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[RP ouvert] Un retour au pays difficile

Matt...
Salutations joueurs !
Ce rp est ouvert parce que je débute avec ce personnage et que le BG est en train de se construire mais que j'ai quand même envie de rp un peu. Donc n’hésitez pas à participer, en PJ ou PS si votre perso est susceptible de croiser le mien. je suis restée vague volontairement sur le lieu où il se trouve, soit quelque part après la frontière dans les Alpes françaises. Pas la peine de me Mp avant, sauf si vous avez des questions.
Au plaisir de croiser votre plume !


La selle craqua dans le silence quand il changea de position pour soulager son dos douloureux par la longue chevauchée. Comme pour protester contre le changement de position de son chargement humain, l'étalon alezan renâcla un peu, son souffle se condensant dans l'air froid. Faisant rouler ses épaules, Matt replaça son grand arc de guerre pour que le bois s'enfonça dans un endroit moins inconfortable de son dos. Couvert de poussière, il avait un peu l'impression d'avoir emporté tout le désert avec lui, ce qui n'était sans doute pas loin de la vérité. Resserrant les pans de sa cape autour de lui pour essayer de couper l'air glaciale de cette fin d'hivers dans les Alpes française, il se demanda qu'elle idée il avait eu de rentrer à cette période de l'année. A croire que le soleil du désert brûlant des croisades lui avait cramé la cervelle au même titre qu'il avait fait virer sa tignasse blonde à presque blanc.

Mais il faut dire qu'après plusieurs années passées à combattre les Hérétiques, quand son supérieur lui avait annoncé qu'il avait fais son temps, il n'avait pas réfléchis à deux fois avant de sauter en selle pour traverser l'Europe vers son pays natale. Sans tenir compte une minute du mois de l'année, et le rhume qu'il préparait allait le lui faire regretter. Plutôt grand avec son mètre soixante dix, il était tout en muscles secs de par sa longue pratique des armes. Il avait par contre un visage aux traits fins, angéliques, avec de grands yeux gris vert et de longs cils pour lesquels les femmes seraient prêtes à tuer. Une longue cicatrice venait couper sa joue gauche en deux, loin de gâcher sa beauté, la rehaussant comme pour la rendre plus sauvage. Mais c'était par son talent à l'arc et à l'épée qu'il s'était imposé au combat lors des Croisades.

S'arrachant à ses souvenir en poussant un soupire, Matt décida de se remettre en route afin d'essayer de trouver une auberge pour la nuit, et surtout un repas chaud. Sans quoi son cul comme son estomac allait penser qu'il les avait abandonné.


Allez en route Muharib... Je refuse de passer encore une nuit dehors à crever de froid dans un fossé.

Comme pour confirmer le désir de son maître, l'étalon arabe se lança dans un petit galop rapide sur le chemin poussiéreux. Un peu plus ou un peu moins de crasse de toute façon.... Mieux valait cela que la pluie et la boue. Après quelques heures de plus à parcourir les routes de France, le duo fit enfin halte dans une petite ville au nom aussi inconnu que la localisation. Du moment qu'il avançait vers l'ouest, Matt pensait bien tomber un jour où l'autre sur une ville connu pour s'orienter. Le soleil tombait rapidement sur l'horizon, forçant le voyageur à se trouver rapidement une auberge, ou au pire une taverne dont il pourrait squatter la grange pour la nuit.

Finalement la chance lui sourit, lui permettant de trouver une petite auberge certes pas luxueuse mais qui avait le mérite de paraître bien tenue, pas comme certain bouge qu'il avait habité le temps d'une nuit. Descendant de selle, il étira sa silhouette athlétique pour essayer de dénouer ses muscles crispés. Un gamin à l'air famélique se précipita vers lui pour s'occuper de son cheval couvert d'écume. Lui tendant un sous qui fit rayonner le garçon, il recommanda.


Bouchonne le bien. La route a été longue.

Bien M'sieur !

Et attention, il mord.


Intelligent, le gamin s'écarta prestement de la tête de l'animal pour s'éviter un coup de dent. Récupérant ses sacs de selle qui contenait à peu près toute sa vie, Matt entra dans l'auberge et s'avança vers le comptoir. Adressant un petit sourire à la serveuse qui ne devait pas avoir plus de vingt ans et qui le dévorait des yeux, il posa une poignée d'écus devant le propriétaire des lieux. Il avait l'habitude de plaire, à croire que son joli minois si féminin plaisait aux femmes comme la flamme d'une bougie attire les papillons. A contrario, les hommes se moquaient facilement, du moins jusqu'à ce qu'il commença à leur faire cracher leur dents pour leur prouver qu'il était bien un homme, et surtout un combattant bien entraîné.

Bonsoir l'aubergiste. J'aurai besoin d'une chambre pour la nuit, du fourrage pour mon cheval et de ce que tu peux proposer pour dîner.

La route a été longue à ce que je vois M'sieur. Peut-être voulez vous un peu d'eau chaude pour votre toilette ?

Pourquoi pas ? Mais t'embête pas à me faire préparer un bain. La poussière reviendra demain. Juste de quoi l'empêcher ce soir de tomber dans l'écuelle pendant que je mangerai.


Une fois payé son dû, Matt se laissa guider par la donzelle aux yeux de biche qui lui faisait ouvertement du charme. Non pas qu'il n'en était pas flatté, mais cela ne l'avait jamais intéressé. Ce qui bizarrement ne faisait que renforcer son attrait aux yeux des femmes, et nourrissait les moqueries des hommes. La fille posa la vasque avec l'eau chaude et un linge propre sur une guérite, alors que lui-même déposait ses sacs de selle sur la table. La chambre était petite mais propre. Non pas qu'il s'en soucia. Après des années à dormir dans le désert avec les scorpions et les serpents, les locataires indésirables des paillasses ne le dérangeait pas outre mesure. Sauf les puces... Cela grattait horriblement.

Une fois seul, le Croisé enleva sa cotte de maille ainsi que son vêtement en dessous qui ne portait de chemise plus que le nom. Sortant la dernière propre de son bagage, il songea distraitement qu'il était plus que temps d'arriver. De larges bandages couvraient son torse nu jusqu'à la taille, masquant les cicatrices du combats, car personne ne revient intact après des années de guerre, malgré tout son talent, mais aussi les malformations de naissance qui le faisait souffrir plus moralement que physiquement. Il s'y était fait au fond. Ôtant le gros de la poussière et de la crasse, il enfila rapidement sa chemise propre ainsi qu'une tunique de cuir souple, se refusant à remettre sa cotte pour ce soir. Mais il ceignit son épée car un homme prudent est un homme qui vit longtemps. Il renoua ses cheveux blond si pâle en une vague attache à l'arrière de sa tête.

Prêt, il redescendit à la grande salle afin de dîner car il en sentait un besoin plus que pressant, s'étant contenté de viande séchée sur la journée. S'attablant, Matt attaqua avec appétit la part de ragoût brûlant et consistant, quoi qu'un peu fade, qu'on lui servit. Mais quand on a faim, on ne regarde pas le contenu de son écuelle. Le regard gris vert parcourut la salle plus par habitude que par crainte d'ennui. La bière non plus n'était pas mauvaise et avait le mérite de réchauffer le corps aussi bien si ce n'est plus que le repas. Écoutant d'une oreille distraite les conversations des gens autour, paysans du coin comme voyageur de passage comme lui, il laissa la chaleur faire son effet et engourdir un peu son corps fatigué.
Elebore
Elebore, elle, n'avait pas eu droit à un quelconque traitement de faveur à son arrivée quelques heures plus tôt. La serveuse avait disparu quelque part à l'étage, certainement pour servir un client plus mignon et plus argenté, et l'aubergiste s'était contenté de lui indiquer une chambre libre, et qu'elle pouvait bien se débrouiller ensuite toute seule...

