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[RP] Le dīner promis

Zoyah
Un regard qui se baisse afin de mieux masquer l’émoi qui pouvait aisément se lire sur son visage. L’incarnat de ses joues se colore encore plus, tranchait vivement avec son teint d’albâtre. Elle était devenue méfiante vis-à-vis des compliments. Son précédent compagnon n’en était pas avars mais il y avait toujours une contrepartie….souvenir irritant au plus haut point qu’un Masacio tout frétillant lui demandant à longueur de temps « N’est-ce pas que je suis merveilleux ? »…l’image lui semble presqu’incongrue dans son esprit et d’un geste de la main elle tente de faire s’évaporer le songe dérangeant…un sourire à son interlocuteur qui semble s’interroger.

Le trouble dissipé, elle plante son regard céruléen dans celui d’Ashlaan. Les yeux plissés afin de mieux voir ce qui pouvait se cacher derrières ces belles paroles, une lueur de défi étincelant au fond de ses iris bleutées. Elle resta un moment, silencieuse à scruter son beau visage. Sincérité…il transpirait la sincérité. Malgré l’enrobage sucré de ses mots, elle n’y avait décelé aucune note trop mielleuse. Ces propos avaient la saveur de l’authenticité et c’était peut-être ce qui l’avait le plus bouleversée plus que les compliments en eux-mêmes.

Je suis loin d’être un ange vous savez…inconsciemment elle s’était rapprochée de lui...on m’a même traité d’adepte du Son Nompetit rire narquoismais vos compliments me touchent… beaucoup…en disant cela, elle avait saisi une des mains d’Ashlaan. La plaquant contre son visage, elle lova sa frimousse contre la paume…geste incontrôlé, fruit d’une pulsion soudaine qui avait germé au cœur de tout son être…plus qu’une caresse quémandée c’était là une manière de le ressentir aussi bien émotionnellement que physiquement.

Elle prit une grande inspiration afin d’humer sa saveur épicée puis déposa un délicat baiser au creux de sa paume tout en le fixant du regard. Elle guettait la moindre protestation de sa part, enserrant toujours entre ses mains longues et fines la pogne plus carrée et plus forte du jeune homme. Son regard coula quelques instants sur leur union passagère. Elle était subjuguée par la petitesse de ses mains qui lui semblaient si fragiles à côté de celles du bel étranger. Elle décela dans le regard émeraude d’Ashlaan une attirance mutuelle propice aux plus grands élans d’affections et qui semblait l’inviter à plus de hardiesse.

L’autre main du jeune homme effleure sa poitrine pour se poser doucement sur une de ses hanches…celle emprisonnée entre les doigts de la tisserande lui est totalement abandonnée. Le temps semble comme suspendu alors qu’ils tissent une conversation silencieuse juste en échangeant des regards. L’attraction est omniprésente...le souffle de la demoiselle se fait plus court tandis qu’elle se retrouve noyée dans les prunelles de son bel étranger. Elle ressent une pression sur sa hanche…des picotements dans la nuque et une peau qui frisonne lui font oublier qui elle est…qui il n’est pas, lui le mystérieux inconnu caché derrière tant de secrets. Faisant abstraction de tout, la jeune femme se penche sur lui et appose tendrement ses lèvres sur les siennes ….
Ashlaan
Instant magique où deux êtres se goûtent, laissant leurs corps s'exprimer à la place de leurs esprits. La main enserrant la hanche de la jeune femme se resserre sous le coup de l'émotion, les yeux clos savourant cet instant, figé hors du temps et pourtant si bref, Ashlaan sent son sang bouillir... Le feu coule dans ses veines, incendiant tout son être tandis que les saveurs lui parviennent, saveurs sucrées des lèvres de sa partenaire, douces et humides... Sa main abandonnée vient alors caresser le doux visage de sa divine hôtesse, suivant du pouce le contour de sa joue jusqu'à ce que cette main repose dans le creux de son cou, chatouillant au passage une nuque qu'il devine longue et fine sous l'épaisse chevelure aux parfums de menthe.

Puis, les lèvres se séparent, l'un et l'autre soupirent tandis que leurs yeux s'ouvrent et que deux magnifiques sourires fleurissent de part et d'autre. front contre front, jouant de leurs nez dans une tendre caresse les regards ne se quittent plus, attirés qu'ils sont par le magnétisme de l'autre...Au prix de gros efforts de concentration Ashlaan réussit à murmurer...
Est-ce ainsi que les adeptes du sans nom capturent leurs proies? Devant le sourire de la divine castelroussine il ajoute... Et bien, allez-y capturez moi, je suis tout à vous...

Un bruit vient couper leur échange, les têtes se tournent vers le valet toujours aussi avenant, amenant le plat préparé par le voyageur...Les mains abandonnent à regret leurs positions. Tandis que Zoyah foudroit du regard son domestique, Ashlaan se cale dans sa chaise et s'autorise une nouvelle gorgée de Claret pour se remettre de ce délicieux moment. Alors que la charmante brune hausse le ton. Il devine plus qu'il ne voit le sourire du Serviteur satisfait d'avoir réussi son coup et d'avoir perturbé ce petit moment de tendresse.

Ignorant superbement les propos de Zoyah, continuant son travail impassible, Jonas pose le plat, fait le service dans les magnifiques assiettes ornant la table puis s'incline devant sa maîtresse toujours contrariée avant de s'en retourner en cuisine. De nouveaux seuls, les deux jeunes gens se dévorent du regard tandis que le fumet du porc aux amandes embaume l'air et leur chatouille les narines. Prenant un morceau de viande, il invite d'un signe de tête son hôtesse à faire de même en ajoutant.
J'espère que cela vous plaira, c'est un plat que m'a souvent fait ma mère et c'est aussi celui que je réussi le mieux...Ponctuant sa déclaration par un sourire il commença à manger tentant tout de même de le faire "proprement"...

Après quelques bouchées il regarde son hôtesse qui n'avait pas bougé, il pensa à nouveau qu'elle était réellement superbe, obsédé par ce visage fin au teint d'albâtre surmonté d'une chevelure noire, épaisse et bouclée. Son regard suit les boucles et s'arrête sur la poitrine qu'on devine opulente tant elle gonfle le tissus. Rougissant quelque peu il plante son regard dans le sien avant de demander sur un ton faussement autoritaire.
Et bien? Vous n'allez pas me laisser manger seul n'est-ce pas?!
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Jonas_l'Assommeur, incarné par Zoyah



Jonas l’Assommeur, sa perpétuelle mine renfrognée sur le visage, avait pénétré dans le jardin de son pas lourd et pesant. Il tenait le plat préparé par l’étranger dont la saveur épicée venait lui chatouiller les narines.

