Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Babord.

Alphonse_tabouret
Sept septembre








Grappe de nuages ronds sillonnent un pavé bleu et aucun, pas une seule fois, ne voile l’astre éclot. Le vent pourtant danse aux cimes et s’entête à faire chanter les parures de verdure grignotées ; l’on a beau encore trouver l’envie de quelques plongeons à l’eau fraiche des rivières, les premières feuilles déjà tombent au sol : Septembre se moque de l’instant ; il discerne son heure à venir et patiente aux nuits fraichies subitement.

La ville est animée, entremêlant aux rues les visages austères des solitudes à ceux, plus chanceux, qui ont aux yeux l’accent acidulé des retrouvailles ; contrastes s’embrassent des préoccupations jusqu’aux belles étoffes qui côtoient le grain malmené des vêtements de marins et éclairent d’un reflet les voisinages inattendus qui fascinent le garçon.
Les ports plaisent à Alphonse, spectacle d’envergure qui ont toujours quelques détails à offrir à la vue et le vertige des émotions à l’attention : A d’autre temps, Tabouret aimerait les gares, à son siècle, il aime déjà les quais.

Pichet interrompt la rêverie, et suspend l’immobilité statuaire à laquelle il s’est réfugié; noirs remontent au museau de la serveuse, probablement la fille du tenancier au vu du jeune âge et du naturel qui rehausse d’un sourire, deux joues bien rondes. L’olivada et le pain qu’elle pose d’une formule - Et voilà pour vous !- sont une mise en scène têtue à laquelle ils font tous deux bonne figure ; garçon, à chaque fois qu’il s’assied , ne touche à rien d’autre qu’à son verre.
Table en terrasse a été choisie avec soin dès leur arrivée. A l’ombre d’un figuier stérile dont les grandes feuilles projettent au sol inondé de soleil un enchevêtrement d’ombres agitées, la table surplombe d’une petite place les bateaux alignés. Serrés, ils varient les tailles, la couleur du pavillon et respirent à la houle d’un même rythme à défaut d’un même chœur.
L’Oreille écoute d’attention, Alphonse le sait. Tout dans la petite nave est déjà tendu vers l’ailleurs, aux rayures d’un horizon dont les immenses perspectives ne cessent d’alterner le sens, vertige des attentes que l’on guette, avec fébrilité. Au chant du ressac, elle oscille d’une langueur, impatiente, le ventre vide, les bras tendus et entraine imperceptiblement le corps à un mouvement vers l’avant.
L’on part, bientôt et l’on part pour effacer d’un trait ce qu’il reste d’Avant.

Avant.

Tabouret sourit, souvenirs mâles en ricochet d’un simple mot au fil de la pensée et laisse sans broncher un rayon de soleil s’empêtrer à son cou ; cheveux ont poussé, éphémère caprice blondin qui appuie à ses traits, un certain parfum italien.


Autre chose ? , demande la demoiselle, déjà prête à partir puisqu’ invariablement, réponse est une négation.
_________________
Archibald_ravier
Non loin de l'Oreille, le Refuge.
Le navire est plus gros, plus lourd, et son ventre berce déjà quantité de matériel et de vivres pour le voyage. Des pêches pour satisfaire une lubie, les premières pommes, encore un peu acides, de la saison. Des poires, qui seront mangées dès la première semaines. De la viande salée, de la viande fumée. A boire, en quantité, et même de quoi autoriser un bain, parfois.
Archibald franchit la passerelle d'un pas leste, rendu sur par l'habitude.
Il n'a passé que six semaines de sa vie à bord, mais elles furent une révélation. Il a le pied marin.

Sur le port, il porte le splendide costume offert par Faust. Il se donne l'allure d'un capitaine, et pour une fois, l'habit fait le moine. Sa veste de drap épais boutonnée jusqu'au col, tiré à quatre épingles, il se caparaçonnait dans son habit-armure, parlait fort, et négociait sévèrement avec les commerçants lorsqu'il s'agissait de son chargement.
A bord, dès la première journée, il était pieds nus et en bras de chemise, cheveux au vent.

Le tableau aurait été parfait, avant.

D'une main trop nette pour être celle d'un vieux loup de mer, il recoiffe les épis noirs de ses cheveux, et il entreprend de remonter le quai, à grandes enjambées. Il attend de la bière et des poissons salés qui tardent à arriver, et il convient d'aller à l'entrepôt demander la raison de ce retard.
Pourtant, son regard s'attarde sur les lignes élancées de l'Oreille. Il ralentit, comme souvent, pour admirer l'allure de la petite nave.

Bientôt. Bientôt ils fendront les flots de concert, la grosse cogue ventrue, rassurante, et le petit navire élancé, filant comme un trait qu'on tire sur le passé.
Archibald reprend sa marche, et traverse le port pour rejoindre l'entrepôt. Régler ce problème là ne lui prend que quelques instants, et bientôt il ressort dans la lumière des quais. Il inspire, et cligne des yeux, pour les réhabituer au soleil de septembre.

C'est en levant les yeux vers le ciel, d'un bleu prometteur, qu'il aperçoit une silhouette familière à la terrasse. Une silhouette d'avant.
Allons, il était temps.


