Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] L'amour jaune.

Saorii
[RP ouvert]

En Béarn, donc, la brune. Seule. Comme depuis un petit bout de chemin maintenant, qu'elle trace depuis l'Italie - une voie en silences et en pointillés. Mais devant les courbes verdoyantes de cette région gironde et fertile, l'adjectif prend tout son sens. Rien de tel que le spectacle d'une vie grouillante pour vous faire prendre conscience de votre propre isolement.

Elle a croisé le brun, par hasard, sur sa route vers les potagers flamands. Les au-revoir se sont accompagnés de quelques doux condiments, amères étreintes et illusions sucrées. Oui, elle ira le rejoindre. Pourquoi ne pas y croire un peu... Trouver tout naturel cette nouvelle séparation, qui fait suite à une autre, et à divers coups de poignard dans les tripes saoriennes. Elle a donc sagement bercé sa panse endolorie, lui racontant de jolies histoires pour l'endormir, en mère poule attentionnée. Et l'Armagnac est passé ainsi - l'indigeste truisme, aussi. Mais voilà, la sauce béarnaise vient réveiller des sens assoupis, et la tripaille ne s'accommode plus d'être accommodante. Elle réclame des réactions, à défaut de réponses.


- "Saorii, mourir à petit feu, c'est pas ton genre. Fais le avec éclat ou ne le fais pas du tout."

- "Je sais bien, gaster indélicat. Mais quoi ? Vivre sans lui ? Ou feindre de ne pas voir cette garce d'évidence qui étale ses atouts généreux et perfides sous mon nez ?
C'est un choix ça ?"

- "C'est celui que tu as."


Renoncer à l'existence parce que celui qui est toute votre vie est en train de renoncer à vous, c'est tellement logique que ça frise le ridicule. C'est lâche à souhait, aussi. Et diablement séduisant. Ce ne sont ni la couardise ni le ridicule qui l'arrêtent, mais sans doute l'agacement de la facilité. Elle n'a jamais aimé les beaux parleurs, la brune, ceux qui vous entortillent au premier claquement de doigts, ceux qu'on remarque au premier regard. La mort est de ceux-là, et d'ailleurs, elle porte bien mal ses attributs féminins. La Faucheuse n'est rien de plus qu'un de ces gigolos de seconde zone qui hantent les tavernes pour vous soutirer vos quelques biens. Pathétique amant, qui plus est.

Saorii en est là de ses réflexions, le postérieur planté sur un rocher au bord du chemin, la caboche sous les derniers rayons d'un soleil moribond. Au loin, une ville. La vagabonde qui voyage léger s'apprête à gagner Lourdes, tout un programme. Mais quel qu'en soit le poids, elle a fait son choix.

_________________
SAO.
--Ditzzy


La jeune marchait le long de la route qui menait à Lourdes. Ce qu'elle avait à y faire là-bas ne regardait qu'elle, encore heureux. Qu'il était pénible de marcher autant de temps depuis que le cuistot avait tué son cheval. Et pour quelle raison ? Parce qu'il lui avait bavé dessus...
Tout en poursuivant son chemin, la petite bougonnait. Normal que ça bave un cheval, c'est fait ainsi...
A cause de lui, elle avait mal au pieds, elle avait soif, et elle se sentait sale. Une dame, ça doit pas se sentir sale. Une dame, ça doit se sentir propre et fraiche comme la rosée du matin.
Toujours énervée, elle leva le nez en direction de ce soleil qui la faisait tant suer et se mit à le maudire.
Ce n'est que plus tard, toujours sur le chemin, qu'elle remarqua au loin une forme sur ce qui semblait être un rocher.

Chouette ! Je vais peut-être pas rester toute seule sur la route !!!!!

Cette fois-ci, la gamine force l'allure. Toujours aussi enjouée et curieuse, elle se demande bien qui peut être cette personne, ce qu'elle fait là, puis si elle va à Lourdes comme elle. Le chemin, il défile plus vite quand on est bien accompagné.
Mais si c'était un piège ? Avec des brigands bien planqué pour lui subtiliser ses biens ?....Enfin....Des biens ? Elle a rien sur elle à part un poignard bien mortel et quelques piécettes pour son repas.
Après un bon petit quart d'heure, elle arrive enfin à quelques mètres, se rapprochant assez pour s'apercevoir que c'est une femme qui se tient là.

