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[RP] Souvenirs de famille...

Agatha.isabella
HRP: Topic "Réservé" aux membres de la Famille d'Agatha, merci

Voici l'idée, plutôt que de faire un topic épistolaire afin d'apprendre à se connaître, je vous propose qu'en duo, l'on écrive des "RP à quatre mains".

Cela dans le but de créer de petits "épisodes", pouvant mener à nous livrer et donc à donner des clefs sur le caractère ou le passé de votre personnage.
Ou encore de se rappeler et créer ensemble, un souvenir d'enfance/du passé...
Permettant pourquoi pas, de rapprocher nos personnages ou de créer quelques discordes... En bref de créer du jeu.

Par la mise en place de ces RP à 4 mains, l'on postera donc un seul post pour tout l'épisode relaté. Cela ne bloquant pas d'autres de pouvoir poster, comme dans un rp conventionnel où il aurait fallu attendre la fin de l'histoire posté au fur et à mesure.

Si vous avez des suggestions à faire n'hésitez pas à utiliser le topic HRP de Communication.
Lysela


[Havre de paix - Appartements d'Agatha]
[ Lysela & Agatha]



[Novembre 1466]

Par chance un début de journée, Agatha avait croisé Lysela alors qu'elle se trouvait toutes deux entre les murs du Havre. Elle lui avait demandé de laisser ses enfants à une domestiques et de venir la rejoindre après le repas de midi en ses appartements.
Elle voulait depuis quelques temps déjà prendre ses mensurations afin de pouvoir lui confectionner une belle vêture! Si sa cousine aimait le noir, elle espérait bien lui faire porter un peu de couleur même si c'était dans des teintes très sombres. L'on ne peut aller contre les goûts et les habitudes de chacun mais on pouvait aider à montrer d'autres choses et à les faire sortir de leur routine!

Lysela avait laissé ses enfants à une domestique et en avait profiter pour filer à sa forge se défouler un peu, pour se créer divers armes. Battant le fer, d'un seul coup elle se souvint qu'elle devait rejoindre sa cousine en ses appartements. Ni une ni deux, elle se mit à courir dans le Havre pour rejoindre le lieu de rendez vous.
Agatha Isabella avait aussi autre chose derrière la tête il fallait le dire et elle espérait sa cousine coopérative!
Elle voulait profiter de ce court moment pour lui soutirer des informations sur quelque chose qui avait piqué sa curiosité un soir et auquel elle avait repensé de temps en temps. A une fête au Havre, Lysela lui avait fait part d'un fait assez drôle! Elles avaient évoqué la chose en début de soirée et le nombre de personnes augmentant, tout comme le nombre d'oreilles fatalement sensibles aux ragots. Elles n'en avaient pas reparlé...
Ce jour Agatha voulait le fin mot de l'affaire.

Lysela arrivée devant la porte, elle frappa et sa cousine Agatha ne se fit pas attendre pour lui ouvrir. Lysela entra et Agatha l'accueillit avec le sourire, l'invitant du bras à entrer plus et à se diriger vers elle et la partie de sa chambre aménagée en petit salon.
Lysela se dirigeant ensuite au centre de la salle elle répondit à sa question.

    "Alors ta progéniture fait la sieste? Ils dorment après un repas non?
    J'ai donné en consigne à la domestique d'essayer qu'ils se reposent un peu, on va dire qu'en se moment, ils sont pas mal fatigués, mais se petit moment de solitude m'a permis de m’échapper à la forge, J'en ai presque oublié notre rendez vous et me voila plus sale que mes enfants. Elle se mit à rire
    Viens par là, procédons ce sera fait, il me faut tes mensurations que je t'habille un peu!"

Petit sourire en coin, Agatha se munit d'une petite cordelette graduée à des endroits de petites taches de peinture. Elle la déroula et lui demanda de lever les bras en croix.
S’exécutant en levant les bras elle attendit les consignes d'Agatha. Essayant de ne pas trop bouger.

    Navrée, par moment j'en oublie toute logique. Et toi comment vas tu ?

Agatha Isabella grimaça aux mots de sa cousine. Franchement, elle était loin de vouloir se rapprocher de Lysela et dans un sourire de gêne en coin, lui répondu bravant la moiteur qui se dégageait de sa cousine. Ses propres fluides et odeurs bon, il n'y a pas le choix mais subir ceux des autres, misère...
    "Je vais écoute... ... Tu l'as fait exprès Lysela?! Tu me tortures pour rigoler? ..." Lyly se mit à rire au propos de sa cousine.
    "Tu es toute moite, on sent la chaleur se dégager de ton corps." Agatha la renifle se rapprochant un peu.
    "Tu sens un savant mélange de bois brûlés et de métal, il ne te manque qu'une barbe!" Petit rire et sourire taquin alors que Lysela se mit a imiter un homme montrant ses muscles.
    Bien sur que je l'ai fais exprès, c'est plus marrant comme cela, quoi que ton allusion au fait de ressembler à un homme pourrait être assez protecteur. Au moins je n'aurais plus de soucis avec les hommes.Ils me fuiront comme la peste.
    Regarde comme je suis forte... Puis Lyly repartie dans un grand éclat de rire.
    "Ma cousine, si tu continues ainsi à marteler et façonner le métal, tu vas te retrouver ici bien plus souvent que prévu! J'ai encore du mal à t’imaginer avec le haut du corps d'un robuste forgeron..." Elle fait mine de réfléchir et essaye de s'empêcher de rire à l'image de Lysela avec des épaules, un cou et des bras d'un homme sur-musclé... et sa petite tête!... mouarf.
    "Il faudra que je trouve un stratagème pour pouvoir moduler le haut du buste..." Faisant mine d'être très sérieuse et tourne lentement en faisant des petits pas. ... "Et le cou!"
    Et au moins je te donnerais du travail tous les mois. Mais promis je reviendrais encore plus sale...euh je veux dire...En fait propre ou sale, il y a une différence pour toi ?La regardant faire, elle se permit de la rassurer un peu.
    Non je te promet la prochaine fois je viendrais propre comme un sou neuf.

Agatha Isabella prend les mesures de la tête au pied, grommelant de temps en temps, elle notait tout cela dans un petit cahier relié, mais fut ravie de voir sa cousine partir dans le ton de l'humour tout comme elle, dans le fond ce n'était pas son état qui allait la rebuter ou autre. C'est donc naturellement qu'elle s'était joint au rire de sa cousine.
Une fois qu'elle eut fini de tout noter, elle ferma son petit cahier et proposa à Lysela de s’asseoir quelques instants sur une banquette.