    Et si tu crois que j'ai eu peur
    C'est faux
    Je donne des vacances à mon cœur
    Un peu de repos

    Et si tu crois que j'ai eu tort
    Attends
    Respire un peu le souffle d'or
    Qui me pousse en avant
    Et...


Il reprend sa marche, le pas peut être un peu plus lourd. Il ne regarde plus très bien où il met ses pieds, perdu qu'il est dans ses pensées.
L'on dirait celles d'une adolescente en émoi, et d'ailleurs sa gorge se serre un peu au rythme d'un cœur qui s'emballe. Parmi ceux qui le croisent, un fin observateur remarquerait le sourire blasé que ces émotions font naitre dans la barbe du capitaine. En six semaines à cogiter sur son navire, il avait eu le temps de repérer ses propres petits travers. De les apprivoiser même, pour certains.
Affronter Alphonse, c'est l'ultime épreuve. Le Boss du dernier niveau dans le grand jeu de l'amitié malade. Le moment de poser ses tripes sur la table. Cela ne va pas être agréable.


    Fais comme si j'avais pris la mer
    J'ai sorti la grand'voile
    Et j'ai glissé sous le vent

    Fais comme si je quittais la terre
    J'ai trouvé mon étoile
    Je l'ai suivie un instant
    Sous le vent


Il pousse la porte, traverse les lieux en forçant ses pensées à ne pas s'emballer, son cœur à se calmer, en suppliant son corps d'arrêter de se comporter comme s'il était encore adolescent.
La terrasse est plaisante, et la fille qui fait le service aussi.
En quelques enjambées, il rejoint la petite table à l'ombre du figuier.


- Un autre verre, et la carafe, s'il vous plait.


Si la voix est ferme, parce qu'Archibald a pris l'habitude du rôle de capitaine sur de lui, le regard qu'il glisse sur celui qu'il appelle encore son ami est moins assuré.

    Et si tu crois que c'est fini
    Jamais
    C'est juste une pause, un répit
    Après les dangers

    Et si tu crois que je t'oublie
    Écoute
    Ouvre ton corps aux vents de la nuit
    Ferme les yeux
    Et...


- Si vous le permettez, Alphonse.
_________________
L_aconit
Accoudé dans la guérite du chef de port, poing enfonçant la joue, Faust rêve.

Bien sûr, il les a vus, rentrer l'un après l'autre, comme on va à confesse, les mains presque dans les poches. A se chercher un peu de courage pour l'un, un peu de formules pour l'autre. Bien sûr. Les gens qui vont à confesse, Montfort les connait. Dans leurs dernières hésitations en pardessus, dans leur courage en boutonnière. Plein de leur silence tonitruant. Tout se passe à l'intérieur. Dans leur petite conversation interne. Puis dans l'étroite cabine, où le siège de cuir colle aux fesses l'été, où l'air sent toujours le renfermé...

    Le renfermé.


Les yeux bleus ont suivi les silhouettes si disparates se faire engloutir par la porte, ont perçu la sérénité déterminée de l'un, l'appréhension expectative de l'autre, puis ... Plus rien. Plus rien qui ne lui appartienne. A l'intérieur, chacun gardait son destin pour soi, au secret d'un figuier comme un Autel. Peut-être qu'à son pied, on déposerait quelques mots pour lui en offrande. on laisserait un chapelet de mots pendre à une branche à l'écorce lisse. Comme les bouches savaient se parler entre elles avant.

L'on s'offrait les uns les autres le dernier voyage, comme on expie à l'Oreille un dernier pardon. Et chacun s'en irait plus léger des fatalités poussées par le vent, échouées , éparses, pour nourrir le ventre de la terre, des jaunes, des rousses, et des marrons.

Les prunelles de chat sont retournées aux passants anonymes du port. Accoudé dans la guérite du chef de port, poing enfonçant la joue, Faust rêve.

_________________

(En Bleu italique, les pensées Laconiques.) galerie d'avatar-Recueil
Alphonse_tabouret
Jais sautent d’un visage à l’autre, automate à son numéro rompu d’un impromptu, et suspendent l’attention sur la silhouette mâle; Ravier a tout d'une anomalie.
Barbe souriante raye la partition soigneusement millimétrée de la fin de journée d’un rappel au passé : voilà des mois qu’ils n’ont pas occupé la promiscuité d’un verre d’alcool autrement que noyé à une table pleine où d’autres se sont chargés de la conversation ; Castillon en note de tête embaume les souvenirs d’une engelure, a greffé des bulles de stérilité aux vérités énoncées, et depuis, Tabouret s’est attaché aux banalités.


    Avant.


Combien de mondes ont depuis fractionné le temps de leurs collisions ? Combien d’étoiles ont soupiré d’une nébulosité à l‘anonymat d’un ciel qui a toujours un temps de retard depuis qu’ils se sont quittés?
Paume de la main s’ouvre d’un geste, invitation muette qui désigne la place vide ; puisque personne n’y est attendu, il semble légitime à Tabouret que Surprise s’y installe sans plus de préambule.

