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[rp]La pluie, ça mouille, surtout les grenouilles

Ravaillac
Une route sombre, entre chien et loup, quelque part entre Argentan et Lisieux, une voiture qui se trimballe de droite à gauche dans des craquements sinistres de bois et des crissements de pièces de métal. Un cocher mal assuré et deux chevaux épuisés d'avancer sans fin depuis des jours et d'affronter, tout en remontant vers le nord, des conditions climatiques épouvantables. Et dans l'appareil lancée à molle allure, Ravaillac de Kermabon, qui, à défaut de pouvoir se reposer, tente en buvant du vin d'oublier que ce voyage entrepris il y a trop longtemps est en train de lui broyer le dos et de lui enfoncer la colonne vertébrale dans la tête. Mais rien n'y peut rien. La route et si mauvaise, ou bien le cocher, qu'il lui est impossible de porter la coupe à ses lèvres sans que le vin n'éclabousse partout. Pour un verre qu'il se sert, un autre vient repeindre l'intérieur de cette maudite voiture.

Il eut été presque plus confortable de voyager directement à cheval, quoi que moins convenu pour un homme de son âge et de son milieu. Le roulis de ce cercueil sur roue l'empêchait même de lire. Par trois fois la lanterne intérieure s'était renversée, et avait même manqué une fois d'enflammer les tissus des sièges. De la cire épaisse recouvrait le mantel du voyageur qui n'avait décidément pas d'autre alternative que de soupirer en pestant après l'Alençon qui n'était pas fichu d'entretenir ses routes.


Fichtre ! Faut-il que nous passions encore combien d'heure dans cette boîte avant que d'arriver à Lisieux ? Fit-il d'une voix suffisante pour couvrir le bruit assourdissant des sabots des chevaux et de tout l'attirail, à l'attention du cocher.

Mon bon seigneur, nous approchons assurément. Que l'on me coupe un bras si nous n'y sommes pas dans deux heures.

Ravaillac marmonna qu'il lui aurait bien coupé les deux bras sur le champ ainsi que la tête, à ce stupide cocher. Mais il n'était encore que trop loin de pouvoir imaginer que le pire n'allait qu'arriver.

Dans un fracas tonitruant, la voiture fut projetée sur le côté et sous son poids l'essieu se brisa d'un coup sec, projetant vers l'avant une pièce de bois pointue qui vint se ficher dans la croupe de l'une des deux bêtes qui gémit de douleur comme toute bête qui se voit mourir.

L'accident dura quelques secondes avant que tout ne se stabilise, à l'exception du cheval blessé qui se mit au galop dans une fureur telle et si soudaine que tout l'avant du véhicule s'arracha subitement, emportant le cocher à la suite des bêtes paniquées.

Seul et tout renversé dans sa caisse de torture, Ravaillac de Kermabon n'était pas mort. Par chance dans ce malheur une malle s'éventra et libéra des vêtements qui amortirent la chute sa chute. Mais étourdi, il l'était. Et lorsqu'il sortit du véhicule éparpillé, ça n'était pas sans tituber.


Que ce cocher soit maudit puisqu'après tout j'ai bien l'impression que je suis totalement maudit moi-même. Peste soit des grouillots qui ne savent plus travailler correctement.

Au loin s'éloignaient les deux bêtes écumantes, trainant derrière elles quelques cordages et planches de bois, souvenirs désormais perdus d'une voiture, sur lesquels tant bien que mal un pauvre cocher tentait quelques manœuvre désespérées pour sauver sa vie.

Peste soit de ce faquin... A cette allure, il sera à Lisieux bien avant moi !

Ravaillac, les chausses flanquées dans la boue, se résolu à remonter la route pour trouver âme qui vive. Il se résolu à laisser sur place les débris de son voyage, mais pris soin avant tout d'emporter avec lui quelques documents qui ne souffriraient pas de tomber dans de mauvaises mains. Il constata que deux jarres de vin s'étaient brisées durant l'accident. Mais la dernière était restée intacte. Il s'en empara et se donna ainsi un peu de courage avant d'emprunter la route.

La nuit tombait et il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait. L'idée de se retrouver nez à nez avec quelques bêtes sauvage l'ennuyait plus que tout.

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--Garde.de.nuit
[Un peu plus loin, avec la pluie en fond sonore]

Fulbert, jeune homme du coin, engagé depuis quelques mois maintenant et à son poste de travail; Éveillé mais un peu distrait, se laissait envoûter par les clapotis et la mélodie des gouttes de pluie qui tombaient inlassablement depuis plusieurs heures maintenant et parfois le tonnerre gronde.
Sous sa petite cabane, derrière les grilles des murs d'enceinte du petit manoir aux vieux chênes, il a l'habitude maintenant de cet emploi de nuit et puis faut dire, une fois que les quelques personnes qui habitaient ici étaient rentrées, il n'y avait pas de va et vient, rien de suspect, tout était calme. Il était pas si mal là au final.
Les heures passaient et il veillait.

Et le calme lourd de la nuit est soudain ébranlé!
Le jeune Fulbert, flanqué d'un pectoral d'armure et d'une épée à la ceinture, se redresse d'un coup du tabouret sur lequel il est juché, voir avachi.

    Quel est donc ce vacarme?! ...

Il sort de son petit poste de garde et se rapproche des grilles alors qu'il entend toujours au loin des hennissements des plus lugubres...
    Qu'est-ce donc cette sorcellerie?!