    "Il y a une différence oui, mais tout dépend du contexte, peu de gens dans le fond prenne le luxe de se laver tous les jours!...
    Je voulais quoi qu'il en soit aussi te montrer quelques tissus que j'ai, que tu me dises ce que tu préférerais et j'aurais tout ce qu'il me faut savoir pour me mettre au travail!
    "

Agatha se dirigea vers un gros coffre qu'elle ouvrit et choisit quelques tissus dans les tons bleus très foncés. Il y avait du satin, du velours, différentes qualité de coton, des tissus unis ou imprimés, elle étala tout devant Lysela sur la petite table qui faisait face à la banquette.
Elle n'oubliait pas ce qu'elle voulait lui demander et décida de ne pas passer par quatre chemins, elle ne savait pas combien de temps elle resterait en sa compagnie alors que sa cousine était avec ses portées...
Tout en trifouillant les tissus pour lui montrer ou lui mettre dans les mains, elle lui lança, ne quittant les tissus du regard et de but en blanc:

    "Alors, dis moi!?!...
    Maintenant que nous sommes seules, il faut absolument que tu me racontes cette histoire d'adoption potentiel, je n'arrête pas d'y penser!...
    Qu'est ce que c'est que cette histoire?...
    "

Lysela s'asseyant sur la banquette, en essayant de pas trop la salir, commença à regarder les tissus. Elle grimaça à la vue du bleu.
    Tes tissus sont forts jolis mais la couleur, ce n'est pas moi du tout. Navrée d'être un peu chiante sur les bords mais aurais tu plutôt du noir ou bien du violet sombre très sombre ?

Elle continuait de regarder les tissus les effleurant du bois des doigts et se figea à la question de sa cousine.
    J'ai cru que tu n'avais pas relever cette phrase lors de la fête de famille ou bien que tu l'aurais oublier.

Lysela serra si fort ses mains que ses phalanges en devinrent blanches.
Arf bon bah Agatha ne lui ferait pas porter du bleu même foncé, elle écouta donc sa plus âgée qu'elle cousine et se leva, allant farfouiller dans ces coffres. Accroupie, dos à elle, Agatha Isabella avait les mains plongées dans les tissus qu'elle essayait de ne pas tous déplier ou sortir et pestait un peu ne trouvant pas ce qu'elle avait en tête, quoi qu'il en soit tout en faisant, elle lui dit :
    "Lysela, bien entendu que je fais attention à ce que tu dis!
    Et puis ce n'était en rien quelque chose... d'anodin...
    Ces trois enfants que tu as... l'on en a jamais vraiment parler, je veux dire tu les as eu hors mariage assurément, tu m'aurais invitée à festoyer sinon...
    Pourquoi leur cherches tu un père qu'est-il advenu de leur géniteur?... Et qui est celui que tu envisages comme futur père là?!...
    En me disant cela tu devais te douter que cela me ferait me poser des questions quand même et que tu ne t'en sortirai pas comme ça sur le ton de l'humour..."

C'était assez direct mais sans méchanceté aucune, juste froidement maladroit. Si Agatha tenait à sa cousine, ses enfants dans le fond elle ne les connaissait pas vraiment, surtout qu'ils étaient encore fort jeunes. Agatha Isabella ne faisait pas vraiment attention à eux et c'était peut-être pourquoi elle lança ainsi ces questions, sans même se retourner pour regarder Lysela, farfouillant simplement dans ses coffres, sans remarquer dans quel état cela mettait Lyly ou la mettrait ensuite.

Lysela regardait Agatha, s'affairer essayant de garder son calme, elle ne voulait pas revenir sur ce sujet. Elle sentait les larmes lui monter, se retenant de pleurer. Elle cherchait une échappatoire, n'importe quoi qui pouvait lui permettre de fuir les réponses que sa sœur attendait.
Son souhait fut entendu. La domestique qui gardait les enfants venait de frapper à la porte. Ses poussins reclapaient leurs mères, et la domestique en était désemparer, ne pouvant les calmer.
S'adressant à Agatha.

    Je suis navrée, mais je crois que la suite de notre conversation devra attendre un autre jour, tout comme la robe.

Elle essaya de paraître forte, au fond elle, elle était détruite mais ne voulait pas le montrer. Elle s'approcha de sa cousine, l'embrassa et sorti de la pièce en courant, pour rejoindre ses enfants. Sur le chemin ses larmes coulaient à ne plus finir. C'est les yeux rouges qu'elle partit les rejoindre, et fuir les questions de sa cousine.

Agatha Isabella entendant la jeune servante réclamer Lysela, elle se releva.
Dans les bras des tissus et elle resta coi de voir ce petit moment tourner court, sa cousine la bise et file comme si du lait était sur le feu.
Non mais c'est quoi ces domestiques qui ne savant pas s'occuper d'enfant, c'est pas comme si c'était fréquent de le leur confier... Franchement! Elle roule des yeux, se retourne devant son coffre ouvert et laisse tout tomber dedans. Bon bah tant pis...

La bouche en une moue de dépit, elle réfléchit, ses yeux se posant un peu partout dans la pièce.
Elle avait remarqué que Lysela avait une drôle d'expression en sortant, l'avait-elle froissée ou était-ce l'instinct maternelle en action?... Pour le coup toute cette histoire elle n'en aurait pas une information de plus. Que cela cachait-il? Pourquoi ne parlait-elle pas librement et spontanément? Elle aurait pu lui dire quelque chose, un détail, un nom quelque chose quand même...

Agatha finit par aller se prélasser sur la banquette devant les fenêtres de sa chambre. Sur la table, une grappe de raisin, elle en arrache quelques grains et les mange soucieuse, l'esprit divagant...


[FIN]


HRP: RP écrit à 4 mains par JD Lysela et JD Agatha.

_________________
Isabella...


[Le Havre de paix - Rencontre du deuxième type - I]
[Nattacha & Isabella]



[Une nuit de Février 1460]

Les yeux grands ouverts dans son lit, les jambes s'agitant de temps à autre, les cils battant périodiquement comptants les heures d'insomnie de Nattacha. Elle n'en pouvait plus ce jour là. Après plusieurs nuits de sommeil perturbé, la brune avait besoin de tout sauf d'une nuit blanche. "Foutue insomnie!!" Dit-elle en se levant brutalement de ses couches. Elle chercha dans la pénombre de quoi vêtir ses pieds et se couvrir les épaules puis alluma une bougie qu'elle prit avec elle hors de sa chambre.

Nat avait horreur de quitter sa chambre avant qu'il ne fasse clair. Mais elle avait trop faim pour pourvoir résister à un creux cuisant dans une insomnie frigorifiante. Dans les ombres qui se formaient autour de la bougie la brune se fraiyait un chemin.

Il est tard, très tard. Agatha Isabella, elle, ouvre les yeux allongées dans son lit.
Le réveil se fait difficile, elle se frotte les yeux, s'étire avant de s'asseoir au bord de son lit.
Sa chambre dans la pénombre de deux chandelles qui finissent de se consumer plus loin crée une atmosphère étrange. Il n'y a pas un bruit. Le gros de la maisonnée dort très probablement et alors qu'elle se lève et se dirige un instant vers une fenêtre, elle observe un peu la lune et les étoiles hauts dans le ciel.
Sans bruit, elle se défait de sa tenue de nuit et enfile une tenue qu'elle ne porte que peu et qui est toujours bien rangé dans un des coffres de sa chambre. Elle brosse ses cheveux en arrière et les noue d'un petit ruban en une queue de cheval basse.

