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[RP] La lune est belle, et toi, tu meurs.

Lyanea
Lentement, les pieds nus acheminent la silhouette fatiguée vers sa destination. La nuit est tombée depuis quelques heures, déjà, et les tavernes s’illuminent. Les rues sont animées. Les buveurs précoces croisent les tardifs, s’égaillent, chantent, crient, se battent. Bref, vivent. Et, au milieu d’eux, la Rouge avance. Une bulle semble l’entourer perpétuellement. Consciemment ou pas, les gens s’écartent sur son passage. C’est qu’elle est désormais loin d’être une inconnue. Son statut de curiosité locale, de bête de foire, du début, a bien évolué. Maintenant, elle fait s’écarter les foules d’ahuris imbibés. Grand bien leur fasse. De toute façon, elle ne les remarque pas. Toutes ses pensées sont braquées sur la nuit qui l’attend.


Car cette nuit, le sang coulera.


Lyanéa a encore en tête le rire de l’Abyssal, quand elle lui a parlé de ce dont il l’avait éhontément dépossédé. Elle revoit son éternel sourire. Se remémore les pupilles brillant d’un éclat mauvais. Il n’aurait pas dû. Sorcière est généreuse, voire miséricordieuse, par moments. Elle peut passer certaines choses. Mais pas qu’on lui rit au nez. Cela vaut insulte. Et l’Incendiaire n’aime pas les insultes. Pas plus que le mensonge. Mais pas loin. Malheureusement pour Vladimir, le méfait est double. La peine le sera donc aussi. Dommage.

Ces derniers jours, elle a battu le rappel de ses troupes. Le plan a mûri au gré des rapports qu’elle recevait. Ainsi, après avoir reçu la livraison de la jeune Deschanvres, les hommes de main abyssaux ramenaient les produits dans l’antre de Vladimir, et de là partaient les revendeurs. Chaque nuits différents, ceux-ci agissaient discrètement. Mais ils ne vendaient pas n’importe quelle came. Elle appartenait à Lyanéa. Et la Flamboyante avait la ferme intention de récupérer son bien.


Et cette nuit, elle le fera.


Arrivée devant la porte de l’Ensorcelée, la Sorcière salue sa fidèle lieutenante de la tête. Roc inébranlable, la portière de l’Ensorcelée a pour mission d’attendre les deux mercenaires, et de les lâcher au moment convenu. A l’intention de ses chiens de guerre du moment, Lyanéa laisse un mot.




Attendez mon signal.
Bonne chasse.



Et la Sorcière de se détourner, non sans, une fois n’est pas coutume, s’envelopper d’une large pèlerine noire, pour rejoindre son propre poste. Son éternelle besace bat son flanc, pleine de ses propres armes. Lentement, elle parcourt la ville en sens inverse, se dirigeant vers le quartier des marins.
Rouge_gorge
La dextre cuirassée tenait en son poing une bouteille tandis que la crinière de boucles cendrées s'enfonçait dans un large et lourd coussin bourré de plumes d'oie. Un filet de boisson sillonna la joue quand le goulot fut porté aux lippes plates. D'un revers de senestre, les gouttes disparurent de la peau blanche. Un soupir d'aise s'échappa de la bouche alors que sous les paupières mi-closes, commençait à tournoyer le plafond de la chambre. La chaleur de l'alcool enveloppa tendrement le long corps sec et noueux avachi dans la couche. Le patchwork de couleurs vives du plumage contrastait avec la blancheur immaculée du nid. L'Oiseau resta quelques temps niché ainsi, l'esprit planant entre réalité et songe. Le volatile s'imaginait déjà bécotant la peau douce et pâle d'une rouquine docile. Elle entendait déjà sa voix chantante, entêtante... Le bec délaissa le goulot pour siffler un air mais seul dans sa cage, le Rouge-Gorge déchanta aussitôt. Un haut le coeur aux relents alcoolisés l'extirpa de ses songes et la solitude de la réalité reflua. Il était temps de se mettre au travail.



