait fallu plusieurs années pour que la douleur s'estompe au rythme de leur odeur rassurante et familière, la Sicilienne était néanmoins parvenue à se sentir à son aise. De cet appartement comprenant deux chambres, une salle d'eau et un cabinet de consultation, Vivia en avait gardé le mobilier et la composition générale. Mais seul l'Atelier, avait un véritable intérêt à ses yeux. Dans ce dernier, une couche avait été aménagée contre l'angle d'un mur, tandis qu'un bureau trônait au centre de la pièce, entouré de par et d'autres par de larges étagères emplies de potions, décoctions, matériels de barbier et autres indispensables.

Revenue depuis quelques jours dans l'appartement, Vivia prit le temps de retrouver ses notes, ses rituels et ses expériences. Chaque jour se résumait ainsi à la préparation d'essences curative, de potions et diverses recherches et lectures. De temps à autre, quelques connaissances à son père, s'aventuraient encore au delà du seuil pour rencontrer celle, qui avait hérité des traits Siciliens de Ludovica et de la passion dévorante de Théophile. D'ailleurs, un patient frappe à sa porte.

Par le biais du bouche à oreilles, bien des gueux et autres tordus du la Cour entendirent parler de ce médecin installé à l'orée des leurs pavés. Et force est de constaté que celui qui foule le sol de l'appartement n'a rien de ces clients habituels. Il ne s'agit que d'une femme dont l'allure parle d'elle-même et dont les maux se devinent à même les plaies qui rongent sa peau. C'est une de ces putains qui beugle quand vient la nuit tombée, qui vomit sur le palier de l'hôtel l'aube venue et qui s'écroule telle une loque devant le seuil, une fois le jour levé. Elle se prénomme Rose, un nom de fleur bien délicat pour une donzelle dont les pétales et le jardin est contaminé par une maladie bien connue des médecins. Pour elle, il n'existe pour l'heure aucun remède et si autrefois cette fleur attirait par sa beauté un nombre important de clients, elle n'est qu'un végétal qui de jour en jour se flétrie. Les pétales chutent au rythme de cette peau rongée et ce que les clients venaient cueillir n'est désormais qu'un gage de contamination et de mort. Pour elle, Vivia ne s'attarde pas d'avantage et contre quelques écus dûment gagnés, des décoctions sont échangées. Leur effet n'est pas miraculeux, au contraire, les plantes choisies ne font qu'apaiser les douleurs et estomper le Mal qui la ronge lentement. Et malgré ses conseils, une fois de plus, Rose continuera de traîner à même les ruelles. Sa croûte, c'est ainsi que Rose la gagne et contre quelques écus, ce sont des patients qu'elle engendre.

Ainsi est la vie à la Cour des Miracles...Le Malheur des uns, fait la fortune des autres et qui mieux qu'un médecin peut s'assurer prospérité dans un tel gué-pied.


Précisons donc qu'il s'agit d'un hôtel.
Le rez-de-chaussée est dédiée aux plantes et aux soins d'urgence.
Le premier étage à l'accueil des patients (salle d'attente) et des soins. Il contient également, la chambre à coucher du Barbier Fou.
Précisons que les examens et soins, se font sur une table en bois recouverte d'un socle épais en verre (Malgré le contact froid, cela reste plus aisé à nettoyer !)
Le 2ème et dernier étage donc a été aménagé en salle de réunion (débauche et concile des clans)

Plan des lieux :

Spoiler:
RDC :
1er étage :
2nd Etage :

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Maths_law
La cours des miracles...

Voila un lieu dont il avait peur, pas peur dans le sens danger...peur dans le sens de l'effet de cet endroit sur le genre humain...Tout ces gens qu'on pouvait rencontrer dans chaque coins de rues...Tout ces échanges qui se faisant dans le noir... Maths le savait ce n'était pas un lieux a traîner... Il était bien loin de son petit village.

Il avait fait la route, pour plusieurs raisons, tout d'abord certains ingrédients que l'on ne trouver malheureusement que par ici. Et puis aussi une recherche un peu particulière. Il devait trouver un medecin. Un médecin discret car il en avait besoin. Le monde ne devait savoir son état si celui se dégrader. Il se devait trouver un endroit et se faire soigner en tout discrétion.

Voila la plus grande raison de sa venue. Sans avoir pu avoir un mot à dire, il y avais deux gardes dont le capitaine de sa brigade posté au domaine qui avait insisté pour venir. Bien que maths avait prouver qu'il serait plus discret et plus tranquille seul qu'avec deux gardes autours de lui. Il n'avait pas reussi le persuader.

Ne voulant pas perdre de temps il avait accorder sa requête en bougonnant encore tout au long du voyage tentant de négocier que les gardes resterais aux bords de la cours pour éviter les ennuies. Manque de chance il avait tout louper et les gardes le suivrait où qu'il soit. Alors en entrant dans la cours et en observant d'un rapide coup d’œil l'ensemble de la structure il n'a pas réussi à ce faire discret.

A peine débarquer il se fait déjà accoster par toutes sortes de personnes douteuses qui ont été de suite bousculer par les gardes avec maths. Dans un soupire il se précipita alors à l'adresse indiqué. Il prend le temps de se présenter en essayant bien sur de se faire discret. Il se retrouva alors devant la porte.... Il se demanda alors à ce moment si c'était une bonne idée... Mais il devait trouver un médecin pour les situations d'urgences et surtout discret. Etre blessé en grand public n'est jamais bon pour l'honneur et la famille. Il devait donc avoir sa roue de secours...