Elle se chausse d'une paire de botte basse et commence à se faire un petit baluchon. Quelques vêtures, pour quelques jours de vadrouille, de fugue...
Rien ne l'aurait mise en colère, rien en somme ne justifierait cette escapade à la sortie se voulant discrète.
Une petit bourse accrochée et cachée sous ses vêtements, son baluchon sur l'épaule, elle appuie doucement sur la poignée de sa porte, l’entrouvre avec délicatesse, remerciant le ciel que ses rouages ne grincent pas. Un coup d'oeil rapide dans le couloir, personne. elle sort et referme la porte derrière elle.
Marchant sur la pointe des pieds, s'arrêtant le coeur un peu palpitant s'arrête net dès qu'elle entend un bruit ou se dissimule recroquevillée derrière le mobilier présent le long des murs. Agatha Isabella doit s'arrêter en les cuisines afin de prendre quelques petites choses et enfin aux écuries afin de chevaucher sa monture par delà monts et vaux.

Le trajet de ses appartements aux cuisines se fait sans soucis et elle pénètre dans les lieux, posant son sac dans un coin. Elle commence à regarder ce qu'il y a sur les étagères, ce qui est emballé dans des torchons ou conserver dans des pots de terre cuite.
Agatha Isabella fait son petit marché quand soudain, la porte s'ouvre.

Nattacha ouvra grand les yeux. Sa soeur était déjà habillée prête à partir à cette heure-ci.
"Agatha?!"
Et mince!... Isabella surprise, enfonce sa tête dans ses épaules, grimaçant brièvement à l'idée de s'être faite "attrapée" et de devoir s'expliquer. Elle repose ce qu'elle a dans les mains et fait face à Nattacha.
Nattacha entre d'abord pour poser sa petite bougie dont la flamme fut tout autant perturbée par la découverte inattendue.

    "As-tu eût un creux comme moi à cette heure?? Mais pourquoi viens-tu habillée à la cuisine si tard?"

Isabella se reprend tout en se disant qu'elle doit à ce moment précis faire illusion, en soi Agatha est bien dans une sorte de sommeil vu que c'est elle maintenant qui gouverne ce corps. Elle lui répond tentant de parler comme son alter égo:
    "𝕺𝖚𝖎! 𝖈'𝖊𝖘𝖙 𝖈𝖊𝖑𝖆, 𝖏'𝖆𝖎 𝖋𝖆𝖎𝖒 𝖊𝖙 𝖏𝖊 𝖓𝖊 𝖛𝖔𝖚𝖑𝖆𝖎𝖘 𝖙𝖗𝖆𝖎𝖓𝖊𝖗 𝖊𝖓 𝖙𝖊𝖓𝖚𝖊 𝖉𝖊 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖉𝖆𝖓𝖘 𝖑𝖆 𝖒𝖆𝖎𝖘𝖔𝖓, 𝖎𝖑 𝖋𝖆𝖎𝖙 𝖋𝖗𝖔𝖎𝖉 𝖕𝖆𝖗𝖋𝖔𝖎𝖘..."

Natt la scrutait de haut en bas quand la lumière inconstante permit à ses yeux de repérer le baluchon.
    "Agatha?! Nous venons de discuter à table il y a quelques heures à peine et tu as oublié de me dire ou même tu m'as caché un départ vers je ne sais où?!"
Nattacha fronça légèrement ses sourcils oubliant presque sa petite faim nocturne et ne cherchant qu'à avoir des explications.
Et mince... Voilà que ce départ qu'Isabella voulait discret ne le sera finalement pas. Elle serre les dents, inspire un grand coup et tentant toujours d'agir comme Agatha le ferait finit par répondre un sourire instable sur le visage.

    "𝕵𝖊... 𝕳𝖚𝖒... 𝕵'𝖆𝖎 𝖉𝖊́𝖈𝖎𝖉𝖊́ 𝖉𝖊 𝖕𝖆𝖗𝖙𝖎𝖗 𝖆̀ 𝖑𝖆 𝖈𝖍𝖆𝖘𝖘𝖊 𝖖𝖚𝖊𝖑𝖖𝖚𝖊𝖘 𝖏𝖔𝖚𝖗𝖘 𝖛𝖔𝖎𝖘-𝖙𝖚?!..."
    "A la chasse?!!"

Nattacha ouvrit grand les yeux. Puis d'un coup les plissa. La laissant finir son discours elle croisa ses bras l'air dubitatif.
    "𝕵𝖊 𝖓'𝖆𝖗𝖗𝖎𝖛𝖆𝖎𝖘 𝖕𝖆𝖘 𝖆̀ 𝖉𝖔𝖗𝖒𝖎𝖗 𝖆𝖑𝖔𝖗𝖘 𝖏𝖊 𝖒𝖊 𝖘𝖚𝖎𝖘 𝖉𝖎𝖙 𝖖𝖚𝖊 𝖏𝖊 𝖕𝖆𝖗𝖙𝖎𝖗𝖆𝖎 𝖒𝖆𝖎𝖓𝖙𝖊𝖓𝖆𝖓𝖙."

L'explication allait-elle passée? Nattacha la laisserait-elle partir tranquillement?
Surement pas! Méfiante de nature, l'aînée ne laissait rien passer dès qu'elle avait l'ombre d'un doute elle se lançait dans des suppositions et des enquêtes farfelues. Et pour le coup elle avait bien des idées qui surgissaient pour expliquer un tel comportement bizarre et suspicieux.
Que cela était rageant et Isabella moins aimable qu'Agatha prenait sur elle pour ne pas juste prendre ce dont elle avait besoin et partir.
C'était la première fois où elle se manifestait et avait affaire aux membres de la famille d'Agatha. Elle ne les considérait pas ainsi, sa seule famille était Agatha, à la fois soeur, amie, meilleure ennemie. Isabella finit par se dire que de toute façon personne ne connaissait la dualité qui incarnait ce corps et qu'aux yeux de la famille Vissac, Agatha restait Agatha à n'en pas douter. Il fallait juste arriver à ne pas soulever trop de doute qui leur ferait se poser des questions sur son attitude. Et si ce doute était soulevé, Isabella n'échappera pas au détecteur de mensonge de Nattacha et Agatha ne saura se débarrasser de ses questions.

De son regard sombre, ne laissant rien paraître, elle avait d'ailleurs observé les réactions de Nattacha et se dit que plus vite elle mangerait et plus vite peut-être repartirait-elle au lit la laissant vaquer à ses occupations et envies. L'obscurité d'un tel regard ne passait pas inaperçu. Agatha n'était pas dans son état normal et c'est pas sa grande soeur qui allait laisser échapper un tel détail.