Il se passait quelques choses et il décida surement prit par un peu d'adrénaline, d'ouvrir un des pans de la grille, se munit ensuite rapidement de la lanterne qui est accrochée sur le devant du poste de garde et sort juste devant, à quelques mètres seulement. Le rayon lumineux n'est pas des plus larges, il regarde en direction des bruits entendus, et une main sur le pommeau, l'autre tendue devant lui avec la lanterne il essayait de distinguer quelque chose. Il n'eut pas à attendre longtemps...

Voila que le fracas semblait se rapprocher de lui et à vive allure et il eut tout juste le temps de se jeter au sol de côté avant de n'être heurté et percuté par des bêtes en détresse et en pleine cavalcade effrénée.

    Mordiaaaaaaable!

Il se relève tant bien que mal sur le sol détrempé et poisseux, ramasse la lanterne qui s'est retrouvé un peu plus loin, la flamme brûle toujours. Presque incrédule, il va sur la route et regarde en direction du convoi de la mort que l'on entend de moins en moins s'éloignant. Il secoue la tête. Son attention est soudain rapporté en amont de tout cela et se rapproche doucement maintenant clairement en alerte et bien réveillé et vif. Il avance doucement et finit par entendre maugréer devant lui, il y indéniablement des gens.
Fulbert se stoppe et lanterne en avant lance un "Qui va là?" Avant de ne voir un homme, peinant à avancer, les bras chargés.

    "Ravaillac de Kermabon!"
Et s'en vint un petit récit des péripéties...

L'homme d'un certain âge que Fulbert avait devant lui, en piteux état, ne semblait pas être un risque ou une menace et après ce qu'il venait de se passer... Il était allé voir ce qui restait du véhicule, alors qu'il s'assurait de la véracité des dires. La maîtresse de maison devait être encore éveillée, il paraissait qu'elle veillait beaucoup ces derniers temps... Enfin, après cette petite réflexion interne donc, il décida de mettre cet homme à l'abri.
Le cocher lui, se vit intimer l'ordre de ramasser le plus d'affaire possible afin de ramener ce qui pouvait être "sauvés".

Le trajet entre le lieu de l'accident et le perron du petit manoir prit quelques minutes et Fulbert se proposa de porter les effets du messire du moins le vin, afin de l'aider.
Il toqua à la porte, quelques secondes passèrent et Clervie la servante attitrée de la maîtresse de maison ouvrit la lourde porte en bois massif.
Il y eut quelques messes basses entre eux d'eux... Un regard porté sur Kermabon de la part de Clervie... Et on le fit enfin rentré.
On le dirigea directement sur une petite pièce a droite, une sorte de petit salon et de lieu d'attente pour les visites impromptues. Les cierges furent allumés et lui furent très rapidement apportés de quoi boire et un grand linge afin qu'il s'essuie, se sèche un peu et se rendre surement aussi un peu plus présentable.

Fulbert retourna auprès du cocher, Clervie auprès de sa damoiselle et on demanda à Kermabon de bien vouloir patienter ici. La pièce n'était pas très grande, elle était sobre, mais la décoration était soignée, le mobilier de bonne facture. Ce n'était pas le grand luxe, mais cela ne reflétait pas non plus une demeure commune.
Agatha.isabella
Agatha Isabella était rentré en début de nuit. Elle s'était attelée en son bureau, à la lecture de quelques courriers et à leurs réponses fraîchement rédigées. Elle avait prit le temps de ne rien faire, l'esprit agité en ce moment par ses activités, fonctions et quelques devoirs diurnes. Le temps s'était doucement écoulé ici aussi et elle finit par demander à ce qu'on prépare à manger, elle attendrait en la grand salle qu'on le lui serve.

Un feu se consumait dans l'âtre de la cheminée et elle prit place dans un siège devant le foyer, elle soupira un bon coup, alors que derrière elle la table doucement se mettait en place par les petites mains de la maison. Elle se débarrassa de ses chausses et autres et jambes tendues vers le feu, articula et bougea ses orteils. Hop voila qu'un verre de vin de noix lui arrive entre les mains, voilà qui est parfait. Et alors qu'elle se prélasse, laissant sa journée derrière elle, repensant toutefois au petit temps passé en taverne avec quelques amis avant de rentrer un sourire aux lèvres, son regard se perd dans les flammes qui lui offrent un spectacle hypnotique.

    Damoiselle Agatha! Elle sort de sa rêverie.
    "Qu'y a t'il Clervie! Un soucis en cuisine?" Un tout petit peu agacée.

    Pardonnez non, tout va bien! Votre repas sera bientôt prêt...
    Il y a eut un accident tout près de votre propriété, il y a des rescapés... Une homme âgé et son cocher. Fulbert a ramené le messire ici, il attend dans le petit salon...

    "Pardon??!!!" Elle se lève d'un coup, plonge son regard dans celui de Clervie et l'assène de questions. "Qui est-ce? A t-on son nom? A quoi ressemble t-il?"
    ...
    Il s'agirait d'un certain Ravaillac de Kermabon... Il est fort bien habillé malgré... Il est arrivé avec des papiers en main et une jarre de vin...
    ... Agatha Isabella réfléchit, le nom ne lui dit rien.

    "Avait-il l'air ivre? Qu'en penses-tu toi?"
    Ivre, non je ne pense pas, surement un peu choqué de l'accident... Fulbert a inspecté leur véhicule et il semblerait qu'ils aient eu tout deux beaucoup de chance de s'en sortir si bien!


