Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Jour ! Nuit ! Jour ! Nuit ! ...

Heloise_marie
[Rp ouvert à qui arrive à suivre les dingueries ou qui a juste envie de participer, en fait. On est pas difficiles on est cools et on mord presque pas.
Puis on est là pour longtemps -_-
GG ]


Montmirail

Bref, j'me suis fait poutrer.

    Et oui, ce n’est pas une partie de plaisir. Surtout alors que t'es tranquilou sur la route en mode pompélup, yeux cernés parce que réveil à l'aube oblige et bâillements toutes les trois secondes, masqués par une main molle. En bref, l'histoire à commencée un mardi. Alors que tout se déroulait comme une journée ordinaire, le genre vraiment simple, un réveil vers 12h parce que la veille au soir t'as marché pour arriver à destination ou bien que t'as passé ta soirée comme un vieux pochtron en taverne accoudé au bar ou sur des genoux agités. Tu te lèves, t'es peinard dans ton pieu, t'as transpiré parce que oui, il fait quand même chaud dans ce bled. Alors, tu te bouges, tu enfiles une chemise parce que parfois tu dors à poil en tout cas cette nuit là, c'était le cas, puis après un passage sur le pot de chambre qui sera vidé sur une pauvrette dans la rue quelques minutes après, et c'est important de le signaler pour la chronologie des faits, tu grailles quelques fruits secs ou une brioche, quand ta gourdasse de domestique engagée récemment n'as pas trop picolé la veille. Ce jour-là, victoire, c'est de la brioche. Du coup, t'es heureux. La journée commence bien, rien à signaler sous les tropiques. Même les oiseaux chantent en même temps que tu t'habilles. Alors, comme t'as eu des remarques déplaisantes la veille sur tes fripes de pécore, bah tu fais un effort. Petite chaisne en soie. Petite jupe vert pâle assortie au bustier filant et pas trop serré, on sait jamais qu'un comptage de côtes s'impose à nouveau - pas folle hein prévoyante c'est tout-. Puis le tout lié avec des cordons mignons. C'est le même principe qu'un cordon basique en paille ou en foin tissé, mais ils sont mignons. Et les chausses ! Ah, les chausses, très très importantes, assorties mais trop. Filantes mais pas trop puis pas d'un truc trop imbibant parce qu'en fait, il a plu quelques jours avant alors la boue dans le tissu et sur les pieds c'est vraiment dégueulasse. T'es seul. Tu sais pas trop pourquoi car la veille il te semblait être rentré avec quelqu'un. Mais peu importe, une broutille par rapport à la suite de ta journée.

    Du coup, tu veux profiter t'es pas chez toi, t'es un touriste : tu voyages ! Pas pour le plaisir, plutôt par nécessité parce qu'au fond, le voyage, tu détestes. C'est dangereux, c'est risqué, c'est craintif, chaque arbre cache une ombre et chaque ombre peut cacher un vilain masqué qui t'assomme et de déleste de tes souvenirs que t'as ramené de la mer pour tes proches. Chaque buisson peut cacher une bête féroce même si on t'a dit que les loups y en a plus, tu redoutes quand même, passsque t'es naïf et t'as cru aux histoires qu'on te lisait quand t'étais petit, la fillette la chevrette la levrette elle se fait toujours bouffer par le loup à la fin de l'histoire. Et même s'il y a sauvetage du chasseur, finir dans les entrailles d'une bête et sortie à coup de hache c'est une histoire à la Bacchus et, même si t'aimes boire, t'as quand même pas envie de terminer dans la cuisse ou le bide du Boss. Alors, tu paniques quand tu pars en voyage. Tu te caches quand t'as pas de dignité derrière ton escorte puis quand t'en as une, tu fais le fier et tu marches la tête haute en mode, no way j'suis une pro je maîtrise tout ce que je fais dans ma vie et même mieux, je vais lire en marchant parce que et ouaaais, je peux faire plusieurs choses en même temps. Evidemment, cette situation n'est que féminine, merci messieurs de ne pas vous associer à ces derniers propos.

