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[RP] L'Idole

Archibald_ravier
    Vous ne vous ferez point d'idoles
    Lévitique 26:1


Ils avaient pris le temps, pour ce voyage. Ils flânaient à Bergerac. Archibald aimait de plus en plus la ville. Peut être parce qu'il nourrissait, en secret, des projets commerciaux non loin.
Au matin, il avait, comme souvent, laissé un mot sur l'oreiller, près de son amoureux. Il savait que ce dernier ouvrirait un œil, le lirait, et peut être se rendormirait le nez dans son odeur. Peut être pas.


Citation:
A tes pieds.



Le barbu était sorti, parce que Narcisse réclamait sa balade matinale, et que la butte aux trèfles et les berges de la Dordogne s'y prêtaient magnifiquement.

C'est alors qu'il revenait vers la ville, dirigeant ses pas vers le marché, qu'un jeune garçon de leur auberge l'arrêta et lui remit un petit billet. Une réponse. Il glissa une pièce dans la main de l'enfant et le chassa. Il voulait lire tranquille.


Citation:
A mes pieds.

Viens m’idolâtrer.



Archibald claqua des doigts pour attirer l'attention de son chien. Ils n'allaient plus au marché. Un autre affaire était bien plus pressante, à présent. Il tourna les talons et remonta à pas vifs vers l'auberge, où il s'engouffra, droit vers la porte de la chambre qu'ils avaient louée voilà deux nuits déjà. Exalté, il la poussa.

A son réveil, Jörgen avait trouvé le mot. Un mot encore. Dans ce lit, dans cette ville. Il l'aimait bien cette ville aussi. Même qu'il hésitait à proposer à son amant d'y déménager.
S'étirant, il se redressa ensuite et saisit vélin et plume. Il y rédigea deux lignes, enfila une paire de braies et torse et pieds nus, rejoignit le rez de chaussé pour refiler son pli et retourner s'allonger dans le lit, à nouveau nu.
Il attendait, sourire au bec, encore tout alangui de sommeil. Il souriait et il rêvait.

Archibald referma la porte derrière lui, et se laissa tomber à genoux. Car c'est à genoux qu'on adore les idoles. C'est à genoux qu'Archibald se traîna jusqu'au lit. A genoux sur le sol dur, le visage plongé vers le bas en signe d'humilité et de soumission, totalement démenties par la lueur espiègle de son regard et la moue lubrique pendue à ses lippes. C'est à genoux qu'il resta, pénitent, alors que les onyx remontaient lentement le corps nu de l'adolescent pour aller s'accrocher aux verts.

A l'amant qui entra, Jörgen ne se redressa pas. Il cacha avec peine le grand sourire qui vint orner les lippes juvéniles. Il tâcha de ne pas le regarder non plus, pour ne pas le dévorer du regard trop tôt. Et enfin, Alors qu'Archibald était à genoux à côté du lit, que l'adolescent sentait son regard sur lui, il se redressa lentement. Souverain, il se leva aux pieds de son amant et glissa une main caressante dans la chevelure brune.

Archibald reçut bénédiction comme une obole. Alors il se pencha, et baisa les pieds de son idole.
Il fit ses dévotions.
Homme pieux, Archibald avait toujours prié trois fois par jour. Depuis qu'il ne croyait plus en Dieu, il n'en adorait que mieux son amoureux.
Après les pieds, c'est à la cheville, au mollet, aux cuisses d'être baisés. A Jörgen tout entier.



    Des filaments pareils à des larmes de lait
    Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
    À travers de petits caillots de marne rousse
    Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

    Arthur Rimbaud, L’Idole, Sonnet du Trou du Cul

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