Agatha Isabella soupire, réfléchit quelques instants en faisant quelques pas et donne ensuite ses directives:
    Occupez vous du cocher, un plat chaud et faites lui un lit dans vos quartiers à tous.
    Dis à Fulbert de fermer et cadenassé les grilles, nous nous occuperons de ce qu'il y a dehors demain. ... Dis lui également qu'il finira le reste de sa garde en la demeure, s'il entend quoi que ce soit de suspect dans la nuit...
    Regard entendu.
    Préviens les cuisines qu'il y a deux bouches à possiblement nourrir de plus... Je ne retarde toutefois pas mon repas bien entendu, j'ai grand faim!
    Tu lui ouvriras une petite chambre dans la partie invitée, celle qui aura été nettoyée et aérée le plus dernièrement... Et y fera faire un bain chaud, ce sera surement le bienvenu. Oui, amène le moi que je vois son visage et il ira directement se nettoyer. Trouver des vêtements s'il le faut dans les affaires de mon père...
    Avant cela vous ferez venir le messire ici et quelle tête ai-je?

    Très bien damoiselle Agatha! Et il est tard mais vous êtes tout à fait présentable!

Bien si elle était présentable tout irait bien! Elle se chaussa de nouveau, lissa sa houppelande et alla se positionner derrière les portes closes de la grand salle, attendant que Clervie lui ramène le dit rescapé.
La porte s'ouvre...


    Messire de Kermabon, soyez le bienvenu, bien que de malheureuses circonstances vous ai poussé en cet humble manoir aux Vieux Chênes.
    Je me présente Agatha Isabella de Vissac-Dorchester...

    Je suppose que vu l'heure et les circonstances, je me dois de vous offrir le gîte et le couvert...
    L'on va vous mener en votre chambre, vous pourrez vous y laver et je vous invite à me rejoindre ici quand vous serez plus... confortable.


Non il n'avait pas vraiment le choix, il se trouvait chez elle et ne viendrait certainement pas crotter le sol ou les tapis de cette pièce...
Elle ne laisserait pas ces malheureux dormir dehors, oui allait les accueillir mais il y aurait toujours une méfiance de mise. Et elle finit donc par lui sourire avant de le saluer de la tête et retourner à sa dégustation de vin de noix devant la cheminée...

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❧ Directrice du BAD ~ Conseillère Municipale ☙
Ravaillac
Sauvé ! Honteux d'être vu dans un tel état, mais sauvé ! Lui qui avait mené une vie de sobriété vestimentaire, ses nouvelles fonctions voulaient qu'il fasse quelques efforts, et qu'il s'affuble de tissus nobles. Mais que veut une tenue d'apparât quand elle est boueuse et trempée de pluie ?

Le Kermabon fut ramené à la propriété la plus proche par un homme qui apparu comme un mirage au milieu de l'enfer.

    "Qui va là?"

    Bon sang ! Âme qui vive... se dit-il à lui-même avant de donner son nom. La pluie qui était devenu impénétrable ne laissa pas le loisir d'une discussion et Ravaillac n'en avait d'ailleurs pas le cœur.Il se laissa conduire non sans trainer un peu son vieux corps meurtri, jusqu'à arriver au manoir des fenêtres duquel perçaient quelques raies de lumière. A défaut d'arriver à Lisieux à la nuit, il avait bon espoir de passer la nuit au sec.


Le cocher finit par les rejoindre, tout esquinté lui aussi par la folle course qu'il avait subie.

On introduisit Ravaillac dans un petit salon où il patienta jusqu'à ce qu'on le vint chercher quelques minutes plus tard pour l'amener à celle qui semblait être la maîtresse des lieux.


    Messire de Kermabon, soyez le bienvenu, bien que de malheureuses circonstances vous aient poussé en cet humble manoir aux Vieux Chênes.
    Je me présente Agatha Isabella de Vissac-Dorchester...


    Madame...


Il courba l'échine poliment autant que les courbatures le lui permettaient.
    Je suppose que vue l'heure et les circonstances, je me dois de vous offrir le gîte et le couvert...
    L'on va vous mener en votre chambre, vous pourrez vous y laver et je vous invite à me rejoindre ici quand vous serez plus... confortable.


    Vous me voyez ravi madame d'avoir, dans mon malheur, eut la chance d'être sorti de route aux abords de chez vous. Je vous prie d'excuser l'infâme portrait que je vous offre à voir. Il y a un âge où ni la pluie et la boue n'handicapent un homme, et un âge où un rien transforme quelqu'un en épouvantail. Je serais donc votre obligé si vous m'offrez ainsi de quoi me laver et le couvert. Je ne compte pas vous importuner longtemps et je pense que dès demain je ferai faire le nécessaire pour vous épargner ma présence.


La servante semblait l'attendre pour le conduire là où il fallait. Il marqua de nouveau un signe de reconnaissance mais s'arrêta en cours.

    De Vissac-Dorchester avez-vous dit ? Mmhh...


Faisant une moue songeuse.
    J'imagine que les Vissac peuplent copieusement l'Alençon. Ce nom fait parler de lui bien au-delà des frontières, et je serais heureux que vous puissiez lever le voile sur quelques rumeurs qui me sont parvenues.

Puis s'excusant, il suivit la servante.
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Agatha.isabella
Une fois devant sa cheminée, elle ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Aaahh ce nom de Vissac...
Il n'était qu'une moitié de sa personne et de ses origines, mais une moitié qui faisait elle le savait parfois jaser. Toutefois, il était son nom et elle le portait sans se soucier des préjudices ou jugements hâtifs que cela pouvait engendrer. Un seul homme n'est en rien le reflet de la famille dans son entièreté.
Elle prit son verre en main et sirota quelques gorgées, oui le vin de noix, dans des doses raisonnables, était devenu son péché mignon depuis quelques semaines...
Agatha Isabella espérait bien qu'elle en apprendrait davantage sur l'inconnu qui resterait en sa demeure que de n'avoir à se raconter.

