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[RP] « I’m back, babe ! »

Elisaabeth.
      « On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime. »
      Victor Hugo.



Mère Hildegard vous attend, mad... votre …
Hum ? J’arrive.

En se relevant, Élisabeth se signa, comme pour mettre fin à la prière qu’elle venait de faire. Il est vrai que cela faisait de nombreux mois – pour ne pas dire quelques années – qu’Élisabeth priait. Pourquoi ? Pour qui ? Dans quel(s) but(s) ? Même si on lui posait quelques questions, ses réponses resteraient vagues, voire même silencieuses. Pourquoi répondre à des personnes qui ne se soucient pas tant de vous ? Ces personnes sont simplement piquées par la curiosité et rien de plus, elles n’ont aucune envie . Elle n’avait plus envie de parler inutilement, du moins depuis ces dernières années passées dans ce couvent. Elle avait beaucoup de choses à oublier, des blessures à panser, une reconstruction à faire. Elle a été brisée, par des pertes mortelles, mais également des disparitions où la mort n’était pas certaine. Elle était redevenue orpheline, en quelque sorte. Les deux premières années de son enfermement, la vie n’était plus assez délicieuse pour envisager de survivre, mais que dirait le Très-Haut si elle venait à mettre un terme à sa vie ? Elle finirait en enfer avec le Malin, à coup sûr. Elle avait très peu de raisons de vivre, et ces raisons, elle préférait les méditer longuement mais sûrement. Cela a pris le temps qu’il lui fallait, mais aujourd’hui, elle en était plus que sûre : il est inutilement de tenter de suivre les morts quand notre heure n’a point encore sonné. Elle était plus que décider de continuer de vivre et supporter la douleur invisible qui sommeillait en elle. Elle se retourna, se mettant à dos de l’autel, et sortit de la chapelle pour rejoindre la mère supérieure qui l’attendait afin de discuter comme elle en avait pris l’habitude depuis un certain temps. Cette fois-ci, c’était dans les jardins, non loin des fleurs d’automne qui commençaient à fleurir joliment. Une fois qu’elles se retrouvèrent, elles purent discuter d’un ensemble de sujets de conversation qui leur plaisait à l’une comme à l’autre. Ce petit rituel ridicule s’était instauré depuis le jour où Élisabeth avait ressenti le besoin de se confesser, presque deux ans après son entrée dans le couvent : sur sa vie, son passé principalement, ce qu’elle avait vécu, les fautes qu’elle avait commises. Ce jour-là, la discussion n’allait pas être plaisante ; il n’était plus question de regarder en arrière mais plutôt droit devant. Élisabeth brisa le silence qui s’était installé depuis plusieurs instants tout en continuant leur promenade.


Je pense que vous vous doutez de ce que je m’apprête à vous dire. Elle n’attendit pas que Mère Hildegard lui réponde pour reprendre : Il est temps pour moi de vous quitter. Définitivement.
Un petit silence s’installa avant de partir aussi vite qu’il n’était venu : Mes devoirs conjugaux me rappellent ces derniers temps. Et je ne vous parle pas du côté ... charnel de la chose, il en va de soi. Disons qu’il est temps que je reparte, vivre la vie que je devrais vivre après tout.
Je devrais être ravie de vous entendre dire cela. Mais je devine de l’appréhension dans votre voix.
Elle hocha la tête en guise de réponse. Elle voulait choisir les bons mots, les mots justes, et surtout, elle souhaitait être la plus concise : Le monde actuel me fait peur. Je n’ai plus remis les pieds depuis … elle déglutit lentement avant de reprendre : et je ne sais pas comment il est aujourd’hui. J’ai l’impression d’être une enfant qui doit apprendre de nouveau ce qu’elle pensait connaître.
Votre sentiment est tout-à-fait normal. Dites-moi qui n’est pas effrayé à l’idée de repartir vivre alors que vous avez été enfermée pendant tout ce temps ?
J’y suis de mon plein gré, ne l’oubliez pas.
Ce n’est pas le cas. De gré ou de force, la réaction restera la même, ma fille.
Élisabeth soupira ; elle s’était préparée depuis plusieurs semaines et voilà qu’elle commençait à paniquer. Sotte qu’elle était.
Concernant Marianne …
Votre … « fille » recevra l’éducation qui conviendra pour une future novice.
Le sous-entendu déplut fortement à la Belette, ce qui rendit son regard, initialement vert, bleu-gris, signe de colère et de contrariété. Elle répondît sèchement : Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une bâtarde qu’elle doit être considérée comme telle. Sa situation n’est pas de sa faute mais de la mienne et de feu son père. Elle était suffisamment en colère contre Édouard mais également contre elle-même ; il était donc inutile d’enfoncer le couteau dans la plaie. Il est de mon droit, et surtout de mon devoir qu’elle ait une éducation digne de son rang, aussi bâtarde, mot sur lequel elle insista lourdement sur le mot, soit-elle. Elle ne deviendra nonne que si je le décide. Point.
Elle se tut sous l’acquiescement de Mère Hildegard. Un silence bref s’installa. Les idées d’Élisabeth se bousculèrent à une telle rapidité qu’elle dût secouer la tête pour se donner l’impression qu’elle les avait balayées. Elle brisa le silence en reprenant : Laissez-moi le temps qu’il me faut pour m’adapter de nouveau au monde. Je récupérerai ma fille à ce moment-là. En attendant, je vous demande d’être juste envers elle. Pas de me remplacer mais de la veiller. C’est une jeune enfant curieuse qui a besoin qu’on l’aide à découvrir le monde, pas qu’on la bannisse et qu’on lui prive de ce droit. Ai-je été claire ?
Elle s’arrêta afin de regarder Mère Hildegard droit dans les yeux, n’ayant pas encore décolérée : Je partirai demain matin, quand le soleil sera bien assez haut. Je profiterai de ma fille et lui expliquerait ce qu’elle doit savoir avant de partir. Vous n’aurez nul besoin de la consoler, je le ferai. Comme je l’ai toujours fait. Je reviendrai voir ma fille en attendant de la récupérer définitivement. Le jour où je viendrai vous saluer, ce sera la dernière fois que nous nous verrons ... jusqu’à la prochaine longue retraite que j’entreprendrai chez vous.