    "𝕾𝖎 𝖓𝖔𝖚𝖘 𝖘𝖔𝖒𝖒𝖊𝖘 𝖑𝖆̀, 𝖆𝖚𝖙𝖆𝖓𝖙 𝖒𝖆𝖓𝖌𝖊𝖗 𝖊𝖓𝖘𝖊𝖒𝖇𝖑𝖊 𝖍𝖊𝖎𝖓?..."
    "Oui oui,bien sur pourquoi pas." Répondit Nattacha qui frissonna un coup à cause d'une brise passagère. Elle fixait le baluchon au fur et à mesure qu'elle se déplaçait dans la cuisine.
    "𝕼𝖚'𝖊𝖘𝖙 𝖈𝖊 𝖖𝖚𝖊 𝖙𝖚 𝖛𝖊𝖚𝖝? 𝕯𝖚 𝖋𝖗𝖔𝖒𝖆𝖌𝖊? 𝖀𝖓 𝖋𝖗𝖚𝖎𝖙? 𝕬𝖚𝖙𝖗𝖊 𝖈𝖍𝖔𝖘𝖊?..." La voix était plus aiguë sur la fin, oui Isabella parlait en général avec un ton plus grave et ce détail se révélant en sa tête, elle rectifia le tir.

    "Je veux bien un fruit et surtout une explication Agatha. Ton comportement n'est pas adéquat et tu le sais très bien!
    Depuis quand tu pars à la chasse toute seule?
    Depuis quand tu sors de la maison sans prévenir?
    Encore pire depuis quand t'as commencé à me mentir?!"

Les yeux au regard grave, les sourcils froncés, le discours bref et sérieux, la Brune lui prit le baluchon de la main le posa plus loin et l'invita à s'asseoir. Ce que fit Isabella s'asseyant en face d'elle, toujours stupéfaite et passablement agacée de s'être fait arracher son sac d'une telle manière.
    "Nous mangerons après. Les explications d'abord."

Elle se doutait que sa soeur était somnambule et voulait discuter avec elle pour examiner la cohérence de ses réactions. Déjà qu'elle parlait dans son sommeil plus jeune, chose que Nattacha avait omit de lui dire. S'étant occupée d'elle pendant une grande partie de son enfance elle l'a vue passer par plusieurs bizarreries nocturne.
Mais elle gardera toujours en tête ses histoires racontées dans un sommeil profond....Oh oui, elle ne risque pas d'oublier un tel épisode perturbant. Serait-ce une nouvelle manifestation de son comportement nocturne incompréhensible?

Misère... Nattacha ne laisserait pas la jeune fille vagabonder aussi facilement... Isabella pestait et grommelait dans sa tête. Elle se dit que la prochaine fois, elle préparerait tout les jours précédents afin de ne pas avoir à s'arrêter ça et là! Elle serait déjà dehors et loin si elle avait procédé ainsi, elle apprit donc de cette présente erreur, merci "grande soeur"!...
Elle croque dans une pomme après en avoir donné une également à sa soeur et mâcha quelques instants avant de dire calmement et d'une voix Agathesque.

    "𝕰́𝖈𝖔𝖚𝖙𝖊, 𝖆𝖛𝖊𝖈 𝕭𝖆𝖘𝖙𝖎𝖊𝖓, 𝖙𝖚 𝖘𝖆𝖎𝖘 𝖑𝖊 𝖏𝖊𝖚𝖓𝖊 𝖉𝖚 𝖍𝖆𝖒𝖊𝖆𝖚 𝖆̀ 𝖈𝖔̂𝖙𝖊́ 𝖑𝖆̀, 𝖔𝖓 𝖏𝖔𝖚𝖊 𝖘𝖔𝖚𝖛𝖊𝖓𝖙 𝖊𝖓𝖘𝖊𝖒𝖇𝖑𝖊, 𝖇𝖆𝖍 𝖑𝖔𝖗𝖘 𝖉'𝖚𝖓𝖊 𝖕𝖗𝖔𝖒𝖊𝖓𝖆𝖉𝖊, 𝖔𝖓 𝖆 𝖙𝖗𝖔𝖚𝖛𝖊́ 𝖚𝖓 𝖈𝖔𝖎𝖓 𝖆𝖛𝖊𝖈 𝖕𝖑𝖊𝖎𝖓𝖘 𝖉𝖊 𝖙𝖊𝖗𝖗𝖎𝖊𝖗 𝖉𝖊 𝖑𝖎𝖊̀𝖛𝖗𝖊𝖘! 𝕿𝖚 𝖙𝖊 𝖗𝖊𝖓𝖉𝖘 𝖈𝖔𝖒𝖕𝖙𝖊? 𝕻𝖑𝖊𝖎𝖓!..."

Yeux grands ouverts et sourcils hauts, d'un ton enthousiaste Isabella feint de manière assez habile son autre soi. Nattacha manqua de s'étouffer en avalant sa première bouchée. C'était donc une histoire de garçon qui la gardait éveillée mais en plus prête à aller vagabonder en plein nuit dans des champs inconnus... Quel comportement loin d'être celui d'une Vissac, l'aînée n'en croyait pas ses yeux. Elle commençait presque à faire un épisode d'angoisse à se dire qu'elle a faillit à son rôle de soeur. Pourtant elle ne lui avait jamas donné une telle image. Où a-t-elle pu acquérir un tel comportement ignoble? Sortir le soir avec un garçon que la famille ne connait même pas!
Elle fronça ses sourcils en l'entendant reprendre la parole.

    "𝕺𝖓 𝖆 𝖉𝖊́𝖈𝖎𝖉𝖊́ 𝖉'𝖊𝖓 𝖆𝖙𝖙𝖗𝖆𝖕𝖊𝖗 𝖖𝖚𝖊𝖑𝖖𝖚𝖊𝖘 𝖚𝖓𝖘! 𝕿𝖚 𝖘𝖆𝖎𝖘 𝖖𝖚𝖊 𝖘𝖆 𝖋𝖆𝖒𝖎𝖑𝖑𝖊 𝖊𝖘𝖙 𝖙𝖗𝖊̀𝖘 𝖕𝖆𝖚𝖛𝖗𝖊 𝖈'𝖊𝖘𝖙 𝖕𝖆𝖘 𝖈𝖔𝖒𝖒𝖊 𝖓𝖔𝖚𝖘...
    𝕬𝖑𝖔𝖗𝖘... 𝕭𝖆𝖍 𝖔𝖓 𝖛𝖔𝖚𝖑𝖆𝖎𝖙 𝖋𝖆𝖎𝖗𝖊 𝖑𝖆 𝖘𝖚𝖗𝖕𝖗𝖎𝖘𝖊 𝖆̀ 𝖘𝖊𝖘 𝖕𝖆𝖗𝖊𝖓𝖙𝖘; 𝕰𝖙 𝖒𝖔𝖎 𝖏𝖊 𝖛𝖔𝖚𝖑𝖆𝖎𝖘 𝖊𝖓 𝖗𝖆𝖒𝖊𝖓𝖊𝖗 𝖕𝖔𝖚𝖗 𝖖𝖚𝖊 𝖛𝖔𝖚𝖘 𝖘𝖔𝖞𝖊𝖟 𝖋𝖎𝖊̀𝖗𝖊 𝖉𝖊 𝖒𝖔𝖎... ... "

    "Fière de toi?!! Tu te rends compte ou pas AGATHA!!"