La table était mise pour deux et l'on toqua à la porte de la grand salle, le Kermabon ne pouvait avoir fait aussi vite, elle ne bougea donc pas alors que la porte s'ouvrit et que Fulbert fit apparition. Il n'entra pas dans la pièce, il était lui même plein de boue bien que la pluie battante l'est quelque peu lavé en ses allées et venues, mais il savait que la jeune maitresse des lieux n'aimait pas qu'on entre dans une pièce tel un souillon, les couloirs pas de soucis, le reste non! Il l'aimait bien cette petite bourgeoise! Elle avait encore la simplicité et le contact chaleureux des gens qui ne sont pas trop puissants ou titrés, tout en étant assez riche pour embaucher exclusivement, ça et là, selon les besoins les gens du coin! Lui même recevait une paie honnête pour son labeur nocturne.


    Damoiselle Agatha, excusez moi de vous déranger.
    Je voulais... J'espère ne pas avoir fait de bévue à introduire cet homme et son cocher en vos murs? ...

    Petit sourire d'Agatha elle se retourne en sa direction.
    "Non non Fulbert, j'imagine que tu as du t'assurer et juger que cela ne "risquait" rien...

    Qu'en est-il de la route, est-elle obstruée par l'accident? Et leur véhicule, dans quel état est-il au final?
    "
    Il y a quelques débris oui sur la route, mais le gros est dans le bas côté. Je doute fort que cela soit réparable, au mieux ils pourront récupérer le bois pour se chauffer et faire fondre le métal...
    "Hum... Je vois...
    Quand ta relève arrivera au petit matin, en rentrant chez toi, envoie quelques hommes afin que l'on rapatrie tout cela dans l'arrière cour, nous verrons bien.
    Et fait venir Joshua, après le déjeuner, il faudra un chauffeur pour aller vers Lisieux, amener ces deux hommes, une fois fait il revient fissa! ... Oh Joshua le jeune! Pas le vieux d'accord?!
    Trouve quelqu'un de la maison pour une tenue de rechange sèche et je compte sur toi cette nuit.

Le jeune garde avait hoché la tête et prit congé
Quelques dizaines de minutes passèrent encore, Agatha Isabella avait fini son petit verre et les quelques plats arrivaient sur la table, elle prit donc place. L'invité surprise trouverait lui son siège sur sa droite et ne tarderait pas à arriver. Elle l'invitera directement à la rejoindre.

Sur la table, un potage bien chaud pour commencer, une pièce de sanglier au vin rouge et aux épices accompagnés de navets et de poireaux pour la suite. Quelques terrines et du pain. De l'eau, du vin.
Agatha débuta son potage tranquillement.
Ravaillac
La servante l'accompagna vers une salle de toilette au centre de laquelle trônait fièrement un bac pour le bain. Pour ne point avoir connu ce genre de confort dans sa jeunesse, car bien rude elle l'était, il s'était juré que dans la première chaumière qu'il se ferait construire un jour, un bac pour le bain serait son premier mobilier. C'était chose faite depuis longtemps. Et bien qu'il ait, depuis, fait large fortune, il avait conservé toute sa vie son premier bac à bain tant il était pour lui le symbole de l'émancipation.

Il avisa qu'on avait fait porter la petite jarre de vin qu'il avait sauvé de son accident. A côté avait été déposé un verre. Le Kermabon profita de quelques aller et retours de la servante, trimballant des sceau d'eau fumante pour remplir le bain, pour s'asseoir, souffler et se servir une coupe, qu'il vida d'un trait, puis une seconde à laquelle il ne laissa pas non plus de répit. Il s'en servit une troisième qu'il savoura doucement, tout en observant la servante. Elle avait de belles formes et de bien savoureuses miches dans lesquelles il aurait pu croquer. Mais on ne se comporte pas ainsi que dans un bordel, dans la maison qui vous offre l'hospitalité.

Il souleva son mantel pour découvrir sa jambe. Il n'avait pas eu encore le temps de vérifier cette chose qui le dérangeait, qui le picotait... Il aperçu un pan tout déchiré de ses bas et à travers le tissu béant coulait un filet de sang. Il soupira un peu, grogna et rabattit son mantel pour ne pas voir. Il s'enfila sa dernière coupe et remercia la servante en la congédiant.

Une fois seul, il se déchargea du poids de ses vêtements trempés et s'enfila dans le baquet chaud, non sans oublier son vin. Il n'était pas médicastre mais savait qu'on ne soigne jamais mieux une blessure qu'avec du vin. Il se frotta des orteils aux cheveux à l'aide d'un étrange brossoir. Sous ses airs de rustre, il ne négligeait jamais son hygiène.

Une fois le rituel accomplit, il s'épongea avec des draps de lins propres et bien pliés avant d'enfiler une tenue qu'on lui avait fait porter. Ainsi accoutré, il se dirigea vers la première pièce dans laquelle l'attendait son hôte. Il ne lui fut pas compliqué de s'orienter, l'odeur de gibier suffisait.

Il pénétra dans la salle du repas où déjà son hôte était attablée. Il jeta un œil rapide au foyer qui crépitait. Voila un bien bel endroit pour digérer se dit-il, avant que de rejoindre la table.


    Madame, je dois vous dire toute ma reconnaissance pour votre hospitalité.


Puis il s'assit avant de poursuivre.

    Je ne vous ai donné que mon nom et j'en conviens c'est fort peu pour que vous puissiez vous faire idée de qui je suis et de ce que je fais dans le coin. Mais votre grandeur d'âme a suffit à m'offrir tout ce qui en cet instant pouvait me faire défaut.


Alors que la servante qui avait pris soin de son bain lui servait un potage, il continua.

