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[RP] La grange derrière la maison, ou le Pavillon de Liam

Liam.d.alaya
Il était revenu changé...

Il avait beau rester très jeune, et garder cette naïveté des enfants qui gardent encore leurs rêves de légendes et de contes merveilleux, il n’en étai pas moins en train de grandir... peut-être un peu trop vite vous dirons certains qui voudraient le voir rester un enfant encore un moment...

Liam lui voulait grandir. La perte de son père l’avait profondément affecté, même si ce n’était pas forcément son vrai père, c’est lui qui l’avait élevé, adopté, aimé... Le jeune garçon lu était profondément attaché, et voulais le prendre comme modèle dans tout ce qu’il entreprenait, et la chasse était l’une des dernières choses qu’ils avaient partagé avant sa disparition, et cela lui restait terriblement sur le cœur.

Son père disparu, sa sœur ainée partie elle aussi, il devenait de fait le plus grand de la fratrie et avait à cœur de veiller sur son autre sœur et ses deux jumeaux de frères, il se pensait véritablement comme l’homme de la famille désormais, et ne laisserai personne lui dire le contraire.

Mais dans sa quête d’indépendance et d’émancipation, il ne pouvait oublier sa mère qu’il adorait par-dessus tout. Il lui vouait une admiration sans faille, et ne voulait que la rendre fière de lui en tout point. Mais pour cela, il avait besoin de lui prouver qu’il n’était plus ce petit chérubin qu’elle avait tant choyé, et qu’elle protégeait (pour ne pas dire surprotégeait) avec toute son âme.

Il l’avait tannée pour qu’elle lui accorde le droit d’aménager son propre espace dans la maison de ville à Chambéry. Enfin, il n’avait eu gain de cause que grâce à l’arrivée de Minus son chien qu’elle ne voulait surtout pas voir dans l’aile principale. Il avait donc demandé comme un grand à Fanch à l’urbanisme pour obtenir les autorisations. Il avait demandé l’aide de quelques ouvriers pour l’aider à concevoir son espace, sur le côté Est de la maison.
Il n’avait pas grande ou fière allure ce bout de maison, on aurait presque dit une grange tant sa décoration était austère, mais au moins il ne le devait qu’à lui-même, et un peu aux ouvriers, et aussi un peu à sa mère malgré tout qui le soutenait en toute chose. Mais en tout cas, c’était son espace...

Il fit ensuite aménager un chenil pour Minus dans l’arrière-cour afin qu’il puisse le mettre lorsqu’il ne pouvait le prendre avec lui, ainsi qu’une cible pour s’entrainer au tir à l’arc... Tout était parfait...
Ce bout de maison, il se le nomma son pavillon tant il en était fier, alors que... bon... Ca ne payait pas de mine... Mais pour lui, c'était un palais.


Tout commence ici !
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Liam.d.alaya
Tout était maintenant bien en place, il prenait tout doucement ses marques dans son nouvel espace, et même si son Pavillon communiquait avec l’aile principale de la maison, il avait sa propre entrée vers la rue pour entrer et sortir sans déranger sa mère ni ses frères et sœur.

Chaque jour il se passionnait pour le dressage de son chien, lui inculquant patiemment chacun des ordres qu’il voulait le voir exécuter. Il y mettait tant de cœur, de douceur et d’amour que le chien le lui rendait sans réserve. Et même s’il n’avait pas accès à l’intérieur de la maison, les enfants n’hésitaient pas à venir eux aussi jouer avec lui, si bien qu’il était à la fois devenu l’attraction et le berger. Et bien que Liam le dressât pour l’emmener à la chasse, il faisait montre d’un grand sens de la famille défendait naturellement tous ses membres, surtout les plus jeunes.

Bien sûr Pierre et Walter se disputaient comme à leur habitude pour savoir qui des deux serait le premier à pouvoir chevaucher sur le dos de ce nouveau et fier destrier, mais c’était sans compter sur l’horrible Dragon Liam qui leur fondait dessus pour les dévorer avant même qu’ils n’aient pu se départager. Mais tout cela finissait à chaque fois dans un gros tas de jambes, de bras, de mains de pattes, de têtes et de truffe, avec un bon lot de bave et de gadoue sur tous les quatre...

Mais ce jour, Liam se sentit prêt pour un essai dans le feu de l’action. Les progrès de Minus restaient à confirmer dans une vraie traque en pleine nature, et ses progrès à lui à l’arc restaient eux aussi à prouver sur une cible mouvante, et ses résultats au tournoi de la ville, bien que très honorables ne prouvaient pas qu’il saurait être efficace hors entrainement.