Il n’y avait rien à ajouter de plus. Elle ne laissa guère le temps à Mère Hildegard de lui répondre, elle avait dit ce qui lui semblait nécessaire : c’était clair, net et concis. Après une dernière œillade assassine, elle inclina légèrement la tête et tourna les talons afin de retrouver sa cellule. Elle avait besoin de calme pour mieux réfléchir. L’instant où elle devrait laisser temporairement sa fille ici se rapprochait, comme le fait de retrouver son époux. Elle était triste mais heureuse à la fois, émue et chagrinée. Il était temps de revenir à la vie et ne plus fuir ce qui l’aurait terrassé, il y a quelques temps encore. Elle se devait, à présent, de revivre comme elle le faisait auparavant, peut-être ne plus re-pécher comme elle l’avait fait durant des années. La repentance avait été effectuée durant ces années d’enfermement. Elle se devait de montrer au monde, à ce monde auquel elle était tellement anxieuse de retrouver qu’elle n’avait pas trépassé et ainsi, faire taire de mauvaises langues et probablement des rumeurs qui ont couru durant de longs mois à son égard. Quand elle ouvrit la porte de sa cellule, la première chose qu’elle fit était de s’orienter vers la petite armoire qu’elle avait quémandé afin d’entreposer ses effets personnels. Elle se souvint, à la vue du tissu rouge qu’était sa robe, le jour où Hubert était venu lui apporter, accompagné de la nouvelle camériste qui s’occuperait d’elle, certains effets personnels afin de faire son retour au monde dignement. Elle se souvint, non sans tristesse, que sa précédente camériste était morte d’une maladie qu’Hubert était incapable de répéter. Pauvre petite … Elle décida qu’il était temps d’aller parler à Marianne, de lui faire comprendre qu’elle ne l’abandonnait pas, qu’elles se retrouveraient très vite. Ce qu’elle fit avant le repas de la soirée. Et avant de l’amener dans la cellule où se trouvèrent quelques orphelins et enfants laissés dans ce couvent, elle fit preuve de toute démonstration d’affection qu’une mère pouvait faire à l’égard de son enfant. Élisabeth se fichait de savoir s’il était convenable ou non d’agir de la sorte, mais la culpabilité était tellement grande qu’elle se refusait de faire comprendre à sa fille qu’elle était une erreur ; cela restait inimaginable et infaisable. Ce n’était en aucun cas la faute de cette enfant ...  Pour l’endormir, elle lui raconta une histoire et en fit profiter ainsi à tous les enfants présents dans le dortoir. L’histoire d’un preux chevalier qui déclara sa flamme auprès d’une demoiselle connue pour être une princesse, prochainement en détresse. Bref, une belle histoire qui finit toujours bien et qui ravive le cœur des enfants tristes afin de leur redonner un espoir ou deux, peut-être.

