Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP]Repos à Gent

--Fanzia


Il était bien tôt quand la troupe hétéroclite franchit les murs de Gent. C'était, à première vue, une ville morne, sans intérêt pour les brigands. Mais, pour les sicaires, c'était surtout un endroit propice au repos et au calme, après les évènements de ces derniers jours.

Tous étaient éprouvés. Leur otage, Krystel, avait les yeux rougis, et par le manque de sommeil et parce qu'elle avait beaucoup pleuré. Sa bouche était gonflée, suite aux gifles prodiguées par le Mendiant et le jeune garçon muet qui les suivait depuis le début. Filochard, toujours aussi impassible, suivait comme à l'accoutumé. Et elle... Elle ? Fanzia, elle allait bien, comme d'habitude. Vraiment ? Oui. Non. Oui... Non.

Silence et solitude.

Ils avaient perdu un compagnon de voyage. Ils avaient abandonné son corps aux eaux d'un canal. Gaspacho était mort. Il lui manquait déjà. Ils avaient partagé de mauvaises couches, dormi dans des draps mouillés, s'étaient battus ensemble, avaient tué, volé, pillé, torturé en coeur... A l'unisson. Ils n'avaient jamais été que des comparses, ils n'étaient que des compagnons d'arme. Jamais des amants. Le regrettait-elle ? Non, c'était une règle tacite entre gens de métier.

Peine et solitude.

La mercenaire avait toujours eu un faible pour les fiers moustachus. Gaspacho n'était pas que fier, il était brave. Il était Andalou. Il avait le métier dans le sang, dans le coeur. Dans son coeur de pierre. Ils marchaient ensemble pour le chef, le Maître des Ombres, qui gardait sur eux une mainmise totale. Ils ne le servaient certes pas par plaisir, mais cela n'avait pas grande importance, puisqu'elle se battait avec un ami. Et cet ami était perdu. A jamais. Il pourrissait déjà dans les eaux sales, à Bruges.

Tristesse et solitude.

Que lui restait-il, maintenant, comme complices ? Un garçon, à peine éduqué pour tuer, un Filochard pas très futé et surtout incompétent, un Mendiant miteux qu'elle devrait sans cesse avoir à l'oeil. Celui-ci avait été en effet un peu trop prompt à s'occuper de l'interrogatoire de la jeune fille. N'empêche, pour une fois, il avait eu bien fait. Ils savaient désormais que la gamine avait un lien avec leur affaire. Ils n'étaient pas marrons. Ils avaient tout bon. Elle n'avait plus de compagnon d'arme de qualité, elle n'avait plus d'ami, elle n'avait plus qu'une otage, une équipe à faire tourner.

Obéissance et solitude. C'était tout ce qui lui restait. Elle coula un regard sur la jeune fille. Qu'en feraient-ils, sitôt leur aventure flamande terminée ? Incertitude du lendemain. Tracas du quotidien. Avancer, avancer sur le chemin de la vérité. Obéir, obéir à ce chef tant haï. Rester seule. Toujours seule. A jamais, abandonnée par le seul homme qu'elle aurait pu aimer. Si elle avait jamais su aimer.

Ils étaient arrivés près d'un verger. Elle descendit de cheval.


Nous camperons ici.

Voix voilée. Gorge nouée. Il lui fallait continuer à avancer. Après tout, il lui restait son métier.

_________________
Krystel_van_hoedezee
Gent. Toujours en Flandres.

Ce n'était pas avec un réel enthousiasme que Krystel se retrouvait dans cette ville. En réalité, on l'y avait forcé. Une fois de plus, elle avait subi. Elle n'était pas actrice de ses gestes. On lui imposait tout, lieu de halte, jour de départ et d'arrivée... et même le compagnon qui chevauchait avec elle.

On lui avait imposé le silence, on lui avait ordonné de parler, de dire qui elle était... A chaque fois, elle avait voulu se rebeller. A chaque fois, on l'avait forcé à obéir. Elle était percluse de douleur. Sa bouche, enflée, la faisait souffrir. Son corps, qui avait tout de même été épargné, était douloureux et raide. Elle avait sommeil, mais comment dormir avec des inconnus, dont les trois quarts étaient des hommes ?

Et ces gens, d'abord, que lui voulaient-ils ? Elle ignorait qui étaient ces Nestor et Arthur. Etaient-ils seulement de sa famille ? Visiblement, oui, car sa mère, sa pauvre mère, avait une bourse qui l'attestait.