L’appel était le plus fort, il lui fallait chercher par lui-même, se prouver qu’il en était capable, et son premier échec qui l’avait conduit à Sion avec une dette insoluble lui restait encore en travers de la gorge.
N’écoutant encore une fois que son désir, il prépara ses armes, son baluchon, se munit de quelques provisions, harnacha tonnerre le cheval de son père, puis débuta son aventure en quête de gloire et de trophées.

Il laissa bien entendu un petit mot sur sa paillasse, écrit avec soin à l’attention de sa mère pour qu’elle ne s’inquiète pas, bien qu’il savait pertinemment qu’elle le ferait même si elle ne le montrerai pas...





Mère,

Je suis partit à la chasse, emportant Minus et Tonnerre avec moi.
Je ne serais absent que quelques jours, le temps de trouver la proie qui saura vous prouver que je suis aussi bon chasseur que père.

Ne vous inquiétez pas pour moi, Minus me protègera, et puis je me débrouille assez bien maintenant avec mon arc pour déjouer les pièges en travers de ma route.

Je vous aime tous très fort, et je reviens très vite vers vous. Prenez bien soin de vous et de mes frères et sœur.

Votre dévoué fils,
Liam.

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--Liam.d.alaya.
Il se l’était promis, il ne rentrerait pas tant qu’il n’aurait pas un gibier de légende à rapporter à sa mère. Il tenait à lui prouver qu’il était un homme digne de ce nom, et qu’il méritait qu’on le traite comme tel désormais... même s’il adorait sans l’admettre qu’elle le materne encore comme elle le faisait. Enfin ce qu’il voulait surtout, c’est qu’elle soit fière de lui...

Cela faisait maintenant plusieurs jours qu’il était parti se perdre dans ses montagnes à la recherche de cette créature rare dont on n’entend parler que dans les livres. Il n’était pas fixé quant à la nature même de sa proie, n’importe laquelle de ces créatures ferait l’affaire, il rapporterait la première qu’il trouverait, bien qu’évidement il espérait de tout son cœur rencontrer et vaincre un dragon, comme tout héros qui se respecte...

Malheureusement pour lui, il ne croisait que du lapin de garenne ou de la poule faisane, ce qui lui permettait au moins de manger un peu plus consistant. Plus rarement c’était un chamois ou un bouquetin, mais n’ayant pas le temps de le ramener avant qu’il ne se perde, il les laissait vivre, le gâchis n’était pas dans sa nature. Mais rien, pas une trace concernant les moindres loup-garou, vouivres ou autres bêtes extraordinaires pour en faire son trophée...

Le flair de Minus était pourtant au top, il parvenait à débusquer la moindre musaraigne d’entre les pierres des collines, et Tonnerre parvenait à suivre sans trop de peine, bien que le jeune homme tâche de lui épargner trop de fatigue chaque journée.
La déception grandissait à mesure que les heures, puis les jours passaient, le jeune garçon commençait à croire qu’il n’y parviendrait pas, et son orgueil blessé lui infligeait plus de peine encore à chaque jour sans nouvelle piste à suivre.

Il établit le bivouac ce soir là au pied d’un arbre sur le tronc duquel il attacha son cheval, puis fit rapidement un feu pour y cuire son lapin du jour. Il regardait dans les flammes pendant la cuisson, le regard lointain, perdu dans ses pensées. Il pensait à sa mère qu’il avait à peine prévenue par un simple billet sur sa propre table. N’allait-elle pas se faire du souci ? Puis il pensait à son père, son cher disparu, qu’aurait-il pensé de cette étrange quête ? Aurait-il approuvé ?
De temps à autre, les bruits de forêt le tiraient de ses songes et faisaient lever une oreille à Minus qui guettait qu’aucun danger ne les surprenne, mais le feu éloignait naturellement les animaux des sous-bois. Tout au loin, il entendit même des hurlements, ceux d’une meute de loups, qui partaient certainement en chasse à la lueur de la lune, et qui l’honoraient comme les hommes honoraient Aristote.

Liam dévora son lapin, le partageant en partie avec son chien, mais non sans l’avoir désossé au préalable. Les os cassants des lapins sont comme des pointes de couteau dans l’estomac d’un chien.

Lorsqu’il eut fini, il remit du bois dans le feu pour le faire durer plus longtemps, puis se blotti contre Minus pour garder un peu de chaleur et tâcha de s’endormir malgré l’inconfort de la rocaille sur laquelle il espérait faire sa nuit...

