Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP]A travers le miroir ... Inherited reflections

--Courtoisie
RP réservé pour le moment.



[Lismore, bourgade écossaise bordée par la Mer Celte, une vingtaine d'années plus tôt ...]


C'est là que ma vie a commencé, ma vraie vie d'objet indispensable, dans un beau manoir.

Mais … laissez moi plutôt vous présenter mon Maître, enfin, mon propriétaire pour être exact ... et pointilleux sur les mots, comme il l'était toujours : Lord Ewernes d'Ynis Pryden ; homme dans la décrépitude de l'âge, quasi chauve et franchement squelettique, et pourtant, toujours aussi précieux dans ses manies, autant que raffiné dans ses choix.

De son père écossais, il a hérité d'un caractère intransigeant et diaboliquement autoritaire ... mais aussi de cette belle demeure, la plus belle du canton d'ailleurs. Sa mère française lui a, elle, légué une seconde langue qu'il maîtrise à la perfection, ainsi qu'un humour caustique dont il ne s'est jamais délesté.

Aujourd'hui, le vieux agonise, sur son lit, là, tout juste face à moi. Il se meurt vraisemblablement : il geint, tousse, crache, maugrée après cette maudite servante qui lambine à venir lui retaper son oreiller. Et voici bientôt une semaine qu'il en est là, sans avoir quitté sa chambre un seul instant, terrassé par cet hiver humide et glacial qu'il vient de vivre, le dernier pour lui, même s'il se refuse à la mort, la défiant jusqu'au bout.

Ah ! Mon Maître ...
Que d'amusements sur ce lit, sous mes enluminures constamment briquées ! Que de femmes, d'hommes aussi, venus s'ébattre dans cette dentelle brodée dont il raffole … Souvent seuls, parfois en couple, il a partagé mille jeux avec ceux-ci, avec pour seul rituel, de les laisser au moins une fois en plan, seuls, quelques minutes :


Ohhhh ! I'm so sorry ... I just have to ...
Mmmm ! Don't move please ... I'll be back soon !


Et de quitter la chambre, quasiment toujours nu, pour s'engouffrer dans la pièce voisine et venir s'installer sur le confortable fauteuil, flanqué tout juste derrière moi.

Sourire sarcastique lorsqu'il voit le couple profiter allègrement de son absence pour s'accoupler sauvagement ...
Moue écœurée quand il surprend cette petite traînée fouiller dans ses tiroirs et dérober quelque breloque ancienne ...
Œil sadique détaillant ce jeune pedéraste, corps imberbe et offert, attendant le retour de son amant, la bouche en cœur et le ventre rentré.

Je suis son œil sur la perversion : c'est ainsi qu'il m'appelle en me lustrant d'une chamoisine moelleuse.



[Derniers instants]


Serait-ce un dernier râle ? Ultime avertissement de la Faucheuse qui a pris possession des lieux et ne les quittera plus sans l'amas d'os sous le bras ?

La porte s'ouvre, et elle apparaît … Sa dernière folie en date : une catin. Jeune et en fleur, blonde comme les blés, des formes parfaites. Il la paye depuis des mois, au mois justement, et elle a élu domicile ici, dans la chambre avoisinante.

La voix mourante se fait entendre doucement.


Lucy ? Lucy ? Sweet Angel ... Approche toi !

Le corps gracieux rejoint le haut de la couche, s'y installe dans une position lascive, et lui prenant la main qu'elle vient poser dans son corsage, lui murmure en retour :

Je suis là Baron ...

Il poursuit, lui confirmant à nouveau, en lui faisant signe d'ouvrir le tiroir du chevet, qu'elle aura tout, que tout est à elle dès qu'il aura fait le grand saut ... C'est consigné et paraphé sur ce parchemin de vélin noble. Le manoir, ses terres, ses propriétés au Royaume de France et surtout son hôtel particulier à Lyon, sa fierté personnelle, son bordel de luxe !

Elle sourit, elle lui sourit ... D'un sourire étrange, mêlant gratitude et empressement … Sa vie va changer .. Je lis dans ses yeux qu'elle en est convaincue ...


Ultime quinte de toux, les doigts noueux quittent le corsage affriolant, à la recherche de la sonnette qui lui sert à appeler la bonniche pour ses médicaments ou autres besoins.

Mais déjà une autre main, manucurée parfaitement, avec un soin qu'on devine lent et méticuleux, s'en est emparée et l'a éloignée suffisamment pour que le vieux fasse son dernier voyage au plus vite désormais.