Cool.....Plus marrant quand c'est une dame....

Ni une ni deux, la jeune arrive droit sur l'inconnue en trottinant. Mine radieuse, elle la sonde des pieds à la tête avec le sourire avant de lui balancer un « bonjour » des plus joyeux.
Surement qu'elle sera méfiante à son égard, mais la petite n'en prend pas garde pour le moment et se présente.

- Moi c'est Ditzzy ! Je vais à Lourdes ! Un peu de compagnie ça te dit ? Je m'ennuie toute seule !!!
Saorii
Dans l'existence des gens lucides et clairvoyants - non, bon, d'accord, surtout des oisifs qui n'ont que ça à faire de regarder autour d'eux - les choix lourds de conséquences sont souvent suivis de signes qui donnent le ton des réjouissances. Sao pose donc des mirettes perplexes sur celui qui vient de se planter devant la caillasse où trône son mignon séant de voyageuse usée. Un petit bout de femme brun et souriant.

- Moi c'est Ditzzy ! Je vais à Lourdes ! Un peu de compagnie ça te dit ? Je m'ennuie toute seule !!!

Haussement de sourcils d'une brune dubitative. Du frais, du joyeux, de l'exclamatif, de l'amical. Juste quand vous venez d'écarter d'un revers de main une perspective autolytique des plus séduisantes. Tout ça sent la conspiration à plein nez. Aristote en aube pourpre, les tempes nimbées de lumière divine, qui se serait pointé sur ce chemin poussiéreux, que ça ne lui aurait pas paru moins naturel. Pour un peu, elle jetterait un regard suspicieux vers le Grand Barbu du brun, là-haut, mais se souvient à temps qu'elle n'y croit pas. Et puis, Lourdes, avec un nom pareil... Ça serait quand même étonnant que les hautes instances mystiques daignent se pencher sur cette insignifiante bourgade et sur une non moins insignifiante brune pour y poser leur gracieux et aérien fessier. Non, aucune chance.

Doux raclement de gorge, et des prunelles fauves qui s'essayent à être aimables.

- "Saorii, voyageuse. Lourdes, c'est là que je vais. Aussi. Et pour la compagnie, je n'ai rien contre, c'est vous qui risquez de trouver la mienne assez déplaisante, je pense."

Et de sourire un brin, pour ne pas effaroucher la demoiselle, et tenter d'atténuer des présentations qui auraient pu être plus amènes - au moins en a t-elle conscience - envers sa première accointance béarnaise.
_________________
SAO.
--Ditzzy


Le sourire de la petite s'estompe légèrement avant de repartir aussi sec. Trouver sa compagnie déplaisante ? C'est mal la connaître...
Tout en sautillant gaiement, Ditzzy s'exclame d'une voie empreint de gaieté :

- Ca ne fait rien, j'ai l'habitude....Puis à mon contact tu te détendras tu verras, je suis pas méchante moi !!!
En plus, j'ai l'habitude de la compagnie déplaisante...surtout avec Jim. Tu le connais ?


Bien évidement qu'elle ne la connait pas le cuistot. Ce n'est pas le genre de femme à s'intéresser à des rumeurs qui concernerait un ancien corsaire recyclé dans la cuisine. Souriant de plus belle, la petite la regarde des pieds à la tête. Elle l'a trouve pas mal ! Mais alors pourquoi est-elle seule ? Que fait-elle sur cette route à attendre sur ce rocher ?....Puis pourquoi elle semble triste ?

- Jim il est un peu sauvage dans ses propos, mais il a le cœur sur la main. D'ailleurs c'est à cause de lui si je suis à pied....Il a donné un coup de sabre à mon cheval parce qu'il lui avait bavé dessus....C'est pas juste...

Petit silence pour la laisser respirer, la Ditzzy patiente puis la suit lorsqu'elle prend la route. Des tas de questions se bousculent dans son crâne la concernant, mais elle ne veut pas l'étouffer, alors elle se mord la lèvre inférieure comme pour s'empêcher de tout déballer.
Un petit moment silencieux, des œillades toujours aussi joyeuses, et elle cède finalement à sa curiosité. Sa voix mélodieuse résonne dans l'air, trop simple et trop agréable pour être prit comme de l'hypocrisie...