Si demain il ne trouvait pas de nouvelle piste, il lui faudrait peut-être repenser son projet autrement, mais son égo lui permettrait-il de rentrer ainsi bredouille ? Ne deviendrait-il pas la risée de tout le village s’il revenait après avoir fait tout ça pour... rien ?
Mini.
Au contact du baron Phaco, Maia avait appris quelques jurons bien sentis. Et là, en découvrant la mini-missive de son fils adoré qui lui expliquait ... Il expliquait quoi d'ailleurs ? Ah oui ! Qu'il voulait son émancipation ! Nan mais et puis quoi encore ???!!!

Foutredieu ! Ce sacripan veut ma mort, j'en suis certaine !

Comment ça, elle est tout en exagération, la brune ? Mais bien sûr que non, ils finiront par avoir sa peau avec leurs âneries. Elle aurait voulu hurler mais n'en fit rien. Par contre, elle allait tout garder pour elle, jusque son retour. Certes, il n'était plus en âge de se réfugier dans les jupes de sa môman mais quand même ! Elle avait encore voix au chapitre en ce qui concernait son éducation.

Il allait chercher loin, ce qu'il avait à portée de main mais de cela, le jeune homme en devenir qu'il était, n'en avait pas conscience. Elle l'avait toujours encensé, même lorsqu'il rendait Alia, folle. C'était son jeu favori lorsqu'il était enfant. Avec sa soeur aînée, il lui menait la vie impossible, malgré tout, la vieille gouvernante les adorait. Elle se faisait du mauvais sang et décida de lui écrire :




Liam James d'Alaya,

Tu as intérêt de ramener tes miches d'hommes, puisqu'à priori tu en es un !; à la maison. Je te préviens, je t'attends avec ma nouvelle pelle que John a eu la bonté de me faire bien plus solide que la première. Oui, oui, je compte bien t'en mettre un grand coup sur la tête, histoire de te faire passer l'envie de faire peur à ta pauvre mère. Espèce de petit sacripan !

Et s'il t'arrivait quelque chose dans ses montagnes hein ? Y as-tu pensé ? Mais nan, je parie que nan rho. Je te préviens que si tu n'es pas là sous dix jours maximum, je viens te chercher. Et si c'est ta dépouille que je trouve dans je ne sais quelle crevasse, je te jure, mon fils, que je te traquerai jusqu'en enfer lunaire pour te faire passer l'envie de partir à l'aventure !

Malgré tout, je t'embrasse et ne doute pas que je t'aime.

Maman,
Celle qui t'a donné la vie mais qui pourrait bien la reprendre si tu continues tes bêtises !

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--Liam.d.alaya.
Le lendemain, Liam refit son paquetage bien décidé à monter encore plus haut sur les flancs escarpés des monts de Savoie, et plus particulièrement le plus légendaire pour les chambériens, avec son immense falaise en à pic qui côtoie les nuages et qui regorge de grottes en tous genres.

Il harnacha Tonnerre, s’assura que tout allait bien pour ses deux compagnons à quatre patte et débuta son ascension vers ce fameux Mont Granier.

Tous ceux qui lui avaient parlé de cet endroit jusqu’ici, s’accordaient pour dire que de terribles dangers guettaient les aventuriers imprudents qui oseraient affronter cet endroit. D’innombrables grottes et gouffres creusent la montagne à maints endroits, abritant de fait un grand nombre de créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres et que l’on ne rencontre que dans ce genre de terrain si particulier.

Il en était persuadé, c’est là qu’il rencontrerait son destin, et qu’il chasserait cette créature légendaire qui ferait de lui un héros parmi les siens. Une légende racontait qu’il y a deux cents ans, toute la face nord s’était effondrée lorsque le dragon qui y vivait s’était réveillé pour voler vers de plus sinistres contrées encore, et près de mille personnes avaient péri dans ce cataclysme. Plus personne n’avait revu le dragon depuis, mais Liam en était persuadé, il y devait certainement rester au moins sa progéniture dans les galeries souterraines qui creusaient la montagne.

Lorsqu’il fut en vue de la fameuse falaise, il fut effaré devant son gigantisme, et devant ce paysage de désolation qu’avait laissé le cataclysme pourtant des siècles plus tôt. Il lui sembla que la montagne avait été coupée en deux, laissant présager de la taille du fameux dragon... Enfin, ça le dragon, personne ne lui en avait parlé bien entendu, c’est lui qui l’avait déduit tout seul grâce à son instinct de chasseur si affuté.

La montée prit du temps, beaucoup de temps. Il était pourtant habitué à la montagne, comme tout savoyard qui se respecte, mais le terrain plus accidenté et les pentes escarpées de l’éboulis rendait sa progression bien plus lente et périlleuse, si bien que le jour était maintenant bien avancé lorsqu’il accéda enfin au pied de la falaise...