Sans attendre il frappa à la porte deux fois d'un coup rapide et assez fort pour se faire attendre.

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Vivia
Finissant avec Rose, le médecin reprend possession de son cabinet. En quelques minutes, les vélins, décoctions, potions et autres liquides sont rangés et les mains de la Sicilienne sont nettoyées d'un trait d'alcool. Il était étonnant de réaliser que la seule utilité du spiritueux se résumait à sa capacité unique à désinfecter et assainir. Jamais le médecin n'avait avalé une seule goutte d'alcool, par crainte de finir comme ces gueux qu'elle soigne, de perdre le contrôle sur elle-même, Vivia avait ainsi évité de céder à la tentation jusqu'à en éprouver, désintérêt et dégoût. Toutefois, les bouteilles de carmin de son père traînaient encore planquées dans une étagère, celles-ci ne sortaient qu'à de rares occasions, en l’occurrence pour des contacts et de nouvelles relations professionnelles. Et sans le savoir, l'une d'elles allaient peut être sorties.

Deux coups troublent le silence auquel Vivia s'était habitué, et d'un pas décidé, la Sicilienne s'avance vers la porte pour inviter son client à franchir le seuil. Toutefois, les sourcils se froncent légèrement à la vue de ces deux gardes qui insistent pour s'inviter. Soit. L'union fait la force après tout. Prenant le temps de les lorgner sans un mot, Vivia tente de deviner leurs origines et leurs statuts. Aucun blason, aucune couleur sur le poitrail ou la cape de cet Homme, quant aux deux autres, si ce n'est leur traits fermés et leur strict obéissance, rien ne permettait de les démasquer. Néanmoins, s'ils avaient fournis autant d'effort pour s'assurer discrétion et transparence, qui plus est dans un lieu aussi sordide et crasseux que la Cour, cela ne devait être que pour une seule et bonne raison, ne point salir la réputation d'une famille honorable et respectable. Bien trop propre pour être l'un de ces gueux, bien trop escorté pour n'être qu'un brigand assuré et à l'aise des bas-fonds.

- "Les armes ont les posent à l'entrée. C'est la règle."Trahissant ses propres origines par son accent italien bien marqué, la jeune femme s'avance vers l'entrée pour verrouiller la porte derrière eux. Confiante ? La Sicilienne ne l'est qu'à moitié pourtant depuis qu'elle s'était installée ici lieu, personne n'avait osé la menacer d'une verbe ou d'une lame, peut être parce qu’ils se doutaient qu'un jour ou l'autre, ils allaient avoir recours à ses services. Prenant la direction de l'étagère en question, une bouteille de bourgogne est dé bouchonnée et trois verres sont servis.

- "Vous n'avez pas l'air d'être mal en point. Je suppose donc que vous êtes ici pour une tout autre raison. Dites-moi, vous cherchez un médecin pour soigner vos torturés ? Un médecin discret pour soigner les maux de quelques membres de votre famille ? Un médecin pour retirer la vie indésirable des cuisses de l'une de vos amantes ? Je suis toute ouïe.
Sachez en revanche que ma discrétion à un coût..."


Les invitant à s'installer sur les causeuses et à déguster ce vin dont elle ne savoure que l'odeur parfumée et vieillie, Vivia ne peut se résoudre à les détailler, quitte à les mettre mal à l'aise.

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Maths_law
Il avait entendu un court instant derrière la porte, le temps fut long pour lui, car aucun signe de voix n'avait été émis. Il était sur le point de se retourner vers les gardes demandant si ils ne s'étaient pas tromper... ça aurai été drôle tiens de taper sur la mauvaise porte dérangeant des affaires douteuses ou un couple dans leurs intimité.... Quels explications il aurait donné ? surtout avec les deux pots de colles qui le suis de partout. Le spectacle aurait été drôle.... Cependant avant même pouvoir imaginer justement cette fameuse scène quand la porte s'ouvre enfin...

Une femme leur ouvre les regardants, elle n'avait aucun regret à les dévisager. Ne sachant pas trop quoi faire dans les secondes qui viennent qu'elle les laissa entrer. Sans rien dire il entra ajustant sa cape avec leur blason familial des Law. Les gardes suivirent... le petit groupe pénètrent donc dans le cabinet peut être simple mais qui été ce qu'il faut pour leur discrétion.


Les armes ont les posent à l'entrée. C'est la règle.

Une grimace, voilà qui aller pas faire l'affaire des gardes. Déjà qu'ils sont embêtant alors ils vont être insupportable. Ne voulant pas faire des grabuges et des tensions en 30 secondes de rencontre. Maths pris les devants...

Messieurs...vos armes...à l'entrée....

Il avait parler d'une voix calme mais pourtant stricte trahison son statut de chef de famille. Un autre membre n'aurai pas eu autant de facilité a se faire obéir aux ordres ou alors les gardes auraient affirmer que au chef de famille. Toujours souriant, maths sourit a la maîtresse des lieux quittant lui aussi ses armes, toutes ses armes. Il avait décider pour le coup de faire confiance. Il ne pu s’empêcher néanmoins de regarder la salle....C'était une petite salle, ils étaient trois....avec une femme...Même si c'était un piège il ne douter pas de la valeur de ses guerriers... Au pire il y avait la fenêtre... C'était donc une confiance hautement mesurer et analyser.