À l’aube, Élisabeth était presque prête, il ne lui manquait plus que la guimpe qui accompagnait la tenue de laine fourrée comme celle que portait une certaine Margarete lorsque son époux la peignit. Elle était fin prête à revenir plus activement dans une vie non religieuse, du moins, pas aussi pieuse qu’elle avait pu l’être durant ces dernières années. Se regardant dans le miroir, elle ajusta sa grimpe pour qu’elle soit parfaitement mise, puis, elle se leva et vérifia que les affaires qu’elle avait préparées dans une seule et unique malle étaient prêtes à être embarquées par son fidèle Hubert qui ne l’avait pas quitté après tout ce temps d’éloignement. Elle sortit du couvent qui l’avait accueilli pendant plusieurs années, sous un ciel d’automne qui se rapproche de l’hiver et un temps qui laissait clairement à désirer par ce froid qui rendait le vent glacial et puissant, même le soleil n’était plus assez puissant pour apporter un brin de chaleur. En regardant le ciel, Élisabeth se remercia ironiquement d’avoir choisi cette période de l’année pour sortir de son trou car s’il y avait bien des choses qu’elle détestait, l’hiver en faisait partie. Une fois installée dans le carrosse dans lequel elle s’apprêtait à voyager, elle se rapprocha de la fenêtre et observa de nouveau le ciel, plongé intensément dans ses pensées et réflexions. Elle se mit en tête d’envoyer une ou deux lettres, à commencer par sa suzeraine, si cette dernière n’avait pas terré, elle aussi, dans un trou et n’en ressortir quand bon lui semble. Puis, elle se promit de tenter de rattraper le temps perdu avec son époux, la moindre des choses quand on se planque pendant plusieurs années afin de prier pour telle ou telle raison. Enfin, elle se promit de nouveau de se rendre à Mesnay afin de voir le travail qu’avait effectué Hubert durant son absence. Elle pensait, à ceci et à cela, quand soudain, le carrosse s’arrêta net puis une voix se fit entendre. Quand elle reconnut Hubert, elle décida de faire attention au spectacle qui se déroulait sous ses yeux : Hubert eut à peine le temps d’annoncer l’arrivée d’Élisabeth et de préciser — dans le cas où ce ne serait pas clair — qu’elle était l’épouse de la marmotte que le pont-levis se levait rapidement, comme si le personnel était au courant qu’Élisabeth avait décidé de rentrer à telle date. Sous le regard étonné de Hubert, Élisabeth haussa les épaules, comme si cela lui importait peu. Après tout, elle était chez elle et elle avait le droit de faire comme bon lui semblait, que cela plaise ou non. Quand le carrosse s’approcha des portes du château des deux truites, pardon … de Dampierre, Élisabeth fut surprise de ne pas retrouver Hubert qui devait ouvrir la portière du carrosse mais une autre personne qui avait l’air plus qu’enchanté de retrouver Élisabeth, prenant ainsi la place de Hubert.


Votre Altesse ! Quelle inattendue visite tellement attendue !! Pour tout vous dire, elle est inespérée.
Aahh … oui ?
Ce qui la perturbait inévitablement résidait littéralement dans les sept premiers mots prononcés.
Oui oui, votre Altesse. Me permettez-vous de vous emmener à l’intérieur afin que vous ne souffriez du froid.
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Votre Altesse ... je suis désolé de vous importuner alors que votre retour est imminent mais … je me dois de vous demander de présider les doléances de Dampierre-sur-Salon.
Son Altesse mon époux n’est pas là ?
C’est-à-dire que … son … sa …
Instant de réflexion intense. Une moue impatiente commençait à s’afficher sur le visage d’Élisabeth qui ne comprenait pas tellement où il voulait en venir.
Sa … Grand’Altesse n’est pas revenue ici depuis plusieurs jours et plusieurs paysans demandent une audience depuis quelques temps à présent.
La belette balafrée n’y comprit rien. Non, elle ne comprenait pas pourquoi son époux était maintenant appelé « sa grand’altesse ». Les bras croisés, elle soupira d’impatience et répondit à ce pauvre serviteur.
Comment ça, sa « grand’altesse » ? L’empereur — ou l’impératrice, je ne sais pas, je suis perdue à force ! — a décidé de donner une nouvelle appellation pour les … Palsgrave et/ou plus hauts gradés de la haute noblesse ?
Non ! Non, du tout. C'est-à-dire que votre époux est devenu comte depuis peu.
Encore ? Il aurait pu me le dire … c’est quoi le bled maintenant ?
Ah non ! Non, du tout votre altesse. Il y a mésentente.
Si vous étiez plus clair, aussi …
Votre époux est de nouveau représentant de la Franche-Comté, si vous préférez …
Aaaahhhh … ouaaaaaiiis. Je vois. Vous avez fait un mélange de « Sa Grandeur » et de « Son Altesse Sérénissime ». Bah oui, logique. Normal.
Un blanc s’impose. Le temps que la nouvelle fasse complètement son effet dans la cervelle élisabéthaine.
Votre Altesse ?
Oui ?
Pour l’audience alors ?
L’audience ? Oh. Ah, oui ! Et bien soit, j’officierai les doléances de son altesse mon époux. Y en a-t-il beaucoup ?
Suffisamment pour que je me permette de vous le demander.
Élisabeth empoigna les jupons de sa robe de laine, traversa quelques salles avant de s’approcher du trône et de s’y installer, aussi droite que lui permettait son dos, avant de reprendre : Je déclare la salle de doléances ouverte. Faites-les entrer, ces malheureux. Et je vous en prie, ramenez-moi du vin. Beaucoup de vin.

Oh yeah babe. I’m back.
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Elisaabeth.
Messire, son Altesse Sérénissime mon époux ne fait pas office d’hospice de charité. Bien que cela soit très prisé pour le Salut de nos âmes. Je ne prendrai pas votre fille à mon service. Mettez-la dans un couvent, elle vous remerciera plus tard.
Mais je compte la marier à un bougre moi. Qu’elle soit respectable et surtout à vot’service !
Qu’est-ce que vous venez me casser les pieds : j’ai dit non. C’est quand même pas bien compliqué de le comprendre : NON ! Sortez de là avant que je ne vous foute au pilori pour m’avoir importuné. Au suivant !