    Bref, ta journée commence bien. Brioche dans le bide. Chausses molles et confortables et robe mignonnette. Tu sors ! Tu vas visiter ! T'es un touriste et ta journée est ordinaire. Tes pas se dirigent donc vers l'Eglise du village où, la base, tu vas aller prier pour le salut de ton âme souillée par tes soirées de poivrot ou de garce. Tu t'installes, tu oublies ton malheur t'es en paix avec le silence de l'édifice puis surtout, t'es heureux de pas transpirer dans cette chaleur de fin de printemps : les murs des Eglises sont comme une baignade dans un torrent après une séance de sport, vivifiants ! Tu pries, tranquille avec toi et même et le Très Haut t'es en paix, tu lui demandes conseils puis parfois il répond, parfois pas. Il doit bien se moquer de savoir d'emblée ce qui allait se passer le soir même. Les voies du Très Haut sont impénétrables, par contre, l'odeur de la pauvresse qui a sans doute reçu ton pot de chambre sur la tronche le matin même l'est bien, elle, pénétrable. Et cette même pauvresse choisit la place devant toi pour faire ses prières. Du coup, t'avortes les tiennes puis comme tu connais pas la ville et que t'as une mémoire de mérou des îles, tu te perds. Mais c'est chouette de se perdre, parce qu’au final tu découvres des endroits agréables, comme cette petite clairière baignée de soleil où poussent des framboises bien mûres dont tu farcis ta bouche avec générosité et sans grâce aucune. Puis, t'en gonfles tes poches en espérant que le soir venu personne ne comptera te serrer dans ses bras. Prévoyant de nouveau une séance de garce attitude afin de refréner les calinous ou les mains baladeuses potentielles. Tout n'était que stratégies toujours, réflexions, prévisions, manipulations et d'autres mots en ions. Puis si t'as de la chance et que ton public est bon public, t'as de quoi faire ta garce attitude avec grand plaisir, mimant boudant, mouant -c'est à dire faire la moue- et ce soir-là, signe que le Très Haut se fou bien de ta gueule, tu as de quoi faire ta séance afin de protéger tes framboises. Ta soirée est réussie, t'as fait ton show, tu pètes des paillettes ou plutôt, tu les suintes parce que, y fait toujours super chaud même le soir tard.

    Du coup, l'histoire commence quand la journée termine et ta journée était belle t'as des réserves de framboises dans une poche de ton jupon pour grignoter jusqu’à destination, t'as la tête haute parce que t'as pas vraiment de dignité mais tu fais genre que t'as pas peur, après tout t'es même pas en territoire ennemi, t'es en renfort pour aider les blessés et tenir compagnie à des amis, enfin c'est ce qui est balancé pour sauver les apparences, en vrai tu rêves de folie douce et de suivre ton nouvel-ancien crush et tu le feras. Tout le monde est au courant que tu arrives parce que, t'as une mémoire de merde, mais t'as pensé à prévenir en donnant des noms sûrement pas à qui de droit, mais en tout cas tu l'as fait. Tu marches donc pénard, lorgnant certainement sur quelques fessiers que tu suis de tes pas et de tes yeux. T'es même bras dessus bras dessous avec une de tes vassales avec laquelle tu t'es réconciliée dans la nuit après avoir boudé dignement comme une enfant. Puis, ils te tombent dessus. Ils rugissent, beuglent moulinent des épées affûtées et toi, tu cries encore plus évidemment même si ton cri se noie dans le vomi que tu fais après avoir ramassé un coup dans les côtes sur la tête, le cou, enfin tu sais plus trop où en fait parce que en tombant tu te ramasses le bras dans la caillasse et là, c'est le drame quand tu entends un crack jusqu'à ta trompe d'Eustache et que tu perds connaissance dans ton propre vomis.

    Puis tu te réveilles, comme si quatre générations de Sparte étaient nées, ce qui correspond à peu près à 1 semaine. Mais ça fait que quelques heures ! Et on s'affaire autour de toi ! Charlatans, t'as envie de crier ! J'veux mon Doc à moi, tu veux rajouter. Mais bon t'es pas vraiment en état ! Y a une trentaine de soldats qui viennent de te faire manger le bitume alors t'as juste à la fermer et à subir les explorations d'inconnus sur ton pauvre corps maigre et meurtri. T'entends plein de trucs glauques et dégueulasses du genre "os broyé", "sang qui gicle", "recoudre à vif", "faut couper faut couper", "perdu l'bébé perdu le bébééé, ah nan, fausse alerte, ce sont des framboises", alors tu te laisses sombrer dans des songes bizarres de poneys qui sont dévorés par des framboises géantes et où tu finis par vomir devant une foule de badauds alors que tu défends ton programme électoral. Le Très Haut se moque. Le cousin se moque. Le peuple se moque. Mais que fait la maréchaussée ? Soudain tu ouvres les yeux sur un prêtre qui t'asperge d'un liquide glacé. Tu crois que tu vas mourir mais en fait non, t'es lucide y a juste ton bras qui te pique, tes yeux qui pleurent sans que tu les contrôles puis ta tête qui tourne, tourne, et t'oblige à te pencher sur le côté pour vomir un liquide qui aurait pu facilement passer pour une souplette de légumes avariés. Comme t'es lucide, tu demandes de quoi écrire pour prendre des nouvelles de ceux que tu aimes.