Rongeant son frein face à l'accueil qui ne valait pas les pièces qu'elle venait de laisser sur le comptoir, Elebore avait déposé ses affaires dans le placard qui lui servait de gîte pour la nuit, avant d'aller trouver des bains publics, ou elle paierait moins cher que de faire monter de l'eau chaude dans un baquet. A y réfléchir, celui-ci ne devait même pas entrer dans la pièce ou elle logeait.

Elle remercia intérieurement la providence quand elle finit par trouver l'établissement recherché, et elle plongea sa carcasse déliée dans l'eau, non sans délices. Elle lava ses cheveux clairs striés de gris, merci papa, ainsi que son corps dépourvu de courbes, merci maman. Après être certaine d'avoir frotté toutes les parties possibles et imaginables de son anatomie, elle finit par se rhabiller avec sa tenue de voyage, tendant à l'androgynie et la praticité pour parcourir les routes.

A l'heure du repas, il ne restait plus beaucoup de places dans l'auberge ou elle avait posé ses quelques affaires. Elle avait traîné pour quitter les bains publics, et elle s'installa devant un homme aux cheveux noués en arrière qui finissait son repas. On lui apporta son repas, et une bière, et Elebore relâcha, un peu, la tension qui l'habitait, pour entamer son repas, sans prêter attention à ceux autour.
Ce fut seulement quand il posa ses yeux sur elle, alors qu'il observait son environnement, qu'elle se raidit. Avalant sa bouchée, elle planta son regard vert farouche dans celui de son vis-à-vis.


Quoi ? T'as un problème ?

Elébore connaissait le résultat général des équations type "taverne remplie de testostérone + bière à flot", et cela n'était généralement pas bon pour elle. Ainsi, la carapace fut mise en place, l'agressivité comme toute réponse à une éventuelle tentative d'approche. Cela les décourageait assez vite, et les prédateurs se reportaient alors généralement sur une proie plus docile ou plus agréable à l’œil. Pour les plus insistants, elle avait une dague dans sa botte, qu'elle utilisait sans scrupules.
Matt...
Son repas terminé, Matt finissait tranquillement de boire sa bière, son corps appelant à grand cris la paillasse qui l'attendait à l'étage. Il faudrait qu'il pense à bien en fermer la porte s'il ne voulait pas avoir la visite amicale et indésirable de la serveuse qui le regardait avec des yeux de Chimée. Cela lui était déjà arrivé du temps où il courrait les routes avec Jean et son Duc de père. Le vieux avait bien rigolé, lui beaucoup moins... Sans parler de Jean qui avait fais un peu la gueule, sans qu'il sache pourquoi entre le fait que la serveuse soit venu le trouver lui ou le fait que quelqu'un ait essayé de se glisser dans le lit de son frère de lait. Difficile à dire... Et puis il n'avait guère pu en parler car le Duc l'avait expédié aux Croisades peu après. Là aussi, il n'avait pas bien compris pourquoi.

L'auberge se remplissait peu à peu. Visiblement il n'y avait pas de taverne dans cette ville, village, bref, il ne savait pas trop comment appeler ce regroupement de maisons, de sorte que tout le monde venait ici. Et comme après c'était les montagnes et l'Empire, et bien les voyageurs aussi en profitaient, soit pour une dernière nuit au chaud avant la montée glacée, soit comme lui pour se réchauffer après. Les lieux devenaient même carrément bondés de sorte qu'une fille s'installa en face de lui pour manger. D'ailleurs il ne savait pas trop s'il devait dire fille ou femme. Avec ces cheveux argenté c'était difficile à évaluer. Oui argentés, pas gris. Matt en avait pris assez plein la tête avec son minois trop mignon pour ne pas offenser quelqu'un même par la pensée. Enfin comme pour tout, il s'arrangeait parfois avec sa conscience quand elle l'embarrassait trop.

Les yeux gris vert la détaillèrent rapidement, plus par curiosité qu'autre chose, car il n'aimait pas ne pas savoir évaluer quelqu'un. Dans son métier de soldat, une bonne analyse peut vous éviter de vous faire tuer ou de tuer quelqu'un qui ne le mérite pas... Comme ce gamin turque qu'il avait tué en pensant à un soldat ennemi... S'il avait su qu'il n'avait que 13 ou 14 ans, il ne l'aurait pas fait... Ou si... Des fois c'était un peu confus la guerre. Perdu dans ses pensées, il en oublia qu'il regardait la fille et fut brutalement rappelé à l'ordre. Merde...


Quoi ? T'as un problème ?

Matt haussa un sourcil, plus amusé qu'autre chose. Une donzelle qui ne lui faisait pas les yeux doux, c'était assez rare pour titiller sa curiosité un peu plus. La dernière c'était cette vieille peau de vache de cuisinière au monastère. Impossible d'amoindrir le nombre de coup de cravache quand elle avait décidé de le punir. Et il faut dire qu'il avait mis un point d'honneur à mériter chacun d'entre eux. Au vu de la posture crispée de la fille, la foule grandissante de voyageur et de pochtrons la forçait à montrer les crocs. Peut-être qu'on l'avait déjà ennuyer. Elle ne craignait pas grand chose avec lui, du moins certainement pas de finir trousser dans une ruelle ou dans une chambre de l'étage, mais il ne tenait pas particulièrement à passer pour un preux chevalier qui la protégerait. Car une fois la fille persuadée d'avoir trouvé son protecteur, impossible de s'en débarrasser... Un peu comme les puces. Se redressant sur sa chaise en faisant craquer le cuir de sa tunique, le Croisé afficha un sourire amusé et un brin mordant.

Pas d'inquiétude Donzelle, je cherche pas les emmerdes... J'en ai récolté assez à la guerre pour attendre un peu d'être rentré en France depuis plus d'une journée avant de recommencer. Et je n'ai pas envie de compagnie nocturne...

La détaillant des pieds à la tête en s'attardant volontairement sur plusieurs endroits qui risquaient de la faire sortir de ses gonds, il reprit.

Et si j'en voulais... Je pense que je peux me permettre un autre choix...

Matt et les femmes s'étaient un peu le désamour. Il n’appréciait que moyennement leur compagnie, les trouvant trop émotives, trop envahissantes, trop emmerdeuses en somme. C'était un peu pareil avec les hommes en fait. Sauf peut-être les guerriers... Quoi que avec leur grandes claques viriles dans le dos et leur stupides concours de celui qui a la plus grosse ou qui pisse le plus loin, des fois eux aussi, il ne pouvait pas les sentir. Surtout que c'était le genre de jeux auxquels il ne pouvait pas participer à cause de ses foutus malformations de naissance. A la place il leur cassait la gueule pour faire taire les moqueries qui suivaient inévitablement. Y avait que Jean pour le comprendre et le soutenir, parfois en cognant plus fort que lui. Et il lui tardait de remettre la main sur cette sorte d'anguille humaine qui avait la bougeotte.

Comme pour atténuer un peu sa remarque acerbe, Matt laissa un sourire éclairer doucement son visage angélique. Il surprit du coin de l'oeil la serveuse faire la moue en le voyant parler à une fille en étant charmant. Tant mieux... Cela la découragerait peut-être de tenter sa chance dans sa chambre cette nuit. Il n'avait pas envie de l'entendre brailler à la porte et encore moins supplier qu'il la laisse entrer. Il avait horreur des pleurnicherie.


