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[RP] Mais berdol qu'est ce qu'on a fait?

Vran
Quand le type mentionne la demande en mariage, Vran tire un peu la gueule. La raison principale, c'est qu'une demande lors d'une soirée durant laquelle on est si pétés que personne s'en souvient à part les pauvres bougres qui y ont assisté par interludes, c'est pas terrible. Et c'est loin d'être mémorable. Enfin c'est justement le souci, je sais, mais vous voyez l'idée. Pas que le truand soit du genre à faire des demandes. C'est plutôt le mec qui se met d'accord et qui fait. Mais quitte à en faire une, autant que ça soit un moment marquant.
Le maître des lieux coupe Andréa dans son élan de joie revancharde, cependant, et donne un peu de contexte à tout ça. Enfin tout ça, juste la demande en fait. En attendant, ils ont eu la suite nuptiale. Donc, stratégie payante, là. Sa réaction à lui, c'est un petit ricanement moqueur.

On est face à un proprio pas très arrangeant. Enfin, ça dépend du point de vue. Certes, il accepte pas de se faire payer en ballots de drogue, et c'est bien dommage. Surtout que visiblement ils l'ont pas acheté . Cela dit, le mec se contente de la charrette, et c'est bien aussi. Parce que même si rien ne permet d'en être sûr, il y a quand même fort à parier qu'ils ne l'ont pas achetée non plus. Alors bon, c'est pas bien grave. Ça fera un truc en moins à ramener d'où ils viennent, et une dette effacée. Ils s'en sortent bien.
Et quand bien même Vran avait eu le désir de protester, il peut effectivement voir que la main du gars est prête à ressaisir son arbalète. Il a déjà testé l'autre côté de cette arme, et si peut le faire bander c'est sûrement une histoire de rigidité cadavérique. Aussi appelée Rigor Mortis -le seigneur des ténèbres, les vrais savent-, ça sonne joli, ça a l'air tentant dit comme ça, mais en vrai ça n'a rien de marrant.

Le couple laisse donc gentiment Michel s'occuper de la charrette, d'ailleurs bonne chance pour la bouger sans le cheval ducon, et grimpe sur le cheval. Heureusement que c'est pas énorme, Saint Claude, parce qu'avec les cuissots directement sur la selle, ça va pas être sympa. Le bon côté, c'est qu'on va PAS chevaucher. Déjà parce que comme je disais, la ville est pas bien grande. Aussi parce qu'après tout ça, une petite balade tranquille c'est bien aussi. Et surtout, un simple trot c'est un coup à alourdir les crânes de manière drastique, sans parler de Colombe qui va nous gerber un troisième repas. Personne ne veut ça.

La grosse Bertha, donc. Malgré le nom qui donne pas envie, elle est sûrement canon. Haha! Haha. Ha. On rigole on rigole, mais Colombe c'est quand tu veux que t'explique qu'il reste trois gars qui les attends... quelque part.
Il faudrait y aller, donc, effectivement. A côté du moulin de la Bectance. Entre José, Gisèle, Michel et tout le reste, on se croirait à Châteauroux en Berry. Remarque, Bourges ça marche aussi. Par contre il n'y a pas qu'un moulin dans les environs. Ce qui est bien emmerdant. Du coup, il va falloir demander son chemin. Génial. C'est vraiment le truc que t'as envie de faire, quand t'es en gueule de bois avec seulement un drap pour te recouvrir les couilles. Au moins pour le moment il a pas eu la gaule. C'est bien parce qu'il a pas trop observé Andréa, parce que le petit style Lolita, il en croquerait bien avant de la plaquer contre un mur. Ou sur une table quitte à rayer le parqu... AAAaaaaah! C'était pour ça les pompes sous chaque pied de table! Ils ont dû vouloir prendre des précaution après avoir atomisé le pageot, certainement. Bref.

Le cheval se met en route, au pas du coup hein, et Vran demande sa route à des gens. Il y a pas mal de réactions différentes, mais aucune n'apporte satisfaction. D'abord il y a les prudes qui s'éloignent aussitôt la tenue des deux gus remarquée. Ensuite il y a ceux qui s'éloignent avant même de voir la tenue, certainement qu'ils ont assisté à une partie de la soirée du couple. Après c'est les mecs qui font style de réfléchir pour gagner du temps à mater Déa.
Et enfin, la toute dernière catégorie qui intervient juste avant que Vran ne cède à l'envie de gueuler un "Mais vous allez répondre MERDE!?". Une vieille, soixante balais à vue de pif, raide comme un placard à balais et sapée à la rupin, qui donne envie de lui décoller son dentier à grandes tartines, à faire tourner son ombrelle sans arrêt. Mais celle là, elle s'est pas barrée en les voyant arriver, ni en voyant leurs panoplies, et visiblement elle est pas intéressée par la gente féminine pour baver pendant deux minutes à grands renforts de "Eeeuh", de "Mmmmh..." et de "Laissez moi réfléchir".
Alors ils demandent.
Sauf que madame pète-sec, visiblement elle a une idée derrière la tête.


Seulement si vous soulevez le drap.

Nan.

C'est quoi ce chantage de merde? Fallait être là plus tôt, il y a eu exposition complète des deux spécimens, t'arrives trop tard la vieille.

Allez, deux secondes. Trois. C'est rien du tout, cela vous évitera de faire dix fois le tour du village.

Non mais non, merde à la fin!

C'est vrai que quand on y pense, trois secondes à montrer le paquet à une personne, après avoir passé cinq minutes complètement à poils devant dix personnes, c'est pas grand chose. Mais il a l'air de quoi, Vran, s'il accepte devant son ex-épouse-future-épouse-même-sans-suite-nuptiale de montrer ses balloches à quelqu'un? Il n'aimerait pas qu'elle se montre, lui, même pour leur éviter de cavaler pendant des plombes.

Alleeeeez, qu'est-ce que c'est, dans une vie, quatre secondes à montr...

J'ai p'tet pas d'froc mais j'ai des bottes, y a toujours moyen d'te mettre un talon dans les dents.

Ce qui aurait pour effet de dévoiler la zone génitale quand même, notez. Mais pour une seconde maximum, alors ça passe. N'empêche que visiblement, c'est le jour où Vran menace des dames -enfin des dames...- de violence pour avoir ce qu'il veut. Mais pour le moment ça marche, alors on tient peut-être une méthode si jamais la grosse Bertha veut pas parler.
La vieille peau s'offusque du visage et leur indique rapidement un moulin un peu plus loin avant de se tirer vite fait. Ça fait un "Poc poc poc poc" rapide, avec ses talons et sa robe qui lui permet pas de grandes foulées.

Et comme visiblement c'est la journée de la chance, quelques mètres plus loin, ils tombent sur un mec qui est en train de se faire virer par sa donzelle en mode insultes et barda qui vole par la fenêtre. Rapidement, Vran descend du cheval pour aller se poster à côté du pauvre hères qui se fait traiter de petite bite. Un petit instant passe, avant qu'il ne lui administre une tape sur l'épaule.


Bah. Moi elle m'a lancé un carreau d'arbalète dans le bide. T'es pas si mal loti.

C'est un peu gratos, mais c'est pour la bonne cause: endormir le client. Parce qu'avant de revenir sur le bourrin, Corvidé récupère discrétos une paire de braies à l'air propre qui volait par la fenêtre et grimpe devant -ou derrière?- Déa pour se tirer vite fait. Il est hors de question qu'il reste comme ça pour visiter Bertha.
Ils y arrivent assez rapidement, chez la grosse Bertha. A regarder le truc, on sait pas trop si c'est un rade ou une propriété privée. Peut-être un peu des deux. Vran enfile rapidement le futal, avant de regarder Andréa, et d'entrer.

Vu la gueule des mecs à l'entrée, ils se souviennent d'eux. Leurs mines sont aussi sombres que l'atmosphère. Ça fume, ça boit, et ça joue. Peut-être bien que ça baise, dans le coin là-bas, difficile à dire avec la fumée et si peu d'éclairage.
Au fond de la pièce, installée sur un gros fauteuil, la Grosse Bartha. Ce n'est donc pas un canon. Sauf si on entend par là qu'on peut faire des dégâts en lui mettant un boulet dans la bouche et une mèche dans le cul. Vu les trois mecs à la mine encore plus sombre que l'atmosphère qui l'entourent, par ici cette donzelle c'est pas Joe le rigolo. L'un des types leur fait signe d'avancer.

Un petit signe à Déa, c'est ton tour de négocier. Parce que là, pas sûr que la menace d'un pied-bouche soit une méthode valable.

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Andrea_
J’avais regardé la scène d’aussi loin que je pouvais. C'est-à-dire à quelques mètres en haut du cheval. Moi, franchement, si j’avais été Vran, j’lui aurais montré mon attirail, on aurait gagné du temps et puis la vieille en aurait eu pour son argent. On n’imagine pas que les vieux ont un jour été jeunes, et combien c’est triste de plus pouvoir faire ce qu’on veut de son corps. La pauvre mémé, elle aurait été bien contente de se rappeler qu’un service trois pièces pouvait être autrement qu’ébréché, ratatiné et tombant. Ah ouais, avec Vran elle aurait été servie : il est dans la force de l’âge, c’est encore tout beau presque tout neuf et ça tombe pas trop –surtout quand j’suis dans les parages-.
Pour répondre à la question que vous vous posez tous –sisi-, moi j’aurais montré mes seins ouais, parce que c’est pas le genre de trucs qu’on peut renier. Ils sont beaux, ils sont beaux c’est tout !

Puis Vran trouve des braies et les enfile. Quand on vous dit qu’on a de la chatte aujourd’hui ! On aurait pu tomber sur n’importe quel mec qui se faisait virer, un gros, un nain, un cul de jatte, ou pire, un celte qui porte des kilts, mais nan on tombe sur un mec qui fait PILE la taille de Vran. Heureusement, dans notre chance, on avait ENCORE plus de chances, le cul de Vran était moulé à la perfection.

L’arrivée chez la grosse Bertha par contre, c’est changement de décors. A priori quelqu’un est mort et on faisait une veillée mortuaire. J’ai cru comprendre qu’on était effectivement connu. Et c’est pas ma tenue qui les intéressaient, eux, nan, aimables comme des portes de prison, frais comme des gardons fumés, quelque chose me disaient qu’on était pas venu là pour se taper des barres de rire. Ce qui tombe plutôt bien parce que c’est pas facile à revendre, des barres de rire.
Encore une fois j’attendais bien sagement en me disant que Vran et son petit cul moulé allait passer devant et gérer la situation, parce que c’est comme ça qu’on partage les tâches chez nous : je fais de la merde et il rattrape, il négocie et je regarde. Mais pas cette fois, naaaan cette fois Vran a compris qu’on s’en sortirait pas avec une menace de pétage de gueule et qu’il allait falloir argumenter et négocier, chose qui est totalement dans mes cordes.

Je déconne, Vran, pourquoi moi ?

C’est donc comme ça que je me retrouvais à avancer vers la grosse Bertha. Elle n’avait pas volé son surnom. Moi, avant de la connaitre, je croyais aux perspectives. Tu sais, quand t’es loin d’un truc tu le vois petit, et tu plus tu te rapproches plus il est gros. Bin la grosse Bertha, même de loin elle était grosse, et tout proche elle était grosse ET moche.
J’étais à deux doigts de me mettre à genoux et de lui biser la bague énorme qu’elle portait à l’auriculaire gauche, et puis je me suis souvenue que j’étais pas ce genre de nana alors j’me suis juste approchée, en souriant, et en priant pour qu’elle me prenne pas pour une Déesse tombée du ciel –bah quoi-.


- Bonjour, je
- J’ai pas le temps.
- Ça nous fait un point commun je
- Je suis très occupée.