Il se sentit si petit lorsqu’il fut à son pied... Le mur qui le surplombait maintenant devait facilement faire mille fois sa propre taille, quasiment à la verticale au-dessus de lui. Un sentiment de malaise le prit tout à coup, et si la créature qu’il allait rencontrer se révélait encore plus grosse que la précédente deux siècles plus tôt ? Faisait-il réellement le poids face à un tel monstre ? Ne dit-on pas des dragons qu’ils terrassent les chevaliers par centaines pour protéger leur montagne d’or qui leur sert de nid ?

Le pauvre garçon n’était armé que d’un arc et d’une frêle épée, décrochée du sautoir surplombant la cheminée de leur domaine... Un cure dent pour la cuirasse d’un dragon pensa-t-il alors... Mais pourquoi eut-il fallu qu’il lui prenne cette lubie de venir en ce lieu pour chasser le dragon ?
L’inquiétude commença à se changer en peur lorsque quelques toises plus loin en longeant le bas de l’à-pic il fit enfin face à l’entrée d’une de ces cavernes. Elle était là quelques mètres au-dessus d’eux, gigantesque, suffisamment grande pour accueillir le vol d’un dragon toutes ailes déployées...


Bien voilà !... Nous y sommes...

Il avait ouvert la bouche comme pour se donner du courage, mais il sentait bien que les mots mourraient d’envie de s’étrangler dans sa gorge tant icelle était nouée.
Sa volonté de ne pas revenir bredouille lui commandait de mettre pied-à-terre et d’amorcer l’escalade, mais le trac et l’angoisse le freinaient dans son élan. Il lui fallut un moment avant d’arriver à s’extirper de sa tétanie.

Il attacha Tonnerre à un arbuste, et le confia à la garde de Minus qui ne pourrait pas non plus le suivre pour escalader la paroi jusqu’à l’entrée de la grotte. Il leur versa un peu de sa réserve d’eau dans une écuelle, mis son arc en bandoulière et son épée à son flanc et prit de quoi s’allumer une torche une fois sur le plat. Le reste de son équipement pouvait très bien rester sur son harnachement.

L’escalade de ces quelques mètres n’était pas bien compliquée, et il fut rapidement sur le plateau de l’entrée à s’allumer sa torche. En contrebas, Minus le regardait avec un œil intrigué, et très désireux de le rejoindre, tandis que Tonnerre broutait les quelques herbes folles qu’il trouvait au pied de l’arbuste.

Il se tourna enfin vers la galerie, dégaina son épée, et s’éclairant de sa torche s’engouffra dans les entrailles de la terre...
--Liam.d.alaya.
Autant il avait été impressionné par le gigantisme de la bouche béante que représentait l’entrée de la grotte sur la paroi extérieure, autant une fois à l’intérieur, il fut rapidement déçu par la décroissance de la cavité.
Très rapidement, les parois du conduit se rétrécirent tellement que son hypothèse du nid de dragon ne tenait plus du tout, brisant de ce fait les espoirs et les illusions du jeune chasseur de proies légendaires...
Et puis quelque part, cela le rassura de comprendre qu’il n’affronterait donc pas de dragon pour cette fois.

Il observa un long moment cette première cavité en forme d’entonnoir qui débouchait sur un tout petit boyau, à peine plus grand que lui, et si sombre que même sa torche avait du mal à en éclairer le fond. Il hésita un long moment avant de tenter de s’y engouffrer tant le souvenir de son accident de mine à Sion l’avait marqué. Il craignait par-dessus tout de finir emmuré vivant en cas d’effondrement. Mais il n’avait pas non plus fait tout ce chemin pour le rebrousser, et ne saurait admettre sa défaite, et encore moins sa couardise.

Il prit une grande inspiration et s’engouffra dans le conduit, la torche en avant, mais l’épée pas bien loin non plus... Les parois du conduit étaient argileuses et humides, il semblait bien que le passage se soit formé par l’érosion, donc autant dire qu’il pouvait certainement y avoir une rivière souterraine ou quelque chose s’en approchant. Il lui faudrait donc rester sur ses gardes pour ne pas finir noyé, surtout si un orage se mettait à gronder au dehors.

Il fit quelques dizaines de pas dans cette faille étroite qui serpentait entre les roches avant d’aboutir dans une seconde cavité bien plus grande encore que celle de l’entrée, mais si sombre...
Sa torche n’éclairait que sur quelques pas autours de lui, mais où qu’il regarde, il ne parvenait pas à voir le bout de parois. Le sol restait d’un plat relatif, mais il ne distinguait nit plafond, ni le fond de la cavité, et encore moins si quelque chose était présent dans les lieux.
Si une créature des enfers se trouvait là, il se savait totalement à sa merci, et sa torche ne manquerait pas de la sortir de sa torpeur si toutefois elle avait été endormie...