La scène des amoureux se bécotant l’avait figé sur place. Un soupire autant blasé que contrarié s’échappa de sa bouche sèche. Il avait cure des péripéties amoureuses de sa jeune maitresse mais il savait que la vieille ne lui pardonnerait pas s’il laissait la demoiselle céder aux avances du bellâtre Enfin, en l’instant présent, il se demandait bien qui faisait le plus de rentre-dedans à l’autre. Visiblement, les deux se tournaient autour depuis un bon moment.

Jonas suivait le parcours de la main d’Ashlaan, guettant une éventuelle objection de la demoiselle ou qu’il tente d’explorer les jupons. La contestation ne vint pas et les mains de l’étranger restèrent sages. Dodelinant de la tête désespérément, il décida de mettre un terme à la rencontre charnelle. Le jeune homme avait l’air bien excité et la maitresse n’était guère mieux à en juger par son teint empourpré.

Jonas s’avança de sa démarche assuré, son air imperturbable gravé sur le visage et posa bruyamment et volontairement le plat sur la table. « Bing ! » Les deux amoureux sursautent, troublés et confus par l’interruption de leur baiser.


Avisant l’œil noir de colère que lui lance sa maîtresse, Jonas s’incline et la gratifie d’un « La matrone, elle est servi ». Un petit rictus moqueur s’affiche sur son rude visage tandis que la jeune femme le houspille. Indifférents au sermon de Zoyah, sa tâche accomplie, Jonas salut les jeune gens et s’éloigne. Il se retourne un moment et adresse un sourire goguenard à Ashlaan, l’air de dire « Ben mon gars, maintenant que t’es chaud comme la braise, il va falloir assurer le reste du repas sans prendre feu »
Zoyah
L’intervention de Jonas lui avait fait l’effet d’une douche froide au point de lui couper le souffle. Il l’avait pris sur le fait et elle avait la désagréable sensation d’être semblable à une petite fille surprise en train de commettre une bêtise…mais quelle jolie bêtise. Zoyah avait cette incroyable faculté de changer d’humeur aussi facilement qu’on change de veste. La passion devint colère, la tendresse se mua en déception irritante. Foudroyant Jonas de ses yeux teintés d’orage, elle l’inonda de reproches d’avoir ainsi malmené sa belle vaisselle. Elle ne pouvait décemment le blâmer d’avoir brisé l’instant magique, elle trouva donc un autre prétexte afin de décharger tout son agacement du moment.

L’instant d’avant, la tisserande était comme plongée dans un rêve éveillé à la saveur sucrée, profitant des caresses d’Ashlaan. Son cœur s’était emballé et son corps entier refusait d’obtempérer à la mise-en-garde que lui lançait sa raison. Néanmoins, elle n’était pas prête à s’abandonner entièrement à lui. Trop d’incertitudes, de non-dits, de secrets qu’il lui faudrait dissiper avant de se livrer au beau brun même s’il hantait déjà ses nuits lors de ses songes.

Silencieuse, elle ressassait dans sa tête ce qui venait de se passer. Il y a encore peu, elle tâchait de garder une certaine retenue, ne pouvant instaurer une réelle distance tant l’attraction était forte. Et, répondant à une envie primaire, elle s’était ruée sur les lèvres d'Ashlaan afin de lui transmettre toute sa passion. Baiser auquel il avait répondu avec la même ardeur. La complicité s’était alors métmorphosée en une tendresse communicative pendant laquelle la jeune demoiselle s’était lovée contre le corps puissant de son aimé. La communion intense des deux êtres avait été interrompue fort brutalement et Zoyah n’avait pu murmurer quelques mots tendres à l’oreille d’Ashlaan.

Bougre de Jonas, il venait de lui couper l’appétit. Le bonhomme renvoyé durement à ses occupations, la contrariété fut vite oubliée grâce aux sourires du beau jeune homme. Ashlaan l’incitait de la voix à déguster le plat et attendait son avis avec une impatience non feinte.
Ils passèrent donc une partie de la soirée à deviser gentiment sur ce qui les rapprochait et les différenciait. Ils découvrirent avec plaisir et amusement que la gourmandise était un de leur défaut commun quoique nettement plus accentué chez Ashlaan. Zoyah le félicita pour le plat qu’elle qualifia de succulent si bien qu’il la resservit une deuxième fois. Les deux jeunes gens échangeaient en paroles et en regards et le dîner se poursuivait sous les meilleurs auspices. Jonas apporta le plateau de fromages. Il adressa un regard quelque peu narquois à l’invité de la soirée lorsqu’il le posa lentement devant les deux tourtereaux. Un « merci Jonas », prononcé sèchement le fit rapidement déguerpir et le tête-à-tête put reprendre sereinement et amoureusement.


Une question …encore une...

Vous me parlez beaucoup de votre mèresourireelle avait l’air d’être importante dans votre vie, maismarquant une pause le temps de le laisser terminer sa bouchéevous ne parlez jamais de feu votre père ?...Ni même de votre famille proche ? regard interrogatif…avez-vous des frères et des sœurs ? …pardonnez cette curiosité…peut-être excessiveposant sa main sur la sienne avec une tendresse prononcéemais j’ai envie de savoir tout de vous.

Son regard trahissait tout l’amour et l’admiration qu’elle lui portait. Ils s’étaient rapprochés bien plus qu’elle n’avait osé l’espérer et elle attendait de lui peut-être bien plus qu’il ne pouvait lui en donner. Assouvir la curiosité de la belle serait pour Ashlaan bien moins aisé que de calmer ses ardeurs amoureuses.
Ashlaan
Tout en déposant un baiser sur la délicate main de son hôtesse qui reposait à présent dans la sienne, il prit le temps de la réflexion, contemplant le visage de Zoyah, baigné de la lumière orangée des bougies. La clarté relative du soir d'été avait laissé sa place à une nuit de pleine lune, l'air s'était rafraichis, les grillons chantaient leur sérénade et elle était là, à le dévisager en attendant sa réponse...

Au fil de la soirée, le petit jeu de séduction auxquels son hôtesse et lui s'étaient livré s'était métamorphosé en une complicité totale, les échanges verbaux peu à peu remplacés par des regards, des sourires, des caresses... Ashlaan glissait peu à peu vers un abîme qu'il connaissait bien et dans lequel il s'était promis de ne jamais retomber... L'amour, un sentiment humain qui s'avère une torture pour celui qui n'a sa place nulle part, si ce n'est sur les routes.