Toute cette troupe moins un membre mort, qu'elle avait mal jaugée un premier regard, se trouvait donc à Gent. Pour combien de temps ? Pour combien d'heures, même ? Allaient-ils au moins reposer les chevaux (les chevaux de son père et sa jument, soit dit en passant) ?

Nous camperons ici.

A la bonne heure ! Le môme et Krystel descendirent de cheval en silence. Il la mena près d'un arbre et sembla hésiter un instant, puis s'éloigna pour s'occuper de la monture. Epuisée, moralement et physiquement, la jeune fille sentit ses sens faiblir. Quelques minutes plus tard, elle dormait d'un sommeil peuplé de cauchemars.

_________________
Henrijean01
passent par le verger pour voir que tout allait bien vit une trouppe entrain de se reposer

continue sont chemin
_________________
Petitcabri
Cab, qui est diacre de Gent allait souvent au verger pour la tranquillité du lieu, qui l'inspire pour ses sermons, mais aujourd'hui ce lieu n'était pas aussi tranquille que d'habitude un campement se trouvé non loin de là ou cab avait pris l'avait pris l'habitude d'aller ... Elle regarda un instant et ses anciennes notions de Lieutenant éveillé le soupçon en elle .... Elle avait bien envie d'approchait.... Quand soudain elle vit le sergent Henrijean, s'arrêter un instant puis repartir. Cab fini part penser que ça ne devait pas être très important pour que le sergent continu sa route ...Elle resta donc la, assise contre son arbre à rêvasser un parchemin et une plume à la main ...
_________________

Gratias Ago...Alhysis
--Le_mendiant_


La Belle, Le Blaireau et le Filou

Plus un mendiant. Voilà tout ce qui restait de l'équipe de choc, formé par les cinq compères aux compétences plus hétéroclites les unes que les autres. La Belle, elle aimait son épée et ses dagues, le Filou peu futé avait une botte secrète, si secrète que nul ne la connaissait. Le Mendiant, lui, avait une compétence certaine pour la torture en tout genre et la collecte d'informations aux citoyens plus ou moins volontaires. Et Le Blaireau,
alias le gamin ? Lui, il ne savait rien faire, pas même talocher proprement, sans laisser de traces. Il n'y avait qu'à voir leur otage pour constater les dégâts : les lèvres enflées. Le Mendiant était un professionnel, il ne laissait aucune trace de son passage, lui. Ah oui ! Il y avait encore du travail à accomplir avant de faire de ce pâle garçon un fier sicaire, un soldat de la question digne de ce nom.

Le Mendiant soupira, ce qui le fit tousser. Il avait attrapé froid, à courir nuitamment en pleine campagne. Heureusement, Fanzia avait fait arrêter la troupe. Au moins, le Vieux pourrait reposer sa pauvre carcasse. Il s'installa près d'un pommier et ferma les yeux. Reposer les quinquets un instant... C'était tout ce qu'ils demandaient, lui et son corps meurtri par la selle. Un ronflement épouvantable le ramena à une bien triste réalité : leur otage, la môme Martin, dormait bruyamment. Il roula vers elle (et, pour une vieille tige comme lui, c'était un miracle qu'aucun os n'ait rompu au cours de l'acrobatie), et lui donna un coup dans les abatis. Hé hein ! Elle n'avait pas honte d'empêcher ses ravisseurs de dormir ? Il se cala ensuite du mieux qu'il pût dans ses guenilles, et tenta de piquer un roupillon.
Krystel_van_hoedezee
Krystel rêvait. Cauchemardait, en réalité. Elle galopait dans une sombre forêt de grands chênes. Des loups aux dents longues la poursuivaient. Et elle galopait, galopait. Son cheval (ce n'était pas sa jument Eurydice) écumait. Il était épuisé. Il avait peur. Mais il continuait à galoper, pour sauver sa peau et celle de sa cavalière.

Sans comprendre comment, quelque chose la frappa à la jambe droite. Elle regarda ce que c'était. Des serres d'aigle l'agrippaient et la tiraient vers le haut. Elle n'échappa ni à leur force ni à leur magie, et fut emportée loin des loups. Autour d'elle, le paysage changea à une vitesse folle. Elle ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, elle était dans un verger, avec des gens qu'elle aurait préféré n'avoir jamais rencontré. Elle se frotta la jambe droite. Quelque chose lui avait fait mal.


Bon, et bien, et maintenant ? Qu'allez-vous faire de moi ?