Lucy s'est levée noblement et est venue se placer face à moi, a entrepris de tresser lentement ses longs cheveux, alors que derrière elle, sur un lit défait où nombre de corps ont sué le plaisir et la jouissance, le vieux Baron d'Ynis Pryden passe de vie à trépas.

Fin de journée, quand le crépuscule enveloppe doucement les lacs écossais, me voilà, objet inanimé face à ma nouvelle propriétaire : vulgaire catin, battant le pavé il y a peu encore, belle à en damner un saint ... Et qui vient de réaliser un incroyable grand écart dans les classes sociales, les mains achevant la natte pour venir se poser sur son ventre, légèrement arrondi, qu'elle caresse déjà amoureusement.
--Courtoisie
[Lyon, Royaume de France, il y a quelques dix ans ...]

« Aux doux délices », bordel de luxe aux catins triées sur le volet ; un boa de plumes bleutées suspendu à mon angle gauche, c'est là que je trône désormais, dans la chambre autant fréquentée que convoitée de la tenancière émérite de cette institution rhodanienne réputée, j'ai nommé ma chère Lucy, rebaptisée depuis, « Lulu la Goulue ».

Elle a bien changé ma belle écossaise depuis notre départ précipité du manoir du vieux Baron ... Juste le temps de poser sa côtelette - une petite brunette braillarde aux yeux d'émeraude - et je ne sais poussée par quel irrésistible attrait des trépidations d'une plus grande ville que cette bourgade brumeuse, elle a décidé de tout vendre, pour partir gérer cette maison si particulière.

Les débuts furent difficiles : prendre en main l'équipe en place, instaurer des règles de qualité, veiller à la satisfaction de la clientèle ... Mais elle y a réussi, de surcroit élevant seule sa gamine, fierté et emblème du bordel pour toutes les filles qui n'avaient pas d'enfant ; sans doute parce qu'elles avaient choisi de les faire passer comme de petits anges ... de façon éphémère.

Forte de ce piédestal sur lequel elle a été hissée, naviguant au milieu des froufrous et autres tissus fins qu'elle apprit à adorer et vénérer, la morveuse est devenue la petite merveille ...

    A quatre ans, elle s'amusait déjà à se farder, face à moi, sous l'œil attendri de sa maman.

    A six, découvrant mon autre face dans l'antre interdite, la pièce jouxtant sa chambrette, elle lorgnait les violents ébats de sa mère, les supposant amoureux tant celle-ci semblait y trouver du plaisir.

    A huit, parce que l'une des nouvelles filles aura refusé de lui prêter un collier, elle cachera l'un des dessous substitués à sa mère, dans les affaires de la jeune catin, alors éberluée quand la gamine l'accusera haut et fort :

    Ohhhhhh My God !
    Mummy .... Elle t'a volé ça, regarde !


Adorable petite Lucky que j'ai vu grandir et devenir jeune fille. Connaissant tout ou presque des hommes, de la façon de les séduire, de les faire rire ... et puis des femmes aussi, tellement, mais tellement prévisibles ...

Et puis, il y a ce matin de mai.

Un corps inerte sur ce lit que je surplombe, recouvert d'un linceul blanchi et amidonné plus de dix fois par une lavandière malmenée par la fille de la défunte qui veut le meilleur pour le départ de sa mère.

    Deux jours plus tôt, ma belle Lucy avait fait appeler sa « sweetie darling », comme elle la surnommait. L'adolescente était entrée bien vite, repoussant les résidentes d'un ton glacial :

    Cela ne vous regarde pas ! Retournez travailler ... Bande de gueuses !

    Et puis, près du lit, elle avait pris la main de sa mère, brûlante des fièvres acquises par quelques maladies honteuses, l'avait portée à sa bouche et en avait embrassé plusieurs fois la paume.

    Lucky …
    Je t'en prie, ne reste pas …
    Pars, fuis tout ça …
    Tu mérites mieux, trouve le mieux, le meilleur, et vis pour toi, uniquement pour toi !
    Promets-moi Petite Chérie ...


    La jeune fille n'avait pas ouvert la bouche, mais consenti d'un hochement du visage.

    Prends ce que tu veux, tout est à toi …
    Ton père l'aurait voulu …
    Et comme il me disait, ne baisse jamais les yeux devant quiconque …
    Promets !