Un dernier regard sur ce visage rond inondé de la lumière vacillante des bougies, son menton délicat, sa bouche aux lèvres charnues, son nez fin, son regard azur, capable d'allumer un incendie d'un simple regard tout comme de noyer celui qui s'y plonge... A la voir comme ça, il aurait pu tout lui dire, pas simplement ce qu'elle voulait entendre, mais la vérité. Le drame qu'était son ancienne vie, son histoire, la seule et véritable histoire...

Toute son enfance il l'avait passé dans l'ombre de son frère ainé, qui n'avait le qualificatif d'ainé que parce qu'il était soi disant sorti le premier du ventre de sa mère, ainé et jumeau, Aleksander... Alors que quelques secondes s'étaient écoulées et devant le regard perplexe de Zoyah attendant qu'il se décide à sortir un mot, Ashlaan mentit...

- Mon père était un homme bien, sévère mais juste, les années que j'ai passé à ses cotés resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Pour tout vous dire, peu de gens sont assez proche de moi pour savoir tout ce que je vous avoue ce soir. Pardonnez ma pudeur quant à ces histoires, je n'ai pas l'habitude de tant de confessions. Une petite pause pour reprendre une gorgée d'un vin tourangeau avant de reprendre... Je n'ai ni frère ni sœurs, mes parents avaient déjà fort à faire avec moi et il parait que j'ai fait rager plus d'un serviteur dans ma jeunesse... Petit rire gêné, mais où puisait il autant de mensonges?... Voilà... J'espère avoir assouvi votre curiosité, au moins temporairement...

Tous deux devisèrent alors de choses et d'autres, les avantages et les inconvénients d'être fils unique, la vie dans une ambassade, plus Zoyah demandait et plus Ashlaan lui servait le roman d'une vie inventée pour l'occasion... Non par malice mais pour cacher la triste vérité. Tandis qu'il débitait la petite histoire fictive, dans son dos, les marques qu'il garderait toute sa vie se mettaient à le démanger et la douleur se réveillait...

La mine ravie de Zoyah le fit fondre, las d'embrasser sa main, il se pencha pour gouter de nouveau à ses lèvres, tendrement, presque ravi d'avoir capté dans son champ de vision le regard de Jonas probablement énervé de les voir de nouveaux s'étreindre. Ainsi, après de longues minutes de démonstrations de tendresse, Ashlaan fit signe au serviteur d'amener le panier d'osier puis, il retourna la question précédemment posée à son interlocutrice...

Et vous ma douce hôtesse? Parlez moi de votre famille...
_________________
Jonas, incarné par Zoyah


Les mains rugueuses de Jonas étaient plongées dans un baquet d’eau brossant vigoureusement le récipient ayant servit à la cuisson du plat de l’étranger. Le fumet était alléchant mais la préparation bien trop sophistiquée pour que le quadragénaire l’apprécie. Jonas aimait les choses simples, avec un goût d’authenticité et dont la saveur n’était pas camouflée par une myriade d’épices ou d’herbes aromatiques. Un papillon de nuit se heurte à la fenêtre. Le serviteur lève sa face morne et pose son regard durcit par les aléas de la vie sur l’insecte d’un blanc jaunâtre. Il donne plusieurs assauts contre cette fenêtre, ne parvenant pas à trouver la sortie salvatrice. La lumière l’avait attirée dans la pièce et l’avait laissée pris au piège. Jonas s’approche et pince les ailes de la bête qui s’affole puis l’entraîne à l’extérieur.

Il faisait déjà nuit et la lumière argentée de la lune donnait un aspect presque irréel au jardin. Un peu plus loin, des petits points lumineux vacillaient lentement. Leur douce lueur orangée tamisait l’ambiance particulière de cette soirée. Jonas aperçut alors les deux amoureux s’enlaçant tendrement. Une grimace désapprobatrice apparut sur son faciès. Voyant que les deux tourtereaux avaient vidé leur assiette, il s’approcha avec l’espoir de les déranger un peu.

Un œil de jade le nargue tendit qu’il lorgne sur l’épaule de sa maîtresse, légèrement découverte par une caresse un peu audacieuse d’Ashlaan. Jonas s’inquiète un instant, ne voyant pas venir la fin de ce moment d’affection. « Y vont pas forniquer ! » s’affole-t-il intérieurement. Les lèvres de l’étranger effleurent l’épaule dont la peau satinée frémit sous le contact puis rabat l’étoffe de la robe afin de la dérober au regard du serviteur.

D’un geste assuré, comme les nobles habitués à se faire servir, il lui mande d’apporter le dessert. Pas d’inclination de la tête, même pas un geste montrant qu’il avait compris. Tout juste un bougonnement trahissant sa profonde irritation. Néanmoins, il s’exécute…avait-il le choix ?

Jonas s’éclipse le temps aux amoureux de reprendre leur conversation…hum…hum. Il revient quelques instants plus tard les bras chargés du panier et son mystérieux contenu. Il interrompt visiblement encore quelque chose…décidément.
Zoyah
Un gémissement étouffé franchit la bouche sanguine de la jeune femme lorsque son doux compagnon dénuda son épaule en un geste adroit et expérimenté. Il avait, à n’en pas douter, l’assurance d’un homme qui a déjà connu bien des femmes. Zoyah glissa doucement ses mains sur le dos de son beau brun afin de s’y accrocher avidement. Elle lui susurrait à l’oreille des mots doux, se faisant à la fois caressante et enjôleuse. Elle était entièrement lovée contre lui, s’offrant totalement à ses caresses, oubliant la retenue dont elle aurait dû faire preuve. Ses petites mains blanches s’agrippèrent aux épaules d’Ashlaan lorsqu’il fit courir ses douces lèvres sur son cou et l’articulation délicate de son épaule. Puis, la Castelroussine en plongea une dans la chevelure de son compagnon, faisant glisser entre ses doigts la fine crinière d’encre. Un dernier baiser est délicieusement posé sur sa peau frémissante et Ashlaan referme le haut de sa robe. Zoyah, le souffle légèrement court, plus rouge encore qu’elle ne l’était déjà, le remercia d’un sourire amoureux. Elle le remercia pour n’avoir poussé plus en avant l’exploration de son corps, pour n’avoir soumis ses sens à plus d’émotion qu’ils pouvaient en ressentir pour le moment. La chair était si faible…elle aurait cédé si facilement aux assauts de son bel amoureux songea-t-elle avec dépit. Il fallait qu’elle se montre plus résolue dans ses prises de positions.