Quelques mois à peine, pas même une année depuis le début de ce monde érigé sur les cendres fumantes de Saint front, et pourtant à chaque retrouvailles, ils ne sont plus les mêmes ; fossé creusé inexorablement par des choix associés s’est conclu d’une colère personnelle.
Sous la botte de Tabouret, l’on y devine encore selon le temps, l’empreinte de la terre.
Cette fois-ci encore, ils ont changé : Garçons n’ont jamais eu beaucoup de points communs si ce ne sont quelques âmes qui tiennent leurs cœurs à l’écorce d’une liane et ont bâti leurs ponts à l’aune des souffrances partagées, mais, maintenant qu’ils sont heureux loin l’un de l’autre, sans plus de regrets, que leur reste-t-il ?


Je vous en prie.

Est-ce la curiosité qui donne l’assentiment ? La mélancolie d’un souvenir peut-être, les infernales neutralités des savoirs qui se rangent dans des cases, ou bien cette servile politesse qui ne refuse jamais un siège à qui le demande ?Archibald n’appartient plus aux temps des conjugaisons, ni passé, ni présent ; d’un heurt de trop, Tabouret a enfermé le verbe d’une rationalité, et d’un systématisme, l’aorte a pris des reflets de sérac au sujet. Avalanches de déception ont assourdi les sons, figé les brèches d’un silence et assis le funambule face à son déséquilibre : L’on ne conteste pas un choix, on l’assume.

Doigts en grue saisissent le verre de vin et en joue d’une oscillation une brève seconde avant que le regard ne s’abime à son vis-à-vis ; non, cela ne va pas être agréable, qu’importe la carafe, sa taille, son nectar. Il y a sous l’assurance du sourire paisible d’Eunomia, les cloques irritantes des injustices : Archibald était un ami quand désormais, c’est un homme qui hésite sur le pas d’une porte, regard fuyant, aux malaises des intimités perdues, affublé de mains nerveuses qui trahissent l’anxiété.

Je ne vous attendais plus.
_________________
Archibald_ravier
- Ah.

Laconique Archibald, devenu taiseux par la force de l'habitude.
Ours, tel que ses amis l'ont décrit. Si ces derniers moquaient ainsi la pilosité fournie qui recouvre son corps, le nouveau Capitaine en a acquis d'autres caractéristiques. A l'hiver, Archibald a hiberné. Couvé son mal être et léché ses plaies. Il s'est enfermé tout seul, dans un coin, oublieux des autres, égoïstement centré sur le besoin d'aller mieux.
Un jour, Alphonse lui avait qu'il allait s'épuiser à porter à bout de bras la souffrance des gens qu'il aime. Archibald en avait ri. Jaune.
Alphonse avait raison. Alphonse a toujours raison.
Presque toujours.

Le regard s'éclaire d'une lueur ironique, parce qu'il ne peut pas déjà grogner comme son animal totémique, ou attaquer bille en tête.

Il s'assoit, donc, et remercie la fille empressée qui apporte verre et carafe. Il se sert, et empaume son verre, parfait miroir de son vis à vis.
Il prend son temps, et observe Alphonse. Le masque impassible que lui offre ce dernier est bien trop compliqué à percer. Et le silence, oppressant, qui s'installe, devient de plus en plus compliqué à rompre.
Il lampe une gorgée de vin, et se penche en avant, accoudé, reposant son verre sans le lâcher.


- Pensez vous toujours que je sois entré dans cette taverne pour lui, et non pour vous ?

La voix est basse, et posée. Archibald aussi sait jouer des masques, à présent, et manipuler verre et carafe lui aura rapidement redonné une contenance. Son cœur est toujours emballé, et ses yeux brillent de concentration. Il ne lâche pas son interlocuteur du regard, attentif à toute réponse. Prêt à prendre tout ce qui viendra, même un poing sur le nez, comme Alphonse l'avait déjà suggéré.
Archibald aurait préféré. Une empoignade virile, cela règle parfois plus efficacement les soucis d'amitié qu'une discussion interminable. On s'engueule, on se cogne, puis on boit un coup.
Ça, c'est pour l'amitié simple de gens simples. Le problème d'Archibald, c'est qu'il a mis Alphonse sur un piédestal. Un gros, un doré. Un truc massif, monstrueux. Aussi monstrueux que le complexe d'infériorité nourri par le fils de fermier devenu capitaine abandonné.
Alphonse est parfait. Alphonse est beau. Intelligent. Admiré par ses pairs. Alphonse ne comment jamais d'erreur. Alphonse vise toujours juste. Alphonse ne souffre pas, ou alors, noblement, en silence. Alphonse est fort. Alphonse est infaillible. Alphonse est fait d'airain, sur le piédestal doré que lui imaginait Archibald.
Alphonse avait besoin d'Archibald, et Archibald ne l'avait pas vu.
Archibald avait eu besoin d'Alphonse. Et n'en avait rien dit.

Onyx cherchent les noirs, pour s'y planter.