Cet épisode se déroula bien avant que la jeune femme ne se mette à boire. Le dépit l’avait envahi au fur et à mesure que les doléances s’enchaînaient. Un moment donné, elle se retrouva même affalée dans le trône, désespérée, coupe de vin à la main, à boire par dépit et à continuer d’écouter vaguement ce qu’il se passait. Elle en avait vu débouler des personnes, oh que oui. À commencer par une histoire de sorcellerie noire, dont elle pria les accusateurs de s’en remettre au Tout-Puissant et d’en informer le représentant religieux du comté, avec sa permission, afin qu’un bûcher ait lieu mais une fois que les preuves furent rapportées à la blonde. Ensuite, elle eut droit à une histoire d’héritage mal réparti avec la complicité d’un notaire pas tellement réglo. Elle décida donc, avec un notaire qu’elle avait nommé elle-même, que l’on réparât les dégâts causés par cette injustice. C’était d’un ennuuuuuuiiiiii … Ensuite, elle eut droit à une histoire de parcelle volée par le voisin d’en face qui venait de revendre ou de prêter — elle n’avait pas tellement saisi l’histoire, l’alcool commençant à faire de son effet — un lopin de terre à un autre voisin qui se trouvait être le cousin. Si la narratrice s’y perd, lucide comme toujours, imaginez donc cette pauvre Élisabeth qui, elle, commençait à ne plus l’être tout-à-fait. Ensuite, elle dût s’arrêter de boire car une enfant vint se plaindre en pleurant carrément dans les jupons élisabéthains. Pauvre gamine … de ce qu’elle put comprendre, Élisabeth écouta le récit de la gamine qui lui expliquait que le boucher avait volé la seule amie qu’elle avait pour la manger … N’imaginez pas une histoire de cannibalisme, la « seule amie » de la gosse était une biquette qui avait été engraissée pour finir en pâté par le boucher, qui n’avait strictement aucun lien de parenté avec la plaignante. Élisabeth, dans sa plus grande bonté, ordonna que le boucher nourrisse à l’œil la plaignante durant les années de vie de la petite fille, avec une petite surveillance pour que le boucher ne tombe pas non plus dans le cannibalisme en voulant tuer la petite. Elle se chargea également de prendre le nom du boucher afin que le personnel n’aille pas se servir chez lui pour les repas et surtout les banquets que le couple pourrait donner. Quelle horreur …

Le tout — c'est-à-dire les doléances qui avaient débuté dès son arrivée — dura au moins deux longues heures où Élisabeth eut la joie et le plaisir de pouvoir déguster un vin de qualité — qui venait des terres de son époux, bien entendu — pour son retour inattendu. À ce moment-là, deux vieux pèquenauds vinrent à Élisabeth, tout en joutant verbalement. Ils avaient l’air tellement agressifs l’un envers l’autre que les gardes se tinrent prêts à intervenir dans le cas où la Palsgravine — si elle était apte à le faire vraiment — ordonnerait un quelconque sort malheureux pour eux. Ils commencèrent à expliquer le pourquoi de leur venue, chose qu’elle ne comprit pas bien puisqu’ils avaient un fort accent qui rendait les choses difficilement compréhensibles. Alors, discrètement, elle fit signe à l’intendant du domaine qui était venu la rejoindre aussitôt qu’elle eut pris place sur le trône et l’invita à quémander au plus vite un huissier, ou un intermédiaire afin que les choses se corsent moins. Aussitôt dit, aussitôt fait. Or, à partir de ce moment-là, vint alors des paroles qui fusèrent, de véritables joutes, mais verbales. Ce qui n’était vraiment pas palpitant pour Élisabeth puisqu’elle se montrait affreusement passive face à cela. Au bout de plusieurs longues et interminables minutes — disons que cela a dû durer environ une demi-heure — et surtout, au bout de plusieurs coupes vidées au fur et à mesure du temps, Élisabeth se rendit compte que non seulement il n’y avait plus de vin dans sa coupe mais que par-dessus tout, il n’y avait plus une miette de fromage qu’elle avait demandé à ce que l’on lui apporte, ayant jeûné comme une idiote. Face à ce constat malheureux, la Palsgravine ouvrit de grands yeux implorants à l’intendant et en vint à le supplier :