Il s’intéresse maintenant à la dame... un accent italien... marqué sur certaine mots quel origine ? il essaye de réfléchir a ses connaissances sur les langues pour essayer de trouver. Cependant il était pas assez bon pour reconnaître l'origine exacte... Il pu voir alors la bouteille et les verres.... Une preuve donc d'un certains savoir faire et de traitement particulier de certains "clients" il se doutait bien que cette bouteille n'était pas pour tout le monde...Il y avait donc un art a reconnaître les clients et à les chouchouter et à savoir recevoir... Elle n'avait pas eu peur, et avait parler clairement sans trembler... Elle avait donc l'habitude de voir des gens armés et en groupe.

Toutes ces informations se stock dans sa mémoire.... lui permettant de faire le point rapidement et clairement. Une habitude qui lui sauva la vie mais surtout permet a maths d'adapter son langage et sa gestuel permettant de faciliter ce lien avec son interlocuteur...


- "Vous n'avez pas l'air d'être mal en point. Je suppose donc que vous êtes ici pour une tout autre raison. Dites-moi, vous cherchez un médecin pour soigner vos torturés ? Un médecin discret pour soigner les maux de quelques membres de votre famille ? Un médecin pour retirer la vie indésirable des cuisses de l'une de vos amantes ? Je suis toute ouïe.
Sachez en revanche que ma discrétion à un coût..."


Il prit cependant le temps de s'installer... il remarque qu'elle ne boit pas non plus... devait il se méfier..? il voit alors les gardes à coté de lui.... avaler leurs vins. Maths pris le temps de sourire et de répondre aux regards de la dame. Il était comme ça a son regret joueur et il hésitait pas à se battre et à jouer sur le même terrain... Un long moment de silence ou il prend le temps de la regarder fixement aussi. Pour briser le silence mais en ne buvant toujours pas il pris alors la parole...

Je suis maths de la maison Law.... Et voici Gabriel et Tharys, de ma cargaison personnel

Il va éviter d'en dire plus même si c'était déjà suffisant il avait parler de maison pour famille un mot très peu utilisé... et de cargaison avec le mot ma autant dire qu'il avait laisser trop d'indice encore une fois...

Je cherche effectivement un médecin pour soigner certains des membre de ma famille mais aussi une petite vérification... J'ai été blessé lors d'un transport de marchandise par des brigands et j'aimerai voir ce que vous en pensez de ma blessure.

Il sourit toujours...
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Vivia
Si pour l'un le carmin attise la méfiance, il se déguste en silence pour les autres. Offrant une oreille attentive à ce trio, Vivia découvre alors le nom et prénom de son invité. De mémoire, le nom de la famille Law lui est inconnue, tant mieux ou tant pis, quoiqu'il en soit, les intérêts sont clairement énoncés. Ainsi donc la Famille Law souhaitait s'offrir ses services, pourtant à l'entendre, il semble faire partie de l'autre camps comme en témoigne sa requête. Amusée, la Corleone se retient de tout commentaire, de tout jugement car au final, qu'importe le camps que le client épouse, ses écus eux seront indifférent à l'éthique.

- "Suivez-moi."

Offrant un léger sourire au Client, Vivia s'avance vers son cabinet. D'un geste, elle l'invite à s'installer sur la couche installée dans un coin de la pièce tandis qu'elle passe outre son bureau pour s'approcher de ses étagères.

- "Retirez-votre chemise je vous prie."

Le laissant alors retirer ses effets, la jeune femme marque une pause devant ses divers bocaux. Hésitante, elle s'empare finalement de charpies, d'une décoction à base de cassis et de menthe poivrée et d'un cataplasme à base de farine de lin chauffée à feu doux, de génévrier, d'hysope, de sarriette des jardins et de sauge.

- "Montez-moi ça."

Déposant ses préparations à côté de Lui, le médecin chauffe légèrement ses mains en les frictionnant avant de s'approcher de sa peau et de détailler de la pulpe de ses doigts, la plaie boursouflée présente sur son épaule gauche. D'une légère pression, elle frôle les bords de la plaie, les rapprochent afin de vérifier si cette dernière était encore purulente. Malgré cette légère inflammation, les sutures étaient correctes et aucun pu ne semblait être encore présent en son sein. Le Mal avait été évacué, restait encore à protéger la plaie de quelques frottements indésirables pour lui permettre de se cicatriser correctement.

- "La cicatrisation est en bonne voie. Toutefois, il va falloir nettoyer la plaie régulièrement et changer le pansement. De même, en journée, je vous conseille de protéger cette plaie des frottements qui ne feront que ralentir la guérison et qui pourraient, si vos linges sont imbibés de sueur et de crasse créer une infection. Et le soir, laissez la à l'air libre quelques heures histoire qu'elle sèche."

Appliquée, la Sicilienne appose le cataplasme sur la plaie en une fine couche avant de la couvrir d'un morceau de lin. Lentement elle s'empare d'une bande de tissu qu'elle dispose sur ce dernier avant d'étirer la bande sous l'aisselle masculine et son torse. Ainsi placée, le cataplasme ne risquait ni friction, ni déplacement. Et pour finir le travail, la chemise du client est remise en place.