Et vous ma douce hôtesse? Parlez moi de votre famille...

Zoyah attendit que son bien maussade serviteur s’éclipse avant de prendre la parole. Elle en profita pour tremper ses lèvres dans son verre de vin tourangeau afin de faire passer son émoi pour ne pas dire son excitation.

Un soupire de satisfaction cette fois-ci. La jeune femme reprenait pied et ses yeux qui étaient jusque là troublés par l’intensité du rapprochement avait repris leur lueur plus posée.


Et bienbref moment de silencecomme vous le savez, j’ai été élevée par ma grand-mère maternelle. Ma mère a été emportée par une mauvaise fièvre lorsque j’avais à peine trois ans. Je ne l’ai pour ainsi dire pas connue…je n’ai conservé d’elle qu’une image floue d’une femme un peu tristeun sourire se fige sur son visage afin de dédramatiser l’instantelle était douce et gentille. Mon père…comme je vous l’ai dit au Hérisson Hurleur…le regard se baisse et le sourire s’effaceest un voyageur, toujours sur les chemins. Cela fait des années que je n’ai pas eu de ses nouvelles mais je sais qu’un jour je vais le trouver devant ma portehaussement d‘épaulec’est une personne fugace dont la présence est éphémèrefaisant un geste de la main, mimant un courant d’air….un jour là, le lendemain partipuis ne souhaitant pas aller plus en amont et encore moins évoquer sa relation conflictuelle avec son paternel, la jeune femme lui sourit et en profite pour lui déposer un baiser dans le cou. Ashlaan cale sa main puissante autour de la taille fine de la demoiselle et la serre tendrement contre lui. Le baiser est rendu avec passion mais il la relance et lui demande si elle était proche de ce père visiblement absent.

Hum….et bien….il revenait à la belle saison souvent….il m’a transmis sa passion pour les chevauxson visage s’illumine alors, réveillé par les tendres souvenirs d’une gamine de 7 ans juchée sur un énorme palefroi alezan, tenu par la bride par un homme à la peau tannée et au regard d’aciervous savez…je suis une excellent cavalière sur un ton enjoué. J’ai deux montures peut-être pourrions-nous faire une balade un de ces jourselle se blottit contre lui afin de mieux l’amadouerenfin nous avons bien le tempssourirevous n’allez plus partir maintenantpose la tête contre son épaule tandis que sa main droite vient caresser timidement son torse, appréciant la douceur de l’étoffe dont est faite sa chemise.

Elle avait prononcé ces mots avec insouciance, quelques paroles anodines qui transpiraient encore la naïveté. Peut-être une manière de l’empêcher de s’échapper, de l’accabler s’il venait à repartir sur les routes. Zoyah ressent un léger pincement à la taille…la main d’Ashlaan vient de se crisper trahissant certainement son trouble…la jeune femme ferme les yeux pour ne pas voir, pour ne pas constater l’inévitable…le départ futur de celui qui avait embrasé son cœur. Elle ne voulait pas entendre cette chanson là...pas maintenant…pas ce soir où ils étaient seuls au monde…’fin avec Jonas aussi.

Tiens, Jonas ! Le serviteur bourru dépose le panier qui avait tourmenté la curiosité de la tisserande. Zoyah se redresse d’un bond. Balayant d’un seul coup les sombres pensées qui avaient envahi son esprit. Elle s’empare du panier et chasse presque le pauvre Jonas, le renvoyant sèchement à son récurage de vaisselle. Les mains posées sur l’anse, le regard pétillant d’impatience tourné vers Lui : Je peux ?
Ashlaan
Pas mécontent d'éluder la question de la belle grâce à l'intervention du serviteur Ashlaan la regarde trépigner, amusé...

Je peux?

Quelques secondes de silence pour la faire languir un peu plus, Ashlaan se cale dans le fond de sa chaise arborant un sourire satisfait, puis, d'un geste de la main l'invite à enfin assouvir sa curiosité. Tandis que les mains gracieuses de la jeune femme soulevaient deja le rabat d'osier, Le voyageur se mit a penser qu'il n'avait jamais rencontré une femme aussi attirante. Les quelques baisers échangés n'étaient qu'un avant gout de ce qu'ils pourraient connaitre, tous deux le savaient et cette pensée s'insinuait dans toute les fibres de son être. Après avoir tant voyagé, et avoir soupé de la vie de voyageur, las d'accorder de l'importance à la nécessité de rester anonyme et sans attache, les barrières mentales d'Ashlaan fondaient peu à peu...Mais comment construire une relation sur une chape de mensonges et de non dits. Le temps semblait suspendu alors que le voyageur laissait son esprit errer sur sa situation, dans la balance, son passé qui pourrait le rattraper et un avenir qui pourrait être heureux aux cotés de cette femme, belle et intelligente, douce et espiègle...

Il avait connu beaucoup de femmes, souvent pour tromper sa solitude, sans jamais s'attacher, préférant accepter les avances de femmes de peu de vertus plutôt que de briser le cœur d'autres plus sincères et exclusives. Ainsi, une fois le désir de la chair rassasié il repartait inexorablement sur les routes, retournant à sa vie de vagabond. Aujourd'hui tout était différent, cette femme le subjuguait littéralement et malgré tous ses efforts, il ne parviendrait pas à se détourner d'elle, petit à petit il en prenait conscience et loin de le terrifier, une quiétude rassurante envahissait son cœur.


Tandis que Zoyah découvrait, les yeux écarquillés dans une moue terriblement séduisante, les fougasses qui garnissaient le panier Ashlaan lui expliqua qu'il les avait fait faire par le boulanger, apportant lui même les mûres qu'il avait glané dans la matinée en vue du dîner. Ultime honneur, le boulanger l'avait laissé assister à la préparation et il avait eu tout le loisir de mémoriser la recette. Voyant que son hôtesse n'y tenait plus, il prit une pâtisserie qu'il mordit à pleine dent, l'enjoignant à faire de même...