S’il-vous-plaît, redonnez-moi une goutte de vin ? Pitiééé. Pis de toute manière, j’ai rien compris à leur charabia depuis tout à l’heure ! En plus je ne sais pas ce que je fiche ici puisqu’il y a l’huissier qui s’est ramené.
Il est ici sur votre demande.
J’ai demandé ça, moi ?
Oui, justement parce que vous ne compreniez plus rien.
Ah ... oui, c’est fâcheux. Elle se racla la gorge afin d’éclairer sa voix : Bon, on en est où ?
Je puis certifier à son altesse qu’il est difficile de parlementer avec ces deux énergumènes qui s’entêtent à se battre verbalement au lieu de me laisser proposer une solution.
Elle était dépitée, voire consternée : Vous me servez à rien alors ?
Votre altesse, on pouvait réellement lire de l’indignation dans le regard et dans la voix de ce pauvre bonhomme, je n’ai pas dit ça ...
Bon, allez, circulez. Elle s’adressa également aux deux pouilleux : On peut rien faire pour vous. Si ça ne s’arrange pas, vous reviendrez.
Mais, mais, p’isqu’on vous dit qu’ça morche pas et qu’on est à deux doigts, toujours dans une grande intelligence, il montre non pas deux mais trois doigts, d’s’ent’tuer ?!!
Ah oui, en effet c’est fâcheux. Et bien que le meilleur gagne alors. Suivant.
Tout en partant, escortés par les gardes, on pouvait entendre des : « J’vais t’d’foncer !! », et des « T’vas crever sur place de toute !! », le coup fatal : « T’vas bouffer les os d’t’mère ! » ponctué d’un « Salaaaaaaauuuuud !! »

Après avoir roulé des yeux suite au deuxième constat de l’imbécilité du petit peuple, elle revint à la charge avec son vin, tout en présentant une coupe vide :
Bon alors ? C’est pour aujourd'hui ou pour demain ?

Pendant qu’on lui remplissait sa coupe — car elle n’aurait pas lâché cette affaire, c’était sûr d’avance — un petit groupe de trois personnes s’approchèrent dont une jeune fille fortement engrossée. Ça puait l’histoire de magouille matrimoniale à plein nez : Ma fille s’est fait’engrosser par ce couillon qui veut plus l’épouser.
Mais elle est moche ta fille.
Ça t’a pas gêné quand t’as forniqué avec hein ??
S’il-vous-plaît messieurs. La raison de ce refus, je vous prie ?
Bin, j’ai déjà un mariage d’prévu depuis trois mois là.
Et pourtant, la concernée semble être grosse depuis bien plus de trois mois, à vue d’œil.
Ouais mais, si j’aurais si, j’aurais pô fait.
Si j’avais su, crétin des Alpes.* Soudain, l’idée qu’il avait « forniqué » cette pauvre fille dans de la paille mélangée avec de la boue, tout en puant l’une des odeurs nauséabondes que dégageait le grouilleau — ou le père, à moins que ce ne soit la fille … voire même les trois — fit lâcher à Élisabeth un « Ahhh » de dégoût avant de reprendre : Si vous aviez su ... quoi ?, dit-elle tout en épouvantant de son autre main libre le nez afin de se débarrasser un peu de l’odeur…
Bin, que d’jà, elle a des penchants contre nature pis, c’est une sorcière. Elle m’a ensorcelé, j’vous jure !!
Arrête ton char, mô fille est pas une sorcière !!
Si !! J’l’a vu la dernière fois !! Avec ses copines faire des trucs trop chelou.
Des penchants contre nature, sorcière, et des trucs « chelou ». C’est quoi cette insinuation maintenant ?
Elle envoûte les gens pour faire des choses pas très aristotéliciennes.
Qu’avez-vous à dire pour votre défense demoiselle ?
Qu’est-ce qu’vous voulez qu’j’vous dise ? J’suis pas une bonne femme mais un animal domestiqué qu’on sait pas d’où qu’on va la mettre. Alors j’suis au p’tit bonheur la chance.
Ouais je vois. Vous ne vous sentez plus concernée donc.
D’puis fort longtemps.
Tais-toi crétine ! Laisse donc faire ton paternel.
Écoute-le salope.
Messire, je vous prierai de rester courtois en ma présence. Déjà que vous faites saigner suffisamment mes oreilles comme ça.
Elle soupira, blasée. Il fallait qu'elle trouve impérativement une solution.
Bien, par les pouvoirs qui me sont conférés, j’annule le contrat de mariage qui vous liait avec la personne et je vous ordonne de vous marier avec la donzelle afin que vous répariez votre erreur. Elle a le droit d’avoir son accès au paradis elle aussi. Que je ne vous vois plus venir chialer dans mes bottes car je vous ferai pendre avec vos boyaux. Vu ? Suivant.

Cette fois-ci, c’était un petit groupe d’affamés qui ne protestaient pas pour un lopin de terre ou un mariage mal arrangé mais qui revendiquaient le droit dont tout le monde disposait : On veut du pain ! On veut du pain ! On veut du pain ! Bonjour la couronne, comment tu vas ? **
Hum ... m’oui. Je ne pense pas que nous ayons gardé des cochons ensemble pour avoir une telle familiarité mais bon, de nos jours. Qu’est-ce qui vous amène ?
On a faim !
Et bien, il faut manger.
Oui mais on ‘y arrive pas !
Et bien, il faut se forcer.

Mais bon, comme j’ai une bonne âme, on va vous donner quelques miches de pain. Quelques instants après : Héé ! Allez manger ailleurs, ne dégueulassez pas la pièce avec vos saloperies. Foutez-les-moi dehors !