    C'est là que j'ai croisé son regard, qui délaissant quelques instants le corps de sa mère que la vie quittait peu à peu, était venu se poser sur moi. C'est là que j'ai compris que j'allais définitivement quitter ce pan de mur, que la Petite allait m'emporter, sans doute pour me donner la charge d'un lien d'avec sa mère … Ou pour mettre en œuvre quelque plan forgé dans son esprit tortueux.

Quatre hommes sont entrés à la suite de la brune ce matin là. De quelques ordres bien sentis elle leur indiqua ce qu'ils devaient faire du corps. Ils s'exécutèrent et quittèrent la pièce le plus vite possible.

Seule, enfin seule, elle s'est approchée de moi, et pour la première fois de ma vie, je l'ai vue laisser couler des larmes ... Oh, attention ! Pas des litres et des litres ... Non, juste deux ou trois, rien de plus ...

Puis, elle a rempli les bagages de sa mère, de tous les habits les plus luxueux, de tous les bijoux offerts par des amants très reconnaissants, de tous les baumes, onguents et autres parfums suaves qui ornaient la coiffeuse de ma belle écossaise.

Elle s'est ensuite approchée de moi, m'a décroché du mur, par la réservation dans la cloison de bois laissant apparaître l'obscurité de la pièce voisine, et m'a posé tout en haut du paquetage …

Trois jours plus tard, je quittais définitivement Lyon …

Une nouvelle vie, une nouvelle femme ...
--Courtoisie
[Ces deux dernières années, dans l'ouest du Royaume de France]

Ma nouvelle propriétaire a bien vite quitté son adolescence, tout aussi vite d'ailleurs que ce bordel lyonnais, pour entrer de plain pied dans sa vie de jeune femme, seule, jouant la naïveté et l'innocence pour se faire ses armes, ses propres armes ... de guerre, peut être.

Dans les premiers temps de notre vie commune, je me suis retrouvé suspendu, bien souvent à la va-vite, dans des cabanes miteuses ... Simple miroir de pacotille qui prenait seulement de la valeur quand elle venait s'admirer dans mon reflet. Quand je la voyais ainsi devant moi, souvent nue, excessivement lascive, j'en arrivais presque à oublier ma folle époque chez le vieux Baron écossais.

Quelquefois, dans son image de jeune pucelle, je m'amusais à trouver des ressemblances avec ses parents ; de son père, elle avait l'œil acéré, capable d'un seul regard de déshabiller quiconque, au propre comme au figuré, se pourléchant en même temps les crocs de déceler la moindre faille dans l'âme adverse ; de sa mère, elle avait la beauté, mais beauté bien différente, beauté quasi glaciale qui à peine entraperçue vous met mal à l'aise ...

Ah ma Lucky !
Ma belle et encore douce Lucky ...

Une vulgaire paillasse, un vulgaire gueux qui lui a compté fleurette : à Tulle l'idylle durera le temps d'une nuit, comme si son hymen, fardeau inutile, devait la quitter là, ce soir-là, comme si c'était écrit, comme s'il était écrit qu'au lendemain de cette première fois, tout sauf inoubliable, elle passerait de longues heures face à moi, se coiffant, se maquillant, devant moi laissant choir son visage de jouvencelle pour m'offrir le privilège de la voir devenir femme.

Déménageant et s'installant dans une demeure plus spacieuse pour suivre un amour, à La Rochelle elle se révèlera redoutable. Pour un autre homme d'ailleurs, le bourgmestre semble-t-il, homme pris et épris, parait-il prêt à se marier … qui en deux jours se retrouve sous mon reflet, pesant sur elle de tout son poids, la besognant sans vergogne aucune, oubliant allègrement sa douce promise, qui, sous peu, via son futur époux suant comme un bœuf sur ma brune au paroxysme de la simulation, paiera le prix fort de s'être permise, un soir de beuverie, d'en taverne l'avoir vertement agressée ...

Oh comme j'ai aimé ! Comme je t'ai aimé ma Chère Lucky, quand au petit matin du lendemain, tu m'a lu à haute voix ce pigeon outrageusement parfumé que tu adressais à la gueuse irrespectueuse, lui narrant les exploits de son homme ...

Puis quelques mois plus tard à Bazas, tu m'as rendu mes lettres de noblesse, celles des indiscrétions d'un vrai miroir sans tain, « œil de la perversion » comme disait le vieux d' Ynis Pryden … Un manoir, deux chambres contiguës, et moi ; ultime lien entre ton petit salon secret et cette pièce où certains villageois aimeront tellement à venir s'encanailler comme de la vermine ...