Isabella avait sorti tout cette histoire d'un ton convaincu, sans hésiter ou chercher ses mots et à sa dernière phrase elle feint une forme de tristesse.
Nattacha tapa de toutes ses forces son poing sur la table en se levant d'une rage effrayante! Et d'un coup, Isabella, après avoir sursauté surprise de ce geste, se relève avant d'avancer son buste au dessus de la table se rapprochant donc de Nattacha. Les sourcils froncés la colère est maintenant présente sur son visage. Le ton plus haut qu'auparavant elle lui lance:

    "𝕿𝖚 𝖆𝖘 𝖙𝖔𝖚𝖙 𝖌𝖆̂𝖈𝖍𝖊́!!!"

Sans se démonter Isabella, son caractère et sa douzaine d'années, attrape vivement son baluchon et quitte la cuisine direction l'extérieur et les écuries. Elle se sera même mise à courir une fois dehors, espérant que Nattacha en reste là.
*Vite mon cheval... Vite mon cheval...*

Nattacha n'en croyait pas ses yeux. Tout est allé si vite qu'elle bouillait et ne pu se retenir de courir après elle. Même pas vêtue d'habits corrects, sa veste en laine ouverte, ses longs cheveux emmêlés derrière son dos elle se précipitait derrière sa petite soeur.
Avant même qu'elle ne pu retrouver son cheval, L'aînée la prit par le bras en serrant. L'étreinte restrictive ressenti par Isabella fut loin d'être agréable et la stoppa net dans son élan manquant de tomber.

    "Depuis quand tu t'adresse comme ça à moi Agatha?!"

Isabella relève la tête, dans ses yeux pourraient brûler d'énormes brasiers, elle se défait de l’étreinte en basculant son corps vivement sur un côté et libre finit par apposer son autre main au niveau du point de contact douloureux. Faisant face à Nattacha, elle relève doucement la tête, la regardant dans les yeux elle lui répondit d'un calme et aplomb froid:
    "𝕯𝖊𝖕𝖚𝖎𝖘 𝖖𝖚𝖆𝖓𝖉? ... 𝕯𝖊𝖕𝖚𝖎𝖘 𝖖𝖚𝖊 𝖏𝖊 𝖒𝖊 𝖘𝖚𝖎𝖘 𝖘𝖔𝖚𝖛𝖊𝖓𝖚 𝖖𝖚𝖊 𝖙𝖚 𝖓'𝖊𝖘 𝖕𝖆𝖘 𝖒𝖆 𝖒𝖊̀𝖗𝖊 ...
    𝕸𝖆𝖎𝖘 𝖙'𝖆𝖘 𝖌𝖆𝖌𝖓𝖊́! 𝕵𝖊 𝖗𝖊𝖓𝖙𝖗𝖊 𝖉𝖆𝖓𝖘 𝖒𝖆 𝖈𝖍𝖆𝖓𝖇𝖗𝖊 𝖊𝖙 𝖏𝖊 𝖘𝖆𝖎𝖘 𝖖𝖚𝖊 𝖏'𝖞 𝖘𝖊𝖗𝖆𝖎 𝖕𝖚𝖓𝖎.
    𝕹𝖊 '𝖙𝖎𝖓𝖖𝖚𝖎𝖊̀𝖙𝖊 𝖕𝖆𝖘 𝖙𝖚 𝖓𝖊 𝖒𝖊 𝖛𝖊𝖗𝖗𝖆𝖘 𝖕𝖑𝖚𝖘 𝖊𝖙 𝖙𝖚 𝖓𝖊 𝖒'𝖊𝖓𝖙𝖊𝖓𝖉𝖗𝖆𝖘 𝖕𝖑𝖚𝖘 𝖓𝖔𝖓 𝖕𝖑𝖚𝖘!"

En effet cette nuit là, Isabella apprit donc qu'elle devrait toujours mieux préparer ses plans quels qu'ils soient et qu'elle éviterait toujours la soeur aînée de la fratrie Ogval, quitte à redonner "les commandes" à Agatha si elle se retrouvait encore en face d'elle. Isabella ne voulait plus jamais avoir à faire avec elle...
La toute jeune fille se décala et commença à marcher en direction de la bâtisse principale afin de regagner ses appartements, elle s'arrêta sans se retourner afin de signifier qu'elle savait qu'elle s'y ferait escorter par Nattacha.

Son regard... Son discourt... Ses grimaces... Nattacha ne reconnaissait pas sa soeur. Pire elle savait qu'elle n'avait pas affaire à Agatha dans son état normal mais une sorte de folie cachée en elle. Serait-ce l'expression d'une adolescence brutale qui débute? Un amour envers ce Bastien qui la rend si folle et surtout si insolente?
Nattacha eut toutes les sortes de questions en tête en regardant cette scène. Une scène qui ressemblait fortement à celle d'une Agatha de cinq ans qui les yeux fermés, le corps endormit mais la langue sans censure criait et racontait des insolences déjà...
"... 𝕵'𝖊𝖓 𝖆𝖎 𝖗𝖎𝖊𝖓 𝖆̀ 𝖋𝖆𝖎𝖗𝖊 𝖉'𝖊𝖚𝖝... 𝕴𝖑𝖘 𝖛𝖊𝖗𝖗𝖔𝖓𝖙 𝖇𝖎𝖊𝖓 𝖚𝖓 𝖏𝖔𝖚𝖗! ... 𝕵𝖊 𝖘𝖊𝖗𝖆𝖎𝖘 𝖏𝖆𝖒𝖆𝖎𝖘 𝖈𝖔𝖒𝖒𝖊 𝖊𝖑𝖑𝖊 ... 𝕵𝖊 𝖓𝖊 𝖘𝖚𝖎𝖘 𝖕𝖆𝖘 𝖊𝖑𝖑𝖊 ..." avait elle crié une fois déjà à sa soeur. Chose qui était gravée à vie chez l'aînée qui sentait sa respiration s’alourdir d'un coup en regardant Agatha s'éloigner.

A partir de ce moment, Isabella ne décrocha plus un seul mot ou son. Nattacha la suivait de loin jusqu'à la voir entrer dans sa chambre puis elle revint à la cuisine où elle s'écroula sur un tabouret. Les doigts enfouis dans ses cheveux, les tête posée sur la paume de ses mains, elle n'en revenait pas... Il y avait-il un lien entre ce jour-ci et toutes les choses qui clochaient la nuit chez Agatha?...
Nattacha essayait de toutes ses forces de comprendre cette démence tout en doutant si ce n'était pas elle qui perdait la raison.