Élisabeth regarda l’intendant avec des yeux pétillants par l’ivresse dont elle était victime – elle s’est saoulée seule pour en arriver là –, elle demanda alors s’il y avait d’autres « pouilleux » à écouter. L’intendant lui répondît alors : Il reste encore ...
Ah non ! Non. C’est bon. J’ai assez donné pour aujourd’hui.
Votre altesse ...
Non. Non. Non. Non. Ça suffit. Depuis que je suis arrivée – et j’ai l’impression que ça fait trois jours –, non seulement je n’ai pas cessé de rencontrer des petites gens qui puaient soit la pisse, soit le rat mort, soit l’alcool de très mauvaise qualité. Mais en plus, je n’ai pas vu le moindre poil de la barbe de mon époux.
Ah bah oui, c’est sûr qu’on reconnaissait son Kränou par sa barbe ... L’intendant resta perplexe : il ne s’attendait certainement pas à ce qu’on lui parle de retrouver une barbe. L’alcool, je vous dis ...
Alors ?
Pardon ?
Il est où ? Sa grand’altesse ?
Sa grandeur, votre altesse, était parti …
Ah ça, je vous remercie pour la réflexion constructive. Ça m’aide énormément.
Je n’avais pas fini, votre altesse. Je voulais vous dire qu’il était parti au château.
Mais c’est qu’il en a de l’humour, ce petit.
Oui bah oui. Oui, cela va de soi. Ce n’est pas comme si son altesse ne possédait pas au moins trois châteaux grâce à ses terres.
Oh, navré. Je n’ai pas été assez explicite. Enfin, vu votre état d’ébriété ...
Pardon ??
Non, je disais « vu votre état d’anxiété ». Pardonnez-moi de ne pas avoir été explicite. Il est au château de Dole, votre altesse.
Perplexité. Incompréhension. Personne n’a jugé utile de lui dire auparavant ? Non. Tant qu’à faire. Retrouve ton travail de consort et ensuite, retrouve ton époux. Ah j’te jure, le petit personnel aujourd’hui ...
Vous n’avez pas jugé utile de le mentionner lors de mon arrivée ? Non, c’est bon. Épargnez-moi vos fausses excuses. Je vais aller chercher mon époux.
Dans votre état ??
Comment ça mon état ? Tout va bien. N’est-ce pas Hubert ?
Parfaitement.
Pis, la prochaine fois que vous insinuez que je ne suis pas « en état » pour quoi que ce soit : je me chargerai personnellement d’orchestrer une petite séance de torture rien que pour vous. Vu ?

Hubert ? En route !


Lorsqu’elle arrive au château — et je vous épargne les détails de la route —, elle eut un mal de chien à passer. Oui, elle n’y arriva pas. À cause de qui ? D’un petit imbécile de garde, probablement touché par un hybris mal placé, qui refusa catégoriquement que la Belette-Blonde passe sous prétexte qu’elle ne faisait pas partie du conseil, donc qu’elle n’avait droit à aucun accès. C’était fâcheux. Oui. Fâcheux pour le garde qui se retrouve à moitié assommé pour lui faire comprendre dans sa petite tête que la Belette n’était pas venue pour troubler l’ordre public mais qu’elle était bien venue voir sa Grandeur. En conséquence, son époux. Krän. Oohh, crotte alors ! Lorsqu’elle réussit à parvenir vers le bureau du Franc-Comte, après avoir croisé plusieurs personnes dans le couloir qui ne semblaient pas apte à saluer Élisabeth, elle se décida de toquer à la porte. N’entendant rien, elle commença à protester, jurant par tous les Saints que si jamais Kränou n’était pas dans son bureau, elle se chargerait de lui faire une tête au carré. Prise de colère — ahh ... c’est moche l’alcool —, elle ouvrit brusquement la porte, manqua de se casser la figure, avant de découvrir ... que la pièce était vide. Perplexe, elle referma la porte puis, décida d’interpeller quelqu’un. Quelqu’un qui saurait la renseigner. Une fois trouvée, elle demanda à ce « quelqu’un » pourquoi le bureau du franc-comte n’était pas ici, qu’elle était d’ailleurs fort étonnée. Ce « quelqu’un » lui expliqua alors que les bureaux avaient changé d’aile depuis un moment. Et par conséquent, le bureau du Franc-Comte également. Remerciant ce « quelqu’un » qui lui expliqua où était le nouveau bureau, elle partit alors vers l’autre aile du château, à la recherche de son époux. C’est moche de la faire poireauter. Elle y parvint — enfin ! — puis, elle toqua à la porte. N’étant pas sûre d’avoir entendu une autorisation pour entrer, elle se l’accorda elle-même, prenant quand même le soin de refermer correctement la porte. Lissant sa robe de laine, elle se rapprocha à petit pas puis, d’une distance raisonnable du bureau, elle fit un grand sourire à son époux, toute heureuse, aux aaaaaaaanges.

Quelle ne fut pas ma surprise en retrouvant les terres de mon époux dépouillées de sa personne, alors que sa chère et tendre femme le cherchait pour … « des retrouvailles purement charnelles » ? Non, trop direct. « Des retrouvailles pleines de tendresse » ? Non, trop fleur bleue … pour lui dire bonjour ?

