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[RP] Il te faut reprendre ta place dans le cycle de la vie

Heloise_marie
Une fin d'hiver, d'une année quelconque, un jour anodin...

Citation:

A Elisabeth Courden d’Ormerach,
Amie de toujours,
Estimée confidente,


Ma chère chère chère Elisabeth,

Oui oui, vous ne rêvez pas, c'est bien l'écriture de votre tendre et estimée suzeraine. Vous souvenez-vous? La grande blonde magnifique aux yeux d'Azur au sourire ravageur et aux envies correctes et acceptables... Voilà plusieurs lunes que je me tâte à griffonner ces quelques mots pour vous contacter. Je tarde je tarde, je ne le sais que trop, mais, voyez-vous, le temps passe différemment lorsque vous êtes cloîtrée chez vous enfermée de toute civilisation.

Qu'aurais-je donc qui me passe par la tête à vous contacter tout à coup. Et bien, voyez-vous, depuis votre mariage -auquel par ailleurs je n'ai point été conviée, mais nous réglerons ça en temps voulu car il y a quelques idéologies de droits de cuissage et de test d'époux qu'il faudrait que nous échangions- j'ai gardé quelques rancunes et quelques jalousies en mon cœur pour des raisons ÉVIDENTES. Et je ne souhaite en aucun cas les garder et vous garder rancunes alors que vous-même n'y êtes peut-être pour rien dans la folle dispersion de mon esprit.

Voici donc l'état de mes contrariétés en quelques points :

- Nous avions signé un accort oral afin que touts secrets partagés restent secrets. Il se trouve néanmoins que la cousine de la soeur du mari de l'oncle de Soeur Marie Angélique du couvent dans lequel je vais quelquefois passer quelques retraites, dans le Sud du Comté, un endroit charmant d'ailleurs, je le recommande à tout un chacun qui aurait tout à coup besoin de se ressourcer loin de ces ragots malencontreux, m'a sous-entendu allègrement qu'il y aurait eu mon sein, MON SEIN, un enfantement de ma part ainsi que fornication avec un quelconque chevalier. Imaginez donc quelle fut ma réaction : outrée ma chère, oui oui, outrée !

Moi, la digne fille de mon père, la descendance directe de ma mère, la sœur de ma sœur et la sœur de mon frère. Oulalala, comme il me tardait vite de vous contacter afin de m'assurer que la fuite, bien que ce soit mensonge entendons-nous bien, vous-même vous le savez, ne vinsse pas de vous !

Nul besoin de mal le prendre, sachez le bien que tout domestique qui fut présent ce soir là, qui ne fut guère qu'une chimère, fut châtié et pendu après avoir été dignement écartelé le tout dans un secret bien entendu. Mais tout mal-entendu doit-être entendu et j'ai grand besoin de vous lire, de lire que vous n'y êtes pour rien dans ce répandage de ragots.

- Vous avez eu un fils. Je suis assez perplexe et imaginez donc ma réaction lorsque le fils du neveu du marchand de bière du Comté me l'a informé ! UN SIMPLE GUEUX qui m'annonce que je suis marraine tante et protectrice d'un enfant de ma vassale. J'ai d'ailleurs préparé quelques broderies aux couleurs de Saulx et d'Arbois pour habiller ce futur petit vassal. Je vous enverrai également quelques hommes d'armes afin de veiller
à son éducation militaire, entre nous, je n'ai aucune confiance en cette marmotte dégoûtante qu'est votre époux.

Voilà donc déjà deux points de contrariété qui me passent l'esprit. Nous devrions en deviser un de ces jours, cependant, mon état physique ne me permet pas, pour le moment, de me déplacer jusqu'en votre demeure. A peine suis-je déjà épuisée que de devoir aller aux allégeances, point d'ailleurs, dont nous devront deviser également lors d'une prochaine missive.

Ce faisant, je vous souhaite le bon jour.
J'ose espérer que votre enfant porte un des noms de la Digne et Estimée maison des Sparte Riddermark et non un de ces quolibets de la famille de... Krân... Hélas mes songes ne sont point optimistes à ce niveau là.

Baisers amicaux et soyeux,

Héloise Marie de Sparte Von Riddermark,
Votre suzeraine adorée.

_________________
Elisaabeth.
Lorsqu’Élisabeth reçut la lettre de son adorable suzeraine, la Courden la découvrit un beau jour de printemps où le soleil resplendissait et répandait de la douce chaleur printanière. Il s’agissait d’une admirable journée pour réaliser les plus belles choses qui pouvaient exister. Autrement dit, tout. Ce jour-là était résumé à accorder son mécénat à un artiste qui en vaille la peine. Cette fois-ci, un jeune musicien voulut tenter sa chance en prouvant qu’il s’agissait du meilleur ténor du comté, pour ne pas dire du royaume. C’est ainsi qu’il entonna une chanson qui laissa la Sérénité pour le moins … perplexe ?

La belle de Caaaadix a des yeux de veloooooouuuuuuuuuurs, la belle de Cadix ne veut pas d’un amaaaaaannnnnt. Ay, chi-ca, chi-ca, chic, ay, ay, ay.