La peur gagnait insidieusement le cœur du jeune garçon, même s’il tâchait courageusement de la faire taire. Il entreprit de longer la paroi sur sa gauche, en veillant bien à rester tout contre pour ne pas se perdre, mais il interrompit rapidement son exploration lorsqu’il entendit quelque chose...
Il balaya l’espace devant lui de sa torche pour voir s’il distinguait quelque chose, mais toujours rien... seulement les ténèbres... Il aurait pourtant juré avoir entendu un truc, mais si fin, si lointain, si aigu... Il ne savait pas ce que c’était, mais il y avait quelque chose de vivant avec lui dans cet endroit...

L’épée en avant, la torche sur son flanc gauche, il prit une grande inspiration avant de tenter d’effaroucher la chose qui certainement devait l’épier depuis l’ombre où elle se trouvait...


Oh la ! Qui va là ??!!!.... Oh la ! Qui va là ??!!!.... Oh la ! Qui va là ??!!!.... Oh la ! Qui va là ??!!!.... Oh la ! Qui va là ??!!!.... Oh la ! Qui va là ??!!!....

A peine eut-il lancé sa voix dans les airs que la créature imita son cri pour le répéter à l’infini, et déclenchant par là même un brouhaha gigantesque de cris et de piaillement suraigus mêlés de battements d’ailes dans toutes les directions. Très vite d’innombrables petites ombres noires vinrent s’agiter en voletant autours de lui dans toutes les directions, le désorientant totalement...

Le jeune Liam se débattit comme il pu de cet ennemi insaisissable et multiple, brassant dans les airs de grands gestes totalement vains pour finalement se retrouver là où il craignait le plus de se retrouver... hors de vue de toute paroi...

Le calme revint peu à peu, les chauves-souris qu’il avait effrayées devaient sans doute être presque toutes sorties de là, mais il se retrouvait au milieu de nulle part au fin fond d’une montagne avec pour seule vision un cercle de lumière de quelques pas autours de lui...
Il scruta les ténèbres tout autours de lui pour choisir dans quelle direction il allait se diriger lorsqu’il aperçu un reflet brillant perçant l’obscurité tout au fond de la grotte. Intrigué, et n’ayant pas d’autre point de repère dans son entour, il choisit de se diriger vers ce reflet. Après tout, il s’agissait peut-être d’une pierre précieuse ? Il avait entendu dire que les pierres brillantes que sa tante arborait autours du coup avaient été trouvées sous terre et qu’elles valaient une fortune... Et si c’était le cas encore ?...

Il s’approcha prudemment, restant vigilent quant à la présence d’autres espèces vivantes dans la cavité, mais à mesure qu’il s’approchait, il cru commencer à distinguer une silhouette adossée à la paroi. Un temps d’arrêt pour se rassurer, puis un pas de plus...
Il avait toujours du mal à distinguer ce que ça pouvait être...
Encore quelques pas, et........


Pouaaaaah ??!!!.... Pouaaaaah ??!!!.... Pouaaaaah ??!!!.... Pouaaaaah ??!!!.... Pouaaaaah ??!!!.... Pouaaaaah ??!!!....

Une vision d’horreur fit faire un bond en arrière au jeune homme terrifié, c’était le squelette décharné d’un homme qui se trouvait en face de lui à quelques pas à peine... Son nouveau cri déclencha une nouvelle envolée des quelques chauves-souris restantes dans la cavité, ajoutant au sinistre de la situation...

Prostré sur lui-même, ne sachant plus quoi faire, tétanisé, Liam n’osa plus bougé pour un long moment, laissant l’emballement de son cœur filer à toute vitesse et scrutant les ténèbres dans toutes les directions, craignant que les morts ne soient vivants et qu’il ne soit déjà en enfer pour l’éternité...

Puis rien...

Le temps s’écoula, mais rien ne se produit. Ni attaque, ni créature infernale, ni rien... Juste le silence à peine rythmé par les battements de son propre cœur qui venaient heurter son thorax comme s’il criait l’envie de vouloir s’échapper de là...

Lorsqu’il fut assez calme pour retrouver un peu de courage, il revint porter sa torche en direction du cadavre. Il put avec soulagement constater que ce dernier n’avait pas changé de place et restait parfaitement immobile assis devant lui.