[FIN]


HRP: RP écrit par JD Nattacha et JD Agatha.
Loanna


[ D'une fête de famille et deux tornades...]
[Loanna & Agatha]



[Printemps 1455]

Le printemps était déjà bien installé alors qu'une grande fête de famille finissait de se préparer pour le soir. Peu à peu les jours précédents, les membres qui ne résidaient pas au Have de Paix ou non loin avaient fait leurs arrivées et s'étaient installées, ce qui faisait un grand nombre d'adultes mais aussi d'enfants. Et qui dit beaucoup d'enfants. Dit aussi beaucoup de bêtises à l'horizon. D'ailleurs, la famille n'avait pas manquer de faire les rappels d'usages: être poli, sage, ne pas aller dans la cuisine, ne pas salir les vêtements....

Nous étions en milieu d'après midi, quand les nourrices et les enfants de Vissac en charge étaient tous à jouer et profiter du grand air dans les jardins du domaine. Cela braillait en tout sens et l'on peut dire que ces pauvres âmes au moins aux nerfs d'acier, avaient de quoi faire et les yeux partout.
Agatha était excitée comme un puce et c'est accompagnée de sa cousine, de trois années plus grande, qu'elle fomentait un plan afin de dérober quelques douceurs en cuisine.
Ce ne serait pas facile... Les cuisines et la demeure "interdites' aux marmots durant les préparatifs...
Et ces fumets tant sucrés que salés qui s'échappaient des cuisines non loin et embaumaient au gré des vents les jardins, avaient ouverts l'appétit des deux jeunes filles.
Un peu à l'écart assises dans l'herbe entourées de pâquerettes, elle parlait à voix basse alors qu'une nourrice gardait l'oeil sur elle.

    "J'ai trop enviiiiie de manger un gateauu! Faut qu'on arrive à se débarrasser de cette chouette de gardienne pour se faufiler en cuisine!... Et si on lançait un cache-cache?"

Agatha Isabella les yeux pétillants regardait sa grande cousine. Elle saurait si c'était une bonne idée ou s'il fallait trouver autre chose plutôt...
Loanna s'était retournée vers sa cousine, une lueur brillait dans son regard. Cette lueur qui lui confirmait qu'elle était partante... Cette lueur qui voulait également dire qu'elle était envieuse de ne pas avoir eu l'idée la première. Elle s'était levée en lançant d'une voix enjouée:

    " Allez allons-y!"

Sans crier gare, sinon cela aurait été trop facile, la brune s'était mis à courir en prenant la main d'Agatha. Les deux enfants s'amusèrent au dépend des nourrices et autres membres du personnel de la famille. La demeure et les meilleurs endroits où se cacher n'ayant plus de secrets pour elles depuis toujours. Mais Agatha surprise par l'attrapage de main et le presque traînage de sa personne par sa grande cousine, avala de travers ce qui la faisait parfois tousser entre deux rires.

Malgré les gloussements amusés, elles continuèrent d'échapper aux "grandes personnes". Les gâteaux et l'accès à la "cuisine interdite" demeuraient leur objectif premier.
Elles avaient trouvé une planque où elles rentraient à deux sans se faire voir, derrière un massif haut, il fallait qu'elles planifient l'approche et ce qui allait se passer ensuite. Elles s'accroupirent.

    "Agatha... Il faut trouver une façon d'entrer à la cuisine... Et aller jusqu'à la table où sont aligner les pâtisseries."

Georgette surveillait la cuisine et les trésors qui s'y trouvait comme personne. Elle était leur plus redoutable adversaire. Celle qui pourrait faire rater l'opération.
Mais c'est ce qu'avait cru Loanna et qui était bien loin de la vérité, il s'avéra que moult obstacles se mirent sur leur route!...

Agatha Isabella aux mots de sa cousine hocha la tête regarda en direction des cuisines avant qu'une énorme quinte de toux ne la prenne! Elle sentait sa salive remonter dans le mauvais conduit où cela c'était logé plus tôt et elle ne put s'empêcher de tousser encore et encore!
Loanna avait regardé sa cousine vivement et murmura:
"Agatha.... Chut!!"

Tant et si bien que très vite elles entendirent de légers bruits de pas s’arrêter à leur niveau, qui ou quoi que ce soit c'était devant elles et ce simple massif printanier aux jeunes pousses abondantes et d'un jeune vert éclatant était le seul rempart entre elles et surement la nourrice surement fortement énervée ou qui sait?!!...
D'un coup vif, dans un bruissement végétal! Le massif fut écarté en son milieu et devant elles, les mains sur les hanches, la cuisinière les regardaient avec le regard sévère. Vite.. elles devaient trouver une excuse. Sourire aux lèvres, Loanna se redressa et d'une fois enjouée:

    "Georgette! Vous... euh.. nous cherchions Grisou.. Mon chat. Il n'est pas ici par hasard?"

Georgette n'était pas née de la dernière pluie , les deux cousines savaient qu'on ne pouvait pas la manipuler si facilement. Elle essaya de cacher sa nervosité à sa cousine. Elles devaient jouer au charme pour pouvoir amadouer la cuisinière et aller récupérer un morceau du délicieux désert sucré.
Agatha elle toussait encore parfois de manière saccadée sans parler du fait qu'elle avait sursauté à leur découverte. Mais ce ne fut pas la nounou, bien qu'icelle arriva peu de temps après et se positionna à côté de Georgette, s'excusant comme craintive de la femme, d'avoir perdu de vue ces deux là. Par contre, il fallait avouer qu'elle fut impressionnée de la vivacité d'esprit de Loanna qui avait trouvé franchement une excuse plus que plausible.
Elles n’eurent d'autre choix que de sortir de leur cachette et de suivre leur gardienne qui les fit revenir au point de départ, sur les grandes pelouses entourées des jeunes générations Vissac. Pfff c'est trop nuuul se disait Agatha, dépitée de voir cette tentative échouer, il faudrait trouver un autre moyen pour se soustraire à la vigilance des adultes. Elle regardait sa cousine, qu'allaient-elles faire maintenant?
Le cache cache ne s'était pas révélé fructueux, peut-être faudrait-il créer de l'agitation avec tous les autres cousins et cousines, frères et soeurs afin de créer une pagaille monstre et leur permettre de filer, mais là encore comment s'infiltreraient-elles dans les cuisines...
Déposant de nouveau son regard sur sa cousine, la bouche en une moue en coin, elle espéra qu'elle soit inspirée là encore pour trouver quelque chose...
Loanna n'acceptant point de s'être faite chasser manu militari de la planque, tape du pied, réfléchissant. Comment entrer dans la cuisine, avec Agatha, sans que les autres enfants ne soient sur leurs talons...
Et que leur gardienne ne les colle pas...
Et que Georgette en soit loin.
Très loin.....