Devant cette situation qui la gênait — nous ne saurons pourquoi —, Élisabeth invita l’homme à changer rapidement de chanson. Ce qu’il s’exécuta assez lentement, visiblement déçu de ne pas avoir conquis le cœur de sa potentielle mécène. Déçu mais loin d’être désemparé, il s’empara d’une luth où, d’une manière assez difficile à imaginer, il commença à réaliser quelques notes avant de chanter qu’il n’ira plus jamais où cette femme lui aurait dit qu’elle l’aimait, avant de finir par dire qu’il s’agissait de Capri. Quelle idée de déclarer sa flamme à une ville. Décontenancée, la jeune femme l’interrompit en lui expliquant qu’elle avait mieux à faire finalement. Comme par exemple apprendre la lecture à sa fille en âge de recevoir une éducation de son rang.

Cette fois-ci, déçu et triste, l’artiste reprit ses affaires et sortit de la pièce où la Belette se trouvait pour laisser place cette fois-ci à un Hubert hébété. Ce qui intrigua hautement Élisabeth qui lui demanda ce qu’il pouvait bien avoir pour afficher une telle mine.

C'est-à-dire que vous avez reçu une lettre, dit-il en la donnant en main propre, et vous allez être surprise par le cachet de cire.
En effet, c’est ce qui se réalisa : la surprise fit place à l’intrigue qui laissa volontiers sa place à l’inquiétude, qui décida de céder face à la colère montante à la lecture. Ce fut ainsi qu’une explosion de rage vint briser cette très belle journée printanière. Un accès de rage qui lui fait jeter contre le mur un vase — encore ! — victime de cette colère passagère. Elle se précipita vers sa table où se trouvait son nécessaire d’écriture puis, dans un accès de bêtise, écrivit ceci :

Citation:
Héloïse,

Je te redonne ta couronne, ton fief. Je te redonne tout. Sors définitivement de ma vie et ne me casse plus les pieds avec tes petites contrariétés de petite princesse frustrée.


Hubert ! Envoie-moi ça tout de suite !

Hubert se rapprocha, prit la lettre, la lit puis la déchira, sous le regard effaré de la jeune femme, future mère pour une énième fois. Il se rapprocha de la cheminée pour jeter les morceaux et revint s’expliquer auprès de la jeune femme : Vous savez pertinemment que vous allez le regretter. Tout comme vous savez que j’ai eu raison de faire ceci. C’est pour votre bien hein.

Dégage. Sors. Je risque d’être capable de t’étriper pour ton insolence. Et qu’on me laisse seule, j’ai besoin de réfléchir.

Effectivement, on laissa la Courden seule. Et réfléchir. Elle savait pertinemment que tout acte et toute parole était à maîtriser avec Héloïse-Marie, elle avait appris ceci au fil des années qui s’étaient écoulées à ses côtés. Ainsi, Élisabeth procéda à une relecture malgré une certaine contrariété qui risquait de ne plus la lâcher jusque tard dans la soirée. Mais tant pis, il fallait qu’elle réponde sur le vif et ne pas laisser les choses traîner au risque de les laisser s’envenimer. Après plusieurs tentatives, elle finit par répondre de sa plus belle écriture puis, une fois finie, elle scella la lettre, la tendit à ce brave Hubert qui revint lorsqu’il fut appelé et se chargea de transmettre ladite réponse à la concernée.

Citation:
À Héloïse Marie de Sparte von Riddermark,
Ma suzeraine,
Avant tout, mon amie,


    Ma très chère Héloïse,

    Ma surprise fut tellement grande à la réception de cette lettre que la joie me conduit à vous répondre ceci : quel soulagement que les rumeurs à votre égard ne soient que pures calomnies et mensonges infondés. Car si moi je me souviens de vous avec une perfection sans faille, d’autres langues de vipère peinent à se souvenir de votre si joli visage d’ange, jurant à tue-tête que vous avez rendu l’âme dans un bien triste et sombre couvent où vous feriez retraite. Sachez que mes prières vous ont toujours accompagné.

    Sachez mon amie que si vous vous entêtez à penser que vous n’étiez pas conviée à mon mariage, vous me blesseriez car n’oubliez pas que vous étiez mon témoin, preuve à l’appui. Quoi que vous connaissant, vous seriez probablement capable de me traiter de folle, de faussaire. Soit. Je ne vous en tiendrai pas rigueur car du temps s’est écoulé depuis notre dernière rencontre et il me tarde de pouvoir converser avec vous comme c’était le cas d’antan.

    J’ai lu chaque ligne de votre contrariétés. J’en suis assez affectée. Me croyez-vous capable de vous trahir ? Vos secrets partiront en même temps que moi lors de ma mort. Pas même une once n’a été prononcée lors de la confesse, je puis le promettre. Et je puis, par la même occasion, comprendre le choc que vous avez ressenti en écoutant toutes ces calomnies même si nous savons toutes les deux qu’elles sont probablement vraies.

    Jamais, au grand jamais, je ne me serai permise de répandre une telle absurdité. Des problèmes bien plus importants m’ont retenu dans un couvent loin de mon époux qui, le Tout-Puissant le sait, m’a manqué à un point que ceci deviendrait impossible à confesser. Je crois que c’est d’ailleurs pour ceci que nous attendons un autre héritier. Avant que vous ne soyez mise au courant par la sœur de la cousine de la grand-tante du mari de la sœur de la Mère Supérieure de votre couvent, ou encore du frère du fils du cousin d’un marchand quelconque, je devrais donner naissance à un autre héritier de Krän dans quelques temps. Vous serez informée en temps voulu de cette naissance.