Poussé par sa curiosité, et n’ayant d’autre point de repère autours de lui, il choisît d’enquêter sur ce corps sans vie, et le pourquoi il pouvait se retrouver ici... Avait-il été occis par le dragon ?... Mais noooon, il avait déjà écarté cette hypothèse, ça ne se pouvait, et puis aucun être vivant n’avait encore pu lui rapporter avoir réellement vu un dragon finalement, donc pourquoi lui en trouverait-il un ? Mais alors quoi ?...

En s’approchant, il découvrait avec dégout les détails de plus en plus sordides des phases de la décomposition d’un corps, la peau sèche et noire, les chairs détachées du squelette, les insectes logeant dans tous les orifices, et cette odeur, une odeur si forte et nauséabonde qu’elle failli lui faire rendre ses entrailles...
Les vêtements du pauvre bougre étaient dans un piteux état, déchirés en plusieurs endroits et troués par les vers et autres rampants. Un serpent s’échappa même de la cage thoracique du mort pour échapper à la lumière de la torche et disparaitre dans l’obscurité de la grotte...

L’une de ses orbites était recouverte d’un bandeau, à la façon des borgnes, et d’ailleurs son crane présentait une entaille bien visible juste au-dessus de son œil droit, résultant certainement de la blessure aillant causé son infirmité.

Son bras gauche était appuyé sur on coffre de bois de bonne facture semblait-il, et devant lui à ses pieds, Liam découvrit la garde et le début de lame d’une épée brisée et calcinée, ainsi que les reste d’un foyer. L’homme avait dû mourir ici même et s’était allumé ce feu. Une pointe de flèche dépassait de son dos, sans doute était-ce celle qui avait dû lui causer la mort...

Etrangement cet homme lui fit penser à ce fameux brigand dont beaucoup de gens avaient parlé un temps dans les tavernes... Willy le borgne... Un rouquin d’une très grande arrogance qui défiait les autorités depuis bien longtemps, mais qui semblait-il, était autant mal-aimé et recherché par ses propres comparses... Il approcha la torche de son crane et put voir avec satisfaction qu’il avait vu juste. Les cheveux roux qui se détachaient par touffes de son cuir chevelu lui confirmaient son hypothèse... Et donc ce coffre... devait être... son... butin...

Il n’osait y croire, ça ne se pouvait, il ne pouvait y avoir autant de coïncidence, enfin ça ne pouvait pas lui arriver à lui, ce serait bien trop beau... Mais...

Il ne résista pas et tira le coffre. Voyant qu’il allait déséquilibrer le squelette du brigand, il le poussa d’abord avec le plat de son épée pour écarter son coude délicatement, puis repris son effort pour tirer le lourd coffre vers lui... Il y avait une corde attachée à l’une de ses poignée, certainement pour lui permettre de le hisser jusqu’à la grotte. Liam ne tint plus, la curiosité et l’excitation avaient chassé toute peur et inquiétude quant à l’aspect sinistre de la tombe, puisque c’est ce qu’était finalement cette grotte. Même l’odeur ne le dérangeait plus tant il était pressé de voir ce qu’il y avait à l’intérieur.

Il l’ouvrit...


Ouaaaaah ??!!!.... Ouaaaaah ??!!!.... Ouaaaaah ??!!!.... Ouaaaaah ??!!!....

Il n’y eut plus aucune chauve-souris cette fois, ou en tout cas Liam ne les entendît même plus...

Le coffre renfermait plusieurs bourses renfermant chacune plusieurs centaines d’écus, Liam n’en croyait pas ses yeux...
Il y avait également quelques sacs de grain semblait-il, mais les yeux du jeune homme restaient focalisés sur l’or...

Lorsqu’il eut repris ses esprits, le jeune garçon referma le coffre, rengaina son épée, libéra l’autre extrémité de la corde, et disposa le tout prêt à partir.
Il observa le cadavre une dernière fois, pensant à tous ses efforts pour ce trésor qui se sont révélés vains et ont fini par lui couter la vie. Il récita une prière à son encontre, malgré toute l’aversion qu’il avait pour les brigands, puis se saisit du coffre des deux mains en essayant de garder sa torche coincée dans l’anse d’une des poignées pour s’éclairer. Il découvrit un bouclier également juste un peu plus loin posé contre la paroi. L’un de ces boucliers ronds à la façon des hommes du nord qu’il avait déjà vu dans les gravures des livres de ses précepteurs. Il l’adossa par-dessus son arc pour le rapporter lui aussi avant de reprendre sa progression en longeant la paroi.

Par chance, il put rapidement trouver le boyau qui l’avait conduit jusqu’à cette chambre funéraire et le suivit dans l’autre sens cette fois ci pour rejoindre la sortie...