_________________
Alphonse_tabouret
    Géode.


Vision flatteuse d’un garçon amoureux, Alphonse doute parfois, ne se sent pas plus de marbre ou d’airain quand bien même, aux pluies diluviennes, il a tenu tête aux cieux, pétase abandonnée sur les marches ruisselantes d’un hôtel particulier. Pourtant, Tabouret a tout d’une statue grecque, jusqu’aux veines froides, jusqu’au cœur-golem, jusqu’aux émerveillements de sentir palpiter un brin d’humanité en lui, que cela soit par la fièvre ou la colère, qu’importe ; chaque écharde le convainc qu’il a quelque chose d’humain.
Créature meulière, aux aspérités ordonnées jusqu’à ne plus savoir dire "malgré moi", trahi parfois par une échine hérissée , garçon ne s’émeut jamais d’un compliment qui met en avant la somme d’une éducation, le hasard d’un physique bien fait ; recherche de l’inné est celle de sa vie, ce qu’il envie à ceux qui n’ont pas eu son père, et l’enthousiasme du à ses acquis le laisse d’un systématisme rigoureux au doute de sa quête : si tous valident le masque, cela vaut-il ses efforts chaotiques à l’enlever ?

Pensez vous toujours que je sois entré dans cette taverne pour lui, et non pour vous ?

Verres se suspendent quand les prunelles se télescopent.

Il y a dans le cœur d’Alphonse, le pourpre d’une écharde qu’il a longuement examiné, aux curiosités exaltées de décortiquer la densité d’un sentiment incompressible et de comprendre ce qui le conserve d’un immobilisme, semblant désormais vivant autant que mort.
Il n’a pas choisi Archibald.
Faust le lui a imposé un soir-garçon, une heure-sève, à l’enivrement d’une mise en scène, l’intronisant complice aux brutalités intactes de leurs envies, et s’il s’y a un temps nourri une silencieuse critique, il ne s’y est pas noirci de colère, se laissant charmer par la grisante sensation d’une nouvelle intimité : mettre un prénom dans une conversation, cesser la mascarade des féminismes, être compris d’un demi-mot, avaient été des bulles d’une paix inédite et c’était précisément la conscience de cet imparfait qui lui avait défiguré l‘âme un soir de mai.

Ravier est tiré à quatre épingles, capitaine de navire aisément identifiable autant à l’apparat qu’à l’allure ; qui en connait le chant entend celui d’une écume aux commissures de la bouche, et l’on sentirait presque le salin d’un embrun dans la voix du jeune homme.


Vous n’avez jamais été un menteur.

Rochechouart est une stérilité ; ces deux-là n’y ont pas les mêmes souvenirs, ni probablement, les mêmes perspectives mais c’est la première pierre, celle qui a été pointée du doigt, la faiseuse de mots.


Tapi dans l’angle lointain d’un recoin, Vérité se gratte l’angle de la mâchoire et se racle la gorge ;
à son poignet, bibelots taillés dans les os d’Eris cliquètent sourdement comme des gouttes d’eau.
Pierre fait sourde oreille ; en toute discrétion, homme parfait se fêle d’une imperfection.



Légère, une brise s’enroule, amène au nez les sèves chargées des derniers jours d’été et dispense au palais un subtil accent vert.

Est-ce de cela que vous souhaitiez parler ? demande-t-il placidement sans le quitter des yeux, visage à l’esquisse d’une fatalité; Ravier a choisi le verbe plutôt que l’encre, la confrontation plutôt que la paisible distance de la correspondance, et d’un instinct, a eu raison : il n’est pas certain qu’Alphonse eut répondu à une nouvelle lettre.

Vin se délaye à la gorge et poumon enfle brièvement avant que Tabouret ne reprenne, reposant son verre sur la table.


Rochechouart était un désastre annoncé pour qui voulait bien regarder. Nous venions à peine d’arriver qu’il me fallait partir pour vous prêter main forte, j’aurais dû venir seul, mais…
Distance, d’une griffe, souligne ses hanches ; suite s’évapore d’une main qui fend lentement l’air. Tabouret élude, et d’un pas en arrière tait ce qui concerne l’amant sans plus le nommer
… vous étiez d’une humeur de chien, aux hâtes de rentrer chez vous, épuisé d’un long voyage, et moi, pressé tout autant, n’ayant, de vous deux, envie de voir que vous.
Noirs s’abiment d’un instant avant que l’amertume ne trace un point d’interrogation :
Si je me suis mépris sur vos intentions ce soir-là, je m’en excuse, mais… Ne trouvez-vous pas que cela ressemble finalement à chacune de nos retrouvailles depuis bien longtemps ?
_________________
Archibald_ravier
La méprise ? Oui.

Archibald opine, et lampe une gorgée du vin dont il ne saisit rien des arômes, réfléchissant à son rythme. Par dessus le bord de son godet, il regarde Alphonse, aux aguets, cherchant à lire ses expressions.
Il inspire, et remonte le fleuve.


Depuis la brouille entre Jörgen et Faust.

Il est temps de ne plus éluder, et d'affronter, pas vrai ?
Alors Archibald repose lentement sa coupe, gardant un instant les pulpes des doigts sur le ventre du verre, rassemblant ses pensées et les mettant en ordre de marche. Tout en gardant un lien tangible avec la réalité.


Depuis que nous sommes séparés, Alphonse. Nous n'avions pas prévu de devoir apprendre à nous retrouver.


