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[RP] La naissance d'un mythe.

Aimbaud
[Château Gonthier.]


Le doux mois de juillet arrivait à terme, en pleine mie de l'an 1457. Et bien que les températures estivales n'étaient pas caniculaires - poil aux glaires - c'était une période fort sanguine pour l'Anjou, une ère nouvelle, fragile, qui s'amorçait avec la régence de XIX de Penthièvre. Penthièvre ! Toujours Penthièvre, partout Penthièvre. Un nom bien souvent éructé, craché, gloussé, minaudé, pustulé, et j'en passe... Un nom enchaîné à bien des qualificatifs disgracieux ! Et parfois aussi assorti à quelques trop rares louanges. Passe-passe politiques, douteux lèvements d'impôts, flirts avec le brigandage et l'assassinat, mariages arrangés, règlements de comptes discrets, et un pesant d'or dans les caisses ; oui ! Mais aussi un grand sens de la famille, des valeurs uniques de duchéisme (l'ancêtre du nationalisme), et un taux de fécondité hors concours. C'était ça, les Penthièvres.

Un subtil mélange de crime et de grandeur, admirablement dosé. Comme une caïpirinha.

Et on ne pouvait s'empêcher de convenir à cette idée, quand on se trouvait aux abords de Château-Gonthier, le nez pointé vers les acerbes remparts de la demeure de la duchesse, petite Reyne de l'Anjou. C'était un château vraiment Penthiévresque. Bâtit par la sueur et le sang - et les larmes et la morve - des bons gueux d'Anjou, agrandit au fil des générations, pierre après pierre - car Pierre était un prénom assez répandu à l'époque. Des meurtrières fines comme des cheveux, des créneaux dépoussiérés quotidiennement, un pont levis en bois centenaire, des chaînes robustes, des tours pointues qui piquent, des torchières de chez Leroy Merlin, des gardes qui gardent et des des épées qui font peur. Mais aussi tout autour, des champs touffus de blé mûr qui ondulent au soleil, des ruisseaux grenouillants et des forêts giboyeuses ; ici et là, quelques moulins épars, des lapins, et des gens courts sur pattes qui sortent de la mine où ils tentent de redresser l'économie branlante du duché, en chantant "Hého, hého, on rentre du boulot !".

Ainsi est Château-Gonthier. Une contrée d'une violente douceur...
Votre dévoué narrateur referme ici la page du routard 1457 qu'il vient allègrement de recopier, et se met en quête d'un récit quelque peu plus personnel. Juste un dernier coup d'oeil sur l'encart des restos de la région : on recommande les quenelles de brochet servies avec les arrêtes en guise de cure dent à "L'éternelle andégave". Mais bon bref.



A Château Gonthier, on était en plein habillage. Dans la salle de la garde-robe (eh, il fallait bien au moins une salle, vu la garde-robe) on avait foutu en l'air 36 tenues qui gisaient inanimées par-ci par-là sur les dalles de la pièce. Les fins tissus de soie, brodés, dentelés, bouffants, doublés, crêpés, tout parterre ! Et on marchait dessus avec ses petits souliers pointus. Rien n'allait ! Tout était trop maigre, rien d'assez contenant pour un ventre qui depuis sept mois et des brouettes n'en finissait pas d'enfler, à cause de la petite graine qu'on y avait mis, et des choux au beurre qu'on s'enfilait à la douzaine. La faute à Corbigny !
Aimbaud écoutait tout cela d'une oreille distraite, la tête en bas comme un lémurien. Parfois on le secouait un peu trop alors il refilait un coup de talon au plafond. Il avait trouvé une nouvelle occupation, celle de pousser sur l'embouchure avec sa tête. Ca faisait un bruit marrant, genre "BlooOOouiglp" parce qu'il remuait les intestins. Mélomane avant l'heure, il s'intéressait à toutes sortes de sons : aussi bien le "BlooOoouiglp" que les cris suraigus de sa mère, que les battements de coeur, tout ça tout ça quoi...

Mais alors qu'il refilait un petit coup de boule dans le bas-fond, ce ne fut pas un "BlooOoouiglp" qu'il entendit, mais plutôt un vieux bruit d'évier qu'on débouche.


- Marrant !

Attendez... Y'avait une couille dans le potage. Il cessa de rire comme un gamin, car il se rendit compte que sa piscine personnelle, le jus dans lequel il nageait pépouse depuis toujours, était en train de se vider de son caisson. Paniqué, il essaya de reboucher le trou. Impossible... La vidange était enclenchée.

- Non non non ! Revenez, les eaux !!
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