    Je suis assez heureuse que la naissance de notre enfant ait réussi à être tenu secret pendant tout ce temps car sachez, ma chère amie, que notre fils, Rogier-Léonard, est né en septembre de l’année précédant celle-ci. Il est en excellente santé, je vous remercie. Je vous remercie, au nom de mon époux mais également au mien de vos présents très attentionnés mais je crains que mon époux s’offense de l’affront que vous lui infligiez concernant l’éducation militaire. Toutefois, un autre sous-fifre à malmener ne sera pas de trop.

    J’espère toutefois avoir répondu à vos inquiétudes, d’avoir pansé vos blessures. Ne tardez pas à me donner de vos nouvelles car sachez-le mon amie, vous me manquez.

    Doux baisers amicaux,


Élisabeth A. Courden d’Ormerach,
Votre vassale.

_________________
Heloise_marie
Citation:

A l'attention de Elisabeth Courden d'Or...

Oh et puis zut les convenances,
Chère chère amie.


Après m'être quelque peu emportée sur l'un et l'autre de mes artifices ménagers, incluant quelques membre du personnel, avoir fait quelques méditations ci et là au soleil sous la pluie à midi ou à minuit, ma mémoire fut un peu plus rafraîchie. Ôh comme vous avez raison, voilà qu'en regardant ma garde robe je tombe sur la dite toilette portée le jour de vos épousailles. Croyez-moi bien que ce jour là est un peu effacé de ma mémoire car sinon, jamais je n'aurai toléré que vous épousassiez un tel homme ma chère.

Las, sans doute étais-je en proie à ces quelques moments d'égarements qui me poussaient, jadis, à tendre la main à des personnages peu soucieux du bien être de mes amis. La preuve en est que ce Krân que vous avez pris pour époux n'en est point. Deux grossesses en si peu de temps. Est-il conscient du danger pour vous et votre enfant, mon deuxième futur filleul? Je gage que non, vu la rudesse de sa famille. Vous feriez mieux de rapidement mettre les choses à plat avec lui, quitte à le quitter sans ménagement s'il autorise encore quelques grossesses après celle-ci. Envoyez-le moi donc une fois que vous le quittez, je lui ferai, sans ménagement des explications sur la santé et le bien-être féminin.

Je prie pour vous, ma chère amie, je prie nuit et jour à n'en plus trouver le sommeil. Je prie pour que vous vous défassiez du mal qui vous emporte -cette seconde grossesse- et que vous cessiez de répandre la semence de cette saucisse de Morteau sur les terres Comtoises. Pouah, peste soit-il !

A propos d'enfant, vous ne m'avez jamais conté comment s'était déroulée votre nuit de noce? J'aimerai que nous retrouvions nos confidences de jadis, ma chère. Racontez moi donc tous les détails, comment était-il? Sauvage? Doux? Entreprenant ou au contraire, et comme je le pense, une mauviette de première classe? Si je puis me permettre je n'ose croire que cette Pierre de Dam se soit montré comme je l'imagine qu'un mari se montre... Il est si... excitant... banal...

Je m'égare je m'égare, j'attends un ou deux paragraphes d'explications et tous les détails croustillants. Moi qui n'ai connu rien d'autre que des prières et des sœurs aigries par l'amour, je rêve et je songe tous les jours qui passent à des lectures un peu plus romanesques que le livre du Très Haut, aussi charmant soit-il.

Autrement, j'ai tant hâte de voir mon filleul, Roger Pierre Guillaume Léon. Qu'il doit-être beau s'il a pris vos traits de visage et le corps de votre époux. Qu'il soit-être agréable s'il a pris votre caractère et votre douceur. Ne faites donc point de chipotage pour cet homme de main, dites lui simplement que c'est vous qui l'avez sélectionné ne parlez donc point de moi, justifiez les couleurs de ses armes par votre terre qui est sur la mienne. Je dois moi-même faire son éducation et devenir préceptrice de ce petit afin qu'il ne tourne point mal... J'ai quelques apprioris sur la moitié de ses ascendants, le Très Haut m'en soit témoin et vous me pardonner.

De plus, cela me permettra de me faire pardonner pour ces quelques paroles, qui, je le sens sous quelques trais raturés de votre main que je ne parviens pas à lire malgré moi que vous avez sans aucun doute mal pris. Je ne puis faire amende honorable de ce sous entendu de trahison autrement qu'en offrant mes services pour l'éducation de ce petit Courden. Ainsi vous verrez que toute ma confiance vous est acquise, jusque dans la tombe.

Me pardonnerez-vous, chère amie, de la rudesse de mes mots, moi qui n'ai que tendresses envers vous?
Me pardonnerez-vous d'avoir osé penser que c'était de votre fait, que des ragots quelconques ont circulés sur ma personne?
Me pardonnerez-vous d'avoir été aussi offensante alors que vous priiez pour moi nuit et jour?

Je le souhaite, je l'espère, je le veux !

Tendresses,
Héloise Marie de Sparte von Riddermark,
Votre tendre estimée et parfaite suzeraine.