    Je suis Ravaillac de Kermabon, comme vous l'avez entendu, et je suis le Chef de Cabinet de sa Seigneurie Wayllander de Leffe Miras, Comte de Rubroëk, chef de la famille de Leffe et oncle de notre très regrettée Reyne. C'est à sa demande que je chevauche vers le Nord, en direction du fief de la famille royale, en Flandres. Je suis en quelques sorte en mission d'état.


La politesse lui avait semblée suffisante pour l'instant pour pouvoir se permettre de s'arrêter et de se payer un bon potage chaud, lui qui n'avait bu que du vin depuis le matin.
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Agatha.isabella
Quand la porte de la grand salle s'ouvrit, Agatha Isabella se redressa quelque peu et regarda Kermabon entrer et s'asseoir à sa droite. Elle eut une sensation étrange à voir cet homme qui ne devait être beaucoup plus vieux que son propre père, ainsi vêtu dans les vêtures paternelles. Il ne se ressemblaient pas et il se ressemblaient, ce fut étrange...
Agatha avait la mine aimable et aux premiers mots elle esquissa un petit sourire bouche close. Elle prend ses dernières cuillères de potage, en amenant bien la cuillère à la bouche et non la tête vers l'assiette, elle ne fait pas de bruit se tient bien, du moins pas comme si elle avait été seule chez elle...
A la suite et à la présentation, des noms et mots résonnèrent en sa petite tête... Décidément elle n'avait pas recueilli une personne lambda. Elle ne dit rien et n'eut pas de réaction particulière.
Alors que son invité surprise entamait son dîner, Agatha Isabella prit de nouveau la parole. Elle ne se livrerait pas trop, répondrait avec politesse mais retenue et n'alimenterait surement pas les rumeurs et racontars que l'on pouvait dire sur le nom paternel qu'elle portait, dont l'allusion plus tôt l'avait un peu agacée. Au moins aura t'elle fait pour le moment une bonne impression.

    Je suis ravie de pouvoir aider. Quelle aristotélicienne ferais-je si ce n'était pas le cas. Tout un lot de circonstances auront fait en tout cas que je ne me pose pas plus de question que cela! Le tonnerre gronde dehors comme pour souligner le propos, la pluie est encore importante et les grenouilles doivent se réjouir!
    J'imagine que c'est donc cette mission qui vous aura fait prendre la route dans de telles conditions climatiques...
    ...
    Et elle enchaîne pendant qu'il mange:
    J'ai d'ailleurs d'ors et déjà prit quelques dispositions pour demain, concernant la carcasse de bois et de fer sur la route, tout sera rapatrié en arrière cour au petit matin. Et l'on vous fera mener à Lisieux qui est le prochain village sur la route, dans l'après midi... Je présume que vous alliez bien en cette direction... Non pas qu'elle veuille rapidement se débarrasser de lui mais l'homme assis à côté d'elle devait avoir à faire et semblait malgré son âge et ce qui lui était arrivé, dans un état passable pour continuer son périple. Il avait lui même exprimé quelques mots en ce sens durant leur premier face à face...
    Il faudra rassembler vos idées afin de nous faire savoir s'il y avait quelques possessions que vous espérerez retrouver parmi les débris...

Alors que Clervie débarrasse l'assiette d'Agatha, cette dernière la regarde et sans rien lui dire après avoir capté son regard; De l'index, pointe la petite porte dans un coin reculé de la pièce menant aux cuisines en sous sol puis la table et enchaîne en pointant Clervie et les étages supérieurs où se trouvaient les différents appartements et chambres, Agatha Isabella finit par un petit sourire. La jeune servante hoche la tête et part en direction des cuisines. Elle se sont comprises, Clervie doit demander à une petite main des cuisines actives en ce moment surement à faire des terrines de viande de sanglier suite à la battue faite il y a peu dans les environs de venir s'occuper du service. Nombres de cultures de maïs avait été ravagées, sillonnées de part en part par ces mastodontes dont il fallait parfois réguler la population et les ardeurs gourmandes! Et Clervie elle devrait aller faire ce qu'elle a à faire à l'étage... Agatha ne se demandait même pas comment la chose pouvait être vu de l'extérieur, croirait-on qu'elle menait son petit monde à la baguette ou du moins de l'index!?!... Il fallait dire que certaines personnes de son entourage avait prit l'habitude de l’affubler du petit surnom de "Chef", non pas pour suggérer un despotisme certain mais plutôt en référence à son besoin surement de voir les choses se passer comme elles le devaient et son besoin et penchant poussé pour l'organisation. Ce n'était quoi qu'il en soit pas un surnom dont elle raffolait...

Ils restèrent donc seuls quelques minutes et Agatha prit sur elle de proposer un peu de vin rouge pour la suite du repas, elle se leva et se servirait après l'avoir servi lui s'il en avait envie.

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❧ Directrice du BAD ~ Conseillère Municipale ☙
Ravaillac
Peu à peu le Kermabon sentait son estomac s'apaiser. Lui qui n'avait pas espéré mieux au matin qu'une cuisine modeste de taverne à Lisieux, voila qu'à défaut d'avoir fait le chemin escompté, il pouvait au moins jouir d'un bon repas et d'une agréable compagnie.

Lorsque l'occasion se fit, et que son hôte lui proposa du vin, Ravaillac ne bouda pas son désir et tendit son verre comme un enfant devant un gâteau. Il se reteint de descendre le verre d'une traite, pour une simple raison de politesse. Il se souvenait toujours amusé de son médecin personnel qui n'avait de cesse de l'alerter sur les dangers d'une consommation excessive de vin. Ce pauvre médecin qui ne buvait jamais que de l'eau mais qui avait fini par mourir, écrasé par une charrette conduite à folle allure par un cocher ivre mort. Le vin tuait, c'est sûr, mais pas forcément ceux qui en consommaient le plus.