Bref j'me suis fait poutrer et j'joue plus !

_________________
Nath.
L'i-mmu-ni-té, elle lui avait promis l'immunité. Dans l'esprit de Nath, les gens de bien, possédants et tignasses peignées, ne formaient qu'une équipe, celle d'en face. Alors quand une comtesse franc-comtoise, toute étrangère qu'elle soit, lui assurait qu'elle écrirait à qui de droit, il ne voyait aucune raison de douter que la guerre serait mise sur pause le temps que ladite comtesse, son acolyte -comtesse aussi, bon- et leur escorte barbue traversent tranquillement les lignes de défense et entrent comme gagas dans le Mans.

Voyager avec du gratin ne protège pas de la poutre, et il était pourtant bien placé pour le savoir. Vera ne manquait jamais une occasion de le lui rappeler. Mais mener droit dans les griffes auvergnates celle qui deviendrait l'éminence Limougeaude, dame marieuse alcoolique et curetonne, n'avait pas été son unique fait d'armes. Il y avait aussi Umb, mais le gratin brisselois, personne n'aime ça. Surtout, Nath était responsable du passage à tabac d'une héritière Sparte par des soldats impériaux, marmots aveugles au point de griffer le sein qui les nourrissait à la fin du mois. Bref, c'était un habitué et d'une certaine manière il aimait ça.

Alors que les coups d'épées se substituaient aux tribunaux trop lents, alors que, la trogne décrite dans la poche de chaque capitaine, ceux qui s'évertuaient à emmerder les puissants entamaient chaque lieue comme un pari qu'ils perdraient tôt ou tard, Nath goûtait une ironie délicieuse à voir cette violence se retourner contre ceux qu'elle voulait protéger. Il aurait bien entendu préféré savourer tout cela les pieds sur un tabouret, une chope dans chaque main, aux côtés de la comtesse pour qui ses grands discours avaient mis la sourdine. Mais tout comme le fromage ne vient pas sans l'odeur, certains plaisirs s'accompagnaient toujours du goût du sang.

Nul goût du sang à l'horizon cette nuit-là cependant, puisqu'elle avait fait marcher ses relations, écrit de jolies lettres soignées et parfumées, et obtenu pour tout le groupe l'immunité. Le papelard tout ce qu'il y a de plus officiel, daté, signé et récité dans l'oreille du soldat susceptible de faire du zèle, c'est en tous cas ce que le groupe aimait à s'imaginer. Ne méritaient-ils pas pareille dérogation ? Pour qui la vie n'a pas rendu trop insensible, le trio formait (en embellissant à peine) un ensemble touchant : Heloise et Nath, que tout opposait, se retrouvaient sept ans après pour escorter Elisabeth qui, déracinée, bravait tous les dangers pour retrouver au Mans le mari qui lui manquait tant. Et il y avait ces soirées d'été que les trois compères occupaient à s'échanger des fions et tirer la tronche.

C'était donc un peu trop confiants et franchement pressés d'arriver qu'ils approchaient enfin leur destination. Enorgueilli par leur super-pouvoir d'immunité collective, Nath se sentit même de s'approprier la tradition angevine en hélant de loin les silhouettes qui gardaient les portes de la capitale.


'Tention, voilà la glorieuse armée mainoise, les pousse-cailloux qui s'félicitent quand ils enfilent l'armure sans s'amputer l'téton ! A s'demander pourquoi les chiards pensent à eux quand ils ont épuisé toutes les insultes. Bo'del, comme ils ont fière allure, r'gardez-moi ça !

-Arrêtez, vous allez les mettre de travers.

L'avertissement fut ignoré et l'imbécile entonna même une petite chanson.