Petit regard complice lorsque tous deux soupirèrent d'aise au goût si délicat des petits pains fourrés, contemplant avec ravissement la gourmandise de Zoyah, Ashlaan essuya de son pouce un peu de jus de mûres qui coulait sur le menton de son Hôtesse puis lécha ce doigt tout sourire. Leur satisfaction mutuelle et le peu de paroles échangées durant la dégustation ne laissèrent que peu de doutes sur la qualité du dessert, Ashlaan ravi et repu referma le panier en ajoutant, le sourire aux lèvres.


Alors? Ne vous avais-je pas dit que vous seriez surprise? Son sourire rendu par la divine brune il continua... Dites moi, maintenant que j'ai honoré ma promesse en vous concoctant ce petit repas, vous m'aviez parlé de visiter la ville. Se reprenant... Du moins un endroit particulier.

Parodiant alors, avec un plaisir non dissimulé les propos d'Ashlaan tenus un peu plus tôt dans la cuisine quand la belle avait voulu regarder à l'intérieur du panier, elle se pencha pour déposer un baiser langoureux sur les lèvres du voyageur puis lui murmura Et bien... En voila un vilain curieux... Je comptais vous faire la surprise de cette visite, j'espère que vous ne m'en empêcherez pas... N'est-ce pas?

Son visage à quelques pouces de celui d'Ashlaan, une étrange lueur dans les yeux, il pouvait sentir son souffle contre sa peau, sa poitrine opulente comprimée par le tissus de la robe se soulevait rapidement, trahissant probablement un désir contenu. Hypnotisé par son regard, il lui caressa la joue, prit son menton dans sa main et ponctua le geste par un tendre et long baiser. Lorsqu'à regret il se recula quelque peu, il murmura... Soit... Surprenez moi!

Ils s'enlacèrent alors, Ashlaan se laissa aller profitant de cette tendresse, la serrant contre lui tandis que la main habile de la brune se baladaient sur son torse. La fatigue se faisant sentir, ils ne parlaient plus, s'exprimant avec leurs corps. Jonas vint alors apporter de la poire et en profita pour demander à sa maîtresse si il devait préparer la chambre d'amis, encore une fois il fut renvoyé sans ménagement. Les deux tourtereaux burent à leur rencontre et à l'avenir, enfin, Ashlaan prit congé de son hôtesse après une étreinte qui failli les conduire dans la chambre à coucher.

Sur le chemin de l'auberge il ne croisa pas grand monde, la plupart des castelroussins dormaient depuis un bout de temps, radieux et les pensées tournées vers la divine Zoyah et cette soirée parfaite qu'ils avaient passés il ne prêta pas attention aux arsouilles qui beuglaient dans les rues. Enfin dans sa chambre, il resta longtemps sans trouver le sommeil, allongé sur sa couche, tentant d'éclaircir ses idées. Une seule image revenait sans cesse, le visage de Zoyah. Ainsi il finit par s'endormir, rêvant d'une nuit d'amour avec la brune...

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Zoyah
Un regard qui se baisse afin de mieux masquer l’émoi qui pouvait aisément se lire sur son visage. L’incarnat de ses joues se colore encore plus, tranchait vivement avec son teint d’albâtre. Elle était devenue méfiante vis-à-vis des compliments. Son précédent compagnon n’en était pas avars mais il y avait toujours une contrepartie….souvenir irritant au plus haut point qu’un Masacio tout frétillant lui demandant à longueur de temps « N’est-ce pas que je suis merveilleux ? »…l’image lui semble presqu’incongrue dans son esprit et d’un geste de la main elle tente de faire s’évaporer le songe dérangeant…un sourire à son interlocuteur qui semble s’interroger.

Le trouble dissipé, elle plante son regard céruléen dans celui d’Ashlaan. Les yeux plissés afin de mieux voir ce qui pouvait se cacher derrières ces belles paroles, une lueur de défi étincelant au fond de ses iris bleutées. Elle resta un moment, silencieuse à scruter son beau visage. Sincérité…il transpirait la sincérité. Malgré l’enrobage sucré de ses mots, elle n’y avait décelé aucune note trop mielleuse. Ces propos avaient la saveur de l’authenticité et c’était peut-être ce qui l’avait le plus bouleversée plus que les compliments en eux-mêmes.

Je suis loin d’être un ange vous savez…inconsciemment elle s’était rapprochée de lui...on m’a même traité d’adepte du Son Nompetit rire narquoismais vos compliments me touchent… beaucoup…en disant cela, elle avait saisi une des mains d’Ashlaan. La plaquant contre son visage, elle lova sa frimousse contre la paume…geste incontrôlé, fruit d’une pulsion soudaine qui avait germé au cœur de tout son être…plus qu’une caresse quémandée c’était là une manière de le ressentir aussi bien émotionnellement que physiquement.

Elle prit une grande inspiration afin d’humer sa saveur épicée puis déposa un délicat baiser au creux de sa paume tout en le fixant du regard. Elle guettait la moindre protestation de sa part, enserrant toujours entre ses mains longues et fines la pogne plus carrée et plus forte du jeune homme. Son regard coula quelques instants sur leur union passagère. Elle était subjuguée par la petitesse de ses mains qui lui semblaient si fragiles à côté de celles du bel étranger. Elle décela dans le regard émeraude d’Ashlaan une attirance mutuelle propice aux plus grands élans d’affections et qui semblait l’inviter à plus de hardiesse.

L’autre main du jeune homme effleure sa poitrine pour se poser doucement sur une de ses hanches…celle emprisonnée entre les doigts de la tisserande lui est totalement abandonnée. Le temps semble comme suspendu alors qu’ils tissent une conversation silencieuse juste en échangeant des regards. L’attraction est omniprésente...le souffle de la demoiselle se fait plus court tandis qu’elle se retrouve noyée dans les prunelles de son bel étranger. Elle ressent une pression sur sa hanche…des picotements dans la nuque et une peau qui frisonne lui font oublier qui elle est…qui il n’est pas, lui le mystérieux inconnu caché derrière tant de secrets. Faisant abstraction de tout, la jeune femme se penche sur lui et appose tendrement ses lèvres sur les siennes ….
Ashlaan
Instant magique où deux êtres se goûtent, laissant leurs corps s'exprimer à la place de leurs esprits. La main enserrant la hanche de la jeune femme se resserre sous le coup de l'émotion, les yeux clos savourant cet instant, figé hors du temps et pourtant si bref, Ashlaan sent son sang bouillir... Le feu coule dans ses veines, incendiant tout son être tandis que les saveurs lui parviennent, saveurs sucrées des lèvres de sa partenaire, douces et humides... Sa main abandonnée vient alors caresser le doux visage de sa divine hôtesse, suivant du pouce le contour de sa joue jusqu'à ce que cette main repose dans le creux de son cou, chatouillant au passage une nuque qu'il devine longue et fine sous l'épaisse chevelure aux parfums de menthe.