Se ravisant, le Kermabon leva son verre en direction de son hôte.


    Quelle aristotélicienne feriez-vous, tout simplement, sans ce vin du meilleur goût ?!

    Je vous remercie grandement pour vos délicatesses et votre proposition de me faire conduire à Lisieux. Si le temps se calme demain, j'en profiterai pour faire partir quelques courriers pour prévenir de ma déconvenue et du retard certain que j'aurai sur mes projets. Il est malheureux qu'en de tels temps, où les affaires politiques s'affolent parce qu'une tête est tombée au Louvre, je ne puisse pas tirer mon parti du fait d'un essieux brisé. J'enrage.


Puis après quelques gorgées supplémentaires.

    Je dois en même temps louer cet orage d'avoir permis que je vous rencontre.Vous m'avez au moins donné à penser que l'Alençon n'est pas une terre stérile où ne poussent, comme on l'entend dire à la capitale, que les petits égos démesurés de quelques petits seigneurs avides de se partager un semblant de pouvoir sur une terre qu'ils ne parviennent même pas à défendre dès lors que trois brigands décident de s'amuser un peu.

    Sans doute avez-vous du croiser déjà ma fille, Rictrude Taillefer, qui malgré mes mises en garde a voulu il y a quelques temps s'encanailler ici même en devenant maire et conseillère ducale en Alençon. La pauvre m'a écrit il y a peu pour me dire combien elle était malheureuse et déçue de la tournure que prenaient ses affaires. Cela n'aura pas été sans lui saper la santé.

    J'ai toujours su qu'elle aurait du rentrer dans les ordres dès le plus jeune âge et se faire none. Je ne perds pas espoir qu'elle le fasse un jour.


Le feu crépitait au son lointain de la pluie écrasante. Le Kermabon avait réchauffé son corps de l'intérieur. Ses mésaventures devenaient presque un vieux souvenir. Il verrait le lendemain comment rattraper son retard. Pour l'heure il ne pensait qu'à profiter de l'instant.

    Chère dame, je suis curieux à votre sujet. Vous semblez vivre seule ici, et tenir ce domaine non comme une épouse zélée mais plutôt comme une dame assurée. On m'a dit les Vissac éparpillés, désunis et moribonds. Mais jamais je n'ai entendu parler de vous, qui faite ici figure de résistante. A quoi occupez-vous votre temps.


Parler lui asséchait la gorge. Son verre était maintenant vide. Il ne souhaitait pas prendre le risque de parler davantage sans s'hydrater de nouveau. Et surtout il ne souhaitait pas importuner ja jeune dame par un monologue fatigant.
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Agatha.isabella
Agatha Isabella écouta Ravaillac entre quelques gorgées de vin et sourires bouches closes tantôt amusée, tantôt piquée dans son orgueil et patriotisme Alençonnais, tantôt surprise. Parfois son sourcil droit se relevait sur son front. Parfois elle hochait la tête en signe d'attention.
Voilà que d'une certaine manière ce repas devenait intéressant... Les questions en effet n'avaient pas tardé à arriver et si aucun affront n'était fait, cela ne voulait pas dire que les questions soient plaisantes pour autant.
Ses yeux se posèrent un instant sur l'homme dans l'habit paternel et son esprit vint à repenser encore une fois à son père, heureusement la fugace pensée fut chassée par l'arrivée de la petite main des cuisines qui venait prendre en charge la suite du service. La femme lui sert une assiette de sanglier et remplit le verre du messire. Elle se chargera d'eux et restera en retrait quand rien n'indiquait une présence proche et active. Agatha ne se faisait pas toujours servir ainsi, bien capable de gérer son verre et assiette seule, les quelques employés qu'elle avait et qui résidait ici de façon quotidienne étaient bien peu au final; Ici afin de l'aider à tenir cette bâtisse, les écuries ou jardins. Elle ne les avait pas tant embauchés pour la servir elle, mais plus pour l'aider alors qu'elle n'avait guère le temps ni l'envie de faire tout cela. Aucun orgueil là dedans, une simple vue pratique des choses rendue possible par sa fortune personnelle gagnée au fil des ans.

Son verre de vin dans une main, maintenant accoudée à son siège, elle lui répondit, en faisant quelques pauses parfois, afin peser les mots qui sortiraient de sa bouche, de répondre au mieux tout en étant franche et sans en dire plus qu'il n'était selon elle nécessaire.


    N'hésitez pas à demander s'il vous faut quelque chose, que ce soit ce soir ou demain...
    ...
    Je ne savais pas que l'Alençon était ainsi vu ou qualifié... C'est fâcheux et réducteur, mais j'imagine que les rêves de grandeur et d'avidité sont tout autant appliqués en la Capitale même!?
    Quant à notre capacité à nous défendre ou à repousser l'ennemi... Il est parfois plus sage de savoir quand mener bataille ou quand la chose est perdue d'avance savoir s'organiser afin de ne pas mener habitants et gens d'armes à une mort certaine et ainsi notre Château et Duché à la ruine. N'ayez donc crainte, l'Alençon sait sécuriser tant ses biens que sa population aussi faible en nombre soit elle et de part sa position en domaine royale, l'Alençon sait servir la couronne.
    Agatha Isabella avait bien compris l'allusion aux derniers troubles angevins et enchaîna:
    Votre fille elle même aurait pu vous expliquer cela dans la mesure où le village où elle réside fait parti de ceux qui ont eut à subir les tourments angevins... Et en effet, je connais Damoiselle Rictrude et suis donc par la même enchantée de vous rencontrer! Votre fille brille par sa tête bien faite et la gestion qu'elle assure de Verneuil, sans parler en effet de son aide en conseil ducal. Espérons qu'elle continue à s'entêter pour le bien de l'Alençon.