Mangez tranquille Donzelle. Vous n'avez pas à craindre le prédateur que je suis. Je ne tue que les Hérétiques et occasionnellement les brigands ou les abrutis... Le reste me laisse indifférent.

Inclinant légèrement la tête, Matt reprit sa choppe pour la terminer. Il ne lui tardait plus qu'une chose, rejoindre son lit pour que le matin soit là rapidement, afin de pouvoir dévorer encore la route. Et il commençait à se demander s'il ferait pas mieux de rejoindre son cheval à l'écurie. La paille serait peut-être moins bruyante que ce ramassis de clients qui commençaient à faire un tapage de tout les diables.
Elebore
Elebore haussa les sourcils devant le regard de l'homme qui la parcourait de haut en bas, avant qu'il n'assène un jugement ... sans concession. D'accord, elle n'avait rien d'une gravure de mode, et elle ne doutait qu'il n'aurait aucun mal à mettre la serveuse dans son lit, mais tout de même !
Après le nécessaire instant d'ébahissement, elle se retrouva sans répartie et éclata finalement de rire devant son audace. Elle devait reconnaître qu'il avait un charisme particulier, sans bien pouvoir mettre le doigt dessus, qui devait lui permettre de mettre du monde dans son lit. Après avoir calmé son hilarité, elle reprit son calme et concéda un amusé :


J'en doute pas.

Elle eut un regard pour la serveuse, qui le lui rendit plutôt noir et peu amène. Elebore souffla intérieurement, décidément les ennuis lui tombaient dessus bien rapidement aujourd'hui. L'homme reprit la parole, lui disant qu'il n'avait rien d'un prédateur, et elle reporta son regard sur lui.

Ca existe encore les types qui partent en Croisade ?
Moi j'étais avec ceux qui font plutôt du commerce avec eux !


Elebore se retrouva alors à élever la voix sur les derniers mots, car à côté d'eux, le ton était monté aussi, à propos d'une sombre histoire de paies non versés, d'arnaque sur du travail journalier, et cela bardait sévère. Une première chope fut jetée à travers la tablée, passant entre Matt et Elebore, pour aller s'écraser sur un autre homme, qui lui n'avait vraiment rien demandé, et éclaboussant les alentours de bière. Déjà, à sa gauche, cela s'empoignait, et ceux de droite, maintenant parfumés au malt bas de gamme, se levaient pour aller faire entendre leur point de vue à ce sujet.

Pour une fois, elle n'avait rien vu venir, les pensées ailleurs, ne repérant pas les signaux précurseurs à la bataille générale. Elle avait alors généralement la présence d'esprit de prendre la tangente rapidement avant que tout s'envenime et qu'on la prenne à parti. Des années sur les routes lui avaient appris à gérer ce genre de situation, en optant généralement pour la fuite. Elebore se ratatina un peu pour tâcher de ne pas se faire remarquer, et essayant déjà de trouver une voie de sortie. Sous la table, peut-être ?
Matt...
La surprise se peignit brièvement sur les traits délicats du Croisé. Elle avait rit ? Franchement ? La dernière fois qu'il avait parlé ainsi à une femme, elle avait essayé de lui mettre une baffe. Et celle d'avant... Et la précédente aussi... Car les femmes sont d'une espèce susceptible et orgueilleuse. La surprise était donc importante et bizarrement pas désagréable. Comme quoi tout arrive. Surveillant d'un coin de l'oeil l'agitation de la salle grandissante, plus par réflexe que par inquiétude, Matt se pencha légèrement en avant comme pour lui accorder toute son attention. Ce qui n'était pas le cas mais il donnait très bien le change. Seul Jean pouvait prétendre avoir un jour obtenu toute son attention. Et son frère de lait n'avait certainement pas une paire de nichons.

Et puis la curiosité était un de ses défauts. Hors entre la force de caractère qu'elle semblait présenter, la couleur inhabituel de ses cheveux et sa remarque sur le commerce, Matt se sentait d'humeur curieuse. Et puis après des années passées à tuer dans le désert, parler d'autre chose sur ce pays qui avait été le sien par force. Et puis cela lui permettrait peut-être de faire la transition plus facilement entre sa vie d'avant et la prochaine. Les marchands sont connus pour être bavard après tout, hors après tout ce temps, il ne savait même pas qui était à la tête de la France... La politique.... Et puis peut-être qu'elle lui éviterait de errer à travers le pays si jamais elle avait entendu parler de son fuyant presque jumeau...


Je ne crois pas qu'il existe d'homme qui parte aux Croisades... On nous y envoie, pour diverses raisons... Religion, politique, honneur familiale, punition... Seul les monstres tuent par plaisir, hors les monstres prennent rarement le risque d'être tuer lors d'une guerre.

Avant qu'il puisse enchaîner sur le sujet du commerce, la situation derrière eux dégénéra. Il n'avait pas compris tout le charabias des paysans, leur patois ressemblant trop vaguement en français et ne ressemblant pas du tout au rythme chantant de l'arabe. Du coup il avait raté les signes avant coureurs, mettant l'agitation sur l'alcool et le caractère des locaux. Aussi fut-il pris un peu de court quand la choppe de bière vint s'écraser sur le mur derrière lui après être passée entre eux. Pas étonnant que les lieux furent si propres si c'était le même cirque tout les soirs. La bagarre fut générale quelques secondes après.

Et merde...

Un coup d'oeil à la jeune femme en face de lui suffit à lui faire comprendre que non seulement elle ne serait d'aucun secours, mais en plus si lui ne l'aidait pas, elle allait passer un sale quart d'heure. Matt poussa un soupire résigné. Doublement merde... Il n'avait pas envie de jouer au chevalier servant héroïque. Sauf qu'il n'avait plus le choix. Se redressant sur sa chaise, sa main se posa avec une habitude navrante sur la garde de son épée, que nul ne pouvait voir sous la table. Pour le moment.

Quand les affrontements à coups de poings se rapprochèrent au point de devenir risqué pour eux, Matt se leva prestement, sortant sa lame de son fourreau en un geste un millier de fois répété et s'interposa devant la fille avant qu'elle ne se prenne un coup perdu. La lame longue et acérée eu un effet radical sur les belligérants. Ils s’arrêtèrent un bref instant, pour le fixer d'un oeil mauvais. Sans les quitter des yeux, le visage froid et dur, prouvant sans doute aucun qu'il savait se servir de son arme et n'hésiterait pas, le Croisé tendit le bras et attrapa sans grand ménagement celui de sa compagne de table du soir. Il la releva avec énergie et la gardant dans son dos pour faire rempart, il la poussa vers l'escalier menant à l'étage.

Les paysans regardaient avec méfiance cet étranger à la beauté si déplacé sur son corps de combattant. Beauté glacée et dangereuse comme celle d'un serpent venimeux. Une fois engouffré dedans, il la pressa de monter jusqu'en haut, veillant à ce que personne ne les suivent. Après un instant de silence la bagarre reprit mais avec moins de conviction, comme si son intervention avait refroidis leurs ardeurs. Fort heureusement l'isolation n'était pas mauvaise, car le bruit en devint rapidement sourd. Accompagnant la jeune femme jusque devant sa porte, il fut atterré de la savoir si proche de l'escalier et des troubles fêtes.

Encore merde.


Prenez vos affaires... Vous êtes trop vulnérable ici. La porte ne souffrira pas une attaque en force et au vu de votre réaction, vous ne ferez pas le poids face à une visite nocturne non désirée.

Bref silence... Tant pis pour la nuit confortable dans le lit.