"De l'Helvétie jusqu'à l'Anjou
Pendons les nobles, libérons-nous !"

-Dites, capitaine ? Le barbu je le reconnais, il traînait avec ces saletés d'Angevins.


Il n'en fallut pas plus pour que les soldats, prévenus de leur arrivée, ne leur tombent sur le corps. L'épée, aussitôt sortie, aussitôt fracassée, ne laissa pas beaucoup de suspense quant au sort qui les attendait. Les deux comtesses ne furent pas plus épargnées que le barbu qui n'eut même pas le temps de vociférer une dernière insulte, interrompu par le grand bong qui résonna sur son crâne, sonnant la fin de journée.
Elisaabeth.
Citation:

Citation:


Citation:

    Krän, mon amour,

      Je sais que tu as été contrarié de mon détour, et surtout contrarié de m'être séparée de toi. Je ne vous ai pas laissé, toi et les tourtereaux, juste pour le plaisir de partir de mon côté et j’espère que tu n’en douteras pas. C’était une question assez vitale. Et tu vas vite comprendre pourquoi.

      Tu connais Héloïse-Marie, toujours à l’affût de la moindre bêtise à faire, pire qu'une enfant. M’étant aperçue qu’elle s’apprêtait à en faire une, voire plusieurs, je l’ai suivie. Cela m’a coûté mais fort heureusement, je pense avoir évité quelques catastrophes. Je te promets d’être de retour dès que j’aurais réussi à la raisonner. Ce qui ne devrait plus tarder.

      Je te demande de patienter, le temps de quelques jours. Puis, je serai de nouveau à toi, entièrement et totalement à toi.


        Avec tout mon amour,


É.


PS : ne t’inquiète pas pour les enfants. Ils se portent tous comme un charme.

Citation:

Citation:
















Montmirail ... la blonde Courden se souvenait qu’elle avait un ami, il fut un temps, qui portait le nom de Montmirail. Pas n’importe qui, Élisabeth ne passait pas sa vie à traîner avec le bas peuple — quoi que des fois, ils étaient plus agréables que les « poudrés ». Elle chercha vainement le prénom de celui-ci, qui s’arguait à crier une phrase, tel un cri de guerre avant de se lancer au combat. Même cette phrase; elle semblait l’avoir oublié. Il n’était même pas nécessaire qu’elle en parlât à son amie — la comtesse de la gnole de Champagnole — pour qu’elle lui rafraîchisse la mémoire ; celle-ci avait en effet bien plus de problèmes de mémoire que sa vassale, puis il était sûr qu’elle ne l’avait pas connu. Soit, ce détail lui reviendrait forcément sous peu. En attendant, permettez-moi de vous conter une petite histoire, plus ou moins fascinante, plus ou moins drôle, plus ou moins triste. Bref, plus ou moins quelque chose, et je vous laisse libre de choisir ce « quelque chose ».

Alors qu’elle avait abandonné son époux aux mains de nouveaux amis — pour ne pas dire une nouvelle branche familiale de son amie la Sparte —, Élisabeth s’était résignée à sauver l’âme de son amie que de terminer le voyage en bonne et due forme. Les amis, en général, on les compte sur les doigts d’une main. Et nous serons tous ensemble d’accord pour dire que nous parlons bien des vrais amis, ceux qui sont toujours là, malgré les vents et les marées, malgré les emmerdes que vous subissez, malgré des retraites prématurées. Bref, Héloïse fait partie de ses amis qu’elle comptait sur les doigts de sa main. Alors, lorsque son amie avait bifurqué pour prendre un chemin autre que celui initialement choisi par la Cassel, Élisabeth la suivit, convaincue que la comtesse était encore prise d’une grimpée de zinzinite aiguë et violente. Ce fut par ce détour que les deux jeunes femmes, l’une comtesse et l’autre palsgravine, se retrouvèrent à Tours pour commencer. Puis, à Orléans, accompagner de ce charmant escorteur à la langue vociférante et déplaisante. Puis, après avoir vu du pays, notamment ce cher Orléans qui l’avait accueilli pendant plus d’une année, le petit groupe prit la route pour retrouver le précédent groupe abandonné. Enfin, devrions-nous préciser que c’était Élisabeth qui mourrait d’impatience de retrouver son époux, dans tous les sens que votre esprit dérangé puisse imaginer.