C’était faux, y avait bien des gens tout autour mais personne ne lui parlait, on m’la fait pas à moi.

- Oui, j’imagine que vous..
- J’ai pas le temps.
- Oui j’ai compris mais je
- Vous êtes sourde ?
- Non je suis Andréa et je
- venez encore parier votre bateau ?
- Hm.

Hm, ouais. Bien… C’est donc ça qu’on avait mis en jeu. Mon bateau. Nan mais c’était équitable du coup, y en avait bien pour dix milles boules de cam de chanvre hein…
Je lance un petit SOS visuel vers Vran, celui qui veut dire « je gère » et en même temps « on a VRAIMENT fait de la merde ».



- En partant vous avez pris le mauvais ch’val aussi.
- Ah ?
- C’est surtout la charrette qui nous manque. C’est qu’on est d’honnêtes commerçants vous comprenez.
- Oui, c’est évident, honnêtes. C’est important l’honnêteté…
- On se pose quand même une question par rapport à hier soir.
- moi aussi plein, si vous saviez
- Pardon.
- Je disais oui je vous écoute?
- Pourquoi les braies du Puissant Messager du Talion sont restées là ?
- Là ?
- Là.


J’ai vu son bras se lever, je pouvais presqu’entendre sa peau d’orange se soulever. Son doigt s’est tendu, et j’avais peur. J’avais pas peur de prendre une mandale –même si soyons honnête je ferais trois fois l’tour de mes braies sans toucher la ceinture-, non, j’avais peur de voir où gisaient les braies de Vran.
Mais à un moment… A un moment faut bien être courageuse alors…


- Ah

C’est à ce moment de l’histoire qu’on a inventé le face palm. Enfin ça ressemblait plus à un geste de désespoir qu’à un face palm d’ailleurs. Tu sais, quand la main s’écrase au ralenti sur ton visage parce que tu n’veux PAS voir, mais que tu DOIS voir alors que t’écartes les doigts, que tu racles un peu ton visage avec la paume de ta main en déformant ta face au passage et que finalement, tu ouvres les yeux.
Que finalement tu ouvres les yeux sur une statue représentant la Grosse Bertha, nue en train d’allaiter ses sbires façon Romulus et Rémus. Enfin j’dis « la grosse Bertha » parce que j’ai reconnu sa grosse bouée de graisse mais on peut pas en être certain parce que les braies de Vran cache justement sa gueule.
La main finalement arrête de déformer le visage Colombesque pour se poser sur le menton, façon réflexion intense. La main libre se glisse au niveau de son cul –là où Vran doit regarder- et lui fait signe d’avancer. Avec le majeur, bien tendu.


- Nan mais rien nous dit que c’sont vraiment ses braies…
- Vous avez absolument tenu à m’refaire le tarbouif en forme de groin et à signer « Rigueberthe » au dos de la statue.
- Oui enfin ça veut rien dire, j’m’appelle Andréa et…
- Dans la poche des braies y a une partie de vos poils pubiens mêlés aux siens, pour, je cite « essayer de se fumer », vous en voulez d’autres des preuves ?

C’était vraiment une pure soirée.
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Merci Jd Sadella pour la ban et l'avatar, et merci Jd Nev' pour le fessier de ma Chiasse.
Vran
Qui aurait cru qu'il y avait une Sainte Mère de la pègre à Saint Claude? En même temps, une ville qui prospère grâce au commerce de pipes, soit c'est Montpellier, soit ça cache un truc pas net. Vu la gueule des gens -ceux qu'on discerne hein- entassés dans cette espèce d'arrière salle dénuée d'avant salle, ça serait plutôt la seconde option. Probablement avec un peu de la première, quelque part, quand même. C'est le genre d'endroit qu'ils -enfin peut-être juste Vran, je m'avance pour Déa- peuvent apprécier, à l'occasion. D'ailleurs, cette nuit, ils l'ont apprécié on dirait bien.
Ce qui est fort, quand même, c'est qu'éclatés comme ils étaient, ils ont réussi à gagner une partie de ramponneau contre une sorte de matriarche des bas-fonds, qu'on devinera certainement douée à ce genre de jeux. Enfin, qu'on devinait, j'imagine qu'après ça on va se mettre au passé avec ce genre de phrase. En même temps, vu la dégaine qu'ils devaient avoir, on lui reprochera pas de pas avoir anticipé leur victoire. Et puis le ramponneau c'est aussi une affaire de bluff. Tu veux bluffer quoi, quand tes adversaires sont tellement ronds qu'ils parient des bateaux contre du chanvre, hein? Si ça se trouve, sobres ils auraient perdu. En même temps, sobres ils auraient pas parié non plus, donc bon.

Laissant Colombe négocier comme elle a toujours sur le faire -eh merde-, Vran regarde un peu autour de lui. Oui, oui, je vous le confie: il a vu la statue avant qu'elle soit mentionnée par la grosse. Il a passé un petit temps à la mater. Enfin la statue est un peu glauque, c'est surtout les braies dessus qu'il examine. Intérieurement, il prie tous les panthéons qu'il connaît -ça fait pas tant- pour que ça soit pas les siennes. Hé, on sait jamais. Si ça se trouve, dans la journée y a un type encore plus pété que le duo qui est venu et portait les même braies que celles de Vran de la même couleur que celles de Vran -allait savoir pourquoi il se souvient des braies qu'il portait- qu'il aurait décidé de les foutre sur la trogne de la sculpture de Mère Curocrome. Je sais que ça a l'air un peu fort, mais quelque part c'est plausible. Si on s'en réfère aux lois de la probabilité, si il y a une chance, même infime, pour que quelque chose se produit, cette chose se produira. Si on ajoute à ça l'infini, ça veut dire que chaque chose qui se produit s'est déjà produit et se produira à l'infini dans l'univers. Ça veut aussi dire que quand quelqu'un vous dis un truc genre "Tu peux faire mieux de ta vie", vous pouvez répondre "On dirait bien que non"* sans pression.
Oui je sais, j'invoque des théories qui mettent pas bien juste pour justifier la veine espérance de Vran.

Ah, la fameuse technique du "Je te dis que j'ai pas le temps alors que j'ai clairement le temps juste pour bien vous faire comprendre comme je vous méprise". C'est bon Bertha, tu peux arrêter ton délire, on t'a plumé assez de beuh pour coucher Limoges une cinquantaine de fois et on a amélioré ta statue qu'a dû coûter salement cher en pierres, ça marche peut-être avec les trois danseurs de hula hoop qui t'entourent mais c'est plus nous que tu vas impressionner. En plus tes mecs ils ont même pas d'arbalètes. Dommage, c'est Andréa qui négocie, cette réplique digne des meilleures compil' de répliques qui tuent restera une simple ligne de narration.
D'autant que d'après les dires de de la B.I.G au rabais, ils ont piqué une charrette aussi. Ah, je savais bien qu'ils l'avaient volée! M'enfin du coup ça serait malpoli de traiter sa race à Bertha et sa bande. En plus ils sont toujours désarmés les deux.

De toutes façon, il a plus la tête à insulter les grands-mères de tout le monde, pour le moment. C'est qu'il vient de fermer les yeux, au moment où la confirmation de la provenance du benne qui trône fièrement sur la statue est tombée. Merde. Avec preuves à l'appui, s'il vous plait.
Est-ce qu'on osera se demander précisément ce qu'ils avaient en tête, quand ils ont parlé de "se fumer" en mélangeant leurs poils pubiens? Autre mystère: à quel moment ils ont pensé qu'ils allaient réussir à récupérer le tas de poils dans une poche? Oui je sais, ils étaient biturés, ça sert à rien de chercher. Je trouvais juste que la question avait le mérite d'exister.
Vran toussote légèrement, pour signaler son intervention à venir.


Du coup... Si ça dérange personne j'vais les récupérer, hein...

Et voilà que, suivit des regards à la fois sombres et dubitatifs de Bertha et ses gars, Vran fait les quelques pas qui le séparent de la statue et grimpe à moitié dessus pour reprendre son bien. C'est un peu compliqué, c'est qu'il y a beaucoup de surfaces lisses sur une représentation statuesque d'une grosse Bertha. Heureusement qu'il y a les sbires à ses mamelons, ça lui permet de prendre appui sur la face de l'un d'eux pour pouvoir redescendre avec son futal.
Retour à côté d'Andréa, braies sur les épaules, suivi du même regard de la matrone. Le regard -sombre et dubitatif on disait-, c'est un peu le regard que t'as quand t'es tellement gavé de quelqu'un que tu voudrais le baffer sans fin, mais en même temps t'es tellement gavé que t'as juste envie qu'il se barre pour plus subir ses conneries. Façon "Oh vous m'avez plumé au jeu dans MON salon de jeu clandestin, vous avez vandalisé ma statue et volé ma charrette. Mais pitié barrez vous j'en peux plus de vous.". Sûr que quelque part elle espérait jamais revoir le couple. A voir si maintenant qu'ils sont là, elle va lâcher.
Ça serait pas le moment d'abuser, hein?


Sinon, une idée de c'qu'on a foutu avant ou après ça?

...

C'est qu'on est pas trop trop sûr, c'est l'genre de soirée où... Enfin j'vais pas faire un dessin...

Pas besoin, puisqu'elle a été témoin. Du coup il décide que terminer sa phrase c'est pas le bon plan.
Bertha regarde le duo devant elle un instant, sans rien dire. Elle finit par se pincer l'arête du nez en fronçant fort les sourcils.


Un arnaqueur du coin vous a emmenés dehors pour vous faire une "offre unique". Gilles la Carotte qu'on l'appelle, il doit être dans un bouge en train de plumer des gens, à l'heure qu'il est.

C'est bien sympath...

Maintenant décarrez de chez moi.

On va faire ça ouais.

La main de la Colombe est saisie pour se tirer au plus vite des lieux avant que Sainte Mère change d'avis.
Ils ont un enfumeur à trouver, à faire parler et potentiellement à "convaincre" de les rembourser, avec des méthodes diplomatiques de type tartes dans le museau.



*Adaptation d'un sketch de Joe Rogan

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Andrea_
J’avoue que j’savais pas trop où me mettre quand Vran s’est mis à escalader la statue, et c’est pas le poids du regard que la Grosse Bertha me lançait qui me mettait bien à l’aise, je pouvais pas m’empêcher de pencher un peu la tête et de lui servir un air contrit genre « désolé, nan mais… oh désolé.. hm… nan vraiment, désolé ». Je crois que j’ai couiné quand Vran a écrasé la tronche d’un sbire en caillou pour attraper ses braies. C’était un couinement de désespoir. Tu peux imaginer le bruit d’un cochon en plastoc qu’on file aux clébards pour s’amuser ? Bin pareil. Pouipou. Désolée.
J’me suis même demandé à un instant si on allait sortir de là vivant, et ce qui était sûr c’est que si la honte pouvait tuer quelqu’un, on serait mort sur le champ. Enfin là, tout de suite, dans la grande salle, aux pieds de la grosse Bertha.
J’avoue qu’y a bien eu ce regard « sombre et dubitatif », même moi j’en avais marre de nous. Honnêtement, si j’avais été la grosse Bertha, je crois que je nous aurais achevé, enfin moi je l’aurais déjà fait la veille pour garder le chanvre, le bateau et ma statue intacte m’enfin on va pas la critiquer pour nous avoir laissé en vie.

Moi j’allais gentiment repartir d’où je suis venue sans demander mon reste quand j’ai entendu Vran.


Sinon, une idée de c'qu'on a foutu avant ou après ça?
Ouais, il l’a fait. Il aurait pu partir dans la dignité mais ce con tente une dernière carte alors que visiblement on a brûlé les autres en venant au monde. C’est le moment de toussoter pour lui faire comprendre purement et simplement qu’il faut : fermer sa gueule. Nan vraiment Vran, je t’adore, je t’aime même, j’ai moi aussi très envie qu’on sache ce qu’on a fait hier mais, là, tout de suite ,par pitié, ferme la.