Le regard charbonneux s'éleva vers les cieux noir d'encre: un voile nuageux assombrissait la nuit sans lune, masquant les étoiles scintillantes. Cependant, Montpellier se foutait bien de l'état du ciel, la lumière des flammes dansantes dans les cheminées, sur les candélabres et autres torches faisait qu'on y voyait aussi bien qu'en plein jour. Nuit comme jour, le monde affluait dans les rues de la ville côtière et l'Oiseau, bien qu'assez haute de taille, dut jouer des coudes entre les badauds avinés pour se frayer un chemin jusqu'à son lieu de rendez-vous. Le fait que la cité vive encore à cette heure tardive gênait Rouge-Gorge qui aimait travailler en toute discrétion. Heureusement, la soirée était sur le déclin, d'ailleurs, elle se fit bousculer par un début de bagarre. La milice ne tarderait pas à dissiper la foule dans les quartiers plus résidentiels, ce qui laisserait tout le loisir à la mercenaire d'opérer.

Gibecière à la panse enflée sur le flanc, Boucle Brune se présenta dans l'Antre de la Sorcière. Elle salua vaguement d'un signe de tête la gardienne des lieux puis pénétra dans la bâtisse étrangement vide. Sourcil arqué sous le couvre-chef, l'Oiseau s'attendait au moins à voir la tenancière et commanditaire de la soirée...en vain. Elle patienta quelques instants dans le silence le plus total avant que la porte ne s'ouvrit à nouveau. L'acolyte et adversaire du soir fit son apparition. Peu de bavardage entre les deux. Elles étaient là pour les ordres, pas pour se tenir compagnie. C'était donc l'oeillade luisante d'ivresse que la Rouge attendit le signal...
Eliza...
-Non, cela ne va pas !

Elizabeth râlait, comme avant de sortir, comme avant de partir en mission, c'était le même premier combat. Elle avait ce soir là opté pour une tenue renforcée, avec que très peu de métal pour protéger le haut du buste et sa gorge. Ses sacoches solidement attachée autour d'elle lui donnait bien l'air d'une assassin, mais pas assez à son goût. Elle ajusta son masque et sa capuche. Oui elle pouvait faire peur à une cible, mais de là à dire qu'elle était une créature de cauchemar... Elle se tourna vers son serviteur, l'air peu convaincue.

-Vous êtes sûre mademoiselle ? Après tout vous êtes une professionnelle mais...
-Harskill, dites moi franchement si je vous inspire la terreur.


Le domestique regarda la jeune femme avec un petit sourire en coin. La jeune femme redoutable qui lui faisait face lui rappelait toujours la petite fille dont il s'était occupé quand elle babillait encore, et quand elle portait encore le rouge au lieu du noir.

-Vous savez bien que je ne jugerais pas de manière impartiale mademoiselle.
-Je sais Harskill...


La brune se regarda encore dans la glace avant de réajuster son masque et sa capuche. Dans son dos, au creux des reins se trouvaient deux dagues, et ses sacoches de cuir refermaient bien des surprises pour ses proies de ce soir. Il semblait manquer un détail. Quelque chose attira son regard, un tas de tissus noirâtres qui avait servi de rideau quand appartement était abandonné. Elle s'en approcha et les mis autour d'elle.

Après quelques minutes de bataille, elle s'en était fait une sorte de tabard qui ne la gênait pas trop pour ses mouvement. Elle s'en assura par quelques gestes simples. Satisfaite, elle se tourna vers la porte d'où Harskill la regardait.

-Des bonbons ou un sort ?" lança-t-elle un peu moqueuse au domestique qui répondit par un petit sourire en coin, amusé.


Elle sortit un peu plus tard, tous ses sens à l'affut grâce à ses décoctions et recouverte par un manteau noir cachant la funeste panoplie. Aux yeux des quelques badauds encore dehors, elle ressemblait à quelque nobliote voulait être anonyme. Elle poussa la porte de "L'Ensorcelée". Sa concurrente était déjà là.