Petit sourire en coin, il serait dommage que l'Alençon la perde, elle était une jeune femme remarquable selon Agatha. Elle boit quelques gorgées qu'elle prend le temps de déguster et avaler. Un coup de tonnerre résonne de nouveau. Un bref silence et elle reprend, continue de répondre aux propos et interrogations de son invité surprise.
    L'Alençon recense quelques de Vissac dans ses rangs; Quant à son éparpillement, il n'est forcément signe de morcellement, de division ou autre. Chacun mène bien la vie qu'il a a mené et où cela le conduit...
    Quant à la disparition de notre nom, comme vous le voyez, voilà que vous en avez une sur attablée à votre gauche. Nous sommes encore quelques uns et peut-être en croiserez vous d'autres demain!...
    Amusée.
    J'ai fait l'acquisition de cette propriété il y a quelques temps maintenant, après mon retour en le royaume de France ... J'ai voyagé de nombreuses années.
    Ont leurs appartements ici les membres de fratrie et une petite cousine qui... sur qui je veille disons depuis quelques temps maintenant. Il ne sont pas tous là actuellement mais vous croiserez donc peut-être mon grand frère Zeplein ou la dite petite cousine Eusebie.
    ...
    Je vous remercie par ailleurs pour votre compliment sur ma maison, je n'ai nulle prétention d'égaler quelques grandes dames mais de simplement faire en sorte que les choses se passent comme je l'entends. A quoi bon payer des gens si ce n'est pour qu'ils fassent ce pour quoi ils sont embauchés. Mais j'ai de la chance, les quelques personnes autour de moi à cet effet font preuve de jugeote, d'initiative et auront vite compris ce que j'attendais d'eux.
    Agatha Isabella ne s'estimait pas spécialement au dessus d'eux, elle n'était d'ailleurs pas noble elle-même, mais usait de la simple autorité que lui conférait son statut d'employeur.
    ...
    En ce qui concerne mes activités, je me suis mise au service du Duché d'Alençon, tant au travers de conseils ducaux que d'autres institutions. Cela ne fut pas de tout repos mais j'ai un peu levé le pied dernièrement ce qui me va aussi très bien.

Ce serait tout ce qu'elle dirait pour l'heure. Nul besoin de s'étaler plus longuement et de narrer sa vie en long en large et en travers. Elle finit son verre de vin. Son assiette va refroidir...
Prenant fourchette en main, elle lui demanda à son tour:

    Vous disiez plus tôt être donc "Chef de cabinet", mais en quoi consiste cette position, cette fonction exactement?
Question peut-être simple et bête mais dont elle ne connaissait pas la réponse donc...
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❧ Directrice du BAD ~ Conseillère Municipale ☙
Ravaillac
Du sanglier ! Voila que la soirée prenait une tournure des plus réjouissantes ! Qu'allait-elle lui réserver par la suite ? Sans doute quelques plaisirs digestifs.

    Vous me voyez rassuré de savoir que ma fille ne compte pas que des ennemis ici. Il paraît en effet que c'est une bonne gestionnaire. Toutefois vous ne m'ôterez pas de l'esprit qu'elle ferait une bien meilleure none dans quelques couvents. Le père que je suis n'aurait ainsi plus à subir quelques inquiétudes que ce soit.


Il fit un signe discret mais non moins clair à la domestique, en direction de son verre vide. Il avait des manières parfois rustiques, mais à son âge il n'était plus question pour lui de prendre des cours de politesse et d'étiquette. Après tout, ses manières ne l'avaient pas empêché d'occuper de hautes fonctions, ni même de faire fortune.

Une fois son verre plein il reprit.


    Soyez certaine que ce que j'ai pu avancer sur l'Alençon, sans vouloir vous écorcher, ne me vient que de rumeurs. Mais les choses de la capitale n'en sont pas moins terribles. Et cela sans compter sur les gesticulations du Louvre où chacun étripe son voisin pour tirer à lui la couverture. Et ceux qui hier se voyaient déjà ornés de quelques nouveaux privilèges en suivant le duc de Vadrika doivent aujourd'hui composer avec les suiveurs de la nouvelle reine élue. C'est une grande partie de cartes qui se joue actuellement et les mises sont de grosse taille.

    Je ne vous cache pas que quelque fois cela ressemble davantage à une cour d'école qu'à autre chose. Mais pour le roturier que je suis, c'est un spectacle permanent.


La jeune femme qui lui offrait une telle générosité ne manquait pas de charmes. Aussi, Ravaillac, qui sentait son ventre gonfler et ses joues rosir ne restait pas insensible aux charmes de son hôte. Lui qui n'avait jamais versé jusqu'à présent dans les affaires sentimentales, sauf quelques accidents de parcours, il savait ce jour que les atours des femmes valaient bien toutes les armées du monde et toutes les fortunes des plus grosses banques de France. Quoi que... L'argent avait toujours eu pour le Kermabon une saveur particulière. C'est ce qui lui permettait, face à n'importe quel seigneur, presque toujours moins riche que lui, de se sentir plus indispensable.

Quittant un instant des yeux Agatha, ne souhaitant pas laisser paraître un intérêt supérieur à ce qu'il était convenable d'admettre, il se contenta de répondre à sa question.

