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[RP] Vers le Valhalla, Marihna s'en va...

Marihna
    Le 2 novembre 1469 à Saintes...


C'était la fin, elle le sentait... Au fond de ses tripes, elle le sentait... Un mal la rongeait de l'intérieur...

Les médecins ne savaient pas ce que c'était et ne savaient pas que faire... Il n'y avait, en fait, rien à faire, c'était la fin!

Cette grosseur, placée à un endroit inhabituel et surtout qui la gênait de plus en plus, ne laissait pas de doute sur le fait qu'un mal inconnu était en train de grossir en elle et la tuait... Doucement mais sûrement...

C'était un étrange ressenti, comme si tout ce qu'elle avait vécu de douloureux, comme si tous ses traumatismes étaient cristallisés dans son corps et maintenant, prenaient de l'ampleur pour lui signifier qu'elle ne s'en était pas remise et ne s'en remettrait jamais! Comme un poison qu'on porte en soi, que l'on nie, que l'on préfère mettre de côté mais qui un jour, fait son oeuvre fatale...

Elle sourit, un peu amèrement, en se rendant compte que ceux qui étaient passés par là, avant elle, avaient raison, sa vie défilait devant ses yeux... Elle se vit sombrer bien malgré elle en repensant à sa vie... Toutes les déceptions, les trahisons, les malheurs en tout genre mais aussi ses propres erreurs, ses échecs... Tout le bonheur aussi, les bons moments en tout genre, qui finalement, étant du passé, lui faisaient presque plus mal que ses pensées négatives, tant cela la rendait nostalgique... Tout repassait encore et encore dans sa tête, sans arrêt, jusqu'à lui en donner la migraine!

Aurait-elle pu mieux faire!? Sûrement mais elle avait fait ce qu'elle avait pu, chaque fois sur le moment... Elle pensait surtout à ces petits riens qui changent toute une vie... Peu avant sa rencontre avec Hivar, elle avait failli accepter un long voyage avec des amis de passage, elle ne l'aurait donc pas connu et sa vie en aurait été très différente! Mais qu'aurait-elle vécu à la place? Mieux, pire? Qui peut le dire!?

Elle se permit ensuite de se laisser aller, pleurant longuement sur son sort... À quoi bon avoir l'air d'être forte au point où elle en était, à quoi bon sauver les apparences et pour qui? Qu'est-ce qui importait vraiment dans une vie au bout du compte? Certainement pas les biens accumulés, ni même ce que l'on a fait mais seulement de savoir si l'on a aimé et été aimé suffisamment... Elle avait été aimée oui, passionnément et avait eu de très bons amis sur sa route mais aujourd'hui, proche de la mort, elle était seule...

Peut-être était-ce mieux ainsi, la mort, c'est une affaire personnelle... On la regarde en face, on la jauge, on l'attend finalement et elle, elle patiente dans son coin, prête à nous prendre à la seconde où on lâche... La mort, c'est quelque chose d'intime que personne ne peut comprendre que ceux et celles qui ne sont plus là pour la décrire... Elle reste un mystère, familier et un peu effrayant. La mort, c'est se mettre à nu, ne plus rien se cacher et accepter, tout accepter; le bon, le mauvais, de toute façon, on n'y peut plus rien changer!

Elle se mit aussi à se poser mille questions sur ce qui l'attendait de l'autre côté du voile... Est-ce qu'elle retrouverait son premier époux? Serait-ce là-bas comme il le lui avait décrit? Elle s'était attachée à ces croyances nordiques, surtout avec son deuxième époux, venant du nord lui aussi... Que l'attendait-il? Trouverait-elle des amis disparus? Des membres de sa famille d'origine? Serait-elle en paix? Oui surtout en paix, c'est la seule chose, à présent, à laquelle elle aspirait...



    Le 6 novembre 1469, toujours à Saintes


Elle avait passé ces derniers jours à se faire aider, d'abord pour écrire une annonce, pour vendre tout ce qu'elle avait et proposer sa fortune pour un ou des projets qui lui plairait de soutenir et surtout ensuite, à envoyer des tas de missives... Une jeune fille bien instruite, écrivait à sa place, en écoutant chaque mot que la rousse lui dictait... Cela distrayait Marihna de ses douleurs et de la faucheuse qu'elle sentait approcher de plus en plus près, inexorablement. Cela lui mettait du baume au coeur aussi...

Elle avait vite trouvé preneur/preneuse pour ses affaires, qui au moins, feraient plaisir à d'autres personnes et pour ce qui était de léguer sa fortune, deux projets lui plaisaient et lui tenaient à coeur, un qu'on lui avait soumis par missive, l'autre qu'elle avait elle-même proposé, qui lui avait paru évident, aider ce cher vieux Cest a continuer la construction des murailles et l'embellissement de la déjà verdoyante Saintes! L'autre projet, celui pour lequel on lui avait demandé son aide, était d'ordre médical, et ça la contentait grandement de pouvoir participer à cette campagne de prévention des maladies et de garder ainsi, le plus possible, les habitants du Poitou en bonne santé, elle sentait qu'à l'avenir, ce ne serait sans doute pas du luxe de se prémunir...