Puis, les lèvres se séparent, l'un et l'autre soupirent tandis que leurs yeux s'ouvrent et que deux magnifiques sourires fleurissent de part et d'autre. front contre front, jouant de leurs nez dans une tendre caresse les regards ne se quittent plus, attirés qu'ils sont par le magnétisme de l'autre...Au prix de gros efforts de concentration Ashlaan réussit à murmurer...
Est-ce ainsi que les adeptes du sans nom capturent leurs proies? Devant le sourire de la divine castelroussine il ajoute... Et bien, allez-y capturez moi, je suis tout à vous...

Un bruit vient couper leur échange, les têtes se tournent vers le valet toujours aussi avenant, amenant le plat préparé par le voyageur...Les mains abandonnent à regret leurs positions. Tandis que Zoyah foudroit du regard son domestique, Ashlaan se cale dans sa chaise et s'autorise une nouvelle gorgée de Claret pour se remettre de ce délicieux moment. Alors que la charmante brune hausse le ton. Il devine plus qu'il ne voit le sourire du Serviteur satisfait d'avoir réussi son coup et d'avoir perturbé ce petit moment de tendresse.

Ignorant superbement les propos de Zoyah, continuant son travail impassible, Jonas pose le plat, fait le service dans les magnifiques assiettes ornant la table puis s'incline devant sa maîtresse toujours contrariée avant de s'en retourner en cuisine. De nouveaux seuls, les deux jeunes gens se dévorent du regard tandis que le fumet du porc aux amandes embaume l'air et leur chatouille les narines. Prenant un morceau de viande, il invite d'un signe de tête son hôtesse à faire de même en ajoutant.
J'espère que cela vous plaira, c'est un plat que m'a souvent fait ma mère et c'est aussi celui que je réussi le mieux...Ponctuant sa déclaration par un sourire il commença à manger tentant tout de même de le faire "proprement"...

Après quelques bouchées il regarde son hôtesse qui n'avait pas bougé, il pensa à nouveau qu'elle était réellement superbe, obsédé par ce visage fin au teint d'albâtre surmonté d'une chevelure noire, épaisse et bouclée. Son regard suit les boucles et s'arrête sur la poitrine qu'on devine opulente tant elle gonfle le tissus. Rougissant quelque peu il plante son regard dans le sien avant de demander sur un ton faussement autoritaire.
Et bien? Vous n'allez pas me laisser manger seul n'est-ce pas?!
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Jonas_l'Assommeur, incarné par Zoyah



Jonas l’Assommeur, sa perpétuelle mine renfrognée sur le visage, avait pénétré dans le jardin de son pas lourd et pesant. Il tenait le plat préparé par l’étranger dont la saveur épicée venait lui chatouiller les narines.

La scène des amoureux se bécotant l’avait figé sur place. Un soupire autant blasé que contrarié s’échappa de sa bouche sèche. Il avait cure des péripéties amoureuses de sa jeune maitresse mais il savait que la vieille ne lui pardonnerait pas s’il laissait la demoiselle céder aux avances du bellâtre Enfin, en l’instant présent, il se demandait bien qui faisait le plus de rentre-dedans à l’autre. Visiblement, les deux se tournaient autour depuis un bon moment.

Jonas suivait le parcours de la main d’Ashlaan, guettant une éventuelle objection de la demoiselle ou qu’il tente d’explorer les jupons. La contestation ne vint pas et les mains de l’étranger restèrent sages. Dodelinant de la tête désespérément, il décida de mettre un terme à la rencontre charnelle. Le jeune homme avait l’air bien excité et la maitresse n’était guère mieux à en juger par son teint empourpré.

Jonas s’avança de sa démarche assuré, son air imperturbable gravé sur le visage et posa bruyamment et volontairement le plat sur la table. « Bing ! » Les deux amoureux sursautent, troublés et confus par l’interruption de leur baiser.


Avisant l’œil noir de colère que lui lance sa maîtresse, Jonas s’incline et la gratifie d’un « La matrone, elle est servi ». Un petit rictus moqueur s’affiche sur son rude visage tandis que la jeune femme le houspille. Indifférents au sermon de Zoyah, sa tâche accomplie, Jonas salut les jeune gens et s’éloigne. Il se retourne un moment et adresse un sourire goguenard à Ashlaan, l’air de dire « Ben mon gars, maintenant que t’es chaud comme la braise, il va falloir assurer le reste du repas sans prendre feu »
Zoyah
L’intervention de Jonas lui avait fait l’effet d’une douche froide au point de lui couper le souffle. Il l’avait pris sur le fait et elle avait la désagréable sensation d’être semblable à une petite fille surprise en train de commettre une bêtise…mais quelle jolie bêtise. Zoyah avait cette incroyable faculté de changer d’humeur aussi facilement qu’on change de veste. La passion devint colère, la tendresse se mua en déception irritante. Foudroyant Jonas de ses yeux teintés d’orage, elle l’inonda de reproches d’avoir ainsi malmené sa belle vaisselle. Elle ne pouvait décemment le blâmer d’avoir brisé l’instant magique, elle trouva donc un autre prétexte afin de décharger tout son agacement du moment.

L’instant d’avant, la tisserande était comme plongée dans un rêve éveillé à la saveur sucrée, profitant des caresses d’Ashlaan. Son cœur s’était emballé et son corps entier refusait d’obtempérer à la mise-en-garde que lui lançait sa raison. Néanmoins, elle n’était pas prête à s’abandonner entièrement à lui. Trop d’incertitudes, de non-dits, de secrets qu’il lui faudrait dissiper avant de se livrer au beau brun même s’il hantait déjà ses nuits lors de ses songes.

Silencieuse, elle ressassait dans sa tête ce qui venait de se passer. Il y a encore peu, elle tâchait de garder une certaine retenue, ne pouvant instaurer une réelle distance tant l’attraction était forte. Et, répondant à une envie primaire, elle s’était ruée sur les lèvres d'Ashlaan afin de lui transmettre toute sa passion. Baiser auquel il avait répondu avec la même ardeur. La complicité s’était alors métmorphosée en une tendresse communicative pendant laquelle la jeune demoiselle s’était lovée contre le corps puissant de son aimé. La communion intense des deux êtres avait été interrompue fort brutalement et Zoyah n’avait pu murmurer quelques mots tendres à l’oreille d’Ashlaan.