Une moue ironique orne les lippes du capitaine, qui abandonne enfin sa coupe, pour se caler plus au fond de son siège, prêt à vider son sac.
Il reprend bien vite, pour ne pas laisser le temps à son interlocuteur de répondre. Maintenant qu'il a commencé, il doit finir. Dévider l'écheveau.


Lorsqu'ils sont sont disputés, nous avons tous les deux voulu croire qu'ils pourraient se réconcilier. Alors que nous connaissons Faust. Nous savions que c'était impossible. Nous nous sommes aveuglés, un moment. Moi plus longtemps que vous, parce que la rupture d'avec Jörgen était déjà consommée pour vous.

Il n'aurait pas du abandonner sa coupe, car c'est l'anneau d'argent ornant son majeur qu'il triture à présent, signe indubitable de nervosité ou de concentration que ses amis connaissent bien.

Votre solution était la meilleure. Celle de me confier un navire pour que nous voguions ensemble, mais séparés. Mais lorsque vous m'avez offert le Refuge... Enfin le Chat à la fenêtre, enfin la cogue... Je l'ai vécu comme...


Il hausse une épaule, fataliste.

Une rupture, violente. Une gifle. Un pain dans la tronche. Appelez ça comme vous voulez, mais je vous voyais me faire l’aumône d'une solution en me bannissant de votre bord pour avoir l'outrecuidance d'aimer qui vous détestiez. Et vous étiez si heureux de cette solution, tous les deux. Si heureux de me propulser capitaine d'un navire, responsable de la vie des gens, de... de tout ce que j'étais absolument incapable de faire ! J'ai voulu dire non. Refuser. Mais vous étiez si heureux...


Épaule s'éleva brièvement, à nouveau. Il avait eu des semaines entières pour réfléchir, et il espérait être assez lucide sur lui même.

Vous aviez raison et j'avais tort, bien entendu. J'ai détesté ce navire, que je voyais comme le symbole de la fin de tout. J'ai mis des mois avant d'aller le chercher. Je l'ai aimé à l'instant où j'ai posé le pied dessus.

C'était pourtant là qu'ils avaient appris l'horrible mort de Gysèle et Marcel. Ils n'y étaient restés qu'une nuit, le temps de panser des blessures reçues en se faisant rouer de coups sur les chemins. C'était là qu'ils avaient touché le fond, et de là qu'ils avaient amorcé une lente remontée de la pente. Les souvenirs s'égrainent sous la caboche du capitaine, et Archibald sourit. On lit dans ses yeux qu'il est amoureux de son navire. Que six semaines de mer l'ont fait, forgé de sel et de vent : Capitaine.
Spontanément, les longs doigts du nouveau marin caressent le bois de la table, comme si le simple fait d'évoquer la cogue nécessitait d'en effleurer le grain.
La vérité, c'est qu'Archibald est tactile. La table le gêne, la chaise aussi. A défaut, il cherche constamment le regard de son ami, mais en réalité, il aurait préféré être ailleurs, épaule contre épaule.
Pourtant... Pourtant c'est ainsi, face à face, qu'il est obligé d'user mieux ses mots, parce que compenser par des gestes est interdit.


La vérité Alphonse, c'est que j'ai eu peur. Vous saviez peut être où était ma place en ce monde, mais moi pas. J'ai du apprendre, très vite, à naviguer. Accepter des responsabilités que je n'avais pas prévues. Encore. Vous m'avez offert mon Refuge en février. Nous avons pris la mer en juin. J'ai passé quatre mois à errer entre peur et angoisse, avec en supplément l'horreur de voir se déliter tous les liens que j'avais pu tisser. C'était comme vouloir retenir de l'eau dans mon poing fermé. C'est moi qui étais fermé tout entier, à ne regarder qu'une seule chose : amener des gens d'un port à un autre sans tous les tuer.

Il saisit de nouveau sa coupe. But une gorgé, et conclut sobrement :

Maintenant, je sais que je peux y arriver. Et je vous remercie d'avoir vu en moi ce que je n'aurais jamais pu y voir sans passer à travers...

Geste vague de la main, englobant probablement tout son discours.


Tout ça.


Et encore, il n'a toujours pas fait le lien entre les violentes migraines qu'il subit parfois et le stress qui retombe brusquement. Pourtant, les premières journées à Béziers l'ont vu alité trois jours dans le noir absolu, vomissant les derniers relents de l'angoisse des mois passés.
Il n'a pas lâché son interlocuteur du regard et, sérieux, se demande si finalement il ne va pas se le manger maintenant, le pain dans la figure.