Elle soupira. Il n'y avait aucune trace de rébellion dans ses propos. Elle voulait simplement savoir ce qu'ils avaient l'intention de faire d'elle. Histoire de se préparer au pire... Elle était cassée, elle était vaincue. Elle subirait. Si Dieu avait pour elle quelque funeste dessein, elle le subirait, la tête haute. Elle n'avait plus de larmes, elle n'avait plus de chagrin. Tout ce qu'elle était était brisé en mille morceaux. Elle n'était plus rien qu'un Instrument avec lequel les sicaires pourraient jouer. Même si son calvaire prenait fin, en cet endroit et à cette heure, elle savait que les épreuves de ces derniers jours l'avaient transformée à tout jamais. Elle ne serait plus aussi insouciante qu'avant. Ses pensées ne seront plus jamais légères. Elle serait différente. Adulte dans un corps adolescent. Vieillarde dans un corps d'enfant.
_________________
--Fanzia


Et pendant ce temps-là... Fanzia ruminait. Elle avait vu du coin de l'oeil un type tourner autour d'eux avant de partir. Heureusement, il ne s'agissait pas là d'un téméraire venu chercher noise à la bande de sicaires. Apparemment, leur petite troupe n'éveillait pas la moindre curiosité envers les habitants qui passaient par le verger. A part, peut-être, une donzelle qui les regardait bizarrement. Bah, si elle avait un souci avec eux, Fanzia se chargerait bien de régler l'affaire... avec doigté. Sourire carnassier. Un peu d'action l'empêcherait de tourner en rond, de ruminer de sombres pensées.

La mercenaire jeta un coup d'oeil à ses compagnons. Filochard était parti en reconnaissance, sans doute pour aller cueillir quelques fruits, le môme était assis non loin des chevaux, sans doute prêt à s'enfuir au moindre danger. La gamine s'était endormie et avait le sommeil agité. Le Mendiant, qui s'était installé non loin de l'otage, lui donna un coup à la jambe. Fanzia leva les yeux au ciel et s'approcha du vieillard. Elle l'attrapa par le col et, le soulevant à demi, grogna :


On arrête le massacre-là, charogne ! La gamine, on en a besoin, tu piges ?

A ce moment-là, la gamine ouvrit les yeux.

Bon, et bien, et maintenant ? Qu'allez-vous faire de moi ?

Fanzia lâcha le mendiant et s'accroupit près de la gamine. Elle lui dégagea le front de quelques mèches de cheveux, lui caressa la joue. Il ne fallait pas lui faire peur, à la môme. Hé bien, c'était réussi ! La jeune fille avait les yeux dilatés par la peur, ses lèvres, serrées, tremblaient d'effroi plus que de colère. Elle avait la trouille. Quoi de plus normal ? Une bande de sicaires vient chez vous, vous enlève et vous emmène faire un tour. Elle vous ordonne de lui obéir, de continuer votre office comme si de rien n'était, de rassurer votre entourage. En somme, elle vous ordonne d'être un otage consentant. Mais vous ne l'êtes pas. Vous savez qu'en cas de désobéissance, on vous fera du mal. Alors, forcément, vous avez peur.

Fanzia se souvint alors de la missive vanillée. Elle la sortit de son corsage, la tendit à Krystel.


Tiens, c'est pour toi. Je ne l'ai pas ouverte.

Fanzia, le coeur de pierre à la voix rauque, avait prononcé ces derniers mots avec une douceur qui ne lui était pas familière. La pierre avait-elle le pouvoir de fondre face au regard d'une enfant en détresse ?

_________________
Krystel_van_hoedezee
La rouquine s'approcha de Krystel, lui caressa la joue comme à une enfant. La jeune fille écarquilla les yeux de terreur. Une telle femme, qui la cajolait ? Krystel sentit son sang se glacer dans ses veines. Mais déjà, la mercenaire lui tendait un pli.

Tiens, c'est pour toi. Je ne l'ai pas ouverte.

Etonnée, la jeune flamande jeta un coup d'oeil sur le cachet. Stupeur. Une missive vanillée, en ce lieu et en cette heure ? Krystel voulut demander où la rouquine avait fait pareille découverte, mais elle se contenta pour l'heure de décacheter le pli avec précaution... Quelques lignes, une date, un lieu. Bigre. Rendez-vous en Bourgogne ? La jeune fille releva le nez et, tout en tendant la lettre à la rousse :


Tenez, regardez... J'ai rendez-vous au château de Menessaire, dans le duché de Saulieu.

La jeune fille hésita un instant, puis, relevant la tête.