- "Je vous laisse ce cataplasme, il est fait à base de plantes qui ont des vertus antiseptiques. Cela permettra d'assainir la plaie."

Nettoyant ses mains à l'aide de quelques charpies et d'un passage à l'eau claire, Vivia fait de nouveau face au Client. Les soins étant réalisés, il restait un point à aborder et pas des moindres. La raison même qui au-delà la de Science motive leur présence ici lieu et ses attentions toutes particulières.

- "Si vous êtes ici, c'est que vous devez connaître mon Nom et ma réputation. Vous savez donc que mon silence et mon talent ne sont pas gratuits. Toutefois, vous avez le choix, soit vous pouvez me payer par quelques écus trébuchants et sonnants, soit vous pouvez devenir mon débiteur. A vous de voir...."

Qui a dit que les femmes étaient vénales ?...

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Maths_law
Il sourit, toujours occupé a la fixé...se demandant ce qui lui valait une tel curiosité du regard mais aussi envers ses camarades...

"Suivez-moi."

Maths se lève donc, la suivant alors en faisant un signe aux gardes qui aller déjà commencer à râler... Il préfère les calmés maintenant d'un sourire rassurant. Il s'installe donc sur la couche...

"Retirez-votre chemise je vous prie."


Il sourit et s'exécute enlevant son armure, et sa chemise laissant sa blessure à l'épaule apparaître. Il n'aima pas trop montrer une vulnérabilité...même si c'était pour une raison...

"Montez-moi ça."

Sans un mot il pencha son épaule montrant la blessure plus en détail qui parcours son épaule...

"La cicatrisation est en bonne voie. Toutefois, il va falloir nettoyer la plaie régulièrement et changer le pansement. De même, en journée, je vous conseille de protéger cette plaie des frottements qui ne feront que ralentir la guérison et qui pourraient, si vos linges sont imbibés de sueur et de crasse créer une infection. Et le soir, laissez la à l'air libre quelques heures histoire qu'elle sèche."

Il se laissa faire, l'aidant en levant le bras a réaliser le bandage... puis repris sa chemise et s'installe de nouveau...Il prit le cataplasme en la remerciant d'un sourire et le glissa dans sa sacoche..

"Si vous êtes ici, c'est que vous devez connaître mon Nom et ma réputation. Vous savez donc que mon silence et mon talent ne sont pas gratuits. Toutefois, vous avez le choix, soit vous pouvez me payer par quelques écus trébuchants et sonnants, soit vous pouvez devenir mon débiteur. A vous de voir...."

Allez c'était partis, voila donc le sujet qu'il redoutait le plus...

Débiteur ? dans quel genre de demande pourriez vous me faire ?

Un sourire comme a son habitude...

Et le prix ?

Il ose poser la question...
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Vivia
Curieux ou simplement prudent, Maths s'empresse de connaître les modalités du contrat. Pourtant, en guise de réponse, Vivia ne lui offre qu'un sourire sadique. Il serait trop aisé de connaître le prix ou l'ensemble des tâches plus ou moins ingrates qu'elle pourrait demander à son débiteur. Libre à lui de choisir, mais en aucun cas, elle ne facilitera son choix. A lui seul, de s'engager dans la voie de la redevance ou de la simplicité.

- "Je ne vous aiguillerai sur aucune de ces questions. Vous devez faire un choix et vous y tenir."

Prenant sur elle de ranger le matériel et de le nettoyer, la Sicilienne s'empare ensuite d'un livre de compte sur lequel, elle s'empresse d'inscrire le nom de son nouveau débiteur. Ne restait plus qu'à préciser le montant de sa consultation, redevance ou écus.

- "Alors ?..."

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Maths_law
Il sourit, elle était maligne... du savoir faire... on vois qu'on lui appris... a ne pas tomber dans les pièges. Hummm un accent italien... elle savait quoi faire et comment...

"Je ne vous aiguillerai sur aucune de ces questions. Vous devez faire un choix et vous y tenir."

Voila qu'elle le presse... Humm la situation ne lui plaisait pas c'était pas dans sa nature de prendre des décisions rapide et sans avoir réfléchit... Il laisse bien 30 secondes de blanc prenant le temps d’éliminer les solutions dans la tête.

Il voit les gardes qui semblait avoir une autre solution en tête...

Il sourit et annonce alors...


Je choisis le prix dans ce cas là
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Vivia
Devant la réponse, le sourire Sicilien s'étire. Ainsi donc, il avait choisi la solution la plus réfléchit et appropriée pour une première approche. Réticent et prudent devant l'inconnu et la fourberie féminine, Vivia note ainsi ce trait de caractère dont semble être pourvu son client et futur associé. Puis, refermant proprement le lien manquant de cette chemise masculine, le médecine se relève afin de s'approcher de son bureau. Sur ce dernier, elle s'empare d'un épais livre à la couverture rougeâtre et aux pages usées. Pourtant précieux à ses yeux, ce livre de compte avoue néanmoins son vécu et la rigueur de son travail. Plume en main, elle inscrit le nom et le prénom de Maths Law et émarge le prix de la consultation et du cataplasme.