Vous dormirez dans ma chambre, elle est au fond du couloir, plus facilement défendable. Vous pourrez même avoir le lit. Je dormirai par terre... Mais décidez vous vite. Sinon je prend mes affaires et je vais dormir à l'écurie et je vous laisse vous débrouiller seule avec nos... amis... du rez de chaussé.

Réfléchir vite, agir, survivre... D'excellentes leçons apprises à la guerre. Décidément, le désert continuait de l'accompagner...
Elebore
Elle ne s'était pas attendue à une digression philosophique sur la nature des croisades. Elle opta alors pour un assentiment tiède, pour ne pas le vexer.

Oh ben... sûrement alors.

Elebore se dit alors que ce n'est pas ce soir qu'elle brillerait par ses remarques intelligentes ou sa finesse d'esprit. Elle n'eut toutefois pas le temps de s'appesantir là-dessus, alors que le chaos emplissait les lieux, et elle ne put trouver d'issue directe ne nécessitant pas d'affronter un ivrogne. Elle remarqua de façon indistincte que son voisin se mettait en mouvement, et sentit qu'il la tirait sans douceur par le bras. Cela lui arracha un glapissement de douleur, avant qu'elle ne râle, le tutoiement venant d'instinct :

Aaaah mais je ne te permets pas !

Autant vous dire que cela ne servit pas à grand-chose dans le tumulte ambiant. Ca y était, ils devenaient tous fous, elle allait finir découpée en tartare, à moins qu'on ne la noie dans la bière tiède. Alors que son sauveur "contre sa volonté" faisait rempart de son corps pour éviter un tel sort, Elebore remarqua son épée et rajouta plus bas.

Bon d'accord, je te permets un peu.

Pas sur qu'il ait entendu, alors qu'il la propulsait sans ménagement dans l'escalier, qu'elle gravit aussi vite qu'elle put, avant de manquer se manger sa propre porte de chambre après avoir trébuché. Elle fouilla frénétiquement ses poches pour trouver la clé, quand l'homme parla, semblant bien plus calme face à la situation.

Mais hein ?

Il était fou ou quoi ?
Elebore regarda la porte de sa chambre, qui n'aurait pas, en effet, résisté aux assauts d'un nain anémique, puis lui. Avant qu'elle ne lui demande ou elle allait dormir, il lui proposa sa chambre, et heureusement qu'elle était un peu en panique, sinon elle lui aurait fait remarquer vertement que ses techniques de drague laissaient à désirer. "Décidez-vous vite", il en avait de bonnes ! Elle pensa aussitôt à la technique des vendeurs sur les foires, disant qu'il fallait ab-so-lu-ment profiter de cette promotion de trois minutes chrono, pour acheter cet accessoire inutile qu'on ne retrouverait jamais à un tel prix ailleurs.


Mais on est pas en train de parler d'acheter un épluche-légumes enfin !

Voilà, ça lui apprendra à parler avant de réfléchir, parce que ça tombait à plat comme réplique.

Oui enfin, c'est pas ce que je voulais dire... Je t'expliquerai.

Réflechir, en voilà une idée qu'elle était bonne. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé avant ? Finalement, Elebore ouvrit à la volée la porte, qui manqua se dégonder au passage, et rassembla les quelques affaires éparpillées dans son cagibi, qu'elle fourra dans son sac de voyage en un tour de main. Elle se planta alors devant l'homme.

D'accord, par contre, je dors pas dans ton lit ! Je dormirai par terre, j'ai l'habitude.

Elle avait quand même un peu de dignité, fallait pas déconner. Déjà elle allait dormir dans sa chambre, elle n'allait pas non plus le jarter de son pieu. Puis elle voulait pas savoir si il avait déjà fait des trucs louches dedans.
Matt...
Elle devait être idiote en fait, et lui-même un peu fou. Il aurait dû la laisser se démerder. Jean aurait été là qu'il se serait foutu de sa gueule... Ou plus vraisemblable, il se serait jeté dans la mêlé à ses côtés et oublié la donzelle qui serait allée se planquer sous une table. Voilà pourquoi il ne supportait pas la compagnie des femmes. Elles se plaignaient quand on s'occupait pas assez d'elles et elles vous faisaient chier quand vous le faisiez. C'était à n'y rien comprendre. Le Très Haut devait avoir conçu cette espèce particulière dans le seul but de rendre fou les hommes. Ce qui était bien possible dans le fond. Car même s'il était croyant, enfin un peu quoi, le minimum on dira... Bref, même si... On l'a déjà dis... Enfin il estimait que le Très Haut était plus un enfant jouant avec une fourmilière qu'un Dieu tout puissant.

Et là clairement, quelqu'un avait foutu un coup de pied dans le nid.

Finalement la fille finit par raccroché la charrette aux boeufs de son esprit au lieu d'essayer de pousser, et commença à rassembler ses affaires. Un peu lente mais finalement pas stupide. Enfin pas totalement. C'était quoi son histoire d'épluche légumes ? Elle croyait quand même pas qu'il allait lui faire la popote en plus de lui laisser son lit non ? S'en suivit sa petite déclaration toute fière alors qu'il la dépassait... Bon peut-être pas autant qu'il l'aurait voulu pour la toiser de haut mais il était plus grand qu'elle. Quand Matt était mal à l'aise, il se raccrochait à ce qu'il pouvait pour se protéger. Et les contacts physique, en dehors de Jean, il ne les supportait pas bien à cause de ses malformations. On se payait assez souvent sa tête pour sa jolie frimousse pour ne pas en rajouter....

Bon, c'est vrai qu'il avait commencé en premier à la toucher, en la prenant sous le bras pour la catapulter dans l'escalier, mais il avait agis par réflexe, comme la fois où il avait porté cette femme chevalier sur son épaule à travers la ville qu'ils essayaient de prendre. Bon, elle était dans les vapes mais elle aurait pu deviner quelque chose, cela avait été risquer. Sa mère, paix à son âme, arrêtait pas de lui dire de le cacher. Il n'allait pas changer d'habitude maintenant...

Secouant la tête pour éclaircir ses pensées, il tendit le bras, pointant son épée en direction du fond du couloir.


Dernière porte à droite. Et je ne suis peut-être pas commerçant, mais j'en ai une pour vous... A cheval donné, on ne regarde pas les dents.

Poussant la fille devant lui, il la mena jusqu'à la petite pièce qu'il ouvrit. Son grand arc de guerre était toujours posé contre le mur, ses affaires prêtes au départ comme toujours sur la table. Seule la cotte de mailles était par terre dans un coin, là où il l'avait abandonné. Le lit n'avait pas été touché, il n'avait même pas eu le temps 'en tester le confort. c'était mieux ainsi au moins, il n'aurait pas de regret. Il fit entrer la fille sans douceur dans la chambre, pensant vaguement que son retour en France n'était pas de tout repos. Les femelles attiraient plus les emmerdes que les Hérétiques.

Refermant la porte derrière eux, il donna un tour de clé, acte bien inutile si les bagarreurs voulaient leur chercher noise. Le battant de bois coupait le champs de vision mais c'était à peu près tout. Sortant de son sac la petite cale de bois dont il se servait pour avoir la paie, il la glissa en bas de la porte pour la bloquer plus efficacement. Puis il s'appuya contre avant de se laisser glisser jusqu'au sol en détachant le fourreau qu'il posa à côté de lui. Assis, le dos contre la porte, l'épée posée en travers de ses genoux, il avait sécurisé la pièce au mieux au vu de ce qu'il avait à disposition. Il aurait pu poser un piège aussi mais la fille risquerait de se blesser avec. Mais ainsi positionné, il sentirait toute personne marchant dans le couloir pour aller vers eux, sans parler du mouvement que ferait la porte quand on essaierait de l'ouvrir. Non, personne ne pourrait le prendre par surprise ainsi.