- C'est beau comme nom Saorii !! Ça vient d'où ?
Saorii
La brune déplie sa carcasse et quitte son perchoir improvisé en même temps que le fil de ses pensées. La diversion est la bienvenue, en fin de compte. L'équation oxymorale qui commence à se dessiner est remise à plus tard. Oui, parce qu'il est de ces choix pernicieux qui en appellent toujours d'autres, et une fois le doigt pris dans l'engrenage, on ne sait jamais jusqu'à quel bout de chair ils vont arrêter de vous bouffer. En l'occurrence, choisir de vivre, c'est bien joli, mais encore faut-il qu'elle sache comment, pour quoi, et surtout, si c'est avec ou sans lui. Pas sortie de l'auberge psychique, celle qui avale l'introspectif comme d'autres leurs chopines de bière. Pour ça qu'elle évite autant que faire se peut les décisions, la flegmatique Saorii. Ça titille ses mauvais penchants. Et là, ça tombe rudement bien. Une mignonne a statué sur le fait qu'elles feraient route ensemble, et que la brune penserait plus tard. Mais la contrepartie, c'est qu'il va falloir jacter, apparemment, et de ça non plus, elle n'est guère adepte.

- "Jim ? Euh... Non, je ne connais pas. Je ne connais d'ailleurs personne dans ce comté." Et après un silence pensif: "J'ai eu un cheval, aussi. Il me ralentissait dans les montagnes, je l'ai donné..."

Sur ces paroles sibyllines, la voyageuse épaule sa besace et se met à marcher, la gamine lui emboite aussitôt le pas. Brefs instants de silence, elle se sent observée, s'en amuse. Son esprit, qui décidément ne sait pas se tenir, est reparti errer dans les montagnes italiennes, lorsqu'elle regagnait la France il y a quelques mois, plus morte que vive. La vérité c'est qu'elle n'était même plus capable de s'occuper d'elle-même, alors d'un canasson...

- C'est beau comme nom Saorii !! Ça vient d'où ?

Elle esquisse un doux sourire.

- "De l'ironie du sort. Bien la seule fois de leur vie que mes géniteurs ont fait preuve d'originalité..."

Œillade à la petite. Ça lui fait du bien, cette fraicheur, et ce rapport tout simple, qui s'installe. Comme prévu par la gamine, la brune se détend. Et lui envie cette facilité, elle qui n'était à son âge qu'une sauterelle mutique.

- "Que vas-tu faire à Lourdes, Ditzzy ? C'est là qu'il vit, ton Jim ? Ou toi, peut-être..."
_________________
SAO.
--Ditzzy


La jeune ricane légèrement. On lui aurait chatouillé les pieds qu'elle aurait eu la même réaction.

- Mon Jim ?!? On est pas ensemble !!! Il a trois fois mon âge, c'est un ancien !!

Ditzzy secoue la tête et brasse l'air de sa main, s'apprêtant à déballer son histoire. Toujours aussi joyeuse et excitée, sa démarche est un mélange de sauts et de longues enjambées.

- On vit pas à Lourdes ! On est des soldats de l'OST ! Là-bas c'est notre famille !

Elle prend un peu d'avance, se retourne, puis marche à reculons, les mains jointes dans le dos, pour faire faire face à son interlocutrice sans avoir à s'arrêter.

- Jim et moi, on s'occupe de la cantine de la caserne de Tarbes.....Je fais le service, et lui les repas....D'ailleurs ! Jim ! Il est super doué ! Avec des ingrédients pas frais, il te fait un plat succulent !!

La petite se met alors à tourner autour de saorii en sautillant.

- Il m'a envoyé ici pour acheter des ingrédients dont il a besoin....Et moi.....Je vais en profiter pour m'acheter quelques vêtements....Parait qu'il y a un tisserand très doué à Lourdes !

Petit silence.