Bougre de Jonas, il venait de lui couper l’appétit. Le bonhomme renvoyé durement à ses occupations, la contrariété fut vite oubliée grâce aux sourires du beau jeune homme. Ashlaan l’incitait de la voix à déguster le plat et attendait son avis avec une impatience non feinte.
Ils passèrent donc une partie de la soirée à deviser gentiment sur ce qui les rapprochait et les différenciait. Ils découvrirent avec plaisir et amusement que la gourmandise était un de leur défaut commun quoique nettement plus accentué chez Ashlaan. Zoyah le félicita pour le plat qu’elle qualifia de succulent si bien qu’il la resservit une deuxième fois. Les deux jeunes gens échangeaient en paroles et en regards et le dîner se poursuivait sous les meilleurs auspices. Jonas apporta le plateau de fromages. Il adressa un regard quelque peu narquois à l’invité de la soirée lorsqu’il le posa lentement devant les deux tourtereaux. Un « merci Jonas », prononcé sèchement le fit rapidement déguerpir et le tête-à-tête put reprendre sereinement et amoureusement.


Une question …encore une...

Vous me parlez beaucoup de votre mèresourireelle avait l’air d’être importante dans votre vie, maismarquant une pause le temps de le laisser terminer sa bouchéevous ne parlez jamais de feu votre père ?...Ni même de votre famille proche ? regard interrogatif…avez-vous des frères et des sœurs ? …pardonnez cette curiosité…peut-être excessiveposant sa main sur la sienne avec une tendresse prononcéemais j’ai envie de savoir tout de vous.

Son regard trahissait tout l’amour et l’admiration qu’elle lui portait. Ils s’étaient rapprochés bien plus qu’elle n’avait osé l’espérer et elle attendait de lui peut-être bien plus qu’il ne pouvait lui en donner. Assouvir la curiosité de la belle serait pour Ashlaan bien moins aisé que de calmer ses ardeurs amoureuses.
Ashlaan
Tout en déposant un baiser sur la délicate main de son hôtesse qui reposait à présent dans la sienne, il prit le temps de la réflexion, contemplant le visage de Zoyah, baigné de la lumière orangée des bougies. La clarté relative du soir d'été avait laissé sa place à une nuit de pleine lune, l'air s'était rafraichis, les grillons chantaient leur sérénade et elle était là, à le dévisager en attendant sa réponse...

Au fil de la soirée, le petit jeu de séduction auxquels son hôtesse et lui s'étaient livré s'était métamorphosé en une complicité totale, les échanges verbaux peu à peu remplacés par des regards, des sourires, des caresses... Ashlaan glissait peu à peu vers un abîme qu'il connaissait bien et dans lequel il s'était promis de ne jamais retomber... L'amour, un sentiment humain qui s'avère une torture pour celui qui n'a sa place nulle part, si ce n'est sur les routes.

Un dernier regard sur ce visage rond inondé de la lumière vacillante des bougies, son menton délicat, sa bouche aux lèvres charnues, son nez fin, son regard azur, capable d'allumer un incendie d'un simple regard tout comme de noyer celui qui s'y plonge... A la voir comme ça, il aurait pu tout lui dire, pas simplement ce qu'elle voulait entendre, mais la vérité. Le drame qu'était son ancienne vie, son histoire, la seule et véritable histoire...

Toute son enfance il l'avait passé dans l'ombre de son frère ainé, qui n'avait le qualificatif d'ainé que parce qu'il était soi disant sorti le premier du ventre de sa mère, ainé et jumeau, Aleksander... Alors que quelques secondes s'étaient écoulées et devant le regard perplexe de Zoyah attendant qu'il se décide à sortir un mot, Ashlaan mentit...

- Mon père était un homme bien, sévère mais juste, les années que j'ai passé à ses cotés resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Pour tout vous dire, peu de gens sont assez proche de moi pour savoir tout ce que je vous avoue ce soir. Pardonnez ma pudeur quant à ces histoires, je n'ai pas l'habitude de tant de confessions. Une petite pause pour reprendre une gorgée d'un vin tourangeau avant de reprendre... Je n'ai ni frère ni sœurs, mes parents avaient déjà fort à faire avec moi et il parait que j'ai fait rager plus d'un serviteur dans ma jeunesse... Petit rire gêné, mais où puisait il autant de mensonges?... Voilà... J'espère avoir assouvi votre curiosité, au moins temporairement...

Tous deux devisèrent alors de choses et d'autres, les avantages et les inconvénients d'être fils unique, la vie dans une ambassade, plus Zoyah demandait et plus Ashlaan lui servait le roman d'une vie inventée pour l'occasion... Non par malice mais pour cacher la triste vérité. Tandis qu'il débitait la petite histoire fictive, dans son dos, les marques qu'il garderait toute sa vie se mettaient à le démanger et la douleur se réveillait...

La mine ravie de Zoyah le fit fondre, las d'embrasser sa main, il se pencha pour gouter de nouveau à ses lèvres, tendrement, presque ravi d'avoir capté dans son champ de vision le regard de Jonas probablement énervé de les voir de nouveaux s'étreindre. Ainsi, après de longues minutes de démonstrations de tendresse, Ashlaan fit signe au serviteur d'amener le panier d'osier puis, il retourna la question précédemment posée à son interlocutrice...

Et vous ma douce hôtesse? Parlez moi de votre famille...
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Jonas, incarné par Zoyah


Les mains rugueuses de Jonas étaient plongées dans un baquet d’eau brossant vigoureusement le récipient ayant servit à la cuisson du plat de l’étranger. Le fumet était alléchant mais la préparation bien trop sophistiquée pour que le quadragénaire l’apprécie. Jonas aimait les choses simples, avec un goût d’authenticité et dont la saveur n’était pas camouflée par une myriade d’épices ou d’herbes aromatiques. Un papillon de nuit se heurte à la fenêtre. Le serviteur lève sa face morne et pose son regard durcit par les aléas de la vie sur l’insecte d’un blanc jaunâtre. Il donne plusieurs assauts contre cette fenêtre, ne parvenant pas à trouver la sortie salvatrice. La lumière l’avait attirée dans la pièce et l’avait laissée pris au piège. Jonas s’approche et pince les ailes de la bête qui s’affole puis l’entraîne à l’extérieur.