    "J'ai une idée!"
    Elle s'approcha de l'oreille de sa cousine: "On doit faire sortir la cuisinière de sa cuisine."

Bon oui cela n'était pas une idée. C'était l'évidence même! Le but de leur opération... Mais, la jeune fille croyait encore que le dire cela les aideraient à réussir. Simplement par la pensée magique, tout ses souhaits se réaliseraient.
    "Tu crois que si j'envoie réellement Grisou mettre la pagaille dans la cuisine? "

Agatha réfléchissait et écoutait sa cousine et quand elle évoqua le chat, elle fit un moue et dit non de la tête, le chat aurait vite fait d'en sortir à coup de balai c'est sur...
Pensive elle regarda tout autour d'elle et son regard se porta sur la limite des jardins tout à l'ouest du domaine Vissac, là où les jardins étaient contenus par un ruisseau servant de barrière naturelle à la propriété. Petit rictus en coin, elle se releva et fit un signe de la main pour que sa cousine en fasse de même.
D'une voix angélique, elle dit à leur gardienne:

    "On voudrait aller voir l'eau là bas!... Pour voir des libellules! On va voir des libellules! ... D'accord?! Allez!!!"

A son tour de prendre la main de sa cousine et de l’entraîner, emboîtant le pas sans même écouter ce que leur nounou pouvait bien dire, en avant le bord de l'eau... Elles se retournent de temps en temps et sont bien entendu suivies, on ne les laisserait jouer près du cours d'eau sans surveillance...
En chemin, Agatha glisse à Loanna, en parlant tout doucement afin que leur "geôlière" n'entende rien.

    "Faut qu'on trouve le moyen de se débarrasser d'elle... Je crois qu'elle a peur des grenouilles et les autres aussi suis sure!..."

Et les voilà enfin arrivées à destination. Bon... Des grenouilles, faut trouver des grenouilles et effrayer l'autre là et pis en ramener et mettre le chantier avec leurs cousins, cousines, soeurs etc... La jeune Agatha Isabella attrape le bas de sa robe et la remonte vers sa ceinture voilà où elle emprisonnerait les petites bêtes de façon momentanée. Tout devrait rapidement s’enchaîner afin que cela fonctionne. Même si dans le fond tout n'était pas encore planifié.
Là une grenouille! Agatha se jette dans l'herbe, adieu tenue devenant souillée de terre et de traces vertes végétales. Elle glousse elle la tient alors que ses deux mains sont sur la petite bestiole, elle en voit une autre et se jette de nouveau et arrive à mettre la main dessus. Elle glousse encore et du regard intime Loanna d'en attraper elle aussi le plus possible, alors qu'elle en a une dans chaque mains et que celles-ci commencent à croasser mécontentes. La gardienne elle commence à exprimer son mécontentement elle aussi et se rapproche d'Agatha afin de l'aider à la relever. Une fois de nouveau sur ses jambes, les grenouilles bien en main, elle la lui montre avant de voir la nounou reculez en poussant un cri aigu! Eheheh... C'est bien ça... Elle en a peur... hihihi.
Alors Agatha plus vicieuse que jamais à cet instant précis, continue d'avancer vers elle et la gouvernante de reculer encore et encore et de plus en plus dangereusement du bord du ruisseau. Les pentes en sont glissantes et boueuses et le flux de l'eau assez vif...

Alors que la "gardienne" essaya d'attraper Agatha, cette dernière glissa et termina sa chute dans l'eau! Elle s'était accrochée à quelques plantes afin de na pas se faire embarquer par le courant et poussait maintenant des cris de détresse qui rameutèrent tout le monde vers elles, petits et grands. Loanna ne peut se retenir de s'esclaffer et les pauvres grenouilles ne savaient pas où donner la tête et Agatha les lança vers les petits, ce qui créa encore plus de troubles auprès des autres enfants qui se mettaient à crier et courir en tout sens.

    "Viens Agatha.."

Elle prit la main de sa cousine et laissa les adultes et les enfants qui étaient dans le jardins venir en aide à la pauvre nounou. Loanna détestant se faire dire non, n'avait pas apprécié de n'avoir pu entrer dans la cuisine. Elles devaient réussir , elle ne survivrait pas à se faire dire non une deuxième fois. La cohue causée par les grenouilles et la nounou tombée dans la boue, occupaient les adultes. Elles coururent aussi vite qu'elles le pouvaient, ne passant pas par les grandes étendues ouvertes de pelouse mais se cachaient derrière les arbres, passaient derrière les buissons afin d'être le moins vu possible. Et alors arrivées aux cuisines, passèrent la tête dans l’entrebâillement de la porte laissée ouvertes par Georgette et ses petites mains alors qu'ils étaient tous partis en direction du petit ruisseau, des cris et du chantier créé initialement par les deux jeunes filles.
    "C'est notre chance!"

Objectif: la table avec les biscuits. Loanna voulait goûter à tout, prendre toutes les sucreries qu'elle pouvait prendre. Un biscuit dans la bouche, un autre caché dans sa robe. Elle regardait si sa cousine faisait comme elle et c'était le cas. Agatha la bouche pleine, gloussait de temps en temps et fourrait des gâteaux dans le pan de sa robe toujours remontée.
    "On doit faire vite Agatha... Je crois qu'ils vont revenir vite dans la cuisine. Ils doivent l'avoir aidée maintenant la nounou." Et pourtant...
    "Oui! Oui, ils vont nous chercher je crois qu'on va avoir des problèmes..."

Avait fini par dire Agatha la bouche déformée dans maintenant une expression de crainte, crainte bien vite oubliée quand elle avala ce qu'elle avait en bouche avec un "Huuuummm...". Son attention fut portée un peu plus en hauteur, en effet sur une étagère était rangé et aligné des bouteilles de jus et Agatha raffolait du jus de raisin. Elle en vit une et voulut en boire. Ni une, ni deux, elle tira une chaise, monta dessus puis sur la table qui se trouvait juste en dessous avec quelques préparation en cours disposé un peu partout dessus. Agatha fit attention où elle mit ses pieds et sur la pointe des pieds attrapa une bouteille avant de se retourner vers sa cousine lui montrant fièrement! Mais lors de ce volte-face, un de ses pieds vint marcher sur le bord d'un plateau et ce fut le drame...
La jeune Agatha Isabella perdit l'équilibre et se raccrocha où elle put, et le bout de ses petits doigts s'accrochèrent au bord de l'étagère qui malheureusement céda.
Dans un vacarme assourdissant couplé aux cris des jeunes filles, les bouteilles tombèrent et s'éclatèrent un peu partout sur la table alors qu'Agatha elle, était lourdement tombée de la table. Assise par terre, les lèvres tremblantes et annonciatrices de pleurs, elle se tenait le bras sur lequel elle avait tenté d'amortir sa chute, heureusement, elle n'avait aucun éclat de verre sur elle.