Alors le petit groupe fit une halte dans la charmante petite ville de Montmirail. Provoquant ainsi la colère de la blonde élisabéthaine d’avoir oublié cet ami si particulier, si spécial à son cœur et à son esprit. N’y voyez pas là la vilaine trace d’un amant quelconque, aussi prestigieux pouvait-il être, Montmirail n’entrait pas dans les critères et les goûts de la jeune femme. Et puis, ce romanichel allait se marier — si ce n’était pas déjà fait !

Il me faut, à présent, vous conter l(a més)aventure de ce petit groupe. Commençons par le commencement : alors qu’il s’offrait une halte reposante à Montmirail, la journée commença approximativement bien, du moins pour la Courden : elle s’habilla en toute hâte pour assister aux laudes, revint dans l’auberge où elle avait logé pour la nuit et allaita son dernier né — n’ayant aucune envie que la nourrice s’en chargeât. À bas les conventions ! —, trouva à s’affairer avec ses trois enfants, se promena sous un soleil de plomb dans les ruelles de la petite ville avec son aînée et son cadet, laissant la benjamine à l’abri de la température et du soleil, aux bons soins de la nourrice. La petite famille se promena, apparaissant vêtue simplement afin d’éviter d’éveiller des curiosités. Il était même étonnant que durant leur promenade respective, Palsgravine et la Comtesse ne se soient pas croisées. Un détail évidemment. Mais lorsque la balade fut finie, maman belette ramena ses enfants à l’abri et pendant qu’ils dormiraient pour faire le voyage plus tard dans la nuit, la jeune mère avait assisté au show de la parfaite pétasse, joutant verbalement avec le rustre qui les accompagnait et noyant sa déprime et l’envie de se barrer super loin dans l’alcool — encore.

L’heure du voyage avait sonné. L’instruction, concernant les enfants, resta la même : que le voyage de ces derniers soient agréables, et surtout qu’ils soient à une bonne distance, accompagnés de la nourrice et de l’homme de main d’Élisabeth pour rebrousser chemin en cas de danger imminent. Une grande sagesse et précaution lorsque l’on devient mère. Mais surtout, c’était à ce moment-là, que les véritables emmerdes commencèrent : alors qu’ils n’étaient plus trop loin d’arriver, leur compagnon de voyage se sentit pousser des ailes. Oui, parfaitement, des ailes. Pour voler, comme un oiseau, qui vit d’air pur et d’eau fraîche, d’un peu de chasse et de pêche. Jusqu’ici, ceci aurait pu rester mignon à souhait si une fameuse chanson n’avait point été chantée. Les foutant dans la mouise sévère.


Mais qu’est-ce que …

Vous vous souvenez de la comptine du crocodile ? Mais si, allez. Faites un effort. Le croco qui dit au revoir à ses petits-enfants et qui traînasse ses pieds dans la poussière parce qu’il s’en va combattre les éléphants ? Je ne sais à qui je dois attribuer tel ou tel rôle, mais en gros c’est ça. Quoi que …

NON ! PATAPÉ !! Y A ERREUR !! PATAPÉ !! On nous attend de l’autre côté de la muraille. PATAPÉÉÉÉÉÉ !!

Qui a eu la brillante idée de donner cette merveilleuse expression : « c’est comme pisser dans un violon » ? La plaidoirie de la Courden n’avait servi strictement puisqu’une belle brochette armée jusqu’aux dents — si, si, jusqu’aux dents ! — arrivât en trombe sur le petit groupe. Concernant les enfants, l’ordre donné, qui était celui de rebrousser chemin en cas de danger imminent, fut réalisé avec brio, tandis que les trois voyageurs durent faire face à une dure réalité …

Chiure, je le savais que j’aurais dû la prendre par la peau du cul et foutre le camp.

Et à partir de là … trou noir … si ce n’était, une fois littéralement inconsciente, qu’elle se souvint du nom de cet ami : Godefroy de Montmirail. Mais bien sûr ! À toujours beugler qu’il allait peler le jonc avec une histoire de pendouiller avec les tripes … frites ? Frites ou tripes ? Peu importe, avoir retrouvé le nom était capital. Mais il ne beuglait pas seulement ceci. Non, non. Mais qu’est-ce qu’il beuglait déjà ?