D’ailleurs la grosse Bertha doit être en train de se demander combien de coup de couteaux elle pourra mettre dans le visage de Vran avant qu’il saigne des yeux et donc elle répond pas. Ce que je pense être une chance, une chance que Vran va saisir.


C'est qu'on est pas trop trop sûr, c'est l'genre de soirée où... Enfin j'vais pas faire un dessin...
MAIS PUTAIN ! Mais POURQUOI ? POURQUOI tu fermes pas ta gueule quand j’te le demande, pourquoi tu continues de creuser alors qu’on voit bien qu’on a touché l’fond, j’veux dire t’as des poils pubiens dans la poche de tes braies, tu portes le froc d’un inconnu, t’as encore un peu de bave de José sur le bord du chapeau, j’veux dire c’est bon là, on peut partir et se poser dans un monastère deux trois mois le temps de se poser les bonnes questions sur notre vie et son utilité.
Mais nan, il y va, il tente encore et quand la grosse Bertha nous regarde, je comprends qu’elle sait. Elle sait tout. Elle sait que Vran n’a jamais honte de rien. Elle sait qu’on partira pas sans avoir eu de réponse. Elle sait qu’on fera de grandes choses dans la vie mais que clairement ça sera pas liée à notre intelligence hors du commun. Alors elle se pince l’arête du pif et elle répond.
J’en profite pour pincer discrétos le cul de Vran qui m’aguiche pour lui faire comprendre qu’il a vraiment le cul bordé d’nouilles.

J’étais tellement contente de sentir la main de Vran me trainer vers la sortie que j’ai même pas eu le temps de rebondir sur le nom du mec qu’on doit trouver : Gilles la Carotte. J’suis sûre que même vous vous n’aviez pas fait attention la première fois, à quel point ce blaze est nul. Vran et moi on n’est pas les plus fûtés –enfin quand même-, m’enfin si on avait été sobre et qu’un « Gilles la Carotte » nous proposait une « offre unique », y a de fortes chances qu’on lui aurait enfoncé dans l’cul, sa carotte.

Enfin c’pas tout ça, j’étais mi énervée mi soulagée de continuer un bout de chemin avec Vran, c’est que moi aussi, comme la grosse Bertha, l’espace d’un instant j’ai eu envie d’le fusiller.


- Tu sais Vran, faudrait vraiment que t’apprennes à fermer ta gueule.

Pour ta survie déjà. Pour la mienne aussi, éventuellement.
J’te dis ça parce qu’on va devoir passer au moment où on va décoller des oreilles et coller des beignets du coup ça pourrait servir.
J’aurais d’ailleurs du penser à élaborer un plan sur le chemin qui nous menait au premier bouge –on est à Sainte Claude, y’en aura pas cinquante non plus-, plutôt que de me demander inlassablement s’il y avait vraiment nos poils dans la poche. Parce qu’arrivés devant le premier bouge j’avais zéro plan.
Heureusement, j’étais encore un peu énervée aussi entrer dans un bouge sans avoir de plan me convenait parfaitement. Ouverture de la porte d’un coup de bottes, on reste dans l’encadrement de porte, on pose les mains sur les hanches, on relève le museau, on.. a l’air d’un super héros mais comme ça n’existe pas encore on a juste l’air con, et..


- Gilles la Carotte ?
- Oui ?
- Oh !

Y a pas à chier, on est dans une journée de chance pas possible.
- C’est vous ?
- Non
- Mais pourquoi vous dites oui alors ?
- Parce que j’avais pas entendu c’que vous avez dit alors j’ai dit : oui ?
- L’usage veut qu’on dise « pardon ? »
- L’usage veut qu’on dise bonjour aussi.
- Hum. Excusez-moi, vous êtes combien à travailler ici, c’pour une amie ? Une amie qui espère bien qu’à deux on pourrait vous buter, vous venez de me chauffer mon grand.
- On est deux, Gilles et moi
- AH !
- Quelqu’un m’a demandé Minou ?

Minou ?!
Un pas en arrière, demi tour pour regarder Vran. R’monte tes manches m’amour, on va se les faire. Un couple de gay dont notre bonhomme, c’tout à faire à notre portée.

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Merci Jd Sadella pour la ban et l'avatar, et merci Jd Nev' pour le fessier de ma Chiasse.
Vran
En même temps, Gilles, c'est les gens du coin qui l'appellent la Carotte. Et croyez bien que Gilles, quand il est face à des inconnus, il se présente pas en tant que la Carotte. Et cette fois, le blaze qu'il aura sorti, c'est René, propriétaire du moulin de la Bectance. Souvenez vous. Parce que le couple peut pas.

Hé, si j'avais fermé ma gueule on saurait pas qui chercher, là.

C'est vrai quoi. Les gens ont toujours du mal à reconnaître la réussite des autres. Ils ressortent entiers, avec des infos et les braies de Vran, mais Colombe trouve quand même à redire. Certains devraient apprendre à apprécier la réussite plutôt que de rester sur ce qui aurait pu amener à l'échec. La vie serait moins compliquée.
Alors elle peut râler la chiasse, en attendant la réussite est parfaite. J'irai même jusqu'à dire que s'il avait fermé sa mouille, peut-être que la grosse Bertha aurait pas été assez soûlée et aurait réclamé sa charrette. Charrette qu'ils n'ont plus, puisqu'ils ont dû la céder à Michel pour pas rembourser plus de trois cents piécettes.

Pour le coup, on la fait à l'ancienne: on fait tous les bouges un par un jusqu'à trouver le bon et nique les plans. Mais vraiment, aujourd'hui Dame Chance s'est penchée sur eux et leur a soufflé une bénédiction au visage. Si ça se trouve elle les a regardés et elle s'est dis que putain quand même, ça faisait un bail qu'elle les avait oubliés ces deux cons là. C'est donc comme ça qu'on a trouvé le bon rade du premier coup.
Vran observe le début de l'échange, plus serein qu'avant, parce qu'il a plus la verge à l'air et en plus il a récupéré ses braies. On va s'arrêter un peu sur le raisonnement de la Chiasse, quand même.

A-t-on déjà vu réflexion plus flinguée au sol? Déjà, à quel moment le fait qu'il y en ai un qui appelle l'autre "Minou" fait d'eux un couple? Si ça se trouve, le mec tout le village l'appelle comme ça parce qu'un jour, il a perdu son chat et il a passé la journée à parcourir les rues en gueulant "Minou minou minou!". Dans les petits bleds ça reste ce genre de conneries.
Ensuite, quand bien même, en quoi ça leur facilite la tâche? Prenons un exemple classique mais au combien efficace: Jehan. Si le bougre se mettait à sucer des mecs, est-ce que pour autant il arrêterait d'être un colosse angevin avec une masse d'arme? Non. Non, ça deviendrait juste un colosse angevin avec une masse d'arme qui aime les hommes. Ce qui le rendrait probablement encore pire qu'avant, d'ailleurs, c'est que c'est un être sensible et susceptible.

Alors non, le "Minou" ne rend pas Vran particulièrement plus confiant qu'avant. Ce qui ne change rien, puisqu'il était déjà confiant en passant la porte fraîchement dégagée à coup de talon. Du coup il avance de deux pas pour lancer son annonce.


On s'est vus hier soir, "la Carotte", et on a la légère impression qu't'as profité d'notre état pour nous bai... ser...

Pourquoi diable la phrase de Vran se finit elle ainsi, perdant volume et contenance, vous demanderez-vous. C'est bien simple. Vous vous souvenez de mon exemple? Oh allez faites un effort, c'était juste il y a quelques lignes. Eh bah Gilles la Carotte, il est bien plus haut qu'une carotte. Et vu la carrure, il soulève pas que Minou. Oui, maintenant que la masse musculaire ambulante est apparu à l'encadrement de la porte de la cuisine, on peut voir un tablier brodé d'un cœur et d'un "Minou", ce qui ne laisse plus trop de doute sur la relation des deux gars. Pourtant, la gueule du Gillou respire pas l'amour et la douceur, et Corvidé devine tout de suite que ça va être loin, très loin d'être aussi simple que ce que la Chiasse imaginait.
La Carotte s'essuie les mains et balance un torchon sur une table avant de s'approcher lentement de Vran, qui lève de plus en plus la tête au fur et à mesure que le costaud avance. Jusqu'à ce qu'ils soient face à face. L'un la tête levée, l'autre la tête baissée. Je vous laisse deviner qui fait quoi.


J'ai pas entendu la fin. Un souci avec la transaction peut-être? Un désaccord avec le service client?

Le ton est menaçant, avec une pointe de moquerie. Le genre qui sous-entend "Si tu réponds oui je t'aplatis". Fort heureusement, si le Gilles correspond pas au stéréotype foireux de l'homosexuel, il répond à celui que Vran se fait des grands costauds: trop sûrs d'eux et de leur force. Ce con se retrouve donc devant un fourbe de compet', persuadé que sa taille et son épaisseur le protège de tout. Sauf que non.
Corbeau se contente de ramasser un couteau à saucisson qui trainait sur une table à côté et de le mettre dans la gorge de la Carotte. Ici j'ai choisis mes mots avec soin. Il a pas mis un coup de couteau dans la gorge. Il a mis le couteau dans la gorge. Parce que le geste n'a rien de brutal. Vran a simplement enfoncé cette lame dans la plus grande des tranquillités, si bien que Gilles comprend pas tout de suite. Il finit tout de même par se plaquer une main sur la gorge avant de tituber, tentant désespérément de s'appuyer sur une table, puis de s'écrouler dans un ultime gargouillis sanglant.
Problème réglé.

Colombe a pas intérêt à râler parce que Gilles peut plus parler. Elle a déjà râler parce qu'il a pris des risques pour avoir des infos, les deux sont pas compatibles.
Minou, lui, est trop choqué pour réagir. Yeux écarquillés et bouche ouverte, il a lâché son journal et observe son mec lâcher son dernier souffle.


Bon Minou... On veut savoir c'qu'on a payé, où c'est, et combien on l'a payé. On voudra éventuellement un remboursement, aussi.

Pas de réponse. C'est pas tout de suite qu'ils tireront des réponses satisfaisante de ce gars là. Du coup Vran prend une chaise et la colle sur le crâne de Minou qui s'écroule. Si on peut pas avoir de réponses maintenant, on les aura plus tard.
Un regard vers Andréa.


Doit y avoir une cave, comme dans tous les rades.

Heureusement que la majorité du village fume chez Bertha ou boit le thé à la Grande Blanche, sinon ça en aurait fait du témoin à supprimer.
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Andrea_
Ah mais c’est que moi, j’y voyais AUCUN sous entendu homophobe en disant qu’ils étaient gays. J’rappelle que mon fils se fait régulièrement entuber par son écuyer et que c’est pas une manière de dire qu’il se fait berner, mais bien baiser.
Non je tenais juste à le préciser parce que dans l’hypothèse où on aurait du les séquestrer pour les faire parler, ou si –plus plausible- on s’était fait matraqué, c’est pas moi qu’ils auraient violé, mais bien Vran. C’pas mes gambettes ni mes nibards qu’ils auraient lorgné au lieu de se battre, mais les attributs de Vran. ET pas un de nos assaillants, mais bien les deux. Ouais, c’bien ce que je dis, un couple gay.