Il faisait déjà nuit et la lumière argentée de la lune donnait un aspect presque irréel au jardin. Un peu plus loin, des petits points lumineux vacillaient lentement. Leur douce lueur orangée tamisait l’ambiance particulière de cette soirée. Jonas aperçut alors les deux amoureux s’enlaçant tendrement. Une grimace désapprobatrice apparut sur son faciès. Voyant que les deux tourtereaux avaient vidé leur assiette, il s’approcha avec l’espoir de les déranger un peu.

Un œil de jade le nargue tendit qu’il lorgne sur l’épaule de sa maîtresse, légèrement découverte par une caresse un peu audacieuse d’Ashlaan. Jonas s’inquiète un instant, ne voyant pas venir la fin de ce moment d’affection. « Y vont pas forniquer ! » s’affole-t-il intérieurement. Les lèvres de l’étranger effleurent l’épaule dont la peau satinée frémit sous le contact puis rabat l’étoffe de la robe afin de la dérober au regard du serviteur.

D’un geste assuré, comme les nobles habitués à se faire servir, il lui mande d’apporter le dessert. Pas d’inclination de la tête, même pas un geste montrant qu’il avait compris. Tout juste un bougonnement trahissant sa profonde irritation. Néanmoins, il s’exécute…avait-il le choix ?

Jonas s’éclipse le temps aux amoureux de reprendre leur conversation…hum…hum. Il revient quelques instants plus tard les bras chargés du panier et son mystérieux contenu. Il interrompt visiblement encore quelque chose…décidément.
Zoyah
Un gémissement étouffé franchit la bouche sanguine de la jeune femme lorsque son doux compagnon dénuda son épaule en un geste adroit et expérimenté. Il avait, à n’en pas douter, l’assurance d’un homme qui a déjà connu bien des femmes. Zoyah glissa doucement ses mains sur le dos de son beau brun afin de s’y accrocher avidement. Elle lui susurrait à l’oreille des mots doux, se faisant à la fois caressante et enjôleuse. Elle était entièrement lovée contre lui, s’offrant totalement à ses caresses, oubliant la retenue dont elle aurait dû faire preuve. Ses petites mains blanches s’agrippèrent aux épaules d’Ashlaan lorsqu’il fit courir ses douces lèvres sur son cou et l’articulation délicate de son épaule. Puis, la Castelroussine en plongea une dans la chevelure de son compagnon, faisant glisser entre ses doigts la fine crinière d’encre. Un dernier baiser est délicieusement posé sur sa peau frémissante et Ashlaan referme le haut de sa robe. Zoyah, le souffle légèrement court, plus rouge encore qu’elle ne l’était déjà, le remercia d’un sourire amoureux. Elle le remercia pour n’avoir poussé plus en avant l’exploration de son corps, pour n’avoir soumis ses sens à plus d’émotion qu’ils pouvaient en ressentir pour le moment. La chair était si faible…elle aurait cédé si facilement aux assauts de son bel amoureux songea-t-elle avec dépit. Il fallait qu’elle se montre plus résolue dans ses prises de positions.

Et vous ma douce hôtesse? Parlez moi de votre famille...

Zoyah attendit que son bien maussade serviteur s’éclipse avant de prendre la parole. Elle en profita pour tremper ses lèvres dans son verre de vin tourangeau afin de faire passer son émoi pour ne pas dire son excitation.

Un soupire de satisfaction cette fois-ci. La jeune femme reprenait pied et ses yeux qui étaient jusque là troublés par l’intensité du rapprochement avait repris leur lueur plus posée.


Et bienbref moment de silencecomme vous le savez, j’ai été élevée par ma grand-mère maternelle. Ma mère a été emportée par une mauvaise fièvre lorsque j’avais à peine trois ans. Je ne l’ai pour ainsi dire pas connue…je n’ai conservé d’elle qu’une image floue d’une femme un peu tristeun sourire se fige sur son visage afin de dédramatiser l’instantelle était douce et gentille. Mon père…comme je vous l’ai dit au Hérisson Hurleur…le regard se baisse et le sourire s’effaceest un voyageur, toujours sur les chemins. Cela fait des années que je n’ai pas eu de ses nouvelles mais je sais qu’un jour je vais le trouver devant ma portehaussement d‘épaulec’est une personne fugace dont la présence est éphémèrefaisant un geste de la main, mimant un courant d’air….un jour là, le lendemain partipuis ne souhaitant pas aller plus en amont et encore moins évoquer sa relation conflictuelle avec son paternel, la jeune femme lui sourit et en profite pour lui déposer un baiser dans le cou. Ashlaan cale sa main puissante autour de la taille fine de la demoiselle et la serre tendrement contre lui. Le baiser est rendu avec passion mais il la relance et lui demande si elle était proche de ce père visiblement absent.

Hum….et bien….il revenait à la belle saison souvent….il m’a transmis sa passion pour les chevauxson visage s’illumine alors, réveillé par les tendres souvenirs d’une gamine de 7 ans juchée sur un énorme palefroi alezan, tenu par la bride par un homme à la peau tannée et au regard d’aciervous savez…je suis une excellent cavalière sur un ton enjoué. J’ai deux montures peut-être pourrions-nous faire une balade un de ces jourselle se blottit contre lui afin de mieux l’amadouerenfin nous avons bien le tempssourirevous n’allez plus partir maintenantpose la tête contre son épaule tandis que sa main droite vient caresser timidement son torse, appréciant la douceur de l’étoffe dont est faite sa chemise.

Elle avait prononcé ces mots avec insouciance, quelques paroles anodines qui transpiraient encore la naïveté. Peut-être une manière de l’empêcher de s’échapper, de l’accabler s’il venait à repartir sur les routes. Zoyah ressent un léger pincement à la taille…la main d’Ashlaan vient de se crisper trahissant certainement son trouble…la jeune femme ferme les yeux pour ne pas voir, pour ne pas constater l’inévitable…le départ futur de celui qui avait embrasé son cœur. Elle ne voulait pas entendre cette chanson là...pas maintenant…pas ce soir où ils étaient seuls au monde…’fin avec Jonas aussi.

Tiens, Jonas ! Le serviteur bourru dépose le panier qui avait tourmenté la curiosité de la tisserande. Zoyah se redresse d’un bond. Balayant d’un seul coup les sombres pensées qui avaient envahi son esprit. Elle s’empare du panier et chasse presque le pauvre Jonas, le renvoyant sèchement à son récurage de vaisselle. Les mains posées sur l’anse, le regard pétillant d’impatience tourné vers Lui : Je peux ?
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