Elles ne se parlaient pas, aussi Elizabeth "révisa", ne s'entraînant avec son gantelet d'où une lame pouvait jaillir, attendant leur sorcière de commanditaire.
Lyanea
Lyanea marche presque à l’aveugle. Cette ville, elle la connait par cœur, pour l’avoir parcourue en long, en large et en travers. Ses pieds nus reconnaissent les pavés, arpentés des heures durant. Son ouïe perçoit les bruits caractéristiques des quartiers qu’elle traverse. Les tavernes sont toutes bondées, et leur clientèle disparate semble avoir à cœur de manifester son enthousiasme aussi audiblement que possible A mesure qu’elle s’approche de sa destination, les clameurs se font plus vives. Moins civilisées. Chants paillards se mêlent aux borborygmes désarticulés de la plèbe avinée. Enfin, la visiteuse parvient au quartier des marins. Lie de la ville côtoie ici personnages à la netteté toute relative, et se trouve arrosée par les aventuriers de la mer venus dépenser leur paie.
C’est là le royaume choisi par l’Abyssal, et là que Sorcière officiera.

Tout au long de sa progression, elle a croisé les silhouettes de certaines de ses filles, rejoignant elles aussi leur poste. Les Amazones ne feront pas couler le sang, cette nuit, mais auront tout de même fort à faire, cheffe en tête. Il était inconcevable que l’Incendiaire envoie des gens au-devant du danger, sans se salir les mains elle-même. Voilà comment elle se représente ce qui la liait à ses filles. Loyauté se doit d’aller dans les deux sens. Aussi, comme chacune d’entre elles, elle traverse le quartier jusqu’à l’endroit qui lui a été assigné, un entrepôt vide. Tout au long de la semaine, certains bâtiments ont été « préparés » en vue de cette nuit.
L’odorat exercé de la Flamboyante reconnait aisément les délicates effluves du naphte, dont le bois a été patiemment imprégné par de discrètes mains féminines. Un sourire orne les lèvres pleines. Elle l’aime, cette odeur. Azurs scintillent, alors que dextre plonge dans la besace rebondie et en sort l’éternel briquet, sans doute le bien le plus cher de la Rouge. Rêveusement, elle l’actionne, puis l’approche d’une petite mèche que le mur de l’édifice abandonné.
Alors, elle rejette sa capuche en arrière, et laisse tomber le manteau qui jusque-là la dissimulait. Sorcière apparaît, dans toute sa carmine splendeur. Elle se retourne, alors qu’un marin passablement imbibé s’engage dans la ruelle. Son esprit ralenti par l’alcool analyse d’un œil incertain la jeune femme qu’il dépasse. Étrange présence, tout de même. Pieds nus, tenue légère, intégralement rouge, épaisses boucles qui couronnent un visage presque enfantin. Et que dire de ce sourire, qui s’élargit, alors que, d’un coup, le bâtiment prend feu, dans son dos ?
L’appel d’air provoqué par l’embrasement soudain semble aussi disperser les vapeurs alcoolisées qui embrouillent les idées du malheureux. Ou peut-être est-ce le grand rire qui s’échappe des lippes de la créature qui lui fait face. Toujours est-il que neurones se connectent, et qu’un souffle s’échappent d’entre les dents gâtées par la chique.


_ Sorcière…


Les yeux du marin s’agrandissent, de concert avec les flammes qui s’élèvent, toujours plus hautes. Sa voix gagne en ampleur, aussi.


_ Sorcière !


Et le voilà qui détale, criant à tue-tête.


_ AU FEU ! LA SORCIÈRE CRAME LA VILLE !


Et le rire fou de Lyanéa retentit, sonnant l'hallali, tandis que d'autres bâtiments, dans la quartier, s'embrasent de concert.

Signal est donné.

Que les Chiens de Guerre soient lâchés.
Eliza...
Un bruit, des cris. Le signal avait été rapide, et les cloches de la ville annonçaient déjà l'incendie que la Sorcière avait provoqué. L'adrénaline se mit à couler à torrent dans ses veines et elle se précipita vers la sortie. Dans les rues courait une ombre noire, une ombre de cauchemar enveloppée de haillons noir d'encre. Elle fila au port, où se trouvait la première cible.

C'était le plus quelconque d'entre elles. Un revendeur dans une vieille chaumière. Elle savait où le trouver, et il ne restait plus qu'à l'éliminer d'une manière grandiose. Commencer cette nuit en diffusant un peu de folie furieuse dans cette ville. Elle trouva assez vite l'endroit, éloigné de l'incendie, aussi le quartier restait calme. Elizabeth vit une fenêtre où elle pouvait forcer mais, au moment d'enjamber elle entendit une voix:


-Hé ! Que faites vous ?!