Un couple dont l’un des membres n’est pas vraiment ce qu’on attendait. Le tablier avec un cœur et un « minou » brodé, je valide –qui est dans les clichés là ?-. Par contre la stature façon armoire à glace, là, non. On avait dit qu’on avait de la chance !
Quand il balance son torchon après s’être essuyé les mains j’en viens à prier que Vran ferme sa mouille. Mais vraiment. Qu’il ne se sente pas soudainement pousser des ailes en beuglant un « ‘core heureux que tu t’essuies, t’allais salir ma ch’mise ». Alors que vraiment, en cet instant, j’suis sûre qu’elle sera tâchée la chemise de Vran, par son propre sang. Pire, j’ai même le temps de penser qu’il faudra que je le change avant de l’enterrer. Carotte fait peur, vraiment.

Mais Vran a frappé. Enfin plus précisément il a posé un couteau dans une gorge dans le plus grand des calmes et Carotte n’est plus. Tué par un couteau à saucisson, qui, contrairement au couteau à beurre est un des couteaux les plus redoutables. On devrait pas s’faire chier à décrire le tranchant d’une lame, on devrait juste dire « c’était un couteau à saucisson », et ça, ça parlerait aux gens.




J’ai rien dit. Vous n’avez rien entendu, parce que j’ai rien dit. Non moi j’me suis contentée de refaire ce geste pur de désolation : me pincer l’arête du nez en fermant doucement les yeux.
Vran.
S’il te plait.
Mon Amour.
QU’EST-CE QUI TOURNE PAS ROND CHEZ TOI ?
On se fait jeter d’un trou à rat, pour arriver dans un autre trou à rat, parce qu’on cherche des réponses à nos questions, on nous dit de trouver Gillou aka Gilles la Carotte, Carotte qu’on trouve TOUT DE SUITE, parce qu’on est des putains de chanceux quand même. J’veux dire on aurait pu chercher pendant des jours, sans jamais trouver qui que ce soit qui veuille bien nous parler, et on serait rentré comme des cons, sans savoir.
Mais NON, on a l’bon DEOS avec nous –‘fin on sait pas si c’est l’bon on l’connait pas-, tout va dans notre sens, et toi tu… TU BUTES NOTRE BONHOMME ?
Y a dix minutes tu causais sans la fermer et là qu’il FAUT causer, j’veux dire il nous faut des réponses et c’est CE mec qui les a et tu le TUES ?
Qu’est ce qui n’va pas chez toi ?!

Le désespoir est profond. A peu près aussi profond que ma gorge quand on se met en posi… Oui pardon, le désespoir donc. Profond. On se raccroche quand même à la leçon de Vran –leçon qu’on n’a pas entendue- et donc on se félicite d’être encore en vie, non mais c’est vrai Vran aurait pu mourir écrasé par une larme de Carotte.
Inspiration, expiration, on reprend.

Il en reste un.
Et on note que Vran tente d’être sympathique. Il fait toujours ça pour endormir le client, j’trouve ça trop mignon, m’enfin là il faut peut être pas trop en demander le mec vient de voir son amoureux crever en tâchant le tapis beige de l’entrée et en plus il va devoir se trouver un nouveau cuistot, ce qui ,en cette conjoncture compliquée peut s’avérer délicat.


Bon Minou... On veut savoir c'qu'on a payé, où c'est, et combien on l'a payé. On voudra éventuellement un remboursement, aussi.
Bien, bravo, je viens féliciter mon presque mari –bientôt patience- en claquant une main sur ses fesses et en lui volant un baiser. C’est bien, il est maitre de lui-même. Il a compris que c’était important de pas tuer tout le monde. Il a probablement été emporté par ses sentiments face à Gillou mais maintenant, il se rachète.
Et c’est important de l’encourager dans cette fois.


- Ce que Vran veut d..

*CHPONG KCH* Y a pas à chier, niveau bruitage j’ai toujours été plus douée.
Ce que Vran voulait dire visiblement, c’est que si tu n’répondais pas dans les quatorze secondes, t’allais t’prendre une chaise sur l’coin de la mouille.

Les regards se croisent, et c’est en silence que tout se met en place. Autant pour préparer une action et la mettre en place ils ont du mal, mais une fois que tout est fait et qu’il faut nettoyer, ils ne s’en sortent pas trop mal. C’est donc tout naturellement qu’ils choppent le corps endormi de Minou pour le descendre à la cave –oui, y en avait une, et en plus c’était écrit « cave » sur la porte, ce qui a facilité le convoi.

Autant vous dire qu’une fois la porte de la cave fermée, Colombe a la naturel qui lui revient au galop. A savoir que c’est une femme et que Vran va rapidement se rendre compte qu’il n’y a pas que la pluie qui peut pleuvoir, mais aussi les reproches.


- Tu t’rends quand même compte que c’était super con ? Parce que d’accord il était impressionnant m’enfin il a peut être pas tout raconté à Minou. Nonn mais regarde le, le pauvre, il fait pas la moitié de l’autre, tu ne crois quand même pas que c’était Lui qui tenait les rênes de l’affaire !
Réfléchis Vran, il doit être fendu de haut en bas ce pauvre homme, et..


Ouai, nan, moi-même j’me rends compte que ça sert à rien, alors je continue, dans ma tête, et en silence. T’façon j’ai besoin d’être concentrée pour attacher les mains du pauvre couillon.

– Partage des tâches, tu l’as endormi, j’le réveille.
- A ma manière. Bourreau.


Bourreau de mon cœur ouais.
La main se lève et tapote doucement la joue de Minou, c’est limite si elle ne lui soufflerait pas un « minou, il faut se réveiller ».
Une fois.
Deux fois.
Avant que la main ne s’abatte franchement sur la joue, visage glissant sur l’arrière. Nan mais il m’a énervé aussi, tu fais en douceur et ça paye pas ! MERDE


- Corbac t’a posé des questions, alors tu réponds, sinon il te prouvera que la Carotte était bien mignonne comparée à son Braqu’mar.

Je sais qu’on dirait que je fais un sous entendu sexuel, sur le fait que peut être Vran l’entuberait s’il répondait pas et ne vous méprenez pas, c’est totalement ce que je fais.
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Merci Jd Sadella pour la ban et l'avatar, et merci Jd Nev' pour le fessier de ma Chiasse.
Vran
Je le savais, qu'elle râlerait. Vran aussi le savait. Vous aussi, lecteurs, vous le saviez. Tout le monde le savait. Toujours un truc à redire, celle-là. Si j'ai pris l'exemple de Jehan c'est pas pour faire joli -clairement-, c'est pour illustrer que Gillou est dans une catégorie de poids similaire. Et avec ce genre de bestiaux, on frappe le premier et on rate pas son coup. Qu'est-ce qu'elle voulait qu'il fasse d'autre? Il pouvait lui aplatir les noix à la limite, mais c'est toujours risqué. Toute action à caractère non définitif entreprise en cet instant aurait abouti au même résultat, que Colombe connait puisque c'est ELLE qui l'a décrit: la chemise de Vran tâchée par son propre sang. Alors voilà, il a compté sur le fait que Minou a les infos, parce que si ils tiennent un rade et un couple ensemble ils doivent partager ce genre de choses.. Et au pire, un mec qui fait commerce et arnaque de biens immobiliers, ça doit tenir un registre. Alors voilà, on se CALME AVEC LES MAJUSCULES! Tout est calculé, tout est sous contrôle.

Au moins, elle a la décence de ravaler temporairement ses reproches, le temps de transporter Minou à la cave et de le ficeler sur une chaise. Là, tu bouges pas. C'est vrai que c'est toujours là qu'ils sont le plus efficaces, quand il faut débarrasser la merde qu'ils ont organisé. Mais ça peut pas durer éternellement, et c'est le moment où Andréa admoneste lourdement Vran. Enfin lourdement, en vrai elle a pas finit, elle a finit par intégrer que c'est purement inefficace ce genre de leçons, et que pour lui c'est devenu un vague fond sonore à partir de "Parce que d'accord...". Et en retour, généreux comme il est, il ne lui fera pas un long laïus sur le fait qu'il avait tellement raison et qu'elle devrait commencer à lui faire confiance dans ce genre de situation, quand ils auront arraché tout ce qu'ils veulent savoir de Minou. Ou pas en fait, dès que ça l'arrange plus Colombe oublie que Vran a toujours raison, il serait de bon ton de le lui rappeler.

La victime met du temps à se réveiller, mais après une bonne avoine -fallait commencer par ça aussi- il émerge enfin. Andréa tient à gérer cette partie, visiblement. Alors Vran croise les bras et la laisse faire. Mais dès la première phrase ça se barre en couille. Merdeuh, Déa! Corvidé lui lance un regard criant de "Mais qu'est-ce que tu racontes?" -Minou fait pareil d'ailleurs-, et décide de prendre les choses en mains.
Prépare toi Colombe, c'est leur de la démonstration de torture. Poses toi et apprends.
Vran fouille un peu la cave, trouve son bonheur, et revient vers le sujet. Il a trouvé quelques couteaux, il a choisi celui qui se trouvait dans le moins bon état. Il se penche pour observer l'homme dans les yeux.

Phase un: mettre la victime à l'aise. Abaisser sa garde pour mieux frapper ensuite.


Minou. J'sais qu't'es s'coué, mais j'vais avoir b'soin qu'tu t'concentres.

Phase deux: énoncer l'objectif de la session. Il faut que la victime comprenne bien ce qu'on attend de lui.

On a des questions à t'poser, et c'est important qu't'y répondes.

Phase trois: expliquer le déroulé de la session. Il s'agit ici d'insuffler un sentiment de désespoir dans l'esprit de la victime. De plus, l'appréhension amplifie la douleur.

J'vais te torturer. Longtemps. Tu vas parler. Mais j't'écout'rai pas. J'vais te torturer encore. Et enfin, quand j'te f'rais confiance, j'écout'rai c'que t'auras à dire.
Souvent, les tortionnaires ont une zone préférée. Les pieds. Les mains. Les parties génitales. Les yeux. Moi, j'suis un versatile: j'aime bien aller un peu partout. Mais pour commencer, rien ne vaut un classique: les mains.


Phase quatre: début effectif de la torture physique. C'est le moment où il faut laisser parler sa créativité. Prendre garde cependant à ne pas se laisser emporter, il est important de maintenir une courbe d'intensité stable pour une efficacité optimale. Et puis, on a la facheuse tendance à devenir sourds et muets quand on meurt.
Je vais pas vous décrire précisément ce qu'il se passe à partir de maintenant. Pour épargner les plus sensibles. Et éviter un balayage de la censure. Sachez juste que des os ont été brisés, de la peau entaillée, des ongles subtilisés. Il y a eu des cris, du sang, des larmes. Enfin, après tout ça, il y a eu des confessions, de l'honnêteté. Il y a quelque chose de beau, quand un bourreau recueille des aveux de sa victime.

Finalement, Vran se redresse. Il a terminé.
Il a obtenu l'endroit où Gilles planque leur pécule, dans un fût empli d'écus plutôt que de vin. Il sait qu'ils ont acheté une cahute délabrée, aux abords de la ville pas loin de la sortie ouest. Et enfin, la Carotte lui a raconté l'histoire de ce couple complètement ravagé par l'alcool et qui venait de gagnait grande quantité de chanvre, qui cherchait un endroit de stockage. De stockage?


Bon bah visiblement on avait quelqu'chose à stocker. J'ai envie d'penser au chanvre, forcément, mais on dirait qu'on l'a pas stocké du tout. Ou alors on a encore plus de chanvre que c'qu'on pensait.

Etant un adepte du "Si y a plus personne y a pas de vengeance", le brun range le couteau dans la gorge de Minou et regarde Andréa.

Bon. Sortie ouest, abords de la ville. On sait où aller.

La fin de sa phrase s'était faite plus lente. Quelque chose venait de s'inviter dans son esprit. Un doute. Un gros doute. Le regard se pose sur le sol un instant, il semblerait qu'aigrefin réfléchisse. Les yeux se relèvent pour observer de nouveau la Colombe.