- "60 écus pour le tout." Pas très cher en soit, vu le temps nécessaire pour cueillir les plantes appropriées, nettoyer le matériel, réaliser les cataplasme tout ça, tout ça.

- "Alors dites-moi. Votre famille est composée de combien de membres ? Y a-t-il des soucis de santé qui sont héréditaires ? Y-a-t-il eu des cas de dysenterie, de lèpre ou de Mal des Ardents ? Y-a-t-il des naissances à venir ? Et enfin, avez-vous déjà eu un médecin de famille ?"

Et oui, autant poser la question qui tue en dernier pour tâter le terrain après tout. Si dans le passé, Vivia avait eu l'occasion, en tant qu'assitante, de soigner des membres de sa propre famille, s’occuper d'une autre, n'avait été jusqu'à aujourd'hui, jamais essayé. Tout était à apprendre, à assimiler, aussi bien les maux de chaque membre que les afflictions de certains.

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Owenra
"Putain, Owen' ! Va voir un médicastre ! Reste pas là à crever comme un chien !"
- Midia, un soir de mars 1465 -


    Un médicastre. Trouver un médicastre en la Cour. Pour cela, encore a-t-il fallu attendre que l'Azur regagne leur repère. Ensuite, il a fallu chercher car à la connaissance de la Renarde, il n'y a que Mérance, la sorcière qui aurait pu lui concocter quelques remèdes. Or, à cet instant où la Rousse foule le pavé de la rue Montorgueil, elle n'a aucune idée d'où est passée l'empoisonneuse et, à vrai dire, la Flamboyante n'a pas non plus l'envie de s'afficher comme étant malade auprès d'un membre passager du clan. Aussi, sous l'épais mantel de fourrure qui la dissimule, elle apostrophe un mendiant de sa voix rendue grave et rocailleuse par la douleur qui lui étreint la gorge dans un enlacement mortel :


Mon bon miséreux, instruis-moi de ton savoir. Toi qui connais mieux que quiconque les rues et les jambes de ce monde, pourrais-tu m'indiquer un médicastre dans notre beau quartier ? Y en-a-t-il un qui soit venu ici trouver refuge ?

    L'homme, rendu hagard par le froid ou bien par le flot de paroles rondes émanant de la bouche charnue ou encore par les épées courtes pendues de chaque côté des hanches, met un certain temps à répondre. Qu'importe, pour l'Owen', la patience est une de ses qualités. Ceci dit, le froid lui mord les joues creuses, alors pour inciter le pauvre erre à activer sa langue, elle glisse une main lourdement gantée à l'intérieur de son mantel. Là, une bourse dissimulée est ouverte et voilà que la main habile en extirpe deux écus. Ces derniers sont exhibés aux yeux de l'homme en guenille. Le miracle se produit, voilà qu'il se met à ouvrir la bouche et à parler :


J'crois qu'la fillotte du barbier fou et d'la Corleone est rev'nue. Elle est là-bas,il pointe un doigt blanc et décharné en direction de l'hôtel non-loin du domaine de l'Azur. J'ai 'tendu dire qu'elle soigne des fois.

    Le regard vert pâle suit la direction montrée. La caboche à la chevelure de feu se hoche et les pièces sont posées dans la main tendu du maraud. Tout renseignement mérite paiement. Les talons bottés pivote sur le parvis et les frêles jambes se mettent en marche. Ainsi, l'Owen' rejoint la porte de l'hôtel qu'elle contemple un instant. Une petite main se lève pour frapper le bois. Trois coups. Trois coups sont donnés par un corps affaiblit et pourtant, ils résonnent avec force, la faute au métal dissimulé dans le cuir des gants. Après tout, on ne sait jamais sur qui on va tomber à la Miraculée. Nul doute que la Renarde est intriguée en ressassent les paroles du clochard "la fille du barbier fou". Tiens donc, aurait-elle hérité de la folie de ses géniteurs ? Peut-être que la cadette Azzurro aura sa réponse sous peu.
    En attendant, elle reste droite. Si la maladie se remarque à son teint grisâtre et à son visage émaciée, elle ne désire pas que sa posture la dévoile à son désavantage.

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Midia
La travestie était aux aguets, dans sa chambre au rez de chaussée elle attendait que la porte d'entrée grince, signe du départ de la rousse. Owenra avait clamé a qui voulait l'entendre qu'elle chercherait à se faire soigner, et la Baronne savait que celle ci n'aurait jamais accepté d'être accompagnée malgré toutes les peurs qui l'habitaient à l'idée de trouver un foutu médicastre. Et l'Alsacienne n'allait pas non plus imposer sa présence au risque que celle ci revienne sur sa décision d'enfin se faire soigner. Elle avait donc pris la simple décision de suivre la Renarde et de veiller sur elle de loin.

Suivre la rousse n'était pas une mince affaire, non pas qu'une renarde en train de crever soit trop rapide pour être rattrapée, mais l'Alsacienne prenait d'autant plus garde à ne pas se faire attraper qu'elle gardait un souvenir douloureux de ses derniers affrontements avec elle. De loin l'Alsacienne observait les "négociations" de la Renarde, et si elle avait été assez proche pour voir celle ci dépenser deux écus elle se serait sûrement inquiéter d'une soudaine générosité Renardesque. En réalité elle n'était même pas totalement certaine que la Rousse cherche bien un médicastre, aussi plutôt que prendre le risque de la suivre elle fit une pause devant le même bougre.