_________________
Elisaabeth.
Citation:
Ma tendre amie,

    Je crois que je serai incapable de vous en vouloir. Ne vois-tu pas cette ironie dans cette phrase, saloperie? Votre amitié a toujours été bien au-delà de mes espérances à mon égard et j’ai toujours fait en sorte de vous rendre la pareille avec autant d’amitié. Croyez-bien que je suis vraiment sincère avec vous, comme je l’ai toujours été. Votre mémoire concernant mon mariage ainsi que d’autres souvenirs me rassure. J'ai eu bien peur que les autres rumeurs, que j’ai entendu bien des fois jadis, disaient vraies lorsqu’elles prétendaient que vous radotiez en racontant des inepties, prête à vous sacrifier dans un sombre rituel sorti tout droit d’un pseudo livre noir venu des Enfers. Mon Dieu ce que les gens peuvent avoir comme imagination lorsqu’il s’agit de répandre des absurdités.

    Je sais pertinemment que vous n’auriez point toléré ce mariage, je crois même me souvenir que vous aviez en tête de me marier avec un vassal de l’un de vos vieux oncles décrépis par la vieillesse. Dieu m’en garde mais je préfère mille fois mon époux la marmotte me passant sur le corps avec la douceur de ses poils soyeux qu’un vieux chameau baveux et dégueulasse à voir. 

    Pourquoi devrais-je quitter un époux si aimant ? Vous savez très bien que les précédents préparatifs de mariage ont tous échoués. Je m’étais même convaincue que je n’étais pas faite pour un quelconque mariage. Me voilà enfin mariée, avec un homme qui m’aime — et croyez-bien que je le lui rends au centuple — donc je ne vois pas pourquoi je nuirais à mon propre mariage parce qu’il m’a encore engrossé. L’attente de nos devoirs conjugaux durant la précédente grossesse s’est révélée assez longue, étant donné que l’une des seules envies que je pouvais avoir n’avait absolument aucune lien avec mes responsabilités en tant qu’épouse comblée et pouvant combler son époux, par tout acte qu’il soit bien entendu. Il est vrai que ces retrouvailles furent tellement ... explosives, sincères, remplies d’amour l’un pour l’autre que l’on a engendré l’inévitable : un enfant. Je pense être capable de lui expliquer les rouages de la santé féminine ainsi que les conséquences de certains actes; n’y voyez là aucune jalousie mais de la sagesse. 

    Pourquoi devrais-je vous parler de ma nuit de noces ? La dernière fois que nous avons essayé d’évoquer un tel sujet, vous êtes tombée en pâmoison tant l’idée que l’engin masculin puisse être trop ... encombrant pour faire son affaire vous effrayait. Pourtant, je puis vous affirmer que l’on s’y fait et quel sacré plaisir que l’on peut en tirer si l’on sait bien le manipuler. La seule chose que je vous écrirai — car vous en conviendrez, ce ne sont pas des choses qui se racontent pas écrit mais se disent de vive voix — est que Krän reste l’époux que j’ai toujours espéré au plus profond de mon être. Je crains ne pouvoir m’attendre mieux, et la tristesse serait trop grande et trop importante si je devais le perdre car je sais que jamais plus un homme ne saurait être aussi aimant, protecteur, doux, adorable, sauvage pardon ça te regarde pas morue à la fois. Il remplit tant de rôles avec brio qu’il m’est pénible de devoir tous les énoncer. Je puis vous dire de nouveau, ma chère amie, que je suis une épouse et avant tout, une femme comblée. 

    Rogier-Léonard est un bébé adorable. Moi qui rêvais tant d’avoir un petit garçon me voilà comblée. Imaginez un instant si je devais donner naissance à un second garçon ? Pour quel motif mon Kränou d’amour tant aimé voudrait rompre, voire même divorcer si je suis capable de lui donner ces enfants tant attendus ? Pour l’instant, son éducation militaire n’est pas une priorité, c’est pourquoi cet homme de main me sert à réaliser certaines taches que mon vieil Hubert n’est plus en mesure de faire. L’activité physique est très importante, et je le vois en voyant que vous peinez difficilement à écrire une lettre sans faire de grosses ratures qui salissent cette si jolie lettre. Il faut dire que je n’ai pas été très propre non plus mais vous comprendrez qu’avec des enfants à charge — n’oubliez pas que feu votre cher cousin Édouard m’a fait engendré une petite fille il y a plusieurs années de cela dont vous êtes également la marraine, vous souvenez-vous ? — il est difficile de porter attention à une seule chose à la fois et je me mets à faire d’horribles ratures qui tachent cette lettre remplie d’amitié et d’affection. Je vous vois venir : pourquoi ne pas changer de papier ? Pour la simple raison que nous sommes à court de papier, et que le moulin le créant est cassé. Étant en restauration, il est difficile d’aller se fournir du papier ailleurs que chez soi, dont les coûts sont moindres que ceux que nous connaissons. M’enfin, ce n’est pas à vous que je vais donner une leçon de gestion de terres.

    Je conclurai cette lettre en vous affirmant toute mon amitié ainsi que mon pardon que vous me réclamez tant. Je continuerai de prier pour vous, jour et nuit, comme je l’ai toujours fait depuis que j’étais à votre service, il y a fort longtemps.


Je vous embrasse affectueusement,

Élisabeth A. Courden d’Ormerach,
Votre fidèle vassale préférée et tant aimée.