Dis moi... T'as bien refermé la porte de la cave, hein?
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Andrea_
Et moi, j’avais regardé. Oh n’allez pas croire que la torture est un acte qui me déplait, il fût un temps où j’étais d’ailleurs putainement douée à cet art. J’avais eu, je pense, l’un des meilleurs maitres en ce domaine, et même si j’ai beaucoup aimé, jadis, jouir de ce savoir pour obtenir des faveurs, je prenais mon pied, aujourd’hui, à voir les autres faire. Surtout quand cet autre est mon presque futur époux.

J’avais approché une chaise pour ne rien louper du spectacle. Je tenais à être aux premières loges lorsque Vran entrerait en scène. Je voulais voir le sourire sur son visage et celui de Minou s’effacer. Je voulais voir la sueur perler au front de mon Amoureux avec la même douceur que les larmes saliraient les joues du pauvre bonhomme. Je voulais voir leurs lèvres se courber, dans un sens ou dans l’autre et le visage du blondinet se déformer par la douleur. Je voulais entendre son souffle erratique et sa voix étouffée.
Vran avait une capacité que j’enviais. Il torturait avec douceur. Il explique avec un calme incroyable ce qu’il va faire, et pourquoi. Il énonce sans brutalité, avec des mots justes, la manière dont il s’y prendra pour obtenir ce qu’il veut. Il est doux, et ferme. Il est cette main de fer dans un gant de velours.
Il me semble que c’est la première fois, que je le voyais à l’œuvre. Et même en mettant de côté tous les sentiments que j’ai pour Lui, même en le regardant avec neutralité, je soulignais son professionnalisme. Putain, même s’il était moche, là, tout de suite, je tomberais amoureuse de Lui.

Aucun de nous n’avait cillé –enfin si, Minou-. Des os avaient craqués, des dents étaient tombées. Des paupières ne se fermeraient plus jamais. Des ongles avaient rejoint le sol maculant la pierre de quelques décilitres d’un fluide carmin. Carotte devait se retourner dans sa tombe –enfin… se retourner à l’étage-.
Et puis on avait eu les détails qu’on attendait. Je dois avouer qu’on a beau être un bourreau, quand le mec que tu t’évertues à ravager depuis quelques minutes te rappelle combien t’étais dans un sale état la veille, tu te sens minable. J’pense pas mentir en disant que dans les larmes du mec et derrière sa bouche édentée j’ai cru voir un petit rire du genre « blaireaux ! » histoire de bien nous rappeler combien on était ridicule.
Alors ouais, j’étais un peu contente quand Vran a rangé son couteau dans la gorge de Minou, parce que sinon j’aurais été obligée de le finir à coups de savate dans la gueule et ça aurait pris un peu plus de temps –et ça aurait dégueulassé mes bottes-.


Bon. Sortie ouest, abords de la ville. On sait où aller.

J’ai hoché la tête, et puis, comme sa voix ralentissait, je prenais un peu de temps à me lever, moi aussi. P’t’être même que mon cœur a raté un battement, tu sais, comme quand tu te rends compte qu’y a un truc qui cloche et que tu te retrouves avec un mauvais pressentiment.
Et là, clairement, j’le sentais pas.


Dis moi… T’as bien refermé la porte de la cave, hein ?

Les yeux se figent un instant dans ceux du brun. Quelques instants avant qu’un gros éclat de rire vienne alléger l’instant. Colombe lui vole un baiser et vient même essuyer une perle de sang, échappée de Minou un peu plus tôt.
Rapidement l’escalier est à portée et les marches avalées une, à une.


– Je ferme TOUJOURS les portes. Pour tout te dire j’ai même pensé à la fermer à clé mais…

Mais tu l’as pas fait Colombe, et c’est une erreur qui risque de te coucher cher. Très cher.
La porte s’ouvre à la volée, et t’as pas le temps de comprendre qui est en face que déjà une botte t’écrase le buste pour t’envoyer en arrière. C’est bête d’être une Colombe et de pas savoir voler, ça t’aurais évité de t’écraser au sol. Et c’est Minou, de là haut, qui doit bien rire de voir l’expression sur ton visage. Car tes yeux grands ouverts et la peur qu’ils expriment lui rappelle un peu la sienne, il y a quelques minutes, quand Vran tentait de lui arracher quelques informations.
Et s’il y en a qui pourraient calculer la force de ta chute en Newton, ou même sa vitesse, moi, je peux simplement te dire que quelque chose s’est brisé à l’atterrissage, c’est un bruit plutôt caractéristique. Voyons, un doigt ? un bras ? Une jambe ? Puis-je espérer ta nuque ?

La porte, tu l’avais bien fermée, oui. Mais il aurait été intelligent, aussi, de traîner le corps de Gillou derrière le comptoir. Parce qu’ils sont habitués, les gens du coin, à trouver personne ici, les deux amoureux s’adonnant souvent à leur jeu contre nature en arrière salle, m’enfin, là… Un Gillou sur le tapis, gisant dans une mare de sang, ça interroge.
Oh bien sûr on aurait pu le sauver, LES sauver, mais on a été un peu retardé chez la grosse Bertha, je ne sais pas ce que vous lui avez fait mais elle vous aime bien.

Alors Colombe, on fait un gros dodo ou on flirte avec la faucheuse ?


On va se réveiller. Doucement.
Et on sera un peu vénère d’avoir dégueulassé une si belle chemise.
Oh te plains pas Vran, t’as trouvé des couteaux !

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Merci Jd Sadella pour la ban et l'avatar, et merci Jd Nev' pour le fessier de ma Chiasse.
Vran
Beaucoup vous diront que dans un couple, il est important que chacun conserve un petit bout de sa vie hors de portée de l'autre. Que l'un et l'autre puisse se ressourcer hors du foyer, de temps à autre, histoire de mieux apprécier les moments ensemble. Certes, mais on oublie souvent qu'il est aussi important d'avoir une activité en commun, un truc dans lequel il fait plaisir de mettre un effort commun. Apprendre à se soutenir l'un et l'autre dans le jeu pour mieux savoir le faire quand c'est vraiment nécessaire. Andréa et Vran, ils en ont plusieurs, et ils venaient d'en trouver une nouvelle. Le brigandage, la picole, la fume, le concours de fion, la bai... Hem, bref, à tout cela vient s'ajouter la torture. Diable, ce que c'est bon d'être en phase avec sa probablement bientôt épouse.

S'il avait su, en plantant son outil dans Minou, qu'il ferait tant plaisir à la Colombe, Vran aurait tourné la lame et l'aurait violemment arrachée. Car le plaisir de l'une est le plaisir de l'autre. Mais bon, il aura bien d'autres occasions de lui faire plaisir.
Dans tout ça, il se dit que c'est quand même con d'avoir perdu la charrette. Un fût d'écus, ça se trimballe pas comme ça. Peut-être qu'ils vérifieront s'il y a moyen de la revoler discrétos, avant de partir. Oui, Saint Claude c'est bien, mais il serait de bon ton de ne pas traîner trop longtemps dans les parages. C'est qu'ils se sont fait remarquer, ça serait donc un bon moment pour retourner d'où ils viennent.

Avec ces révélations, Vran sent qu'ils arrivent bientôt au bout de cette histoire. Il pense qu'une fois cette cahute trouvée, ils auront les réponses à leurs dernières questions. Il restera bien quelques vides dans la frise chronologique de cette soirée, mais ils auront une quand même une bonne idée de son déroulé. D'autant que le rire d'Andréa ôte la petite inquiétude qui était montée lorsqu'il a pensé à la porte. Alors que la Chiasse monte vers ladite porte, Vran lui lâche un petit sourire en la suivant.
Abords de la ville, sortie ouest. Ensuite, ils en auront fini, et repartiront à priori -il y a encore des dépenses obscures- plus riches qu'en arrivant. Ça, c'est le genre de mésaventures qu'on aime.
Tout ça est de bonne augure. Par contre, elle fait quoi dans les airs, là, Andréa? Mamour, c'est pas comme ça qu'on descend des escaliers, en plus c'est complètement con on est censés les monter.
Et ce "craque" caractéristique, celui dont l'origine n'est jamais un doute. Il l'a entendu, Corvidé. Parfaitement entendu. Pour tout dire, ça résonne un moment dans sa tête. Pas très longtemps, non, mais lui, ça lui semble une éternité. Son regard se lève. Il y a un type à la porte, qui commence à descendre. On peut en discerner un autre derrière. Et si on est observateur, on peut distinguer l'ombre d'un troisième qui suit. Mais Vran n'a pas observé. Il n'a pas discerné. Vran ne voit plus que celui qui arrive, et il n'entend plus que le grincement de ses dents qui se serrent. Il ne faut pas plus d'une seconde, cependant, pour que cette vision se trouble et que ce son s'étouffe.

Peut-être que c'est l'instinct qui a parlé, mais l'homme qui descend les escaliers a changé de regard, quand Vran a fondu sur lui. Avant qu'il ne puisse réagir, il fait le plongeon par dessus la rambarde des escaliers et s'écrase lourdement au sol. Le suivant, il a vite compris que c'était pas le moment de se détendre alors il a voulu s'emparer d'une matraque qu'il avait à la ceinture. Mais le brun avait d'autres plans. Ce dernier saisit la cheville qui se présentait à lui pour faire tomber sa victime et se retrouver au dessus. Les coups tombèrent instantanément, et à répétition, le poing droit frappant tel un marteau piqueur. Le dernier arrive avec quelques petites secondes de retard, peut-être qu'il connaissait bien la Carotte. Il pense calmer Vran d'un coup de matraques à la tête. Ils auraient dû amener des armes tranchantes. Cette attaque n'eut que pour seul effet d'attirer l'attention du Corbeau, qui se jeta dessus. Dans la panique, le second coup de l'homme de main toucha à l'épaule, et il se retrouve sous un Vran qui compte bien l'achever. Celui là, il parvient à peu près à bloquer les coups, à l'empêcher de frapper. Si les poings ne peuvent l'atteindre, alors il faut trouver autre chose. Ce sont donc ses crocs, qui vont se planter dans la gorge du gars, et qui lui en arrachent un morceau. Le regard brillant de Corvidé se planté brusquement sur le premier qui se relève. Rapidement, il est rejoint, saisit par le col et jeter de nouveau au sol. Droite, gauche, les poings en marteaux détruisent son visage, d'abord en alternance, puis en même temps. Ça serait compliqué, de dire combien de temps il a fallu au brun pour arrêter de brutaliser ce cadavre méconnaissable.

Il resta un petit instant, à cheval sur sa victime. Le sang dégoulinait de ses mains, recouvrait sa bouche et coulait en un mince filet sur son front, en provenance d'un endroit indéterminé, planqué dans ses cheveux noirs. Son souffle se calme lentement. Il a la tête qui tourne, mais il est difficile de savoir si c'est la descente, ou le coup qu'il a pris à la tête qui en est à l'origine. Surtout ce n'est qu'un vague souvenir dans son esprit. C'est drôle, la Colombe, il l'a vue en difficulté plusieurs fois. Pourquoi c'est à ce moment et pas à un autre, que la rage l'a emporté?
Finalement il se retourne. Il a un peu peur de la réaction d'Andréa face à ça.
Mais il a encore plus peur qu'elle n'aille mal.
Alors il se retourne pour s'approcher d'elle. Pour aller vérifier que tout va bien pour elle. En espérant fort qu'elle se soit brisé le petit doigt.