______________

en remontant le fleuve au-delà des rapides
au-delà des remous, de nos sanglots stupides
où cruels et lugubres au bout des répugnances
nous fuyons les brouillards gris de notre impuissance
vers les feux de nos doutes jusqu'au dernier mensonge
dans la complexité sinistre de nos songes
où de furieux miroirs nous balancent en cadence
la somptueuse noirceur de nos âmes en souffrance
en remontant le fleuve
en remontant le fleuve

______________

_________________
Alphonse_tabouret
Attention se délaye aux gestes d’apparence anodines mais qui bruissent comme autant de vocables aux seconds plans des tableaux qu’ils composent ; le verre que l’on délaisse, l’anneau que l’on touche, les épaules que l’on hausse. A l’écoute silencieuse qu’il offre à son interlocuteur, Tabouret entend autant que regarde et laisse l’inexplicable des âmes froissées s’enticher d’un vrombissement
Noirs quittent les doigts qui ont saisi le verre pour venir aux billes qui le sondent : Archibald a perdu Alphonse en pointant Montfort du doigt comme donnée faussant l’équation des fins heureuses et le cœur y a basculé d’un gel pourpre ; mémoire déverse d’une tempête épaisse la succession des mauvais jours, la patience dévorée à grande hâte, le temps usé, gâché, perdu…



Aux lumières de ce nouvel éclairage, garçon avance le museau plus profondément dans le masque et laisse venir l’inondation.



Pas une seule fois, vous ne vous êtes demandé ce que cela nous coutait, n’est-ce pas ? Nous étions "si heureux", le reprend-il d’un ton plat, plus cuisant encore que le trait d’une caricature.
Vous avez cru ce qui vous arrangeait, car nous n’étions pas si heureux, Archibald. Ce cadeau fut l’objet de longues discussions entre nous, de douleurs, d’amertumes parfois : L’aveu des échecs, des amitiés fêlées… Non, nous n’étions pas si heureux, nous étions lucides, simplement.

Concevait-il, Archibald, combien ils avaient aimé ce bateau avant lui ? Les premiers rêves bâtis, les premiers souvenirs, la gorge serrée quand il avait fallu en détacher le nom ? Le céder avant même de le lancer à leur rêve pour en faire fleurir un autre ?

Vous me prêtez trop de grandeur d’âme, reprend Tabouret d’un air austère ; noirceur aux tempes en passe par une léthargie et marbre imperceptiblement les traits. J’ignorais, j’ignore, votre place dans ce monde, pas plus que je n’ai cherché à vous mettre face à des responsabilités que je vous imaginais plénières…
Nous ne nous avons pas plus fait l’aumône d’une solution, j’ai simplement refusé de sacrifier mon bonheur, refusé que cela soit au détriment du votre , parce que la seule certitude que j’avais, que nous avions, c’était qu’avec ou sans nous, vous deviez faire ce voyage.

Vin danse d’une oscillation que fait partir le poignet.
Je l’ai brusqué à vous offrir ce bateau, je ne m’en suis pas caché ce soir-là, mais j’y insiste… épargnez-vous une interprétation : son rêve était de partager ceci … Main désigne le port qui les entoure d’une vue et derrière lui, la mer les séparant d’un autre monde … avec vous, de vous léguer le Chat au retour seulement… Il savait mieux que moi combien cela vous plairait…
A quelques heures du départ, je me félicite de ce choix… Pas parce que depuis, vous y avez trouvé votre compte, mais parce qu’enfin j’y trouve le mien.


Âme carrée s’emboite à ses convictions ; verre bascule à la bouche et se vide d’une gorgée avant de se voir repousser du bout des doigts, raclant d’une légèreté le bois de la table. Il est temps de rentrer dans le vif du sujet :


Créature lovée le long de la colonne vertébrale s’étire.



Voulez-vous savoir ce que je pense de tout cela ?
Spectateurs conciliants, serviables, ramassant patiemment les éclats, les leurs, les nôtres, nous avons arrondi les angles, nous soudant à chaque altercation, au confort d’une volontaire impuissance. Penser que nous pouvions tout arranger, c’était … faire durer l’été…
Sourire éclaire brièvement le museau de cette vérité, comme si, les rivières de Bretagne excusaient toutes les mélancolies.
Nous étions lâches, Archibald, tout simplement. Deux lâches sur le même banc, mais nous ne sommes plus ceux-là et je vous y dois une vérité : J’ai été plus lâche que vous. J’ai laissé Faust aux violences des patiences exemplaires et je le regrette… Vous auriez peut être alors envisagé que ce n’est pas parce que nous connaissons Faust qu’une réconciliation était impossible, mais parce que nous connaissons Jorgen. Rajoute d'une ponctuation, plus douce, césure d'une pensée qui se verbalise avant de reprendre le fil de son flot
Parce que vous n'avez jamais compris à quel point cela l'avait touché...

A nos choix assumés hier comme aujourd’hui, nous nous découvrons d’autres hommes, nourrissons d’autres perspectives, et avons le désir assumé de vouloir les préserver. Pas pour eux. Mais pour nous.


Main se tend au pichet, remplit les verres vides de moitié et voix au timbre alourdi d’un deuil difficile à consommer assoit la cruauté d’une vérité :

Nous ne nous sommes pas choisis, nous ne sommes jamais choisis quelle qu’ait été la situation et ne l’avons jamais regretté.
Nous avons revendiqué quelque chose que nous possédions sans l’avoir désiré, mais si je dois être honnête, aurais-je eu le choix ce soir-là, que j’aurais empêché Faust de vous inviter à ce chemin.
L’aurais-je aujourd’hui…


Gorge s’entrave d’un raclement de gorge bref, bloc de deuil sous forme de salive qui se rend douloureuse jusqu’à la déglutition. Géode au cœur en bris s’entiche de sa résolution, et la respire en pincée pour y être déterminé.
Ce n’est pas une question de confiance mais de géométries, tristes et implacables mathématiques , vertement honnêtes ; le prisme diffère, déforme, accentue l’inéluctabilité de la situation, polyèdre malicieux aux vues conflictuelles : d’où que l’on regarde, l’on ne voit jamais la même chose et cela raye l’âme jusqu’à en affliger le relief.