« MONTJOYE ! SAINT-DENIS ! QUE TRÉPASSE SI JE FAIBLIS ! »



Mais oui bien sûûûûûr ! C’était donc ça, ce fameux cri de guerre ! Pour le coup, il n’avait pas tout-à-fait tort, ce cher Godefroy. Mais en attendant, j’me suis fait poutrer et j’ai vreeeuuument les boules.
_________________
Heloise_marie
Montmirail

    Les mots rendent les cris vains.

    Tu les détestes tous. Tu veux plus voir personne. T'as même des idées suicidaires et par idées suicidaires en fait t'entends surtout le convent. Car le couvent tu connais ça, le couvent c'est la mort assurée. C'est la disparition de ton corps mais aussi de ton âme. Tu reçois plus les courriers, tu perds tous tes amis, tu loupes toutes les fêtes d'anniversaires, de naissances, de baptêmes et de mariages et, si ça te fait des sacrées économies en cadeaux pourris, ça te fait par contre un sacré coup de vieux quand t'en ressort la bouche en cœur comme si rien n'avait changé et ça, il n'était plus question d'y succomber. Alors, tu prends sur toi pour supporter les soins divers et variés et, comme t'es tombé dans un couvent pourri où les moines n’ont sûrement rien soigné d'autre que leurs cors aux pieds et quelques hémorroïdes, t'en chies des barres. Mais tu te tais. T'es en position de faiblesse. Tout le monde t'accuse parce que t'es pas très douée dans le genre promesses en tout cas genre. Et tu t'accuses toi-même parce que, la journée 1 se déroule de telle manière qu'il n'y a qu'une seule chose à faire : culpabiliser. Et la culpabilité, tu te répètes, tu radotes presque, mais tu déteste ça. C'est un sentiment qui donne des rides et des cheveux blancs et dans ta recherche de mari c'pas le moment d'attraper des coups de vieux. Mieux valait encore la mort à la culpabilité.

    T'as d'abord le réveil. Les messages envoyés à ceux que tu aimes donc. Quelques réponses, accusatrices ou bienveillantes. T'as le coup de grâce quand tu oses envoyer des politesses. Puis t'as les réponses des autorités qui remettent tout en question et laissent un peu la culpabilité redescendre. Jusqu'à ce que tu aies le petit enfoiré que tu as payé pour envoyer tes laisser passer qui se ramène tout sourire réclamer son dû en affirmant que oui oui il a bien transmis les demandes au poivrot du Comté. Entre deux gerbes de tripes, tu lui hurles dessus parce que ta culpabilité avait un peu disparue puis finalement, elle revient quand tu lui dis PRÉVÔT PAS POIVROT PAUVRE FOU. Mais ce n'est qu'une broutille à nouveau. Le bougre finira par boire ta spécialité gocladienne avant de disparaître mystérieusement dans les méandres de certaines mémoires. Alors tu supportes de nouveau ta culpabilité. Tu reçois quelques aides en potions presque inutiles que, finalement, tu gardes précieusement afin de venir en aide à d'autre. Parce que même si t'es dans la garce attitude, parfois, t'es bienveillant et tu penses à autrui.

    Mais autrui, c'est pas toujours quelqu'un de bienveillant. La preuve en est de ce groupe de soldats qui, en quelques minutes, t’ôtait presque la vie. Du coup, tu retrouves tes pensées suicidaires. T'aurais même l'espoir qu'un groupe de gens viennent frapper à la porter pour te demander si t'as rencontré le Très Haut avec quelques fascicules te présentant les édifices les mieux côtés du coin afin d'effectuer ta rencontre en bonne et due forme. Tu choisirais un ptit monastère pénard sur le flanc d'une colline où personne viendrait te rappeler ton malheur et, au bout d'une histoire de sept ans, puisque c'est semble-t-il le meilleur temps afin de panser des rancunes, tu ressortirais une nouvelle fois la bouche en cœur, vieille et seule. Du coup tu résistes. Tu pleures comme un bébé quand on inspecte ta plaie. Tu pleures comme un bébé lorsqu'on refait ton bandage. Tu pleures comme un vieil ivrogne quand tu vomis chacun de tes repas. Et devant les gens, tu fais la fière de la Haute. Oh puis tu pries beaucoup aussi, c'est fort recommandé, le priage quand t'es au plus bas. Il paraît que ça aide d'avoir un esprit sain pour retrouver un corps sain. Et comme tu crois tous les Saints Textes parce que hé, t'as été éduquée là-dedans et tu saisis pas trop quand les gens ils te disent qu'ils détestent l'Eglise même : tu les juges, alors tu pries tous les jours, le matin le midi le soir, tu pries pour toi et tes autres comparses même si eux, leur âme est si souillée que tu doutes fort que tes prières soient utiles puisqu'ils ont déjà un pied en Enfer pour sûr... L'une pour ses crimes avoués la veille et non avouables dans de telles circonstances, sait-on jamais que son époux ou pire, le pape, vienne à prendre connaissance de ceci et l'autre pour ses accointances avec tout ce qui touche à l'hérésie à ce qui pique ou autres trucs subtils et dangereusement avouables à nouveau puis en fait, t'en sais pas plus; mais t'aime juste bien imaginer des histoires.