Tout cela ne passant pas inaperçu, elles entendirent des bruits, du monde, ils revenaient et allaient découvrir tout cela!! Misère, elles allaient passer un sale quart d'heure si elles se faisaient attraper ici, Agatha regardait maintenant sa grande cousine Loanna, perdue et meurtrie.
En quelques minutes, Agatha avait ruiné des heures de travail pour la fête qui se déroulerait un peu plus tard...

Le cœur battant à un rythme effréné, Loanna prit, même si tirer était un terme plus adéquat, le bras de sa cousine:

    "On doit vite partir d'ici...
    Tu... Tu crois que on pourrait mettre cela sur le dos du chat? Du chien?.. On va avoir des soucis si on est vu ici...

    Non! Faut pas parler des cuisines, faut nier en bloc!... On se confessera ce dimanche! On parle le moins possible!"

Et oui, pour le moment, elles n'avaient pas été repérées, personne ne pouvait les accuser de quoi que ce soit!
Loanna cherchait comment faire pour rejoindre la cohue qu'elles avaient crée un peu plus tôt, perdant au passage des miettes des trésors pour lesquelles elles s'étaient bien battue. Au final, elle reprirent le chemin inverse, toujours a moitié recroquevillées, se cachant derrière le moindre élément végétal ou de décor et alors qu'elles arrivaient où elles avaient laissé tout le monde plus tôt, elle remarquèrent que tous semblait rassembler encore près du ruisseau qui bordait les jardins en cet endroit, mais à une quinzaine de mètres plus bas...

Les deux jeunes filles cavalaient mais avant qu'elles ne rejoignent enfin le groupe afin de s'y glisser discrètement, Agatha stoppa net et par la même ce qui stoppa net dans leur élan sa cousine. Se tenant toujours Agatha se rapprocha de Loanna collant sa bouche vers son oreille et chuchotant:

    "Attends! L'on va forcément se faire gronder pour la nounou, on peut pas garder tout ce qu'on a prit sur nous!... Il faut le distribuer! On les distribue à nos fratries et cousins tout ça! Ce sera plus vite manger ou si on en a tous, ils ne sauront pas qui a fait quoi!" Machiavélique? Peut-être un peu...

L'attention des jeunes filles fut ramenée vers le groupe et le rivage abrupt, leur faisant tourner la tête dans cette direction. On entendit plusieurs voix disant: "Oui voilà! - Encore un effort - Vous y êtes presque!"
En effet, la jeune nounou avait tenté de remonter vers les mains tendues avant que la glaise du sol ne la fasse retomber dans l'eau, lâchant prise et dérivant au gré du courant. Si elle savait nager? Si elle avait pied? Non et re-non! Et c'est une bonne quinzaine de mètres plus loin qu'elle avait réussit à s'agripper avec tout le désespoir du monde à de longues racines sortant du bord du ruisseau, bien à pic et de là où tous maintenant était réunis. Une corde avait été faite dans la hâte, en nouant bout a bout les long tabliers des tenues des gens de maison et qui servait maintenant à remonter la jeune femme après l'avoir aider à la garder à flot.

Panique à bord, il restait à peine quelques minutes aux deux jeunes filles pour se mettre d'accord et agir. Et là Agatha prit le menton de sa cousine sans heurt, afin de ramener son visage vers elle et lui dit dans la crainte mais avec dans les yeux un je ne sais quoi d'autoritaire et froid:

    "Nous n'avons jamais été dans cette cuisine. On distribue le butin. On assume sans faire de vague pour la nounou."

Voilà le scénario. Voilà comment il faudrait faire les choses. Car si la presque noyade de la nounou était quelque chose, avoir ruiné des heures de cuisine pour la grande feste de soir devait être encore pire. Et ce second méfait, Agatha n'était pas du tout prête à l'assumer, son corps lui rappelant déjà bien assez l'erreur monumentale que ce fut.

Agatha Isabella lâcha Loanna et commença à se faufiler discrètement entre les jeunes générations de la famille et les adultes qui s'en occupaient. L'attention était encore sur la délivrance presque imminente de la jeune nounou et Agatha donnait un peu de ci à lui et de ça à elle. A chaque fois, des petits yeux rieurs et d'un doigt sur la bouche, elle signifiait que c'était un secret et finit par se débarrasser de son dernier petit bout de butin en le gobant et en le mastiquant rapidement sans pour autant le savourer intérieurement. Elle regarda sa tenue, afin de vérifier qu'elle n'avait pas de nourriture sur elle, ce qui serait la preuve de sa visite en les cuisines, mais il y avait bien assez de traces de terre, boue et d'herbe sur elle pour avoir au final a se préoccuper de ça.

Des bruits de soulagement, la nounou est enfin sur le plancher des vaches et l'on entend des:
"Que s'est-il passé? - Comment êtes vous tombée? - Quoi Agatha et Loanna?!"
Les regards commencent à se retourner sur les deux cousines qui finissent par se rapprocher l'une de l'autre, le mauvais quart d'heure ne sera pas en retard et c'était pour maintenant! Oh! Pis voilà que c'est Georgette qui vient vers elle, cela va être l'enfer...
Pourtant! Une cuisinière arrive en courant, essoufflée, appelant Georgette à pleins poumons. Elle lui explique qu'une étagère à céder et que les préparations sont bonnes pour les chiens et les cochons.

C'était une catastrophe!

Le regard de Georgette se reporta sur les deux jeunes filles, les sourcils étaient froncés, le regard noir et l'esprit surement colérique, elle finit par dire à deux nounous de les punir en leur chambre jusqu'à l'heure de la réception familiale et qu'elle en informerait leurs parents avant de prendre en toute hâte la direction des cuisines, le choc serait grand. Les pauvres...

Comment? Loanna et Agatha allaient-elles s'en sortir aussi si facilement?
Ce qui aurait du alourdir leur sentence les aura au final peut-être sauvée de bien pire! Tout les adultes présents ici et à ce moment était encore choqués et ahuris de l'épisode du ruisseau et ça en plus fit qu'aucunes autres questions ne fut posées aux filles. Seul le regard presque haineux de la rescapée à la noyade pesait sur les deux petites.
Agatha glacée de ce regard détourna vite la tête penaude, Loanna comme elle, ne lui voulaient dans le fond aucun mal.
Alors que tous les enfants étaient rassemblés pour retourner au coeur des pelouses et jardins de la demeure, on amenait les deux punies pour les garder enfermées par cette belle journée, Agatha Isabella regarda Loanna, presque incrédule, un sourire bête aux coins des lèvres et elle finit par lui faire un clin d'oeil! Geste qui fut imiter par l’aînée, avec un éclaire de malice dans le fond de son regard.
Dans le fond Agatha ne regrettait rien, elle avait rit, elle avait eut peur, elle avait eut un peu mal aussi mais tout cela avait été exaltant. En plus de tout cela, ce petit épisode avait lié les deux cousines, certes dans des méfaits, mais elles étaient amies plus que simples cousines.


[FIN]


HRP: RP écrit par JD Loanna et JD Agatha.

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