Et toi, toi tu ne participes que rarement ... mais tu consignes tout. Qui couche avec qui, qui veut qui, qui trahit qui … Dans ton calepin tout est noté avec une minutie maladive, pour servir en temps voulu.

Un affront, une fois de plus en taverne ? Le carnet ne tarde pas à être révélé au grand jour … Toutes ces confidences tirées de ton alcôve, tous ces détails lus dans les corps abandonnés au plaisir, tu les parsèmes comme le bon pain à tes fidèles détracteurs. La ville bouillonne, les rumeurs ronronnent, le scandale enfle et se déchire pour éclater au grand jour … alors que nous repartons toi et moi vers un ailleurs.

De tes mains me caressant le col, c'est à Dax quelques jours plus tard que tu me dresseras sur ta coiffeuse, que tu m'offriras cette place de choix, cette place de témoin au quotidien de ta complète transformation. La femme que j'admire jour après jour sans jamais me lasser est devenue guerrière, brigande, dotée d'une cruauté sans bornes, et ce sont les mains de cet homme nouvellement débarqué dans ta vie, qui, venues envelopper tes épaules nues après une première nuit d'amour, t'accompagnent désormais vers l'ultime et fascinante Lucky que j'entrevois dans mon reflet.

J'ai scruté son visage quand tu lui a exposé ma nature intime, j'ai lu ses traits se plisser en un curieux sourire à la découverte de mes attributions à ton service. Son air jubilatoire m'a montré sans doute possible, que tu avais trouvé chaussures à ton pied. Lui t'encourageant, te guidant, à ton envie obéissant, tu as compris pouvoir désormais faire le mal sans distinction par jeu, envie ou vengeance.

Et ce matin-là, quand tous deux, vous vous apprêtiez à quitter la ville, votre ville, pour un pèlerinage dans le Royaume, que tu es venue face à moi planter une à une les épingles dans ton lourd chignon sophistiqué, et que tes lèvres dessinées de vermillon ont articulé ces quelques mots :


Alors, qui est la plus cruelle ?
Hein, qui est-ce ?


J'ai définitivement compris qu'aucune barrière ne serait désormais mise dans tes projets, et que quiconque s'en prendrait à toi ou à lui, en payerait sans attendre le prix fort ...

Et que j'en serai l'outil privilégié.
--Courtoisie
[Orléans, royal domaine de chasse pour le couple sulfureux avec lequel je voyage]

Dès l'entrée en ville, la voix suave de ma brune incendiaire déclame la ligne directrice :

Amusons-nous Chéri !

Quelques minutes plus tard, dans l'intimité d'une petite maison qu'ils ont ensemble dénichée, d'un commun accord les règles sont établies, et le décor mis en place. Alors que l'Homme violente le mur de quelques coups de masse bien sentis, puis façonne la baie qui vient dans la foulée être comblée de mes dorures, ma Lucky s'affaire à installer le lit à proximité, face à moi, et à jeter quelques coussins confortables dans la pièce contiguë, sur le vieux fauteuil que j'ai dans le dos.

Quelques essais sont opérés, et par un baiser empli de promesses, elle lance officiellement la chasse ouverte : désormais, et aux yeux de tous, ils ne se connaissent pas, chacun étant libre de vaquer à ses occupations, autonome dans ses choix …


Et que le premier qui ramène un gueux ou une gueuse, gagne !

Il me semble à l'aise, lui, confiant me semble-t-il en sa capacité à ramener une greluche dans la couche conjugale … et je ne me trompe que rarement sur mes pressentiments : le soir venu, le premier de leur séjour, alors qu'il regagne le corps brûlant de sa Duchesse, dans le lit, il lui annonce, sur le ton d'une victoire établie :

Mon ange !
Demain, nous nous amuserons ...


Le temps qu'il marque me fait languir, presqu'autant que la belle brune, qui, se retournant pour venir lui faire face, collant son corps nu au sien, reposant sa tête dans le creux de sa main, l'interroge :

Déjà ?

Lui sourit, satisfait.

Une magistrat, mon Ange …
Es-tu satisfaite de ton homme ?


Elle ne répondra pas, mais, par de légères morsures appuyées l'entraînera dans une récompense qu'à ses yeux il mérite déjà.

C'est ainsi qu'au lendemain d'une nuit torride, j'assiste aux derniers préparatifs de ce qui suivra. Pas un remord n'est au rendez-vous, pas même un relent de bonne conscience ne se manifeste chez ces deux là … Juste une envie farouche de s'amuser, et de tester la nature humaine.
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)