- Et toi ? Tu viens faire quoi à Lourdes ?
Saorii
La brune a un rictus involontaire, et se raidit légèrement. Une soldate, ce joli brin de bonne humeur qui l'accompagne ? Fichtre. C'est qu'elle n'aime pas trop ces bêtes-là, la vagabonde. Pas vraiment un ressentiment personnel, juste une défiance instinctive envers ce qui marche au pas. Mais à l'évocation du cuisinier et de ses talents, d'autres images viennent se superposer à celles qui avaient déjà pris le contrôle du cerveau saorien. Les files de militaires bien alignées deviennent des rangs d'oignons prêts à sauter dans la braisière, les larmes des veuves éplorées se changent en eau à la bouche, la trompette laisse la place au chant des casseroles. Et un brun qui n'a pas eu la décence de s'éclipser très longtemps, revient sur le devant de la scène, avec toute son artillerie de condiments. Soupir résigné. Il n'est jamais bien loin.

- Et toi ? Tu viens faire quoi à Lourdes ?

Elle hausse un sourcil amusé devant un verbe banal mais pourtant ô combien percutant.

- "Faire ? Des tas de choses. Un choix, le point, le Jacques, du lard, ou le poireau, c'est selon. Mais surtout, je viens voir, et arpenter."

Et justement, tout en devisant nonchalamment, les deux silhouettes avalaient hardiment les arpents les séparant de l'opulente bourgade qui étalait ses toits de chaume en contrebas, dans la vallée. Promesse d'ingrédients subtils, d'étoffes fines et d'oubli raffiné. Les yeux fauves se prenaient au jeu, cherchaient déjà à distinguer les édifices, glissaient derrière les tourelles pour flatter le flanc des murs rongés par le temps, chatouillaient le jabot d'un clocher dressé sur ses ergots, et rebondissaient sur d'autres faîtes, à n'en plus finir. Sensation familière de l'exilé volontaire, condamné à la découverte à perpétuité, à l'inexorable observation de l'existence et des habitudes, lui qui ne conçoit la première que sans les secondes. Une autre contrée, d'autres gens autour de soi, et il n'en faut pas davantage, la tête vous tourne, l'infini s'ouvre devant vous, le quotidien se répète sans jamais s'affadir. Et sans s'en rendre compte, la voyageuse ralentissait le pas comme pour étirer la trame du temps, comme pour oublier qu'un jour, peut-être, cette rencontre serait une ville du Nord peuplée de potagers et de maisons bleues et vertes, où il faudrait rester, et changer. Et dans la besace qu'elle portait en bandoulière, estampillée d'une écriture brouillonne et racée, une lettre attendait sagement sa réponse.
_________________
SAO.
--Ditzzy


La petite eût une petite grimace, mélange d'incompréhension et d'hilarité en entendant la réponse de Saorii. Toujours aussi joyeuse, la Ditzzy passe un bras en dessous celui de son compagnon de route et l'entraine vers l'entrée de la belle ville de Lourdes.

- On y est bientôt !!!! Tu verras, il y a un tas de tavernes, des échoppes, et encore pleins de gens à rencontrer.....Enfin.....Faut se méfier hein ?!? Les jolies femmes comme nous, faut pas se faire tourner la tête par les poètes qui arpentent les rues !

Voix ironique et mélodieuse, la petite raconte cela en rigolant de bon cœur. Seulement, arrivée au centre de la ville, elle sait que leur chemin se sépare ici, et en la regardant, la gamine qui sent bien les choses, se dit que Saorii doit pas être tout à fait heureuse.
Son regard cherche alors quelque chose, n'importe quoi, puis tombe alors sur un très mince ruban qu'elle avait machinalement accroché à sa veste.

- Ah ! Tient !

Ditzzy défait la bande et l'accroche alors au poignet de la brune, laissant dépasser les deux restes de dix bon pouces de long. Ça paraît beau, ça fait bien, ce sera un souvenir qui restera soit un long moment, soit dans un fossé dés la sortie de la ville.

- Il te portera chance ! Puis si ça va pas, tu te rappelleras de moi comme ça ! Avec le sourire hein !!!

La petite serre alors la vagabonde dans ses bras, hoche la tête, puis s'en alla tout simplement. Elle se retourna un dernière fois pour lâcher avec un large sourire :

- Bonne chance !!

Et Ditzzy disparut alors dans la foule. Mais s'il y a une chose que la gamine sait, c'est que le monde est petit, et qu'elle l'a reverra forcément un jour. Grâce à ce ruban, elle la reconnaitra surement la prochaine fois.
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)