Dormez, tant que vous le pouvez. Je pars tôt demain et vous devrez vous lever en même temps pour assurer votre sécurité seule ensuite. Occupez donc le lit, je n'y dormirai pas.

Matt allongea ses longues jambes devant lui, occupant une moitié du plancher de la chambre étroite. Elle n'allait pas avoir le choix de prendre le lit de toute façon, sauf si elle voulait dormir en boule sous la fenêtre où il ferait bien froid. Appuyant sa tête couronné de mèches d'un blond presque aussi pâle que les rayons de lune, presque aussi argenté que ceux de la fille en fait, il ferma les yeux pour faire mine de vouloir dormir et lui laisser un minimum d'intimité. Non pas que quoi ce soit qu'elle cache sous ses nippes puisse l'intéresser. Mais les femmes ont toujours l'air d'avoir besoin de cinquante assurances qu'on n'en veut pas à leur vertus...

Au fait, je m'appelle Matt.

Autant le dire, comme cela si elle appelait à l'aide, il saurait que c'était pour lui.
Elebore
Ah mais c'est qu'il était vraiment vexant comme type ! Elle avait voulu être urbaine et lui laisser son lit, mais nenni. Elle eut une pensée de compassion pour toutes celles qui avaient du vouloir, avant elle, lui en coller une pour sa rudesse.
Pas le temps de répliquer qu'il la poussait dans le couloir jusqu'à la porte de sa chambre, et si il n'y avait eu les bruits assourdis de la bagarre d'en bas, elle se serait un peu plus rebellée. Elle se contenta donc de protester, vu qu'il n'était pas particulièrement délicat.


Hé mais arrête un peu !

Certes, elle n'était pas en sucre, mais elle n'appréciait pas spécialement le traitement testostéroné qu'il lui infligeait depuis quelques minutes. Elle entra donc dans la chambre de Matt, avant qu'il ne referme la porte derrière eux, se frottant le bras à l'endroit par où il l'avait saisi. Elle déposa son sac de voyage au sol, tandis qu'il lui annonçait que le lever serait tôt le lendemain.

Il s'installa alors par terre, lui laissant donc le lit. Il aurait été stupide d'insister pour dormir par terre maintenant, et elle se retrouva les bras ballants, à se demander si tout cela n'était pas un plan machiavélique de la part d'un psychopathe à la recherche d'une victime à démembrer. Avec sa chance habituelle, on la retrouverait peut-être le lendemain disséminée un peu partout dans la chambre, et le serial killer en fuite vers de nouvelles aventures.

Ce fut alors qu'il se présenta, et Elebore remarqua qu'il avait fermé les yeux, sans doute pour lui donner la sensation qu'elle ne risquait rien. Elle lâcha avec une pointe d'ironie, retrouvant un peu de sa verve :


Ca tombe bien, mes parents m'ont dit de jamais rentrer dans la chambre d'un inconnu.

Elle regarda le lit, et comme de toute façon, il n'y avait rien d'autre à faire, elle enleva son surcot et ses braies, restant en chainse. Elle prit aussi dans sa chausse le fourreau du poignard à lame courbe qui ne la quittait jamais, pour le poser sur le lit. Après un regard à Matt, qui avait toujours les yeux fermés, elle prit un des épais oreillers disposés là, et le lui lança sans trop de vigueur. Assez pour que cela atterrisse sur sa tronche, mais pas assez pour que cela lui fasse un quelconque mal.

Ca sera plus confortable avec ça.

Sans plus de cérémonie, elle s'installa dans le lit, drôlement plus douillet que celui de l'autre chambre d'ailleurs, et s'enfouit sous les couvertures, posant une main sur le poignard. Dans son esprit, c'était en partie pour se protéger du croisé, mais bien plus en cas d'arrivée de compagnie inopinée. Passer une plombe à retrouver le poignard n'était pas envisageable.

Moi c'est Elebore. Oui, comme la plante.

Le silence s'installa finalement, troublé dans le lointain par l'agitation en bas. Elebore manqua lui demander pourquoi il faisait ça, mais n'en fit finalement rien. Son sommeil serait léger cette nuit-là, il y avait trop d'éléments perturbants dans son environnement pour dormir sereinement.
Matt...
Matt retint un soupire. Mais c'est qu'elle ne se taisait jamais ? A moins que ce ne soit la peur qui la rendit si bavarde et la poussait à jouer la maligne... Probable en fait... La peur entraînait parfois des réactions étranges. Certains se cachaient, d'autres devenaient plus hargneux, et d'autres, comme elle, jacassait sans fin... Lui même devenait téméraire sous la peur, se mettant plus en danger encore comme pour défier la mort de venir le chercher. Ce n'était pas une mauvaise manière de procéder, la preuve il était encore là. Le coussin dans sa figure l'arracha à ses pensées. Il posa ses yeux gris-vert sur l'objet du délit en haussant un sourcil. C'était quoi ça ?

Un oreiller ? Elle lui filait un coussin ? C'était bizarrement attentionné. Et il ne savait pas trop comment le prendre. Surtout qu'il n'était pas question de s'en servir, sinon autant ne pas monter la garde... Pour ne pas la vexer, il décida quand même d'utiliser l'objet, le plaçant... Et bien sous ses fesses puisqu'il passerait la nuit assis. Refermant les yeux il tâcha de lui laisser l'illusion de l'intimité même s'il entendait tout alors qu'elle se préparait pour la nuit. Satisfait de voir qu'elle se rangeait à son avis en se glissant dans le lit, il essaya d'entrer dans cet état de presque transe dans lequel il arrivait à se mettre pour se reposer tout en restant vigilant. Mais visiblement la donzelle n'en avait pas fini. Mais c'était pour lui donner son nom, donc ce n'était rien. Même s'il ne savait pas de quelle plante elle parlait car il n'était guère instruit, ne s'étant intéressé qu'au combat.

Hochant une fois la tête en signe de reconnaissance (il ne manquerait plus qu'elle se lève à moitié à poil pour le secouer et vérifier qu'il avait entendu), Matt se concentra sur le repos et la surveillance. Peu à peu les bruits étouffés de la bagarre s’estompèrent au fur et à mesure que le nombre de combattant diminuait. Ou que l'alcool coulait, au choix. La respiration de la fille, non Elebore... Il allait falloir s'habituer à lui donner son nom, sinon elle pourrait bien décider d'oublier le sien. Bref... Elle s'était endormie. Peut-être pas profondément mais elle dormait. Bien, il lui fallait du repos. Tâchant de faire la même chose pour lui, Matt appuya sa tête contre la porte en gardant les yeux fermés.

Un infime craquement du parquet dans le couloir le réveilla. Heureusement qu'il avait insisté pour dormir contre la porte... Dans le lit, il n'aurait rien perçu. En alerte, il se redressa en souplesse, dans un silence parfait, venant appuyer une main sur le battant comme pour percer le bois et voir qui approchait. Un regard sur la fille pour vérifier qu'elle dormait toujours, esquissant un sourire en voyant son arme, bien dérisoire face à lui s'il avait voulu lui faire du mal au vu de sa propre épée. Il patienta un peu, tendu. Peut-être que ce n'était qu'un client qui montait se coucher. Ou la serveuse... L'un et l'autre ne méritait pas de mourir. Puis il entendit un juron après un craquement plus fort du plancher.

Non.... Pas un client ni la serveuse... Des troubles fêtes...