Into temptation, over in doubt
Tentation, submergé par le doute
Black night, neonlight into my house
Nuit noir, néon dans ma maison
Talking talking talking about
En parler, parler, parler
Out of frustration, over in doubt
Frustration, submergé de doute

Hold me now, I'm hoping that you can explain
Tiens-moi à présent, j'espère que tu peux expliquer
Little Arithmetics
Les petits calculs
Got me down, they're fooling me again and again
Qui me terrassent, ils me dupent encore et encore
Little Arithmetics )
Les petits calculs
Got me down
Me terrassent

Deus, Little Arithmetics





Que je ferai le même.
Nous n’avons pas choisis d’être des amis, nous l’avons été par complaisance… maintenant que nous sommes lucides, serons-nous au moins de bons camarades ?


Peut-être aurait-il finalement mieux valu un pain dans la figure.
_________________
Archibald_ravier
Non, pas une seule fois.
Il était encore trop perclus de déception et de douleurs d'âme pour percevoir qu'il n'était pas le seul à souffrir.
Il l'est toujours un peu, d'ailleurs, et à mesure que le discours d'Alphonse le touche, suivant un drôle de chemin qui perfore le cœur avant de se graver dans le cerveau, il baisse le nez.

Il aurait mieux valu un pain, décidément. Au moins, on souffre physiquement, c'est plus facile à gérer.
Il baisse le nez, se tait, et écoute. Une fois de plus, la dernière fois manifestement, Alphonse lui donne une leçon.
Il se tait et écoute, et comprend que rien de ce qu'il a dit n'a été perçu comme il le voulait.
Une fois encore, les mots lui ont fait défaut.
Il écoute, jusqu'au bout, et sous la table les poings se crispent, lentement mais surement. Pas pour frapper. Simplement pour que les ongles entrant dans sa chair l'ancrent dans l'instant. Pour ne pas pleurer, comme un enfant qui se fait gourmander.
Jamais il n'aurait imaginé que son cœur puisse cogner aussi fort, aussi longtemps dans sa poitrine sans éclater.
Il écoute, et il ne comprend pas tout. Mais il est trop tard pour demander des précisions.
Il est trop tard pour demander à Alphonse des explications. Il n'est plus mentor.
Il est toujours sur son piédestal, mais subitement la soudure semble fragile. Cela n'était peut être pas une bonne idée, finalement, d'y placer son ami. Les amis ne sont pas fait pour être adorés. Les aimer, c'est déjà un sacré travail, et Archibald l'apprend un peu rudement, en ce moment.
Archibald relève le nez à la fin de la diatribe, et offre à Alphonse une mine défaite. Un mélange curieux d'incompréhension, de rancœur et de douleur.


- Soyons lucides, oui.

Il aurait voulu saisir son verre et le finir, pour se donner du courage. Une nausée subite l'en découragea.

- Vous n'avez pas compris ce que je voulais dire. Vous interprétez. Je ne sais pas m'exprimer convenablement, alors c'est normal de ne pas me faire comprendre. Vous semblez penser que j'en veux à Faust, à quelqu'un.


Il secoue la tête, désabusé.


- Vous n'avez pas la moindre idée de ce que j'éprouve, ou de ce que je pense, parce que je suis incapable de l'expliquer.

Déjà le comprendre en son fort intérieur, c'était compliqué, alors le verbaliser... Comment peut on expliquer que l'on aime aveuglément un ami, d'un amour amical, et qu'on ne le juge pas d'avoir blessé si fort son amant, parce que c'était mérité ? Et qu'on éprouve une gratitude infinie de ne pas avoir été relégué avec lui, même en ayant franchi les limites, et allègrement ? Comment peut on expliquer la joie infinie de se savoir toléré, accepté, à défaut d'être tout à fait pardonné ? Comment mettre en mot tout ce panel d'émotions kaléidoscopiques ? Comment justifier le soulagement absolu que l'on ressent lorsque l'amitié survit à une série immonde de coups durs et de douleurs ?
C'est impossible.
C'est impossible et Alphonse a déjà tranché. Il a décidé que d'amis, ils étaient en fait opportunistes. Et qu'il fallait être bon camarades.

Alors il se redresse, et plante un regard noir dans celui de son vis à vis.


- Laissez moi essayer de dire une dernière chose. Nous avons été lâches. Nous ne nous sommes pas choisis. Vous le regrettez manifestement, mais moi pas. Vous n'avez aucune espèce d'idée de l'amour que je peux vous porter.


D'ailleurs, Archibald non plus n'en avait aucune idée jusqu'à cet instant. Et la violence de cette rupture amicale le saisit tant qu'il en tourne les talons sans un mot de plus, le cerveau à nouveau rempli de choses à réfléchir pour les mois de mer à venir.

