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[RP] Ohé, ohé, Capitaaaaaine abaaaandonnééééééééééé

Archibald_ravier
    Ouh, ouh, ouh
    Ils sont partis pour gagner
    Ouh, ouh, ouh
    Mais ils ne sont jamais rentrés
    Les rugissants du Pacifique
    Les remous des torts en Afrique
    Ont brisé leurs rêves magiques
    Où ils sont tombés

Ils avaient traîné des jours.
Il fallait s'organiser. Revenir en arrière pour faire des adieux définitifs à des êtres aimés.
Se faire envoyer bouler. Fois deux (sans passer par la case départ et sans toucher 1000 écus).
Cogiter. Fois dix mille.
Trimballer de la marchandise, encore et encore.
Passer du temps à bord. Vérifier. Arrimer. Régler des détails au port. Vérifier que l'équipage est à bord.
Assigner des couchettes. Des tours de quart. Vérifier. Contrôler. Imposer. Diriger.
L'angoisse...


    Ouh, ouh, ouh
    Vers quel océan secret
    Ouh, ouh, ouh
    Le vent les a emportés?
    Ils ont retrouvé la lumière
    Ou
    La liberté

Alors, quand à la mi-nuit du 18 juin, ils avaient largué les amarres c'était... Ben pas du tout la liberté qu'il avait ressenti, en fait.
Plus une chape de plomb, ou plus exactement comme s'il venait de gober tout rond l'iceberg qui coulera le Titanic quelques siècles plus tard. La glaciation des entrailles.
Cinq mois à jouer un rôle, cinq mois à faire comme si tout allait bien se passer, cinq mois à trembloter en silence. Cinq mois à supporter la confiance aveugle de son futur équipage. Et s'il allait tous les tuer dans le premier orage saisonnier, hein ?


    Ohé, ohé, capitaine abandonné
    Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier
    Sonnez, sonnez, les sirènes au vent salé
    Sonnez, sonnez la dernière traversée

Cinq mois à jouer un rôle l'ont rendu facile à habiter. Grâce à Faust, il en a même l'habit. Un habit coupé parfaitement, qui lui va comme une seconde peau. Rien ne gratte, rien ne dépasse. Un habit-armure qui l'empêche de jeter son angoisse à la face de son équipage. Il n'y en a qu'un qui en fera les frais, à qui la gorge nouée murmurera une trouille absolue alors que le navire, halé, quittait lentement le port de Blaye.
Un habit-armure qui lui permet de jouer son rôle à la perfection.


- HISSEZ LES VOILES NOM DE DIEU !

Merci Faust, vraiment. Paupières closes un instant (mais pas trop, imaginez qu'un goéland lui refuse la priorité et qu'il provoque un carambolage sur l'estuaire, hein !), Archibald adressa un remerciement muet à son ami, là bas en partance pour l'Italie.
Puis il abandonna la barre le temps d'aller remercier d'un geste du bras les deux petits bateaux pilotes qui remontaient leurs treuils et retournaient déjà vers l'entrée du port.
Dieu, comme il avait envie de retourner avec eux !
Mais la marée n'attend pas, surtout lorsqu'il s'agit de remonter un estuaire vers son embouchure.
Alors, stoïque, droit dans ses bottes - dès demain il serait pieds nus, ça glisse moins - il retourna à la barre. Concentré, il ne prêtait pas attention à son équipage, plus que détendu, qui commençait déjà à se balader à poil sur le pont. Enfin, UN membre de l'équipage. L’exhibitionniste de service. Son amant.
Lorsque ce dernier le rejoignit, un peu plus tard, il ne remarqua pas qu'il n'avait toujours pas d'habits. Il se contenta de puiser du réconfort dans la présence à ses côtés, sans lâcher l'horizon du regard. A en oublier aussi le changement de quart.