Ouaip. L’ivresse l’avait totalement dépossédé de ses facultés mentales ; ce qui lui aurait permis de mieux réfléchir avant de lâcher « pour dire bonjour ». C’est ça, quand on a passé quelques années à se contenter d’un alcool tellement léger qu’on penserait boire du petit lait.

* Parole de chat.
** Petit changement textuel.

_________________
Kran
Isabelle à les yeux bleus, les yeux bleus isabelle a - Un inconnu nommé Krän


Les choses avaient plutôt bien commencées. Ce matin là, un accord historique avait été conclu. Parmi 12 blaireaux élus pour diriger un troupeau de d'ânes, il fallait élire le Rusé Renard, celui qu'il ne faut pas regarder tant qu'il n'est pas passé. De cette élection dépendait la survie de la forêt, sous peine de subir la plus grande catastrophe du siècle. Oui, parce-qu'il parait que si les 4 chevaux y posent un sabot, ce sera l'apocalypse. Et oui.... c'est la panique au bois de quat'sous ! Les animaux craignent les feux de forêts même en plein hiver! C'est ainsi qu'au terme d'une semaine de grande crise finit par émerger le vieux Renard, le plus rusé de tous! Et oui, parce-que le Renard, c'est une marmotte! Et la marmotte...


Votre Grandeur? VOTRE GRANDEUR Hého!

Gne.. Gnéééé?

Changement de décor, changement d'ambiance. on change les animaux par des hommes. Et on ajoute à ça un gros mal de crâne. Oui, parce-qu'il faut pas déconner: Diriger le Comté, c'est bien,. Mais picoler, c'est mieux! Le seul bémol, c'est qu'il y a toujours un blaireau pour venir nous sortir du bois. Et il lui veut quoi d'ailleurs? Depuis quand on vient emmerder un Franc Comte pendant qu'il bosse hyper sérieusement sur des dossiers hyper sensibles? Comme comme...

Et là, ses yeux scrutent le bureau. C'est flou, très flou, mais y a des vélins... y en a surement un qui doit être important, nan? Histoire d'avoir l'air crédible. Celui-là? Ou cel...


Votre Grandeur, y a des question à l'agora. Il y a encore des Comtois qui vous attendent, il serait peut-être t...

MAIS TU VAS LA FERMER TA BOUCHE? T'es qui toi déjà?

Et la, la voix lui répond d'une manière beaucoup moins sûre. en bégayant quelque peu, le corps tremblant comme une feuille

M.. Mais. Je suis...

Oui, t'es viré! Maintenant casse-toi! J'ai du boulot

Et il le balance limite dehors. Encore un truc hyper déontologique. Heureusement à cette heure, y a personne pour voir la scène. 'fin si, y en a, mais ils préfèrent garder leur lange dans la bouche plutôt que dans la main.

Dans un soupire, il se ressert un grand verre qu'il vide de moitié instantanément, et attrape une plume pour terminer la paperasse qu'il avait commencée avant le roupillon. Ce faisant, il se demandait ce qu'il pourrait bien raconter en agora avec tous ces gens qui le harcelaient de questions auxquelles il en avait marre de répondre. Non parce-qu'il y a quand même quelqu'un, qui un jour, s'est dit que c'était une bonne idée d'ouvrir les débats à tout le monde. Comme ça les tirailleurs pouvaient tirailler toute l'année.

Alors qu'il trouve enfin un peu de courage pour trainer l'épave qui lui sert de corps jusqu'à l'agora, il entend un petit bruit insolite. Un truc qui fait "Toc toc toc". Ruminant comme un ruminé, il hausse les épaules et finit de rassembler un semblant d'affaires, et attrape son verre, parce-qu'on ne gaspille pas, c'est alors que les hallucinations débutent.

Elle était là, la plus belle, la plus grande, la plus Kränesque, la femme parfaite! Et elle revenait d'entre les morts pour lui, pour... Lui dire Bonjour ?!?

Regardant son verre en fronçant un sourcil, il le posa en se disant qu'il était peut-être temps d'arrêter de boire... Ou bien peut-être l'inverse? Rapide mise au point dans sa tête: Si c'est ça d'être totalement bourré... Je veux bien l'être en permanence!

Et c'est alors que l'impensable réponse arrive..


Mon amour! Je t'aime, et je viens justement de faire de la place sur mon bureau!

Il voulait lui dire plein de trucs en même temps, genre qu'elle lui avait trop manqué, qu'il rêvait d'elle toutes les nuits, qu'il n'en pouvait plus de la savoir chez les nonnes, que le Seigneur ne la méritait pas, des trucs pleins d'arc-en ciels et de licornes, tout ça. En une phrase, il avait tout résumé!

Quoiqu'en y repensant, il aurait pu lui proposer un verre de gnôle, auquel cas elle lui aurait répondu qu'elle ne voulait qu'un doigt... Et il lui aurait proposé à nouveau le verre pour débuter. M'voyez?