Elle tourna la tête, un garde la regardait, épée sortie et il eut un mouvement de recul en considérant la créature qui lui faisait face. Il brandit toutefois son arme, l'air déterminé.

-Dites-moi ce que...


Il ne finit pas sa phrase, un carreau de l'arbalète à une main de la brune l'avait frappé à la cuisse, imbibée d'un puissant somnifère. Il tomba avec un bruit sourd sur le dos. Eliza rechargea l'arme et entra. Nul bruit, et la fenêtre jetait sur cette pièce assez de lumière pour y voir. La première pièce était une réserve ou un débarras. Elizabeth renifla. C'était son stock. Elle poussa la porte vers la pièce suivante. Un lit était au fond, et un dormeur ronflait doucement. Elizabeth s'approcha, et le piqua au niveau du pied avec une épine d'acier, imbibée d'un puissant poison hallucinogène. Sa victime se réveilla et poussa un cri d'horreur en apercevant l'ombre sinistre devant elle.


-Bonsoir... La Sorcière vous condamne... A mort.

L'homme recula, horrifié, le poison se diffusant déjà, il tenta d'articuler un mot, avant de se mettre à rire à gorge déployée, hurlant de rire. Eliza sourit en coin et repartit dans la réserve. Un choc derrière elle l'informa que sa cible venait de tomber, tout en proie au délire. Elle s’approcha du stock d'herbes en tirant un silex et du fer. Le feu prit rapidement et c'est avec un petit sourire qu'elle sortit. Quittant les lieux par des rues adjacentes, elle entendit les cris paniqués des voisins face au feu, et surtout les hurlement de douleur entrecoupés de rires hystériques de sa cible.

La nuit allait être belle.
Rouge_gorge.


La poussière s'élève dans les airs sur la route tandis les cendres retombent sur la ville. Montpellier à feu et à sang: l'histoire d'une longue nuit que l'Oiseau sur sa monture tente de fuir dès le levé du jour avant que son oeuvre ne soit découverte au petit matin par les lèves-tôts venus écouter les mots du bourgmestre sur les ravages causés par les flammes. Choqués, consternés, dépleurant les dégâts et les morts de l'incendie, la plupart de la ville, soudée, avait passé la nuit à éteindre le brasier dans le quartier du port et alors qu'ils venaient chercher maigre réconfort dans les paroles creuses, un spectacle plus déplorable, encore plus atroce les attendaient sur la place publique où devait se tenir le discours. Ils étaient trois. Trois pendus dans l'arbre le plus gros et imposant de la place. La gorge tranchée, les fibres s'enfonçaient dans la chair cisaillée et le sang gouttait sur les pierres de la place. La terreur des habitants aurait fait rougir la mercenaire si elle n'était pas déjà occupée à détaler vite et loin avant qu'on ne découvre l'artiste de ce carnage. Il fallait jouer sur la fibre artistique, Rouge-Gorge n'avait pas lésiner sur la mise en scène de son chef d'oeuvre. Au premier manquait les yeux, au second faisait défaut la langue et le troisième n'avait plus d'oreilles. Ils pendaient là dans la brume à l'odeur calciné. Le feu avait été une belle lueur pour aveugler les locaux afin que dans l'obscurité se joue une scène encore plus macabre. Les drogués de la cité savaient qui étaient ses corps suspendus: des receleurs de Vladimir. Après la chaleur du feu de cette nuit, un froid glacial tomba sur la place publique. Les gens s'indignent, les gens pleurent, les gens ont peur. Ils craignent d'être les prochains, ils craignent que les flammes ne reviennent danser dans leur propre quartier. La mascarade tombe pour certains, ce qui s'est joué cette nuit sont des représailles mais pour les autres ce ne sont que de pures coïncidences. Maintenant plus que jamais, il faut se soutenir, il faut se méfier. Le trouble mène à la panique et Rouge-Gorge n'est plus là pour observer l'ampleur du désastre. Un jour sombre pour Montpellier, un message est passé.
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