    Ouh, ouh, ouh
    Si tout ces lieux t'ont fait rêvé
    Ouh, ouh, ouh
    Tu peux toujours t'embarquer
    Mais si la tempête t'enlève
    A l'heure où ton rêve s'achève
    Garde bien ces mots sur tes lèvres
    Ou
    Ta liberté

L'aube le trouva toujours à la barre. Plus détendu. L'estuaire et ses bancs de sables étaient franchis, et le navire était en pleine mer. Le roulis sous ses pieds était plaisant. Archibald se découvrait le pied marin, et la brise iodée dans les épis sombres de sa tignasse lui procuraient un plaisir farouche.
Le vent allait pourtant plein nord quand ils voguaient plein sud. Il faudrait tirer des bords.
Les cris des mouettes et des goélands les accompagnaient et, alors que le soleil montait lentement, Archibald y alla de son rugissement.
Libérateur.




Ohé, ohé, capitaine abandonné
Ohé, ohé, mets des ailes à ton voilier !

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Opaline.
Ce premier soir dès son arrivée, elle fut mise à contribution. Elle faisait partie de l’équipage, ouai là ils sont mal barrés, alors elle devait obéir aux ordres du capitaine. Sans poser mille questions ? C’est pas gagné mais la blonde se tait et attend de voir la suite. Et les ordres il en tombe et pas qu’un peu ! Qui dort avec qui ! Quid des quarts à prendre !

Bizarrement personne discute les décisions et la blonde s'en amuse quand elle croise le regard de son frère, même si elle pensait au moins avoir une cabine seule pour cette première partie de voyage. Richard et elle allaient devoir ruser pour se trouver quelques moments d'intimités et déjà son esprit part dans des stratagèmes et idées plus ou moins loufoques pour cela n'écoutant que d'une oreille distraite la suite de la discussion.

Puis enfin il faut larguer les amarres ! Opale sort de ses pensées et suit les autres, regarde faire attentive, et la voilà qui s’échine sur un nœud bien trop serré et tendu pour ses mains fines de tisserande. Ça lui vaudra une chute sur le fessier, quand il lâche enfin, merci les jupons qui ont amorti un peu le choc, les mains rougies sans oublié deux ongles cassés. Mais la blonde râle pas et sourit pour pas que le Cap s’inquiète de trop. Vu comme il réagit à sa chute c’est pas le moment de le stresser encore plus. Ordre, encore un, de mettre des gants lui tombe dessus dans la foulée et elle hoche la tête, obéissante pour le coup.

Elle essaie de détendre l'atmosphère, parle de prendre des bains de soleil toute nue, bah oui les marques de vêtement sur sa peau très peu pour elle, mais Archi veut pas et voilà que Jorgen se met à nu ce qui amuse la blonde. Pas de gène entre amis n’est ce pas ? Et puis il fait sombre.

La blonde épuisée par le voyage de Bordeaux à Blaye, les aux revoir avec Minnie, l'excitation de cette nouvelle aventure qui se profile a l'horizon, finit par les laisser sur le pont et rejoint Richard pour un moment câlin sage entre deux portes avant de rejoindre sa chambre et la petite Fy avec qui elle dormira tout le voyage.

Cette première nuit, elle découvre qu’elle est malade dès qu’elle s’allonge pour dormir. L'impression qu'elle va tomber de la couchette, comme quand elle est ivre lui donne la nausée. Du coup elle se relève silencieuse et prend son journal qu'elle n'utilise que rarement et note sur une page vierge quelques mots.




18 juin 1467 bien après la mi nuit
Nous avons quitté Blaye sur le Refuge Volant.
Ma féminité en a déjà pris un coup : un bleu aux fesses et deux ongles cassés.
Note perso : me couper les ongles à ras et ne plus oublier les gants.
J'ai le mal de mer dès que je m'allonge pourvu que cela ne dure pas..


Elle va ranger le carnet dans la malle qu'elle à ouvert, va couvrir Fy de sa couverture, lui baise le front tendrement et se réinstalle sur la couchette, ferme les yeux calée assise contre les coussins sur la couchette. La nuit va être longue...Dormir assise ce qui est loin d’être pratique, mais quand même mieux que de gerber toute la nuit, lui laisse l’occasion de découvrir que le silence est tout relatif sur un bateau en pleine nuit. "Vivement demain !" sera sa dernière pensée avant de sombrer pour les dernières heures lunaire dans les bras de Morphée.