Sieur, ravi. J'aurais besoin d'un renseignement. Que voulait la rousse que vous venez de renseigner ? Et puis je avoir ces mêmes informations ?

Là encore l'Alsacienne en fut de se délester de quelques écus pour obtenir réponses, quatre pour être exact, deux par questions. Mais finalement l'information fut obtenue, l'avantage avec les miséreux c'était que pour eux quelques écus valaient mieux que les affaires des autres.

La travestie le quitta d'une révérence toute masculine, et déplacée au sein des Miracles,
mais on ne se rattrape pas. Un sourire satisfait par l'information obtenue elle se dirigea à son tour vers la bâtisse indiquée pour y trouver une Renarde poireautante. Cette fois ci le choix fut différent, elle s'annonça d'un raclement de gorge.


Je t'attendrai dehors Owen.

L'Alsacienne se planta contre le mur, à l'abris du vent mordant son visage, quitte à attendre autant ne pas avoir besoin elle même de consulter après ça. Puis elle adressa un sourire à la rousse.

Et t'avise pas d'essayer de m'en dissuader. Tu me connais je suis assez têtue pour ne pas t'écouter. Avant de lui ajouter plus bas Je suis contente de ta décision Owen.
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Magdelon
Black Star... Red Star
In the villa of Ormen, in the villa of Ormen
Stands a solitary candle,
In the centre of it all, in the centre of it all
Your eyes (1)


Magdelon s'attache rarement. Rarement. Mais c'est à croire que les chevelures rousses l'attirent, inexorablement. Elle, lui, elle. Ils ont ce petit quelque chose qui séduit, qui conquiert, qui captive. Ces filets invisibles qui attachent brunette, dont le regard brille d'une lueur étrange à leur vision. Rouquine n'a pas fait exception à la règle. Après Gysèle, après Samaël, vint Owen. Les deux se sont vite apprivoisées, par des visions communes, des démons qui les bouffent, des idées bien arrêtées sur certaines choses. Une main chaude, aussi, posée sur celle, glacée, de l'oiselle qui se ronge les ongles jusqu'à plus soif quand la nervosité la cueille. Owen est de près de vingt ans son aînée, mais même des vieux, on peut se préoccuper. Et puis finalement, rouquine n'est pas si vieille. Non. Non. Mais rouquine est malade, ça oui. Les gros crachats sanguinolents qui atterrissent au sol en sont la preuve. Le mal la ronge depuis longtemps, assez pour l'avoir abîmée de l'intérieur. Assez pour la pousser à aller consulter. Oui mais voilà, les médecins sont tous des connards, du moins pour la Berrichonne qui en a une trouille bleue, persuadée que s'ils découvrent son propre mal, ce sera l'asile directement, sans passer par la case départ ni toucher dix mille écus. Alors pucelle s'inquiète, se méfie, doute du résultat de cette visite. Seulement, rouquine au caractère bien trempé ne souhaite pas être accompagnée, il en est ainsi. Mais cela, c'est sans compter sur le hasard, qui fait parfois bien les choses.

La Cour des Miracles, terrain de jeu des plus canailles, fripouilles, voleurs, violeurs, arnaqueurs, avait déjà accueilli Magdelon en son sein. Terrible épreuve qui n'avait fait qu'augmenter sa méfiance envers l'être humain. Vengeance gronde en son ventre depuis quelque temps, accentuée par quelques conseils bien avisés, mais pas encore assez poussés pour oser venir la chercher. Bientôt, bientôt. Brunette se fait ombre parmi les ombres, prenant ses marques, se rappelant de chaque rue, de chaque enseigne, de chaque impasse. Jusqu'à la trouver, bientôt. C'est ainsi que l'oiselle tombe sur un drôle de duo. Rouquine en quête, Midia en filature. Étrange à observer de loin, trop attirant pour laisser la scène filer. Magdelon leur colle au train, énigmatique trio louvoyant parmi les ruelles de la Cour, celle des vilains. Ils stoppent, brunette fait de même, à quelques mètres. Des bribes de mots lui parviennent, les paupières se plissent de compréhension. Oui, le hasard fait bien les choses. Ses grolles la portent jusqu'à eux, silhouette fine plantée là, à deux pas de Midia.

    - Oui et tant que j'y suis, je vais faire aussi gaffe que le charlatan que tu vas voir te fasse pas un coup tordu.

Sinon ? Et bien sinon, on avisera.
    - Moi aussi j'attendrai dehors.

(1) Black Star – David Bowie
Dans la villa d'Ormen, dans la villa d'Ormen
Se tient une bougie solitaire,
Au centre de tout ça, au centre de tout ça
Tes yeux.
Vivia
Ré-ouverture.