    Les journées 2 et 3 semblent les mêmes. T'es toujours faible et la majeure partie du temps au pieu, mais t'as le sourire car ton doc dit qu'il arrive, tes amis t'encouragent et t'envoient des prières, des clés, des maisons même tandis que le Comté s'enorgueillit de t'avoir sauvé la mise avec deux misérables potions. Puis tu vas voir un vrai docteur. Qui te soigne pour de vrai avec des vrais ustensiles et des vrais soins qui ne sentent pas la bouse de vache. Même si t'as toujours la sensation d'être un vieux schnock inutile et, d'ailleurs tous les gens que tu croises semblent te faire sentir que t'es rien du tout, rien qu'une merde insipide collée sur ta semelle que tu pars frotter dans l'herbe, et, pour le moment, même si ton cerveau malade interprète pas mal de choses, t'es d'accord avec eux. Tu repenses, nostalgique à tes fascicules imaginaires, lorgnant la porte sur laquelle personne ne tambourine avec insistance. Tu hésites vraiment à partir. Peu d’amis, peu de vie, t’es enfermé sous vide. Alors que tes comparses, eux, ils en ont retrouvé. Tu jalouses, tu pestes, tu crises tu pleures. Une fois le cœur brisé, pas besoin de l’appeler, la solitude débarque, elle vient vite te trouver et tes crises sont pour elle un quatre heure à bouffer. Tu sais plus trop quoi dire. Comment agir. Parce qu'au fond t'es en panique. T'as peur qu'on t'abandonne.

    T'as juste peur qu'on t 'abandonne.

_________________
Elisaabeth.
        [ Montmirail, plusieurs jours plus tard. ]


Les médicastres étaient formels : si certaines blessures étaient bien visible saux yeux de tous, il y en avait d’autres qui relevaient des compétences du Très-Haut. Ses blessures visibles étaient celle qui l’avait handicapée sa jambe, celle qui avait noirci une partie de son visage par des bleus dont un sacré coquard qui était un cadeau qui avait probablement failli lui coûter la vue. Elle crut devenir borgne, y voyant assez flou de son œil droit, mais au fil des jours qui passaient, son œil commençait à voir un peu plus net. Elle ne finirait pas borgne, fort heureusement. Mais cette pauvre jambe massacrée, elle était foutue et l’avenir ne risquait ne pas être clément avec cette partie de son corps. Malheureusement, son autre blessure n’était pas visible aux yeux de tous. Elle était ancrée plus profondément dans son âme, et peut-être même qu’elle ne partirait pas... Elle se convainquit que cet acharnement était la punition suprême du Très-Haut pour ses actes passés, surtout ceux ou particulièrement celui dont elle eut l’orgueil de ne pas confesser, pensant qu’elle avait agi pour le bien. Elle en était persuadée et le résultat des ses horribles actes passés se payait aujourd’hui par l’intermédiaire de ce qu’il s’était passé cette nuit-là. Ne pas demander le pardon pour ce qu’elle avait fait avait très probablement accentué son péché, se comportant comme si rien ne s’était passé. Or, le Très-Haut s’affaira à le lui rappeler lorsqu’elle était au plus mal, dans ses cauchemars, notamment lorsqu’elle tentait de se reposer pour commencer à récupérer des forces pour se battre. Se battre ... ce monde ne méritait même pas que l’on se batte pour lui. Encore moins lorsque les personnes qui se prétendent être tes amis te tournent le dos lorsque tu en as le plus besoin. Lorsque ta propre famille s’évapore dans la nature pour ne laisser qu’une orpheline, comme un certain « Rémy sans famille ».