_________________
Opaline.
Seule dans la cabine, la blonde fait un peu de rangement pour une fois. C'est que c'est loin d'être grand. C'est même minuscule et qu'il faut être organisé et méthodique pour ne pas être vite envahit par les choses. Les deux couchettes sur un coté pour dormir, les deux malles de la blonde de l'autre et le hamac pendu au milieu ça faisait vite bordel. Sans oublier les affaires de Fy et sa propre besace qui traîne dans un coin, ballottée d'un coté a l'autre de la pièce au grès du roulis du bateau.

Alors Opale profite que Fy ne soit pas là pour nettoyer et ranger. Les couchettes sont refaites proprement, les coussins et couvertures pliées, le tout calé dans le hamac qui servira de rangement quand personne n'y dort. Les vêtements propres sont pliés et remis dans la malle ouverte, alors que les autres sont posés sur la malle fermée. Le seau qui sert de pot de chambre est vidé et rincé en le faisant glissé jusqu'aux vagues, grâce a une corde part le hublot puis remonté et remis sous une couchette. chaque chose est rangée à sa place, calée et la cabine semble a peine plus grande mais en tout cas moins en bazar.

Depuis le début de cette aventure elle n'avait pas encore pu prendre le temps de se poser vraiment et prendre soin d'elle. La vie sur un bateau c'est bien mais peu pratique quand on est une femme. Déjà juste pour ses besoins il lui faut a chaque fois revenir dans la cabine pour avoir un peu d'intimité alors que les hommes bah..ils peuvent faire par dessus bord en faisant attention au sens du vent. Et puis pour se laver c'est contraignant d'aller chercher de l'eau dans les réserves puis la ramener jusqu'à la cabine pour faire une toilette sommaire parce qu'un seau bah ça suffit pas pour la miss qui avait l'habitude de prendre un bain chaque jour ou presque. Mais elle pouvait pas leur demander, ils avaient déjà tellement tous a faire. Elle voulait pas être un poids pour eux alors, elle se débrouillait comme elle pouvait et petit a petit elle prenait ses marques et son rythme dans cette vie a huit clos.

Bref aujourd'hui plus qu'un autre jour elle avait besoin de se laver et se sentir propre. Elles avaient débarquées dans la nuit et elle se sentait sale, poisseuse et... salée. Mouai ça aussi sa peau, ses cheveux tout étaient salés ici et l'impression qu'elle s'asséchait au fils du temps. Et cela ne faisait même pas une semaine ! Surement pour ça que les marins ont tous la peau comme du parchemin. Arff elle veut pas ça là blonde ! Pas question ! Ce soir elle prendra un vrai et long bain à l'eau douce !! Et elle prendra soin d'elle de la tête aux pieds. Elle demandera a Richard de lui préparer son bain.

En attendant, elle se donne un coup de linge mouillé sur le visage et le cou, les bras pour se rafraîchir. Il faudra faire une lessive rapidement. Son regard tombe sur son carnet et elle va le prendre, s'installe a coté de la malle ouverte et écrit quelques mots.




23 juin 1467 sur l'océan près de Mimizan.
Je sais utiliser un hamac sans me casser la gueule.
J'ai enfin attrapé deux gros poissons avec mon filet ! Il était temps !
Elles ont débarquées, je me déteste... ce soir je prends un bain !

Elle soupire, range le journal, et sort de la chambre, remonte la coursive et se protège les yeux contre le soleil alors qu'elle arrive sur le pont. La blonde est vraiment heureuse d'être du voyage avec eux. Malgré quelques inconvénients dont elle finira par s'accommoder, elle adore voyager sur un bateau. Son regard cherche Richard inconsciemment et l'amour qu'elle a pour lui éclaire sa frimousse qui s'illumine d'un sourire alors qu'elle le regarde vaquer a ses occupations puis elle se secoue et met ses gants pour s'occuper de son filet à l'arrière du bateau pour ne gêner personne avant d'attaquer son quart se demandant ou se cache Fy.