Quelques semaines tout au plus qu'elle avait repris ses activités et dépoussiérer les divers remèdes et bocaux de huit mois d'absence fut un travail fastidieux. Une à une, les préparations firent de nouveau concoctées, asséchées voir macérées. Les ustensiles furent de nouveau désinfecter, les produits manquants furent acheter et heureusement la fortune de la Corleone ne se terrissait que rarement. Les journées de vingt quatre heures lui semblèrent bien courtes dans un premier temps, tant le travail à accomplir était conséquent. Il fallait nettoyer, refaire les stocks, préparer de nouveaux tous ces remèdes, onguents, vins toniques et autres mélanges et ce, tout en assurant ses contrats licencieux à la Cour. Autant dire que seul cette pipe qu'elle fumait de temps à autre lui permettait d'apaiser ces traits tirés et soulager ses muscles meurtries. Pourtant, malgré cette solitude apparente, il n'en est était rien. Depuis qu'elle avait quitté les geôles de la Prévôté de Paris, le Barbier n'avait de cesse d'étreindre ses tempes et de la pousser au delà de ses retranchements. Pas très agréable comme sensation pour le coup. Que ce soit physiquement ou moralement, le rythme semblait effréné et éreintant. Il lui fallait un certain temps pour enfin, retrouver ses marques et ralentir le rythme, tout comme il lui fallait une journée entière de sommeil pour rattraper cette fatigue accumulée.

Quoiqu'il en soit, le cabinet était prêt à ouvrir de nouveau et comme si de rien était, tout était en ordre, comme autrefois. Les cheveux sont attachés en chignons épais et bicolore alors qu'une mèche blanche n'a de cesse d'être replacée, nerveusement derrière une oreille pour dégager son visage qui au fil du temps avait repris couleur et chair. Elle n'était plus cet amas d'os, cette donzelle squelettique dont les phalanges ressemblaient à s'y méprendre à celles de ces corps amaigris et vieux qu'elle pouvait croiser sur les sols poisseux et putrides de la Cour. Pour seul vestige de ces huit de captivité et de détention, ces marques de fouets et de fer rouge sur son échine..Des détails, des souvenirs houleux et tortueux qu'elle prenait soin de toujours cacher par une robe et un col qui couvrait tant ses épaules que la base de sa nuque.


- Allez, voyons ce que la Cour va nous apporter aujourd'hui.
- Oui.
- Un lépreux ? Une chaude pisse ? Une donzelle qui ne veut plus de ce truc qu'elle a dans le bide ? Ho ! Je paris pour … Notre vieille aliénée..Cela fait longtemps qu'on a pas vue la Roberta.
- On prend les paris.

Finalement la porte de l'hôtel s'ouvre et finalement le pari est perdu. Enfin, l'avantage quand l'on pari avec une part de soi-même c'est qu'on est jamais perdant à cent pour cent. Non, rien à voir avec la vieille Roberta. L'emballage est plus jeune, plus frais bien que le teint soit grisonnant. Une rousse..Puré, décidément fallait que la première cliente soit une rousse. Déjà qu'elle avait du mal à se faire à l'idée d'avoir perdue Merance par sa connerie et d'avoir gagné une ennemie mortelle à la place...Impassible, elle tente de l'être alors qu'elle invite la donzelle à pénétrer et qu'elle jauge les deux autres qui soit, l'accompagnent soit attendent leur tour.

C'pour attendre ou pour consulter ? Le ton est donné. La Corleone n'est pas connu pour son flux de paroles agréables. Au contraire, ce sont ces mots bien pesés et parfois éteints qui lui valurent d'être engagés pour tous ces contrats sordides. Elle se tourne vers la Rousse et machinalement l'invite, d'une indication de l'index à prendre place dans le salon où l'attend une table sur laquelle elle va devoir poser son modeste séant entourée de ses armoires pleines de produits, potions et onguents et sous l'oeil hagard de ces plantes qui sèchent au plafond.

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Owenra
    Alors qu'elle hésite à entrer, un raclement de gorge titille son ouïe. La tête pivote pour que les pupilles tombent sur la travestie. Aux dires de cette dernière, l'Owen' grogne. Effectivement, l'idée d'être accompagnée comme une enfant qu'on mène au confessionnal pour la première fois ne l'enchante pas. Alors qu'elle va pour se détourner, Magdelon s'avance sur la scène. Alors la Rousse antipathique lève les yeux au ciel. Décidément, elle ne pourra pas être tranquille. Les sachant têtues l'une comme l'autre, elle n'essaie même pas de les dissuader, en vérité, leur présence à chacune la rassure intérieurement, même si, par orgueil, elle ne l'avouera jamais. Un simple avertissement à leur intention est adressé, cependant :


Prenez pas la mort, pas b'soin d'un cadavre en plus ici-bas.