Que de tristes pensées. C’était avec elles qu’elle s’était endormie avec trois personnes autour d’elle. Elle ne comprit pas pourquoi elle voyait sa vie défiler sous ses yeux. Peut-être était-ce à cause de la mort qui rôdait ? Le saura-t-elle un jour, seulement ? À son réveil, la douleur devint sa nouvelle amie, accompagnée de ce vieil ami qu’était le regret. Son époux était à ses côtés, ses enfants mais aussi la Sparte mais malgré leur présence, la Courden ne se sentit jamais aussi seule de sa vie. Pourtant, la solitude et elle n’étaient plus de simples connaissances, la solitude avait très souvent débarqué pour vite la trouver, dévorant petit à petit l’âme de l’auvergnate. La joie de vivre de cette femme l’avait quitté au moment où elle avait reçu le premier coup. Le dernier regret qui ne la quittait plus à son réveil était de ne pas avoir rendu l’âme ce soir-là. Pourquoi vivre lorsque la vie se moque de vous ? Pourquoi survivre lorsque le malheur vous dévore sans précaution ? Telles étaient les pensées de cette femme de nature si joyeuse habituellement. La joie n’était plus ce qui la caractérisait à cet instant. Ceci s’en ressentit au travers le regard de l’aînée de ses enfants, qui voyait sa mère s’éteindre sans qu’elle ne trouvât comment réanimer la flamme qui dansait dans le regard maternel. Les enfants du couple d’Ormerach goûtaient également à cette souffrance, ainsi que le couple. Comment parvenir à redonner la vie lorsque vous la frôlez et que vos erreurs vous reviennent telle une gifle donnée après avoir commis une bêtise ? Pendant plusieurs jours après l’incident, la jeune femme était restée alitée, ne parlant que pour le strict nécessaire, utilisant sa fille aînée pour la rédaction de certains courriers puis abandonna l’idée de l’utiliser pour écrire elle-même, vu les erreurs de sa fille dans les courriers. Ou l’art de perdre un peu de crédibilité à travers l’écriture d’une enfant.

Elle s’extirpa très peu de son lit, ses côtes lui faisaient souffrir autant que cette pauvre jambe droite. On lui avait donné des béquilles pour qu’elle puisse se mouvoir de manière un peu plus autonome, refusant littéralement qu’on lui vienne en aide si elle était en mesure de régler quelque chose si cette dernière était de ses capacités et connaissances. Elle alla plus assidument à la messe, ou du moins pria beaucoup plus qu’elle ne priait déjà. Elle obligeait même sa fille à l’accompagner, un moyen pour elle de continuer l’éducation spirituelle de cette enfant à qui la vie n’avait pas été clémente non plus. Lorsqu’elle daignait sortir de sa chambre, elle faisait en sorte de cacher le coquard présent avec une voilette pour cacher ce visage blême et dont le regard vide avait perdu toute la lueur que l’on pouvait lui connaître avant. Tout comme son amie, sans véritablement le savoir, elle se laissait bercer par des idées suicidaires, se demandant de quelle manière le Très-Haut allait encore lui faire payer ses sordides pensées. Elle ne voyait même pas les jours défiler, trouvant en son fort intérieur qu’ils se ressemblaient tous : sans aucun intérêt. Elle faisait même en sorte de voir le moins possible ses enfants, ne supportant plus le bavardage incessant de ses deux premiers et du babillage constant de sa dernière. Quant à son époux, même s’il voulait passer du temps avec elle, Élisabeth ne lui décrocha que quelques mots mais n’engageait jamais la discussion. Tout était devenu d’un naturel superficiel à ses yeux. Plus rien n’avait véritablement de la valeur. Tout s’était éteint cette nuit-là. Le traumatisme avait été surprenant, inattendu et surtout très violent.


Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il lui arrivait une galère, ce n’était pas la première fois qu’elle était alitée pour telle ou telle raison : une maladie, un accident, un repos nécessaire, un accouchement, peu importe. Mais pourtant, même si provoquer la mort lui avait frôlé l’esprit quelques fois dans sa vie, jamais cette provocation ne s’était faite aussi violente et présente que durant sa « convalescence ». En attendant de trouver une manière respectable et honorable de se donner la mort sans passer par des mains violentes et sans les protestations de ses proches, à commencer par celles de son époux, la Belette-balafrée dût supporter la vie comme elle se présentait, c'est-à-dire pas spécialement très bien.

_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)