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Archibald_ravier


Journal de bord du navire

25 juin, Mimizan
Con de vent de merde, obligé de tirer des bords pour avancé, même sortir du port est galère.

26 juin
Sa avance pas se voyage. Y'a que Richard qui comprend un peu a quel point s'est chiant. Le Refuge fai se qu'il peut, mai il peu pas bocou avec ce vent merdique.

27 juin
Bien avancé aujourd'hui.

28 juin
Le vent a encore tourné. Se voyage ne va jamai finir. Le Refuge grince de partout, avec ses voiles toutes moles.

29 juin
On avance bien aujourd'hui, sa souffle fort au loin, mais on passe au large.

30 juin.
Et voila, on tire encore des bords. Même le navire en a marre, j'le sen.

1er juillet.
On tourne enfin au cap ouest, plein sud maintenant.
Sa avance enfin un peu mieux.

2 juillet
Le Refuge est vraiment un bon petit navire. Il tire des bords sans rechigné, il vire un coup sur babord, un cou sur tribor, et il avance.

3 juillet
Plus calme se jour, mais c'es pas grave, l'équipage travaille bien et ne semble pas aussi préssé que moi d'arivé au port. Il s'en foutent bien de pas arivé à temp et de rater le dépar pour Alexandrie, eux.

4 juillet
Porto en vu, Ah ! Je le savé. Le Refuge a doné bocou, à avancé vers le sud avec un vent presque toujours souflan vers le nord ouest. J'ai pris un peu au large et le ven a miraculeusement tourné. Plin est pour entrer en ville comme Papa dans Maman. Du velours.


Nu sous le ciel étoilé
Les voiles gonflées de bonheur
Les poissons chantent en choeur
Les crevettes (les crevettes)
Me crient olé, olé olé


A la barre de son navire, Archibald souriait. Détendu. De plus en plus détendu.
Il avait abandonné sa tenue de Capitaine, la réservant pour entrer dans le port. D'ailleurs, la dernière fois qu'il l'avait portée, boutonnée jusqu'au col et tignasse impeccablement peignée sous le tricorne, ce n'était définitivement pas pour un usage officiellement reconnu par la Marine. Pieds nu, chemise ouverte et braies éculées et confortable, il avait déjà l'air d'un vieux loup de mer, ou presque.
Il manquait juste un peu de vent pour ébouriffer ses cheveux.
Les voiles claquaient mollement sur les vergues, et il s'en moquait.
En quinze jours, il avait retenu que la Mer choisissait, et lui, il se pliait à la volonté de cette maîtresse exigeante. Si ça c'était pas la preuve que le mâle est moins relou que la femelle, j'me demande ce qu'il vous faut.
En quinze jours, il était aussi tombé amoureux de son navire. Une belle cogue, à la proue plus longue que la moyenne, pour laquelle une sculpture était en cours de réalisation sur le pont. Il fallait bien occuper Jorgen quand il ne crapahutait pas dans les haubans, aussi leste qu'un singe de cirque.
Ah, il n'en avaient tous que pour les rapides naves génoises, petites et très à la mode cet été. Eh bien, il leur montrerait lui, qu'avec son joli petit veau-bateau, même en se galérant sa mère avec le vent, on avançait !
Il repensait à son odieuse tirade, aux horreurs qu'il avait dites sur ce navire sans même l'avoir vu, et à l'ami qui le lui offrait, qui plus est. Oh, comme Faust pourrait se moquer, s'il voyait le regard de mère poule dont Archibald couve navire et équipage, encalminé à quelques encablures du port de Porto.
Regard de poule s'embrase un peu, à regarder travailler le jeune coq, ciseau à bois et maillet en main.
Il fallait profiter de ce semblant d'intimité, car de Marseille à Alexandrie, la cogue serait pleine à craquer. D'amis et d'inconnus.