Dehors la nuit était bien avancée, mais la corde du coffre était suffisante pour le faire descendre de son plateau d’entrée jusqu’au sol en contrebas. Puis il présenta la torche vers le vide en dessous de lui pour observer la paroi avant de descendre lui aussi... Les deux billes brillantes qui l’observaient lui aboyèrent dessus, lui décrochant un sourire...


Oui j’arrive mon chien, ne t’en fais pas, je suis là !

Les prises étaient relativement faciles, mais l’obscurité ne lui simplifiait pas la tâche. Il dû jeter sa torche sur les galets en contrebas pour pouvoir libérer ses mains et espérer y voir quelque chose.
C’est ici qu’il bivouaquerait, il n’aurait plus d’autre choix. Il rassembla un peu de bois sec, toujours à la lueur de sa torche, puis l’embrasa d’icelle pour en faire un feu de camp.
Le lendemain, il devrait se rendre au plus court à Chambéry pour ne pas prendre le risque de se faire voler à son tour sa merveilleuse trouvaille...

Pourvu que tout se passe bien...
Liam.d.alaya
La nuit s’était passée sans trop de soucis, néanmoins Liam ne réussît pas à fermer l’œil, passant son temps entre vérifier que son trésor ne fasse pas des infidélités à son coffre en se faisant la malle, et saisir son arc au moindre bruit suspect pour s’assurer qu’il soit toujours en sécurité. Les aboiements de Minus à la moindre alerte ne l’aidèrent d’ailleurs pas à se tranquilliser
Avec une telle fortune dans ses bagages désormais, il serait à loisir une cible très alléchante pour les bandits de grands chemins à la recherche du roux borgne, et il avait déjà croisé des gens peu recommandables lorsqu’il s’était perdu en Helvétie, et ne souhaitait pas renouveler l’expérience. Un tel risque pesait lourd sur ses jeunes épaules...

Aux premières lueurs du jour, son impatience eut raison de lui et il prit la route à peine eut-il pu harnacher correctement le coffre sur le dos de Tonnerre. La corde trouvée avec lui fut d’un grand secours pour ça par ailleurs. Il dut cependant sacrifier son assise pour ne pas surcharger le pauvre animal, et il décida de faire la route à pied en le tenant à la bride.
Certes la route fut plus longue, mais il put couper à travers la forêt en essayant de ne pas se perdre pour rejoindre Chambéry au plus court.
Il n’était évidemment plus question de chasser quoi que ce soit désormais, sa priorité étant de mettre en lieu sûr toute cette nouvelle richesse en essayant de ne pas se faire occire avant.

La journée fut longue et aride, la chaleur couplée à son effort de marche puisqu’il ne montait plus Tonnerre, et ça juste après une nuit sans sommeil, mirent le corps du jeune homme à rude épreuve. La fatigue se fit rapidement sentir, et sa priorité de sécuriser son convoi sans avoir pu chasser de quoi se remplir l’estomac lui provoquèrent une fringale à lui couper le sifflet...
Tant bien que mal, et pour son plus grand soulagement, Liam parvint malgré tout à regagner bon port, en rentrant sain et sauf à Chambéry, et ce sans rencontrer âme qui vive pour lui vouloir du mal.
Il se hâta pour descendre son paquetage du cheval et le rangea en lieu sûr dans sa chaumière avant d’y découvrir deux lettres déposées là à son intention.

La première de sa mère faisait réponse à son propre billet qu’il avait laissé en partant.




Liam James d'Alaya,

Tu as intérêt de ramener tes miches d'hommes, puisqu'à priori tu en es un !; à la maison. Je te préviens, je t'attends avec ma nouvelle pelle que John a eu la bonté de me faire bien plus solide que la première. Oui, oui, je compte bien t'en mettre un grand coup sur la tête, histoire de te faire passer l'envie de faire peur à ta pauvre mère. Espèce de petit sacripan !

Et s'il t'arrivait quelque chose dans ses montagnes hein ? Y as-tu pensé ? Mais nan, je parie que nan rho. Je te préviens que si tu n'es pas là sous dix jours maximum, je viens te chercher. Et si c'est ta dépouille que je trouve dans je ne sais quelle crevasse, je te jure, mon fils, que je te traquerai jusqu'en enfer lunaire pour te faire passer l'envie de partir à l'aventure !

Malgré tout, je t'embrasse et ne doute pas que je t'aime.

Maman,
Celle qui t'a donné la vie mais qui pourrait bien la reprendre si tu continues tes bêtises !