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Elisaabeth.
N’était-il pas romantique son Kränou ? Tellement adorable. Il avait commencé par l’appeler tellement joliment qu’elle en avait le cœur tout chamallow – ne demandez pas pourquoi, j’avais envie de le définir ainsi – puis il finit par lui dire qu’il l’aimait – et ça, ça ferait craquer le cœur de plus d’une femme, pour sûr ! Puis, d’un seul coup, les choses dérapèrent un tantinet soit peu ...  Place ? Bureau ? Que voulait-il dire par-là ? La confusion était installée : si alcool il n’y avait pas, lucidité et compréhension il y aurait, pas vrai Maître Yoda ? N’est-il pas beau ce petit anastrophe, hein ? Mais revenons à nos moutons, quand on ne parle pas des ânes et d’un renard. Vous pouvez répéter la question ? Place et bureau dites-vous ? Cela tombait à pic : Élisabeth avait envie de s’asseoir auprès de son époux. Et comme toujours, le bureau du comte était affreusement radin de chaises afin de ne pas laisser personne s’attarder trop longtemps … bin, dans le bureau comtal. Elle s’approcha donc beaucoup plus de son époux, très près, beaucoup plus près, et elle se laissa tomber dans les bras du dit époux. M’voyez, un peu le même style qu’un prince qui vient délivrer sa princesse et ils sortent tous les deux contents du donjon. Sauf qu’ici, non seulement, il n’y a pas d’histoire de donjon – ou pas loin, puisque l’on est dans un château –, sans séquestration – ou si peu, quand on sait qu’elle a réussi à s’enfermer durant plusieurs années dans un couvent – et que nous avons affaire non pas à un prince et une princesse mais à un Palsgrave et une Palsgravine. Cela a toute son importance voyons ! Comparons ce qui est comparable. Revenons à nos moutons. Non contente d’être dans les bras de son époux la marmotte, la belette — je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y a quand même beaucoup d’histoire avec les animaux ? — fit ce que personne — ou presque — n’aurait osé faire : elle embrassa indécemment son époux. Évidemment, on ne pouvait éviter l’inévitable, imaginez ceci : comment voulez-vous que deux amants, que dis-je !, deux époux ne se retrouvent pas charne… Ahem. Ne se retrouvent pas « conjugalement » après tant de temps passés l’un sans l’autre. L’inévitable ne pouvait pas être évité. Les retrouvailles ne peuvent se faire qu’avec cette fougue, cette ferveur, cette enragée passion dévorante qui donne une envie terriblement charrrrhhhhaaaaaouuh. Pardon. On s’est égaré ; c’est la fougue de leur retrouvaille qui met dans cet état. La réponse ne se fit pas languir, contrairement au contenu de la réponse :

Je t’aime aussi. C’est fou la rapidité dans lequel on peut tomber dans un contenu vachement bisounounours, arc-en-ciel et licorne. Et tu m’as terriblement manqué. Et c’était bien vrai. Mais je ne comprends pas … Ohlala … Pourquoi n’es-tu pas venu me chercher ?? Mais oui, c’est sûr que Kränou a que ça a foutre. Je me languissais de toi ! Sauf qu’à ce moment même, où vous imaginez qu’Élisabeth a prononcé « toi » normalement, il faut « malheureusement » imaginer que ce mot a été prononcé de la sorte, comme par exemple « toouuuaaaa ». En attendant, ce n’est pas beau ça ? Une belle déclaration entre deux époux fous l’un de l’autre, si on omettait, bien entendu, le fait que ce sont deux alcooliques réunis ?

Quand elle ne prêta plus attention à son époux — oui, ça lui arrive — elle se rendit compte qu’il y avait un verre. Ce qui l’intrigua fortement car à la vue de ce fameux verre, sa gorge commençait à devenir sèche. Décidément, tout prétexte pour boire était bon à prendre. Mais en attendant que son époux daignât bien vouloir lui servir un verre — quand la belette aura levé son fessier pour se dégager de son époux — le côté doux et raffiné d’Élisabeth se fit ressortir :
Mon amour, ça commence plutôt bien … que dirais-tu si nous quittions tout pour nous réfugier à Lichtenberg ? Sans nous soucier de quiconque. Et que nous passions du temps tous les deux, toi et moi, à boire, manger, s’instruire, copuler et surtout vivre sans personne autour de nous ? Aahhlala … vous remarquerez la délicatesse et le romantisme absolu de notre chère Élisabeth. Elle sait se montrer relativement impressionnante, quand elle peut mais surtout quand elle veut.

C’est alors que cette fois-ci, comme l’invitation avait été faite plus tôt — ce qu’elle n’avait pas forcément percuté à ce moment-là —, elle décida de s’installer sur le bureau où la place avait été effectivement faite. Elle prit le verre posé sur le bureau et regarda son époux, montrant le verre collé à la main élisabéthaine, puis, ce qu’il ne fallait pas dire fut dit :
Pourrions-nous fêter mon retour dignement ? À moins que tu ne sois déjà las de ta petite femme chérie ? Ou que tu as d’autres chats à fouetter ? Ou l’art de se faire désirer … même si reconnaissons-le, elle s’y prend d’une drôle de manière.
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