    La main gantée se pose sur la poignée et elle se décide à entrer. Elle s'imagine pénétrer dans le trou d'un serpent et y découvrir un hôte de sexe masculin, plutôt ridé, les cheveux blancs, peut-être bedonnant et au regard malsain. Un frisson de dégoût court le long de son dos tandis qu'elle bat des cils le temps pour ses pupilles d'ajuster la luminosité qu'elles doivent recevoir. Elle promène son regard sur l'endroit, évidemment, son instinct primaire tente de repérer les quelques issues possibles, mais en dehors de la porte et de quelques fenêtres, il n'y a rien de très concluant. Se doutant que les consultations ne se font pas sur le pallier, elle répugne déjà à l'idée de devoir entrer plus avant dans ce lieu inconnu. Quelle mauvaise volonté qu'a cette Rouquine. Une fois l'observation des lieux accomplie, les iris vertes pâles se posent sur... Une femme. Léger tic de la commissure des lèvres quand elle constate l'individu féminin, probablement de dix ans sa cadette. Un soupir... Que des jeunes, des jeunes partout ! À croire que la Renarde a vieilli avant l'heure. En plus, celle qui se tient devant elle, avec son chignon et ses cheveux blonds... Grumpf... Une blonde... Par le Sans-nom, qu'Owen' hait les blonds ! Pour ajouter une touche d'originalité à l'ensemble bien austère, elle note la mèche blanche qui semble quelque peu récalcitrante à l'idée de se faire dompter. Et la voix de la maîtresse des lieux parvient durement aux oreilles de l'Azzurro. Les termes sont lourds et la voix dénuée de la moindre émotion. La tête rousse se penche sur une épaule. Pendant un instant, l'intruse hésite à faire demi-tour tant le lieu et la propriétaire ne l'inspirent pas, mais alors pas du tout. Or, si la Renarde galeuse s'en va, il lui faudra trouver un autre médicastre, ce qui pourrait prendre des mois. Malheureusement bien lucide, elle se ressaisit en songeant qu'elle n'en a certainement pas le temps. Alors, elle redresse la tête, se racle la gorge et répond sur un ton froid :


J'consulte, ils attendent.

    Pour la dernière partie de la phrase, elle a pointé d'un pouce balancé vers l'arrière, l'homme faussement viril et la gamine l'attendant à l'extérieur. Elle scelle son destin en refermant la porte sans plus de cérémonie, se coupant ainsi l'issue la plus prometteuse. Reportant son regard sur la blonde, elle demande :


C'toi la médicastre ? Tu soignes les cas désespérés ?

    En parlant, elle retire ses gants et les cale dans la ceinture retenant les fourreaux de ses lames dont elle ne peut guère plus avoir l'usage avec son affaiblissement général. Patientant, elle s'apprête à suivre les directives d'une parfaite inconnue tout ça dans le but de, peut-être, trouver un remède au mal qui la ronge. Elle doit vraiment être au fond du gouffre.

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Eldearde
 
    - DÉBUT JANVIER 1466 -

Kierkegaard franchit la Seine qui s'engouffrait sous un pont.
L'hiver de la ville n'était pas le même que celui de la campagne. Entre la brousse et les sylves évanescentes il se faisait suaire d'étamine nivéenne posé sur ce qui est mort quoique pérenne. A Paris, il était manteau épais et encombrant flanqué sur les épaules de tout ce qui est vivant et plein de mouvements. La cité se secouait pour faire choir cette parure glacée et malvenue : les femmes grattait le givre devant leurs portes, l'on brisait à coups de pelle l'enduit scintillant du verglas. Partout dans les rues la neige, érigée en gros tas, noircissait ; elle était encore blanche sur les toits, qu'elle coiffait de hauts bonnets molletonnés.

Nonobstant toute sa relative perception du principe de réalité, Eldearde ne sillonnait pas les bas quartiers engoncée dans un mantel perlé : elle était vêtue comme sa cuisinière, chemise, cotte, pelisson de facture grossière et, sur la tête, le brun sale d'un chaperon noué de deux grosses lanières. Elle incurvait légèrement le dessin de ses vertèbres, voûtait épaules et nuque pour briser la raideur de son port, et imitait le pas de la maritorne qui, devant elle, vaquait à ses affaires. Elle était une femme ordinaire, de cette normalité dont elle se savait façonnée. Portée par les courants d'une vie à l'image du fleuve suant à ses pieds, elle s'était retrouvée, par le truchement d'un mariage sur le déclin, d'une couronne coiffée. Elle n'en restait pas moins cette morne enfant poussée dans le pauvre terreau d'un couvent, cette fillette initialement destinée à porter la cornette.

Parmi les lacets du faubourg, elle assistait aux fameux miracles de la Cour : les aveugles voyaient clair, les paralytiques recouvraient l’usage de leurs membres, les boiteux étaient redressés*.
Elle était assaillie par de tristes pensées. Si elle avait dû les exprimer à voix haute, les unes après les autres, elle aurait manqué de mots et toute la soirée puis la nuit ne lui auraient pas suffi. Mais maintenant, ces sombres idées arrivaient par paquets entiers, si bien qu'elle pouvait les passer en revue, en quelques minutes, le temps de parcourir le reste du chemin qui devait la mener à l'adresse obtenue de murmures en chuchotis.

On la disait habile. On la disait surtout bien achalandée, exquisément fournie.
Dans cette ruelle comme un couloir noir et aveugle où le soleil n'entrait jamais, les bicoques à un ou deux étages paraissaient se soutenir les unes les autres, s'appuyant sur leur voisine jusqu'à la malheureuse bâtisse, en bout de file, vacillant sur ses fondements, malhabile.
Sur le seuil de la masure, l'haridelle passa devant deux silhouettes qui faisaient le pied de grue non sans un certain talent et, de l'épaule, poussa le battant. L'escalier branlant jouait une mélodie grinçante, couronnée par le couinement final de la porte du cabinet. Le médecin avait déjà entre les mains une patiente mal en point. On lui dit de patienter.

Elle patienta, adossée au châssis d'une fenêtre, le regard pudiquement détourné.


* Paul Bru, Histoire de Bicêtre.
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