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Andrea_
C’est vrai que c’est con de ne plus avoir de charrette. Franchement si on avait su qu’on en aurait eu besoin, on l’aurait gardé. Et j’parle pas seulement du fût d’écus -qu’il faudra impérativement revenir chercher- non c’est que…
Putain ce que j’ai pris cher. Dans mon malheur j’ai eu de la chance, non mais c’est vrai j’aurais pu naître six cents ans plus tard et avoir une paire de miches en silicone, un coup de pied là dedans et paf, tout explose. Alors que là… C’est que du vrai ! Et ça fait horriblement mal. Faut imaginer un panard pointure 44 –minimum-, s’enfoncer gentiment au niveau de ton plexus solaire. Déjà ça fait mal.
De là tu rajoutes une chute de deux trois mètres, à plat dos. Re aïe hein ?
Ouai, Bin moi j’vous rappelle qu’en plus j’ai eu la bonne idée de me coller une petite dague dans les cheveux pour me tenir la tignasse. Oh c’est pas la peine de me juger hein, j’ai entendu vos « mais qu’elle est conne ! », je m’étais dit que ça pourrait me servir d’avoir ça sous la main pour me défendre.
Maintenant je saurais qu’il faut se méfier des portes closes et de ce qui se cache éventuellement derrière.

Première nouvelle à l’ouverture des mirettes : je suis vivante.
Pas assez pour les tenir ouvertes plus de trois secondes cependant.
C’est douloureux. Tellement douloureux que j’oublie de me plaindre que c’est douloureux, ça me semble être un bon indicateur : « oh mon Dieu, elle ne râle pas ».

J’ai essayé de bouger, oh pas grand-chose, juste un doigt, un petit « ouhouh Vran, t’inquiète ! ». Si j’avais pu parler, je crois que la première chose que j’aurais dit c’est « putain t’as vu cette vautre ? », non parce qu’on ne pas se mentir, sur l’échelle de la vautre, 10 étant une très belle vautre, et 1 étant une vautre minable, on est sur du 9. Neuf, parce qu’y a encore un peu de vie là dedans. Passer à ça de la perfection c’est rageant hein ?
Nan, je déconne, neuf c’est parfait j’ai encore des trucs à faire avant de crever, comme épouser Vran par exemple.

J’ai regretté un truc, au début, c’est de ne pas avoir le son. Parce que quand t’as pas le son, et pas l’image, t’es vraiment en dehors de tout. Du coup j’ai du forcer un peu pour ouvrir les yeux. C’était dur. C’était douloureux. Et pendant un moment, j’ai même cru que c’était impossible. C’est pour ça que je l’ai fait –c’est beau non ? plus que moi, sur ce coup-.

La main se crispe, quelques secondes, et le visage semble se figer dans la douleur. Les yeux sont ouverts, timidement d’abord, avant de l’être entièrement, jusqu’à finalement s’agrandir face au spectacle offert par Vran. Il se trouve que mon futur mari s’est transformé en machine à tuer, à croire qu’il n’a pas aimé qu’on ouvre sa porte –ou qu’on défonce sa femme ?-.
Je savais. Il me l’avait dit.
Je savais qu’il était parfois comme viré de son propre corps pour laisser place à une bête enragée. Je savais que c’est « ça », qui n’avait pas plu à Nessia. Je sais que c’est de « ça » qu’il voulait protéger Juliane. J’avais entrevu ce dont il était capable le soir de notre séparation, quand rien ne l’avait motivé à cesser de frapper, de me frapper entre autres-, sinon un carreau bien fiché dans l’abdomen. Je n’avais pas peur de lui, même sans avoir exactement la teneur de ce dont il était capable, je n’avais pas peur, mais quand on le voit, de ses propres yeux... Je comprendrais, je crois.
Peut-être parce que toute cette rage n’était pas, cette fois, dirigée contre moi, et qu’elle nous avait permis de rester en vie, alors que clairement, à trois contre deux, ça sentait mauvais, mais qu’à trois contre Vran tout seul, c’était déjà acté, et pas en notre faveur. Mais quelque chose avait changé, ça serait mentir que d’affirmer le contraire.

Lorsqu’il approche, Elle tente de lever un peu la tête qui semble peser trois tonnes. Les fils au reflet roux semblent poisseux. Du sang. C’était vraiment une bonne idée de s’attacher les cheveux avec ça Colombe, vraiment.
Les lèvres s’agitent sans qu’aucun son n’en sortent vraiment, ce n’est qu’au bout de quelques secondes qu’un souffle semble s’exprimer.


- Tu… tu les as défoncé.

Clairvoyante en toutes circonstances. M’enfin ils t’ont pas loupé non plus Colombe, t’as l’air d’en chier un peu nan ?
En même temps on se doute que si elle était capable de se lever, là, tout de suite, elle l’aurait fait plus tôt pour aider Vran dans sa tuerie. La tête se repose et la main vient se poser sur celle de Vran. Les yeux se referment, le temps d’un soupir.


- Tu m’en as pas laissé un seul.

Ah ! Elle va mieux. On dirait pas comme ça parce que le tableau est peu reluisant mais elle se plaint, donc elle va mieux : CQFD.
Mais alors qu’est ce qui coince, sinon le fait qu’après sa bûche elle a besoin d’un peu de temps ? Oh bah j’sais pas, regarde la.
Nan mais r’garde la bien.
Non pas là idiot.
Là…
Descend juste un peu…
Oui. Alors ?
Ouais hein, on est d’accord, cette épaule n’a pas une forme d’épaule.
Tu t’sens l’âme d’un couturier sur crâne ? T’as envie de sculpter une épaule qui ressemble vraiment à une épaule ?
Bah c’est le moment mec, parce qu’une fois qu’elle sera remise, elle aura des questions. Des tonnes de questions.

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Merci Jd Sadella pour la ban et l'avatar, et merci Jd Nev' pour le fessier de ma Chiasse.
Vran
C'est toujours quelque chose à encaisser, comme moment. Autant physiquement que mentalement. Pour se faire une petite idée, il faut imaginer un lendemain de cuite. Genre la bonne méga cuite, tu te réveilles et t'as mal au crâne et le bide en vrac -cf. nos deux tourtereaux-, jusque là rien de trop surprenant. Mais en plus, t'as le corps un peu cotonneux, faiblard, limite douloureux pas endroit. Et là, t'as un pote qui déboule et qui se met à t'expliquer que rond comme une queue de pelle, tu t'es embrouillé avec trois gars, que tu les as rétamés dans la plus grande des brutalités, que tu les as peut-être-sûrement- tués, et aussi que t'en as pris quelques unes au passage mais que visiblement t'en avais rien à carrer. Et toi, t'as un souvenir lointain qui te dit que ton pote est pas en train de te sortir un mytho malgré que ça en a l'air.
C'est le sentiment qui s'en rapproche le plus. Mais c'est pas ça non plus, vraiment. Rien ne remplace cet espèce de frisson qui parcourt un corps qui retrouve ses sens, comme quand on entre en rêve lucide. Tout ça pour ouvrir les yeux sur des mains ensanglantées et un cadavre souvent en bien piteux état. Tu sais que c'est toi. Mais t'as l'impression que c'est un autre qui est responsable. Comme si il y avait quelqu'un d'autre qui vivait planqué dans un recoin de ton esprit, et que parfois, il venait poser une main ferme sur ton épaule pour t'annoncer qu'il prend le contrôle, et qu'il t'emportait dans les abysses de ta propre conscience sans que tu ne puisses y faire grand chose.

Et là, le réveil est brutal. Parce qu'en plus de tout ça, Vran a aussi l'état de sa future épouse cette femme parfaite en tête. Sans compter le potentiel choc du côté Andréa, et je parle pas de la chute. Si ça se trouve, après avoir été témoin de "ça", elle est devenue son ex future épouse. Mais si ça se trouve aussi, elle a pas vu.
Elle était peut-être assommée, et le brun n'aurait qu'à lui raconter un truc du style "J'ai profité du terrain qui s'offrait à moi et grâce à mon ingéniosité et un soupçon de chance, je suis parvenu à me défaire de mes adversaires". Mais bon... Ça serait pas crédible. Suffit de voir la dégaine des types: le moins amoché du tas a les os du visage brisés, le pire a plus de visage, et entre les deux il a un morceau de gorge en moins. Ensuite t'examine un coup le Vran: poings en sang et bouche pareil. Bon. Pas besoin d'avoir fait Belrupt -c'est toujours prestigieux ça de nos jours?- pour comprendre dans l'essence ce qu'il s'est passé.
Cela dit, la vérité est pas super crédible non plus, quand on y pense.

Dans son chemin jusqu'à la Colombe, une main se pose au sol. Aïe. Il s'est peut-être foulé le poignet, tiens. Ce qui est correct vu ce qu'il a fait avec ce poignet. On parle de frapper un visage à répétition, bande de dégueulasses! Abreuvés de fiction éloignées de la réalité, on oublie souvent que cogner quelqu'un c'est un traumatisme violent pour la main et le poignet.
La deuxième main rejoint le sol à son tour. Aïe aussi, mais en plus ça a fait un petit "poc". Ah, oui. C'est parce que l'un des gars, on supposera que c'est le dernier avec la caboche en bouillie, a perdu une dent sur la paume de Vran. Là aussi ça aurait pu être pire, inutile de faire une thèse pour expliquer pourquoi, hein. L'incisive est saisie et délogée de son écrin de chair, puis balancée dans un coin. C'est que sa future épouse peut-être ex future épouse et ex épouse tout court, n'apprécierait pas de se faire toucher par une main avec une dent plantée dedans, fut-ce celle de Vran. De main, pas de dent. Au passage, il s'essuie la bouche avec sa manche, histoire de pas débouler au dessus d'elle avec une dégaine de vampire post repas.

Andréa est retrouvée -enfin!- et elle a pas l'air en bon état. Elle dit des trucs, mais on dirait qu'elle a du mal à hausser le ton. Ce qui est terriblement inquiétant. Vran tend l'oreille pour mieux entendre. Il hoche simplement la tête à la première affirmation. Que dire de plus?
La seconde... Ouais bon ça va elle est pas en trop mauvaise état, en fait. Par contre, ouais, son épaule il a vite capté qu'il y avait un truc pas net, mais ça il est pas sûr de pouvoir y faire grand chose. Des épaules déboîtées, il en a vues. Des épaules qu'on replace d'un coup sec aussi. Mais il a jamais fait ça lui même, alors là, sur son aimée, il le sent moyen. En plus, elle a du sang sur la tête.
Ça fait chier, mais il faut se rendre à l'évidence, il faut qu'ils voient un médecin.


Shh sh sh... On va aller t'soigner hein...

Un baiser atterrit sur le front de la Chiasse. Il aurait bien visé les lèvres, mais il est pas sûr de l'efficacité de son essuyage à coup de manche, alors il épargne à la belle la possibilité d'un baiser saveur sang de connard.
Ensuite, il dégage les escaliers, c'est qu'il y a encore deux cadavres dessus, d'ailleurs il y en a un qui a le cul sur la tronche de l'autre, c'est rigolo. Petite vérification à l'extérieur, semblerait qu'il n'y ait pas eu de rassemblement. Pas de foule, c'est bien ça.
Retour vers n'amoureuse, et il glisse un bras sous ses jambes, un autre sous ses épaules, tiens Mamour, accroche toi à mon cou. Quelque part, on peut dire qu'on a fait une petite lune de miel en avance. Ou bien est-ce la première qui est en retard? En tous cas, maintenant Colombe est transportée délicatement par un Vran précautionneux.
Direction l'extérieur, à la recherche d'un docteur.

En espérant que celui-là ils l'ont pas croisé dans la nuit.

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Andrea_
Faut bien souligner la différence entre les différentes vautres. Catégorie un : t’as encore la force d’en rigoler, t’as mal mais tu peux rire. Catégorie deux : t’as plus envie de rire, d’ailleurs tu chiales même si t’en as pas envie. Catégorie trois : ton corps est hors service mais ton esprit est alerte. Catégorie quatre : y a plus personne mais ça respire encore, contrairement à la catégorie cinq ou tu n’es plus qu’un corps qu’on va enterrer.