_________________
Heloise_marie
Citation:

ChèreElisabeth,
Ma vassale,


Navrée de cette écriture peu soignée et sûrement peu agréable comparée à la mienne, je me suis probablement foulé le poignet ou quelque chose de ce genre. J'ai demandé à une de mes bonne de l'écrire pour moi. J'espère que vous comprendrez pour quoi je le fais. Même si quelques fois tu as l'air de faire exprès de pas comprendre ce que je dis espèce de gourde, n’écris pas ça surt...

Du coup cette garce jolie et parfaite jeune et douée Clara écrira pour moi. Je ne la ferai donc pas trop longue !

N'écoutez donc point les rumeurs. Même s'il est vrai que de temps à autres je m'isolais en compagnie de bouquins et écrits divers il n'en est point question de sorcellerie ou magie noir,
(elle ment - Clara) le Très Haut m'en protège. Je lisais, ne vous en déplaise, des écrits romantiques. Vous même vous savez à quel point j'ai cherché ce romantisme auprès de quelques malheureux qui m'ont abandonnée comme une moins que rien. Sans doute que ma vertu leur étant interdite, ils ont préférés s'en aller voir d'autres cuisses ouvertes elles. Je soupire en écrivant ces quelques mots, car voyez-vous, je me retrouve vieille bientôt et célibataire certainement. (et elle l'a bien cherché croyez-moi - Clara)

Voilà deux ans que j'ai coiffé saint Catherine ( c'était très drôle croyez-moi! Une fête où personne ne vient) et, si l'idée m'a traversé plusieurs fois l'esprit, je me suis rendue dans quelques couvents pour me donner au Très Haut corps et âme jusqu'à la fin de ma vie. Malheureusement, toutes les mères supérieures ont apparemment reçu des ordres de mon défunt père afin que cela n'arrive jamais, car chaque fois que je souhaite porter le voile et m'offrir au Très Haut, l'on me le refuse. (c'est parce que c'est une garce elle fait chaque fois sa princesse exigeante et se croit dans un hôtel luxueux ! Son père n'est qu'une bonne excuse pour les mondanités) Trève de bavardage.

Quant à vos reproches sur votre mariage...Voyez-vous je me souviens très bien de cette histoire, Dwiral était le prétendant que j'avais choisi pour vous,
j'étais vraiment navrée que vous ne puissiez épouser cet homme charmant, (je la laisse parler car j'ai un RAGOT DE MALADE : le prétendu fils de Dwiral lui a écrit pour lui annoncer qu'il était le fils illégitime de Héloise et de Dwiral, mais je ne connais pas la suite de l'histoire, apparemment elle a brûlé la lettre directement !!!!! Vous vous rendez-compte?? Héloise Marie et Dwiral le gros laid ! - Clara )

Votre bâtarde dites vous? Je ne puis décemment être marraine d'une bâtarde, mais bien de vos fils légitimes. Cependant, si cela vous sied, j'ajoute volontiers un parfum et un magnifique collier cerné de pierres précieuses pour votre... fille
(vu le ragot de malade que je vous ai donné, j'ai gardé les présent, désolée Madame - Clara). Après-tout, elle fait partie de ma famille vu qu'elle est la fille de feu mon cousin. Votre prochain fils à naître, d'ailleurs, pour quand est-il? Je pense qu'il est vraiment temps que je vienne vous visiter afin de pouvoir assister à cette naissance et pouvoir, cette fois, choisir et baptiser correctement cet enfant. Nous pourrons ainsi deviser sans pudeur sur vos nuits de noces. (Dites-non si vous ne voulez pas l'avoir sur le dos pendant des années, elle est comme une sangsue ! )

Peut-être votre époux serait-il présent? Pourrait-il nous assister dans nos bavardages, ou du moins, pourrais-je lui tenir compagnie durant votre enfantement? Mis à part aux allégeances tristes et fades, je n'ai guère l'occasion de lui parler, je pense que cela serait le moment. (pitié dites non et prenez moi à sa place, je n'en peux plus de vivre ici avec elle, elle est folle !!! Tout ce qu'elle dit ce ne sont que des mensonges, je veux partir !!! -Clara)

Donnez-moi donc une date à laquelle je puisse venir vous rendre visite, j'ai hâte de vous revoir.

Tendrement,

Héloise Marie
La plus douce et agréable chiabrena des suzeraines


ps : Madame je vous en conjure, invitez la et gardez moi dans votre service, je suis serviable et correcte je suis gentille et fiable !!! Clara Dotriani depuis 3 ans à son service, avant j'ai fait des études et tout j'vous jure je sais écrire lire et traduire en quelques langues. je coûte pas cher, même quasi rien du tout.

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Elisaabeth.
Votre Sérénité …
Mais, où est passé Hubert ?
Il est occupé à décoincer un pigeon qui s’est coincé dans le pigeonnier.
Humpf… Bon, qu’est-ce qu’il y a ?
Une lettre de sa Grandeur.


Oui ?
Une lettre de sa Grandeur.
Laquelle ?
La comtesse.
Ah oui, excuse-moi. Il est vrai qu’il n’existe qu’une « grandeur », donc qu’une comtesse dans ce bas monde.
Je ne sais pas lire.
Bon c’est bon, donne cette lettre.
On lui tendit la lettre, et reconnaissant le sceau, elle n’y toucha pas et appela Églantine qui arriva sur-le-champ — évidemment puisqu’elles étaient dans la même pièce.
Séance de lecture, Églantine. Ouvre-donc cette lettre et lis-la-moi.