Et puis, entre les moments de solitude, elle pouvait continuer encore et toujours à compter sur Marie-Thérèse, cette brave femme, pas très maligne mais le coeur sur la main, qui l'avait suivie contre vents et marées, qui avait toujours été là, pour la servir et ce, bien après en avoir eu l'obligation, loin très loin, dans une autre vie en Breizh... C'était une paysanne, peu instruite mais courageuse et fidèle et surtout, une cuisinière hors pair, dont les petits plats faisaient le bonheur de Marihna, car la rousse était gourmande, très gourmande! Même dans ces moments difficiles où plus grand chose ne lui faisait envie, où tout était lourd à digérer, Marie-Thérèse trouvait chaque fois le moyen d'arranger les plats pour qu'ils soient plus légers et plus en accord avec ce que la rousse savait encore avaler... Elle lui était d'un grand secours dans ses derniers moments de vie...



    Le 12 novembre 1469, toujours à Saintes


Tout était de plus en plus difficile... Marihna luttait pour encore survivre un peu... Juste le temps que tout soit réglé pour le lègue de ses écus et des dernières affaires à vendre... Elle sentait qu'elle n'avait presque plus de force et qu'il était temps d'en finir, de pouvoir se laisser aller... Son teint était devenu terreux et elle avait même du mal à simplement parler, ce qui la soulagea d'autant plus de savoir que tous les écrits étaient prêts, plus que quelques petits échanges de missives assez brefs et tout serait clôturé.

Elle dormait, à présent, la plus grande partie de la journée, elle mangeait encore mais à peine, plus pour faire plaisir à Marie-Thérèse, dont l'inquiétude était palpable et ses pleurs pas très discrets, que Marihna entendait de loin... Elle savait que la pauvre servante ne saurait plus quoi faire sans elle... Elle avait donc prévu de lui léguer la coquette somme qu'elle pourrait obtenir de la vente de sa maison. Avec ça, Marie-Thérèse et Perceval son compagnon, auraient de quoi s'offrir une jolie maison pour bien s'installer, tous les deux, heureux ensemble comme ils savaient l'être, ce qui rappelait à Marihna sa vie avec Hivar, au temps où ils étaient heureux et où rien ne semblait pouvoir arriver de mal... Et puis la vie passe par là et détruit tout... Elle se mit à tousser à s'en étouffer et se fit apporter un peu d'eau, pour apaiser sa gorge trop sèche... Il fallait qu'elle arrête de penser au passé, plus rien n'avait vraiment d'importance maintenant... C'était fini... Il fallait, à présent, accepter sa vie telle qu'elle avait été et telle qu'elle était juste avant de s'en aller... C'était la clé pour partir sereine...



    Le 13 novembre 1469, toujours à Saintes


C'était la fin... Elle la voyait presque la fameuse lumière, il lui semblait déjà entrevoir des silhouettes qui l'attendaient de l'autre côté... Mais ce n'était peut-être que le fruit de son imagination, peut-être pas, Marihna était plutôt du genre à avoir la foi, elle ne craignait pas la mort, elle avait seulement des regrets pour sa vie mais la mort était pour elle, une simple étape supplémentaire, une étape comme une autre, si ce n'est que c'était la dernière... Elle souriait maintenant, elle se sentait de plus en plus paisible au fur et à mesure que sa respiration devenait plus lente, que la vie en elle s'éteignait doucement comme la flamme d'une chandelle qui arrive au bout de ce qu'elle a à donner...

Elle respira encore difficilement une ou deux fois et serrant la main de Marie-Thérèse, présente pour elle jusqu'à la fin, poussa son dernier soupir et ferma les yeux doucement... Pour la dernière fois...



Petite précision, j'ai écrit ce RP, dans le but de faire mes adieux à Marihna, que je vais maintenant supprimer. Si votre perso a connu la mienne et que vous désirez écrire quelque chose, vous pouvez bien sûr mais tenez compte du fait que vous ne pouvez ni voir ni parler à Marihna, qui est seule chez elle, juste avec sa servante qui est un pnj. Je ne serai de toute façon, plus en mesure de vous répondre puisque d'ici peu de temps, je ne me connecterai plus et la laisserai mourir pour de bon. Je joue toujours mais dorénavant avec deux autres persos...

Merci à tous les JDs qui d'une façon ou d'une autre, m'ont fait vivre toutes sortes d'expériences à travers Marihna, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, j'ai été heureuse de la jouer pendant ces 4 années...

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