Ah, qu'il était beau son bateau... Définitivement le plus beau des bateaux ! (chachacha !)

_________________
Opaline.
Le 5 juillet 1467
Escale a Porto Portugal


Après 15 jours de navigation sur le Refuge, la blonde posait le pied sur la terre ferme. Et il était peu stable. Etrange impression de ressentir comme si elle allait tomber alors que le sol est ferme et ne tangue plus. Il lui faut quelques instants pour s’y faire mais c’est les yeux brillants d’excitation et de plaisir qu’elle marche direction la ville. Situé au nord du Portugal, bâtie sur des collines le long de la rive droite du fleuve Douro. Porto les accueille.

Et la blonde main dans la main avec Richard se perd dans les ruelles escarpées et laisse ses cinq sens la guider. Tout l’enchante, les musiques si différentes, la langue qui semble chanter a son oreille. Et leurs plats savoureux et gargantuesques. Elle tente de discuter avec quelques femmes s’amusant de l’incompréhension et des quiproquos mais fini par se faire comprendre et se faire offrir des pâtisseries qu’elle partagera avec Richard. Elle aura obtenu qu’on leur lave leurs affaires par quelques lavandières contre rémunération.
La première journée passera a visiter ainsi la ville, le port et surtout le marché, lieu si prisé par la blonde ou elle fait le plein d’étoffes légères chatoyantes de couleur ainsi que de quelques tonneaux de vin si bien nommé Porto, qu’elle fera livrer sur le bateau, profitant qu’Archi et Jorgen y soient restés, accompagné d’un petit mot.



Coucou Archi,
J’espère qu’il reste un peu de place dans la cale, j’ai fait quelques achats !
Tu peux s’il te plait, montrer aux livreurs ou poser les deux petits coffres de rouleaux de tissus et les 3 tonneaux de Porto ? Parait qu’il se garde plutôt bien.
Venez vite ! C’est une belle ville et les gens sont accueillants.
Tendres bises
Opale


La fin de journée se clôturera par l’achat d’un appartement meublé et d’un baquet immense pour un bain à deux. épuisée la blonde sourit heureuse tout en retirant un a un ses vêtements jonchant le sol en un chemin jusqu'à se trouver nue devant le baquet plein d’eau tiède. Le bras se lève dévoilant les courbes d’un corps souple et ferme doré et gorgé de soleil pour ôter les piques de la chevelure blonde qui libérée se déploie et s’enroule jusqu'à la croupe rebondie.
Immersion totale de la jeune femme dans un soupir de bien être la nuque gracile se pose sur le rebord en bois alors que les yeux se ferment juste avant d’appeler un peu curieuse de savoir ou il est.

Richard ?

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Gendry.
Dix juillet 1467.


Une nuit de quart s'achevait. Navire à l'ancre toute la nuit, pour cause de vents mous et contraires. Archibald avait envoyé l'équipage au lit, désirant rester seul pour veiller son navire au mouillage. Il fut vite rejoint par un amant emmitouflé dans une couverture, qu'il laissa dormir contre lui, caressant les boucles brunes, et repoussant la truffe curieuse d'un lévrier en mal de course. Ce n'est qu'à l'aube qu'il le secoua légèrement, après avoir fait le tour du navire, encore une fois, et pris le vent.
Une mince ligne pâlissait du côté de la terre, alors que coté Océan, là d'où venait le vent, les étoiles étaient encore hautes. Il baisa une tempe, et murmura, tout bas :


- Réveille toi Poussin, on va tenter de repartir avant l'aube et l'changement de quart.