Toute joie, Églantine arracha des mains la lettre du serviteur et après avoir brisé le sceau, elle commença à lire. Face à ce silence qui n’était pas prévu, Élisabeth s’impatienta, et Églantine présenta ses excuses.
Alooooors, sa grandeur vous présente ses excuses car elle s’est foulée le poignet. C’est donc Clara qui écrit. Qu’est-ce qu’elle est gentille, cette pauvre fille…
Je m’en fiche, lis donc.
Blablabla, il ne faut pas croire les rumeurs et elle promet de n’avoir touché à la moindre sorcellerie malgré son mensonge.
Hein ?
Oui, Clara dit qu’elle ment.
Épargne-moi ses commentaires, et lis.
Blablabla… elle dit qu’elle se sent seule, vieille, moche, que sa passion est la lecture des romans romantiques. Qu’elle a coiffé sainte Catherine depuis deux ans et que personne n’est venue à sa fête. Que son papa l’empêche de prendre le voile.
Mais attends … il est mort ?
Oui mais … il veut pas qu’elle prenne le voile.
Bon bref, continue.
Elle dit aussi que c’est une garce faisant sa princesse exigeante … ah non, ça c’est Clara qui a écrit ça. Blablabla, qu’elle se souvient bien du mariage programmé entre vous et Dwiral donc … OooOHHhh bonté divine ! Elle a eu un fils avec Dwiral !!!
PAR-DON ?!
Clara écrit que c’est un ragot de diinnn-gue !!
Mais comment est-ce POSSIBLE ?! Elle a déjà pas assez de …
Hein ? Vous avez d’autres ragots ?!
Non, rien. Continue. Bordel j’y crois pas…
Bon, blablabla… elle n’a pas le souvenir d’être la marraine de votre bâtarde. Elle dit même que ce n’est pas son rôle d’être la marraine de la petite Marianne qu’elle nomme, je cite « votre bâtarde ». Qu’elle a donné un cadeau que Clara a gardé en compensation du ragot divulgué…
La charogne, j’en reviens toujours pas …
… mais elle reconnaît malgré tout que c’est son sang puisque c’est la fille de feu son cousin. Sa grandeur voudrait connaître la date de l’accouchement pour y assister afin de pouvoir baptiser, je cite « correctement cet enfant ». Elle veut également les détails de vos nuits de noces … beurk…
ENCORE ?! Elle va entendre du pays celle-là.
Elle voudrait aussi partager du temps avec votre époux ?
PARDON ?!
Oui, pour bavarder et lui tenir compagnie pendant que vous enfanterez.
Mais c’est à MOI qu’elle doit tenir compagnie, pas à Krän ! Bon, assez. On va lui répondre. Prends Rogier et Marianne avec toi, je veux être seule et avoir l’esprit uniquement concentré sur cette lettre.
Bien madame.

Fortement contrariée par cette nouvelle lettre, il devenait de plus en plus difficile pour Élisabeth de contenir la colère qui la submergeait à chaque lecture de ces fiches lettres. Alors elle se leva du fauteuil dans lequel elle avait atterri plus tôt, pour s’écroulait délicatement sur la chaise de la table qui lui faisait office de bureau et rédigea une réponse qui serait, priait-elle, la dernière avant un petit moment.

Citation:

    Chère Héloïse,
    Ma suzeraine,

      Veuillez, je vous prie, utiliser votre autre main la prochaine fois que vous prenez votre plume pour m’écrire car j’ai bien cru défaillir, voire même mourir à la lecture de votre dernière lettre. N’ayant pas reconnue votre écriture, malgré le sceau, j’ai longuement hésité à lire cette lettre. Fort heureusement que je n’ai point brûlé cette lettre car jamais, au grand jamais, je n’aurais été mise au courant de plusieurs détails.

      Tout d’abord, permettez-moi de vous dire que j’aurais apprécié apprendre autrement que vous avez forniqué et surtout engendré un bâtard avec ce Dwiral. Que vous me preniez le chou pour me dire que les lectures romantiques vous tiennent compagnie, c’est un fait. Mais que vous me mentiez en me cachant que vous avez encore fait une autre grosse erreur, je crois que je ne pourrais vous le pardonner. Surtout après tout ce que j’ai fait pour vous sauver la mise, et je ne compte même plus sur mes doigts tant le nombre de fois dépasse le nombre de mes doigts — de mains et de pieds !

      Vous constaterez qu’effectivement, c’est la colère qui parle. Que vous veniez pleurnicher parce qu’aucun couvent ne vous veut en son sein, avec une famille comme la vôtre, rien d’étonnant. Je suis d’ailleurs étonnée de n’avoir entendu aucun ragot à votre encontre concernant une « malheureuse » attaque contre une mère-supérieure pour ne vous avoir accepté dans un couvent. Peut-être aviez-vous besoin de ma main pour faire le sale boulot encore ?