Matt se pencha rapidement pour enlever la cale de bois de la porte, et aussi silencieusement que possible, ouvrit le battant. telle une ombre menaçante, il sortit de la chambre et se tint dans le couloir étroit, son épée bien en évidence. L'étroitesse des lieux ne l'ennuyait pas, il avait connu pire aux Croisades. Les trois individus qui s'avançaient vers la chambre marquèrent une hésitation en le voyant réveillé et bien armé. L'alcool donnait du courage aux imbéciles...


Ni moi ni la demoiselle n'avons besoin de compagnie cette nuit messieurs... Soit vous repartez maintenant sans faire d'histoire, soit c'est moi qui vais vous faire des histoires et cela ne va pas vous plaire... Ni au propriétaire d'ailleurs qui devra nettoyer tout un tas de saleté...

Les paysans, car il ne s'agissait de rien d'autres que de brutes qui pensaient brutaliser des voyageurs sans défense, tinrent un bref conciliabule du regard. Ils avaient pensé plumer un jeune paon roucoulant avec une catin... Affronter un vrai soldat en alerte leur posait davantage soucis... Ils hochèrent la tête à l'unisson en reculant.

Il n'y aura pas d'autre visite nocturne... Sinon je vous garantis qu'il n'y aura pas d'avertissement à notre prochaine rencontre. C'est clair ?

Le plaisir de malmener un étranger ne surpassant pas l'instinct de survis, les hommes détallèrent. Bande de lâches à vouloir s'en prendre à des gens qui leur avait rien fait.... A moins que l'appât du gain fut le plus important... Les suivant dans le couloir, Matt vérifia qu'il quittait bien les lieux en descendant presque l'escalier. La pagaille était importante dans la grande salle mais le propriétaire et la serveuse s'activaient pour tout nettoyer. Le Croisé leur adressa un signe de tête avant de remonter. Il regagna sa chambre, refermant la porte en soupirant.

Ce n'était pas cette nuit qu'il se reposerait...
Elebore
Malgré la discrétion de Matt, la légèreté du sommeil d'Elebore fut troublée lorsqu'il ouvrit la porte. Elle se redressa, pour constater que celle-ci était ouverte, et entendit des chuchotis provenir du couloir, avant d'entendre des pas s'éloigner. N'entendant plus rien pendant quelques secondes, elle se décida à quitter le lit et à marcher sur la pointe des pieds, jusqu'au couloir.

Nooon il a décidé de me planter là en pleine nuit ?

Elle se rappela alors la serveuse qui lui avait fait du gringue et fit un "oh" silencieux, à la fois amusée et blasée par la possibilité qu'il soit parti s'occuper ailleurs.

Le bruit de pas grimpant l'escalier menant au rez-de-chaussée la fit flipper comme pas permis, et elle fit demi-tour aussi sec, toujours en essayant d'être discrète sur la pointe des pieds, pour aller se réfugier sous les couvertures. Tout allait pour le mieux, mais le pied du lit décida d'une rencontre fracassante avec son propre pied et elle se réceptionna moins dignement que prévu, étouffant un "aïe" douloureux. Elle tenta de se faufiler sous les draps avant qu'il ne revienne, et fit au mieux pour reprendre une pose similaire à celle de départ. La main était comment déjà ? Ah oui, comme ça !

Elle était tout juste immobile, reprenant son souffle et luttant contre les petites décharges électriques en provenance de son pied endolori quand Matt revint dans la chambre. Elle se redressa à demi et tenta d'avoir une voix d'ensommeillée, même si bon, ce n'était pas crédible. Cela lui permit également de bouger ses doigts de pieds et soulager un peu la douleur. Quelle nouille quand même, quelle idée de se déplacer dans le noir...

Je préviens, je partage pas le lit avec la serveuse !

Elle se recoucha derechef, et conserva la main sur sa lame. Quelques instants de calme plus tard, elle sentit la fatigue s'abattre sur elle, et conclut qu'il était grand temps de dormir un peu, surtout si il fallait se lever tôt.

La nuit fut hachée, entrecoupée de réveils lorsque du bruit se faisait entendre. Il lui sembla bien entendre à un moment un grattement à la porte, mais elle n'en gardait qu'un souvenir un peu confus. L'aube arriva vite, et en habituée des voyages, malgré un manque de sommeil, elle ne tarda pas à se réveiller. Son compagnon semblant l'être aussi, elle se redressa sur le lit, cheveux en bataille et baillant un peu, et sortit du lit en chainse, pour ouvrir son sac de voyage et dégoter des fruits secs, du pain de voyage, et oh, une gourde avec du vin coupé d'eau. Elle s'enfourna un morceau de pain :


Chi t'as faim, tu peux en prendre.

Elebore commença ensuite à se rhabiller un peu mieux, ayant pris juste conscience que quand même, fallait qu'elle se vêtisse quelque peu. En plus ça caillait dans la chambre.
Matt...
Le retour dans la chambre se fit sur un sourire amusé, alors qu'il surprenait Elebore éveillée, même si elle faisait semblant du contraire. Vu le raffut qu'elle avait fais en se recouchant, il pouvait difficilement la rater de toute façon. Si elle avait été un soldat sous ses ordres aux Croisades, il aurait veillé à l'attacher lui même au piquet de sa tente avant toute mission d'infiltration, histoire de lui éviter de tuer tout les autres en se faisant repérer. La guerre a assez peu de pitié pour les maladroits, il en avait une belle cicatrice en souvenir sur le flanc droit.

Quand la fille se redressa en imitant, assez mal il devait le dire, l'innocente, endormie, Matt se décida à jouer le jeu, galanterie oblige. Comme quoi sa mère avait réussis à faire rentrer une ou deux choses dans son crâne dur. Tu vois Maman ? Soit fière ! Je suis pas devenue qu'une brute sans cervelle ! J'ai un peu de savoir vivre même face à une mauvaise comédienne. Enfin bref... Laissant ses prières à sa défunte mère de côté, il essaya de reprendre le fil des événements, ce qui explique l'air de merlan fris qu'il afficha durant quelques secondes quand il comprit ce qu'elle marmonnait. Non mais quoi ? La serveuse ? Et puis quoi encore ! Aussi sa réponse fut prompte et non réfléchie.


Non mais je couche pas avec les femmes !

Puis se rendant compte de l'énormité de ce qu'il venait de dire et du risque de mauvaise interprétation, il compléta en bredouillant maladroitement.

Pas que je couche avec les... Merde fait chier.... Je couche avec personne putain, foutez moi la paix...

Et d'avoir envie de s'enterrer six pieds sous terre lui-même. Non mais achevez moi... Quelle horreur... Il n'avait jamais désiré personne, et cela n'allait pas commencer... Puis avec ces malformations aussi, comment être amoureux ? Trop de complications... Sauf que la donzelle semblait endormie pour de bon. Encore merde. Pas dis qu'elle est entendu la fin de sa diatribe. Ou avec un peu de chance, elle n'avait même pas entendu la première remarque. De la chance... Cause toujours mon gars... Poussant un soupire, Matt replaça la cale sous la porte avant de se rasseoir par terre. La nuit allait être longue...

Elle le fut d'autant que plus que moins d'une heure plus tard un pas léger se fit entendre dans le couloir alors que la serveuse, il en était sur cette fois, vint gratter à la porte. Il l'ignora, se disant qu'elle finirait par partir, ce qu'elle fit. Il n'avait pas le courage de l'éconduire, pas après l'incident de tout à l'heure. Manque de courage ? Non... Pas vraiment, juste pas envie de se prendre la tête avec une deuxième femelle pour la soirée. Autant dire qu'il ne dormit presque pas après cela, et qu'il accueillit l'aube pointant avec plaisir. Fort heureusement, sa voisine improvisée semblait être une lève tôt. S'il avait fallu qu'il la tire du lit, il l'aurait laissé se démerder. Se levant, il posa son épée en appuie sur le mur avant de se diriger là où il avait abandonné sa cotte de maille qu'il allait devoir remettre pour la journée.