Moi je viens de régresser, de la quatrième à la troisième classe. Ouai, d’abord j’ai été KO –kaput-dans le coltard, puis je suis revenue à la moi . Et le problème quand tu t’es pris une vautre de troisième catégorie donc, c’est que même si ton corps n’a plus envie de faire grand-chose, ton esprit, lui se rétablit. Alors oui, j’ai bien vu les choses.
Ça me revient par vagues : d’abord j’appréhende le présent, je note le visage de Vran maculé de sang et j’ai même la présence d’esprit d’espérer que ce n’est pas le sien. Puis je souligne son sens du devoir, me conduire chez le médecin, c’est pas une bonne idée mais ça part d’un bon sentiment –j’y reviendrais plus tard-. Ensuite, il me prend dans ses bras et même si je douille, j’ai tout le loisir de le renifler, parce que c’est rassurant de sentir son n’amoureux contre soi.

Le problème, c’est la suite. Quand l’esprit apaisé se laisse aller au décrochement et s’enfonce dans un semi sommeil. C’est violent. C’est violent parce que tout revient. Les poings de Vran, les traits de son visage, le déchainement de sa rage, la fureur. C’était lui, sans l’être, c’était un monstre dans SON corps.
Qu’on soit bien d’accord, je ne suis pas une petite nature. Des gens, on en a tué avant de se connaitre et on en tue régulièrement ensemble. On est une équipe de tueurs, on est le fleuron de la brigande, et quand la nature nous offre pas de petits pigeons à dépouiller ensemble, on arrive même à s’arranger pour en trouver nous même. Avec le temps, débusquer le couillon qu’avait rien demandé est même devenu notre sport favori. Jusqu’à maintenant on s’en est toujours bien sorti, on a pris des pets sur le coin du museau, on s’est fait tabasser la gueule, on a essuyé des coups, des insultes, et même du sang MAIS jamais Vran n’avait eu ce genre de comportement.
Alors oui la situation était critique mais on a déjà connu pire alors qu’est ce qui a motivé cette folie ?

L’avantage, là, tout de suite, pour Vran, c’est que je pouvais pas partir en courant. J’étais dans ses bras et même avec toute la volonté du monde je ne pouvais pas m’en extirper, d’ailleurs on prie tous pour qu’il ne se plante pas dans les escaliers et on félicite son courage parce qu’autant être honnête : il va en falloir pour me porter jusqu’au médecin –j’ai pas encore commencé mon régime pour l’été et l’hiver j’aime bien avoir chaud dans mes épaisseurs de gras-.

L’inconvénient, c’est que mon esprit avait largement le temps pour revenir à lui, et ce con retrouvait sa lucidité à vitesse grand V. Et… j’étais pas très à l’aise, là, dans ses bras. Je crois que j’aurais eu besoin d’un peu de temps pour digérer tout ça. Et à moins de trouver un médecin dans trois jours, ça allait être peu juste.

Trouver un médecin donc, j’avais dit que j’allais revenir dessus, n’est pas l’idée du siècle. Sainte Claude c’est petit, et quelque chose me dit que vu ce qu’on a fichu la nuit dernière ET ce qu’on a accompli ce matin les choses allaient nous retomber sur le coin du museau. Est-ce qu’on a envie que des choses pas cool nous arrivent, en plus des choses pas cool qu’on a déjà ? Est-ce qu’on a envie d’encore plus d’imprévu que les imprévus pas prévus mais plus ou moins maitrisés ? Non. Et encore non.

Alors quand en passant près d’une ferme une pauvre vieille s’est penchée sur moi en disant « oh Déos, quelle femme divine, quels yeux magnifiques, quel menton sublime, quel visage parfait, quel ligne savoureuse », j’ai pas pu…
Stop. On me demande de revenir un peu en arrière et de laisser la vieille s’exprimer.


- Bah bordel, l’est arrangée celle là ! C’vot’ mère ? J’avions d’jà vu une épaule comme ça, c’pas grand-chose, ça fait crac et c’est r’mis. Han pis la tête qui pisse, faut-y pas être futée pour s’mettre comme ça ! J’espérions qu’c’pas toi qui l’a mis comme ça, sinon mon Rico il t’donn’ra une bonne leçon !

Boh… C’presque pareil. J’avance rapide, Vran vous dira ce qu’il s’est passé –ou pas- pour en arriver au moment délicat.

AAAAAAAAAAAAh
Oups, j’ai pas assez avancé, là c’était quand l’épaule a été remise. Au moins on sait que la Chiasse était réveillée, ahah !
Ensuite, y eu un peu de gnôle, un peu de fil, une aiguille, et une Colombe plus blanche que jamais qui se lavait la tronche.

Le moment délicat ? Attendez que Vran passe la porte et qu’elle relève sur Lui un regard légèrement méfiant, le tout sous une posture de rejet. Vous verrez si c’est pas délicat.

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Vran
Effectivement, vu le contexte, se mettre en quête d'un médecin ici ça ressemble pas à ce qu'on appellerait une bonne idée. Mais il y a un moment où il faut voir les choses en face. Repartir d'où ils viennent, avec une Andréa ouverte à la tête et l'épaule démise, c'est un peu compliqué. Si on ajoute à ça une cahute à visiter et un fût rempli de pognon à se traîner, on atteint un truc qui s'approche dangereusement de l'impossible. Alors voilà, Vran cherche un médecin, parce que ça lui semble être non pas la meilleure solution, mais la seule solution. Il fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, quoi. Au pire, le brun n'hésitera pas à menacer le docteur de lui péter les jambes si c'est nécessaire pour accéder aux soins.

Cette fois, la ville a l'air vide. Presque fantomatique. L'atmosphère silencieuse donnait l'impression d'un décor de théâtre déserté de ses acteurs partis en pause déjeuner/clope/pipi.
Colombe semble s'apaiser dans ses bras. Ça rassure un peu le truand, mais il reste avec la crainte de l'image de lui qu'a désormais sa compagne. Si bien qu'il en oublie le poids du colis sur ses bras. Ça ne tarde pas à refaire surface cela dit. C'est que la ville a beau ne pas être si grande que ça, Vran galère à trouver un endroit qui ressemble ne serait-ce qu'un peu à un cabinet de médecin, et il commence à en avoir marre de faire le tour de Saint Claude. Intérieurement, il se félicite d'avoir décidé, il y a plusieurs mois, de se mettre à un entraînement physique régulier et intense. Parce qu'avant ça, il aurait été forcé de faire quinze pauses et de poser Andréa au sol à chacune d'elles. Ce qui aurait déplu à la belle, à n'en pas douté.
C'est après avoir constaté que Jean-Miche avait fini de ramasser ses affaires balancées par son ex et après avoir eu l'impression d'être passé deux fois devant la même maison, qu'ils se font alpaguer par une vieille devant une ferme.
Un poil désespéré, Vran accepte l'invitation et laisser Andréa aux mains de la vieille.

Oui, je vais vous dire ce qu'il s'est passé. Mais pas au même endroit.
Après avoir déposé la Chiasse sur un lit, le vieux avait posé la main sur l'épaule de Corvidé et l'invitait à le suivre, lui assurant qu'avec sa femme Andréa était entre de bonnes mains. Alors il l'avait suivi. Puis Rico, le fermier donc, avait collé un sac de graines dans les mains du truand, lui disant que quitte à être là, autant l'aider à semer son champ en attendant que Léontine -la vieille- en ait terminé. Comme, effectivement, il était là, et qu'il considérait s'être fait assez d'ennemis dans les environs, Vran accepta.
C'est ainsi qu'il se retrouva à marcher à côté de Rico qui lui expliquait la difficulté du travail en ferme, et du sentiment d'accomplissement qu'il en tirait. Vran restait pour la majorité silencieux, éparpillant mollement les graines sur les espèces de tranchées qui sillonnaient d'un bout à l'autre du champ. Le soleil entamait le second tiers de sa course jusqu'à l'horizon. L'air, certes malodorant, était indéniablement frais. Le calme régnait dans les alentours. La simplicité de cette vie paisible. Aigrefin observait tout cela d'un œil nouveau.

Bordel c'est de la merde, jamais il devient fermier! Ah c'était déjà plus ou moins sûr avant, mais là, s'il y avait pu y avoir un doute, c'est fini. Non vraiment, ça a l'air chiant au possible. Nique l'air frais de la campagne, c'est la mort.


Ben dis donc gamin, t'pô du genre causant toi hein!

Le regard un peu ailleurs de Vran se recentra sur Rico et sa mine joviale. Mine qui s'assombrit un brin.

T't'inquiètes pour ta donzelle. Alors qu'tu sais ben qu'l'a rien d'grave, donc... Et t'as peur qu'ç'soit un piège, à cause de c'qu'vous avez fait l'nuit dernière. Tu t'demandes si y a pas des gars qu'vont débouler pour vous.

Putain, il tape juste le vieux, pour un fermier! Toujours sans décrocher un mot, Corbeau plissa légèrement les yeux, toujours posés sur le fermier.

T'fais pas d'mouron, va. J'sais c'que z'avez fait. La Bertha...

Tiens donc, il a pas dis "la grosse". Ah, oui, sa femme. Forcément.

...elle pousse les honnêtes hommes au vice, et elle enrôle des gamins qu'cherchent l'argent facile. Pis Gui d'la Grande Blanche aussi, y trempe dans du sale. Alors v'z'êtes fait des enn'mis, mais y en a quelqu'z'uns qu'sont content, même si y a personne qu'ose le dire.

AAAAAAAAAAAAh

Vran détourne son regard vers la maison, tout comme Rico.

T'en fais pas, va. On finit ça pis on va au puit pour t'débarbouiller, t'fais peur avec tout c'sang, là. J'préfère pas d'mander d'où y vient.

Sacs de graines épuisés, le duo improbable retraversa le champ en sens inverse pour marcher jusqu'au petit puit dont le fermier avait parlé. Un seau d'eau fut remonté, dans lequel Vran entreprit de se nettoyer. Il commença par la bouche, avec une certaine hâte dans le geste: la partie du massacre qui en était à l'origine lui était revenu en tête sur la route. Son visage était désormais propre. Au moment de passer de l'eau dans ses cheveux, il constata qu'il avait bien une entaille douloureuse -avec la zone autour tout aussi douloureuse-, mais il lui semblait que ce n'était rien qui nécessitait un soin particulièrement urgent.
Quand il se redressa, il n'y avait plus une goutte de sang sur la peau vranesque. Pour les vêtements, en revanche, il ne pouvait pas grand chose. Et c'était fort peu probable que Rico dégaine des sapes propres ayant appartenu à son fils décédé qui faisait exactement la même taille. Faut pas déconner. Il était donc temps de retrouver Andréa.

Vran appréhende l'instant. Mais il faut y aller. Quoique, si il court vite et maintenant, il a peut-être une chance de quitter le pays sans que la Colombe ne puisse le retrouver.... Non, non, c'est éclaté comme plan. En plus il pète pas un mot de... de tout ce qui est pas le français, en fait. En plus quand quelqu'un lui dit un truc dans une autre langue, même si c'est juste "bonjour" il a l'impression de se faire insulter. Non, vaut mieux éviter la délocalisation.
La porte est donc passée. Léontine avait visiblement terminé sa besogne, et Andréa... Ça s'annonçait pas super bien, non. Vran fait un pas vers elle, mais s'interrompt, son instinct lui disant soudainement qu'au moins pour le moment, il était probablement préférable qu'il ne s'approche pas plus. Le visage corvien n'avait plus rien de ce qu'il arborait, quand il tuait les trois hommes dans le rade de Minou et de Gilles la Carotte. Le regard se voulait doux, tendre. Peut-être bien que ça tirait légèrement vers le piteux.


Ça va mieux?

Ouais bon, en même temps vous diriez quoi, vous?
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Andrea_
Ça va mieux ?