    Chef de cabinet ? Ma foi, c'est un titre derrière lequel se cachent bien des choses. Et il existe autant de définitions différentes que de chefs de cabinets. Disons que je suis une oreille et un esprit au service du Comte de Rubroeck, capable de faire ce qu'il ne peut ou ne souhaite pas faire. Je suis celui qui va à droite pour ses intérêts lorsque lui doit aller à gauche également pour ses intérêts. Je suis un peu la silhouette égarée dans son ombre, les yeux qui surveillent ses arrières...

    Servir un tel homme est un plaisir sûr !

    Je serais ravi de pouvoir vous présenter à lui. Il saura à votre égard se montrer reconnaissant lorsqu'il saura que c'est à vous que je dois d'avoir été sauvé de cet accident, et raccompagné à Lisieux. Et vous auriez sans nul doute beaucoup de plaisir à découvrir les Flandres, et le domaine de Rubroeck.

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Agatha.isabella
Agatha Isabella écoutait Ravaillac, entre deux regards entre son interlocuteur et son assiette, entre mastication et déglutition, entre verre aux lèvres et dégustation. Elle ne put s'empêcher de sourire aux propos concernant Rictrude. Agatha comprenait les quelques inquiétudes qu'il pouvait avoir, pourtant Rictrude ne semblait pas être disons d'une légèreté indécente, l'on percevait en elle une éducation certaine et bien des principes. Mais cela, en tant que son père, il devait le savoir aussi et elle ne prendrait donc pas la parole à ce propos.
Peut-être avait-elle été "écorchée" par les mots de Ravaillac concernant l'Alençon et voilà que ce mot "rumeurs" ressortait une fois de plus. Était-il dans le fond de ceux qui écoutent et colportent ces fameuses rumeurs?... Elle finit par se dire que non et qu'il faisait simplement la discussion.
Il est vrai que se retrouver attablé avec un/une inconnu(e) et ne faire que manger sans mot dire, est une chose fort embarrassante et pesante et qu'il est aussi difficile de trouver matière à converser... Il faut bien commencer par quelque chose et au pire Agatha Isabella aura peut-être fait "voir les choses" différemment à ce messire face aux rumeurs qu'il avait entendu et curiosité qu'il pouvait avoir à ce sujet!?...
L'évocation du Louvre et de ce qui pouvait s'y passer la fit sourire de plus belle, elle n'en imaginait pas moins bien que loin de ce milieu. Comme pour beaucoup en ce Royaume de France, elle ne pouvait faire que cela "fantasmer" et imaginer les manigances et jeux de pouvoir qui officiaient là bas... Il y avait surement matière à y perdre son latin.
Du reste, elle hochait la tête quant à l'explication de cette fonction de chef de cabinet et finit par se dire que cela devait s'apparenter à une sorte d'intendant, de bras droit.
Quand Ravaillac finit par lui parler de présentation, des Flandres, la jeune Agatha ne sut trop quoi en penser et quoi répondre de butte en blanc.

Elle n'avait plus faim, la soupe ayant rempli son estomac, elle délaissa donc l'assiette de sanglier à moitié consommé et la poussa quelqu'un peu. Elle prit son verre en main, alors qu'elle s'installa de façon plus détendue, de côté bien accoudée, croisant une jambe sur l'autre sous sa houppelande.
Elle regarda le Kermabon, d'abord les sourcils très légèrement froncés d'incompréhension, pencha la tête sur le côté avant de reprendre la parole.

    J'entends bien le soulagement et gratitude dont vous faites preuve, mais je ne pense pas qu'il soit nécessaire de me présenter pour cela... Elle était gênée.
    Pourtant il est vrai que malgré mes pérégrinations, je n'ai encore jamais eu l'occasion de me rendre en Flandres... Disons, que si mes pas ou mon cheval devaient foulé le sol Flandrien, j'y aurais une occasion de m'y arrêter et vous y ferais peut-être signe si vous n'êtes point en mission à droite ou a gauche... Voilà qu'Agatha Isabella sans qu'il n'y ait eu de réelle proposition, déclinait de façon la plus polie et courtoise qu'elle put.

Plus loin dans la pièce, la petite main des cuisines remettait du bois dans l'âtre et l'on entendait le bois craquer, le feu crépiter. Quand ils en auraient assez de manger, elle débarrassera la table. Mais en attendant prépara sur la petite table basse entre les fauteuils et la cheminée, deux verres propres et une petite assiette de fruits secs et fruits à coque. Cela n'était en rien une attention pour l'invité qu'aurait demandé plus tôt Agatha Isabella mais une sorte de petit rituel d'après repas qu'elle et les membres de sa famille avait pris. En gros le digestif et des douceurs simples, devant un feu réconfortant, tout en parlant de tout et n'importe quoi.
Agatha Isabella dit ensuite:

    Qui sait peut-être que nos chemins seront amenés à se recroiser dans la région, si vous avez la possibilité ou opportunité de venir voir votre fille... Je ne suis pas en effet, une personne que l'on peut nommer dans ses ennemis et j'avoue être perplexe même juste face à l'idée qu'elle en eût. Toutefois, je ne sais vos relations et fréquences de retrouvailles. Nous ne sommes pas assez proches elle et moi, pour avoir partagé nos histoires paternelles respectives.

Son regard se perd brièvement et elle pose ses azurs sur son invité, le regarde manger d'un bon appétit ce qui était toujours apprécié en tant qu'hôte, alors elle eut un large sourire bouche close, laissant apparaître ses fossettes.
Bref, elle change de sujet et revient sur la fonction de chef de cabinet qu'occupe Ravaillac.

    En tant que chef de cabinet êtes-vous amené à voyager souvent? Ou y a t-il plus disons une nécessité de rester à proximité du chef de famille Leffe? En soi, j'imagine que c'est un emploi prenant et de toutes heures? ...

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