      Je n’ai point oublié que vous étiez la marraine de ma fille, ma « bâtarde » comme vous le dites si bien. Aussi, la condition est que j’accepte votre parrainage envers mes enfants si TOUS mes enfants sont compris dans ce parrainage, à savoir ma fille aînée, ma fille « bâtarde ». Car n’oubliez pas encore une fois qu’elle est votre sang, bien plus encore que les enfants d’Ormerach.

      Si vous tenez tant à venir apprécier ma compagnie, et surtout à accueillir mon fils, venez séjourner dès le mois de mai. Je ne parviens pas à distinguer si c’est mon époux qui vous intéresse plus que nos propres enfants. Mon époux sera probablement présent, tout comme il partira probablement me chasser un sanglier ou un ours pour en faire un magnifique trophée pendant que j’enfanterai. C’est pourquoi votre compagnie me sera plus utile à moi qu’à lui.

      Je réitère donc : si vous souhaitez me rendre visite, et surtout me tenir compagnie en attendant que j’enfante, venez dès le mois de mai, et restez auprès de moi le temps qu’il faudra, pour que nous ayons le temps d’échanger nos sentiments ainsi que nos souvenirs.

      N’oubliez pas de m’apporter une bouteille d’Arbois, je crains que mon époux ait vidé la cave récemment, à défaut d’avoir vidé autre chose.


    Malgré ma colère, je vous embrasse affectueusement,

    Élisabeth.



PS : que vous ayez essayé de me faire croire que vous avez eu une première grossesse par l’opération du Saint-Esprit, passe. Mais une seconde fois, ça devient indigeste.
PPS : j’aurais aimé vous renvoyer ledit présent que vous mentionnez dans votre lettre pour vous signifier mon mécontentement et la colère que j’éprouve à votre égard mais il semblerait qu’il ne soit pas arrivé à destination. Vérifiez votre personnel car je sais, de source sûre, que ce n’est pas le mien qui est en tort.

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Heloise_marie
Un premier courrier, une heure de la matinée brumeuse d'un jour d'avril.

Citation:

Chère Elisabeth,

Je ne sais d'où vous tenez pareilles informations mais il est en AUCUN cas question d'un enfant avec ce rustre ce badaud !!! Je réfute en bloc, je suis outrée de votre réponse de votre vocabulaire et de vos paroles ! Croyez-moi bien que nous n'en resterons pas là !!!!!

Très peu cordialement,
Votre suzeraine si vous ne l'avez point oublié, à qui vous devez un peu de respect !


Un second billet, une ou deux heures après le premier, le même jour quelconque d'avril mais avec un peu moins de brume.

Citation:

Chère Vassale,

Je rajoute également que la famille comme la mienne, comme vous l'avez si bien écrit, était et reste une des familles les plus prestigieuses de Franche-Comté, peut-on en dire autant des Courden? Je ne crois pas !

Le bonjour chez vous.
Héloise Marie DE SPARTE von Riddermark.


Un petit billet griffonné vite fait bien fait, toujours le même jour d'avril, soleil chassant la brume.

Citation:
Oh et pour votre information, votre bâtarde comme vous la nommez si bien, fait également partie de cette "famille comme la mienne"alors ne dénigrez point le nom qu'elle devrait porter !


Juste une demi-heure après le précédent...

Citation:
Chère Elisabeth,

Le courrier précédent qui parlait je pense de votre ville illégitime AVEC UN SPARTE..... était de moi, Héloise Marie de Sparte.


Fin d'après midi, le je ne sais plus quantième message. Vivement les nouvelles technologie, pauvre coursier.

Citation:

Chère Elisabeth,
Mon amie,


Après avoir longuement réfléchit, médité, prié..... discuté, dirons-nous, avec cette péronnelle de Clara, je pense qu'il m'est nécessaire de remettre les choses au clair. Il est fort vrai que j'ai reçu un courrier d'un fil de Dwiral qui prétendait être de moi, croyez-moi bien qu'il ne s'agissait là que d'un badaud espérant pouvoir prétendre à un quelconque héritage, mais croyez-moi bien que je sais exactement ce qui est entré ou sorti de mon corps. Cette phrase m'effraye dès lors que je l'écris, mais avant qu'une quelconque rumeur ne puisse sortir de vos murs je préfère directement mettre les choses à plat !!! Il s'agit, tout de même, de ma réputation.

Je n'ai d'ailleurs jamais donné suite à cette missive grotesque.

Je n'ai point oublié non plus que je suis la marraine de toute votre progéniture déjà venue au monde ou à venir au monde, voilà pourquoi je souhaite tant venir vous consulter. Je pourrai ainsi, tout loisir, éveiller vos enfants aux bonnes manières. Que ce soit la bâtarde de mon cousin, votre nouveau fils ou le fils à venir. Je lancerai les préparatifs de ma visite dans la semaine, avec tout mon personnel, mes gardes robes et mes meubles, j'en aurai bien pour un mois de voyage jusqu'à nos retrouvailles. D'ici là, serrez donc vos cuisse d'épouse tellement chaste afin que je puisse assister à l'enfantement de mon filleul...

Nous aurons d'ailleurs à discuter de vos post-scriptum que je comprends guère !!! Ainsi que de quelques points de désaccord qu'il me semble tout à fait correct et normal de régler de vive voix. Je dois vous dire que je n'apprécie guère que vous régliez vos compte dans vos écrits sans pouvoir me faire face et me les dire dans les yeux ! Vous même savez à quel point je tiens à la franchise et l'honnêteté ! Il me semble que vous avez dès lors oublié vos leçon de demoiselles de compagnie.