Mais il n'attendit pas de réponse, et pris son temps pour grimper dans les haubans, ne donnant qu'un peu de toile. Le vent n'avait pas tourné, de toutes façons, et il s'agissait de ne pas se faire drosser vers la côte.
La veille, il avait pris soin de positionner son navire correctement, tendant une ancre à l'avant, laissant un peu de mou à celle de poupe, dans l'espoir fou que le vent tourne pendant la nuit. Il n'avait pas tourné, mais le cap' était las d'attendre. Il ahana seul au cabestan, pour remonter l'ancre de proue, et s'en alla bloquer la barre dans la bonne direction, donnant au passage encore un peu de mou à la chaîne de poupe.
Puis il alla s'accouder au bastingage, à la proue, cheveux au vent.

Jörgen n'avait pas tardé à rejoindre son époux pour cette nuit de quart, où, niché contre lui il s'était ré-endormi rapidement. Il ne vit pas passer la nuit, bercé par les roulis des vagues sous le navire à l'ancre et la légère secousse inhabituelle lui fit ouvrir les yeux qu'il referma bien vite, s'étirant.
Quelques minutes plus tard, couverture soigneusement repliée, l'adolescent chercha des yeux son Capitaine qu'il découvrit au bastingage, dans la lumière du soleil peinant à se lever.
Il était beau. Magnifique même, en ce septième anniversaire de mois de mariage.
Lentement, il s'approcha, et lorsque la distance fut suffisamment mince, il s'éclaircit la voix, la bouille encore ensommeillée.

- Bonjour Archibald. Sourire vint orner les lippes juvéniles et il reprit : Tu es si beau de bon mat...
- Chuuut... fit Archibald en se tournant vers son amant. Donne moi ta main.
Il l'attira à lui, délicatement. La lumière venue de la côte dorait sa peau bronzée, et faisait luire le vert de ses yeux. Il s'y noya. (bonus niaiserie +3000).
- Et ferme les yeux. Allez !
Dès que le vert se ferma, il l'attira tout près du bastingage. Prunelles fermées, l'adolescent se mit à sourire encore.
- Monte là dessus. Accroche toi au garde fou. N'ouvre pas les yeux, ne regarde pas.
A tâtons, l'éphèbe posa le pied au hasard et trouvant la prise suffisamment stable, y joignit le second pied avant de poser les mains fines sur le garde fou.
- Je n'regarde pas, confirma-t-il.
- Monte sur la balustrade.
Jörgen s'y hissa, sourire s'agrandissant alors qu'il imaginait ce qu'avait bien pu prévoir son amant.
Archibald grimpa derrière lui, se cramponnant au filin du foc, pour le sécuriser.

- Redresse toi. Tiens bon. Garde les yeux fermés. Tu as confiance en moi ?
Droit, le visage face au vent, pleinement confiant il opina.
- J'ai confiance en toi.
Lentement, Archibald décrocha les mains de son amant, et lui fit tendre les bras.
- Très bien. Ouvre les yeux.
Les deux mains du Capitaine enserrèrent fermement la taille de l'adolescent.
Gloussement s'échappa de la bouche du jeune hommes alors qu'il sentait le vent secouer ses cheveux en tout sens, bras tendus.

- Oh ! Je vole ! Archi ! Je vole !
Archibald enlaça plus étroitement son mari et laissa les minutes s'égrainer, alors que sur leur gauche, le soleil se levait. Puis il tendit les bras, lui aussi, et entrelaça ses doigts à ceux de son mari. Bouche tout contre son oreille, il murmura :
- Joyeux sept mois de mariage, Bébé.
Sourire radieux n'avait pas quitté les lèvres de Jörgen et il observa l'horizon avant de ramener lentement les mains entrelacées sur son ventre. Tout doucement, il tourna la tête vers la bouche contre son oreille pour l'embrasser longuement.
- Joyeux anniversaire mon bel Amour.
Archibald frissonna quand une main gracile se glissa sur sa nuque, et il affermit sa prise sur le ventre plat et nu de son amoureux, prolongeant le baiser aussi longtemps que le leur permettait leur situation précaire.

Une chose est certaine. Avec un tel niveau de niaiserie, on pourra jamais en faire un film. Mais Archibald, lui, il montera sur cette putain de planche, si le navire coule !
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