_________________
Alphonse_tabouret
Touraine, Mars 1465














L’Ombre est jetée d’une assise sur le bastingage, pieds dénudés dont les talons frôlent la coque selon le courant fendu, paumes sur la rambarde éprouvant les veines du bois au filigrane des pensées ; les habitudes prises en haute mer se heurtent aux surfaces planes des fleuves et relèguent les sécurités auxquelles l’on s’est attaché à d’optionnelles mesures, celles que l’on ne conserve que pour les femmes et les enfants.

Le Refuge a coulé.
Quelque part, ailleurs, ventre béant d’eau, flanc déchirés de fonte, il s’est noyé d’un silence assourdissant, d’une écume bouillonnante ; là, il git entre les dents déchaussées d’un géant oublié.
Mots laconiques ont rassuré du pire ; ils sont en vie, tous. Ou presque ; l’ombre du Chat, elle, s’est étiolée au voisinage d’une anémone, et malgré l’infinie mélancolie qui germe à cet enterrement, ce n’est pas à ce deuil là que Tabouret s’attarde.
Le seul qui à l’heure occupe ses pensées est Ravier.




Bittersweet strawberry marshmallow butterscotch
Caramel aigre-doux à la fraise et à la guimauve
Polar Bear cashew dixieland phosphate chocolate
Ours polaire noix de cajou dixieland chocolat au phosphate
Lime tutti frutti special raspberry, leave it to me
Lime tutti frutti spécial framboise, laissez-moi faire
Three grace scotch lassie cherry smash lemon freeze
Trois scotchs à la cerise et au citron surgelés



Ravier si fier, si beau dans son costume neuf, à cette assurance qu’offrent les évidences, aux bonheurs qu’accompagnent les amours marins, capitaine, jusqu’à ses mains, longilignes outils que la barre avait raidi de quelques cals à l’été. Ravier dépossédé, orphelin, à ces survies qui suivent la chute, sans reconnaissance, sans gout, juste à l’intuition primaire qu’il va falloir quand même tenir debout sans savoir comment faire.

Sur le bout de sa langue, Alphonse se souvient de la sienne, palais s’enchâssant d’une amertume liquide qu’il déglutit péniblement.




I wanna go to Marz
Je veux aller à Marz
Where green rivers flow
Là où coulent les rivières vertes
And your sweet sixteen is waiting for you after the show
Et votre doux seize vous attend après le spectacle
I wanna go to Mraz
Je veux aller à Mraz
We'll meet the gold dust twins tonight
Nous rencontrerons les jumeaux en poussière d'or ce soir
You'll get your heart's desire, I will meet you under the lights
Tu auras le désir de ton cœur, je te rencontrerai sous les lumières




C’est le remords qui accable les épaules, l’ombre soucieuse des regrets, le cœur tordu d’une infirmité qu’il n’a jamais voué qu’à ceux qu’il aime. Aux lueurs de septembre, il a quitté Archibald sur une rigoureuse obstination, empêtré dans la saine logique de ses résolutions, insensible aux évidences que Faust, pourtant, attache à son front d’une couronne depuis le premier jour ; les exceptions existent.
Archibald a déçu, peiné, blessé, et Tabouret qui disculpe chacun sous le filtre des indifférences-maçonnes, au prisme des raisonnements justifiant chaque geste d’une logique froide, ne l’a pas pardonné, s’y est recroquevillé jusqu’à s’assécher, jusqu’à y renier leur amitié.
Aux yeux qui s’embuent, il ne porte pas la main, y crispant la mâchoire d’une résolution, prunelles durcies d’une détermination mâle; pleurer est une chose difficile, l’aveu des douleurs, la reconnaissance des impuissances bouleversées, et c’est l’âme toute entière qui s’y tord, écrasée, ébouillantée aux sévices des humanités.





Golden champagne juicy grapefruit lucky Monday
Le champagne doré juteux pamplemousse chanceux lundi
High school football hot fudge buffalo tulip sundae
Sundae de tulipe de buffle au chocolat chaud pour le football au lycée
Almond caramel frappe pineapple root beer
Bière de racine d'ananas frappée au caramel d'amande
Black and white big apple Henry Ford sweetheart maple tea
Thé noir et blanc à la grosse pomme Henry Ford et à l'érable




Vélin est resté vierge de longues heures, accablé, accablant, basse-cours désordonnée d’émotions chavirant l’esquif au point des silences d’encre; que peut-on dire à celui qui enterre son rêve ?
Pauvres mots semés ne pousseront pas ; Alphonse lui aussi, connait le gout des futilités.

L’odeur familière du bateau prend le nez d’un souvenir, et les phalanges blanchissent d’un chagrin d’été.
Qu’elles sont loin, les rivières bretonnes.



I wanna go to Mraz
Je veux aller à Mraz
You'll meet the gold dust twins tonight
Vous rencontrerez les jumeaux en poussière d'or ce soir
You'll get your heart's desire, I will meet you under the lights
Tu auras le désir de ton cœur, je te rencontrerai sous les lumières
John Grant & Midlake - I Wanna Go To Marz

_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)