Mais je vais mettre ça sur le compte de l'enfant qui grandit en votre sein. Il me semble avoir déjà entendu que la grossesse provoque sautes d'humeur et comportement étranges. Il vous faut vous reposer et vous ménager, je ne souhaite en aucun cas être la responsable d'une quelconque malformation de l'enfant à venir. Je vous envoie donc quelques douceurs sucrées afin que vous puissiez reprendre des forces. Elle sont faites maison, mais point par moi.

Sachez que je tiens bien plus à vous et votre amitié que toute cette colère qui nous déchaîne.

D'ici à ce que j'arrive,
Portez vous donc bien,
Votre estimée suzeraine,
Héloise Marie de Sparte.


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Elisaabeth.
Lentement, la brume fit place au soleil, donnant par la même du baume au cœur d’Élisabeth. Et encore, le soleil ne faisait pas l’effet escompté, surtout face à l’avalanche de billets que la future mère recevait tout le long de la journée. Le premier billet se retrouva chiffonné et jeté à côté de la cheminée. L’ordre était de ne ramasser aucun billet tant qu’elle n’en avait donné l’autorisation. C’était un jour de sans, la déprime avait évincé la joie, la bonne humeur, ainsi que l’optimisme, malgré la colère qu’avait provoqué le premier mais aussi le second billet. Chiffonné et croupissant à côté du premier. Qu’est-ce qu’elle en avait affaire d’avoir une famille prestigieuse ? Son but n’était pas d’avoir une famille très connue dont le prestige traversait les frontières, tout ce qu’elle aurait aimé, c’était que sa famille ne se dissipât pas, que tout le monde survive, ne meure, ou ne disparaisse dans d’étranges circonstances. Alors le prestige, ceci lui passait largement au-dessus de la tête. Ce fut définitivement le troisième billet qui chiffonna son humeur — lui aussi avait rejoint les deux premiers — : elle le savait que trop bien que sa fille était une Sparte. Marianne n’en portait pas le nom puisque sa mère s’y refusait pour commencer, et puis son père étant décédé bien avant un quelconque mariage, il était hors de question de s’arroger un nom… ce nom. Elle n’avait nullement besoin de lire le quatrième billet pour savoir que le troisième venait du même expéditeur, elle avait largement reconnu l’écriture de sa suzeraine. Le quatrième billet fut alors déchiré et s’éparpilla un peu partout autour des précédents billets chiffonnés. La pauvre, la colère avait l’air d’avoir sévèrement pris le dessus pour envoyer ce défilé de billets. On récolte ce que l’on sème, paraît-il.

Ce fut le dernier message qui mit Élisabeth dans tous ses états : entre contrariété, apaisement, remords, énervement, ce furent finalement des pleurs qui prirent le dessus. Elle, qui ne pleurait que très rarement, se retrouva à pleurer. Elle se maudit — et maudit son époux par la même occasion — d’avoir été engrossée pour se retrouver avec une succession d’émotions incontrôlables. Ceci expliquant alors pourquoi il y avait des traces d’eau sur la lettre qu’Elisabeth renvoyât à son amie.


Citation:

    Héloïse, ma douce amie,

    *tache de larme*

      Je ne souhaite en aucun cas me fâcher avec vous, bien au contraire. La colère a pris le dessus et ce n’était pas le but recherché. Il s’agit de la peur de vous voir souillée par le mal qui a eu raison de moi et m’a laissé m’emporter de la sorte. N’est-ce pas ce que font les véritables amis ? Protéger ceux qui nous ont toujours soutenu lorsque nous apparaissons sous notre pire mais surtout sous notre meilleur aspect ?*tache de larme* J’ai toujours été sincère et franche avec vous. Vous comprendrez donc que si j’impose une distance entre vous et moi, ce n’est pas par couardise mais parce que pour le bien-être de l’enfant que je porte, je ne peux m’autoriser à voyager comme bon me semble, pas même en carrosse.

      —————*tache de larme*
      *tache de larme*


      J’attends donc votre venue pour que nous éclaircissions tous ces points de désaccord qui pourraient nuire à notre amitié qui, même si ceci n’est pas visible dans nos échanges ces derniers temps, est l’une des choses qui me tiennent à cœur.

      Je n’écrirai pas davantage. Je pense qu’il nous faut nous voir à présent pour parlementer. Prenez le temps qu’il vous faudra pour venir mais hâtez-vous quand même car même en serrant les cuisses bien fort, si l’enfant décide de venir, je ne pourrais le retenir. Avant de terminer cette lettre, je me trouvais à Dampierre lorsque j’ai découvert ma grossesse. Je suis donc restée là-bas, n’ayant pas aucune liberté de me mouvoir sans nuire à la santé de mon enfant. Je vous attends ici, à Dampierre.

    *tache de larme*

    Sachez que vous me manquez terriblement. Alors hâtez-vous de venir me voir. Et sachez également que votre amitié m’est précieuse*tache de larme*
    *tache de larme*


    Avec toute amitié et mon affection,
    Je vous attends,
    Votre dévouée vassale,
    Élisabeth A.C.d’O.

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