Le jeune garçon crut s’étrangler en comprenant qu’il allait se prendre un savon, mais la pelle dont lui parlait sa mère venait de lui donner une idée, il se la garderait dans un coin de sa tête pour plus tard.
Il lut ensuite la seconde missive, et étonnamment, celle-ci lui parvenait de Fanch, le père de John. D’abord surpris, il se souvint lui avoir promis de lui apprendre à monter à cheval juste avant son départ. Il ouvrit le pli avec cette supposition en tête avant de le lire à son tour.




Bonjour Liam,

Aujourd'hui je prends la plume car je voulais te donner des nouvelles de ta mère. Sache qu'elle va bien et comme promis je veille sur elle au quotidien.

Toutefois elle s'inquiète beaucoup pour toi, elle me parle de toi tous les jours et de l’inquiétude qui lui tord les boyaux.

Je lui ai parlé de notre petite affaire sur les cours d'équitation et je lui ai également avoué ma grande peur de ces bestioles. Je ne veux pas avoir de secret pour elle car elle compte énormément pour moi.

Écris moi et donne moi de tes nouvelles car je m'inquiète aussi, je sais que tu es un jeune homme pleins de ressources mais tu comprendras un jour pourquoi ta mère et moi sommes si inquiets.

Reviens nous vite fiston.

Amicalement,

Fanch


Décidemment tout le monde semblait s’inquiéter pour lui, mais un débordement d’inquiétude de la part de Fanch, Liam ne comprenait pas et trouvait cela encore plus étrange. Pourquoi se montrait-il si proche tout à coup... Depuis quelques temps, il avait multiplié les efforts et les marques d’attention, apparemment sans raison, mais le jeune garçon n’avait pas encore saisi pourquoi.
Liam se dit que puisqu’il était rentré, il irait rassurer les deux en même temps en leur payant un coup à boire riche de sa toute nouvelle fortune, mais avant cela, il choisit plutôt de passer un tour à l’église...

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Liam.d.alaya
Tant d’eau avait coulé sous les ponts depuis cette étrange histoire, et avec elle son lot de nouvelles histoires entre-mêlées d’ombre et de lumière...
L’ombre très sombre et froide, telle la mort qui vous guète au coin de la rue sans que vous n’ayez crié gare. Liam avait bien cru perdre sa mère suite à son empoisonnement par la garce du Divin... Fort heureusement, les merveilleux talents de guérisseuse de sa tante avaient fait des miracles encore une fois. La garce s’était enfuie sans demander son reste, mais si elle repointait le bout de son nez celle-là, elle paierait cher sa félonie.

Puis la lumière depuis quelques jours, chassant les grisailles de la maladie et laissant place à ce paradis solaire auquel tout le monde aspire...
Oh certes, tout était parti d’une folle envie de chahuter leurs parents, mais la complicité qui s’est insinuée entre Elina et Liam, à cause ou plutôt grâce au rapprochement de leur parent respectif, ne s’était plus jamais défaite.
Leur relation sincère s’intensifiant au point de les rendre inséparables, voire indispensables l’un pour l’autre. Leur escapade à Genève les liant dans une relation qu’ils ne comprirent pas, mais qui se révéla comme une évidence.

Cette relation naissante était encore bien trop fraiche pour se définir correctement dans le cœur de Liam, mais elle lui apportait tant de bonheur, et visiblement la réciproque semblait se confirmer du côté d’Elina.
Un tel bonheur leur tendait les bras à tous deux...

Liam avait déjà bien investi les richesses de son trésor pour pérenniser ses rentes entre ses champs et leur moulin, à son beau père et lui, il avait même pu agrémenter son propre petit pavillon, ajoutant ça et là quelques meubles rudimentaires pour rendre l’endroit chaleureux et accueillant...
Un lit bas tout ce qu’il y a de plus confortable, une table et un coffre certes rustiques mais bien solides, il avait même investi dans quelques bibelots décoratifs et un chandelier pour éclairer sa pièce.
Même Minus avait désormais son petit coin avec une paillasse disposée à même le sol au pied du lit de son maitre.

Tout était parfait.
Il ne manquait plus...

Qu’Elle... ... ...Son Elina !

Celle qui chaque jour prenait un peu plus de place dans son cœur, qui chaque jour devenait un peu plus heureuse au creux de ses bras, celle dont le sourire illuminait sa vie comme le soleil illumine le ciel...

Oh bien sûr il l’avait invitée à venir lui rendre visite, peut être n’osait-elle pas encore ? Peut être était-ce trop frais ? Mais le jeune homme restait si confiant en leur avenir à tout deux qu’il ne pourrait que mieux apprécier cet instant le moment venu...

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