La Dame qui m'a envoyée cette lettre... Je suis l'intendante de son domaine, Ath. Je dois m'y rendre.
_________________
--Fanzia


Léger coup d'oeil à la lettre. Bélial, la mioche avait raison ! C'était une invitation. Encore une de ces nobles qui organisaient des goûters ? S'il fallait encore attendre dehors pour la récupérer... La mioche devait se rendre à cette invitation. Mais elle ne devait pas y aller seule. Il était hors de question de perdre la fille de vue.

Très bien, tu iras à Menessaire, ma fille.

Elle se leva pour s'étirer et regarder dans la direction de la donzelle qui ne les quittait pas des yeux. Elle appela le garçon, et Filochard.

Vous deux, j'en ai assez de vous.

Comment, la rouquine congédiait son monde ? Elle en avait le droit ? Parfaitement.

Vous allez retourner auprès du chef et lui donner une lettre de ma part.

Elle prit à Krystel de quoi écrire et griffonna quelques mots. Puis, elle plia la lettre, et la tendit à la Filasse.

Citation:
Major,

Nous avons suivi vos instructions à la lettre. Nous n'avons pas encore retrouvé les deux hommes, mais nous avons en possession quelque chose qui vous plaira. C'est une jeune fille d'à peu près quatorze ans. Sa mère s'appelait, paraît-il, Poupoule Martin. Nous ignorons encore son lien de parenté avec ceux que nous recherchons.

Une drôle d'invitation est parvenue à la gamine. Il est indispensable, pour la réussite de notre projet, de la laisser vivante et bien exposée à la vue de tous. Nous l'escorterons jusqu'à Menessaire, puisque c'est le lieu de rendez-vous. Nous aviserons ensuite, selon vos ordres.

Pour que l'Ombre perdure,

Fanzia Longdüe.


En main propre. Compris ?

Il sembla comprendre. Il prit un des chevaux, fit monter le môme derrière lui. Et tous deux s'en allèrent sans même se retourner pour dire adieu.
Laissant là les deux compères inutiles, Fanzia ordonna ensuite au vieillard de se lever, de grimper sur sa monture. Puis, elle donna à Krystel les rênes de la jument qui avait jusqu'à présent porté la rouquine.


C'est une belle bête. Elle est parfaite pour une intendante.

_________________
Krystel_van_hoedezee
La rouquine s'agitait, donnait des ordres. Etait-ce là l'heure du départ ? Sans doute, car le môme et Filochard partirent, pli en main, vers un chef inconnu. Puis, la mercenaire donna les rênes d'Eurydice à Krystel.

C'est une belle bête. Elle est parfaite pour une intendante.

Krystel sourit, pour la première fois depuis un moment. La Rousse ne pouvait pas deviner que cette jument était sienne. Krystel ne se fit cependant pas prier deux fois.


Merci.

Et hop ! Que je te monte en selle. Et hop, que je garde le menton droit. La jeune fille était loin d'être une cavalière émérite, mais elle saurait faire avancer sa jument sans tomber. Elle zieuta la rouquine, puis le Mendiant. Ils allaient sans doute la suivre. C'était même certain. Elle n'était pas spécialiste des prises d'otages, surtout les prises d'otages sans rançon et complètement ridicules, mais elle se doutait bien qu'on ne lâchait pas une proie sur une lettre, même vanillée. Bien sûr, elle aurait préféré se retrouver sans eux. Mais, fallait pas rêver éveillée, non plus. Certes, elle n'avait pas affaire aux bandits de l'année, mais elle n'avait pas non plus affaire aux bouseux de service. Ils la tueraient s'il le fallait. Le Mendiant l'avait suffisamment frappée pour qu'elle sut que de tels gaillards pouvaient se révéler dangereux.
_________________
--Le_mendiant_


Partir...

Le Mendiant savait bien qu'une pareille chose pouvait arriver, que la troupe se séparerait un jour. Mais pas si tôt ! Le môme parti, et le Filochard avec lui, c'était deux membres qu'on ôtait à un même corps. Mais, les ordres étaient les ordres. Et, dans le fond, ils risquaient moins leur peau à partir. Le Mendiant, lui, devrait encore craindre la rouquine. Peut-être même d'autres dangers... Après tout, Fanzia et le Vieillard devaient accompagner la jeune fille en un lieu inconnu. Mé-Mene... chose. Un truc bourguignon, puisqu'ils allaient près de Saulieu. Saulieu, Saulieu... n'était-ce pas un fief d'une Princesse de France ?

Mais il était l'heure de partir, et non de réfléchir. Partir. Sans espoir de retour. Sans regrets non plus. Il grimpa sur son cheval, et suivit la troupe vers de nouvelles aventures.
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)