Jetant un oeil à la fille qui s'extirpait du lit en chaisne pour s'habiller, il hésita un instant avant de lui tourner le dos pour délacer sa tunique de cuir. Il allait pas lui demander de sortir pour passer sa cotte de maille alors qu'il allait garder sa chemise, surtout qu'elle-même se baladait à moitié à poil. Posant la tunique sur son sac, il remercia le ciel d'avoir une chemise en coton épais et surtout un peu grande pour lui, au moins ses bandages ne se verraient pas, pas plus que sa silhouette tout en muscles secs. Se baissant, il ramassa sa cotte de maille qui pesait son poids avant de l'enfiler, la laissant tomber jusqu'à mi cuisse. Il passa par dessus sa ceinture et rangea son épée dans son fourreau.


C'est gentil mais je vais prendre du pain frais et de la viande froide à l'aubergiste. Gardez vos provisions pour la route.

Plaçant sa cape sur les épaules, il prit ensuite son arc de guerre et son carquois, ainsi que ses sacs de selles.

Finissez de vous préparer. J'attendrai en bas que vous soyez descendu pour partir, au cas où.

La laissant seule afin aussi d'éviter les questions sur ce qu'il avait pu dire cette nuit, Matt parcourut le couloir et descendit l'escalier rapidement. Se dirigeant vers le comptoir, il admira le savoir faire de l'homme car la pièce était rangée et propre malgré le souk de la veille. Haussant un sourcil, il posa une pièce pour payer à manger. Puis une fois servis, il attrapa l'homme par le devant son tablier.

C'est fréquent ton bordel d'hier ? Non parce que j'aurai aimé le savoir avant. J'ai du laisser mon lit à la fille qui mangeait à ma table pour lui éviter une visite nocturne non désiré et j'ai du dormir par terre, si on peut appeler cela dormir. Je pense que la moindre des choses est au moins de rembourser sa chambre à la donzelle, tu ne crois pas ?

Un regard apeuré sur l'épée fit hocher la tête au commerçant qui s'empressa de rembourser la chambre payée non utilisée. Récupérant l'argent, Matt sortit dans le matin frileux pour rejoindre son cheval qui lui était propre comme un sous neuf et ravi de l'être. Il savait qu'il aurait mieux fait de dormir à l'écurie... Replaçant ses sacs de selle, il vérifia le harnachement tout en donnant un coup de coude sur le museau de l'étalon quand il essaya de le mordre, plus par habitude que par réelle conviction. L'animal avait appris y a longtemps que mordre de l'acier lui ferait mal à lui. Lui donnant une caresse pour l'apaiser, Matt murmura.

Patience Muharib, nous repartons bientôt. Dès que la femelle sera là...

La fille fit d'ailleurs son apparition peu après. Tant mieux si elle n'avait pas trop traîné. S'écartant de son cheval un instant, il lui fourra la poignée de pièce dans la main.

Pour la chambre que vous avez payé pour rien, l'aubergiste s'en ai montré navré.

Navré de devoir rendre l'argent surtout, mais l'épée et l'arc de guerre étaient des arguments convainquant. Une fois sa B-A faite, Matt se détourna, pressé de reprendre la route.
Elebore
Elebore entendit la râlerie de Matt, mais eut l'amabilité de ne pas rajouter de l'huile sur le feu, même si elle sourit sous cape, enfouie sous les couvertures. Elle avait connu assez de cultures différentes sur l'approche de la sexualité pour ne pas faire sa choquée.

Au lendemain matin, Matt quitta vite la chambre, sans doute pour la laisser tranquille, et surtout aller déjeuner. Elle s'était de toute façon détournée de lui, n'imaginant pas qu'il pouvait être pudique, mais respectant tout de même son intimité.

Avant qu'il ne quitte la pièce, elle retint un soupir à la remarque sur les provisions, se disant qu'il devait vraiment la prendre pour la dernière des cruches, alors qu'il quittait les lieux. Il semblait craindre pour elle, et elle finit par se demander pourquoi.

Finalement, après un haussement d'épaules, elle termina de se préparer, et descendit avec ses affaires en bas, notant un regard en biais de l'aubergiste à son égard. Elle laissa quelques pièces de cuivre pour prendre une pomme sur le comptoir et quitta l'auberge, pour se diriger vers l'étable. Matt s'y trouvait déjà, et Elebore réceptionna la pièce, surprise de l'attention, et sourit sincèrement.

Oh merci. C'est gentil à toi d'avoir fait la demande.

Enfin, cela expliquait l'air peu amène de l'aubergiste, mais elle n'y pouvait rien. Elle se dirigea alors vers une stalle ou se trouvait une petite jument grise, vraisemblablement croisé arabe, qui hennit à la vue de la pomme apportée. Elébore lui murmura quelques mots gentils, avant de la préparer à partir.

Jamila, c'est l'heure !

Une fois la jument prête, elle la prit par les rênes, pour la sortir de l'étable, et donna quelques piécettes au palefrenier pour l'avoir bien traité. Elle nota que son compagnon de nuitée lui était aussi sur le départ. N'étant pas rancunière, elle décida de balayer l'agacement qu'il faisait naitre en elle.

Merci pour cette nuit, alors que rien ne t'obligeait à ça. Je suis désolée si tu as passé une mauvaise nuit à cause de moi...

Moi je parle vers le nord et les Flandres, alors bon voyage à toi. Peut-être qu'on se reverra, si Dieu le veut !


Elle monta en selle, et prit la route qui menait vers la Champagne, espérant que ses prochaines escales seraient plus calmes. Et puis, elle n'était pas mécontente non plus de quitter l'humeur déletère du croisé.
Matt...
Elle était plutôt jolie en fait quand elle souriait. Devait-il lui dire de moins tirer la tronche ? Non sans doute pas, car sinon elle risquait de prendre cela pour de la drague, surtout que c'en était pas. Lui draguer ? Plutôt crever... Alors qu'elle partait chercher sa propre monture, Matt se hissa souplement sur sa selle, ajustant son grand arc pour qu'il ne le gène pas durant sa chevauchée vers le nord. La fille revint avec son propre animal, à la robe grise. Une femelle sans nul doute au vu de la réaction de son étalon. Quel idiot celui-là... Il n'avait pas encore compris que c'était des nids à emmerdes le sexe opposé... Même si celle-là au moins était polie, puisqu'elle vint le remercier.

Pas de soucis. Cela ne m'a pas dérangé... Votre compagnie n'est pas désagréable, pour une femme j'entend... Pis si vous aviez eu des ennuis, ma mère m'aurait collé une talotte depuis paradis pour manquement à mon devoir...

Et la nuit ne fut pas si mauvaise. J'en ai connu des bien pires aux Croisades...


Matt inclina la tête pour la saluer alors qu'il enregistrait à peine sa dernière phrase. Le nord... Les Flandres... Là c'était clair, quelqu'un là haut dans le Ciel lui en voulait. Sur toutes les directions possibles, il fallait forcément qu'elle aille par là où il allait lui-même. Mais merde à la fin... Et puis comme elle avait su se montrer c=gentille et par moment charmante, il ne pouvait tout simplement pas faire un détour de trois lieux à travers bois pour la devancer sur la route et continuer en l'ignorant. Il se connaissait, il irait vérifier qu'elle avait rien et perdrait un temps fou.