Ouais, ça va super mieux. Je viens de me faire recoudre l’arrière de la tête, reboiter l’épaule et dès que je ferme les yeux je te revois en train de buter de façon très dégueulasse trois mecs –TROIS, mec-, alors en effet, j’vois pas POURQUOI ça n’irait pas.

On va encore dire –surtout mon comparse- que je passe mon temps à râler mais merde, y a plein de choses que t’aurais pu dire à la place de « ça va mieux ? ». Commencer par retirer le « mieux » déjà, là ça sonne un peu « ça y est, madame a fini son caprice, elle est calmée ?
Sinon j’sais pas « oh mon amour, je me suis tellement inquiété », ou si vraiment tu t’es limité à trois mots « veux-tu m’épouser ? » passait aussi. J’dis ça j’dis rien. Quoiqu’à bien y réfléchir, non, ça n’aurait pas été le moment de le proposer, je pense que la réponse aurait été un vulgaire éclat de rire narquois, un « va te faire foutre » en robe de soirée quoi.

Moi, j’avais simplement hoché la tête en gardant un œil sur Vran qui était physiquement plus présentable. J’avais aussi posé une main sur mon épaule pour m’assurer que je pouvais encore bouger le bras –oui-, sans douiller-en cours-. J’avais remercié Léontine qui ne m’avait pas donné son prénom mais s’était contenté de me dire qu’elle me préparait un petit quelque chose à grignoter avant de repartir.

C’est pas que j’avais la dalle mais un peu quand même, et puis j’avoue que je repoussais un peu le moment où Vran et moi ne serions que tous les deux. Je prenais donc tout mon temps pour manger sa tartine aux rillettes, et trempait, en guise de dessert d’énormes bouts de brioche dans un pot de confiture de myrtilles –ma préférée, avec la gelée de groseille-. J’écoutais en la regardant la fameuse Léontine qui me déballait sa recette en détails et n’allez pas croire que c’était pour fuir le regard de Vran, c’était… pour fuir le regard de Vran. J’avais refusé un verre de vin, pour préférer une tisane, qui trop chaude –quel dommage- me faisait gagner quelques minutes supplémentaires.
J’ai ensuite pu admirer le tact des gens du coin, tout en jouant à l’ingénue –toujours dans l’optique de gagner du temps-.


- Faudrait qu’vous y alliez là
- Oh on n’a rien de prévu à la minute
- Oui mais nous oui
- Ah, mince… On peut vous aider ?
- Non
- Pour vous r’mercier ?
- Non
- Oh ça m’ennuie de partir comme ça
- Faut pas
- J’insiste, vraiment !
- Faut pas non plus
- Oh on peut sûrement vous être utile !
- J’croyons qu’non mon p’tit
- Mais enfin ,politesse politesse


Mais y a un moment où même moi, j’ai pas pu nier l’évidence, si on partait pas, elle nous foutrait à la porte. Alors j’avais un peu trainé les pieds, jusqu’à me souvenir qu’on avait un trésor à trouver.
Ah j’peux t’dire que si un jour tu m’vois au fond du gouffre, tu dis le mot « trésor » et bim, j’suis regonflée à bloc. J’restais quand même à bonne distance de Vran, la bonne distance c’est quand tu tends le bras et qu’il touche par l’autre. Ça semble débile mais si Vran veut soudainement m’en coller une, il m’atteindra pas, AHAH, que je suis rusée, z’êtes étonnés hein ?


Alors vous vous demandez tous : mais où est ce qu’ils vont cette fois ?
Bin Sortie ouest, abords de la ville. Parce qu’avant de se manger une porte et le quintal de barbac’ qui l’a ouverte c’est ce qui était prévu. Parait qu’ils ont acheté un truc pour stocker des choses.
Alors certes, le silence écrase un peu tout le monde et pèse lourds sur les épaules –au moins celles de la Chiasse-, m’enfin y arrive à un moment où il faut briser la glace –à défaut de la gueule de l’autre-.


- On n’a pas été fichu d’acheter un truc ensemble une seule fois dans notre vie commune, et la seule fois où on l’fait, on s’en souvient même plus.

Le constat lui arrache un petit rire mi amer, mi amusé.
Nan mais t’imagines comment on s’est amusé la nuit dernière ? On a passé la meilleure soirée de notre vie et on s’en rappelle p…


- Putain. C’pas un gros mot, c’t’une conjonction de coordination pour la Colombe : mais, où, est, donc, or, ni, car, putain.
Les bras sont écartés et les pas stoppés, genre « stop, il s’passe un truc ». Et il se passe un truc, comme un relent du passé.

- Oh putain... Putain. Putain ! Putaaaaiiiiinnn

Excuse moi Vran, soit j’use et abuse de ce mot, soit je te raconte que je viens de me prendre en pleine face notre arrivée dans la grange, la fiesta qu’on y a faite, à deux, avec bien trop de vin pour nos estomacs, et la façon dont on a sacrifié un porc avec l’espoir de devenir des bouchers, spécialiste du boudin.
Un regard vers Vran qui se demande ce qu’il se passe avant que sa future –peut être- femme ne reprenne son avancée, dans quelques centaines de mètres on sera arrivés.


- Putain !

Putain, j’espère qu’on a rangé avant de partir.
Et que la bicoque est plus jolie dehors que dedans.

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Merci Jd Sadella pour la ban et l'avatar, et merci Jd Nev' pour le fessier de ma Chiasse.
Vran
Oui. OUI! Colombe passe son temps à râler. Des fois on se demande si pour elle c'est pas prioritaire à la respiration. Si ça se trouve elle meurt si elle arrête de râler. Et le pire dans cette histoire, c'est qu'elle ose traiter régulièrement Vran de rabat joie! Bien sûr, qu'il s'est inquiété. Il s'inquiète encore. Ça se voit même sur sa gueule, mais ça pour le remarquer il aurait fallu qu'elle le regarde, plutôt que de se concentrer sur Léontine et ses recettes de grand mère.
Pendant que Déa graille un bout tout en faisant un examen visuel poussé des rides sur la face de la vieille, Vran attend appuyé contre le mur à côté de la porte. Sur ces entre entrefaites, Rico débarque avec un tas de fringues de son défunt fils, qui heureux hasard, faisait exactement la même tai... Nan mais je déconne, j'ai déjà dis que ce cliché est bien trop flingué pour que je le répète ici. Corvidé va rester avec des braies pas à lui et sa chemise abîmée et souillée de quelques tâches de sang. Ce qui lui fait penser qu'il a oublié les siennes dans la cave de Minou.
Ça fera une surprise pour les gens qui voudront enquêter sur ce bordel. Cinq cadavres et une paire de braies dont l'une des poches contient les poils pubiens de deux personnes. Ah ça, dans une autre époque ça aurait été la pire des conneries. Là... c'est juste marrant.

Vint le moment de quitter la ferme. A faillit venir le moment de se faire virer comme des malpropres, grâce à Chiasse qui a décidé de prendre son temps, au point de proposer de l'aide. Dans une ferme. C'est là que Vran a saisit l'ampleur de la crainte qu'il avait insufflé dans le cœur de sa douce. Si Andréa Di Foscari Widman d'Ibelin trouve que c'est mieux de traire des vaches et remuer de la merde plutôt que de se retrouver seule avec le truand, c'est que c'est vraiment la merde. Il en vient même à se demander, non sans un voile d'inquiétude venant recouvrir ses yeux un instant, si en sauvant leurs vies il n'avait pas condamner leur couple. Venait-il de perdre sa future -en tous cas il aimerait bien- épouse? Venait-il de passer du statut d'aimé à celui de bête monstrueuse aux yeux d'Andréa? Est-elle en train d'adopter le même point de vue que celui que Nessia a arboré durant plusieurs mois?
Ces pensées dirigèrent le regard de Vran dans le vide, et il ne revint à la réalité que quand la Colombe, se rendant à l'évidence, passa la porte de la maison.

Ça serait un euphémisme que de dire que le silence qui s'ensuivit fut lourd. Andréa ne semblait pas disposée à dire quelque chose, et Vran craignait de le faire.
Mais ô miracle, la le chant de la Colombe résonne -et dire qui a des gens qui aimeraient qu'elle la ferme-, pour la surprise et le soulagement du brun. La surprise, parce qu'à ce stade il se pensait condamné au traitement silencieux. Le soulagement, parce que c'est pas pour lui expliquer qu'elle le quitte parce qu'elle peut pas vivre avec une bête aussi dangereuse.
A la remarque, Vran sourit.


Allons, c'parc'qu'on a pas eu l'temps!

Une pause suit. Il aurait voulu ajouter quelque chose, du genre "Bientôt on aura un foncet", et aussi "Ça pourra être notre maison". Mais dans ces circonstances, il hésite, parce qu'il risque de se le remanger violemment à la gueule.
La pause est de courte durée, cependant. Corvidé décide qu'il va finir sa phrase, comme ça il sera au moins fixé sur le destin de leur relation.


- Putain.

Ah non, c'est Andréa qui a finit la phrase en fait. Autant pour moi. Ça sera donc pour une autre fois. Ou bien pour jamais, qui sait?
Après une farandole de putains -pas les professionnelles, rangez vos engins bande de sales-, Colombe explique à Vran la raison de sa soudaine interjection. Non, bien sûr non. Colombe explique rien du tout à Vran, elle se contente de laisser ses putains -rangez j'ai dis!- flotter dans l'air sans qu'on sache comment les prendre. Ça pourrait bien être "Putain. Vran espèce de raclure, après ça c'est fini entre nous", qu'il le saurait pas. Et je peux vous dire que cette possibilité lui est rapidement passée par la tête.
La halte est terminée, Déa reprend. Sans rien avoir dis de plus, effectivement, comme vous êtes observateurs. Si ça c'est pas du troll de haute volée, faudra me dire ce qui en est. Au moins, on arrive bientôt à la cahute qu'ils ont acheté et pour laquelle ils seront bientôt remboursés.

Arrivés, ils peuvent déjà constater une chose: ça ne paye pas de mine. Quelques pas de plus, et rien qu'au visuel ils peuvent affirmer que ça ne paye de rien. Le truc a l'air d'être prêt à s'écrouler à chaque instant. Enfin après allez savoir si c'était déjà comme ça avant leur passage.
La porte -enfin la planche de bois trouées posée là- est ouverte à l'aide de la clé sortie de sa botte -on sait pas trop si c'était vraiment utile- et... Ah. Encore des cadavres de bouteilles, éparpillés un peu partout dans la pièce. Et au milieu, un porc. Vivant, hein. Etalé au sol mais vivant. Il semblerait que le couple ait été incapable de le sacrifier, ce porc. Probablement qu'ils étaient trop bourrés pour tenir la lame correctement et... Ah non. L'animal vient de lever la tête, dévoilant un ruban accroché maladroitement à son cou, et sur lequel on peut lire "Jean-Fuego". Visiblement ils s'y sont attaché avant le sacrifice. Ou après, hein, l'hypothèse de l'échec est pas à mettre de côté pour autant.

Mais surtout, maintenant qu'ils sont bien entrés, dispersées parmi les bouteilles... des pipes. Plein de pipes. Vraiment plein. Partout. De toutes formes, de toutes tailles. Ce qui éclaire certains détails, d'ailleurs. On saura d'où vient cette histoire de pourboire pour la pipe. En fait c'était les pipes. La centaine de pipe, voilà, le mec a juste oublié un mot dans sa phrase.. Bon en vrai c'est dur de compter, là, mais c'est vraiment blindé de pipes ici.
Vran commence à examiner les lieux, fouiller un peu, histoire de voir si il n'y a pas d'autres surprises. Et là, camouflé dans l'obscurité du coin de la bicoque...


Putain Amour y en a encore une pleine caisse juste là!

La surprise lui en a même fait oublier un instant que son couple est en danger.
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