Jean se foutrait de sa gueule s'il était là. Pas étonnant que les filles lui fassent les yeux doux. En plus de son visage à la beauté sortant de l'ordinaire, il ne pouvait s'empêcher de jouer aux preux chevalier. Le soleil du désert avait du cogner plus rudement que prévu sur sa tête. Il talonna son alezan pour qu'il emboîta de loin, le pas à la fille, lui laissant quelques toises d'avance mais la gardant en vue. Elle allait croire qu'il la pistait comme un satyre. C'était débile... Mais il ne pouvait pas se résoudre à l'aborder franchement pour lui proposer de voyager de concert. Non pas qu'il pensait qu'elle serait une mauvaise compagne de voyage, elle avait prouvé qu'elle pouvait être raisonnable cette nuit. Mais par peur.

Si Matt avait la trouille d'une chose, c'était les liens et le contact. Hors le contact découle forcément des liens... Plus on en tisse, plus il risque d'en avoir. En dehors de sa mère, paix à son âme, personne ne le touchait jamais, sauf Jean parfois, et encore pas beaucoup car il savait à quel point il n'aimait pas cela. Par peur d'être démasqué, découvert, que ce sache son secret, sa honte, ses malformations qui l'empêchaient d'être un homme comme les autres, et à cause desquels il ne prendrait sans doute jamais de femme dans son lit. Car à voyager ensemble, il prenait le risque qu'elle découvre le pot aux roses. Et qu'elle se moque... Ou pire... Qu'elle le livre à l'Inquisition pour le monstre qu'il pensait être.


Muharib, je sens que la route va être longue...

L'étalon renâcla, tirant un peu sur ses rênes pour essayer de rattraper la jument devant lui, mais restant à la même allure sous la poigne ferme de son cavalier. Et la route vers l'Artois de se commencer à la suite de la demoiselle, dans le calme et un silence tout relatif, alors que souvenirs de guerre et d'enfance s'entrechoquaient dans son esprit troublé.
Elebore
Sur sa jument, Elebore repensa à l'étrange homme tout juste rencontré. Elle avait manqué hausser un sourcil à sa dernière remarque, se disant qu'il formulait ça comme un compliment ! La jeune marchande décida de le ranger dans la catégorie des gens ayant de forts problèmes d'interactions avec les autres, tout en poursuivant sa route.

Quelques minutes plus tard, elle se retourna, entendant des bruits de sabots derrière elle. Elle reconnut Matt, qui semblait faire l’innocent. Le bougre ! Plutôt que d'assumer de faire le même trajet qu'elle, et lui demander de faire la route ensemble, voilà qu'il se traînait dix mètres derrière, en espérant qu'elle ne remarque rien.

Elebore se mit à rire, plutôt joyeusement, trouvant l'instant comique, et décida de le laisser mariner un peu. Encore quelques instants, après avoir goûté l’incongruité de la situation, elle se retourna à nouveau vers lui, lui lançant à haute voix.


Hé ! C'est quand même mieux d'être à côté pour discuter, tu ne penses pas ?

Ces hommes, tous des idiots ! Sans doute que celui-là avait trop de fierté pour demander un service, préférant rester tout seul dans son coin.

Et promis, la nuit prochaine je te laisse profiter de ta chambre !

Elle en rit encore, mon dieu, elle risquait de faire fréquemment la blague...
Matt...
Démasqué assez rapidement, Matt fit la moue quand elle se moqua de lui. Oui bon, il n'avait guère été subtile mais c'était pas une raison. En fait il aurait peut-être dû le faire ce détour de trois lieux dans les bois. Orgueilleux et vexé ? Juste un peu. Mais uniquement parce qu'il aurait voulu choisir le moment de se joindre à elle. Sans doute aux calendes grecques mais là n'était pas la question. Avec circonspection, le jeune homme fit accélérer sa monture pour arriver jusqu'à son niveau. Regard en coin un peu mal à l'aise devant son sourire pourtant amicale. Ce n'était décidément pas facile d'être civilisé.

Désolé... Je ne suis pas très doué pour les bavardages je crois. J'en avais pas l'habitude avant, maintenant c'est pire.

Préférant ne pas ajouter que le fait qu'elle soit une femme la gênait, pour ne pas la vexer, il préféra passer à autre chose.

Je vais en Artois rejoindre mon frère... enfin pas vraiment mon frère... bref.... rejoindre Jean. À défaut de grande discussion, à deux, ce sera plus prudent non ? Bon... je veux bien faire un effort pour bavarder... un peu...

Et pour la chambre, c'est pas grave. Je vous ai dis que ça me gênait pas. J'ai dormi plus de six ans sur du sable et des cailloux... alors un plancher c'est le luxe.


Un sourire vint éclairer son visage angélique à faire tourner les têtes. Mais il oubliait souvent l'effet qu'il pouvait faire. Et puis elle semblait insensible à sa belle gueule donc c'était plus facile d'oublier.

Par contre, à moins de vouloir d'un poulain, il faudra bien attacher votre jument. Muharib semble la trouver à son goût. Accélérons un peu tant qu'il pleut pas d'accord ? [/b]

[i]Talonnant son étalon, Matt le fit passer à un petit galop régulier qui avait le mérite d'empêcher justement les bavardages. L'animal courba l'encolure comme pour faire le beau à la parade. Foutu canaçon... Enfin il ne tiendrait pas cette posture longtemps à cette allure. Du moins il l'espérait. Le paysage changea subtilement à mesure qu'il descendait de la montagne. Le printemps était plus marqué dans les basses terres que dans les hauteurs. Le temps gris se maintint toute la matinée, leur permettant d'avancer à bonne allure. Contrairement à ce qu'il avait crains, Elebore était plutôt d'agréable compagnie, ne l'ennuyant pas trop avec des questions auxquelles il ne voulait pas répondre.

Il fallut faire une pause à midi bien sûr, pour laisser souffler les chevaux et manger un peu. Le temps se dégrada peu après leur reprise de route. Et vu les trombes d'eau qui leur tombaient sur le coin de la figure, quelqu'un là-haut devait les trouver sales pour ainsi les lessiver. Rendant les armes, Matt finit par les orienter vers une ruine en bord de route, ancienne grange abandonnée mais qui avait le mérite d'avoir gardé une partie de son toit. En tendant une cape au dessus de leur tête, ils seraient même totalement à l'abri. Aussitôt pensé aussitôt fait. Le Croisé fixa sa cape de sorte qu'elle fasse une barrière contre la pluie qui tombait malgré le reste du toit. Il laissa Elebore un moment pour aller chercher du bois sec qu'il dénicha sous l'arbre qui avait emporté la moitié de la batisse. Une fois le feu allumé, il tendit les mains devant pour essayer de se réchauffer.


Foutu pays.... Attendons que cela passe. Ce serait risqué pour les chevaux. Vous voulez manger quelque chose ?

Et puis j'ai une question... enfin deux... vous n'êtes pas obligée d'y répondre mais faut bien passer le temps... Pourquoi ce voyage vers les Flandres ? Vous rejoignez de la famille ? Bon c'est deux parties d'une même question en fait...

Pour l'autre. Vos cheveux sont argentés, comment cela se fait-il ? Vous n'êtes pas albinos, j'en ai déjà vu. Les miens ont presque blanchis au soleil brûlant du désert mais les votres ?


Il était sincèrement curieux, pas du tour moqueur. En fait il trouvait cela assez joli. Pour une femme s'entend...
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